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reconnaissance

  • Méditation - Reconnaissance, gratitude, action de grâces...

    « Ce qui nous empêche de recevoir des grâces plus abondantes de la part de Dieu, c'est peut-être tout simplement de ne pas suffisamment reconnaître celles qu'il nous a déjà accordées, et l'en remercier.
    Nul doute que si nous disons merci à Dieu de tout notre cœur pour chaque grâce reçue, en particulier pour les inspirations, il nous en accordera davantage.
    Écoutons Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus parlant à sa sœur Céline :
    Ce qui attire le plus les grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! J'en ai fait l'expérience, essayez et vous verrez. Ma gratitude est sans borne pour tout ce qu'il me donne, et je lui prouve de mille manières. (Conseils et souvenirs recueillis par Sœur Geneviève)
    Il ne doit pas s'agir d'un calcul, mais de prendre conscience que notre ingratitude envers Dieu nous replie sur nous-mêmes et nous ferme à sa grâce. Bénis ô mon âme le Seigneur, n'oublie aucun de ses bienfaits, dit le Psaume. (Ps 103,1) »

    P. Jacques Philippe, A l'école de l'Esprit Saint, Édition des Béatitudes, 1995.

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  • Méditation - Fête de la Très Sainte Trinité

    « Toute notre vie doit être une fête continuelle en l'honneur de la sainte Trinité, à l'imitation des bienheureux qui n'ont d'autre occupation dans le ciel que de louer Dieu et de l'adorer. Le mystère de la sainte Trinité, qui est le plus auguste de nos mystères, nous impose les plus grands devoirs. Croire, aimer et même imiter la sainte Trinité, autant qu'un objet si élevé peut être proportionné à nos forces, voilà ce que demande de nous le Dieu trois fois saint (*).

    Adorons donc le Père céleste, qui est le principe de toute chose et des augustes personnes mêmes qui sont dans son sein, et auxquelles il communique sa nature. Adorons son Fils unique, qui est la splendeur de sa gloire, le caractère de sa substance, et qui comme lui soutient tout par la puissance de sa parole ; qui est aussi élevé au-dessus des anges, que le nom qu'il a reçu est plus excellent que le leur, et qui est adoré des anges mêmes. Adorons cet Esprit divin, qui, procédant du Père et du Fils, et consubstantiel à l'un et à l'autre, doit être adoré et glorifié avec eux.

    Mais quel tribu de reconnaissance et d'amour ne devons-nous pas à ces augustes personnes ? Au Père, qui nous a créés, qui nous conserve, qui nous a adoptés pour ses enfants, et qui nous a aimés jusqu'à nous sacrifier son propre Fils ; au Fils, qui s'est chargé de tout le poids de nos crimes, et qui s'est fait victime pour nous réconcilier avec la justice de son Père ; au Saint-Esprit, qui habite, opère et prie même en nous, et qui par sa résidence intérieure, par son action vivifiante, par son inspiration actuelle, est véritablement notre esprit ? Pourrions-nous nous rappeler les rapports admirables qui nous attachent et nous lient à l'adorable Trinité, sans sentir nos cœurs pénétrés de la plus vive reconnaissance, et embrasés du plus saint amour ? »

    (*) : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48) - « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » (Lc 18, 27 ; cf. Lc 1, 37)

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs (1842-1927), Carme déchaussé, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix, Tome troisième (Dimanche de la Trinité), Desclée, De Brouwer, Lille - Paris - Bruges, 1916.

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  • Méditation - « À tout moment et pour toutes choses, rendez grâce à Dieu le Père. »

    « O vos ómnes qui transítis per víam, atténdite et vidéte. - Ô vous tous qui passez par le chemin, arrêtez-vous un peu, voyez et écoutez (Lamentations I,12). Nos bons Anges insistent à notre oreille pour nous faire remarquer, avec une pieuse envie, ces transports de joie, de ferveur et de reconnaissance, des vieillards et des jeunes hommes, s'empressant autour de notre divin Sauveur. Voyez, disent-ils, et faites selon le modèle (Exo., XXV). Ô âme chrétienne ! considérez attentivement cette foule d'hommes, de femmes et d'enfants louant Dieu à haute voix pour toutes les merveilles qu'il a faites, puis allez et faites de même. Devrions-nous être satisfaits tant que la louange de Dieu le Père, de Dieu le Fils, de Dieu le Saint-Esprit, n'est pas devenue un exercice facile, agréable et constant de notre âme ? Que de fois la sainte Église nous rappelle que c'est le droit de Dieu, que cela lui est dû, que ce n'est que justice, et que, d'ailleurs, il est sain et salutaire pour nous-mêmes, qu'en tout temps et en tous lieux, nous le remercions. Vous parlant à vous-mêmes, écrit saint Paul, avec des Psaumes, des hymnes et des cantiques, chantant, psalmodiant dans vos cœurs pour le Seigneur, rendant grâces toujours et pour toutes choses au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ à Dieu le Père (Eph., V, 20). Telle devrait être, en effet, notre habituelle disposition. Jusqu'à quel point y sommes-nous parvenus ? »

    Pierre Gallwey s.j., Les Heures de Garde de la Sainte Passion, Tome premier (Première Partie Chap.VI, IV : Le Seigneur entre à Jérusalem), Trad. A. Rosette s.j., Paris, P. Lethielleux, 1904.

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  • Méditation - L'adoration des mages

    « Si nous lisons attentivement le récit de l'Évangéliste, nous remarquons que la fidélité des mages à l'appel divin a été parfaite : elle a été prompte, généreuse, fervente, persévérante, qualités que doit avoir la nôtre aux inspirations de la grâce.

    I* Elle a été prompte. — A peine ont-ils vu l'étoile miraculeuse qu'ils partent sans hésiter, sans remettre au lendemain. Nous avons vu son étoile, disent-ils, et nous sommes venus : Vidimus et venimus. Nul intervalle pour eux entre voir et se mettre en marche, c'est-à-dire entre sentir la vérité et s'y rendre, connaître le devoir et le remplir, discerner le bien et le faire. Chez eux, la foi passe d'abord en conviction, le désir se change en résolution et le projet en pratique. En un mot, la grâce ne distingue point en eux le temps de ses attaques, les heures de ses combats et le moment de sa victoire ; tout à la fois, elle vient, elle frappe, elle triomphe : « Nous avons vu et nous sommes venus. » Suivons-nous avec la même promptitude les inspirations de Dieu, les bons exemples qui nous sont donnés ? Ne renvoyons-nous pas à plus tard la réforme de nos mœurs, la correction de nos défauts, formant de beaux projets sans les exécuter ? Xe nous arrêtons-nous pas en chemin, arrêtés souvent par des puérilités ?

    2° Généreuse. — La droiture de leurs cœurs les met au-dessus des incertitudes de l'entreprise, des répugnances de la nature et de la crainte des hommes. Rien n'arrête ces généreux pèlerins : ni la longueur, ni les hasards et les périls de la route, ni la disparition de l'étoile à Jérusalem, ni le respect humain des grands et la jalousie ombrageuse d'Hérode. Oh ! quand on aime et qu'on est tout à Dieu, on va toujours en avant. Ainsi agit l'âme généreuse, elle ne connaît pas d'obstacles, elle sait se gêner, se priver et souffrir, faire son devoir et laisser dire. Elle ne voit que Dieu, ne connaît que lui, s'inquiète peu du reste.

    3° Fervente et persévérante. — Les anges seuls qui les accompagnaient pourraient nous dire avec quelle ferveur ils firent ce voyage, comme ils s'animaient l'un l'autre, comme ils devançaient par leurs saints désirs le moment de se prosterner devant le Dieu nouveau-né, comme, durant l'absence de l'étoile, ils conservèrent leur courage ; belle image des âmes ferventes, qui persévèrent malgré les épreuves, qui restent fermes au milieu de l'isolement et des sécheresses ? Qui pourrait exprimer enfin, à la réapparition de l'étoile chérie, la joie et l'embrasement de leurs cœurs ! Est-ce ainsi que nous accueillons la grâce, lorsque sa lumière vient à nous ? Sachons donc mieux l'apprécier à l'avenir. Mais voici nos illustres voyageurs à la crèche de Bethléem. Là, loin de perdre leur ferveur à la vue d'un lieu si pauvre, d'une si pauvre femme, de si pauvres langes, ils sont, au contraire, saisis d'admiration devant tant de grandeur abaissée, tant de splendeurs cachées, tant de majesté rapetissée, et, se prosternant, ils adorent.

    Que de pieux hommages renfermés dans cette adoration ! que de respect, d'amour et de reconnaissance, de joie, de louanges et d'offrandes ! Quels modèles pour nous tous dans nos oraisons et nos visites au très saint Sacrement de l'autel ! Non moins heureux que les mages, ne possédons-nous pas toujours dans l'église Jésus et Marie, sa Mère ? Ainsi que dans la crèche, Jésus n'est-il pas comme anéanti dans les tabernacles ? Apportons-lui donc, désormais, un esprit plus recueilli, un cœur plus humble et plus aimant. »

    Abbé M.J.G. Debeney, Petites homélies sur l’Évangile des dimanches et des principales fêtes de l'année liturgique (Fête de l’Épiphanie ou des Rois, 1er Point), Deuxième édition, Vanves - Paris, Vic et Amat, 1901

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    Charles-André van Loo (1705-1765), L'Adoration des Mages
    Los Angeles County Museum of Art

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  • Méditation - Transfiguration

    « Il se transfigura devant eux. Jésus, qui a caché sa gloire pour s’accommoder à notre faiblesse, pour nous donner l'exemple d'une vie humble et retirée, et surtout pour se rendre victime pour nous, nous découvre en ce jour quelques rayons de cette gloire. Son but est de nous encourager, de nous fortifier et de nous animer au combat par un avant-goût des récompenses qu'il nous propose. [...]

    La Transfiguration de Jésus doit produire en nous une transfiguration spirituelle, un changement salutaire. Si l'éclat de la gloire qu'elle offre à nos yeux nous les ouvre à toutes les privations et à tous les abaissements auxquels il s'est réduit pour nous, combien notre amour et notre reconnaissance en doivent-ils être excités ! Si cet échantillon de gloire, montrée à notre foi, nous fait envisager celle qui nous attend dans le ciel, que nous reste-t-il ici-bas, sinon de n'y plus voir, de n'y plus goûter, de n'y plus aimer que Jésus seul, pour mériter qu'il nous appelle et qu'il nous admette enfin à le contempler et à l'aimer invariablement et éternellement dans le séjour de sa gloire, dans la plénitude de sa lumière ?

    Mais, si ce sont là les effets propres de la Transfiguration de Jésus, que doit opérer en nous une autre transfiguration qu'il fait tous les jours en notre faveur dans la divine Eucharistie ? C'est là où il se transforme tout en amour, afin de nous transfigurer et de nous changer tous en lui. L'amour abaisse Jésus entre les mains des pécheurs, l'amour l'anéantit sous les espèces d'une hostie, l'amour le rend obéissant à la parole du prêtre, l'amour le cache à nos yeux, le captive et l'arrête avec nous, l'amour le donne à nous pour nous attirer et captiver nos cœurs, pour les transformer en lui, en les rendant doux, patients, humbles, obéissants, charitables comme lui.

    Ô Jésus ! donnez-moi, je vous en supplie, de vous aimer comme je suis aimé de vous, et de ne plus aimer que vous sur la terre, et faites que tous mes soins soient de me conformer parfaitement et entièrement à vous, par une fidèle et continuelle imitation de toutes vos vertus. »

    Un Solitaire de Sept-Fonts, Méditations sur les Mystères de la foi et sur les Épitres et Évangiles, tirées de l’Écriture Sainte et des Pères (XXVe Méditation. Pour la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur, le 6 Août), Nouvelle édition revue et corrigée par M. L. Berthon, Chanoine honoraire de Poitiers, Tome Deuxième, H. Oudin, Paris - Poitiers, 1902.

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  • Méditation - 1er vendredi du mois dédié au Sacré Cœur de Jésus

    Dévotion au Cœur de Jésus enfant

    « Quand nous pensons à Jésus-Christ, si nous voulons tirer un grand profit de nos méditations, il est sage de les pousser jusqu'au plus intime de son Cœur adorable, source de toute sa conduite. Toujours il nous jettera dans une profonde admiration et nous remplira d'amour et de reconnaissance en nous inspirant le désir de l'imiter dans la mesure de nos forces. L'imitation ne sera pas facile, si nous contemplons Jésus dans les grandes œuvres de sa vie où il fait éclater sa toute-puissance divine. Comment nous élever à la sublimité des sentiments qui l'animaient au moment de sa passion et même durant son ministère évangélique ? Mais la difficulté diminue si nous contemplons le cœur de Jésus pendant les années de son enfance et de sa jeunesse. Alors il ne faisait rien d'extérieur qui puisse effrayer notre courage. Son action était purement intérieure. Il adorait son Père, il le priait, il l'aimait d'un amour filial. Sans doute, en prenant un tel modèle, nous ne pouvons guère penser à la réforme de nos défauts extérieurs : nous devons nous concentrer dans le travail de réforme intérieure, qui rendra notre cœur conforme au cœur de l'enfant Jésus. Mais la réforme du cœur est-elle donc si peu de chose ? Est-ce que tout ne part pas de là ? Le Saint-Esprit n'a-t-il pas dit : « Gardez votre cœur par toutes sortes de voies ; car c'est de lui que vient la vie » (1). Et Jésus-Christ énumérant les crimes dont nous pouvons nous rendre coupables, ne les fait-il pas sortir uniquement du cœur ? (2) Par là, ne nous a-t-il pas indiqué suffisamment que la réforme du cœur doit précéder toutes les autres et qu'elle les rend ensuite très faciles ? Du reste, il y a un temps pour tout ; et après nous être exercés à la piété filiale, rien ne nous empêchera de nous livrer à d'autres exercices spirituels.

    Cette dévotion au Cœur de Jésus enfant est accessible à tout le monde. Mais elle est surtout à la portée de la jeunesse. En l'insinuant de bonne heure aux enfants, on réussira sans peine à leur conserver une simplicité, qu'ils perdent beaucoup trop vite, quand on s'occupe surtout à développer leur intelligence. »

    1. Prov. IV, 23. - 2. Matth. XV, 19.

    P. Ludovic de Besse OFM Cap (1831-1910), La Science du Pater (Première Partie, XII), Nouvelle édition, Société et Librairie S. François d'Assise, Paris - J. Duculot, Éditeur, Gembloux (Belgique), 1929.

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    "Ô Jésus Roi d'Amour, j'ai confiance en votre Miséricordieuse Bonté"
    Dessin de Mère Yvonne Aimée
    Image en vente au couvent des Augustines de Malestroit.

  • Méditation - Devenir saints : reconnaissance et gratitude

    « La sainteté de la vie chrétienne n'est pas fondée sur l'amour d'une loi abstraite, mais sur l'amour du Dieu vivant, d'une Personne divine, Jésus-Christ, le Verbe de Dieu incarné, qui nous a rachetés et délivrés des ténèbres du péché. Elle est fondée également sur l'amour de nos frères dans le Christ. Il s'ensuit que notre vie morale n'est pas formaliste, qu'elle ne consiste pas seulement en une simple fidélité au devoir. C'est avant tout une question de gratitude personnelle, d'amour et de louange. C'est une morale « eucharistique », un code d'amour fondé sur la reconnaissance et la compréhension de notre vie nouvelle dans le Christ, une compréhension profonde de la divine miséricorde qui nous fait tous partager les fruits de la mort et de la résurrection du Christ. Ceci implique une prise de conscience du fait que notre vie chrétienne est, en réalité, la vie du Christ ressuscité, actif et fécond à tous les moments dans nos âmes. Notre morale est alors centrée sur l'amour, la louange et le désir de voir Notre Seigneur pleinement glorifié dans nos vies et dans le milieu auquel nous appartenons.

    [...] Le Sacré Cœur du Sauveur ressuscité communique à notre être le plus profond tous les mouvements de grâce et de charité qui nous font partager Sa vie divine. Notre réponse est donc la réponse aux suggestions délicates et aimantes de l'amour personnel du Seigneur pour nous. Le comprendre, c'est non seulement transférer notre attention de nous à Lui, mais c'est aussi éveiller dans nos cœurs un amour plus profond, plus vital, une foi plus féconde et plus dynamique. C'est remplir notre vie chrétienne de l'inexprimable chaleur de la gratitude ; c'est prendre conscience de la signification du terme « fils de Dieu » parce que le Fils unique du Père nous a aimés jusqu'à mourir pour nous sur la Croix, afin que nous soyons unis dans Son amour. »

    Thomas Merton (1915-1968), Vie et Sainteté (chap. III), Traduit par Marie Tadié, Aux Éditions du Seuil, Paris, 1966.

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  • Méditation - fatigue, tristesse, dégoût, ennui...

    « Simone Weil souligne souvent, dans ses notes intimes, la présence conjuguée de la fatigue et du dégoût, des ennemis presque invincibles qui avancent de front et qui semblent tout ronger sur leur passage. Sans pouvoir attaquer de plein fouet, elle propose plutôt dans ses Cahiers, à la suite de Pascal quant aux maladies, de faire un bon usage de la fatigue et du dégoût :
    « L'extrême difficulté que j'éprouve souvent à exécuter la moindre action est une faveur qui m'est faite. Car ainsi, avec des actions ordinaires, et sans attirer l'attention, je peux couper les racines de l'arbre [...] Trouver une difficulté extraordinaire à faire une action ordinaire est une faveur dont il faut être reconnaissant. Il ne faut pas demander la disparition de cette difficulté. Il faut désirer ardemment, il faut implorer la grâce d'en faire usage. »
    D'une certaine façon, cette douleur du vide, de l'ennui, de l'amertume est un lieu de perte, de déréliction, de pesanteur qui peut préparer un chemin vers la grâce. Faire face à l'insoutenable, c'est mener l'éternel combat du patriarche Jacob contre l'Inconnu qui ne se révèlera qu'à la fin. Ainsi s'établit une imitation du Christ, sachant que c'est Lui qui cherche et qui, en définitive, est vraiment fatigué et triste, triste à en mourir et fatigué près du puits de ce même Jacob. [...] L'ennui et la fatigue peuvent devenir des auxiliaires pour un accroissement de la vie spirituelle. Jusqu'à atteindre ce point extrême que Simone Weil définit ainsi :
    « Ce n'est pas à moi à aimer Dieu. Que Dieu s'aime à travers moi. »
    [...]
    Le pèlerin de saint Jacques de Compostelle, aujourd'hui encore, s'il accomplit la route dans les règles du dépouillement, mais plus encore bien sûr au Moyen Âge où les dangers étaient multiples, découvre à quel point le chemin est revêtu d'ennui et qu'il n'est pas avare que d'une chose : la fatigue. Chaque matin, après une mauvaise nuit sous les étoiles, il faut reprendre sans entrain et avec dégoût, malgré les douleurs, ce qui a été entrepris dans l'enthousiasme du premier jour. Ce seront les tours jumelles de la cathédrale où repose l'Apôtre qui, soudain, révèleront que l'ennui et la fatigue donnent à la joie sa chair. A cet instant où le regard aperçoit la ville sainte, l'ennui et la fatigue se transforment, retournés comme des gants de peau. Ils ne sont pas oubliés mais ils apparaissent pour ce qu'ils sont vraiment : les introducteurs de la joie. Maintenant à distance, ils revêtent leur noblesse après n'avoir été que vauriens et manants. Certes, un tel effort de marche, au-delà de la peine, de la douleur, est libre. Pourtant, c'est un peu comme un bœuf attelé à la charrue que le pèlerin a mis un pas devant l'autre sans se lasser tout en pestant contre les éléments, contre lui-même, contre le monde tout entier. En fait, il est livré à cet effort, à cette fatigue. »

    Père Jean-François Thomas, s.j., Comme un lys au milieu des épines (ch. VII : L'ennui et la fatigue), Via Romana, Versailles, 2014.

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    (Photographie prise à Petra, en Jordanie)

  • Méditation - De notre ingratitude envers le Très Saint Sacrement

    « D'où vient que Notre-Seigneur est si peu aimé en l'Eucharistie ?
    Cela vient de ce qu'on n'en parle pas assez, de ce qu'on ne recommande que la foi à la présence de Jésus-Christ, au lieu de parler de sa vie, de son amour au Très Saint Sacrement, au lieu de faire ressortir les sacrifices que lui impose son amour, en un mot, au lieu de montrer Jésus-Eucharistie aimant chacun de nous personnellement, particulièrement.
    Une autre cause, c'est notre conduite qui dénote en nous peu d'amour : à nous voir prier, adorer, fréquenter l'église, on ne comprend pas la présence de Jésus-Christ.
    Combien ne font jamais, parmi les meilleurs, une visite de dévotion au Très Saint Sacrement, pour lui parler avec leur cœur, lui dire leur amour ! Ils n'aiment donc pas Notre-Seigneur en l'Eucharistie, parce qu'ils ne le connaissent pas assez.
    Mais s'ils le connaissent avec son amour, les sacrifices, les désirs de son Cœur, et si, malgré cela, ils ne l'aiment pas, quelle injure !
    Oui, une injure !
    Car, c'est dire à Jésus-Christ qu'il n'est pas assez beau, assez bon, assez aimable, pour être préféré à ce qui leur plaît.
    Quelle ingratitude !
    Après tant de grâces reçues de ce bon Sauveur, tant de promesses de l'aimer, tant d'offrandes de soi-même à son service, c'est se rire de son amour que de le traiter ainsi.
    Quelle lâcheté !
    [...]
    A la vue de tant d'amour de Jésus-Christ pour l'homme, qui en est si peu reconnaissant, il semble que le démon triomphe et insulte à Jésus : Moi, dit-il, je ne donne rien à l'homme, de vrai, de beau, de bon ; je n'ai pas souffert pour lui, et je suis plus aimé, plus obéi, mieux servi que vous.
    Hélas ! il n'est que trop vrai, et notre froideur, notre ingratitude, sont le triomphe de Satan contre Dieu.
    Oh ! comment pouvons-nous oublier l'amour de Notre-Seigneur, un amour qui lui a tant coûté, auquel il n'a rien refusé ? »

    (à suivre demain)

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Première Série, La Présence réelle (Le T.-S. Sacrement n'est pas aimé, II-III), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1928 (seizième édition).

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    Adoration du Saint Sacrement à la Basilique Montmartre (Paris)

  • Méditation - La gratitude : une éducation à refaire

    (Cette méditation est proposé en prolongement de celle du jeudi 11 août)

    « Dans une société où chacun a constamment la bouche pleine de revendication de ses droits réels ou supposés, il subsiste peu de place pour une éducation à la gratitude qui est une habitude acquise dès le plus jeune âge. Si cette vertu n'est pas développée, sa privation ne peut que conduire à l'ingratitude, pour les choses essentielles et pour les choses ordinaires. Une caractéristique moderne est d'être à la fois tragique et malotru. Tragique car l'homme ne conçoit plus l'existence comme une source de bonheur mais regarde la vie comme une maladie. Malotru car il ne réagit qu'en fonction de lui, ou d'abord en fonction de lui avant de penser au bien commun et de considérer chaque personne dont il reçoit des bienfaits comme digne de reconnaissance. Les règles les plus élémentaires de la politesse se trouvent être mises à mal dans ces conditions. Le phénomène est essentiellement révolutionnaire. La Révolution française s'était appliquée à détruire tout code de politesse envers les « citoyens ». La gratitude ne pouvait pas garder sa place dans une société où personne ne devait être redevable à quiconque de quoi que ce soit. Il n'existe pas de gratitude là où est établie une égalité idéologique. La gratitude devient aussi désuète si on admet qu'il faut cueillir à la hâte la fleur qui est éclose et s'empresser de respirer son parfum avant de la jeter parce qu'elle est flétrie. [...]

    Ainsi, la gratitude nous fait pénétrer de plain-pied dans le mystère de l'éternité car, en ce qui concerne les choses ordinaires, elle s'applique souvent à l'éphémère et, en même temps, elle trouve sa source dans ce qui est transcendant. Elle est une révérence de l'honnête homme devant chaque beauté de sa vie fragile. En quelque sorte, elle pose un sceau sur ce qui s'écoule irrémédiablement en affirmant que ce qui passe ne meurt pas pour autant dès lors qu'une âme est capable d'action de grâces et de reconnaissance. »

    Père Jean-François Thomas s.j., Les Mangeurs de cendres. petit traité spirituel (ch.II), Via Romana, Versailles, 2016.

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  • Méditation - La gratitude, signe tangible de notre foi

    « Notre époque est rongée par l'ingratitude : vis-à-vis du passé, de notre histoire, des générations qui nous ont précédés et ont bâti notre pays, ont tissé notre culture ; vis-à-vis du présent, de ce que les autres nous donnent grâce au respect du bien commun, de ce que nos parents nous transmettent ; vis-à-vis de Dieu, éminemment, duquel tout découle et trouve son origine. Nous sommes devenus des ingrats et, par là-même, selon l'intuition de saint Ignace, nous avons ouvert la porte à tous les maux et à tous les vices.
    Au sein de la Révélation, la gratitude tient une place d'honneur car elle est le signe de l'alliance entre l'homme et Dieu, de la reconnaissance de la créature vis-à-vis du Créateur. Malgré sa déchéance et la Chute, l'homme garde sa noblesse s'il est capable de gratitude envers son Dieu et envers autrui. Il reconnaît ainsi humblement que rien ne lui est dû, qu'il est dépendant pour toute chose. Un épisode évangélique souligne clairement à quel point cette vertu est essentielle pour être sauvé : celui de la guérison de dix lépreux par le Christ tandis qu'Il se dirige vers Jérusalem en longeant la frontière de la Samarie. Le groupe, à distance, implore la pitié du Maître qui leur enjoint simplement de se montrer aux prêtres, sans autre parole. Sur leur chemin, les lépreux découvrent qu'ils sont guéris. Un seul revient sur ses pas, glorifiant Dieu et rendant grâces à Jésus en se prosternant face contre terre à ses pieds. L'évangéliste saint Luc précise que ce lépreux était un Samaritain, donc un schismatique, un hérétique, un étranger, doublement impur par sa lèpre et par son appartenance religieuse. le Christ exprime sa surprise que cet homme fût le seul à afficher sa reconnaissance. Un cas unique sur les dix. La proportion est faible. Et la récompense est à la mesure de la gratitude :
           « Va ; ta foi t'a sauvé. »
    Ainsi ce lépreux guéri ne recouvre pas simplement la santé du corps comme les neuf autres, mais il reçoit le salut de l'âme. Le Christ, au travers de la gratitude de ce pauvre hère, pèse la foi. La gratitude exprime la foi plus que n'importe quelle déclaration formelle et dogmatique. La gratitude trace la voie vers le salut. »

    (à suivre le 17 août)

    Père Jean-François Thomas s.j., Les Mangeurs de cendres. petit traité spirituel (ch.II), Via Romana, Versailles, 2016.
    (Voir autre extrait de ce livre au 20 juillet dernier)

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  • Audience générale de ce mercredi 20 avril 2016

    Dieu nous apprend à distinguer le péché du pécheur. Lors de l’audience générale ce mercredi matin Place Saint-Pierre, le Pape François a poursuivi son cycle de catéchèse sur la miséricorde. Il a proposé une réflexion sur le lien entre foi, amour et reconnaissance en s’appuyant sur le passage de l’Évangile de saint Luc qui présente deux figures : celle de Simon, un zélé serviteur de la loi et celle d’une femme pécheresse.

    Commentaire de Xavier Sartre à lire / écouter sur Radio Vatican.

    Au terme de l’audience générale de ce mercredi 20 avril 2016, le Pape a de nouveau évoqué le conflit en Ukraine, un conflit « oublié » a-t-il déploré et qui provoque depuis longtemps des souffrances au sein de la population. Le Saint-Père a rappelé que se tiendrait dimanche prochain, 24 avril, une quête spéciale dans les paroisses en Europe au profit des Ukrainiens et il a remercié par avance tous ceux qui y contribueraient.

    Et dans son message aux pèlerins de langue ukrainienne, le Pape a fait mémoire de la catastrophe de Tchernobyl, survenue il y a 30 ans.

    « Je salue les pèlerins qui sont venus d'Ukraine et de Biélorussie, à l'occasion de la Conférence internationale sur le 30e anniversaire de la tragédie de Tchernobyl.
    Tout en renouvelant des prières pour les victimes de cette catastrophe, nous exprimons notre gratitude aux sauveteurs et pour toutes les initiatives qui ont essayé de soulager les souffrances et les dommages. »

    Résumé :

    « Frères et sœurs, le passage de l’Evangile de saint Luc que nous avons entendu nous présente deux figures : celle de Simon, un zélé serviteur de la loi et celle d’une femme pécheresse. Alors que le premier juge les autres sur les apparences, et n’engage pas sa vie à la suite du Maître, la seconde, par ses gestes, exprime son cœur avec sincérité, se confiant pleinement à Jésus, avec amour et vénération. Jésus se met du côté de la pécheresse et met fin à l’isolement auquel le jugement impitoyable du pharisien et de ses compatriotes la condamnait. Voyant la sincérité de sa foi et de sa conversion, Jésus peut donc lui dire : « ta foi t’a sauvée ». Elle nous enseigne ainsi le lien entre foi, amour et reconnaissance. Celui auquel on a beaucoup pardonné aime plus. Dieu nous a tous enfermés dans le mystère de sa miséricorde, et de cet amour, qui nous précède tous, nous apprenons tous à aimer. La miséricorde de Dieu va au-delà de toutes nos attentes, car elle réalise le projet de salut de Dieu pour chacun de nous. »

    « Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins francophones, en particulier les Diacres du Mans et les servants d’autel de Périgueux avec leurs évêques, le séminaire d’Ars et le groupe Joie d’Évangile de Grenoble ainsi que les nombreux pèlerins de France et de Belgique. En ce temps de Pâques, laissons l’amour miséricordieux de Dieu se répandre en nos cœurs afin que nous sachions nous aussi accueillir avec amour nos frères et nos sœurs. Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

    Texte intégral original en italien sur le site internet du Vatican.

  • Méditation : Carême, retraite et vie intérieure

    « Le Carême est par excellence un temps de vie intérieure, puisque c'est le temps où l'âme doit se renfermer dans le désert avec le divin Sauveur ; c'est le temps de la solitude encore plus du cœur que du corps. L'âme pieuse se bâtira une petite solitude au fond de son cœur, comme sainte Catherine de Sienne, et là, habitera et vivra avec Jésus-Christ. Heureuse solitude, heureuse retraite, où l'âme est seule avec son Dieu ! Cette retraite est plus facile qu'on ne pense ; ce n'est pas au dehors de nous, c'est en nous que nous devons chercher et trouver Jésus-Christ. C'est là qu'il réside avec délices. Pour trouver ce divin Époux, il faut entrer en soi-même par la pensée et y rester surtout par les affections ; y demeurer par l'attention douce, paisible et quelquefois silencieuse à la présence de Jésus-Christ en nous. Et puis, quand on a établi le bon Maître au dedans du coeur, lui dire souvent : Regardez-moi, Seigneur, dans votre miséricorde. Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Parlez, votre servante vous écoute. En tout, recourir au divin oracle qui est dans le propitiatoire de l'âme.

    Jésus-Christ se retire dans les âmes fidèles comme dans un désert pour y passer ces quarante jours. Soyez avec lui au fond de votre cœur pour l'écouter, le regarder, lui parler. Rentrez souvent dans cette solitude intérieure pour y adorer votre divin Maître qui vous attend pour vous parler cœur à cœur. Écoutez-le, faites silence ; et que cette parole vous unisse à lui. Regardez-le souvent ; ce regard sera tantôt de confiance, tantôt de consolation, à la vue de votre misère qui ne l'éloigne pas de vous ; tantôt un regard de reconnaissance et d'amour, un regard d'abandon. Dites-lui : Mon bon Maître, je suis faible, sèche, mais n'importe, la disposition de mon cœur, ma volonté ne change pas, elle est à vous, toute à vous. C'est vers cette vie intérieure qu'il faut vous diriger pendant ce Carême, mais ce travail doit être calme ; déclarez la guerre à la nature, toujours avec l'aide de Dieu souvent invoqué, et sa grâce qui établit l'âme dans la paix. »

    Avis spirituels pour servir à la sanctification des âmes (CXIV), Seconde édition, Nancy, 1863.

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  • Te Deum d'action de grâce

    31 décembre

    « Cette journée sera pour nous une journée d'action de grâces à Dieu. Il nous a donné des journées nombreuses, des années déjà nombreuses, et par-dessus tout des grâces innombrables.
    Tant de bienfaits de Dieu exigent de nous une reconnaissance profonde ; pénétrons-nous donc des sentiments que doivent exciter en nous les grâces reçues en cette journée, en cette semaine, en cette année, en toutes nos années.

    Disons bien à Dieu avec le psaume : Quid retribuam ? Dieu m'a tant donné, que lui rendrai-je ? Je me dois à lui pour ce qu'il m'a créé ; que lui rendrai-je donc pour ce qu'il m'a racheté ?
    Notre dette envers Dieu est grande et très grande. Dieu seul en connaît, en mesure l'étendue.
    Mon Dieu, donnez-moi, s'il vous plaît, de vous remercier et de vous aimer. »

    Père Emmanuel André o.s.b. (1826-1903), Méditations pour tous les jours de l'année liturgique (31 décembre), Éditions Sainte-Madeleine, 2004.


    Texte complet latin / français

  • Méditation pour les enfants : après la Communion

    (Suite du dimanche 8 novembre)

    Adoration - Reconnaissance - Abandon - Dévouement
     
    « I. L'adoration - Celui que vous possédez en ce moment dans votre cœur, c'est ce même Dieu que les anges et les saints adorent dans le ciel en répétant ce sublime cantique : Sanctus, sanctus, sanctus. Il est la sainteté même ; il opère la sainteté dans les âmes, il couronne la sainteté dans le séjour de la gloire. A lui revient toute louange, tout honneur, toute adoration. Sans doute, mes enfants, vous vous sentez incapables de rendre à votre Dieu des hommages dignes de lui. Priez la très sainte Vierge, votre ange gardien, vos saints patrons, de suppléer à votre faiblesse et d'offrir à Jésus les flammes de leur amour...

    II. La reconnaissance - Ce Dieu si grand et si digne de vos adorations est en même temps un Dieu plein de bonté et de générosité. Non content de vous communiquer ses biens, il s'est donné lui-même tout entier. Quelle ne doit pas être votre reconnaissance pour un si grand bienfait ? Votre vie employée tout entière en actions de grâces ne suffirait pas pour payer dignement la moindre des faveurs de votre Dieu. Comment pourrez-vous jamais reconnaître dignement le don incomparable qu'il vous a fait aujourd'hui ? Répétez avec le Prophète-Roi : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, et jamais sa louange ne tarira dans ma bouche. » (Ps XXXIII, 2)

    III. L'abandon - En cet heureux moment, chers enfants, n'entendez-vous pas le Seigneur vous dire de sa voix intime : « Mon fils, donne-moi ton cœur. » (Prov XXIII, 26) Eh bien ! ce cœur, vous le lui abandonnerez tout entier, avec ses désirs et ses affections. Jésus s'est donné à vous sans réserve : vous voudrez lui appartenir sans partage...

    IV. Le dévouement - Ah ! désormais vous ne refuserez rien à Notre-Seigneur de tout ce qu'il vous demandera. Votre dévouement à sa gloire, à son culte, à son service, sera sans bornes. Avec l'apôtre saint Paul, vous jetterez à la vie et à la mort, et à quoi ce que soit au monde, le courageux défi de jamais vous séparer de la charité du Christ. Que ces sentiments, mes chers enfants, vous accompagnent aujourd'hui ; qu'ils vous animent toute votre vie, et vous rappellent ce beau jour de votre première communion. »

    M. H.-C.-A. Juge, Manuel de Prédication Populaire, Tome second (IIe Série : Première Communion, IX), Société Générale de Librairie Catholique, Paris - Bruxelles, 1881.

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  • Méditation : Imitation de la Bienheureuse Vierge Marie

    « Remerciez le Seigneur, Mes Frères, d'avoir donné au monde la divine Marie, enrichie de tant de grâces et revêtue de tant de puissance. Ensuite, soyez reconnaissants à la Très-Sainte Vierge pour tant de bienfaits. Y a-t-il quelqu'un parmi vous qui puisse ne l'être pas ? Aurait-il un cœur, pourrait-il encore se dire l'enfant de Marie, oserait-il la nommer sa mère ? Nous prouverons à la Très-Sainte Vierge que nous sentons tout le prix de ses bienfaits, en l'aimant d'un amour sans bornes, en lui étant dévoués tous les jours de notre vie. Mais en quoi doivent principalement consister notre amour et notre dévouement ? Comment lui montrer notre reconnaissance ? Vous le comprenez, c'est en pratiquant ses vertus, qui seront, si nous aimons réellement Marie, la règle de toute notre conduite, l'inspiration de nos pensées, de nos paroles et de nos actions. Ne serions-nous pas coupables de la plus noire ingratitude si, tandis que la très-sainte mère de Dieu a tout fait pour nous, tandis qu'elle veut nous conduire au céleste bonheur, nous ne répondions pas à l'appel plein de tendresse et de douceur qu'elle nous fait d'écouter ses conseils, de marcher sur ses traces, de vivre saintement, d'imiter avant tout cette pureté sans souillures qui fait d'elle la plus belle merveille, et lui vaut sa plus grande puissance auprès de Dieu ? »

    Abbé A. Martin, Extrait d'un Sermon sur la Nativité de la Très-Sainte Vierge, in "Le Livre de Marie", Taillard-Jaunet, Guincourt, par Tourteron (Ardennes), 1857.

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  • Méditations de la Semaine Sainte - Jésus est condamné à mort

    « Le monde est toujours le même. Il y avait là les sectaires, les meneurs : c'étaient les pharisiens et les prêtres, jaloux, ambitieux, passionnés. Ce sont eux qui harcèlent Pilate et qui le font céder à leurs desseins. Il y a aussi une foule instinctivement méchante, qui hurle avec les loups et qui assume la responsabilité du sang de Notre-Seigneur. Il y a aussi les pauvres soldats, grossiers et sans pitié, qui frappent Jésus au-delà même des désirs de Pilate et qui l'accablent de grossières injures et de traitements barbares.
    N'ai-je pas ma part dans ce concert de cruautés ? Sans doute pas directement, quoique je pourrais peut-être me reprocher beaucoup de faiblesses qui ont pour motifs l'habitude de suivre le courant, de faire comme les autres, de capituler sans cesse après des résolutions d'énergie et de réforme. Mais si je n'ai pas coopéré formellement aux offenses faites à Jésus par la société contemporaine, j'ai à me reprocher ma trop grande indifférence. Je n'ai pas crié : « Crucifigatur », mais j'ai fui comme les apôtres.
    Ils n'étaient pas là ! Ils auraient gagné des âmes faibles ; ils auraient pu opposer leurs cris de pitié et de justice au crucifigatur. Ils auraient au moins consolé le Cœur de Jésus par leur présence, par leurs regards, par leurs larmes. Mais la timidité, la faiblesse et quelque lâcheté les éloignent. C'est là que je suis. Je ne réagis pas assez contre le courant d'impiété. Je ne m'applique pas assez à détacher quelques âmes de ce courant. Je ne crie pas, je ne proteste pas, je ne suis pas près de Jésus, je ne le console pas. J'ai donc, hélas ! quelque complicité avec ses bourreaux.
    Pardon encore une fois, Seigneur, pour toutes mes lâchetés !

    Résolutions - Compassion, amour, reconnaissance, tels sont, Seigneur, les sentiments qui remplissent mon coeur. Qui pourra comprendre votre amour ? Mais aussi quelles leçons de haine du péché, d'amour de la réparation, de patience, de douceur, de mépris de la terre ! Unissez-moi, Seigneur, de plus en plus, aux sentiments de votre divin Cœur. »

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (Lundi Saint), Etablissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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    Hieronymus Bosch (circa 1450–1516), Ecce Homo - Frankfurt am Main, Städel Museum
    (Crédit photo)

  • Méditation : « La miséricorde est accordée aux petits »

    1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Cœur

    « Ne croyez pas que je nage dans les consolations, oh non ! ma consolation c'est de n'en pas avoir sur la terre. Sans se montrer, sans faire entendre sa voix, Jésus m'instruit dans le secret, ce n'est pas par le moyen des livres, car je ne comprends pas ce que je lis, mais parfois une parole comme celle-ci que j'ai tirée à la fin de l'oraison (après être restée dans le silence et la sécheresse) vient me consoler : « Voici le Maître que je te donne, il t'apprendra tout ce que tu dois faire. Je veux te faire lire dans le livre de vie, où est contenue la science d'Amour. » La science d'Amour, ah oui ! cette parole résonne doucement à l'oreille de mon âme, je ne désire que cette science-là, pour elle, ayant donné toutes mes richesses, j'estime comme l'épouse des sacrés cantiques n'avoir rien donné... Je comprends si bien qu'il n'y a que l'amour qui puisse nous rendre agréables au Bon Dieu que cet amour est le seul bien que j'ambitionne. Jésus se plaît à me montrer l'unique chemin qui conduit à cette fournaise Divine, ce chemin c'est l'abandon du petit enfant qui s'endort sans crainte dans les bras de son Père... « Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi » a dit l'Esprit Saint par la bouche de Salomon, et ce même Esprit d'Amour a dit encore que « La miséricorde est accordée aux petits ». En son nom le prophète Isaïe nous révèle qu'au dernier jour « Le Seigneur conduira son troupeau dans les pâturages, qu'il rassemblera les petits agneaux et les pressera sur son sein », et comme si toutes ces promesses ne suffisaient pas, le même prophète dont le regard inspiré plongeait déjà dans les profondeurs éternelles s'écrie au nom du Seigneur : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous caresserai sur mes genoux. » O Marraine chérie ! après un pareil langage, il n'y a plus qu'à se taire, à pleurer de reconnaissance et d'amour... Ah ! si toutes les âmes faibles et imparfaites sentaient ce que sent la plus petite de toutes les âmes, l'âme de votre petite Thérèse, pas une seule ne désespérerait d'arriver au sommet de la montagne de l'amour, puisque Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l'abandon et la reconnaissance... »

    Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Lettre à sœur Marie du Sacré-Cœur, sept. 1896 (LT 196), in "Œuvres complètes", cerf/DDB, Paris, 1996.

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  • Méditation : l'amour réel de Dieu

    « La perfection n'est pas dans la tête, elle est dans le cœur et dans la volonté ; laissez donc toutes les pensées imaginables s'agiter dans votre esprit et y faire du tapage, ne vous en occupez pas, n'y faites pas attention : c'est un fou qui vous parle, gardez-vous de lui répondre, de chercher à lui imposer silence, laissez-le faire, passez votre chemin. Allez-vous vous mettre à la fenêtre, sur la rue, pour dire aux passants qu'ils font trop de bruit et qu'ils vous fatiguent ? Quel temps perdu ! Après les premiers, il en vient d'autres et toujours d'autres qui n'ont pas entendu ce que vous avez dit. Vous n'aurez jamais la paix, la dilatation du cœur, si vous vous occupez de ce qui se passe dans votre esprit, si vous y arrêtez votre volonté ; n'y pensez pas et dilatez votre cœur dans l'amour de Dieu.
    Tout ce qui se passe dans votre esprit, dans vos impressions, ne vous empêche pas de faire des actes d'amour, de reconnaissance, d'abandon. J'en dirai autant de vos ennuis, de vos dégoûts dans les choses de Dieu. Au milieu de tout cela, faites des actes d'amour ; il faut passer au milieu de tout cela, pour arriver à l'amour réel de Dieu, qui n'est pas amour sensible, mais qui réside dans la volonté. »

    P. Ludovic de Besse OFM Cap (1831-1910), Note 4 adressée à une "personne pieuse vivant au milieu des soucis de la famille", in R.P. Hilaire de Barenton, "Le P. Ludovic de Besse", Paris, Librairie Saint-François, 1913.

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    (Source dessin)

  • Mois du Sacré-Coeur - Trentième Jour

    Trentième Jour
     
    Prions, afin que nous soyons reconnaissantes des grâces que Dieu nous a faites.

    Les consolateurs du Cœur de Jésus, c’est nous qui sommes venues pendant ce mois méditer ses tendresses et étudier ses désirs.

    Jésus a été consolé, chaque matin, en nous voyant penser à lui, il veut encore quelque chose de nous. Le mois consacré à son Cœur finit aujourd’hui ; que d’âmes pieuses mettront de côté leurs pratiques, leurs prières accoutumées et oublieront ce qu’elles ont éprouvé de consolation… ! Jésus demande que nous n’oublions pas « son Cœur sacré », et veut que ce matin nous le lui promettions.
    Oui, Jésus, je vous promets de réciter tous les jours une prière à votre Cœur sacré ; je vous promets de vénérer les pieuses images qui le représenteront à ma piété ; je vous promets de faire connaître cette dévotion et de la propager… Soyez ma force, soyez ma joie, soyez mon bonheur !

    Je ferai un acte de consécration au Cœur de Jésus.

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    Consécration au Cœur de Jésus

    Je donne et consacre au Cœur adorable de Jésus ma personne, ma vie, mes pensées, mes paroles, mes actions, mes peines et mes souffrances. Je ne veux plus me servir d’aucune partie de mon être que pour l’aimer, l’honorer, le glorifier. Je vous prends donc, ô Cœur divin, pour l’objet de mon amour, le protecteur de ma vie, l’assurance de mon salut, le remède de mes inconstances, le réparateur de mes défauts, et mon asile assuré à l’heure de la mort. Soyez, ô Cœur plein de bonté, ma justification envers Dieu, et détournez de moi sa juste colère. Je mets toute ma confiance en vous, car je crains tout de ma faiblesse, comme j’espère tout de vos bontés. Anéantissez en moi tout ce qui peut vous déplaire et vous résister ; imprimez-vous comme un cachet sacré sur mon cœur, afin que jamais je ne puisse vous oublier ni être séparée de vous. Je vous en conjure, par toutes vos bontés : que mon nom soit écrit en vous qui êtes le livre de vie, et que vous fassiez de moi une victime toute consacrée à votre gloire ; que je sois dès ce moment embrasée, et un jour tout à fait consumée des flammes de votre amour ; là est tout mon bonheur, n’ayant plus d’autre ambition que celle de vivre et de mourir en vous et pour vous.
    Ainsi soit-il.

    La dévotion au Sacré-Coeur de Jésus
    Exposition sur l'histoire de cette dévotion