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reflexion

  • Belgique : vers une proposition commune pour élargir l’accès à l’avortement

    foetus-18e-semaine.jpgEn Belgique, un groupe de travail réunissant des députés de plusieurs partis politiques s’est constitué suite aux dépôts de plusieurs propositions de loi pour modifier la loi sur l’avortement (cf. Belgique : six propositions de loi sur l’avortement et l’euthanasie). Ils sont parvenus à une proposition commune sur un allongement du délai légal pour avorter à 18 semaines et une réduction du délai de réflexion à 48 heures. Pour l’heure, la question de la dépénalisation complète de l’avortement divise les participants. « Si un vote intervenait mercredi [en commission], il faudrait sans doute encore tenir compte d’une demande de deuxième lecture en commission avant un envoi en séance plénière où un vote définitif pourrait intervenir avant la fin de l’année ».

    Les évêques du pays ont réagi mardi sur ce projet : ils voient dans les deux mesures principales du texte (allongement du délai légal et réduction du délai de réflexion) « un changement dans la signification de l'interruption de grossesse », qui deviendrait « une intervention médicale ordinaire ». Ils craignent que la décision d’interrompre une grossesse ne soit désormais prise « à la légère », ce qui ne fera qu’exacerber le « désarroi et la solitude ». Ils s’inquiètent du fait qu’invoquer une clause de conscience pour les professionnels de santé ne devienne de plus en plus difficile. Enfin, les évêques dénonce les conditions dans lesquelles sont envisagées ces modifications : « Il est incompréhensible qu'une question d'une telle importance et si délicate soit traitée aussi vite et sans débat de fond préalable ».

    Sources : Gènéthique.org - Sud Info (8/11/2019) - RTBF (12/11/2019).

  • Méditation : tentation ou péché ?

    « Pour augmenter votre tranquillité et votre confiance, distinguez avec soin la négligence à chasser une mauvaise pensée, d'avec l'attention et le consentement libre donné à cette pensée déshonnête. Quand vous apportez un peu de négligence à chasser de votre esprit une représentation obscène, vous péchez véniellement. Pour que vous commettiez en ceci une faute mortelle, voici trois conditions requises ; remarquez-les bien, retenez-les pour toujours et tranquillisez-vous. Il faut votre liberté, votre réflexion et votre consentement ; je vais vous l'expliquer clairement.

    Il faut votre liberté, c'est-à-dire, que la pensée dépende de vous. Un objet dangereux s'offre à vos yeux, un mauvais discours frappe vos oreilles ; vous ne voulez ni fixer cet objet ni prêter l'oreille à ce discours ; la pensée alors que l'un et l'autre vous présentent n'est point libre, elle ne dépend nullement de vous.
    Cette liberté ne suffit pas ; il faut de plus votre réflexion ; c'est-à-dire, que vous y preniez garde, que vous fassiez attention à cette mauvaise pensée. Hélas ! tous les jours, à tous les instants notre esprit pervers forme, roule des pensées dans lesquelles nous nous trouvons comme enfoncés, sans que nous nous en soyons aperçus, sans que nous puissions rendre compte ni de l'objet qui les a occasionnées, ni du temps qu'elles ont duré ; alors il suffit, pour triompher, que vous fassiez ce qui dépend de vous pour éloigner cette pensée, du moment que vous vous en apercevez.

    Enfin il faut votre consentement, et voici surtout ce que vous examinerez. Prenez garde toutefois de ne pas trop vous arrêter à une recherche dangereuse. Avez-vous prétendu vous arrêter à cette mauvaise pensée, vous en êtes-vous occupé volontairement ? Si les mauvaises pensées ne sont accompagnées de ces diverses conditions, je veux dire, si, pensant à des objets défendus, vous n'apportez d'abord votre liberté et votre réflexion, et qu'ensuite vous ne vouliez pas vous arrêter à cette pensée, votre ennemi reste confus, et il ne vous aura procuré que de la gloire. »

    Abbé Boissard, Prédicateur ordinaire du Roi, La consolation du chrétien ou Motifs de confiance en Dieu dans les diverses circonstances de la vie (ch. XI), Paris, Méquignon-Junior, 1834.

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    Tentation d'Eve (détail d'un bas-relief du XIIe siècle), Musée Rolin, Autun (71)
    (Crédit photo et explications détaillées)

  • Méditation : la lecture méditée

    « Le livre à choisir pour la lecture méditée n'est pas le livre seulement instructif ou pieux, pas même le livre intéressant qui captive, mais le livre suggestif qui provoque la réflexion, stimule les sentiments, ou mieux encore le livre qui réveille et tient l'âme en présence de Dieu.

    Une simple lecture ne serait pas une lecture méditée. La lecture méditée doit être interrompue pour réfléchir devant Dieu, pour lui exprimer des sentiments, pour s'entretenir avec lui. Elle sera courte ou prolongée selon les besoins, et ne sera reprise que lorsque l'âme défaille dans son impuissance.

    Si la lecture enfin, par les flots de pensées et de sentiments qu'elle suggère, faisait oublier Dieu, elle manquerait son but. La lecture n'est ici qu'un moyen destiné à faciliter l'oraison. Son rôle exclusif est de fournir un sujet d'entretien avec Dieu, d'assurer un soutien pour s'unir à lui ; elle est au service de ce commerce d'amitié avec Dieu qui est l'acte essentiel de l'oraison ; elle ne doit jamais s'en laisser distraire et c'est vers ce but que l'âme doit la ramener sans cesse.

    La lecture méditée sera normalement l'oraison du novice dans les voies spirituelles. Le contemplatif lui-même y reviendra aux heures de fatigue physique ou morale pour soutenir ou reposer ses facultés, ou encore pour les arracher aux préoccupations trop vives ou obsédantes qui empêchent le recueillement.

    Ecoutons les expériences douloureuses et concluantes de sainte Thérèse sur ce point :
    "Pour moi, je suis restée, dit-elle, plus de quatorze ans sans pouvoir méditer, sinon à l'aide d'un livre." (Le Chemin de la perfection, ch.XIX) »

    Vénérable Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (1894-1967), Je veux voir Dieu, Editions du Carmel, 1949.

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  • Méditation : l'examen de conscience

    « Tous les saints et tous les maîtres de la vie spirituelle sont unanimes à présenter l'examen journalier de la conscience comme le moyen le plus efficace de corriger les défauts et d'avancer dans les vertus. Les philosophes païens eux-mêmes prescrivaient à leurs disciples de s'examiner chaque jour sur ces trois points : Qu'ai-je fait ? comment l'ai-je fait ? Qu'ai-je omis de faire ? C'est qu'effectivement, sans cet examen bien fait chaque jour, on ne se connaît pas. Il y a en nous des vices si déguisés, des dérèglements si cachés, des désordres si subtils, qu'on ne les aperçoit qu'à force de réflexions sérieuses. Il en est de l'âme qui ne s'examine pas ou qui s'examine mal, comme d'une vigne tombée en friche, qui, faute d'être cultivée, se couvre de ronces et d'épines. [...] Faute d'examen, les vices croissent dans l'âme, et les vertus en disparaissent ; sans qu'on le remarque, l'état de la conscience va toujours s'empirant ; et telle est l'ignorance où l'on est de soi-même, qu'on ne le soupçonne même pas. L'âme s'assoupit, perd sa force, ne se tient plus en garde contre les tentations et les occasions dangeureuses ; et, dans cet état, elle touche à sa perte. Avec l'examen journalier, au contraire, on remarque ses manquements et on les répare ; on se dit chaque soir : "J'ai fait telle faute aujourd'hui, je m'en corrigerai demain ; j'observe dans mon coeur telle mauvaise inclination, je vais la combattre." Chaque jour on se dit : "J'aurai ce soir à me rendre compte de l'emploi de mon temps, de ma fidélité à la grâce", et cette pensée éveille la vigilance, excite l'attention et empêche les mauvaises habitudes de se former. De plus, la vue de ses misères, que l'examen journalier tient sans cesse devant les yeux, conserve l'humilité, éloigne la présomption, dispose à bien se confesser par une connaissance plus claire de ses fautes. »

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année (Tome I, Mercredi de la première semaine de Carême), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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