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Méditation : Nativité de Saint Jean-Baptiste

« L’Eglise ne célèbre le jour natal d’aucun prophète, d’aucun patriarche, d’aucun apôtre : elle ne célèbre que deux nativités, celle de Jean et celle du Christ. L’époque même ou chacun d’eux est né figure un grand mystère. Jean était un grand homme, mais après tout un homme. C’était un si grand homme que Dieu seul était au-dessus de lui. « Celui qui vient après moi est plus grand que moi (1) ». C’est Jean lui-même qui a dit : « Celui qui vient après moi est plus grand que moi ». S’il est plus grand que toi, comment lui avons-nous entendu dire, à lui qui est plus grand que toi : « Parmi les enfants des femmes, il n’en est aucun qui soit plus grand que Jean-Baptiste (2) ? » Si nul d’entre les hommes n’est plus grand que toi, qu’est-ce que Celui que tu dis plus grand ? Tu veux savoir ce qu’il est ? « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ».

Jean est né, le Christ est né aussi ; Jean a été annoncé par un Ange, le Christ aussi a été annoncé par un Ange. Grand miracle de côté et d’autre ! C’est une femme stérile qui avec le concours d’un vieux mari donne le jour au serviteur, au précurseur ; c’est une Vierge qui sans le concours d’aucun homme devient mère du Seigneur, du maître. Jean est un grand homme ; mais le Christ est plus qu’un homme, car il est l’Homme-Dieu. Jean est un grand homme ; mais pour exalter Dieu cet homme devait s’abaisser. Apprends de lui-même combien l’homme devait s’abaisser. « Je ne mérite pas de dénouer la courroie de sa chaussure », dit-il (3). S’il estimait le mériter, combien il s’humilierait ! Il dit qu’il ne le mérite même pas. C’est se prosterner complètement, c’est s’abaisser sous la pierre. Jean était un flambeau (4) ; il craignait de s’éteindre au souffle de l’orgueil.

Oui, il fallait que tout homme et par conséquent Jean lui-même, s’humiliât devant le Christ ; il fallait aussi que le Christ, que l’Homme-Dieu fût exalté : c’est ce que rappellent le jour natal et le genre de mort de Jésus et de Jean. C’est aujourd’hui qu’est né saint Jean : à partir d’aujourd’hui les jours diminuent. C’est le huit des calendes de Janvier qu’est né le Christ : à partir de ce jour les jours grandissent. Pour mourir, Jean fut décapité, le Christ fut élevé en croix. »

1. Matt. III, 11. — 2. Ib. XI, 11. - 3. Jean, I, 27. — 4. Ib. V, 35.

Extraits du Sermon CCLXXXVII attribué à St Augustin (*) pour la Nativité de Saint Jean-Baptiste (1-4).
(*) : On lit dans le Bréviaire Romain, le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste, trois leçons qui sont attribuées à saint Augustin, et qu'on ne trouvera dans aucun des sermons suivants. Déjà l'édition de Louvain avait rejeté à l'Appendice le discours dont ces leçons sont a traites; les Bénédictine ont fait de même, et tout porte à croire que ce discours est plutôt de Fauste que de saint Augustin. On peut le lire d'ailleurs dans l'édition des Bénédictins (Tom. V, Append, sans. CXCVI. Migne, ibid.), et dans l'édition de Louvain (Append. serm. LXXVI).
(Bibliothèque de l'Abbaye St Benoît en Valais, Suisse)

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Domenico Ghirlandaio (1449–1494), fresque de la Naissance de Saint Jean Baptiste
Choeur de l'église Santa Maria Novella, Florence (Italie)

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