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vérité

  • Méditation - Prière pour la fin du jour...

    « Quand le soir tombe et que la fin d'un jour, en s'annonçant, me fait songer à la fin des choses, comme j'ai besoin de vous prier de me garder cette vie qui ne passe pas :

    « Écoutez, au moment où les ténèbres de la nuit s'approchent, nos prières qu'accompagnent nos larmes. Ne permettez pas que notre âme, appesantie par le poids du péché, se détourne des choses éternelles et qu'elle quitte cette patrie intérieure où l'on vous connaît, où l'on vous aime. »

    Le péché vous chasse, il fait la nuit, il remplace la lumière, qui vous montre à moi dans votre splendeur radieuse d'être infini, par la clarté inférieure et douteuse qui m'égare vers la créature. Il ne me permet plus de discerner nettement ce qui est vérité et mensonge, vrai bien et faux bien. Écartez de moi ces ténèbres. Faites au contraire que le soir de ma vie soit de plus en plus cette fin apaisée des longues journées d'été, où les nuages ont pu s'amonceler, le tonnerre gronder, le soleil darder un rayon trop dur, mais qui s'achève dans le calme recueilli et confiant où s'annonce un beau lendemain.

    Donnez-moi cela, ô Vous pour qui il n'y a ni orage ni nuage menaçant, ni rayon qui brûle, ni tempête qui dévaste, ni jour qui finit. Donnez-moi de vous connaître et de vous aimer comme vous vous connaissez et vous vous aimez ; donnez-moi votre vie éternelle. Vivez en moi, ô Père, dans mon âme que l'effort quotidien, soutenu par votre grâce, fera de plus en plus limpide ; engendrez comme dans un pur miroir votre Image qui est votre Fils ; gravez en moi vos traits ou mieux faites que je fasse cela, que bien souvent ma pensée aimante se retourne vers Vous. Donnez-moi de vous reconnaître, de vous adorer, de vous bénir en tout ce que vous voulez, en tout ce que vous faites. Donnez-moi votre Esprit qui ainsi vous reconnaît, vous adore et vous aime. »

    Dom Augustin Guillerand (1877-1945), Écrits spirituels Tome II (Liturgie d'Âme, Harmonie divine), Roma, Benedettine di Pricilla, 1967.

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    (Crédit photo : ©2015-2016 darkness-claws)

  • Méditation - La piété filiale

    « Ah ! jamais il ne fut plus nécessaire de montrer aux hommes la bonté de Dieu et de leur apprendre que le seul moyen d'être heureux est de l'aimer comme un père ! Pour donner cet enseignement d'une manière efficace, il faut mettre sous leurs yeux les heureux effets de la piété. Nous ne parlons pas d'une piété de pratiques extérieures, mais d'une piété filiale. Celle-là seule dilate le cœur, le remplit de paix et le rend joyeux. Elle exerce un attrait irrésistible et son influence pour convertir les âmes est plus efficace que celle des plus beaux sermons.
    Mais cette piété est rare et la cause en est dans la contagion épidémique produite par l'orgueil des savants. Peu de chrétiens échappent à cette contagion. A force d'entendre vanter la science, ils ouvrent leur esprit à une curiosité scientifique qui les suit partout, même dans leurs rapports avec Dieu. Ils perdent alors la simplicité de la foi. Au lieu de prier, ils raisonnent. Cela ne les rend pas plus savants, et cela les prive de toutes les consolations de la piété.
    Le pieux auteur de l'Imitation, entreprenant d'enseigner aux âmes le chemin de la sainteté, commence par les mettre en garde contre les dangers de la curiosité de l'esprit, même quand elle s'exerce uniquement en matière religieuse. Il insiste sur ce point dans les trois premiers chapitres de son livre. Écoutons-le.

    Chapitre I, verset 3 : « Que vous sert de parler savamment de la Trinité, si, n'étant pas humble, vous vous rendez désagréable à la Trinité ? - Non, ce ne sont pas des paroles sublimes qui sanctifient l'homme et qui le justifient ; c'est la vie vertueuse qui le rend ami de Dieu. »
    Chapitre II, verset 1 : « Un pauvre paysan qui sert bien Dieu, vaut sans doute beaucoup mieux qu'un philosophe superbe, qui, négligeant les affaires de son salut, s'occupe à considérer le cours des astres. »
    Verset 2 : « Il y a plusieurs choses dont la connaissance ne sert guère ou point du tout au salut. »
    Verset 3 : « Si vous voulez que ce que vous apprenez et ce que vous savez vous soit utile, prenez plaisir à être inconnu et à n'être compté pour rien dans le monde. »
    Chapitre III, verset 4 : « L'humble connaissance de soi-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu, que la recherche d'une science profonde. - Ce n'est pas qu'il faille blâmer la science ou la simple connaissance des choses : elle est bonne, considérée en elle-même et selon l'ordre de Dieu ; mais il faut toujours lui préférer une conscience pure et une vie vertueuse. »

    La Vérité elle-même, c'est-à-dire le Saint-Esprit, parle directement à l'âme. Il ne parle pas à l'esprit mais au cœur ; il ne met pas dans l'intelligence des vérités particulières, mais il met dans l'âme de l'amour. Il lui imprime un grand sentiment de Dieu, de ses perfections infinies et surtout de sa bonté. L'âme sous ces impressions comprend d'une manière pratique son néant, son indignité, ses ignorances et ses impuissances. Elle devient alors petite à ses propres yeux, et elle se relève en voyant que le Père céleste ne dédaigne pas de l'aimer et de l'adopter comme sa fille. Voilà comment se forme et se développe en nous la piété filiale. Elle n'est pas le fruit de notre science, mais de l'humilité et de la simplicité de notre foi. »

    P. Ludovic de Besse OFM Cap (1831-1910), La Science du Pater (Première Partie, V), Nouvelle édition, Société et Librairie S. François d'Assise, Paris - J. Duculot, Editeur, Gembloux (Belgique), 1929.

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    Pino Daeni (1939-2010), Instinct maternel
    (Crédit photo)
     
    « Seigneur, je n'ai pas le cœur fier,
    ni le regard hautain.
    Je n'ai pas pris un chemin de grandeurs
    ni de prodiges qui me dépassent.

    Non, je tiens mon âme en paix et silence ;
    comme un petit enfant contre sa mère,
    comme un petit enfant, telle est mon âme en moi. »

    Ps 131 (130), 1-2.
  • Méditation - Dans la lumière de la vérité

    « « Quand vous prierez, vous direz : Notre Père », ou encore : « Notre Père qui êtes aux cieux », ou encore « Notre Père céleste ». Ne laissons pas passer ces mots extraordinaires. Qu'ils se déposent au plus profond de nous-mêmes pour remonter à nos lèvres à l'heure de la prière.
    [...]
    Ce Père est Saint. Nous ne l'invoquons pas pour nous rassurer dans notre médiocrité, mais pour n'être jamais tranquille en elle : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt V, 48). La vie religieuse chrétienne ne se conçoit que comme une montée incessante, un effort de plus en plus envahissant pour nous accorder à ce Père Saint, dans un acquiescement de plus en plus total. Là seulement est la source de toute vérité et, par surcroît, de tout bonheur.

    Notre Seigneur veut alors nous amener à un état d'absolue sincérité envers nous-mêmes, ou mieux encore, de totale transparence à Dieu. Car ce qui compte ce n'est pas ce que les hommes pensent de nous (cette opinion des hommes à laquelle nous sommes tellement sensibles !), mais ce que Dieu pense de nous. Il faut se laisser regarder à fond d'être par notre Père des cieux.

    Rien n'est plus important que cet effort du disciple de Jésus pour rentrer en lui-même et pour se laisser juger - sans trouble ni complaisance - par celui qui sonde les coeurs et les reins. Rares sont les hommes qui n'ont aucun masque, aucun déguisement, aucune excuse, mais qui savent être simples et droits devant Dieu. C'est à cela que Notre-Seigneur veut nous conduire : à vivre sous le regard du Père qui voit dans le secret (Mt VI, 6). Que tout est vrai alors !

    « Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres » (Lc XI, 35). »

    P. Bernard-Marie Chevignard o.p. (1909-1996), La doctrine spirituelle de l’Évangile (chap. X), Les Éditions du Cerf, Paris, 1957.

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  • Prière - « Ô Christ, Lumière véritable ! »

    « Ô Vérité, lumière de mon âme, ne permettez pas que règnent sur moi les ténèbres. Vous avez permis que je m'y enfonce, et je me suis trouvé dans l'obscurité. Mais même de là, oh ! oui, même de là je Vous ai aimé. J'ai erré et je me suis souvenu de Vous. J'ai entendu votre voix, derrière moi, qui m'invitait à revenir, je l'ai entendue à grand'peine à cause du fracas soulevé par mes passions rebelles. Et voici que je reviens, brûlant et haletant à votre source. Que rien ne me retienne désormais ! Puissé-je m'y abreuver et vivre...
    Comme le cerf aspire à la fontaine, ainsi mon âme soupire vers Vous, Seigneur ! Mon âme a soif de Vous ô Dieu, source vive ; quand viendrai-je et comparaîtrai-je en votre présence ? ô source de vie, veine d'eau des vivants, quand parviendrai-je aux eaux de votre mansuétude, en cette terre déserte, escarpée et aride, afin que je voie votre puissance et votre gloire, et que ma soif s'apaise aux eaux de votre miséricorde ? J'ai soif, ô Seigneur, j'ai soif de Vous, source vive...
    Ô feu qui brûlez toujours et ne vous consumez jamais, embrasez-moi ! Ô Lumière qui resplendissez toujours et ne vous voilez jamais, illuminez-moi ! Oh ! s'il m'était donné de brûler de votre flamme, ô feu sacré ? Avec quelle douceur Vous Vous consumez, combien secrètement Vous resplendissez, qu'il est désirable d'être embrasé par Vous ! Malheur à ceux qui ne brûlent pas de votre amour ! Malheur à ceux qui ne sont pas illuminés par Vous, ô Lumière véritable, qui éclairez tout homme, ô Lumière qui remplissez le monde de vos clartés !
    Grâces Vous soient rendues, à Vous qui m'illuminez et me libérez, car Vous m'avez éclairé et je Vous ai connu. Tard je Vous ai connue, ô Vérité ancienne, tard je Vous ai connue, ô Vérité éternelle ; Vous étiez dans la lumière, et moi dans les ténèbres, et je ne Vous connaissais pas, car je ne pouvais être illuminé sans Vous ; et sans Vous, il n'existe pas de lumière ! » (Saint Augustin)

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine O.C.D., Intimité Divine - Méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l'année, Tome I (Mercredi de Pâques, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Alost (Belgique) - Librairie du Carmel, Paris, 5ème éd., 1963 (1ère éd. 1955).

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  • Méditation : Devenir saints : docilité à la grâce

    « Ce n'est pas seulement nous qui vivons, mais le Christ qui vit en nous, et le Saint-Esprit guide et oriente nos vies. La vertu chrétienne a sa source dans cette unité intérieure par laquelle notre moi est uni au Christ dans l'Esprit, nos pensées et nos désirs étant ceux du Christ.

    Ainsi toute notre vie chrétienne est-elle une vie d'union au Saint-Esprit et de fidélité à la volonté divine au plus profond de notre être. C'est donc une vie de vérité, de totale sincérité spirituelle, qui implique, par conséquent, une humilité héroïque. Car nous devons être vrais, comme nous devons être charitables, avant tout, envers nous-mêmes.

    Nous devons non seulement nous voir tels que nous sommes, dans notre vide et notre insignifiance, accepter et aimer notre néant, mais accepter aussi la réalité de notre vie telle qu'elle est, parce que c'est la réalité que le Christ veut assumer pour la sanctifier et la transformer à Son image et à Sa ressemblance.

    Si nous pouvons comprendre la présence du mal en nous, nous serons assez calmes et objectifs pour le traiter avec patience, en faisant confiance à la grâce du Christ. C'est ce qu'on entend par suivre les inspirations du Saint-Esprit, résister à la chair, persévérer dans le bien, refuser les exigences de notre moi extérieur faux, abandonnant ainsi le plus profond de notre cœur à l'action transformante du Christ. »

    Thomas Merton (1915-1968), Vie et Sainteté (chap. III), Traduit par Marie Tadié, Aux Éditions du Seuil, Paris, 1966.

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  • Méditation - La Sainte Innocence

    « Veux-tu, ô mon âme, comprendre Jésus-Enfant ? Veux-tu t'embraser d'amour pour Lui ? Fais-toi de la race des Saints Innocents ; tiens-toi sans tache devant le trône de ce Dieu que tu adores, devant cette crèche qui est son trône, en ce Noël du Béni.

    La vraie beauté d'une âme, la seule dans laquelle un Dieu pourrait se mirer, c'est son innocence. Innocence de l'esprit qui adore la Vérité, innocence du cœur qui brûle de se l'assimiler totale ; c'est la virginité de l'être sans mensonge devant la Majesté du Seigneur.

    Pour mener et garder avec Dieu des relations étroites, des rapports que rien ne trouble, il suffit d'être sans tache à ses yeux ; il importe d'être vrai, sans ombre de mensonge.

    Le monde entier est placé dans le mensonge ; je parle de ce monde qu'a maudit Jésus-Christ ; il n'est pas innocent dans ses pensées, il ne l'est pas davantage dans son cœur. Il fuit la lumière qui le condamne ; il a horreur de la pureté qui le reprend. Le monde ne peut s'arrêter devant la crèche du petit Jésus, où seuls adorent l'innocence et le repentir.

    Secoue, ô mon âme, la chaîne terrible de ce monde. Échappe au filet de cet oiseleur maudit qui cherche à s'emparer du passereau du bon Dieu. Échappe-toi, fuis à tire d'aile vers Bethléem. C'est le trou de la pierre qui délivre, qui protège et qui cache.
    [...]
    Chante, ô toi, qui par ton baptême, as conquis ta liberté en Jésus-Christ, chante donc et dis : Comme le passereau, j'ai échappé au filet de l'oiseleur ; le filet a été rompu, et me voilà en pleine liberté, celle des enfants de Dieu (1).

    Sois vraie, sois pure. Ne fuis pas la Lumière qui illumine Bethléem. Entre, là, près de Jésus qui te tend les bras, et t'accueille comme les Innocents, témoins de sa naissance. Ô Jésus, gardez mon innocence, celle de mon esprit, celle aussi de mon cœur ! »

    1. Offert.

    Dom Vandeur (1875-1967), Élévations sur la Messe de chaque jour, Noël, Épiphanie (Octave des Saints Innocents), Éditions de Maredsous, Namur, 1955.

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    Peter Paul Rubens (1577–1640), La Vierge à l'Enfant entourée des saints Innocents
    Musée du Louvre, Paris

    (Crédit photo)

  • « Amour et vérité se rencontrent » : Mgr Aillet écrit à ses diocésains

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    Il y a une semaine, le journal Sud-Ouest révélait l’existence d’une « fronde » menée contre Mgr Aillet par une soixantaine de prêtres. L'évêque de Bayonne, dans une lettre datée du 8 décembre 2016 adressée à tous les fidèles de son diocèse, établit sa vision de la chronologie des faits, « dont l’article (de Sud-Ouest) ne permet pas de prendre la mesure objective ». Mgr Aillet relève des articles au ton « complaisant », accusant le quotidien régional d’avoir jeté « le discrédit sur l’évêque, de manière un tantinet caricaturale », et d’avoir donné « en spectacle, à des lecteurs souvent ignorants de la vie de notre Église, le visage d’un diocèse déchiré ».

    Cette lettre est disponible en téléchargement sur le site du Diocèse.

    Le diocèse de Bayonne Lescar Oloron.

  • Prière des moines du Mont Athos

    « Jésus, extase de bonté, ô excès de splendeur, gloire à toi qui fais concorder ta volonté et ta puissance !

    Jésus, amour fou en tout désirable, gloire à toi qui soutiens les mondes infinis par ta puissance !

    Jésus, toi la Voie, la Vérité, la Vie, je te rends grâce de m'avoir conduit à la vérité de tes paroles divines et vivifiantes !

    Jésus, objet suprême de la contemplation des bienheureux, je te rends grâce d'avoir jugé notre indigne nature digne de ta gloire !

    Jésus, ô Lumière au-dessus de toute lumière, je te confesse que je marche enténébré dans la ténèbre du péché !

    Jésus, toi le juge sans appel, je te confesse que jamais je n'ai été touché comme il se doit de ton amour !

    Jésus, chaleur très douce et vivifiante, réchauffe ma froideur !

    Jésus, vêtement de lumière des étoiles, habille ma nudité !

    Jésus, toi mon principe, mon milieu et ma fin, purifie mon cœur afin que je puisse te voir !

    Jésus, toi qui es en tout et par-dessus tout mon Dieu, fais-moi apparaître ta face et je serai sauvé !

    Jésus, ô l'Un au-dessus de l'intellect (*), montre-moi moi-même unifié par le retour de l'intellect et de la prière unifiée !

    Jésus, ô mystère au-dessus de l'ignorance, mets-moi au-dessus de toute réalité sensible et intelligible !

    Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi ! »

    (*) : Ce terme désigne généralement la partie la plus spirituelle de l'intelligence, la « fine pointe » de l'âme, le lieu de la conscience et de la lucidité spirituelles. Dans certains contextes, il devient presque synonyme de cœur, au sens biblique (et pascalien) de ce mot. Ne pas confondre avec l'intelligence discursive et rationnelle.

    Hiérothée Vlachos, Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière du cœur (Minuit dans le désert de la sainte Montagne), Points Sagesse Sa78, Éditions du Seuil, 1988.

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  • Méditation - « Père, que votre volonté soit faite »

    Le Bx Charles de Foucauld met dans la bouche de Jésus les mots suivants :

    « Priez ainsi, mes petits enfants, et que ce soit là, pour ainsi dire, votre unique prière « Mon Père, que votre volonté soit faite. » (*) Cette prière contient tout : à la vérité elle exprime une chose qui arrivera toujours, qui arrivera nécessairement, mais elle exprime aussi le seul désir final de votre cœur, puisqu'elle exprime le seul désir final du mien... Priez ainsi, voulant tout ce que je veux, cela seul que je veux, comme je le veux, dans la mesure où je le veux « Mon Père, que votre volonté se fasse »... Je vous le répète dans cet état de prière et de volonté, votre prière et votre volonté sont noyées, perdues dans la volonté de Dieu, ne font qu'une avec elle, sont vraiment divines elles-mêmes...

    Cette prière sera celle que vous ferez éternellement dans le ciel... Mais, à cause de votre faiblesse, de l'infirmité de la nature humaine, de votre vue si trouble, si obscurcie, de votre cœur sans cesse défaillant, blessé, souffrant, malade, Dieu qui est un Père et qui veut que vous lui confiiez vos peines, vos misères, que vous vous jetiez dans son sein, sur son Cœur, dans ses bras, tels que vous êtes avec toutes vos infirmités, mes pauvres petits enfants, Dieu permet, il aime même que quand vous vous sentez pressés dans votre pauvre cœur humain d'un désir (pourvu qu'il soit pur, sans péché), quelconque, soit pour sa gloire, soit pour la consolation de mon Cœur, soit pour le bien du corps ou de l'âme de votre prochain ou de votre propre corps ou de votre propre âme, vous le lui exposiez en toute sincérité et vérité : pour vous décharger l'âme avec un abandon filial et lui faisant cet aveu, pour vous soulager en disant et demandant cela à votre bon père : mais il veut que toujours, toujours implicitement ou explicitement, vous ajoutiez : Mon Père, que votre volonté soit faite... Ainsi c'est toujours à ces derniers mots que revient votre prière... Que votre prière ne consiste qu'en ces seuls mots, ou qu'ils viennent à la suite de beaucoup d'autres, ils font toujours le fond, l'essence de toute prière, ils la résume quelle qu'elle soit... Que vous demandiez la glorification de Dieu, la sanctification d'une âme, toute autre chose, vous ne voulez et ne demandez jamais ces choses que dans la mesure où Dieu les veut parce qu'Il les veut, comme Il les veut... Tout ce que désire Dieu, et par conséquent tout ce que vous désirez, tout ce que veut Dieu, et par conséquent tout ce que vous voulez se trouve donc compris dans ces mots : « Père, que votre volonté soit faite ! » (*) »

    (*) : cf. Mt 6, 10.

    Bx Charles de Foucauld, Crier l’Évangile. Retraites en Terre Sainte (Retraite de huit jours à Ephrem, Dimanche), nouvelle cité, Paris, 1974.

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    Dessin ©J.-F. Kieffer

  • Méditation - De la vraie liberté

    « Cherche la liberté comme un bonheur suprême ;
    Mais souviens-toi, mon fils, de cette vérité,
    Qu'il te faut renoncer tout à fait à toi-même,
    Ou tu n'obtiendras point d'entière liberté.

    Ceux qui pensent ici posséder quelque chose
    La possèdent bien moins qu'ils n'en sont possédés,
    Et ceux dont l'amour-propre en leur faveur dispose
    Sont autant de captifs par eux-mêmes gardés.

    Les appétits des sens ne font que des esclaves ;
    La curiosité comme eux a ses liens ;
    Et les plus grands coureurs ne courent qu'aux entraves
    Que jettent sous leurs pas les charmes des faux biens.

    Ils recherchent partout les douceurs passagères
    Plus que ce qui conduit jusqu'à l'éternité ;
    Et souvent pour tout but ils se font des chimères
    Qui n'ont pour fondement que l'instabilité.

    Hors ce qui vient de moi, tout passe, tout s'envole ;
    Tout en son vrai néant aussitôt se résout ;
    Et, pour te dire tout d'une seule parole,
    Quitte tout, mon enfant, et tu trouveras tout. »

    Pierre Corneille, L'Imitation de Jésus-Christ,
    traduite et paraphrasée en vers français,
    Livre troisième Ch. XXXII, in "Œuvres complètes de P. Corneille",
    Tome deuxième, A Paris, chez Lefèvre, Libraire-Editeur, 1834.

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  • Méditation - Les hommes d'honneur (I)

    « L’homme d’honneur, héros ou saint, souffre de la médiocrité ambiante, plus que nul autre ne peut en faire l’expérience. Mais cela ne le conduit pas au désespoir. Il n’essaie pas de défier cette médiocrité. Il ne la combat qu’en se jetant à corps perdu dans l’exercice de la charité. Pas celle qui s’affiche, succédané de vraie charité, sur les écrans de télévision ou dans les pages glacées des magazines, mais celle qui ne fait pas de bruit. L’homme d’honneur n’arrache rien et ne se fait pas justicier. Il comble au contraire de trésors invisibles ce qui se complaît dans le médiocre. Il n’est pas un réformateur. Saint François d’Assise n’est pas Martin Luther. [...]

    L’homme d’honneur n’est jamais corrompu par la médiocrité, alors que celui qui se pose en juge, subissant la fascination du mal, sera peu à peu transformé, défiguré par l’objet de sa haine. Certes, la douce pitié de Dieu cache toujours quelque stratagème insurpassable pour sauver même ce qui risque de se précipiter tête première vers l’enfer. L’homme d’honneur ne se jette jamais dans la révolte et ne laisse pas son cœur être entraîné par l’amertume.

    Quant à la caractéristique de l’homme d’honneur chrétien, elle tient dans la priorité accordée au Royaume de Dieu, un homme capable, idéalement, de consacrer une part égale de sa vie à l’action et à la pensée alliée à la contemplation. Un tel équilibre est rare. L’époque contemporaine n’est pas avare en hommes d’action, tout au moins en hommes qui en donnent l’apparence, qui bougent, qui voyagent, qui remuent et font remuer les choses, des choses... Elle est plus pingre en ce qui concerne la réflexion et la contemplation car elle ne les favorise point, ayant horreur de ce qui permet de juger, de discerner, de prendre du recul, d’admirer, de s’étonner. Elle rabote et piétine les esprits qui feraient preuve d’indépendance et de liberté. Il s’agit d’un vertige universel, qui nous saisit tous, dans une plus ou moins large mesure. Mais nous sommes libres de nous y soustraire si nous optons pour l’honneur, contre l’opportunisme et l’hédonisme. Il subsiste dans le monde des franges d’humanité où l’effort pour connaître et aimer n’est point mort, franges qui sont et seront de précieuses réserves, les dernières sans doute, pour répondre à l’agression contre les esprits et l’Esprit. »

    (à suivre demain)

    Père Jean-François Thomas s.j., Les Mangeurs de cendres. petit traité spirituel (ch.II), Via Romana, Versailles, 2016. (pp.68-70)

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    Constantin Meunier (1831-1905) & Alfred Verwee (1838-1895), Labourages des moines (1863)
    Abdijmuseum Ten Duinen, Koksijde (Collection Vlaamse Gemeenschap)
    (Crédit photo)

  • Méditation - Espérez, espérez encore, espérez toujours !

    « La vie terrestre n'est qu'un combat (1). On y est vainqueur ou vaincu, mais nul n'a le secret de s'y soustraire. Or, j'ose bien dire que sur ce vaste champ de bataille qui s'appelle la vie chrétienne, il n'y a pas un seul coin de terrain où la lutte soit plus vive et plus acharnée que sur le terrain de l'espérance. On comprend qu'il en soit ainsi, car, à bien y regarder, c'est là que toute l'affaire du salut se décide. Il s'agit bien, pour être sauvé, de croire en Dieu et de l'aimer ; mais c'est par l'espérance que la foi fleurit en amour. Sans elle notre arbre spirituel n'est qu'une racine sans tige et par là même sans fruits. Aussi, pour une tentation que les âmes ont contre la foi, elles en ont dix et vingt contre l'espérance. Il n'y a guère non plus de péchés sur lesquels on se fasse plus facilement illusion que sur ceux qui la blessent. On y tombe de bien des manières, et bien plus souvent qu'on ne croit, bien plus souvent dès lors qu'on ne s'en accuse. [...]

    Certes, Satan sait bien ce qu'il fait, en nous livrant sur ce point de si furieux assauts ; car si, dans les profondeurs d'un cœur qui se reposait habituellement en Dieu, il parvient à jeter, à maintenir surtout un ferment de défiance, il gagne aisément le reste. [...] Et pour y arriver, tout lui est bon. Nulle part plus qu'ici il ne cherche à se transfigurer en ange de lumière (2). Il se fera contre vous une arme de toutes les perfections divines. Au nom de la sainteté, au nom même de l'amour, il s'efforcera de vous convaincre qu'après tant de grâces méprisées et perdues, le découragement n'est qu'un acquiescement raisonnable à la vérité, et qu'en vous désespérant, vous ne ferez que reconnaître et honorer la justice. [...]

    Démasquez cet ange de ténèbres : dites-lui qu'il ment et qu'il n'est tout entier que mensonge. Fermez les yeux à ses fantômes ; rendez-vous sourdes à ses propos, surtout s'il vous engage dans des argumentations théologiques ; et en général ne redoutez aucun démon à l'égal des démons théologiens. Ne raisonnez pas du tout ici, priez. N'admettez pas que là où il s'agit d'espérance en Dieu, il y ait même une question pour vous : espérez, espérez encore, espérez toujours ; et prenez garde aux pentes, car c'est là principalement que les pièges de notre ennemi sont tendus. Les pentes, c'est l'abus de l'examen de conscience et la manie du retour sur soi-même. C'est la considération imprudente, c'est-à-dire non approuvée du directeur, ou prolongée outre mesure des vérités de la foi qu'on nomme effrayantes, telles que sont le péché, la mort, le jugement, l'enfer éternel. Les pentes, c'est l'inquiétude habituellement consentie, c'est l'esprit scrupuleux, c'est la mélancolie non combattue, c'est le découragement après les fautes, c'est le retard des confessions, c'est l'éloignement systématique et opiniâtre de la sainte Table. Je le répète, défiez-vous de ces pentes, ne restez jamais sur ces pentes. Elles mènent à des gouffres d'où il n'y a que des miracles qui puissent tirer ceux qui y sont tombés. »

    1. Job. VII, 1. - 2. II Cor. XI, 14.

    Mgr Charles Gay (1814-1891), De la vie et des vertus chrétiennes considérées dans l'état religieux, Tome I (chap. V, II), H. Oudin Frères, Poitiers - Paris, Huitième édition, 1878.

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  • Méditation - Prière pour obtenir l'humilité

    « Mes frères, retirons-nous avec cette pensée : « Quand j'aurais toutes les vertus, et non pas l'humilité, je n'ai rien que péché, je ne suis qu'un pharisien superbe et un missionnaire abominable. » Mon Sauveur, faites-nous bien concevoir cette vérité, faites-nous voir l'excellence de cette vertu, faites que nous l'aimions et que, l'aimant, nous rejetions toutes les pensées vaines. Commençons, mes frères, dès cette heure à voir combien elle est belle et combien agréable en ceux qui tâchent perpétuellement de s'humilier, combien ils sont en paix et combien on les estime ; comme, au contraire, estimons malheureux ceux qui courent après l'honneur et travaillent pour être estimés ; n'est-il pas vrai qu'ils se tourmentent en vain, que la plupart du monde les méprise, qu'on s'en moque et qu'on s'en rit ? Nous verrons cela et nous aurons si peu de jugement que de courir après ces amusements de la nature aveugle et corrompue !

    L'humilité a cela de propre qu'elle nous empêche de prétendre à aucune estime que de vous, mon Dieu, qui donnez le prix aux choses. Les hommes n'en connaissent pas la valeur. N'est-ce pas être fol et passe-fol que de préférer l'estime du monde à la vôtre, l'ombre au corps, le mensonge à la vérité ?

    Sauveur de mon âme, remplissez-nous de ces affections qui vous ont si fort humilié, de ces affections qui vous ont fait préférer la contumélie (*) à la louange, et de ces affections qui vous ont fait chercher la gloire de votre Père dans votre propre confusion. Que nous commencions dès à présent à rejeter tout ce qui ne va pas à votre honneur et à notre mépris, tout ce qui sent la vanité, l'ostentation et la propre estime ; que nous tâchions de faire désormais des actes d'une vraie humilité ; que nous renoncions une bonne fois pour toutes à l'applaudissement des hommes trompés et trompeurs, à la vaine imagination du bon succès de nos œuvres ; et enfin, mon Seigneur, que nous apprenions à être véritablement humbles de cœur, par votre grâce et par votre exemple. »

    (*) : Vieilli, littér. Parole ou action atteignant une personne dans sa dignité ; offense très grave.

    St Vincent de Paul, extrait de la Conférence aux Missionnaires, 18 avril 1659 (S. V., XII, 195-211), in "Saint Vincent de Paul. Œuvres présentées par André Dodin", Aubier, Paris, 1949.

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  • Méditation : « Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde »

    « Si vraiment nous aimons, nous sommes dans la vérité ; mais il faut aimer vraiment, pas seulement dire, crier qu'on aime.
    Aimons en vérité, allons jusqu'aux actes.
    Comme le dit saint Jacques, ce n'est pas aimer que de dire à son frère qui a froid : « Va et chauffe-toi bien » (Jc 9, 15-16) sans lui donner de quoi se chauffer. Aimons en vérité, réellement.
    Si nous aimons vraiment, même si notre cœur nous fait des reproches sur d'autres points, l'amour nous justifiera, car l'amour couvre la multitude des péchés.
    Dieu donne à qui donne, se donne à qui se donne, pardonne à qui pardonne. Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde ! Un cœur ouvert à la misère du prochain est ouvert à la miséricorde de Dieu. La miséricorde triomphe du jugement.
    Toujours le cœur ouvert !
    Aussi ne jugeons jamais pour condamner. Nous ne savons pas le fond du problème et l'intention qui conduit la main. Dieu seul peut juger le dedans. »

    P. Monier s.j., Saint Jean. Jésus écouté et regardé avec le cœur (Troisième partie, Jésus est la Vérité), Les éditions du Cerf, Paris, 1982.

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  • Méditation - Elévation sur la prière de la Bse Elisabeth de la Trinité (*)

    « O mon Dieu, Trinité que j'adore... Tout le mystère est là, dans sa sublimité et sa profondeur, dans sa longueur et sa largeur ; et ce mystère adorable c'est Dieu, un en trois Personnes.

    D'un seul coup d'aile, l'âme qui croit, qui espère et qui aime, s'élève à Dieu et s'immerge en l'océan insondable du mystère de l'unité dans la trinité, de la trinité dans l'unité.

    Elle pénètre et demeure dans les profondeurs de Dieu (1) ; et, consciente aussitôt de son néant sans nom, elle se prosterne, elle adore, elle jette sa couronne devant la majesté sainte qu'elle sent si près d'elle.
    [...]
    « L'adoration, ah ! c'est un mot du ciel ; il me semble qu'on peut le définir : l'extase de l'amour. C'est l'amour, écrasé par la beauté, la force, la grandeur immense de l'objet aimé ; il tombe dans une sorte de défaillance, dans un silence profond, plein ; ce silence dont parlait David, lorsqu'il s'écriait : Le silence est ta louange ! (2) »

    O mon Dieu, Trinité que j'adore, avec avidité j'entre dans votre sanctuaire, ô Saint des saints, où Père, Fils, Saint-Esprit vous vous exprimez et vous rendez une mutuelle gloire.
    [...]
    Père, source de la divinité d'où s'écoulent le Fils et, avec lui, l'Esprit-Saint, vous, source de ce qu'ils sont, de ce qu'ils ont d'être, sans les précéder ! Ce qu'il y a de plus foncier en vous, c'est que vous êtes Père ; votre relation personnelle fait la première Lumière, la première Pensée, la première Beauté, le premier Amour... Et dire que vous êtes aussi mon Père, et que je suis votre enfant ! Je vous adore à cause de vous !

    Fils du Père, Sagesse incréée, Vérité sans limites ! Que mon ignorance s'efface devant votre visage de gloire ; qu'elle disparaisse et chante, en adorant, votre toute-science !
    [...]
    Esprit-Saint, Esprit-Amour du Père et du Fils, brasier inextinguible de la Trinité dans l'Unité, mon cœur s'abîme devant vous et se liquéfie, adorant l'Amour de mon Dieu Un et Trine !
    [...]
    Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées. Le ciel et la terre sont remplis de sa gloire. Hosannah au plus haut des cieux !
    [...]
    O mon Dieu, Trinité que j'adore ! Unité de la Trinité, Trinité de l'Unité ! »

    (*) Un décret de la Congrégation pour la cause des saints, approuvé le 3 mars dernier par le Pape François, a ouvert la voie vers sa canonisation prochaine.
    1. I Cor. II, 10. - 2. Bse Elisabeth de la Trinité, Souvenirs. Ps. LXV, 2, trad. d'Eyragues.

    Dom Eugène Vandeur (1875-1967), O mon Dieu Trinité que j'adore - Élévations (Troisième élévation), Duculot, Gembloux (Belgique), 1923.

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    Luca Valentino Rossetti (1708–1770), La Sainte Trinité
    fresque de l'église San Gaudenzio à Ivrea (Turin, Piémont italien)

    (Crédit photo)

  • Méditation - Sachons rire de nous-mêmes !

    « C'est un art difficile que celui de rire de soi-même et d'accepter que Dieu rit avec nous. Un art difficile qui ne s'acquiert que peu à peu, à force d'humilité et à force de vérité.
    Or ce que m'a enseigné la vie, c'est qu'il n'y a pas de « grand homme » sur la terre, ni à plus forte raison de surhomme, et que les saints ont été, ont et seront eux aussi des êtres limités, chétifs, instables, confrontés au mal et au Malin, et nullement des confirmés en grâce dès le sein de leur mère ou des êtres sans peur et sans reproche.
    La vie m'a révélé (une révélation de bonheur !) que tout homme est un être blessé et combien profondément... Ce sont ces fameuses convoitises dont parle saint Jean en sa première lettre (2, 16). Il ne faut pas vivre tellement longtemps pour les découvrir en soi comme chez les autres, en son intelligence, en son vouloir, comme en son cœur, en sa chair.
    Mais malgré tout cela, c'est une telle grâce que de ne pas se mettre en colère contre soi-même ni contre les autres, mais de croire à l'Amour fidèle et fou de ce Dieu qui vient sauver ce qui était perdu, donner la vue aux aveugles et la liberté aux prisonniers.
    C'est vraiment une heure bénie dans sa vie lorsqu'on s'accepte enfin, lorsqu'on enlève la cravate, lorsqu'on commence à rire de soi et des autres comme un enfant et que l'on sait que Dieu rit avec nous. Admirable leçon des choses, de l'âge et de la grâce. C'est le début de la sagesse. »

    Louis-Albert Lassus (1916-2002), La prière est une fête, Éditions du Cerf, Paris, 1978.

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  • Première prédication de Carême du Père Cantalamessa : "l'adoration en esprit et en vérité"

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    Au lendemain du retour du Pape François au Vatican, débutent les prédications de Carême du Père Raniero Cantalamessa, O.F.M. Cap. Chaque vendredi matin, à 9 heures, le Saint-Père et les membres de la Curie sont invités à assister dans la chapelle Rédemptoris Mater, aux médiations du prédicateur de la maison pontificale, depuis 36 ans.

    En cette Année Sainte, le capucin italien a décidé de proposer une relecture des textes majeurs du Concile Vatican II, démarche qu’il avait entamée en décembre 2015 lors de ses prédications de l’Avent. Le Père Cantalamessa évoquera le thème de la miséricorde, un peu plus tard lors de l’office du Vendredi Saint.
    C’est ce qu’il explique au micro de Marie Duhamel, à écouter sur Radio Vatican.

    Il a donc livré ce vendredi matin la première de ses méditations du Carême 2016. Il a consacré sa réflexion à la Constitution Sacrosanctum Concilium, sur la liturgie, en l’axant sur le thème « l’adoration en esprit et en vérité ».

    Le Père Cantalamessa a tout d’abord précisé qu’il ne fallait pas considérer Vatican II comme un « fleuve » mais comme un « affluent », c’est-à-dire comme un étape importante dans l’histoire de l’Église, mais ni un début, ni une fin. Une analyse proche de "l’herméneutique de la continuité" chère à Benoît XVI. Le prédicateur capucin s’est d’ailleurs appuyé sur une figure spirituelle qui a beaucoup inspiré le Pape émérite dans ses enseignements : « Dans sa fameuse œuvre sur Le développement de la Doctrine chrétienne, le bienheureux cardinal Newman a affirmé qu’arrêter la tradition à un point de son cours, même s’il s’agit d’un Concile œcuménique, serait en faire une tradition morte et non une tradition vivante. La tradition est comme une musique. Que serait une mélodie si elle s’arrêtait sur une note, en la répétant à l’infini ? Cela arrive avec un disque qui s’use et nous savons l’effet désagréable que cela produit ».

    Le prédicateur a rappelé que les fruits des Conciles ne sont pas toujours ceux attendus par les participants directs à ces assemblées. Par exemple, le Concile d’Ephèse, en 431, reste attaché à la définition de Marie comme Theotokos, Mère de Dieu, alors que son objet initial était d’affirmer l’unité de la personne du Christ.

    Le retour nécessaire à l'Esprit Saint

    Concernant Vatican II, le Père Cantalamessa a déclaré que « s’il y a un champ dans lequel la théologie et la vie de l’Église catholique se sont enrichies dans les 50 années post-conciliaires, c’est sans doute celui relatif à l’Esprit Saint », une évolution conforme au vœu de saint Jean XXIII qui souhaitait « une nouvelle Pentecôte pour l’Église ». Cette évolution a aussi motivé les textes du Concile, pour un esprit de la liturgie qui soit surtout celui d’une liturgie de l’Esprit. Mais il s’agit surtout de sauvegarder le dynamisme trinitaire de la liturgie, et non de privilégier l’une ou l’autre des trois personnes de la Trinité.

    « C’est surtout quand la prière devient fatigue ou lutte que se découvre toute l’importance de l’Esprit Saint pour notre vie de prière. L’Esprit devient, alors, la force de notre prière faible, la lumière de notre prière éteinte, en un mot, l’âme de notre prière. » Et tout ceci advient par la foi. Le Père Cantalamessa a remarqué que les formes d’adoration traditionnelles dans l'Église latine, diffusées notamment par l’École française de spiritualité qui s'était forgée au XVIe siècle autour, notamment, du cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629), avaient porté de grands fruits dans l’Église mais ne se référaient pas suffisamment à l’Esprit Saint.

    Pourtant Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, exprime clairement la nécessité de faire appel à l’Esprit Saint : « l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles. » (Rom 8, 26-27).

    Pour conclure son intervention, le Père Cantalamessa a invité tous les participants à proclamer ensemble « le texte qui reflète la place de l’Esprit Saint et l’orientation trinitaire de la liturgie, c’est-à-dire la doxologie finale du canon romain : “Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles". »

    Les prédications de Carême suivantes auront lieu vendredi 26 février et vendredi 4, 11 et 18 mars.

    Source : Radio Vatican (CV).

    Texte complet de la prédication traduite en français sur Zenit.org.

  • Tentations et combat spirituel

    « Nous le savons bien, depuis le péché originel, nous sommes voués au combat quotidien ne serait-ce que contre nous-mêmes ! Cette lutte est l’apanage de tout homme venant au monde, de l’enfant et du vieillard, du faible et du fort, du consacré comme du laïc… Pour demeurer chaque jour fidèle au Christ, il faut combattre avec énergie et persévérance. Le statu quo n’est pas possible, si le rameur cesse de lutter contre le courant, le bateau part à la dérive !

    A peine éveillés à la raison, nous ressentons les atteintes de la concupiscence qu’offre le monde et, si nous ne prenions garde, nous glisserions sur ces pentes redoutables jusque dans les abîmes du péché. Ne serions-nous pas déjà vaincus si le Seigneur Jésus Christ ne s’était pas livré pour nous ?

    L’Apôtre saint Paul nous conseille ceci : « Prenez l’équipement de Dieu pour le combat… vous pourrez résister et tenir debout. Tenez donc, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la Paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi qui vous permettra d’arrêter toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et l’épée de l’Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu. » (Eph 6, 13-17). De fait, le chrétien est un soldat, la Sainte Église dont il est membre est militante, et nous avons un royaume à conquérir pour recevoir la couronne des victorieux !

    Oui, nous sommes de vrais petits soldats du Christ, chaque jour, nous devons nous exercer à la lutte. Jésus a expérimenté pour nous tous les périls, Il se tient à notre droite pour que nous ne soyons pas ébranlés. De plus, nous connaissons bien souvent ce contre quoi nous devons lutter : un entourage qui met notre patience à rude épreuve, des caractères difficiles à supporter, notre nature impétueuse à réfréner, notre mollesse et tiédeur à secouer, etc.

    Tout au long de cette année, relevons ces défis, bataillons de telle sorte que nous puissions offrir quelques victoires au Seigneur et nous ne tarderons pas à expérimenter cette vérité évangélique : « Au vainqueur, je donnerai de la manne cachée » (Ap. 2, 17) »

    Sœur Marie du Sacré Cœur Bernaud (1825-1903), fondatrice de la Garde d'Honneur du Sacré-Cœur.
    Site de la Garde d'Honneur du Sacré-Cœur, Paray-le-Monial.

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  • Méditation : Aimer comme Dieu aime...

    « Souvent, nous répétons à Dieu : mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur ! Et ce n'est pas vrai. Dieu doit écouter avec indulgence nos belles formules. Il voit bien que tout notre cœur n'est pas à lui. Il sait ce qui en nous, malgré notre littérature pieuse, ne lui appartient pas. Notre acte de charité est plutôt un acte d'amour, par appréciation. Nous disons à Dieu en réalité : je sais que je dois vous aimer de tout mon cœur, c'est la vérité absolue, mais mon cœur a bien d'autres amours qui ne sont pas dignes de vous. Un acte d'amour parfait ouvre le ciel, c'est celui-là que Dieu pèse à son juste poids.
    Au moins, essayons d'aimer Dieu de tout notre cœur, dans la vérité. Amour parfait qui exige le sacrifice absolu de tout ce qui n'est pas Dieu ou n'est pas pour Dieu. Dieu seul et tout pour Dieu ! Belle formule à réaliser en sa plénitude.
    C'est le premier commandement, mais il y en a un second qui sort de ce premier et ne fait, en somme, qu'un avec lui : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
    Ce n'est pas pour ses qualités naturelles que nous devons aimer notre prochain, ni pour son amabilité personnelle, encore moins pour notre intérêt propre. Nous aimons notre prochain comme Dieu l'aime et parce qu'il l'aime. La raison dernière d'aimer notre prochain, c'est Dieu. Par conséquent, même si mon prochain me déplaît, même s'il me nuit, même s'il m'offense, je dois l'aimer, non pas d'amour, de sentiment humain, ce qui n'est pas obligatoire, mais d'amour supérieur à tous les sentiments humains, d'amour divin. Je vois mon prochain non pas avec ses défauts ou ses qualités, mais avec l'amour que Dieu a pour lui ; Dieu qui fait briller son soleil sur les justes et les injustes et tomber la pluie sur les bons et les mauvais ; Dieu qui aime toutes ses créatures, même si elles sont perverses, comme nous le sommes si souvent. Il faut se dire : Dieu m'aime, moi, malgré mes fautes et mes faiblesses ; comme Dieu, je dois aimer mon prochain, que Dieu aime, malgré ses fautes et ses faiblesses. A cette hauteur d'amour, notre cœur devient large comme le Cœur de Dieu. »

    R.P. Mortier, o.p., L’Évangile - Simples commentaires pour la vie chrétienne (LVI), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer et Cie, Lille - Paris - Bruges, 1925.

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  • Méditation : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Cor 12, 10)

    « Pour prêcher les vérités de la foi avec un véritable succès, pour les mettre soi-même en pratique, il faut le secours de la grâce de Dieu. Notre intelligence ne suffit pas, notre volonté non plus. Il n'y a qu'à se regarder soi-même avec loyauté, pour en être convaincu. Aussi, Jésus enseigne ce que nous devons faire pour obtenir le secours nécessaire à notre faiblesse intellectuelle et morale : la prière :

    « Demandez et on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira. Car quiconque demande, reçoit, et celui qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira. Quel est l'homme parmi vous auquel son fils demandera du pain, et qui lui donnerait une pierre ? Ou si encore il demande du poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc vous, méchants comme vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux donnera de bonnes choses à ceux qui le prient. »

    Nous n'avons plus rien à craindre de notre faiblesse. Elle est même, pour nous, par la prière, notre plus grande force, car elle met entre nos mains la force de Dieu. Mais pour acquérir cette force de Dieu, il faut la demander humblement, instamment. Il faut surtout avoir en soi la conviction profonde et très sincère, que l'on ne peut rien par soi-même. Alors, nous pouvons tout, comme dit saint Paul, en celui qui nous fortifie. La puissance divine passe en nos mains. Rien n'est impossible à Dieu, ainsi quand on est convaincu de sa propre impuissance, c'est l'heure de la puissance de Dieu. Qui le sait et le met en pratique peut tout, obtient tout. Et jamais on n'est plus sûr du succès qu'en demandant à Dieu une chose qu'il est impossible à soi-même d'obtenir. Demandez, et vous recevrez. Le Père céleste attend votre prière confiante pour vous accorder l'impossible. »

    R.P. Mortier, o.p., L’Évangile - Simples commentaires pour la vie chrétienne (LVI), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer et Cie, Lille - Paris - Bruges, 1925.

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