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  • Prière de confiance

    « Vous soutiendrez, ô mon Dieu, l’œuvre de votre miséricorde. Vous n'avez cessé de m'avertir par de pieuses inspirations, et, lorsque je vous fuyais, vous m'avez poursuivi avec une ineffable bonté ; m'abandonneriez-vous, Seigneur, lorsque je suis revenu à vous ? Ma coupable persévérance dans le péché n'a pu suspendre le cours de vos miséricordes, mon repentir et mes larmes m'en rendraient-elles indigne ? Vous ne m'avez pas rejeté, lorsque, prosterné aux pieds de Bélial, je ne voulais pas de vous ; ne voudriez-vous plus de moi aujourd'hui où je veux être tout à vous, en vous choisissant pour mon unique partage ? Si je ne consultais que ma faiblesse et l'inconstance de mes résolutions, j'aurais sans doute tout à craindre de mon propre cœur ; mais qu'aurais-je donc à redouter en combattant avec vous et sous vos yeux ?

    Les passions ont longtemps exercé sur moi leur détestable empire, je sentirai encore s'éveiller en moi le germe fatal de la concupiscence, j'aurai à soutenir de rudes assauts ; mais, Seigneur, vous connaissez mes besoins et toute l'étendue de ma misère, et si la voie nouvelle où vous me faites entrer offre d'immenses difficultés à ma faiblesse, vous me soulèverez sur les ailes de votre amour ; comme le bon Pasteur, vous me porterez sur vos épaules et vous ne vous éloignerez jamais de moi. J'ai placé toute ma confiance en vous, ô mon Dieu, et elle ne sera pas déçue. L'esprit tentateur pourra bien attaquer ma foi ; mais avec le secours de vos lumières, je ne m'en départirai jamais. Il cherchera à ébranler ma confiance, mais, soutenu par votre grâce, je me serrerai plus près contre vous ; et s'il voulait éteindre en moi le feu de la céleste charité, ah ! Seigneur Jésus, j'accourrais aussitôt la raviver au foyer divin de l'adorable Eucharistie. Vous confondrez mes ennemis, au jour de votre miséricorde, et après m'avoir laissé dans le feu de la tentation, assez longtemps pour me convaincre de mon néant, vous me ferez remporter sur eux une glorieuse et décisive victoire. »

    R.P. Ambroise de Bergerac (Pierre-Paul Guines, 1802-1871), Le Livre de la vie intérieure (Élévations & sentiments de l'âme intérieure, Psaume XII), Périgueux, Chez J. Bounet, 1808.

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  • Angelus de ce dimanche 1er janvier 2017

    À l’occasion de ce premier Angélus de l’année, devant 50 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre, le Pape est revenu sur la signification de cette fête de Sainte Marie Mère de Dieu, qui symbolise le lien de la Vierge Marie avec toute la grande famille formée par le Peuple de Dieu.

    La Mère de Jésus est « associée intimement » à la mission de son Fils, a rappelé le Pape, et comme le raconte l’Évangile de ce jour, elle assume cette responsabilité avec discrétion, elle « conserve et médite, elle scrute et approfondit ». « Silencieuse et attentive, elle cherche à comprendre ce que Dieu lui demande, jour après jour », a rappelé le Saint-Père.

    Dans la visite des bergers à la crèche, en les observant rendre gloire à Dieu à la vue de l’Enfant-Jésus, elle y discerne « le mouvement de salut qui jaillira de l’œuvre du Christ », et elle s’y adapte, prête à répondre à toute demande du Seigneur, a expliqué le Pape, qui a prononcé cette prière de remerciement :

    « Merci, ô Sainte Mère du Fils de Dieu, Jésus, Sainte Mère de Dieu !
    Merci pour ton humilité qui a attiré le regard de Dieu ;
    Merci pour la foi avec laquelle tu as accueilli sa Parole ;
    Merci pour le courage avec lequel tu as dit « Me voici » ;
    Oubliée de toi-même, fascinée par l’Amour Saint, faite tout en un avec son espérance ;
    Merci, ô Sainte Mère de Dieu,
    Prie pour nous, pèlerins du temps,
    Aide-nous à cheminer sur la voie de la paix,
    Amen. »

    Reprenant la parole après l’Angélus, le Pape a rappelé que « l’année sera bonne dans la mesure où chacun de nous, avec l’aide de Dieu, cherchera à faire le bien, jour après jour. Ainsi se construit la paix, en disant non, avec les faits, à la haine et à la violence, et oui à la fraternité et à la réconciliation ».

    L’année a toutefois commencé tragiquement à Istanbul, en Turquie, où une quarantaine de personnes ont été tuées lors d'un attentat dans une discothèque où de nombreux Stambouliotes et touristes fêtaient le passage à la nouvelle année. « Malheureusement, la violence a frappé aussi dans cette nuit de vœux et d’espérance. Endolori, j’exprime ma proximité pour le peuple turc, je prie pour les nombreuses victimes et pour les blessés, et pour toute la Nation en deuil, et je demande au Seigneur de soutenir tous les hommes de bonne volonté qui remontent courageusement leurs manches pour affronter la plaie du terrorisme et cette tache de sang qui entoure le monde avec une ombre de peur et de désarroi. »

    Le Pape a par ailleurs remercié le Président de la République italienne Sergio Mattarella pour ses vœux du Nouvel An, et il a apporté ses remerciements à tous les groupes qui ont organisé des marches ou des rassemblements sur le thème de la paix à l’occasion de cette journée du 1er janvier, notamment la communauté de Sant’Egidio.

    « Je souhaite à tous une année de paix dans la grâce du Seigneur, et avec la protection maternelle de Marie, Mère de Dieu », a conclu le Saint-Père.

    Source : Radio Vatican (CV).

    Texte intégral des paroles du Pape avant et après l'Angélus (sur Zenit.org).

  • 10h00, Basilique Saint-Pierre : Sainte Messe célébrée par le Pape François

    Retransmission en direct sur KTO

     Livret de la célébration

    Texte intégral de l'homélie traduite en français sur le site internet du Vatican.

    + A propos de l'homélie du Pape François : à lire ci-dessous.

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  • Méditation - Faisons fructifier notre temps

    « Seigneur, si je parcours du regard cette année écoulée, année que votre divine providence m'avait accordée pour augmenter en moi votre amour, je ne puis que me lamenter quand je constate une nouvelle fois combien je Vous ai peu aimé, ô mon Dieu ! Comme j'ai mal employé mon temps !

    Ô comme mes désirs ont tardé à s'enflammer, et comme Vous avez commencé de bonne heure, ô Seigneur, à m'amener à Vous et à m'appeler, pour que je me consacre à Vous tout entière ! Est-ce que, par hasard, ô Seigneur, vous abandonneriez le misérable, ou bien éloigneriez-Vous le pauvre mendiant quand il veut se rapprocher de Vous ? Est-ce que, par hasard, ô Seigneur, il y aurait des limites à vos grandeurs et à la magnificence de vos œuvres ? Ô mon Dieu et ma Miséricorde, comme il Vous serait facile de manifester aujourd'hui en votre servante les trésors de votre amour ! Vous êtes tout-puissant, ô grand Dieu ! Montrez donc maintenant si mon âme se comprend bien, quand elle considère le temps qu'elle a perdu, et affirme que vous pouvez en un instant le lui faire regagner. Mais il semble que je déraisonne, car le temps perdu ne saurait, dit-on, se recouvrer.

    Mais béni soit mon Dieu ! ô Seigneur, je confesse votre grand pouvoir. Si Vous êtes tout-puissant et Vous l'êtes certainement, qu'y a-t-il d'impossible à Celui qui peut tout ?

    « Vous le savez bien, ô mon Dieu, malgré toutes mes misères, je n'ai jamais cessé de reconnaître la grandeur de votre pouvoir et de votre miséricorde. En cela, je ne Vous ai point offensé ; ô Seigneur, que ce me soit un titre auprès de Votre bonté ! Réparez donc, mon Dieu, le temps que j'ai perdu, donnez-moi votre grâce pour le présent et pour l'avenir, afin que je paraisse devant Vous revêtue de la robe nuptiale. Si Vous le voulez, Vous le pouvez » (Thérèse de Jésus, Exclamations IV). »

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine, Intimité Divine Tome I (31 décembre, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Librairie du Carmel, 1963.

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  • Méditation - Motifs de l'Incarnation

    « Le mystère de l'Incarnation a fait briller : 1° la toute-puissance de Dieu ; car l'amour divin n'a pu rien désirer de plus grand, et le souverain pouvoir n'a pu rien opérer de plus merveilleux ; 2° sa justice, en démontrant toute la gravité de l'offense de l'homme ; 3° sa sainteté, par la nécessité d'une immense satisfaction. Dieu pouvait-il nous laisser ignorer ses perfections ? Ne devait-il pas à lui-même de les manifester ? En voyant le Verbe se consacrer à cette grande œuvre, ne sortirez-vous pas de l'indifférence dans laquelle votre cœur est plongé ? Ne vous déterminerez-vous pas à faire de généreux efforts pour plaire à Dieu ?

    Le mystère de l'Incarnation nous révèle surtout la charité infinie de Dieu pour les hommes. Après le péché, Dieu pouvait tenir le ciel fermé, laisser sans mérite les plus héroïques vertus, et repousser les plus austères pénitences... Quelle désespérante perspective pour le genre humain s'il en eût été ainsi ! Mais Dieu nous aimait et nous a sauvés. « Le Verbe s'est livré pour nous » dit saint Paul aux Éphésiens. En effet, Dieu lui-même est venu vous chercher pour vous reconduire à ses frais au céleste bercail. Pouvait-il faire davantage ? Le juste a souffert pour le pécheur... Dieu, devenu semblable à nous, est entré dans le monde et y a vécu comme l'un de nous... Serait-il possible que vous crussiez cette vérité et que votre cœur y restât insensible, surtout quand vous avez devant les yeux le tabernacle où Jésus demeure près de vous et la sainte table où vous allez le recevoir ? N'est-ce pas là que vous avez connu l'intimité de son amour ? Protestez à Notre Seigneur que vous l'aimerez préférablement à tout, puisqu'il vous aime préférablement à sa gloire, à son repos et à sa félicité. »

    [P. Eusèbe Godfroy s.j. (1817-1889), publié par la Comtesse Hyacinthe d'Hoffelize], La vie de N.-S. Jésus-Christ méditée pour tous les jours de l'année... (Première semaine de l'Avent, Motifs de l'Incarnation, II & III), par l'auteur des "Avis spirituels", Tome premier, Paris, Charles Douniol, 1868.

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  • Méditation - Notre-Seigneur Jésus-Christ, Verbe de Dieu

    « « Au commencement était le Verbe. » N.-S. J.-C. est le Verbe, Fils de Dieu, la seconde des trois personnes de la très-sainte Trinité. Comme Verbe, il est, par nature, la pensée, l'image éternelle et consubstantielle de Dieu le Père qui l'engendre de toute éternité, et lui communique son immensité, sa toute-puissance et toutes ses autres perfections. L'Évangéliste désigne le Fils unique de Dieu sous le nom de Verbe ou parole du Père, parce qu'il est la fidèle expression de l'excellence de sa divinité, la source inépuisable de toute vérité, le principe fécond de sa sagesse infinie, le rayon resplendissant de sa gloire éternelle. Ce terme fait allusion non seulement au principe du Verbe, mais encore aux paroles qu'il prononcera et à la doctrine qu'il enseignera ; car saint Jean s'apprête dans son récit évangélique à considérer le Fils de Dieu, non seulement dans son éternelle génération, mais dans ses rapports avec les créatures. « Et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu, » c'est-à-dire qu'il a en lui-même la nature divine qui est indivisible et incommunicable. [...]

    « Tout a été fait par lui, et, sans lui, rien n'a été fait. » Dieu n'a rien fait sans sa sagesse infinie. Le Verbe a tout créé avec le Père et le Saint-Esprit ; car les œuvres extérieures de la sainte Trinité appartiennent aux trois personnes... Reconnaissez avec une vive foi que vous tenez du Verbe tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes. Rendez gloire à sa bonté qui vous tira du néant, à sa puissance qui vous conserve la vie par une création continuée. Étonnez-vous qu'il vous ait tiré du néant parmi tant d'êtres possibles qui n'existeront jamais. Humiliez-vous de rester si misérable, quand vous avez sans cesse l'aide d'un Dieu tout-puissant qui n'attend que le concours de votre volonté pour vous rendre digne de la grâce qu'il vous a faite de vous former à sa ressemblance, pour le connaitre, l'aimer et le posséder éternellement. Pour savoir si vos pensées et vos actes sont dans l'ordre divin, voyez si en tout vous vous proposez purement la gloire de Dieu.

    « En lui était la vie. » Le Verbe est la cause première et inépuisable de toute création ; Dieu contemplait en lui tout ce qui existera jamais. « Et la vie était la lumière des hommes. » Le Verbe est le principe, la lumière de notre intelligence. Quand il s'incarna, « la lumière brilla dans les ténèbres » et la terre étant plongée dans la nuit du péché ; il se hâta d'enseigner aux hommes à honorer et à aimer Dieu d'une manière conforme à sa grandeur et à sa bonté. Jésus, Rédempteur et hostie, vous a placé à la hauteur de sa personne adorable, en vous faisant vivre dans la sainte Communion de la propre vie du Fils de Dieu. Pour conserver à votre âme une vie si excellente, vous ne devez plus obéir à la loi des sens, mais à l'attrait de la grâce qui tend à mortifier la nature. Votre conduite prouve-t-elle qu'une vie divine vous anime ? Interrogez vos œuvres, elles expriment les effets que vos communions produisent dans votre âme. Humiliez-vous de votre nullité dans la vertu, ou rendez grâce à N.-S. selon le véridique témoignage de votre conscience. Ne vous proposez que des intentions si pures, que vous puissiez unir vos actions à celles de J.-C. Vos intentions seront pures, si vous laissez toute liberté à l'action du divin amour en vous exerçant à l'anéantissement intérieur par le mépris de vous-même. Ne voyez que Jésus en toutes choses, ne désirez que sa gloire ; et priez-le que votre cœur se fonde dans l'amour de son Cœur. »

    [P. Eusèbe Godfroy s.j. (1817-1889), publié par la Comtesse Hyacinthe d'Hoffelize], La vie de N.-S. Jésus-Christ méditée pour tous les jours de l'année... (Première semaine de l'Avent, dimanche, I-III), par l'auteur des "Avis spirituels", Tome premier, Paris, Charles Douniol, 1868.

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    Broderie sur icône de Maria Yantovskaya

  • En préambule à cette nouvelle Année liturgique

    « Pour ce qui regarde les lectures spirituelles, voici ce qu’il faut y considérer.

    1. Ai-je un temps réglé pour en faire chaque jour ?
    2. Suis-je exact et fidèle à me rendre au temps, hors la nécessité ?
    3. Pensai-je à réduire en pratique ce que Dieu me fait connaître dans ces lectures être de sa volonté ?
    4. Dans le choix que je fais des livres m'attachai-je à ceux qui me conviennent le plus, et d'où je puis tirer plus de fruit ?
    5. Ne fais-je point ces lectures par habitude, par coutume, par une espèce de nécessité d'état, et non par un vrai désir d'en profiter ?
    6. Ne vais-je pas plutôt à beaucoup lire, qu'à lire utilement ? A satisfaire ma curiosité, plutôt qu'à m'instruire de mes devoirs ? A parcourir bien des livres, à n'en rien retenir ?
    7. Avant que de commencer ma lecture, songeai-je à demander la lumière de Dieu, m'imaginai-je en ouvrant le livre, que c'est Dieu qui va me parler pour me faire connaître ses adorables volontés ? Et quand je finis ma lecture, remerciai-je Dieu, et le priai-je d'affermir en moi les bons désirs que j'y sens ?

    Si on manque à garder tout cela, on ne doit pas s'étonner qu'après bien des lectures faites durant plusieurs années, on en ait aussi peu profité, que si on ne les avait pas faites. Quel compte néanmoins n'en faudra-t-il pas rendre à Dieu ? Qu'il sera terrible ! »

    R.P. François Le Large s.j., Retraite spirituelle ou Conduite d'une âme qui aspire à la perfection, Tome I (Troisième Jour, Méditation IV), A Lyon, Chez les Frères Bruyset, 1724.

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  • Méditation - L'oraison de recueillement

    « Toi, tu étais plus intime que l’intime de moi-même, et plus élevé que les cimes de moi-même. »
    (St Augustin, Confessions, III, 6, 11)

    « L'oraison de recueillement nous fait chercher Dieu au centre de notre âme. Où pourrions-nous le trouver plus intimement pour établir nos relations surnaturelles avec lui, qu'en ces profondeurs de nous-mêmes où Il communique sa vie divine, faisant de chacun de nous personnellement son enfant ? Ce Dieu présent et agissant en moi est véritablement mon Père, car Il m'engendre sans cesse par la diffusion de sa vie ; je puis l'étreindre moi-même d'une étreinte filiale en ces régions où il se donne. Mon Seigneur et mon Dieu réside véritablement en moi, et lorsque mon âme sera libérée de la prison du corps, et assez purifiée pour recevoir le lumen gloriae qui est la puissance de voir Dieu comme Il est, elle le découvrira la pénétrant, l'enveloppant, en ces régions intimes où elle le cherche maintenant avec la foi. Le ciel vit tout entier dans mon âme. En me faisant tenir compagnie à la Trinité sainte qui y habite, l'oraison de recueillement est plus qu'une préparation à la vie céleste, elle en est l'exercice réel sous le voile de la foi. »

    Bx Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus O.C.D. (1894-1967), Je veux voir Dieu (Deuxième Partie, Chapitre IV, C), Éditions du Carmel, Tarascon, 1949.
    (Rappel : le Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus a été béatifié le 19 novembre dernier)

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  • Vivons en vue de notre éternité - II. Contemplation

    (suite de la méditation du jeudi 3 novembre)

    « Ô douce éternité ! que tes biens ont de douceurs, que tes joies ont d'attraits, que ta pensée même a de charmes ! Ô éternité immuable, viens détacher mon cœur de tous les biens fragiles et périssables de ce monde et de toutes ses fausses douceurs ; viens consoler mon âme de toutes les peines, de toutes les afflictions de la vie. Ô éternité, éternité bienheureuse, seras-tu mon partage ? quand viendra ce moment qui m'annoncera l'aurore de ce grand jour ? je ne soupire plus qu'après lui ; le reste est pour moi une figure qui passe et qui est déjà passée pour ne plus revenir.
    Dieu seul, l'éternité seule occuperont mes pensées, fixeront mes regards, seront l'objet de mes désirs et de mes espérances.
    Et vous, amour de mon Dieu, prenez dans mon cœur la place que ces objets périssables y occupaient si inutilement, ou plutôt, y avaient si injustement usurpée ; vous seul devez y établir désormais votre empire et y régner en souverain maître ; ô amour de mon Dieu ! c'est avec joie que je vous ouvre la porte de mon cœur, puisque c'est vous seul qui devez m'ouvrir la porte de l'éternité. »

    (à suivre lundi 7 novembre : Prière)

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome sixième (Mercredi de la dernière semaine, Oraison du matin - Contemplation), Desclée, De Brouwer, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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  • Méditation - La guerre contre le vieil homme : II. Désirer la sainteté

    (suite et fin de la méditation d'hier)

    « Méditez l’Épître aux Romains : « Je sens deux hommes en moi » - mais ne croyez pas que ce soit là un état définitif ! Beaucoup s'imaginent que l'idéal de la vie chrétienne, c'est d'éviter que le vieil homme fasse des siennes. Il y a beaucoup plus à espérer : c'est qu'il meure. Dans les épîtres pastorales, Paul ne dit plus la même chose, mais : « J'ai combattu le bon combat, ma course est consommée, j'attends la couronne de justice. » Tant que nous sentons deux hommes en nous, nous ne sommes pas complètement sauvés.
    Après plusieurs années de vie chrétienne ou religieuse, nous atteignons un certain plafond que nous ne pourrons jamais dépasser par nous-mêmes. Nous faisons des progrès, mais à l'intérieur de limites étroites. Nous en arrivons alors à la coexistence pacifique dont je parlais : par nous-mêmes, je le répète, nous ne pouvons rien faire de plus. Mais ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu, et nous n'avons pas le droit d'en douter.
    Alors, si nous le croyons vraiment, nous pouvons encore faire une chose. Nous pouvons dire à Dieu : « J'accepte le traitement »... et signer notre feuille d'hospitalisation - notre entrée dans le monastère des purifications passives. Alors là, Dieu sait comment faire. Il nous donne le Sang du Christ, lequel a le pouvoir d'opérer le miracle de notre sanctification totale, de faire de nous des êtres qui, même dans leurs premiers mouvements, n'offrent aucune résistance profonde à la volonté de Dieu : ce sont les saints. Tout ce qu'Il nous demande, c'est d'y croire et de le désirer. »

    P. M.-D. Molinié o.p. (1918-2002), Le courage d'avoir peur (Septième Variation : Le monastère des purifications), Les Éditions du Cerf, Paris, 1975.

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  • Méditation - La prière du pauvre

    « Gerson fait mention d'un serviteur de Dieu qui avait coutume de dire que, depuis quarante ans qu'il s'adonnait à l'oraison avec tout le soin qui lui était possible, il n'avait point trouvé de méthode plus courte et plus facile pour faire une bonne oraison, que de se présenter devant Dieu comme un enfant ou comme un homme accablé de misère, aveugle, nu, dépourvu de toutes choses et abandonné de tout le monde. Le Prophète royal se servait si fréquemment de cette sorte d'oraison, que les Psaumes ne sont remplis que d'endroits où il s'appelle tantôt malade, tantôt orphelin, tantôt aveugle et tantôt pauvre et mendiant ; et plusieurs, en pratiquant la même méthode, sont parvenus à exceller dans l'oraison. Pratiquez-la donc, et Dieu vous fera la grâce d'obtenir par là ce que vous souhaitez. C'est une manière de prier fort efficace, dit Gerson (1), que celle dont se sert le pauvre : regardez avec quelle utilité et avec quelle patience il demande et attend l'aumône à la porte du riche, et avec quel soin il va aux lieux où il sait qu'on la donne. Nous devons en user de cette sorte à l'égard de Dieu ; et de même que, quand le pauvre se présente devant le riche, il lui remontre sa misère avec soumission, et en attend le soulagement dans une contenance respectueuse, aussi lorsque nous nous présentons devant Dieu dans l'oraison, nous devons lui remontrer nos besoins et notre misère avec une profonde humilité, et en attendre avec respect le remède de sa libéralité et de sa bonté. Comme les yeux de la servante sont continuellement attachés sur les mains de sa maîtresse, lorsqu'elle en attend quelque récompense, ainsi nos yeux doivent être continuellement attachés sur le Seigneur notre Dieu et notre maître, jusqu'à ce qu'il ait pitié de nous (2). »

    1. Gerson, de mont. contempl.. - 2. Ps. 122, 2.

    R.P. Alphonse (Alonso) Rodriguez s.j. (1526–1616), Pratique de la perfection chrétienne, Tome I (Première Partie, Traité V, Ch. XIX), Trad. Abbé Regnier-Desmarais, Poitiers, Henri Oudin, 1866.

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    Eugène Burnand (1850-1921), L'homme riche et Lazare (3)
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  • Méditation - De la vie des sens à la vie surnaturelle

    « Il y a trois vies au choix de l'homme : la vie des sens, qui est la vie animale ; - la vie de la raison, dont la fin est l'honneur et la sagesse de la terre ; - la vie de foi, qui est la vie surnaturelle, la vie du juste : Justus autem ex fide vivit (1).
    [...]
    La perfection de la vie surnaturelle, c'est de vivre en Dieu.
    Il faut à l'homme un centre de vie dans lequel il se repose, se fortifie, se réjouisse, s'anime à de plus grandes choses.
    L'homme des sens vit de sensations ; l'homme naturel vit dans les biens naturels ; mais le juste vit en Dieu.
    Jésus-Christ a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et je demeure en lui. » (2)
    Saint Paul a dit : « Celui qui est uni à Dieu ne fait avec lui qu'un esprit. » (3)
    On reconnaît que Dieu est le centre d'une âme, quand la vérité de Dieu fait sa joie ; quand la volonté de Dieu fait son bonheur ; quand l'amour de Dieu est l'inspirateur, le grand moteur, la grande vertu de sa vie. - Alors Dieu règne en cette âme. « Anima justi est Dei, dit saint Grégoire ; l'âme du juste est la demeure de Dieu. »
    Où sont les pensées, les désirs, les plaisirs de mon coeur, là est mon trésor... »

    1. Rom. I, 17 & Heb. X, 38 : "Celui qui est juste par la foi, vivra". - 2. Jn. VI, 57. - 3. I Cor. VI, 17.

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Troisième Série, Retraites aux pieds de Jésus-Eucharistie (Troisième Retraite, Deuxième jour, IIe méditation), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1926 (treizième édition).

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    Carl Heinrich Bloch (1834-1890), Le Consolateur

  • Méditation - Les caractères de la véritable vertu

    « La véritable vertu n'est jamais contente d'elle-même, ni mécontente des autres ; elle ne cherche qu'à contenter Dieu.

    1°. Jamais contente d'elle-même. Quand on se connaît bien, peut-on être content de soi ? Tant de passions, d'imperfections, de défauts ; tant de langueur, de tiédeur, de négligence ; tant d'infidélités à la grâce, si peu d'avancement dans le bien, si peu de désir de la perfection, pour un si grand fonds de misère ; à cette vue, loin d'être contents de nous-mêmes, ne devons-nous pas nous humilier, nous affliger, nous anéantir, et tout craindre pour nous ?
    Les plus grands Saints ont toujours été les plus humbles et les plus mécontents d'eux-mêmes ; ils se regardaient comme de grands pécheurs ; quoiqu'ils fassent pour Dieu, ils ne croyaient jamais avoir rien fait ; ils considéraient, non ce qu'ils avaient fait, mais ce qu'ils auraient du faire ; et après avoir pratiqué les plus éminentes vertus, ils disaient sincèrement et de cœur : Servi inutiles sumus (Lc 17, 10). Hélas ! nous ne sommes que des serviteurs inutiles. Voilà la solide vertu ; mais sont-ce là mes sentiments devant Dieu ?

    2°. La véritable vertu n'est jamais mécontente des autres : uniquement attentive sur elle-même, elle n'examine point la conduite de ceux dont elle n'a pas à répondre ; tant qu'elle peut, elle cherche à louer, elle cherche à excuser ; quand elle ne peut excuser l'action, elle excuse l'intention ; si on la blâme, elle ne se plaint point ; si on l'accuse, elle ne répond point ; si on la maltraite, elle croit mériter les mauvais traitements, et leur avoir donné lieu ; elle s'attribue tout à elle-même, pour ne pas condamner les autres : tout ce que les autres font, lui paraît mieux que ce qu'elle fait ; pour peu qu'on fasse pour elle, on en fait toujours trop ; craignant souverainement de manquer aux autres, jamais elle ne croit qu'on lui manque. A ce prix, ô mon Dieu ! ai-je à vos yeux le moindre vestige de vertu solide ?

    3°. La véritable vertu ne cherche qu'à contenter Dieu : voilà le grand objet qui fixe son attention et ses vœux, ses yeux fermés sur tout le reste, ne se portent qu'à Dieu ; elle ne veut que Dieu, ne cherche que Dieu, ne veut trouver que Dieu seul ; tout le reste n'est rien pour elle ; pourvu que son Dieu soit content, elle est satisfaite : ses vues ne vont qu'à lui plaire, ses désirs qu'à l'aimer, son cœur qu'à le posséder ; toute vue naturelle, toute considération humaine, tout motif bas et terrestre est banni de son cœur ; fallût-il faire les plus grands sacrifices, porter les plus rudes croix, se priver de tout et tout perdre, pourvu qu'elle plaise à son Dieu, qu'elle possède son Dieu, elle a tout, elle possède tout ; et si Dieu est content, elle est contente de tout.

    Mon Dieu, que ces sentiments sont au-dessus des miens ! et que je suis éloignée de la véritable et solide vertu ! elle m'a été comme étrangère et inconnue jusqu'à présent ; je n'ai bâti que sur du sable mouvant, rien de solide et de bien fondé ; vertu fausse, défectueuse, hypocrite, apparente ; voilà mon état, et le sujet de mes larmes. Il est temps que je travaille ; hélas ! je ne dis pas à perfectionner la vertu en moi, mais à lui donner l'entrée de mon cœur, espérant que la grâce lui donnera l'accroissement, et m'accordera la persévérance. »

    Abbé Barthélemy Baudrand (1701-1787), L'âme religieuse élevée à la perfection par les exercices de la vie intérieure, Lyon, Frères Périsse, 1788 (sixième édition).

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  • Méditation - L'unique nécessaire

    « Une âme qui discute avec son moi, qui s'occupe de ses sensibilités, qui poursuit une pensée inutile, un désir quelconque, cette âme disperse ses forces, elle n'est pas toute ordonnée à Dieu ; sa lyre ne vibre pas à l'unisson, et le Maître, quand Il la touche, ne peut en faire sortir des harmonies divines. Il y a encore trop d'humain, c'est une dissonance.
    L'âme qui se garde encore quelque chose de son royaume, dont toutes les puissances ne sont pas « encloses » en Dieu, ne peut être une parfaite louange de gloire ; elle n'est pas en état de chanter sans interruption le « canticum magnum », dont parle saint Paul parce que l'unité ne règne pas en elle ; et, au lieu de poursuivre sa louange à travers toutes choses dans la simplicité, il faut qu'elle réunisse sans cesse les cordes de son instrument un peu perdues de tous côtés.
    Combien elle est indispensable cette belle unité intérieure à l'âme qui veut vivre ici-bas de la vie des bienheureux, c'est-à-dire des êtres simples, des esprits. Il me semble que le Maître regardait à cela lorsqu'il parlait à Madeleine de « l'Unum necessarium » (Luc 10, 42). Comme la grande sainte l'avait compris ! L'œil de son âme éclairé par la lumière de la foi, avait reconnu son Dieu sous le voile de l'humanité, et, dans le silence, dans l'unité de ses puissances, « elle écoutait la parole qu'Il lui disait » (Luc 10, 39), elle pouvait chanter : « Mon âme est toujours entre mes mains », et encore ce petit mot : « Nescivi ! (*) »
    Oui, elle ne savait plus rien sinon Lui. On pouvait faire du bruit, s'agiter autour d'elle : « Nescivi ! » On pouvait l'accuser : « Nescivi ! » pas plus son honneur que les choses extérieures ne peuvent la faire sortir de ce silence sacré.
    Ainsi en est-il de l'âme entrée dans la forteresse du saint recueillement. L'œil de son âme ouvert sous les clartés de la foi, découvre son Dieu présent, vivant en elle. A son tour, elle demeure si présente à Lui, dans la belle simplicité, qu'Il la garde avec un soin jaloux. Alors peuvent survenir les agitations du dehors, les tempêtes du dedans ; on peut atteindre son point d'honneur : « Nescivi ! » Dieu peut se cacher, lui retirer sa grâce sensible : « Nescivi ! » Et encore avec saint Paul : « Pour son amour, j'ai tout perdu. » (Ph 3, 8)
    Alors le Maître est libre, libre de s'écouler, de se donner, « à sa mesure » (Eph 4, 7), et l'âme ainsi simplifiée, unifiée, devient le trône de l'Immuable, puisque l'unité est le trône de la sainte Trinité. »

    (*) : Nescivi (Ct 6, 12) : 1ère personne singulier parfait indicatif actif (Nescio, is, ire) : "Je n'ai plus rien su".

    Ste Élisabeth de la Trinité (1880-1906, canonisée ce jour), Testament spirituel, n°140, Éditions du Seuil, 1948.

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  • Méditation - La parabole du débiteur impitoyable : nos devoirs envers la miséricorde de Dieu

    « Nous devons 1° l'aimer, car n'est-elle pas infiniment aimable, la miséricorde de ce Dieu qui, offensé partout, à tous moments, par toutes sortes de personnes, et en toutes manières, supporte tout en silence et comble de biens ceux-là même qui l'offensent ; cette miséricorde, qui pouvait nous faire mourir quand nous étions en péché, qui nous a supporté jusqu'à ce jour (1), où il nous offre le pardon avec son paradis et nous conjure d'accepter l'un et l'autre ? Bonté touchante, que nous figure le roi de notre évangile, lequel a pitié de son serviteur et lui laisse le temps de s'acquitter (2).

    Nous devons 2° avoir confiance aux divines miséricordes. Oh ! que ceux-là entendent mal la bonté de Dieu, qui s'en défient, se découragent, se désolent et disent : Le ciel m'abandonne ; je ne me sauverai pas ! Comprenons mieux Dieu et ses miséricordes. Au service d'un Dieu si bon, se sauve qui veut : il suffit de le vouloir. Quelles que soient nos misères, nous devons toujours avoir courage et confiance, lutter contre les obstacles, et tenir pour assuré que nous serons sauvés si nous le voulons. Quelques revers que Dieu nous envoie, souvenons-nous qu'il ne frappe que pour guérir.

    3° Nous devons imiter les miséricordes de Dieu dans nos rapports avec le prochain. Le serviteur de l’Évangile, après avoir obtenu sa grâce, ne voulut point l'accorder à son compagnon ; le roi l'apprend, le mande, et rétracte la grâce accordée : J'avais eu pitié de vous, lui dit-il, ne deviez-vous pas aussi avoir pitié de votre compagnon ? Ainsi, remarque Jésus-Christ, fera le Père céleste à quiconque ne pardonnera pas à son frère du fond du cœur. Point donc de pardon pour qui ne pardonne pas, pour qui conserve du ressentiment des torts reçus. Dieu souffre toutes nos fautes sans se venger, sans s'emporter, sans même laisser voir qu'il est mécontent. C'est pour nous apprendre qu'il ne faut pas être si sensibles au mal qu'on nous fait, ou que nous nous imaginons qu'on a voulu nous faire ; ni être impatients, colères, vindicatifs, implacables, souvent pour des riens ; qu'il faut, au contraire, être toujours bons, doux, indulgents, miséricordieux, comme notre Père céleste (3), et avoir comme lui grande pitié des misères de l'humanité dans la personne de nos frères. »

    1. "qui solem suum oriri facit super bonos et malos, et pluit super justos et injustos" : il fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes (Mt V, 45) - 2. "Misertus autem dominus servi illius dimisit eum" : Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir (Mt XVIII, 27). - 3. "Estote ergo misericordes sicut et pater vester misericors est" : Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux (Lc VI, 36 ; cf. Mt V, 48).

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année, Tome III (Vingt et unième dimanche après la Pentecôte, Second Point), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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    Eugène Burnand (1850-1921), le débiteur impitoyable
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  • Méditation - Nous avons tous une vocation particulière

    « Chacun de nous a sa vocation à lui ; il n'y a pas d'homme ni de femme qui soit un double emploi sur la terre ; il n'y a jamais eu deux vocations précisément identiques depuis le commencement du monde, et il ne s'en trouvera pas d'ici au jour du jugement. Peu importe quelle soit notre position dans la vie, peu importe combien nos devoirs peuvent paraître ordinaires, peu importe l'aspect vulgaire d'une existence commune, chacun de nous, secrètement, a cette grande vocation. Nous sommes, dans un sens où l'amour peut autoriser l'inexactitude, nécessaires à Dieu ; il a besoin de nous pour poursuivre ses plans, et personne ne peut nous remplacer complètement : c'est là notre dignité ; mais c'est aussi là que se trouve notre devoir ; et la source profonde de notre amour devient aussi la source profonde de notre crainte. Notre vocation est aussi réelle, aussi distincte que la vocation d'une carmélite ou d'une ursuline, d'un franciscain ou d'un oratorien ; elle est moins visible, moins facile à décrire ; elle a plus d'incertitudes et elle est beaucoup plus difficile à connaître ; mais il y a tout aussi bien vocation régulière et complète. Ceci une fois posé, il faut admettre que toute la vie spirituelle marche à l'aventure, si elle n'est pas basée sur la connaissance de cette vocation ou sur les efforts à faire pour la découvrir. Cette vocation, quelle qu'elle soit, est la volonté de Dieu sur nous ; il peut vouloir qu'elle ne nous soit pas pleinement connue ; mais il veut que nous essayons de la découvrir. la sainteté consiste simplement en deux choses qui sont l'une et l'autre un effort : l'effort pour connaître la volonté de Dieu, et l'effort pour l'accomplir une fois connue. »

    R.P. Frédéric-William Faber (1814-1863), Conférences spirituelles (Tous les hommes ont une vocation spéciale), Paris, Bray et Retaux, 1872 (Sixième édition).

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  • Méditation - L'âme humaine, décrite par Ste Hildegarde de Bingen

    « L'âme est présente dans le corps comme un vent dont on ne voit ni n'entend le souffle. Aérienne, elle déploie son souffle, à la manière du vent, ses soupirs et ses pensées ; son humidité, véhicule de ses bonnes intentions envers Dieu, l'assimile à la rosée. Comme l'éclat du soleil qui illumine le monde entier et qui ne faiblit jamais, l'âme est tout entière présente dans la petite forme de l'homme. Ses pensées lui permettent de s'envoler dans toutes les directions : les œuvres saintes l'élèvent vers les étoiles par la louange de Dieu, les œuvres mauvaises des péchés la précipitent dans les ténèbres.

    L'âme raisonnable profère de multiples paroles qui résonnent comme l'arbre multiplie ses rameaux, et, de la même façon que les rameaux proviennent de l'arbre, les énergies de l'homme jaillissent de l'âme. Ses œuvres, quelles qu'elles soient, réalisées de concert avec l'homme, ressemblent aux fruits d'un arbre. [...]

    L'âme, tant qu'elle est dans le corps, sent Dieu parce qu'elle vient de Dieu, mais tant qu'elle accomplit sa tâche dans les créatures, elle ne voit pas Dieu. Lorsqu'elle aura quitté l'atelier de son corps et lorsqu'elle sera confrontée à Dieu, elle connaîtra sa nature et ses anciennes dépendances corporelles. [...] Elle attend donc avec avidité ce dernier jour du monde, car elle a perdu ce vêtement qu'elle aime et qui est son propre corps. Quand elle l'aura recouvré, elle verra avec les anges la face glorieuse de Dieu. [...] "L'homme est le vêtement que revêt mon Fils en sa royale puissance afin d'apparaître Dieu de toute création et vie de la vie." [...] Dans la forme de l'homme, c'est la totalité de Son œuvre que Dieu a consignée. »

    Ste Hildegarde de Bingen (fêtée ce jour), Le Livre des Œuvres divines, Quatrième vision, Trad. Bernard Gorceix (Albin Michel, coll Spiritualités vivantes, 1982), in Régine Pernoud, "Hildegarde de Bingen", Éditions du Rocher, 1995.

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    L'Homme universel, 'Liber Divinorum Operum' de Ste Hildegarde de Bingen, 1165.
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  • Méditation - « Mater admirabilis, ora pro nobis - Mère admirable, priez pour nous ! »

    « Quelle plus intime alliance que celle de la très sainte Vierge avec les trois divines Personnes ! Elle est tout ensemble la fille, la mère et l'épouse d'un Dieu... Le Seigneur avait arrêté dans ses conseils éternels que le monde serait sauvé par l'incarnation de son Verbe, et que cet ineffable mystère s'accomplirait dans le sein d'une vierge, par l'opération du Saint-Esprit. Dès lors il fut de la gloire de l'adorable Trinité que rien ne manquât à la perfection d'une créature appelée à une dignité aussi sublime que celle de mère du Rédempteur. Le Père adopta d'une manière toute spéciale pour sa fille celle qui devait être la mère de son Fils unique ; dès le sein maternel, il la prévint d'une effusion de grâces sans exemple et sans mesure. Le Fils, la Sagesse éternelle, fait ses délices d'habiter dans le cœur qu'il a choisi comme sa demeure : Deliciae meae esse cum filiis hominum, dit-il dans les Livres saints (Prov. VIII, 31). Mais quels attraits particuliers ne devait-il pas trouver dans le cœur de celle qu'il appelait sa mère ! C'est encore dans le cœur virginal de Marie que se célébreront les noces ineffables de l'Esprit-Saint. Or, si le divin Esprit se plaît à enrichir de ses dons le cœur des hommes, avec quel amour ne dut-il pas se reposer sur celui de Marie son épouse !... Pourrons-nous jamais admirer assez tout ce que les relations intimes de la très sainte Vierge avec les Personnes divines ont dû produire de vertus et de perfections dans son Coeur immaculé ? Puissions-nous mériter du moins de contempler dans le ciel ce que nous ne pouvons pas même soupçonner sur la terre !... »

    M. H.-C.-A. Juge, Manuel de Prédication Populaire, Tome second (IIIe Série, XXXI), Société Générale de Librairie Catholique, Paris - Bruxelles, 1881.

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    Mater Admirabilis, fresque originale, Trinité des Monts, Rome
    (Crédit photo)
     
    La “Mater Admirabilis” représente la Vierge à quinze ans. Elle est l’œuvre d’une élève de l’école française de la Trinité des Monts, Pauline Perdrot, devenue ensuite religieuse chez les Dames du Sacré-Cœur. Son histoire est fort bien relatée ICI.
    Sa fête est célébrée le 20 octobre.
    A noter que le 26 mars 2003, Jean-Paul II bénissait une copie de cette fresque dont l'original est conservé en l’église romaine de la Trinité-des-Monts. Cette copie fut ensuite placée en l’église Sainte-Catherine à Varsovie, en Pologne.
  • Méditation - Total abandon en la volonté divine

    « Saint François de Sales expose trois lois de la vie spirituelle : la première est de faire tout pour Dieu et rien pour soi ; la seconde de ne jamais rien rabattre de son exactitude à tous ses devoirs au milieu des maux de cette vie ; la troisième de bénir Dieu dans l'adversité comme dans la prospérité. Le saint évêque recommande ensuite de s'abandonner entièrement à Dieu : « Les saints qui sont au ciel ont une telle union avec la volonté de Dieu, que, s'il y avait un peu plus du bon plaisir de Dieu à ce qu'ils allassent en enfer, ils quitteraient à l'instant le paradis pour y aller. Nous devons de même en toute occasion nous laisser conduire à la volonté de Dieu, sans nous préoccuper des conséquences nuisibles ou favorables qui en découleront, assurés que nous sommes, que rien ne saurait nous être envoyés de ce cœur paternel, dont il ne nous fasse tirer profit, si nous avons confiance en lui ». »

    Mgr Paul Guérin (1830-1908), Vie de Saint François de Sales, in "Les Petits Bollandistes. Vie des Saints", Tome XIV, Paris, Bloud et Barral, 1886 (pp.532-533). Citation relevée par le Bx Charles de Foucauld en 1897 (Notes détachées 76, in "Voyageur dans la nuit", nouvelle cité, Paris, 1979).

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  • Méditation - Les trois règles de la ferveur

    « La dévotion, la ferveur que le service de Dieu exige de nous, considérée dans l'opposition qu'elle a avec nos paresses et nos langueurs, est une prompte et ferme volonté d'accomplir de point en point tout le bon plaisir de Dieu, autant qu'on le peut connaître par l'une de ces trois règles. La première, quand il y a commandement, ou de la part de Dieu, ou de la part de l’Église, ou bien de ceux qui ont autorité sur nous, et dans le cas où la nécessité parle d'elle-même, il faut prendre la nécessité comme un commandement de Dieu, ou comme un signe et une marque de ses ordres et de ses volontés. La seconde, quand on est engagé en quelque affaire à cause de sa charge. Tout ce qui est nécessaire pour l'accomplissement des devoirs de la condition où Dieu nous a mis, doit être rapporté à la volonté de Dieu ; car il est certain que Dieu veut que nous nous acquittions parfaitement de nos obligations. La troisième, quand le Saint-Esprit nous déclare son bon plaisir par quelque inspiration qui nous porte à quelque acte de perfection. Suivant ces trois règles, on peut remarquer trois degrés et comme trois actes de la vertu que nous considérons, savoir : premièrement, de s'acquitter des choses nécessaires ; secondement, de remplir dignement sa charge et de satisfaire volontiers aux obligations qu'elle porte avec soi ; troisièmement, de passer au-delà de l'obligation et de faire plus qu'on est tenu, sans toutefois sortir des bornes que l'ordre, la raison et l'état de chacun lui prescrivent.

    [...] C'est dans cette promptitude de notre volonté, que consiste proprement la dévotion. [...] Oh ! que vous êtes éloigné de cette dévotion, puisqu'après tant de connaissances que vous avez des volontés de Dieu, vous êtes encore à décider si vous les exécuterez ; ou si vous prenez quelques résolutions, vous les différez tellement, que vous faites assez voir qu'il n'y a pas grande dévotion dans un cœur qui est si lent et si peu affectionné... Reconnaissez ce défaut et demandez-en pardon... Oui, mon Dieu, et de bon cœur ; et si j'ai été paresseux à bien faire, je ne veux pas l'être à reconnaître ma faute et à m'en repentir. »

    P. Julien Hayneuve s.j. (1588-1663), Méditations sur la Vie de N.-S. Jésus-Christ Tome I (Lundi de la quatrième semaine de l'Avent, Premier point), Édition corrigée, rajeunie et disposée selon l'ordre du Bréviaire romain par M. l'Abbé J.-B. Lobry, Paris, Hippolyte Walzer, 1868.

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