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sainteté

  • Méditation - Simple sainteté

    « Le Saint, ce n'est pas quelqu'un de parfait, ce n'est pas quelqu'un de valeur, c'est quelqu'un qui ne vaut rien, c'est quelqu'un qui n'est rien.
    Mais, par ce rien, Dieu passe, comme l'eau d'une source par le vide grand ouvert d'un conduit, pour aller donner aux âmes sa Grâce à boire.
    Le Saint est bon conducteur de Dieu. »

    Marie Noël (1883-1967), Notes intimes (p.296), Stock, 1959.

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    « Les saints sont ceux en qui Dieu fait tout. Et ces saints ne sont pas nécessairement sur les autels. Marie Noël savait par expérience que la sainteté n'est pas une question de vertus resplendissantes, de qualités éminentes, de sacrifices héroïques, bref que ce n'est pas la perfection, mais l'amour. Elle en arrive à cette définition : "La sainteté, c'est Moi, Dieu, en toi, l'homme" (Notes intimes, p.61). Ainsi la sainteté se trouve dans cette union étroite de notre volonté à celle de Dieu. Nous nous laissons aimer par Dieu. Cette union se vit toujours dans l'humilité que l'on découvre comme un vide et que l'on accueille comme une grâce, puisque Dieu nous remplit à la mesure infinie de son amour. »

    Jacques Gauthier, Tous appelés à la sainteté, Parole et Silence, 2008.

  • Angelus de ce 1er novembre 2019

    Lors de l’Angélus de ce vendredi 1er novembre 2019, en la Solennité de la Toussaint, le Pape François a souligné que chacun est appelé à la sainteté, y compris dans les actes les plus ordinaires du quotidien.

    Compte rendu à lire sur Vatican News.

    Texte intégral des paroles du Pape traduites en français sur Zenit.org.

  • Méditation - Toussaint

    « L'intention de l’Église est d'honorer aujourd'hui tous les saints ensemble. Je les aime, je les invoque, je m'unis à eux, je joins ma voix aux leurs pour louer Celui qui les a faits saints. Que volontiers je m'écrie avec cette Église céleste : Saint, Saint, Saint ! à Dieu seul la gloire ! que tout s'anéantisse devant lui !

    Je vois les saints de tous les âges, de tous les tempéraments, de toutes les conditions : il n'y a donc ni âge, ni tempérament, ni condition qui exclue de la sainteté. Ils ont eu au dehors les mêmes obstacles, les mêmes combats que nous ; ils ont eu au dedans, les mêmes répugnances, les mêmes sensibilités, les mêmes tentations, les mêmes révoltes de la nature corrompue ; ils ont eu des habitudes tyranniques à détruire, des rechutes à réparer, des illusions à craindre, des relâchements flatteurs à rejeter, des prétextes plausibles à surmonter, des amis à craindre, des ennemis à aimer, un orgueil à saper par le fondement, une humeur à réprimer, un amour-propre à poursuivre sans relâche jusque dans les derniers replis du cœur.

    Ah ! que j'aime à voir les saints, faibles comme moi, toujours aux prises avec eux-mêmes, n'ayant jamais un seul moment d'assuré ! J'en vois dans la retraite livrés aux plus cruelles tentations ; j'en vois dans les prospérités les plus redoutables et dans le commerce du siècle le plus empesté. Ô grâce du Sauveur, vous éclatez partout, pour mieux montrer votre puissance, et pour ôter toute excuse à ceux qui vous résistent ! Il n'y a ni habitude enracinée, ni tempérament ou violent ou fragile, ni croix accablantes, ni prospérités empoisonnées, qui puissent nous excuser, si nous ne pratiquons pas l’Évangile. [...]

    Dirai-je avec le monde insensé : Je veux bien me sauver, mais je ne prétends pas être un saint ? Ah ! qui peut espérer son salut sans la sainteté ? Rien d'impur n'entrera au royaume des cieux ; aucune tache n'y peut entrer ; si légère qu'elle puisse être, il faut qu'elle soit effacée, et que tout soit purifié jusque dans le fond par le feu vengeur de la justice divine, ou en ce monde ou en l'autre : tout ce qui n'est pas dans l'entier renoncement à soi et dans le pur amour qui rapporte tout à Dieu sans retour, est encore souillé. Ô sainteté de mon Dieu, aux yeux duquel les astres mêmes ne sont pas assez purs ! Ô Dieu juste, qui jugerez toutes nos imparfaites justices ! mettez la vôtre au dedans de mes entrailles pour me renouveler ; ne laissez rien en moi de moi-même. » (VI, 70)

    Fénelon (1651-1715), Pour la fête de tous les saints, in "Œuvres spirituelles", Manuel de piété, Coll. Les maîtres de la spiritualité chrétienne, Aubier, Paris, 1954.

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    Le Tintoret (1518-1594) et son fils, Le Paradis (partie gauche)
    Salle du Grand Conseil du Palais des Doges, Venise (Italie)

    (Tableau monumental de 22 mètres de long pour 10 mètres de haut)

  • Méditation - Qu'il est difficile d'aimer...

    « A voir les choses à la surface, rien ne paraît plus facile que d'aimer ; en réalité, rien n'est plus difficile [...]
    Le facile, c'est de s'aimer soi-même, ou - ce qui diffère peu - d'aimer pour soi, à l'exclusion des autres, telles créatures dont les charmes empruntés nous captivent. Seulement, loin d'être de l'amour, ce n'est que de l'égoïsme sous sa double forme : égoïsme solitaire, ou égoïsme à deux. Le sacrifice n'a que faire en un tel désordre ; il en est absolument exclu.
    Mais aimer tous les hommes, les aimer comme les a aimés le Christ du Calvaire, malgré leurs défauts et leurs fautes, aimer les faibles et les petits, les pauvres, les malheureux, les délaissés, les pécheurs, jusqu'à ceux qui nous font du mal et qui nous haïssent, les aimer pratiquement et leur faire du bien, les aimer surnaturellement, pour Dieu et en Jésus, aimer ce qu'il y a en eux d'immortel et de divin, leurs âmes et l'immatérielle beauté de ces âmes, voilà le difficile !
    Et ce qui ne l'est pas moins, en un sens contraire, c'est de résister aux fascinations des choses extérieures et aux innommables entraînements de la chair ; c'est d'éviter ce double écueil placé de chaque côté de la route du cœur : la vanité où il se pulvérise et la volupté où il s'avilit ; c'est de lui imprimer enfin un coup d'aile vigoureux qui le dégage à la fois des apparences et des sens, du faux et de l'abject, et qui l'emporte jusqu'à l'Incréé à travers les mille réseaux du périssable.
    Le difficile, en un mot, c'est d'aimer dans l'ordre, comme l’Épouse des Cantiques (*), c'est d'aimer purement et saintement, c'est d'aimer Dieu dans l'homme et l'homme à cause de Dieu. »

    (*) : Ordinavit in me caritatem. Cant., II, 4.

    Abbé J.M. Buathier (1850-190.), Le Sacrifice dans le dogme catholique et dans la vie chrétienne (ch. XV, 2), Paris, Gabriel Beauchesne, 1920 (dixième édition).

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  • Méditation - « Viens ! »

    « Tu peux dessiner les traits du Père et du Fils, mais l’Esprit n’a pas de visage ni même de nom susceptible d’évoquer une figure humaine. Tu ne peux pas imaginer l’Esprit ni mettre la main sur lui. Tu entends sa voix au plus intime de ta conscience, tu reconnais son passage à des signes souvent éclatants, mais tu ne peux pas savoir ni d’où il vient ni où il va (Jn 3, 8).
    Et cependant lui seul peut te faire prier : il est au commencement, au milieu et au terme de toute prière, comme de toute décision spirituelle. Tu dois donc le demander comme le don par excellence, qui contient tous les autres dons. La sainteté, c’est l’Esprit Saint comblant l’Église et le cœur de tous les croyants. Tu ne peux que l’appeler et le supplier de venir. Il est à la source des ministères, des sacrements et de la prière.
    Ne pense pas à l’appeler sur toi, ou sur les autres, ou même sur l’Église, d’une manière particulière, mais appelle-le purement et simplement dans une longue supplication : Viens ! Si tu passais toutes tes oraisons à redire ce petit mot, à prendre conscience de sa présence en toi, à l’adorer et à lui rendre grâce pour tous ses dons, tu serais en pleine prière trinitaire, et tu n’aurais pas perdu ton temps.
    Car tu n’as pas seulement à l’appeler de l’extérieur : l’Esprit du Christ ressuscité habite en toi, il vit au plus profond de ton cœur. Prier, c’est prendre conscience de sa présence, en ranimant le feu qui brûle sous la cendre. Son action part toujours de l’intérieur, et c’est de l’intérieur que tu le connaîtras : Vous le connaissez parce qu’il demeure en vous (Jn 14, 17). Reconnais donc sa présence en toi, supplie-le de déployer toute la force de son dynamisme. [...]
    Quand tu appelles l'Esprit, sois comme celui qui meurt de soif au désert. [...] Sans le savoir, tu es assoiffé de l’Esprit Saint. »

    P. Jean Lafrance (1931-1991), Prie ton Père dans le secret, Abbaye Ste Scholastique, Dourgne, 1978.

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  • Méditation - Louer Dieu parce qu'il est Dieu

    « La louange est encore imparfaite lorsqu'elle s'adresse à Dieu en fonction des bienfaits que nous recevons de lui – ce serait encore une attitude trop intéressée – il faut le remercier, le louer, le bénir de ce qu'il est Dieu, de ce qu'il est amour en lui-même. [...]

    Comme le dit si bien Hélinaud de Froimont (*), un cistercien du XIIIe siècle (1212) :

    « Il y a ceux qui bénissent le Seigneur, parce qu'il est puissant, d'autres parce qu'il est bon pour eux, d'autres enfin parce qu'il est bon en lui-même. Les premiers sont des esclaves qui tremblent pour eux-mêmes, les seconds sont des mercenaires qui ne pensent qu'à leurs intérêts, mais les troisièmes sont des enfants qui ne songent qu'à leur Père... Il n'y a que cet amour qui peut détourner le cœur de l'amour du monde, de l'égoïsme, pour le diriger vers Dieu. »

    [...] Dieu est Dieu, éternellement, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être. Comme un enfant, il faut s'extasier devant cette sainteté, et lui rendre grâce à cause de lui-même et de son amour indéfectible. »

    (*) : Hélinand de Froidmont (v.1160-v.1227) moine du monastère cistercien de Froidmont, au diocèse de Beauvais, est l'auteur des Vers de la mort et de diverses œuvres latines, dont une Chronique universelle (Chronicon) composée de 49 livres, dont à peine la moitié sont arrivés jusqu'à nous, qu'il écrivit de 1211 à 1223.

    P. Jean Lafrance (1931-1991), La prière du coeur (IV, 3), Abbaye Ste Scholastique, Dourgne, 1978.
    Texte intégral en ligne (pdf)

    Pour prolonger cette méditation, on pourra (re)lire le très beau texte d'Eloi Leclerc, extrait de Sagesse d'un pauvre : « Quand tu es tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même... », mis en ligne le 18 juillet 2018.

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  • Méditation - Dieu, Parole d'Amour

    « Tu peux te lever de bon matin, et même la nuit, pour prier ; Dieu t'a déjà devancé dans ton oraison et c'est lui-même qui te prie de bien vouloir l'accueillir dans la proposition qu'il te fait. Ouvrir le livre de la Parole, c'est toujours décacheter une lettre d'amour qui s'adresse à toi personnellement. Tu devrais être émerveillé devant cet amour inquiet de Dieu en quête de l'homme et guettant sa moindre réponse.

    Ce n'est pas toi qui pars à sa recherche, mais lui qui ne cesse de frapper à la porte de ton cœur (Ap 3, 20), pour que tu lui ouvres et partages le festin de son amitié.

    Dieu n'a pas besoin de toi, il est au-dessus de tout, il est le Tout-Autre, il est en lui-même joie, bonheur, amour, vérité et sainteté, et il veut t'appeler à nouer avec lui un dialogue d'amour pour te communiquer tout ce qu'il est. Il a plus faim de toi que tu ne l'as de lui. Et quand il parle, il ne te dit pas des paroles en l'air ; au contraire, il profère une parole qui exprime son être profond. Quand Dieu te parle, l'important d'abord n'est pas ce qu'il a à te dire, mais bien le fait qu'il te parle. [...] Sa parole exprime et épuise l'amour infini qu'il te porte. Il ne parle que pour dire : « Je t'aime ». »

    P. Jean Lafrance (1931-1991), Prie ton Père dans le secret (I, 1), Abbaye Ste Scholastique, Dourgne, 1978.

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  • Méditation - La sainteté ? Tout par amour.

    « Il y a une sainteté commune à laquelle tous les chrétiens par vocation doivent aspirer et embrasser, dans la mesure des grâces qui leur sont faites, parce que tous y sont appelés. La désirer n'est pas de l'orgueil, parce que c'est Dieu qui nous l'impose. La poursuivre n'est pas présomption, puisque pour atteindre ces sommets de l'esprit, nous comptons uniquement sur les secours du ciel, et non sur nous-mêmes ; nous devons cependant et à tout prix la rechercher sans faiblesse, la poursuivre sans langueur, sans tiédeur, sans ralentissement, parce que la perfection demeure en soi une héroïque vertu... Elle est un sommet. C'est donc que cette belle vie morale, cette belle ascension d'amour ne se soutient pas toute seule : il faut la nourrir, l'alimenter, la diffuser sans cesse par les pratiques religieuses fidèlement accomplies, c'est-à-dire non d'une façon légère, mais par amour, en toute conscience et volonté. »

    Marthe Robin (1902-1981), Journal - mars 1930.
    (déclarée « vénérable » en novembre 2014)

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    « Les saints aiment comme ils respirent. Leur amour est une nécessité. »

    Gustave Thibon (1903-2001), L'échelle de Jacob, Lardanchet, 1946.
  • Méditation - « Fais-toi capacité, je me ferai torrent » Jésus à Ste Catherine de Sienne (1347-1380)

    « Quand tu es tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur est encore un sentiment humain, trop humain. Il faut élever ton regard plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l'immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d'adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu, et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l'éternelle joie de Dieu. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela même, il trouve sa paix, tout son plaisir. Et Dieu lui-même est alors toute sainteté. Car si Dieu réclame notre effort et notre fidélité, la sainteté n'est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l'on se donne. Elle est d'abord un vide que l'on se découvre et que l'on accepte, et que Dieu vient remplir dans la mesure où l'on s'ouvre à sa plénitude. »

    P. Eloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre, Éditions Franciscaines, Paris, 1959.

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  • Méditation - Créés pour la sainteté

    « Tout ce qui passe et ne tourne pas à la gloire de Dieu est néant, et au-dessous même du néant. »
    Ste Thérèse d'Avila

    « Comprenez-vous pourquoi une âme cesse de savourer la paix et la sérénité quand elle s'écarte de sa fin, quand elle oublie que Dieu l'a créée pour la sainteté ? Efforcez-vous de ne jamais perdre ce point de vue surnaturel, pas même aux heures de loisir ou de repos, aussi nécessaires dans la vie de chacun que le travail.
    Vous pouvez bien parvenir au sommet de votre activité professionnelle ; vous pouvez obtenir les succès les plus retentissants grâce à votre libre initiative dans vos activités temporelles ; mais si vous abandonnez ce sens surnaturel qui doit présider à toutes vos activités humaines, vous ferez lamentablement fausse route. »

    St Josemaria Escriva de Balaguer (1902-1975), Amis de Dieu. Homélies (Homélie prononcée le 11.03.1960, La grandeur de la vie ordinaire, 10), Fayard / Mame, 1981.

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  • Exhortation « Gaudete et Exsultate » sur la sainteté

    Publication ce lundi 9 avril 2018 de l’exhortation apostolique du Pape François sur la sainteté. "Gaudete et exsultate" - "Soyez dans la joie et l’allégresse" (Mt 5, 12) - est un document d’une quarantaine de pages, divisé en 5 chapitres et 177 paragraphes. D’emblée, le Souverain Pontife précise qu’il ne s’agit nullement d’un traité savant sur la question, mais bien d’un appel à une sainteté simple et joyeuse dans le monde actuel, « avec ses risques, ses défis et ses opportunités ».

    Présentation de Manuella Affejee sur Vatican.News.

    Texte intégral en français sur le site internet du Vatican.

  • Méditation - « Aujourd'hui, je commence ! »

    « David s'écriait : « Je l'ai dit, maintenant je commence. » (Ps. LXXVI, II). Et saint Charles Borromée répétait : « Aujourd'hui, je commence à servir Dieu ! » Agissons de même, comme si notre passé ne comptait pas. En effet, quoi que nous fassions pour Dieu, est-ce grand'chose ? C'est le simple devoir. Donc, chaque jour, renouvelons notre propos de commencer à vivre uniquement pour Dieu. Ne nous arrêtons pas à regarder ce que font les autres, ni comment ils le font. Les saints sont le petit nombre : « Sainteté, dit saint Bernard, ne va pas sans singularité (1). » A vouloir suivre le commun, nous resterons imparfaits, car la perfection n'est pas commune. Il faut vaincre tout, renoncer à tout pour tout obtenir. Écoutons sainte Thérèse : « parce que nous n'en venons pas au don total de nous-mêmes à Dieu, nous ne recevons pas non plus d'un seul coup le trésor de l'amour divin (2). » O ciel ! que faisons-nous pour Jésus-Christ ? Combien tout est peu de chose, quand, lui pour nous, a donné son sang et sa vie ! Et sainte Thérèse d'ajouter : « En vérité, nos œuvres sont des bagatelles en comparaison d'une seule goutte de sang répandue pour nous par le Sauveur (3). » Les saints ne savent pas se ménager quand il s'agit de contenter un Dieu qui s'est livré à nous sans réserve, précisément pour nous obliger à ne lui rien refuser. « Il vous a donné tout, écrivait saint Jean Chrysostome, il s'est donné lui-même, ne gardant rien pour lui (4). » « Il est mort pour nous tous, dit l'Apôtre, afin que chacun de nous vive seulement pour lui qui est mort pour nous. » (II Cor., V, 15). »

    (1) Perfectum esse non potest nisi singulare. - (2) Vie, ch. 11. - (3) Vie, ch. 39. - (4) Homil. in II Cor. V, 15.

    St Alphonse de Liguori (1696-1787), La pratique de l'amour envers Jésus-Christ (Chap. VIII, 17), Trad. F. Lupy, Bureaux de l'Apôtre du Foyer, Saint-Etienne, 1991.

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  • Méditation - Devenir un saint !

    « Devenir un saint et un grand saint.
    Pour la gloire de Dieu, il faut se sanctifier soi-même ainsi que toutes les âmes présentes et futures, par l'intermédiaire de l'Immaculée.
    Fuir à priori non seulement le péché mortel, mais encore le péché véniel délibéré.
    Ne pas permettre que le mal reste sans réparation et sans destruction ; que le bien reste sans fruit et sans développement.
    Que la règle soit l'obéissance - la volonté de Dieu - par l'Immaculée. N'être qu'un instrument.
    Penser à ce que l'on fait, ne pas se préoccuper du reste, que ce soit en mal ou bien.
    Sers l'ordre et l'ordre te servira.
    Action pacifique et bienveillante.
    Se rappeler que l'on est la priorité exclusive, inconditionnelle, absolue, irrévocable de l'Immaculée.
    Qui que l'on soit, quoi que l'on ait ou puisse avoir, tout : pensées, paroles, actions et désirs sont son absolue propriété.
    Tout est à elle et non à soi, faire ce qu'elle veut. Également sont à elle toutes les intentions : elle dispose, agit et corrige, car elle ne peut se tromper.
    Être un instrument dans ses mains, ne faire que ce qu'elle veut.
    Tout recevoir de ses mains. Recourir à elle comme l'enfant à sa maman. Se confier à elle.
    S'occuper d'elle, de sa gloire et de ses biens, et lui confier le soin de sa vie.
    Ne rien avoir à soi, mais reconnaître que l'on reçoit tout d'elle. Tout le fruit de notre travail dépend de notre union avec elle. Comme elle est l'instrument de la Miséricorde divine...
    La vie (en chacun de ses instants), la mort (où, quand et comment), l'éternité, tout est tien, Vierge Immaculée. Fais de moi ce qui te plaît.
    Tout est possible en celui qui, par l'Immaculée, est ma force.
    Vie intérieure : en premier lieu, tout pour sa propre sanctification et, donc, tout pour la sanctification des autres. »
    (Février 1920 : Exercices spirituels)
    NB : Le Père Kolbe lui-même avait noté : A lire chaque mois...

    St Maximilien Kolbe, in "Le Bienheureux Père M. Kolbe - Entretiens spirituels inédits", traduits et présentés par l'Abbé J.-F. Villepelée, P. Lethielleux - Dessain et Tolra, Paris, 1974.

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  • Méditation - La piété filiale

    « Ah ! jamais il ne fut plus nécessaire de montrer aux hommes la bonté de Dieu et de leur apprendre que le seul moyen d'être heureux est de l'aimer comme un père ! Pour donner cet enseignement d'une manière efficace, il faut mettre sous leurs yeux les heureux effets de la piété. Nous ne parlons pas d'une piété de pratiques extérieures, mais d'une piété filiale. Celle-là seule dilate le cœur, le remplit de paix et le rend joyeux. Elle exerce un attrait irrésistible et son influence pour convertir les âmes est plus efficace que celle des plus beaux sermons.
    Mais cette piété est rare et la cause en est dans la contagion épidémique produite par l'orgueil des savants. Peu de chrétiens échappent à cette contagion. A force d'entendre vanter la science, ils ouvrent leur esprit à une curiosité scientifique qui les suit partout, même dans leurs rapports avec Dieu. Ils perdent alors la simplicité de la foi. Au lieu de prier, ils raisonnent. Cela ne les rend pas plus savants, et cela les prive de toutes les consolations de la piété.
    Le pieux auteur de l'Imitation, entreprenant d'enseigner aux âmes le chemin de la sainteté, commence par les mettre en garde contre les dangers de la curiosité de l'esprit, même quand elle s'exerce uniquement en matière religieuse. Il insiste sur ce point dans les trois premiers chapitres de son livre. Écoutons-le.

    Chapitre I, verset 3 : « Que vous sert de parler savamment de la Trinité, si, n'étant pas humble, vous vous rendez désagréable à la Trinité ? - Non, ce ne sont pas des paroles sublimes qui sanctifient l'homme et qui le justifient ; c'est la vie vertueuse qui le rend ami de Dieu. »
    Chapitre II, verset 1 : « Un pauvre paysan qui sert bien Dieu, vaut sans doute beaucoup mieux qu'un philosophe superbe, qui, négligeant les affaires de son salut, s'occupe à considérer le cours des astres. »
    Verset 2 : « Il y a plusieurs choses dont la connaissance ne sert guère ou point du tout au salut. »
    Verset 3 : « Si vous voulez que ce que vous apprenez et ce que vous savez vous soit utile, prenez plaisir à être inconnu et à n'être compté pour rien dans le monde. »
    Chapitre III, verset 4 : « L'humble connaissance de soi-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu, que la recherche d'une science profonde. - Ce n'est pas qu'il faille blâmer la science ou la simple connaissance des choses : elle est bonne, considérée en elle-même et selon l'ordre de Dieu ; mais il faut toujours lui préférer une conscience pure et une vie vertueuse. »

    La Vérité elle-même, c'est-à-dire le Saint-Esprit, parle directement à l'âme. Il ne parle pas à l'esprit mais au cœur ; il ne met pas dans l'intelligence des vérités particulières, mais il met dans l'âme de l'amour. Il lui imprime un grand sentiment de Dieu, de ses perfections infinies et surtout de sa bonté. L'âme sous ces impressions comprend d'une manière pratique son néant, son indignité, ses ignorances et ses impuissances. Elle devient alors petite à ses propres yeux, et elle se relève en voyant que le Père céleste ne dédaigne pas de l'aimer et de l'adopter comme sa fille. Voilà comment se forme et se développe en nous la piété filiale. Elle n'est pas le fruit de notre science, mais de l'humilité et de la simplicité de notre foi. »

    P. Ludovic de Besse OFM Cap (1831-1910), La Science du Pater (Première Partie, V), Nouvelle édition, Société et Librairie S. François d'Assise, Paris - J. Duculot, Editeur, Gembloux (Belgique), 1929.

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    Pino Daeni (1939-2010), Instinct maternel
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    « Seigneur, je n'ai pas le cœur fier,
    ni le regard hautain.
    Je n'ai pas pris un chemin de grandeurs
    ni de prodiges qui me dépassent.

    Non, je tiens mon âme en paix et silence ;
    comme un petit enfant contre sa mère,
    comme un petit enfant, telle est mon âme en moi. »

    Ps 131 (130), 1-2.
  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    Prière enseignée à Sr Josefa Menendez (1890-1923) par la Très Sainte Vierge

    « Ô Très Doux et Très Aimé Jésus, si Vous n’étiez pas mon Sauveur, je n’oserais venir à Vous ! Mais Vous êtes mon Sauveur et mon Époux, et votre Cœur m’aime de l’amour le plus tendre et le plus ardent, comme aucun autre cœur n’est capable d’aimer.
    Je voudrais correspondre à cet amour que Vous avez pour moi, je voudrais avoir pour Vous qui êtes mon unique Amour, toute l’ardeur des séraphins, la pureté des anges et des vierges, la sainteté des bienheureux qui Vous possèdent et qui Vous glorifient dans le ciel. Si je pouvais Vous offrir tout cela, ce serait encore trop peu pour louer votre Bonté et votre Miséricorde. C’est pourquoi, je Vous présente mon pauvre cœur tel qu’il est, avec toutes ses misères, ses faiblesses et ses bons désirs. Daignez le purifier dans le sang de votre Cœur, le transformer et l’embraser Vous-même d’un amour pur et ardent. Ainsi cette pauvre créature que je suis, incapable de tout bien et capable de tout mal, Vous aimera et Vous glorifiera comme les séraphins les plus embrasés du ciel. Je Vous demande, enfin, ô mon Très Doux Jésus, de donner à mon âme la sainteté même de votre Cœur, ou plutôt de la plonger dans votre Cœur divin, afin qu’en Lui je Vous aime, je Vous serve, je Vous glorifie, et qu’en Lui je me perde pendant toute l’éternité !
    Je Vous demande cette grâce pour toutes les personnes que j’aime. Puissent-elles Vous rendre pour moi la gloire et l’honneur dont mes offenses Vous ont privé !... »

    Un Appel à l'Amour. Le Message du Cœur de Jésus au monde et sa Messagère Sœur Josefa Menendez. Religieuse coadjutrice de la Société du Sacré-Cœur de Jésus (16 mars 1923), Éditions de l'Apostolat de la Prière, Toulouse, 1944.

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    Vitrail de l'église Saint-Gervais à Luçon (Vendée)
    (Source photo : diocèse de Luçon)

  • Prière à Marie-Reine

    « Du fond de cette terre de larmes, où l'humanité souffrante se traîne péniblement, dans les remous d'une mer sans cesse agitée par le vent des passions, nous levons les yeux vers vous, ô Marie, Mère très aimée, pour puiser du réconfort dans la contemplation de votre gloire et pour vous saluer Reine et Maîtresse des cieux et de la terre, Notre Reine et Notre Dame.
    Votre royauté, nous voulons l'exalter avec une légitime fierté de fils et la reconnaître comme due à la suprême excellence de tout votre être, ô très douce et vraie Mère de Celui qui est Roi par droit propre, par héritage, par conquête.
    Régnez, ô Notre Reine et Notre Dame, nous montrant le chemin de la sainteté, nous dirigeant et nous assistant, afin que nous ne nous en éloignions jamais.
    [...]
    Accueillez la prière de ceux qui savent que votre royaume est un royaume de miséricorde, où toute supplication est entendue, toute douleur réconfortée, toute infortune soulagée, toute infirmité guérie et où, comme sur un signe de vos très douces mains, la vie renaît souriante de la mort elle-même.
    Accordez-nous que ceux qui maintenant, dans toutes les parties du monde, vous acclament et vous reconnaissent Reine et Maîtresse puissent jouir un jour au Ciel de la plénitude de votre royaume, dans la vision de votre divin Fils, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles.
    Amen. »

    Pie XII, extrait de la Prière à Marie-Reine, 1er nov. 1954 (AAS. 46, 662 ; DC. 51, 1423), in "Les Enseignements Pontificaux", Notre-Dame I, Desclée, 1957.

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    Raul Berzosa, Le Couronnement de la Vierge
    Plafond de l'Oratoire de la Confrérie de Notre-Dame des Douleurs, Málaga (Espagne)

    (Crédit photo)

  • Mois de mai, mois de Marie

    « Ô Mère très douce, vous m'appelez et me dites : Si quelqu'un est petit, qu'il vienne à moi. Les enfants ont toujours sur les lèvres le nom de leur mère, et ils l'appellent à chaque danger, frayeur ou difficulté. Ô très douce Mère, ô Mère très aimante, vous désirez que, pareil au petit enfant, je vous appelle toujours, que j'aie sans cesse recours à vous... Permettez donc que je vous invoque continuellement et vous dise : Ô ma Mère, Mère très aimable ! Ce nom me console entièrement, m'attendrit, me rappelle l'obligation que j'ai de vous aimer. Ce nom me porte à me confier à vous. Ma Mère, c'est ainsi que je vous appelle et veux vous appeler toujours. Après Dieu, vous êtes mon espérance, mon refuge, mon amour en cette vallée de larmes. Ô ma douce Reine et Mère, ravissez les cœurs de vos enfants par l'amour que vous leur témoignez. Ravissez également, je vous en prie, mon pauvre cœur qui désire tellement vous aimer. [...] Je veux vous aimer, ô très douce Mère, mais je crains, en même temps, de ne pas bien vous aimer, car j'entends dire que l'amour rend les amants semblables aux personnes aimées... Or, je me vois si dissemblable de vous ! Serait-ce donc un signe que je ne vous aime pas ? Vous êtes si pure, et moi si impur ! Si humble, et moi si orgueilleux ! Si sainte, et moi si unique ! Mais puisque vous m'aimez, rendez-moi semblable à vous ; c'est là ce que vous devez faire, ô Marie. Vous avez la puissance de changer les cœurs, prenez donc le mien et transformez-le. Montrez au monde combien est grand votre pouvoir en faveur de ceux que vous aimez ! Sanctifiez-moi et faites que je sois votre digne fils. » (cf. St Alphonse)

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine O.C.D., Intimité Divine - Méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l'année, Tome I (Lundi des Rogations, VIe mariale, méditation), Monastère des Carmélites Déchaussées, Alost (Belgique) - Librairie du Carmel, Paris, 5ème éd., 1963 (1ère éd. 1955).

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    Vitrail de l'église de la Transfiguration à New-York (USA)

  • Méditation - « noverim Te, noverim me ! » (St Augustin)

    « Il est en notre pouvoir d'obtenir beaucoup de grâces, d'abord en nous efforçant d'acquérir la vertu d'humilité. Car il est écrit : « Dieu résiste aux prières des orgueilleux ; mais il accorde sa grâce aux prières des humbles » (1). Il ne s'agit pas ici de l'humilité extérieure dont les manifestations peuvent facilement devenir des actes d'orgueil. Il s'agit de l'humilité de cœur, c'est-à-dire intérieure, vertu sublime qui sort l'homme du mensonge et le met en plein au centre de la vérité. Car elle consiste à nous comparer souvent à Dieu pour reconnaître sa grandeur et notre petitesse, sa sainteté et notre indignité, sa sagesse et notre folie... Il est tout et nous ne sommes rien.

    Notre-Seigneur nous exhortait à cette humilité quand il disait : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (2). Dociles à son exhortation, les saints, dans leurs prières, n'ont pas cessé de dire à Dieu : - « Seigneur, qui êtes-vous et qui suis-je ? - Ah ! faites que je vous connaisse et que je me connaisse !... (3) - Vous qui m'avez créé, ayez pitié de moi... »

    Cette humilité exerce sur le Cœur de Dieu une puissance irrésistible et fait tomber sur nous avec abondance les trésors de sa miséricorde. Quand l'homme s'élève, s'exalte en présence de Dieu, Dieu monte infiniment plus haut et le regarde de loin avec dédain : Alta a longe cognoscit (4). Au contraire, l'homme a-t-il le bon sens de s'humilier ? Dieu s'abaisse jusqu'à lui. Il le regarde de près avec amour et il le comble de ses faveurs. Humilia respicit (4). Notre-Seigneur disait à une sainte : « Si je trouvais une âme plus humble que celle de François d'Assise, je la traiterais plus magnifiquement que je n'ai traité ce grand saint. »

    1. Jac. IV, 6. - 2. Matth. XI, 29. - 3. "noverim Te, noverim me", Saint Augustin (Soliloquia II,1,1 ; cf. Conf. 1,X). - 4. Ps. 137, 6 : "quoniam excelsus Dominus et humilia respicit et alta a longe cognoscit" : Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l'orgueilleux.

    P. Ludovic de Besse (1831-1910), La science de la Prière (Chap. IV), Troisième édition, Coll. « Il Poverello » 1ère série XXXII, Société et Librairie S. François d'Assise, Paris - Librairie J. Duculot, Éditeur, Gembloux (Belgique), 1903.

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    (Photo : Adi ALGhanem / Flickr - Source)

  • Méditation - Saint Joseph, miroir de la paternité éternelle

    « Dieu a confié à saint Joseph, non seulement ce qu'il y a de plus précieux dans tout l'univers, mais ce qui dépasse le prix de tous les univers possibles : Jésus, son Fils ; Marie, sa mère. Joseph est l'époux de Marie ; il est le père putatif, le père légal, le père par adoption et par amour, le père nourricier de Jésus. Il est le lieu vivant où vivront Jésus et Marie ; le cadre libre, animé, aimant où ils se mouvront ; le firmament sans nuage où ils brilleront. Lui-même ne brillera point, mais il fera briller ces deux astres, dont sa vie et son coeur sont comme l'atmosphère et la sphère. Il y a une analogie frappante entre la vie et l'âme de Joseph et le sein du Père éternel. Ce sein du Père est le lieu incréé où naît, s'épanouit et se consomme le mystère tout entier de Jésus et Marie ; l'âme et la vie de saint Joseph sont, à leur manière, le lieu créé où ce même mystère adorable se pose, demeure et grandit. Le mystère, il est vrai, se couronne en dehors de Joseph, puisque le saint Patriarche disparaît avant la Passion du Sauveur, et très probablement vers la fin de sa vie cachée ; mais il ne se consomme ainsi hors de lui, que pour avoir été préparé en lui, protégé, conservé et comme couvé par lui.

    Posé l'ordre établi par Dieu, sans saint Joseph rien ici ne pouvait aboutir. Il n'est assurément ni la source ni le fleuve de la Rédemption ; mais il est la terre docile et ouverte qui permet à la source de jaillir et au fleuve de s'écouler. Qui dira la grandeur, la beauté, la sainteté d'une vie assortie ainsi par Dieu même à un pareil mystère ? Si on dore avec tant de soin l'intérieur de ces coupes sacrées qui, chaque matin, durant quelques instants, doivent contenir le sang de la Victime Eucharistique, comment le Saint-Esprit a-t-il dû revêtir de pureté, de justice, de charité surtout ; comment a-t-il dû transformer en amour, en religion, en humilité, en piété fervente, en dévouement sans bornes, non seulement l'intérieur de cet être, mais tout cet être destiné et consacré à servir de lieu humain, de demeure, d'abri, de garantie, à l'ineffable vie de Jésus et de la Très Sainte Vierge ? Oui, cette paternité de Joseph au regard de Jésus est le miroir de la paternité éternelle ; elle en reflète l'autorité, l'imperturbable sérénité, l'immensité, la suavité. »

    Mgr Charles Gay (1815-1892), Élévations sur la vie et la doctrine de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Tome I (Vingt-deuxième élévation), Oudin Frères, Poitiers - Paris, 1879.

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  • Méditation - Devenir saints : le Christ, Source de toute sainteté

    « Ce qui importe surtout, ce n'est pas telle ou telle observance, tel ou tel ensemble de pratiques morales, mais notre renouveau, notre « création nouvelle » dans le Christ (1). C'est lorsque nous sommes unis au Christ dans « la foi qui opère par la charité » (2) que nous possédons en nous le Saint-Esprit, source de tout amour et de tout acte bon. La vie chrétienne n'est pas seulement une vie dans laquelle nous nous efforçons de nous unir à Dieu par la pratique de la vertu. C'est plutôt une vie dans laquelle, attirés par l'Esprit-Saint de Dieu, dans le Christ, nous essayons d'exprimer notre amour et notre conversion par des actes de vertu. Étant unis au Christ, nous cherchons, avec toute la ferveur possible, à Le laisser manifester Sa vertu et Sa sainteté dans nos vies. Efforçons-nous donc de faire disparaître les obstacles que l'égoïsme, la désobéissance et l'attachement à ce qui est contraire à Son amour dressent devant Lui. »

    1. Épitre aux Galates, 6, 15. - 2. Ibid., 5, 6.

    Thomas Merton (1915-1968), Vie et Sainteté (chap. III), Traduit par Marie Tadié, Aux Éditions du Seuil, Paris, 1966.

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    (Crédit photo)