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gloire

  • Nativité de la Sainte Vierge

    « Lorsque le moment fut venu pour la nature humaine de rencontrer la nature divine et de lui être unie si intimement que les deux ne formeraient qu'une seule personne, chacune d'entre elles devait nécessairement être déjà manifestée dans son intégrité. Dieu, pour sa part, s'était révélé de la manière qui convenait à Dieu ; et la Vierge est seule à mettre la nature humaine en lumière... Il semble bien que si Dieu s'est mêlé à la nature humaine non pas dès son origine mais à la fin des temps (Ga 4,4), c'est parce que, avant ce moment, cette nature n'était pas encore pleinement née, tandis que maintenant, en Marie, elle apparaît pour la première fois dans son intégrité... C'est tout cela que nous sommes venus célébrer avec éclat aujourd'hui. Le jour de la naissance de la Vierge est aussi celui de la naissance du monde entier, car ce jour a vu naître le premier être pleinement humain. Maintenant, la terre a vraiment donné son fruit (Ps 66,7), cette terre qui de tout temps n'avait produit, avec des ronces et des épines, que la corruption du péché (Gn 3,18). Maintenant le ciel sait qu'il n'a pas été bâti en vain, puisque l'humanité, pour laquelle il fut construit, voit le jour... C'est pourquoi la création tout entière fait monter vers la Vierge une louange sans fin, toute langue chante sa gloire d'une voix unanime, tous les hommes et tous les chœurs des anges ne cessent de créer des hymnes à la Mère de Dieu. »

    Nicolas Cabasilas (v.1320-1363), Homélie pour la Nativité de la Mère de Dieu (16-18), Patrologia Orientalis PO 93 T. 19, Homélies mariales byzantines, M. Jugie (ed.), Brepols, 1926.

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    Bartolomé Esteban Murillo, La Nativité de la Vierge
    Musée du Louvre, Paris.

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  • Méditation - La Transfiguration

    « Rejetons donc, frères, les œuvres des ténèbres et accomplissons les œuvres de la lumière (Rm 13, 12), afin que non seulement nous marchions dignement comme en un si beau jour, mais que nous devenions aussi fils du jour. Venez, montons sur la montagne (Is 2, 3) où le Christ a resplendi, afin de voir ce qui y advient ; ou plutôt, si nous sommes prêts et si nous sommes devenus dignes d'un tel jour, lui-même, le Verbe de Dieu, nous fera monter au moment opportun. A présent, je vous prie, tendez et élevez le regard de votre intelligence vers la lumière de la prédication évangélique, en vue d'être transformés par le renouvellement de votre esprit (cf. Rm 12, 2). Et ainsi, vous qui aurez attiré l'éclat divin venu d'en haut, vous deviendrez conformes à l'image de la gloire du Seigneur (cf. Ph 3, 21), lui dont le visage a aujourd'hui resplendi sur la montagne comme le soleil. »

    Grégoire Palamas (1296-1359), Seconde homélie sur la Transfiguration du Seigneur, in "Joie de la Transfiguration d'après les Pères d'Orient", Spiritualité Orientale n°39, Abbaye de Bellefontaine, 1985.

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  • Méditation - « le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Lc 17,21)

    « Les démons redoutent, mais Dieu et ses anges désirent l'homme qui avec ferveur cherche Dieu dans son cœur jour et nuit, et repousse loin de lui les agressions de l'ennemi. Le pays spirituel de l'homme pur en son âme est au-dedans de lui. Le soleil qui brille en lui est la lumière de la Sainte Trinité. Et l'air que respirent les pensées qui l'habitent est le Saint-Esprit Consolateur. Avec lui, demeurent les saintes natures incorporelles. Leur vie, leur joie, leur réjouissance sont le Christ, lumière de la lumière du Père. Un tel homme se réjouit à toute heure de la contemplation de son âme, et il s'émerveille de la beauté qu'il y voit, cent fois plus lumineuse que la splendeur du Soleil.
    C'est Jérusalem. Et c'est le Royaume de Dieu caché au-dedans de nous, selon la parole du Seigneur. Ce pays est la nuée de la Gloire de Dieu, où seuls entreront les cœurs purs pour contempler la face de leur Maître, et leurs intelligences seront illuminées par le rayon de sa lumière. »

    St Isaac le Syrien (VIIe siècle), Œuvres spirituelles, Discours ascétiques, coll. Théophanie, DDB, 1981.

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    « Très Sainte Trinité,
    Père, Fils et Saint-Esprit,
    je Vous adore profondément
    et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ
    présent dans tous les tabernacles du monde,
    en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences
    par lesquels il est Lui-même offensé.
    Par les mérites infinis de Son Très Saint-Cœur
    et du Cœur Immaculé de Marie,
    je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. »

    L'Ange du Portugal aux enfants de Fatima, à l'automne 2016.

  • Supplique pour accéder au bon usage de l'œuvre

    « Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler, et à bien l'employer sans rien en perdre. Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
    Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l'œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement. Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

    Aide-moi au départ de l'ouvrage là où je suis le plus faible. Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l'attention, et surtout comble Toi-même les vides de mon œuvre. Seigneur, dans tout labeur de mes mains, laisse une grâce de Toi pour parler aux autres, et un défaut de moi pour parler à moi-même.

    Garde en moi l'espérance de la perfection, sans quoi je me perdrais d'orgueil. Purifie mon regard : quand je fais mal, il n'est pas sûr que ce soit mal et quand je fais bien, il n'est pas sûr que ce soit bien.
    Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain, sauf là où il y a travail, et que tout travail est vide, sauf là où il y a amour, et tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi.

    Seigneur, enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces. Rappelle-moi que l'ouvrage de mes mains t'appartient et qu'il m'appartient de te le rendre en te l'offrant. Que si je le fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l'automne. Que si je le fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l'herbe je fanerai au soir. Mais si je le fais pour l'amour du bien, je demeurerai dans le bien.
    Et le temps de faire bien et à ta gloire, c'est tout de suite.

    Amen. »

    (Anonyme)

    (Texte mis en ligne il y a vingt ans sur notre site internet, avec plusieurs autres, tous disponibles en téléchargement et prêts pour l'impression, ICI.)

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  • Méditation - confiance, confiance, confiance... (toujours !)

    « Que Jésus règne à jamais en souverain Maître dans votre âme. Soyez docile et souple entre ses mains. Vous savez ce qu'il faut pour cela : se tenir en paix et en tout repos ; ne s'inquiéter jamais et ne se troubler de rien ; oublier le passé ; vivre comme s'il n'existait pas d'avenir ; vivre pour Jésus dans le moment qu'on vit, ou plutôt vivre comme si l'on n'avait pas de vie en soi, mais laisser Jésus vivre à son aise ; marcher ainsi, en toute circonstance et rencontre, sans crainte et sans souci, comme cela convient aux enfants de Jésus et de Marie ; ne penser jamais à soi volontairement ; abandonner le soin de notre âme à Jésus seul [...] elle lui appartient ; c'est donc à lui à en avoir soin, puisqu'elle est sa propriété.

    Ne craignez pas tant le jugement d'un si doux Maître. Généralement, bannissez toute crainte et remplacez ce sentiment par l'amour : en tout cela agissez doucement, suavement, posément, sans vivacité, sans emportement ; faites le mort quand besoin est, marchant ainsi en toute suavité, abandon et pleine confiance. Le temps de cet exil se terminera, et Jésus sera à nous et nous à lui. Alors chacune de nos tribulations sera pour nous une couronne de gloire, que nous mettrons sur la tête de Jésus ; car toute gloire lui appartient à lui seul. »

    Vénérable François Libermann (1802-1852), Lettres spirituelles du vénérable Libermann Tome I, (Lettre à un séminariste, 1839), Paris, Librairie Poussielgue Frères, s.d.

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  • Méditation - Vigile de la Pentecôte

    « L'Esprit Saint donnera aux justes la paix parfaite dans l'éternité. Mais déjà maintenant il leur donne une paix très grande lorsqu'il allume en leur cœur le feu céleste de la charité. L'apôtre Paul dit en effet : « L'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). La véritable et même la seule paix des âmes en ce monde consiste à être rempli de l'amour divin et animé de l'espérance du ciel au point que l'on en vienne à considérer comme peu de chose les succès ou les revers de ce monde, à se dépouiller complètement des désirs et des convoitises de ce monde, et à se réjouir des injures et persécutions subies pour le Christ, de sorte que l'on puisse dire avec l'apôtre Paul : « Nous mettons notre fierté dans l'espérance de la gloire de Dieu. Plus encore, nous mettons notre fierté dans les épreuves » (Rm 5,2).

    Il se trompe celui qui imagine trouver la paix dans la jouissance des biens de ce monde, dans les richesses. Les troubles fréquents d'ici-bas et la fin même de ce monde devraient convaincre cet homme qu'il a posé les fondations de sa paix sur le sable (Mt 7,26). Au contraire, tous ceux qui, touchés par le souffle de l'Esprit Saint, ont pris sur eux le joug très bon de l'amour de Dieu et qui, à son exemple, ont appris à être doux et humbles de cœur, jouissent dès maintenant d'une paix qui est déjà l'image du repos éternel. »

    Saint Bède le Vénérable (v.673-735), Homélie 12 pour la Vigile de la Pentecôte, PL 94, 196-197 (trad. Orval).

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  • Méditation - pèlerins sur la terre

    « Voyant mon Sauveur monter au ciel, je comprends que nous ne sommes ici-bas qu'en passant. Exilés, nous voyageons vers la patrie, gémissant dans l'attente de ce beau ciel où se fera l'adoption parfaite des enfants de Dieu (1). Plein de la même pensée, saint Pierre disait aux fidèles : Je vous conjure de vous abstenir de toute attache à ce qui passe, et de vous regarder ici-bas comme des étrangers en voyage, qui dressent leur tente le soir pour la lever le lendemain (2). Or c'est à la vue de Jésus-Christ montant au ciel et étalant à nos yeux dans la gloire tout le bonheur qui nous y attend, que ces hauts sentiments doivent se réveiller en nous. Appelés à de si sublimes destinées, nous ne pouvons plus nous attacher aux biens si petits, si misérables, si passagers de la vie présente. Appelés à une félicité infinie, nous devons dédaigner les jouissances mensongères que donnent l'amour-propre, la satisfaction des sens, l'usage des biens temporels. Appelés à une gloire incomparable, nous devons compter pour rien la gloire si fausse du monde, l'opinion des hommes, l'éclat des honneurs, et dire avec saint Ignace : Oh ! que la terre me semble vile quand je regarde le ciel (3) ! et avec saint Paul : Tout ne m'est rien, pourvu que je gagne Jésus-Christ (4). »

    1. Rom. VIII, 23. - 2. I Petr. II, 11. - 3. Quam sordet tellus cum caelum aspicio ! - 4. Omnia... arbitror ut stercora, ut Christum lucrifaciam. (Philipp. III, 8).

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année, Tome II (Vendredi d'après l'Ascension, Méditation pour le matin, premier point), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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  • Méditation - Créés pour la sainteté

    « Tout ce qui passe et ne tourne pas à la gloire de Dieu est néant, et au-dessous même du néant. »
    Ste Thérèse d'Avila

    « Comprenez-vous pourquoi une âme cesse de savourer la paix et la sérénité quand elle s'écarte de sa fin, quand elle oublie que Dieu l'a créée pour la sainteté ? Efforcez-vous de ne jamais perdre ce point de vue surnaturel, pas même aux heures de loisir ou de repos, aussi nécessaires dans la vie de chacun que le travail.
    Vous pouvez bien parvenir au sommet de votre activité professionnelle ; vous pouvez obtenir les succès les plus retentissants grâce à votre libre initiative dans vos activités temporelles ; mais si vous abandonnez ce sens surnaturel qui doit présider à toutes vos activités humaines, vous ferez lamentablement fausse route. »

    St Josemaria Escriva de Balaguer (1902-1975), Amis de Dieu. Homélies (Homélie prononcée le 11.03.1960, La grandeur de la vie ordinaire, 10), Fayard / Mame, 1981.

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  • Méditation - « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert. » (Is. XL, 3)

    Ce désert est le pécheur ; son âme, en effet, en a toutes les conditions. Elle est comme un champ inculte et négligé, où jamais ne tomba la semence d'un bon fruit ; elle ne produit que des buissons et des épines ; les mauvaises pensées et les désirs pervers, comme des ronces épaisses, la couvrent de toutes parts. [...] Quelle solitude là où Dieu n'est pas ! Quelle sécheresse là où ne tombe jamais la pluie du ciel ! Quelle stérilité là où le soleil ne fait jamais sentir sa chaleur, là où la piété n'est pas cultivée !

    Tel est le désert auquel Dieu ne cesse de parler pour le convertir et le rappeler à lui. Depuis le jour où la raison commence à s'ouvrir jusqu'à la mort, le Seigneur ne cesse d'appeler le pécheur avec une clémence infinie. Ce doux Seigneur est l'offensé et pourtant c'est lui qui nous invite, c'est lui qui nous sollicite : « Je me tiens à la porte et je frappe (Ap. III, 20). » [...]

    « Préparez la voie du Seigneur (Is. XL, 3). » Il ne demande pas des choses grandes ou difficiles ; il ne nous demande pas de nous enrichir de ses dons et de ses grâces ; car lui seul peut ainsi enrichir les âmes. Il demande seulement que nous nous préparions, que nous nous disposions à sa venue ; car c'est à l'homme de préparer son cœur au Dieu qui vient y habiter ; Dieu lui-même perfectionnera cette œuvre de préparation, et alors vous ne lui opposerez aucune résistance, quand il se présentera pour entrer dans le sanctuaire de votre cœur : « Préparez la voix du Seigneur, dit-il » ; ne résistez pas, cela suffit. Écoutez ce qu'il dit lui-même : « Je me tiens à la porte et je frappe (Ap. III, 20). » [...]

    Ne résistez donc point, cela suffit, je le répète ; ôtez les pierres, les cailloux, les épines qui embarrassent vos voies ; ôtez les péchés qui souillent votre âme, les querelles, les discordes, les haines, les inimitiés, les usures, les simonies, les adultères, les larcins, les jalousies, l'orgueil ; ôtez tous vos péchés, ce sont eux qui vous ont séparés de votre Dieu. Purifiez votre conscience par la confession, que vos larmes l'arrosent et en effacent les souillures ; ornez-la de bons désirs et de saintes pensées ; que la prière soit l'odorant parfum qui la pénètre de son odeur suave ; en expiation de vos péchés, offrez des jeûnes et des veilles et faites l'aumône à l'indigent. Voilà la préparation qui convient à la demeure de Dieu, suivant la parole du Psalmiste : « La justice et l'équité préparent votre demeure (Ps. LXXXV11I, 15). »

    Accomplissez ces œuvres saintes, et la Majesté divine daignera venir habiter dans vos cœurs. Dès ici-bas il comblera votre âme de paix, de joie, de toutes sortes de biens. Je vous donne volontiers ma parole que toutes ces solennités se passeront dans le bonheur, pour celui qui donnera à son Dieu l'hospitalité de son cœur. Maintenant il entrera dans la grâce et plus tard dans la gloire éternelle, vers laquelle supplions le Seigneur notre Dieu, béni dans tous les siècles, de nous conduire et de nous faire habiter à jamais. Ainsi soit-il. »

    St Thomas de Villeneuve (1487-1555), Sermon pour le 4e dimanche de l'Avent, in "Œuvres de St Thomas de Villeneuve Religieux Augustin et Archevêque de Valence Traduites du latin par le Père V. Ferrier", Tome I, Sermons pour l'Avent, Paris, P. Lethielleux, 1866.

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  • Méditation - Transfiguration

    « Il se transfigura devant eux. Jésus, qui a caché sa gloire pour s’accommoder à notre faiblesse, pour nous donner l'exemple d'une vie humble et retirée, et surtout pour se rendre victime pour nous, nous découvre en ce jour quelques rayons de cette gloire. Son but est de nous encourager, de nous fortifier et de nous animer au combat par un avant-goût des récompenses qu'il nous propose. [...]

    La Transfiguration de Jésus doit produire en nous une transfiguration spirituelle, un changement salutaire. Si l'éclat de la gloire qu'elle offre à nos yeux nous les ouvre à toutes les privations et à tous les abaissements auxquels il s'est réduit pour nous, combien notre amour et notre reconnaissance en doivent-ils être excités ! Si cet échantillon de gloire, montrée à notre foi, nous fait envisager celle qui nous attend dans le ciel, que nous reste-t-il ici-bas, sinon de n'y plus voir, de n'y plus goûter, de n'y plus aimer que Jésus seul, pour mériter qu'il nous appelle et qu'il nous admette enfin à le contempler et à l'aimer invariablement et éternellement dans le séjour de sa gloire, dans la plénitude de sa lumière ?

    Mais, si ce sont là les effets propres de la Transfiguration de Jésus, que doit opérer en nous une autre transfiguration qu'il fait tous les jours en notre faveur dans la divine Eucharistie ? C'est là où il se transforme tout en amour, afin de nous transfigurer et de nous changer tous en lui. L'amour abaisse Jésus entre les mains des pécheurs, l'amour l'anéantit sous les espèces d'une hostie, l'amour le rend obéissant à la parole du prêtre, l'amour le cache à nos yeux, le captive et l'arrête avec nous, l'amour le donne à nous pour nous attirer et captiver nos cœurs, pour les transformer en lui, en les rendant doux, patients, humbles, obéissants, charitables comme lui.

    Ô Jésus ! donnez-moi, je vous en supplie, de vous aimer comme je suis aimé de vous, et de ne plus aimer que vous sur la terre, et faites que tous mes soins soient de me conformer parfaitement et entièrement à vous, par une fidèle et continuelle imitation de toutes vos vertus. »

    Un Solitaire de Sept-Fonts, Méditations sur les Mystères de la foi et sur les Épitres et Évangiles, tirées de l’Écriture Sainte et des Pères (XXVe Méditation. Pour la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur, le 6 Août), Nouvelle édition revue et corrigée par M. L. Berthon, Chanoine honoraire de Poitiers, Tome Deuxième, H. Oudin, Paris - Poitiers, 1902.

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  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    Prière enseignée à Sr Josefa Menendez (1890-1923) par la Très Sainte Vierge

    « Ô Très Doux et Très Aimé Jésus, si Vous n’étiez pas mon Sauveur, je n’oserais venir à Vous ! Mais Vous êtes mon Sauveur et mon Époux, et votre Cœur m’aime de l’amour le plus tendre et le plus ardent, comme aucun autre cœur n’est capable d’aimer.
    Je voudrais correspondre à cet amour que Vous avez pour moi, je voudrais avoir pour Vous qui êtes mon unique Amour, toute l’ardeur des séraphins, la pureté des anges et des vierges, la sainteté des bienheureux qui Vous possèdent et qui Vous glorifient dans le ciel. Si je pouvais Vous offrir tout cela, ce serait encore trop peu pour louer votre Bonté et votre Miséricorde. C’est pourquoi, je Vous présente mon pauvre cœur tel qu’il est, avec toutes ses misères, ses faiblesses et ses bons désirs. Daignez le purifier dans le sang de votre Cœur, le transformer et l’embraser Vous-même d’un amour pur et ardent. Ainsi cette pauvre créature que je suis, incapable de tout bien et capable de tout mal, Vous aimera et Vous glorifiera comme les séraphins les plus embrasés du ciel. Je Vous demande, enfin, ô mon Très Doux Jésus, de donner à mon âme la sainteté même de votre Cœur, ou plutôt de la plonger dans votre Cœur divin, afin qu’en Lui je Vous aime, je Vous serve, je Vous glorifie, et qu’en Lui je me perde pendant toute l’éternité !
    Je Vous demande cette grâce pour toutes les personnes que j’aime. Puissent-elles Vous rendre pour moi la gloire et l’honneur dont mes offenses Vous ont privé !... »

    Un Appel à l'Amour. Le Message du Cœur de Jésus au monde et sa Messagère Sœur Josefa Menendez. Religieuse coadjutrice de la Société du Sacré-Cœur de Jésus (16 mars 1923), Éditions de l'Apostolat de la Prière, Toulouse, 1944.

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    Vitrail de l'église Saint-Gervais à Luçon (Vendée)
    (Source photo : diocèse de Luçon)

  • Méditation - Le bon grain et l'ivraie

    « Le démon, ancien ennemi des hommes, ne cesse de venir semer la zizanie du vice et du péché ; il s'efforce d'étouffer ou de corrompre la bonne semence, c'est-à-dire les bonnes actions, ou du moins les bonnes intentions ; ce qui fait dire à saint Paul : Nous n'avons pas seulement à combattre contre la chair et le sang, mais encore contre les principautés et les puissances (1), c'est-à-dire contre les Anges révoltés, qui cherchent à nous rendre les compagnons de leur révolte pour nous entraîner dans leur malheur. Ces ennemis implacables ne se lassent point jour et nuit de tendre des pièges à l'innocence, et de semer l'ivraie parmi le bon grain. Il n'y a lieu si retiré, personne si élevée, ni état si saint qui soient exempts de leurs tentations ; les dangers auxquels ils nous exposent sont des plus terribles, il y va de notre éternité ; les occasions sont pressantes et les combats continuels, il n'y a pas de trêve avec eux. Qui n'aura donc sujet de craindre et de trembler, si vous, ô Jésus ! qui êtes appelé le Dieu fort, ne domptez et terrassez leur puissance ? Ô Dieu fort (2) et puissant dans les combats ! délivrez-nous par votre vertu de tous nos ennemis (3).

    Jésus a voulu combattre et vaincre, non en sa majesté, mais en l'humilité de notre chair ; non pas en sa puissance, mais en notre infirmité. Dieu, dit l'Apôtre, a choisi les choses les plus faibles de ce monde pour confondre les plus fortes (4) : quoi de plus bas que la crèche, quoi de plus faible que la croix ? Entre toutes les œuvres de Dieu, celles qui ont été les plus excellentes et les plus admirables n'ont pas été faites dans l'éclat de sa divinité, mais dans l'abaissement de son humanité : le monde a été créé par la puissance de Dieu, il a été racheté plus miraculeusement par l'anéantissement de l'Homme-Dieu ; et c'est par le moyen de ce qu'il y a eu de plus infime et de plus humble en lui, qu'il a vaincu et terrassé l'orgueil du démon, qu'il a réprimé son audace et détruit son empire. Ô Jésus ! je reconnais en vos bassesses votre grandeur, j'adore votre puissance en vos faiblesses ; aussi je ne cherche point d'autre bouclier, pour opposer aux traits des ennemis de mon salut, que vos anéantissements. Faites que je m'abaisse avec vous, afin d'être sauvé par vous, et que j'aie part à votre humilité, afin d'avoir part à votre gloire. »

    1. Ephès. 6, 12. - 2. Isai. 9, 6. - 3. Esth. 14, 19. - 4. I Cor. 1, 27.

    Méditations sur les Mystères de la foi et sur les Épitres et les Évangiles tirées de l’Écriture Sainte et des Pères distribuées pour tous les jours et fêtes de l'année, par un Solitaire de Sept-Fonts, Nouvelle édition revue et corrigée par M. L. Berthon, Chanoine honoraire de Poitiers, Tome Premier (LXXXIe Méditation, I & III), H. Oudin, Paris / Poitiers, 1902.

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  • Vivons en vue de notre éternité - III. Prière aux Saints

     (suite et fin des méditations des jeudi 3 et samedi 5 novembre)

    « Que vous êtes heureux, ô saints du Seigneur, qui avez déjà traversé cette mer orageuse de la vie mortelle, et mérité d'aborder au port de l'éternel repos, de la paix et de l'inaltérable sécurité, où désormais il n'y a plus que tranquillité, bonheur et allégresse !
    Je vous supplie donc, au nom de la sainte charité, mère des hommes, vous qui n'avez désormais rien à craindre pour vous, de ne pas nous refuser votre sollicitude. Vous dont la gloire est impérissable, soyez touchés de nos misères infinies. Bienheureux saints, pensez sans cesse à nous, je vous en conjure par celui qui vous a choisis, qui vous a faits ce que vous êtes, de la beauté duquel votre coeur peut se rassasier, qui vous a communiqué son immortalité, et dont vous avez le bonheur de contempler sans cesse la grandeur et la divinité. Prenez pitié de nous, malheureux, qui sommes encore exposés aux flots orageux de la mer de cette vie. Vous qui êtes comme les portes hautes et splendides de la céleste Jérusalem, ne nous abandonnez pas, nous qui ne sommes que l'humble pavé sur lequel vous marchez. Tendez-nous une main secourable pour nous relever de notre abaissement, afin que guéris de notre faiblesse, nous soyons forts pour combattre nos ennemis. Intercédez et priez sans cesse pour nous, pauvres pécheurs, dont les négligences sont sans nombre, afin que par vos prières, nous obtenions la grâce d'être réunis à votre sainte société. Offrez donc pour nous vos prières à Dieu, ô divine cohorte des saints, ô célestes choeurs des bienheureux, afin que par le secours de vos prières et de vos mérites, nous puissions, sans naufrage, conduire notre vaisseau chargé de bonnes œuvres, jusqu'au port de l'éternel repos et de cette paix qui n'aura pas de fin. »

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome sixième (Vendredi de la dernière semaine, Oraison de la nuit), Desclée, De Brouwer, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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  • 1er Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    La dévotion au Sacré-Cœur, salut du monde

    « Il est une dévotion qui résume toutes les autres. C'est la dévotion au Cœur adorable de Notre-Seigneur...
    L'amour divin est l'objet même de cette dévotion avec le cœur de chair qui en est le foyer. Le symbole ou l'image du Sacré-Cœur est le moyen propre à nous rappeler cet amour infini, qui s'est manifesté surtout par les grands mystères de l'Incarnation, de la Rédemption et de l'Eucharistie.
    La pratique de cette salutaire dévotion résume tout ce qu'il y a de plus affectueux et de plus généreux dans notre sainte religion ; c'est l'amour reconnaissant et fidèle envers Notre-Seigneur, c'est la compassion et la réparation pour les offenses qu'il reçoit, c'est le zèle pour sa gloire, c'est l'abandon sans réserve à sa divine volonté.
    [...]
    Le Sacré-Cœur conduit l’Église à un triomphe plus grand que celui qui a couronné les périodes vouées à d'autres grandes dévotions.
    Il me semble que l’Église elle-même partage cette confiance, qui se manifeste par les efforts constants qu'elle fait pour répondre aux désirs du Sacré-Cœur de Jésus...
    L’Église fera plus encore. Il ne nous appartient pas de prévoir ce qu'elle fera, mais elle tirera les dernières conséquences de cette parole si connue de Pie IX : « L’Église et la société n'ont d'espérance que dans le Cœur de Jésus ; c'est lui qui guérira tous nos maux. Prêchez partout la dévotion au Sacré-Cœur ; elle doit être le salut du monde. » (1) »

    1. Au P. Jules Chevalier, septembre 1860. Cf. Histoire de cette dévotion de 1850 à 1870.

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), in P. Ch. Kanters "Le T.R.P. Léon Dehon fondateur de la Congrégation des Prêtres du Cœur de Jésus", Esquisse biographique, 2e édition, Noviciat du Sacré-Cœur, Brugelette, 1932.

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    (Congrégation bénédictine de Tutzing, Allemagne)

  • Méditation - « Âmes découragées, relevez-vous ! »

    « Quel que soit le passé de votre âme, son avenir peut être délivré du mal. Ne dites pas que vous êtes engagé dans la plus stérile des luttes, et que, depuis un quart de siècle, peut-être un demi-siècle, votre vie est semblable à la vie de la terre, où le jour succède à la nuit, la nuit au jour ; que de même en votre âme, les retours de la grâce ont beau succéder au péché, le péché à son tour surmonte la grâce, et, comme par une vicissitude fatale, vous tient sous une chaîne invisible qui se relâche parfois, mais qui, ce semble, ne se brise pas. Ne dites pas que vous mourrez nécessairement ainsi, en essayant en vain de remplir le vase qui se vide, ou d'élever sur le saint édifice la pierre qui retombe toujours au moment où elle allait atteindre sa hauteur. Ne dites pas que toutes les autres grâces vous sont données, mais que la persévérance seule vous est refusée, et par suite le progrès dans le bien, et la croissance en Dieu, et l'espoir de la vie éternelle. O âme découragée par de continuelles défaites, relevez-vous ; la Vierge puissante peut tout. Elle qui répond parfaitement à la grâce, qui n'a jamais manqué à aucune grâce, peut changer toute l'issue d'un combat où vous paraissez reculer depuis longtemps. Encore un généreux effort pour vous attacher à la Mère du salut, pour devenir vous-même mère de votre salut et pour le mériter, car il le faut ; encore un généreux effort, et certainement vous allez vaincre ! Vous viviez dans la honte habituelle de plaies invétérées, de chutes toujours renouvelées ; vous allez vivre dans la gloire du triomphe. »

    Alphonse Gratry (1805-1872), Le Mois de Marie de l'Immaculée Conception (XVIIIe méditation), Paris, Charles Douniol / Jacques Lecoffre et Cie, 1866.

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    Enric Monserday Vidal (1850-1926), Vierge à l'Enfant
    (Crédit photo)

  • Méditation - Tout par Marie

    « Omnia per Mariam : tout par Marie ; point d'exception. C'est ainsi que Dieu l'a décrété. Il a voulu que tout don, que toute faveur, quelle qu'elle soit, naturelle et surnaturelle, du temps ou de l'éternité, nous vînt uniquement par Elle ; cette cause seconde est absolument universelle : Totum nos habere voluit per Mariam (1).

    C'est en Vous, ô Marie, s'écrie saint Augustin, c'est par Vous et de Vous que nous recevons ou que nous recevrons tous les biens que le Ciel nous destine : nous en avons la certitude (2), « parce que, ajoute saint Bernardin de Sienne, Vous avez été de toute éternité établie par Dieu Dispensatrice, non seulement de toutes ses grâces selon son bon plaisir, mais encore de tous les divins trésors de votre Fils (3) ». Voilà la doctrine qu'exprime si admirablement le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur.

    Ainsi donc, lorsque nous affirmons que l'intercession de Marie est toute-puissante sur le Cœur de son Fils, nous voulons dire que sa prière est toujours exaucée, et que Dieu en a fait le canal unique de la grâce, comme Jésus est la source unique de tout bien (4).

    « Aussi saint Ephrem ne craint pas d'affirmer que tout ce qui a été et que tout ce qui sera accordé de gloire, d'honneur, de sainteté et de bénédictions, depuis le premier Adam jusqu'à la consommation des temps, aux Apôtres, aux Prophètes, aux justes, aux humbles de cœur, à toute créature, en un mot, l'a été et le sera à la considération de Marie ou à sa prière. » (5) »

    R.P. Jules Chevalier, Notre-Dame du Sacré-Cœur d'après l’Écriture Sainte, les Saints Pères et la théologie, Au Pèlerinage de N.-D. du Sacré-Cœur, Issoudun, 1895 (Quatrième édition).

    Notes :
    1. Dieu a voulu tout nous donner par Marie. S. Bern., serm., de Natio. B. M. V., n. 7.
    2. In Te, et per Te, et de Te, quidquid boni recipimus et recepturi sumus, per Te recipere vere cognoscimus. (Serm. de Assumpt. B. M. V., Nov., Biblioth. Patrum, t. I, p. 453).
    3. Ab aeterno ordinata sum. (Prov., VIII, 23) : scilicet dispensatrix gratiarum coelestium. (S. Bernard. Sen. Pro Fest. V. M., s. 13, a. 2, c. III, de Exalt. B. V.. - Thesaurum Filii sui dispensatrix (Id. ibid., s. 9, art. 2, c. III, de Purif. B. V.). - Omnium coelestium thesaurorum dispensatrix largiflua pro suae complacentia voluntatis. (Id., Ibid., s. 12, art. 2, c. III, de Assumpt. B. V.). - Nullus, nisi per Te, cui donum indulgeatur. (S. Germ. Const., serm. de Zona Virg., p. 379, éd. Migne).
    4. In Christo fuit plenitudo gratiae, sicut in Capite influente ; in Maria sicut in collo transfundente. (S. Hier., serm. de Assumpt. B. M.). - Per Eam exivit de coelis ad nos, quidquid unquam gratiae venit in mundum. (S. Antonin., Biblioth. Virg., t. II, p. 558). - Nulla gratia venit de coelo ad terram, nisi transeat per manus Mariae. (S. Bern. apud S. Bern. Sen., Pro Fest. V. M., s. 5, c. VIII, de Natio B. V.).
    5. Per te omnis gloria, honor et sanctitas, ab ipso primo Adamo et usque ad consummationem saeculi. Apostolis, Prophetis, justis et humilibus corde, sola Immaculatissima, derivata est, derivatur ac derivabitur, atque in Te gaudet, gratia plena, omnis creatura. (S. Ephrem., orat. 4 ad Deiparam, p. 532, graeco-lat., t. III, éd. Assemani.)

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    (Crédit photo : La Visitation Sainte Marie de Nantes)

  • Méditation - Prière : « Seigneur, jaillis comme une source »

    « Ô Seigneur, devant toi nous sommes le désert, pauvre en vie, pauvre en force, pauvre en fruits. Mais tu es la floraison et la fécondité, tu es la résurrection dans le désert.
    Ô Seigneur, nous t'en prions, rends-nous ouverts à toi : que nous ne nous fermions pas, que nous fleurissions par toi, que nous portions fruit par toi. Fais de nous un désert florissant, dans la force et la splendeur de ton amour !
    Nous sommes là comme une vie morte et stérile et tu veux que nous soyons comme le sein d'une épouse pour te contenir, pour t'engendrer, pour te donner aux autres. Ô Esprit de résurrection, souffle sur nous, empare-toi de nous, pour que nous sachions t'accueillir, te porter, te répandre. Toi, ô Père, qui es tout en tous ; toi, ô Christ, qui es tout en tous ; toi, ô Esprit-Saint, qui es tout en tous.
    Vois, ô Seigneur, nous sommes devant toi comme des enfants qui ne peuvent rien. Tu as prononcé une solennelle béatitude sur le petit enfant impuissant (Mt 19, 14), parabole de tes Évangiles. Ouvre-lui la gloire du Père, la gloire du Fils, la gloire du Saint-Esprit, pour que l’œil de ton enfant rayonne ta lumière dans le monde, pour que ses mains déversent tes richesses. Fais de son cœur un cœur ouvert, d'où coulent et jaillissent les eaux de ton royaume.
    Seigneur, jaillis comme une source ; Seigneur, coule à flots du désert que nous sommes, de notre stérilité, de notre impuissance, pour que tu sois tout en tous. Amen. »

    Erich Przywara s.j. (1889-1972), cité in "Cahiers sur l'oraison" n°40, Éditions du Feu Nouveau, Paris, juin 1961.

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  • Méditation - Nativité de la Sainte Vierge

    « Quelle joie, en ce beau jour de septembre, quelle consolation, ô Vierge Marie, vous nous apportez ! Le monde entier exulta, jadis, en saluant votre Nativité ; cette joie n'a pas cessé, puisque toujours, ô Médiatrice de toutes les grâces, votre fête reste pour nous l'aurore du salut.

    C'est de vous, en effet, que naquit le Soleil de Justice, le Christ, notre Dieu, notre Sauveur Jésus, le seul en qui il faut espérer pour arriver à la gloire. C'est Lui qui, détruisant la malédiction qui condamne, apporta à nos âmes la bénédiction qui répare, qui sauve, qui couronne ; c'est Lui qui a confondu la mort, Lui qui nous accorda la Vie éternelle.

    Joie sans pareille ! Réjouis-toi, ô terre, puisqu'un rayon est descendu de la Face du Dieu de gloire, un rayon qui ranime les hommes, et les réchauffe. C'est aujourd'hui la fête qui est le commencement du salut de tout le genre humain.

    La maison dans laquelle le Verbe, Roi céleste, doit descendre, est bâtie ; oui, la Sagesse s'est bâti une demeure ; cette demeure s'appuie sur sept colonnes ; car la Mère de Dieu apparaît, ornée des sept dons de l'Esprit-Saint, son Sanctificateur et son Époux. La Sagesse éternelle qui atteint d'une extrémité à l'autre, avec force et suavité, et dispose toutes choses, a construit sa maison ; il fit sa Mère digne de recevoir en Elle son Dieu et de l'engendrer dans les entrailles de sa chair sans tache. Le lit nuptial de Celui qui descend pour célébrer les noces divines de son Église, est là.

    Réjouissons-nous donc, tressaillons d'allégresse, aujourd'hui est née la Reine du monde, la Porte du ciel, le Tabernacle de Dieu, l’Étoile de la mer, l’Échelle par laquelle ce Roi béni va descendre sur terre, par laquelle l'homme, jusqu'ici gisant par terre, peut enfin remonter au ciel. »

    Dom Eugène Vandeur (1875-1967), Élévations sur la Messe de chaque jour. Temps après la Pentecôte II (Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie), Éditions de Maredsous, Namur, 1950.

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    (Crédit photo)

  • Méditation - Magnificat

    « Redisons souvent le Magnificat, l'acte inspiré que Marie a fait jaillir de la plénitude de son cœur, le plus beau chant qui soit dans les saintes Écritures. La Vierge, dans son humilité, professe la distance incalculable, métaphysique qui sépare les créatures du Créateur : « Il a fait en moi de grandes choses », des choses étonnantes, ineffables, inimaginables. Il a donné à Marie une stature qui va de la terre au ciel. Et ceci aux différentes étapes et le long des différentes montées qui jalonnent l'escalade du ciel. Marie devient la mère sans péché et avance jusqu'à ce que nous la voyions se confondre avec le sacrifice de son fils au Calvaire ; puis nous la trouvons recueillie dans le silence de la prière commune au Cénacle où l'Esprit Saint descend, à la Pentecôte, et remplit de nouveau de la présence de Dieu les créatures qui y sont réunies. Marie, Mère de l’Église, Mère de l'humanité. Pour se sentir proche d'elle chacun de nous peut dire : « C'est ma Mère, je peux recourir à Marie parce que son cœur est aussi pour moi. »
    Est-ce une exagération ? Non, il n'y a pas de mot qui puisse égaler la gloire, la puissance extraordinaire de l'effusion de la grâce de Dieu descendue sur cette créature. Est-ce enlever de la gloire au Seigneur que de louer Marie, selon une opinion superficielle ? Certes non ; la gloire de Marie est le reflet, la dérivation de la gloire de Dieu. Honorer Marie, c'est honorer le Christ, c'est honorer Dieu. »

    Bx Paul VI, Homélie, 15 août 1977, in "La Vierge Marie dans l'enseignement des Papes" (ch.5), Solesmes, 1981.

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    Guido Reni (1575-1642), L'Assomption de la Vierge Marie
    (provient de l'église des Philippins de Pérouse)
    Musée des Beaux-Arts de Lyon

  • Méditation - Le règne de l'Eucharistie

    « L'Eucharistie est la gloire de l’Église. Jésus-Christ, son époux, est Roi ; il est le Roi de gloire. Son Père a placé sur sa tête une couronne resplendissante. Mais la gloire de l'époux est la gloire de l'épouse ; et l’Église, comme le bel astre des nuits, reflète les rayons divins du Soleil de gloire.
    L’Église, devant le Dieu de l'Eucharistie, est belle aux jours des fêtes de son Époux, parée de ses vêtements d'honneur, chantant des hymnes solennels, conviant tous ses enfants à se réunir pour honorer le Dieu de son cœur.
    Elle est heureuse de rendre gloire à son Roi et à son Dieu ; à l'entendre, à la voir, on se croirait transporté dans la Jérusalem céleste, où la cour angélique glorifie, dans une fête perpétuelle, le Roi immortel des siècles.
    Elle est triomphante quand elle déploie, au jour de la Fête-Dieu, ses longues processions, cortège du Dieu de l'Eucharistie ; elle s'avance comme une armée rangée en bataille, accompagnant son chef ; et alors, rois et peuples, petits et grands, chantent la gloire du Seigneur, qui a établi sa demeure au milieu de son Église.
    Le règne de l'Eucharistie, c'est le règne de l’Église, et là où l'Eucharistie est oubliée, l’Église n'a que d'infidèles enfants, et bientôt elle pleurera une ruine nouvelle. »

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Première Série, La Présence réelle (L’Époux divin de l’Église, III), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1928 (seizième édition).

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    Procession de la Fête-Dieu à Rome, mai 2012

    « Ce qui effraie aujourd'hui, c'est de voir, dans tant de villes, Jésus-Eucharistie abandonné, laissé seul, absolument seul. Et dans nos campagnes, on ferme les églises par crainte des voleurs, et parce qu'il n'y entre jamais personne ! Est-ce possible ? Voulons-nous donc perdre l'Eucharistie ?
    Sachons bien que, Jésus s'en allant, les échafauds, la persécution, la barbarie reviendront.
    Qui donc arrêterait ces fléaux ?
    O Seigneur, demeurez avec nous ! Nous serons vos fidèles adorateurs ! Mieux vaudrait l'exil, la mendicité, la mort, que d'être privés de vous.
    Oh ! ne nous infligez pas cette punition d'abandonner le sanctuaire de votre amour.
    Seigneur, demeurez, demeurez avec nous, car il se fait tard, il est nuit sans vous : Mane nobiscum quoniam advesperascit. (*) »

    (*) : Lc XXIX, 29 : « Restez avec nous, car le soir approche ».

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Première Série, La Présence réelle (Le Souverain Bien, III), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1928 (seizième édition).