30 juin 2014

Méditation : de la pureté de nos intentions

« Ô la belle vie qui se passe tout entière dans l'exercice de l'amour de Dieu ! Il ne dépend que de vous de vous enrichir pour l'éternité, vous pouvez amasser des trésors toujours plus abondants, chacun de vos instants peut vous procurer un gain plus considérable que l'univers entier avec toutes ses richesses : il n'est pas nécessaire pour cela de faire des choses extraordinaires, mais de faire avec amour, avec une intention bien pure vos actions ordinaires et même les plus indifférentes. Oh ! si vous saviez ce que c'est que l'intention ! Ne vous bornez pas cependant à vous proposer dans vos actions des intentions bonnes et même surnaturelles, mais agissez avec les motifs les plus parfaits à l'exemple de votre divin Modèle. Pour cela vous avez besoin de vous dégager de tout intérêt privé, de vous renoncer complètement vous-même pour ne chercher que Dieu seul et sa plus grande gloire. C'est l'exemple que vous donne Jésus. Unissez-vous à ce divin Maître dans les intentions qu'il se proposa. Il est le médiateur par lequel nous devons aller au Père, c'est par cette union seulement que nos actions seront agréables à Dieu. Prières, travaux, souffrances, jouissances même, tout, en un mot, doit recevoir son excellence et sa valeur des mérites infinis de Jésus et de l'amour qui embrasa son sacré Cœur : "Per Dominum nostrum Jésum Christum", voilà notre ressource, notre espérance et notre richesse. C'est à lui proprement qu'il appartient de marquer toutes vos actions du cachet divin qui porte son effigie. Mon Dieu ! quel vide je trouve dans ma vie en considérant les défauts de mes intentions ! mais quel moyen puissant de m'enrichir et de vous glorifier si je sais en user ! c'est ce qui me console. Prenez l'habitude de diriger votre intention non seulement le matin mais au commencement de toutes vos actions. »

P. F.-X. Gautrelet (1807-1886), Le premier Vendredi de chaque mois sanctifié par la dévotion au Sacré Cœur de Jésus, Périsse Frère, Lyon - Paris, 1855.

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 Fresque de la Basilique Saint-Sophie

18 juin 2014

Mois du Sacré-Coeur - Dix-huitième Jour

Dix-huitième Jour
 
Prions pour les âmes du Purgatoire les plus aimées de la Ste Vierge.

Le quatrième désir du Cœur de Jésus est la délivrance des âmes du Purgatoire.

Âmes chères à Jésus, âmes bien-aimées qu’il voit souffrir et que, par respect pour sa justice, il ne peut délivrer ! Ces âmes l’appellent, le désirent, lui disent à tout heure : « Quand vous verrons-nous, Seigneur ?... » Et elles pleurent, moins de leur douleur que de leur séparation d’avec Jésus ! Il me semble, dit une Sainte, voir Jésus me tendre la main et me dire : « Ces pauvres âmes me doivent des prières, des messes mal entendues, des mortifications, des aumônes qu’elles auraient dû faire… Paye-moi pour elles. » - Oui, Jésus, et je vais commencer aujourd’hui.

Je ferai de temps en temps une aumône à l’intention des âmes du Purgatoire.

23 mars 2013

Méditation : chemin de sainteté

« Pour plusieurs saints, une seule chose a suffi pour les sanctifier. La sainteté de plusieurs a été consommée dans son commencement même ; conversion et persévérance ont été tout d'une pièce. [...] Nous n'avons que trop l'habitude d'avaler nos grâces sans mâcher ; nous n'extrayons pas la moitié de ce que Dieu y a mis de doux, de nourrissant et de médicinal ; nous sommes trop vifs avec elles, trop impétueux dans l'usage que nous en faisons ; nous ne les développons pas. Je crois que la claire connaissance de la grâce, de sa nature, de ses habitudes et de ses pouvoirs, détruirait la moitié de la tiédeur qui existe dans le monde ; car je soupçonne qu'une grande partie de cette tiédeur vient d'impétuosité, de précipitation, d'activité humaine, se mettant à la place d'une sage lenteur devant Dieu. [...]

La seule chose importante dans les bonnes oeuvres, est la quantité d'amour que nous y faisons entrer. Le motif est l'âme d'une action. Le pouvoir n'est ni dans le volume de l'acte ni dans sa durée... Ainsi, vous voyez, nous n'avons pas tant besoin d'un grand nombre d'actions, que d'attentions et de vigueur dans le peu que nous faisons. [...]

Nos plus humbles actions sont inépuisables dans leurs résultats, ou du moins elles sont telles que la grâce peut y puiser à volonté. Qui a jamais pu voir et étudier dans son âme le plein développement d'une grâce ? Nous ne lui donnons ni l'espace ni le temps, et cependant ses capacités sont immenses. C'est une des choses qui rendent la sainteté si difficile à acquérir, que nous soyons toujours si fort au-dessous de notre grâce... [...]

Notre première impulsion est de voir une sainteté plus grande sous forme d'additions ; le seul embarras consiste dans le choix de ce que nous ajouterons. Pour les saints, ils vivent au large dans leur journée, au milieu d'un petit nombre d'actions, qu'ils diminuent encore à mesure que leur ferveur s'accroît, afin d'avancer plus rapidement, et ensuite de jeter plus d'énergie et de vie intérieure dans ce qu'ils font. Telle est, ce me semble, la marche des saints ; et en conséquence, pour commencer à les suivre, nous devons mettre de côté la théorie du progrès par addition. »

R.P. Frederick William Faber (1814-1863), Conférences spirituelles, Paris, Bray et Retaux, 1872 (6e éd.).

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16 octobre 2012

16 octobre : Méditation

« "Voici une chose que cet adorable Coeur demande de ses amis : c'est la pureté dans l'intention, l'humilité dans l'opération et l'unité dans la prétention."
Sainte Marguerite-Marie (Mgr Gauthey, Vie et Oeuvres Tome II, 476, 1915)

Quelle sève de vie surnaturelle ces simples mots ne renferment-ils pas ? Aussi bien, une âme d'apôtre qui se mettrait en campagne sans autre bagage spirituel que cette seule parole, cette âme-là aurait tout ce qu'il lui faut, non point seulement pour ne pas faire fausse route, mais encore pour exercer l'apostolat de la façon la plus féconde et la plus évangélique.
En effet, la pureté dans l'intention fera qu'en toutes ses entreprises elle n'aura qu'un but : travailler à la gloire du Sacré Coeur par le salut des âmes.
L'humilité dans l'opération fera que, dans toutes les branches de zèle, tout en étant toujours prête à payer de sa personne et à se donner de la peine, elle sera toujours prête aussi à s'effacer, trouvant tout naturel que, dans les oeuvres de Dieu, tel instrument soit plus ou moins employé, selon que le bien général le requiert. Qu'on se serve d'elle pour agir dans un rôle prépondérant, si Dieu le veut, très bien ! Qu'on se serve d'elle comme d'un rouage caché, très bien encore ! Elle est toujours contente, parce qu'elle est toujours humble, et c'est un plaisir de collaborer avec une telle âme.
Enfin, l'unité dans la prétention la rendra, pour ainsi dire, indifférente à tout succès et à tout échec. Une seule chose lui praît et lui paraîtra toujours nécessaire, c'est de tendre perpétuellement à mieux aimer et faire aimer le Sacré Coeur. Qu'importe le reste ? Elle a vraiment pris pour devise cette parole de la Bienheureuse : "Mon désir n'est plus que de procurer de la gloire à ce Sacré Coeur." (T.II, 302)

Bossuet disait de saint Joseph : "Il n'a rien fait pour les yeux des hommes, parce qu'il a tout fait pour les yeux de Dieu." (Premier panégyrique de saint Joseph) Il faudrait pouvoir en dire autant de l'apôtre, qui se forme, s'instruit et se sanctifie à l'école de la confidente du Coeur de Jésus, la Bienheureuse Marguerite-Marie. »

L'Apostolat et la Bienheureuse Marguerite-Marie, Visitation de Paray-le-Monial, Imprimerie N.-D. des Anges, Autun, 1919.

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11 mai 2012

11 mai : Méditation

« Sans avoir rien entrepris, rien exécuté de grand, d'extraordinaire et de prodigieux, combien d'élus témoignèrent au Seigneur toute la ferveur de leur amour, et occupent aujourd'hui les premiers trônes du ciel ? Il est écrit que le plus grand des enfants des hommes ne fit jamais aucun miracle. La plus sainte et la plus privilégiée des pures créatures, l'auguste Marie elle-même, obtenait de son Fils les prodiges à son gré, mais elle n'en opéra aucun. C'est par l'esprit intérieur, âme de la ferveur, qu'elle est montée, et que toute l'éternité, elle brillera sur le premier trône de l'empirée.

Vous pouvez, à son exemple, dans le sein d'une condition privée, au milieu du monde, par les actions les plus communes, marquer la fidélité la plus parfaite, et témoigner l'amour le plus fervent à Celui qui lit au fond du coeur, et pèse les désirs et les intentions. Vous pouvez lui marquer l'une et l'autre dans les afflictions, sous la croix, et ce qui est bien autrement douloureux au milieu des aridités et des désolations intérieures. Il est même évident que, dans cette dernière situation, le culte que vous continuez de rendre à votre Dieu doit être et plus agréable au Seigneur, et plus méritoire pour vous. Pourquoi ? parce que, dans cette situation, vous n'avez rien à craindre de l'amour propre dont le poison subtil se glisse dans nos plus saintes actions, les infecte et nous enlève une grande partie de notre mérite, parce que, dans cette situation, vous servez Dieu pour Lui-même, non pour ses dons. »

Abbé Boissard, La consolation du chrétien, ou motifs de confiance en Dieu dans les diverses circonstances de la vie (chap. XII), Paris, Méquignon-Junior, 1834.

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