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  • Projet de loi de bioéthique : une société progressiste sera celle qui « cherchera à s’enrichir de chacun »

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    Au-delà de l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules, dans une tribune collective, diverses personnalités au rang desquelles Frédérique Bedos, Pierre Deniziot ou Philippe Pozzo di Borgo, s’inquiètent des mesures contenues dans le projet de loi de bioéthique. Parmi ces mesures : l’élargissement du diagnostic prénatal, la suppression de l’obligation faite au médecin de proposer un délai de réflexion aux parents qui, apprenant « un diagnostic d’affection grave », envisagent une interruption médicale de grossesse (IMG), l’exonération des « mineures d’informer les parents d’une interruption médicale de grossesse » « et la femme enceinte, d’informer le père de cette intervention ». La PMA elle aussi « interroge » les signataires de la tribune. Selon eux, « ce mode de procréation étendu induit une forme de « fabrication » de l’enfant, et un état d’esprit où l’on attend une certaine conformité ».

    Ainsi, « le vote de cette loi semble (…) amplifier la recherche du bébé sain à tout prix, voire l’érection d’un droit à l’enfant sain, ce qui signifie concrètement l’élimination croissante des embryons et des fœtus présentant des risques d’affection grave ». « La banalisation de la suppression de ces enfants ne peut qu’inquiéter, dans une société qui a souvent du mal à tolérer la différence et la fragilité », affirment les signataires. Ils s’interrogent : « Ce que l’on peut légitimement nommer « eugénisme » – même s’il n’est pas d’Etat – aura, on peut en être sûr, des conséquences sur le moyen et long terme pour les personnes handicapées et leurs familles : ne reprochera-t-on pas à ceux qui n’ont pas effectué de tri, pas réalisé d’IMG, pas effectué de tests, de porter l’entière responsabilité du handicap et, par-là, de peser sur la société ? »

    A contre-courant de cette logique, ils témoignent de la richesse apportée par les personnes handicapées : « Nous constatons que les personnes handicapées, dans les familles qui les accueillent, dans les entreprises qui les intègrent, dans les écoles qui favorisent leur progression, apportent souvent un plus, en termes de lien social, de créativité, d’adaptation du groupe, et même parfois, osons le dire, de joie ». Ces réflexions les conduisent à une autre vision du progressisme : « Nous ne croyons pas qu’une société progressiste est une société qui aura éliminé la différence, l’écart par rapport à la norme, la fragilité. Au contraire : ce sera celle qui, tout en soignant autant que possible, saura partir des talents de chaque personne pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même, et cherchera à s’enrichir de chacun ». Et d’interpeller les députés : « Messieurs et mesdames les député(e)s, nous comptons sur vous pour refuser l’amplification d’un eugénisme déjà à l’œuvre, et défendre les valeurs de fraternité et de respect de toute personne. Sinon, la belle utopie de l’inclusion risque bien de devenir une coquille vide, un mot d’ordre vain ».

    Sources : Gènéthique - Le Monde (14/10/2019) – Bioéthique : « La banalisation de la suppression des enfants porteurs d’un handicap ne peut qu’inquiéter »
  • Manifestation du 6 octobre 2019 à Paris : Marchons enfants !

    Manif le 6 octobre

    PARCOURS DE LA MANIFESTATION 

    «MARCHONS ENFANTS ! »

    du dimanche 6 octobre à Paris

    Le lieu de départ de notre mobilisation est fixé place Edmond Rostand (Sénat) à 13h. Le cortège empruntera la rue de Vaugirard, le Boulevard Raspail, puis le Boulevard Montparnasse, avant d'arriver place du 18 juin 1940, au pied de la tour Montparnasse.

    Manifester, c'est utile, nécessaire et efficace :

    la preuve en 2 minutes !

    ⏱️ DERNIÈRE MINUTE ⏱️

     La GPA introduite la nuit dernière

    dans le projet de loi bioéthique

    Contrairement à ce qu'affirmait le gouvernement, la gestation pour autrui (GPA) est d'ores et déjà bien présente dans les débats parlementaires sur le projet de loi bioéthique. Rien d'étonnant puisque la GPA est le corollaire de la PMA sans père.

    Empêcher la légalisation de la GPA suppose d'empêcher, 

    maintenant, la légalisation de la PMA sans père :

    tous dans la rue dimanche 6 octobre !

    La Manif Pour Tous

  • PMA - Réflexion sur l'extension aux couples et aux femmes seules

    Excellente brochure des AFC sur la PMA ; ses enjeux et pistes de réflexion.
    16 pages à télécharger gratuitement, faciles à lire.

    A télécharger ICI.

  • Communiqué de La Manif Pour Tous

    Madame, Monsieur,

    Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, nous n'avons pas cessé d'agir pour préserver la société de demain, notamment au cours de réunions publiques, par des rencontres avec des élus, des auditions par des institutions nationales, des campagnes massives d'information : par affichage, par tractage, sur les réseaux sociaux (en 2018-2019, les tweets du mouvement ont été « retweetés » plusieurs millions de fois par les internautes), la publication d'une « Lettre ouverte », format solennel qui s'utilise en vue d'une grâce présidentielle ou sur une décision grave, dont le Président portera la responsabilité devant l'Histoire...

    Mais lui-même et ses ministres refusent tout dialogue ; ils refusent de répondre aux 83% de Français qui pensent que « l'enfant né par PMA a le droit d'avoir un père et une mère » !

    Le projet de loi bioéthique, incluant la PMA sans père et d'autres transgressions majeures, a donc été présenté en Conseil des ministres ce 24 juillet, et les débats parlementaires débuteront fin septembre à l'Assemblée nationale.

    C'est pourquoi, avec 18 autres associations, La Manif Pour Tous appelle les Français à descendre massivement dans la rue, à Paris, dimanche 6 octobre : tous ensemble, rendons visible l'immense majorité que nous sommes à refuser la PMA sans père et sa jumelle, la GPA.


    TOUS DANS LA RUE LE 6 OCTOBRE !

    manif-pour-tous-2019_2.jpg

  • Gestation Pour Autrui : Manuel sur la GPA

    Gestation Pour Autru,manuel,GPA,fondation jérôme lejeune,Jérôme Lejeune

    La gestation pour autrui (GPA) peut sembler un projet encore lointain pour les Français, elle est pourtant à nos portes en Angleterre, en Russie, dans une dizaine d’États américains... En 2009, le Pacs ne devait pas ouvrir au mariage homosexuel, en 2013, le mariage homosexuel ne devait pas ouvrir à la PMA pour toutes. Peut-on encore affirmer que la PMA pour toutes ne conduira pas à la GPA ? La Fondation Jérôme Lejeune publie donc un manuel sur le sujet, qui éclaire de manière très précise et didactique les enjeux de ce procédé.

    Entretien avec Victoire De Jaeghere sur le Blog de L'Homme Nouveau.

    Commande du Manuel sur le site de la Fondation Jérôme Lejeune.

  • GPA : « Si on voulait fabriquer de la souffrance et de la pathologie, on ne s’y prendrait pas autrement… », estime Catherine Dolto

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    « Organiser l’abandon d’un enfant pour des raisons commerciales est une pratique barbare qui va faire basculer l’humanité dans l’inconnu ». Pour Catherine Dolto, médecin et haptothérapeute, « la commercialisation de l’enfantement n’est pas un progrès technique, mais bien une dérive éthique. Il est troublant de constater que l’abolition de l’esclavage est unanimement reconnue comme un progrès, alors que la location du corps d’une femme ne semble pas être perçue comme une régression ».

    Dans une interview accordée à Famille Chrétienne, la fille de Françoise Dolto prend vivement position contre la GPA : «  Il y a un lien étroit entre la manière dont une société encadre la gestation et la petite enfance et l’évolution que les enfants ainsi traités feront subir à leur cadre social. Ne pas prendre soin des nouveaux arrivants, c’est préparer la barbarie à venir ».

    Pour elle, nous risquons « de sombrer dans le chaos ». Ce qui « est déjà le cas lorsqu’une mère porte l’enfant de son propre fils, lui-même homosexuel, comme cela s’est produit récemment en Angleterre. En effet, nos sociétés humaines sont marquées par des interdits. Celui de l’inceste est partagé par toutes ». Elle met en garde : « Il ne faudra pas s’étonner si nos sociétés produisent de plus en plus de violence, puisque les grands interdits ont comme fonction de la canaliser ».

    L’oubli manifeste de l’enfant dans ces pratiques est une négation des « soixante-dix dernières années de découvertes scientifiques dans le domaine de la vie prénatale », déplore la praticienne. « Un enfant in utero se constitue dans le concert polysensuel offert par ses parents  : la voix de son père, le bruit du cœur de sa mère, le goût de ce qu’elle mange, ses sentiments, ce qu’elle éprouve quand d’autres s’approchent, tout passe la barrière du giron maternelle et devient potentiellement important. Jusqu’à modifier le patrimoine génétique de l’enfant comme l’atteste l’épigénétique qui étudie les influences environnementales sur le génome ».

    Elle explique que « GPA ou non, la naissance sera toujours un passage difficile : l’enfant expérimente la dépendance et subit des rafales de premières fois » et elle ajoute « dans le cas d’une GPA, l’enfant est arraché de sa ‘planète mère’ qui est sa sécurité. Il doit d’un moment à l’autre s’adapter à des inconnus. Quel choc pour lui ! Les failles sont là, souterraines mais réelles, qui s’ouvriront un jour ou l’autre ». Pour cette femme aguerrie, « si on voulait fabriquer de la souffrance et de la pathologie, on ne s’y prendrait pas autrement… ».

    Comparée au sort des enfants né sous X et adoptés, elle considère que la GPA « consiste à programmer un malheur pour s’approprier un enfant. Je ne sais pas ce que l’on dira à ceux nés d’une GPA », poursuit-elle, « il faudra trouver des termes qui ne soient pas trop désespérants pour leur présenter la situation ». Elle regrette que « les valeurs de commerce ont remplacé celles d’humanité » et s’inquiète « que notre époque [ait] une éthique qui ne [soit] pas au niveau de nos possibilités techniques ».

    Pour aller plus loin :

    GPA : « On ne peut pas remplacer une souffrance d’adulte par une souffrance d’enfant »

    Sources : Gènéthique.org -  Famille Chrétienne, Benjamin Coste (28/04/2018) - Catherine Dolto : «Avec la GPA, nous programmons le malheur d’un enfant»
  • Jean-Marie Le Méné commente le sondage publié par le journal La Croix

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    Un sondage publié par le journal La Croix sur « les Français et la bioéthique » montrerait une opinion publique largement favorable à la GPA, à la « PMA pour toutes », à la légalisation de l’euthanasie ou à la modification génétique des embryons humains [1]. Jean-Marie le Méné évoque pour Gènéthique les risques d’un débat entendu.

    Gènéthique : La Croix proposait aujourd’hui un sondage sur les questions de bioéthique. Ce sondage est présenté comme le signe d’un basculement de l’opinion publique sur ces sujets, notamment sur la fin de vie, la GPA... Pensez-vous que ce soit le cas ? Pourquoi ?
    Jean-Marie Le Méné : Commencer un débat de bioéthique avec un sondage est pour le moins regrettable. Je ne crois pas qu’on fasse de vraie politique à coups de sondages, sauf peut-être pour des questions matérielles, savoir s’il faut construire un rond-point dans le village… Mais pas pour demander à la population si elle souhaite qu’on autorise la fabrication, moyennant finances, de bébés sans père. Ni pour demander à l’opinion publique si elle envisage qu’on supprime les vieux, les handicapés et les malades. Ces questions sont trop graves pour faire l’objet d’opinions. Les personnages politiques qui ont une certaine épaisseur se moquent des sondages. Robert Badinter a fait abolir la peine de mort indépendamment des sondages.

    G : Pensez-vous que, sur ces questions, les enjeux soient bien posés et que les Français aient les informations suffisantes pour prendre une position argumentée ? Si non, quel est le risque de publier ces résultats ?
    JMLM : Le problème est que nous ne faisons plus de politique mais de la gestion. Les grands principes et le bien commun ne sont plus des priorités. Il faut être pragmatique et trouver une solution, la moins mauvaise possible. C’est « L’empire du moindre mal » décrit par le philosophe Jean-Claude Michéa dans son essai sur la philosophie libérale. Peu importe la vérité, le droit arrangera les choses. L’essentiel est de ne pas faire de vagues, de rester bienveillant et ouvert à la liberté de l’autre.
    Dans ces conditions, il est utile de nourrir un débat permettant de tendre vers une position consensuelle ou au moins acceptable par tous. Peu importe les questions et les réponses. Elles n’ont aucun intérêt, mais juste pour objet d’entretenir l’illusion du « prendre soin » et du « vivre ensemble ». C’est ce qui s’est passé aux États généraux entre 2009 et 2011. C’est ce qui risque fort de se passer en 2018. Commenter les sondages est une activité « occupationnelle » pour distraire l’opinion le temps que la technoscience et le marché s’entendent entre eux sur les transgressions à venir.

    G : L’article met en cause une « sacralisation » de la liberté individuelle. Le philosophe Pierre Le Coz « ne cache pas son inquiétude » : « On arrive à une logique selon laquelle la liberté individuelle l’emporte clairement et de manière quasi automatique. Mais si c’est le cas, nous prenons le risque d’aller vers la fin de l’éthique ». Êtes-vous d’accord avec ce constat ?
    JMLM : Je regrette que quelqu’un comme Pierre Le Coz « ne cache pas son inquiétude » après avoir été vice-président du CCNE pendant des années jusqu’en 2012. Que n’a-t-il manifesté son inquiétude quand il était encore au CCNE et qu’il aurait pu déjà s’opposer à la recherche sur l’embryon, à l’eugénisme, à la loi Léonetti qui anticipait l’euthanasie, etc. ?
    Nous ne prenons pas « le risque d’aller vers la fin de l’éthique », c’est fait. La création d’un comité d’éthique étatique signe la fin de l’éthique dès lors que celle-ci est discutée et mise aux voix.

    G : Quels sont les véritables enjeux de la révision des lois de bioéthique ?
    JMLM : Il n’y en a qu’un, c’est le respect de la vie et de la dignité de la personne humaine.
    Toutes les lois de bioéthique ont été des lois de transgression de cet unique principe. Elles sont faites pour cela. Je crains que celle de 2018 ne fasse pas exception.

    - Jean-Marie le Méné est l'un des fondateurs et président de la fondation Jérôme Lejeune, reconnue d'utilité publique.

    [1] La Croix, 3 janvier 2017, « Bioéthique, comment l’opinion a basculé » : 64% des Français seraient favorable à l’autorisation de la GPA, 60%  pour la « PMA pour toutes », que 89% d’entre eux pensent qu’il faut légaliser l’euthanasie et/ou le suicide assisté et qu’ils sont à 80% favorables à la modification génétique des embryons humains pour guérir les maladies les plus graves avant la naissance.

    Source : Gènéthique.org.

  • Bertrand Vergely : « Comment peut-on se dire humain et progressiste et priver un enfant de sa mère ou de son père ? »

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    Selon un sondage IFOP réalisé en France pour l’Association des Familles Homoparentales (ADFH), « 59% des personnes interrogées[1] se disent favorable à l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes », « 57% sont favorables à la GPA pour les couples hétérosexuels » et « 56% sont hostiles à la GPA pour les couples homosexuels ». Enfin « 64% des sondés pensent que les enfants nés par GPA à l’étranger devraient être inscrits à l’état civil ».

    Pour Bertrand Vergely, philosophe et essayiste français, ce sondage est « un chef d’œuvre de manipulation idéologique et mentale ». Il dénonce « la façon dont les questions du sondage ont été posées ». Ici, il n’est plus question de la famille, mais « de l’égalité, du progrès et de l’humain ». Le fond du débat est occulté : on n’a pas demandé aux français s’ils étaient « d’accord pour que demain on ne passe plus par un homme et une femme pour faire un enfant et par un père et une mère pour l’élever. On s’est gardé de parler de la vérité à savoir une rupture sans précédent dans l’histoire de l’humanité à propos de la naissance, de la famille et de l’éducation ».

    Le philosophe interroge, mettant en évidence les paradoxes des positions exposées « triomphalement » dans ce sondage : « Comment peut-on se dire humain et progressiste et priver un enfant de sa mère ou de son père ? Comment, alors que le monde devient de plus en plus impersonnel et inhumain (…) peut on accepter de faire de l’enfant ce que l’on va fabriquer de façon totalement impersonnelle et inhumaine ? Comment, alors que l’humanité subit la violence d’un libéralisme qui entend pouvoir avoir droit a tout, faire de l’enfant un droit et ce que l’on s’approprie en fonction de ce droit ? »

    Le contexte n’est pas étranger à de telles positions : « La culture contemporaine est dominée par l’idée que tout étant social tout peut s’inventer et se créer. Il suffit pour cela de prendre le pouvoir politique et d’édicter ses lois ». Mais si « la loi Taubira est passée dans un courant d’air, le combat idéologique lui n’est pas fini » conclut Bertrand Vergely.

    [1] 2 274 personnes ont été interrogées

    Sources : Gènéthique - Le Monde, Gaëlle Dupont (14/09/2016) ; Atlantico (15/09/2016).

  • GPA : la CEDH valide l’achat d’enfants pour tous

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    La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a de nouveau condamné la France ce 21 juillet « pour avoir refusé de transcrire à l’état civil les actes de naissances d’enfants nés à l’étranger par GPA ». La CEDH se prononçait sur les affaires Foulon et Bouvet, dans lesquelles « des hommes ont eu recours à des mères porteuses en Inde ». Elle estime que « le refus de transcription constitue une violation du droit au respect de la vie privée des enfants garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ». Ces deux arrêts confirment ceux rendus en juin 2014 dans les affaires Menneson et Labassée, pour des enfants nés de mères porteuses aux Etats Unis (cf. CEDH - affaire Mennesson et Labessee : une porte ouverte à la GPA , La CEDH condamne la France : vers la légalisation de fait de la GPA). « La filiation n’est pas une question biologique », a commenté Caroline Mécary, avocate de MM. Foulon et Bouvet.

    L’Etat français est condamné à « verser 5000 euros à chacun des enfants pour ‘dommage moral’ et 15000 euros à chaque famille au titre des frais de procédure ».

    Note de Gènéthique : « Le gouvernement français refuse de combattre la GPA ».

    Sources: Gènéthique - Le Monde, Gaëlle Dupont (21/07/2016).

    Ce nouvel arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme marque une étape supplémentaire de la libéralisation de la GPA et de « l’achat d'enfant ». Alors que par les affaires Mennesson et Labassée, la Cour avait donné droit à des couples hétérosexuels mariés ayant obtenu des enfants aux Etats-Unis, par l’arrêt Foulon et Bouvet elle donne à présent raison à des hommes célibataires ou homosexuels, ayant « loué une femme » pour obtenir des enfants en Inde.
    Certes, il est de l’intérêt de ces enfants de voir établie leur filiation avec leurs parents biologiques, et donc a fortiori avec leur père, mais à aucun moment la Cour ne met en cause la moralité de la pratique de la GPA qui est pourtant contraire aux droits fondamentaux des enfants et des femmes. La Cour ne daigne pas davantage accorder la moindre attention aux circonstances de la naissance des enfants, à la honteuse et inhumaine exploitation de leurs mères.

    Ce faisant, la Cour européenne, avec toute son autorité, entérine la « GPA low-cost » et la « GPA GAY » ; elle encourage de fait le recours aux mères porteuses pour toutes les personnes en mal d’enfant, et ouvre, qu’elle le veuille ou non, un « droit à l’enfant pour tous ».

    Le plus triste est qu’à aucun moment la Cour ne s’interroge sur les faits en cause, sur la situation des mères porteuses, sur leur exploitation, et ce qu’il faut bien appeler le commerce des enfants. Elle ne s’interroge pas davantage sur les conséquences pour ces enfants d’avoir été commandés, payés, abandonnés par leurs mères, élevés par un homme seul ou en couple avec un autre homme. A moitié indiens, ils ne pourront pas oublier leur origine. Un jour, ces enfants  se révolteront, et ils auront raison.
    L’aveuglement moral de la Cour, prisonnière de son idéologie libertaire, est pathétique.

    La France est condamnée à payer 45.000 euros de dommages, frais et dépens.

    Grégor Puppinck
    Directeur

    Lire la décision de la CEDH

    Voir également l'étude :
    Quelle voies de droit international pour interdire la maternité de substitution

    Source : ECLJ (Centre Européen pour le Droit et la Justice).

  • Conseil de l’Europe : Rejet du Rapport parlementaire favorable à la GPA

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    Le Centre européen pour le droit et la justice est heureux de vous annoncer que le projet de rapport et de résolution sur la gestation par autrui présenté par Petra De Sutter a été rejeté par la Commission des questions sociales de l’Assemblée du Conseil de l’Europe, par 16 voix contre 15.

    Ce mardi 15 mars 2016, la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable de l’Assemblée du Conseil de l’Europe a rejeté un projet de rapport recommandant l’encadrement, c'est-à-dire la légalisation de la maternité de substitution. Ce rapport, proposé par la gynécologue belge Petra De Sutter, avait provoqué la polémique en raison de son contenu, mais aussi de son rapporteur, directeur d’un service de procréation artificielle où se pratique la GPA, et collaborateur d’une clinique indienne de GPA commerciale. La procédure parlementaire avait aussi été particulièrement opaque.

    Le rejet de ce projet de résolution, à une voix de majorité, est un nouvel échec pour les partisans de la GPA. Déjà, le 17 décembre dernier, le Parlement européen avait condamné et demandé l’interdiction de la gestation pour autrui.

    Le 10 mars, le collectif No Maternity Traffic a remis à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, au nom de 107 957 citoyens européens, un appel lui demandant de se prononcer en faveur de l’interdiction de la pratique des mères porteuses.

    L'ECLJ, engagé depuis 2011 auprès des institutions européennes pour l'abolition de la GPA, se réjouit de cette décision ; c'est une victoire de la justice et de la dignité, contre la déshumanisation de la procréation.

    C'est un nouveau succès au Conseil de l'Europe dans un combat de longue haleine : déjà en 2011, l’ECLJ avait efficacement œuvré pour le rejet d’un Projet de recommandation du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe « sur les droits et le statut juridique des enfants et les responsabilités parentales » qui acceptait le principe de la GPA.

    L'ECLJ poursuivra son action en faveur de l’adoption d’une Convention internationale prohibant la maternité de substitution. L'ECLJ agira notamment avec le collectif No Maternity Traffic auprès des gouvernements du Conseil de l’Europe et de la Conférence de La Haye de droit international privé qui prépare actuellement la rédaction d’une Convention internationale en la matière.

    L’ECLJ remercie toutes les personnes et les organisations qui ont œuvré pour le vote de ce jour.

    Grégor Puppinck, Directeur de l'ECLJ.

  • PMA - GPA ? C'est définitivement NON !

    « Adopter n'est pas fabriquer »
    Une vidéo à découvrir et relayer !

    Trop nombreux sont ceux qui n'ont pas encore compris les conséquences de la loi Taubira... y compris parmi les politiques ! Autour de nous, beaucoup ignorent que les couples homosexuels peuvent désormais adopter des enfants. L'Agence Européenne des Adoptés a donc réalisé, avec le soutien de La Manif Pour Tous, une vidéo pédagogique pour comprendre le détournement de l'adoption et dénoncer la PMA « sans père » et la GPA (Gestation Par Autrui) : l'essentiel en quelques minutes, illustré et commenté !

    Cette vidéo s'adresse à tous : envoyez-là à vos proches, vos amis, vos voisins... Nous sommes tous concernés. La première des actions, c'est d'informer, donc de relayer l'information !

    Interpeller les candidats aux futures échéances électorales
     

    Lorsqu'une échéance électorale est en vue, c'est le bon moment pour se faire entendre des politiques : La Manif Pour Tous invite donc tous ses sympathisants à profiter des nombreuses signatures organisées en ce moment dans les librairies pour interpeller les candidats.

    N'hésitez pas à leur dire que la famille et l'enfant sont essentiels pour vous et que votre vote dépendra de leurs positions et engagements...

    Soyez ferme, et toujours aimable bien sûr - autrement, ce serait contre-productif ;-)

    Alerte !
    Le Conseil de l'Europe vote sur la GPA !
    Contre le trafic d'enfants et l'exploitation des femmes :

    Le vote du rapport sur la GPA par la commission sociale du Conseil de l'Européen aura lieu le 15 mars à Paris. Ce texte s'annonce très favorable à la GPA, ce qui n'est pas étonnant puisque le Dr Petra De Sutter, rapporteur du texte, dirige elle-même à Bruxelles un service hospitalier qui pratique la GPA !

    C'est inacceptable.

    Si ce texte est voté, cela constituerait une très dangereuse avancée vers la reconnaissance de la GPA au niveau européen (47 pays font partie du Conseil de l'Europe !). C'est pourquoi La Manif Pour Tous vous invite à participer à la manifestation organisée par No Maternity Traffic :

    Manif le mardi 15 mars
    de 8h30 à 9h30
    devant le Conseil de l'Europe
    55 avenue Kléber, Paris 16e
    (métro Boissière)

    C'est là que les membres de la Commission voteront oui ou non au texte !

    Le danger est désormais imminent, mais nous pouvons aussi peser en signant dès maintenant la pétition No Maternity Traffic.

    Faites-la signer par vos proches, vos amis, vos voisins. Nous avons à ce jour 110 000 signataires : il en faut beaucoup plus ! Vous avez jusqu'au 8 mars, jour de sa remise au Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour nous aider à démultiplier le nombre de signatures !


    Signer la pétition
  • GPA : le Parlement européen condamne la maternité de substitution !

    Le Parlement européen a adopté aujourd’hui son Rapport annuel de 2014 sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde et sur la politique de l'Union européenne en la matière. Dans ce document les députés ont affirmé de manière très claire que le Parlement européen « condamne la pratique de la gestation pour autrui qui va à l'encontre de la dignité humaine de la femme, dont le corps et les fonctions reproductives sont utilisés comme des marchandises » (§114).

    En plus de condamner de la sorte la GPA en elle-même, le Rapporteur Cristian Dan Preda (PPE) a inclus l’explication de cette condamnation. Le paragraphe se poursuit en affirmant que le Parlement européen « estime que cette pratique, par laquelle les fonctions reproductives et le corps des femmes, notamment des femmes vulnérables dans les pays en développement, sont exploités à des fins financières ou pour d'autres gains, doit être interdite et qu'elle doit être examinée en priorité dans le cadre des instruments de défense des droits de l'homme ».

    Ces affirmations sont en droite ligne avec ce que l’ECLJ soutient auprès des institutions internationales depuis plusieurs années. Déjà en juillet 2012 et mars 2013, l’ECLJ était intervenu au Parlement européen sur ce thème : « La gestation pour autrui, une violation des droits de l’homme et de la dignité ».

    Ce vote du Parlement européen est donc une excellente nouvelle ; elle intervient alors que l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a aussi entrepris de se prononcer sur cette question et que la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme réexamine une affaire de « vente d’enfant par GPA » (Affaire Paradiso et Campanelli c. Italie). De même, la Conférence de la Haye de droit international privé travaille depuis 2011 sur la question de la maternité de substitution en vue de la rédaction d’une Convention.

    Pour l’ECLJ, le respect des droits et de la dignité des personnes exige de tendre à l’interdiction générale de la maternité de substitution en Europe. En ce sens, Grégor Puppinck et Claire de La Hougue ont réalisé une étude décrivant les voies de droit international permettant d’interdire la maternité de substitution.

    L’abolition de la maternité de substitution est possible, comme le fut celle de la vente d’enfants : c’est une question de conscience et de volonté politiques.

    L’ECLJ se félicite de cette Résolution du Parlement européen qui constitue une étape dans la bonne direction.

    Grégor PUPPINCK
    Directeur

  • Le vendredi 2 octobre à 19h30 : RDV place Vendôme avec les Sentinelles

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    2 octobre 2014 - 2 octobre 2015
    1 an après, Manuel Valls n'a pas tenu promesse
    contre la GPA, bien au contraire !

    Le 2 octobre 2015 marquera, jour pour jour, l'anniversaire de l'engagement public pris par Manuel Valls de lutter contre la gestation pour autrui (relire son interview du 2 octobre 2014) :

       
    La GPA est « une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains et de marchandisation du corps des femmes. »

    « En tout état de cause, le gouvernement exclut totalement d'autoriser la transcription automatique des actes étrangers, car cela équivaudrait à accepter et normaliser la GPA. »

    « Il faut rappeler la responsabilité de tous les États dans la lutte contre la commercialisation des êtres humains. La France entend promouvoir une initiative internationale (...) À la demande du président de la République, Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères, prendra dans les semaines qui viennent des initiatives pour trouver le cadre approprié. »

    Hélas, un an plus tard, pas une action effective du gouvernement contre la GPA n'a été constatée, bien au contraire : non seulement nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à recourir à la GPA avec la complicité des autorités et des médias, mais en plus, la transcription des actes de naissance d'enfants nés de GPA à l'étranger deviennent automatiques.

    La Manif Pour Tous invite donc tous les Franciliens à se joindre aux Sentinelles, vendredi 2 octobre place Vendôme, devant le ministère de la Justice.

    Cet événement sera bien-sûr aussi l'occasion de célébrer d'ores et déjà la 2e Journée internationale de lutte pour l'abolition de la GPA, prévue le 5 octobre 2015.

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  • Dites NON à la GPA, ce jeudi 18 juin 2015 à Paris

    Jeudi-18-Juin-2015_550.jpg

  • Le 8 mars, journée de la femme, se tiendra à Paris le Forum international pour l'abolition de la GPA (Gestation Pour Autrui).

    8 mars 2015,journée de la femme,Paris,Forum international,abolition,GPA,Gestation Pour Autrui

    La Gestation Par Autrui (GPA) les faits, les enjeux et réponses.

    Avec l'intervention d'experts internationaux
    (juristes, psychologues, philosophes, sociologues, économistes).

    Rendez-vous le 8 mars 2015 de 15h à 18h

    Palais Brogniart, 28 Place de la Bourse,
    75002 Paris

    Inscrivez vous en ligne en cliquant ici.

    Source : L’Observatoire Socio Politique du Diocèse de Frejus Toulon.

  • L'humain n'est pas une marchandise : manifestations le 5 octobre à Paris et Bordeaux

    Refuser la GPA, faire retirer la circulaire Taubira à ce sujet... Découvrez la vidéo de présentation de la manifestation organisée par "La Manif pour Tous" le 5 octobre prochain à Paris et Bordeaux. Parce que la démolition de la famille doit cesser, maintenant.

  • Gouvernement Valls 2 : La Manif Pour Tous dénonce des provocations et craint de nouvelles menaces pour les familles

    La nomination de Najat Vallaud Belkacem au Ministère de l’Éducation Nationale est une véritable provocation. La nouvelle ministre est en effet à l’origine des très controversés « ABCD de l’Égalité »...

    La nomination de Najat Vallaud Belkacem au Ministère de l’Éducation Nationale est une véritable provocation. La nouvelle ministre est en effet à l’origine des très controversés « ABCD de l’Égalité » devenu « Plan égalité » qui sous couvert d’égalité entre fille et garçon contribue en réalité à prôner l’indifférenciation des sexes et à diffuser l’idéologie du genre à l’école. A peine la rumeur arrivée sur les plateaux de télévisions, de nombreux commentateurs ont évoqué cette « provocation ». Porte-parole du Parti Socialiste, Carlos Da Silva s’est empressé de nier l’existence de la théorie du genre !

    La confirmation de Christiane Taubira au poste de Garde des Sceaux est la seconde provocation de MM. François Hollande et Manuel Valls. Car derrière la confirmation de celle qui a donné son nom à la loi  autorisant le mariage et l’adoption pour des couples de personnes de même sexe, c’est aussi l’avenir de la Circulaire du même nom qui est en jeu. La Circulaire Taubira autorisant la reconnaissance en France des enfants nés de GPA (mères porteuses) à l’étranger est en effet au cœur de la mobilisation citoyenne contre cette nouvelle forme de traite humaine. Commander et acheter un enfant sur catalogue, louer ce qu’il y a de plus intime chez une femme, son ventre, voilà la réalité de la pratique des mères porteuses cachée derrière trois lettres anonymes GPA. Gammy, bébé né trisomique et abandonné par ses parents clients au début du mois d’août a ému le monde entier. Sa mère aussi. La Manif Pour Tous ne cesse de rappeler que le drame qu’a été l’affaire Gammy n’est pas un cas isolé mais bien la triste réalité d’une pratique indigne. Un nouveau cas similaire en Grande Bretagne vient d’être révélé il y a quelques heures par The Sun. C’est pourquoi le mot d’ordre majeur des manifs pour tous du dimanche 5 octobre à Paris et Bordeaux sera la demande l’abolition universel de la Gestation Pour Autrui. « On ne peut pas d’un côté considérer à juste titre que la GPA est un crime et d’un autre organiser le contournement de son interdiction en régularisant les enfants achetés à l’étranger par des couples de français, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. C’est la raison pour laquelle la circulaire Taubira doit être retirée sans délai. Sa confirmation au sein du gouvernement en qualité de garde des sceaux est un signal très inquiétant » estime Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous.

    Enfin, le maintien de Laurence Rossignol en tant que Secrétaire d’État en charge de la famille est synonyme de vives inquiétudes de la part des familles. La proposition de loi APIE (Autorité Parentale et Intérêt de l’Enfant) doit arriver prochainement au Sénat en 1ère lecture. D’autres propositions de lois comme la suppression de l’adoption plénière sont d’ores et déjà dans les tuyaux avec le soutien de Mme Rossignol. Et le lobby LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transexuels) poursuit son action pour obtenir la libéralisation de la PMA (Assistance Médicale à la Procréation) pour les couples de femmes et les célibataires, privant ainsi délibérément et avant même leur naissance des enfants de leur père.

    « En réponse à l’annonce de ce gouvernement Valls 2 et aux vives et légitimes inquiétudes des familles devant les projets de l’exécutif, La Manif Pour Tous maintient plus que jamais son appel à manifester le dimanche 5 octobre contre la GPA, la PMA pour les couples de femmes, l’enseignement du genre à l’école et autres projets familiphobes du gouvernement » conclut Ludovine de La Rochère.

    Source : La Manif Pour Tous.

    A lire aussi, une réflexion semblable sur l'Observatoire de la Théorie du Genre.

  • A propos de l'abandon de l'enfant trisomique en Australie : tribune de Jean-Marie Le Méné

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    Gammy, l'enfant atteint de trisomie 21 et sa mère. Crédits photos : Damir Sagolj Reuters

    FIGAROVOX/TRIBUNE - L'abandon d'un enfant trisomique à l'issue d'un contrat de mère porteuse a suscité l'émoi du monde entier. Pour Jean-Marie Le Méné le rejet de cet enfant handicapé fait voler en éclats le mythe d'une GPA éthique.

    Comment la naissance d'un enfant trisomique ruine la GPA

    L'affaire de la GPA, dans laquelle un couple australien s'est emparé de l'enfant sain et a rejeté son jumeau trisomique qu'il a abandonné à la mère porteuse thaïlandaise, suscite des commentaires plutôt embarrassés. On comprend pourquoi. 

    Le mythe de la GPA vient d'être pulvérisé en plein vol.

    D'un coup de baguette magique, la GPA quitte les strass et les paillettes qui la présentaient en bonne fée pourvoyeuse de Bébés-Cadum pour gentils couples en mal d'enfants.

    Voilà que «le-couple-à-qui-nul-ne-saurait-imposer-une-souffrance» se transforme en client-roi parfaitement odieux qui bouffe ce qui lui plait et laisse le reste sur le bord de l'assiette.

    Voilà que le refus par la mère porteuse de l'avortement du jumeau handicapé devient un acte de résistance.

    Voilà que l'enfant trisomique devient une victime symbolique qui déclenche un élan international de générosité et le rend bénéficiaire - pour l'aider à vivre - d'une somme dix fois supérieure à celle promise à sa mère infortunée.

    Bref, c'est l'horreur pour les promoteurs de la GPA qui sont pris à contre-pied. Les stéréotypes se retournent, la logique de la GPA s'inverse, Pierre Bergé peut se remettre à la couture.

    Pourtant, rien ne devait poser de problème. Le couple était bien comme il faut, à l'ancienne, composé d'un homme et d'une femme, et frappé d'infertilité. Il s'agissait donc d'une indication quasiment médicale pour laquelle certaines bonnes âmes seraient tentées d'être accommodantes (le fameux «cas où» la GPA serait acceptable). La mère porteuse avait plus qu'honoré son contrat puisqu'elle avait donné naissance non pas à un, mais à deux enfants. N'était-ce pas une bonne nouvelle, pour tout couple en mal d'enfants, que d'être comblés par une surabondance imprévue?

    Nul complot n'a été ourdi pour faire dérailler ce train d'une transgression si bien partie. Mais la nature humaine (qui, rappelons-le, ne devrait plus exister) a subrepticement repris ses droits. La réalité de la GPA a montré son vrai visage, à savoir qu'il s'agit d'une vraie grossesse dans le ventre d'une vraie femme.

    D'abord, la biologie nous enseigne que la procréation assistée occasionne davantage de grossesses gémellaires. Ce genre de situation risque donc d'être fréquent. Ainsi, on rencontrera des couples qui, sans même que l'un de leurs jumeaux soit malade, refuseront tout simplement d'avoir deux enfants parce qu'ils n'en avaient commandé qu'un seul auprès de la mère porteuse. Qu'à cela ne tienne, nous dira-t-on, il y a l'avortement sélectif portant sur l'un des jumeaux, comme cela a été proposé à la jeune Thaïlandaise? Ce n'est pas si simple. L'acte consiste en une injection létale sur l'un des fœtus qui, une fois mort, restera in utero jusqu'au terme du développement de l'autre fœtus. Et la mère accouche à la fois d'un bébé vivant et d'un bébé mort. Faut-il préciser qu'il s'agit d'une pratique extrêmement contestée …

    Ensuite, la mère porteuse reste une femme. Et l'appartenance à la nature humaine, qu'on le veuille ou non, se caractérise par la liberté. En l'occurrence, la parturiente s'est vue immédiatement proposer l'avortement du jumeau atteint dès que le diagnostic prénatal de la trisomie a été posé. Mais manque de «chance» pour ses clients, cette jeune maman de 21 ans, qui avait déjà deux enfants, a refusé d'avorter, fût-ce sélectivement, assumant les risques qui en découleraient pour elle et sa famille.

    L'industrie de la GPA se retrouve bien mal en point. Si elle devait se développer, il lui faudrait trouver des parades à ces retours intempestifs de la nature.

    D'une part, il conviendrait de renforcer encore l'eugénisme des procréations assistées pour être certain que l'embryon transféré sera exempt de toute maladie, donc lui faire subir toute la batterie des tests génétiques du diagnostic préimplantatoire. D'autre part, il faudra se résoudre à pratiquer des réductions embryonnaires pour ne laisser subsister qu'un seul embryon. Ces exigences d'eugénisme sécuritaire ne seront pas gratuites.

    Mais surtout, il sera indispensable de prévoir au contrat que la mère porteuse devra avorter en cas de surproduction, de malfaçon ou défectuosité du bébé produit, ou qu'elle rembourse l'acheteur si celui-ci n'est pas satisfait, ou qu'elle reprenne l'achat si le produit lui est retourné.

    Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour imaginer qu'il sera difficile, dans le contrat de GPA qui la lie à ses clients, d'obliger une femme à avorter (ou à ne pas avorter d'ailleurs) sauf à ce que le contrat soit nul.

    Au final, on peut se demander si la naissance providentielle de cet enfant trisomique qui suscite un émoi dans le monde entier, n'est pas de nature à nous sauver, au moins pour un temps, de toute précipitation dans la légalisation de la GPA.

    Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune

    Source : Fondation Jérôme Lejeune.