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Méditation : De la profanation du Dimanche

« Savez-vous ce que c'est que la violation du Dimanche, surtout quand elle est publique et presque universelle ? C'est le mépris patent, solennel, systématique de l'autorité de Dieu. Par l'infraction affichée de la loi du Dimanche, une société avilit l'autorité divine ; elle la renie, elle la brise. Autant qu'il est en elle, elle chasse Dieu de son sein ; et puis avec une naïveté qui déconcerte, on se lamente sur le mépris de tout pouvoir, sur l'esprit d'indépendance et de révolte, sur la perversité des mœurs publiques. Celui qui sème les vents, dit l'Esprit-Saint, recueille les tempêtes (Osée, VIII, 7). Pendant de longues années, on a semé dans les habitudes populaires le mépris de Dieu, de son jour et de son saint nom ; qu'avons-nous recueilli ? des orages terribles. Et si aujourd'hui, par l'effet de la bonté du Seigneur, nous jouissons du calme et de la paix, ah ! craignons d'attirer sur nous de nouvelles foudres, en ébranlant tout pouvoir par les atteintes portées à l'autorité de Dieu et de sa sainte loi.

[...] Il y a dans la profanation habituelle du Dimanche un mépris public, affecté d'une des prescriptions les plus anciennes, les plus importantes de la loi et de l'autorité du Seigneur, base de toutes les autres ; il y a un exemple terrible que chacun voit et comprend ; il y a une provocation à sacrifier, comme on le fait soi-même, un devoir des plus graves et des plus sacrés au profit du gain et de la jouissance. Qui dira les déplorables conséquences d'une telle conduite pour la société et pour la patrie ?

[...] Ôtez le Dimanche, et la religion n'est plus connue, ses vérités n'arrivent plus aux cœurs, ses promesses sont méprisées, les encouragements qu'elle prodigue à l'abnégation personnelle n'existent plus ; son influence sociale est anéantie. Ôtez le Dimanche, et le plus vil égoïsme remplace dans les nations le noble élan du patriotisme et du dévouement. La religion dit en chaire, dit à l'autel, tous les Dimanches : « Aimez Dieu, aimez vos frères ». L'égoïsme, fils de l'indifférence religieuse et du mépris du Dimanche, répond froidement : « Chacun chez soi, chacun pour soi » ; car l'égoïsme, vous le savez, c'est le culte de soi-même substitué à tout autre culte : l'égoïsme, c'est soi, toujours soi, soi plus que les autres, soi plus que le monde, soi plus que Dieu. Or, sous la loi d'un tel sentiment, une société peut-elle durer longtemps ? Elle se morcelle et se désagrège ; elle n'est plus qu'un amas confus d'individualités envieuses, irritées et se heurtant les unes les autres. Une semblable société n'a plus que la résistance d'un monceau de sable qui cède au souffle de la première tempête. »

Mgr Joseph-Armand Gignoux (1799-1878), évêque de Beauvais, cité par le R.P. F.-X. Gautrelet, in "Le Dimanche considéré au point de vue religieux et social" (Chap. IV, Art. Ier, 4), J.B. Pélagaud et Cie, Lyon - Paris, 1858.

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