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  • Méditation - Dans le silence de la nuit...

    « Celui qui veut prier en paix ne tiendra pas seulement compte du lieu, mais du temps. Le moment du repos est le plus favorable et lorsque le sommeil de la nuit établit partout un silence profond, la prière se fait plus libre et plus pure. « Lève-toi la nuit, au commencement des vigiles, et épanche ton cœur comme de l'eau devant le Seigneur ton Dieu » (Lm 2,19). Avec quelle sûreté la prière monte dans la nuit, quand Dieu seul en est témoin, avec l'ange qui la reçoit pour aller la présenter à l'autel céleste ! Elle est pure et sincère, quand la poussière des soucis terrestres ne peut pas la salir. Il n'y a pas de spectateur qui puisse l'exposer à la tentation par ses éloges ou ses flatteries.
    C'est pourquoi l'Épouse [du Cantique des Cantiques] agit avec autant de sagesse que de pudeur lorsqu'elle choisit la solitude nocturne de sa chambre pour prier, c'est-à-dire pour chercher le Verbe, car c'est tout un. Tout est en lui : les remèdes à tes blessures, les secours dont tu as besoin, l'amendement de tes défauts, la source de tes progrès, bref tout ce qu'un homme peut et doit souhaiter. Il n'y a aucune raison de demander au Verbe autre chose que lui-même, puisqu'il est toutes choses. »

    St Bernard (1091-1153), Sermon 86 sur le Cantique des Cantiques (3), Trad. Béguin, Seuil, 1953.
    Texte intégral des Sermons sur le Cantique des Cantiques.

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  • VIGILE DE LA NATIVITÉ

    21h30, Basilique Saint-Pierre : Messe de la nuit de Noël
    présidée par le Pape François


    Livret de la célébration

    Retransmission en direct sur KTO

     
    Texte intégral de l'homélie (version française) sur le site internet du Vatican.
     

  • Méditation - Prière pour la fin du jour...

    « Quand le soir tombe et que la fin d'un jour, en s'annonçant, me fait songer à la fin des choses, comme j'ai besoin de vous prier de me garder cette vie qui ne passe pas :

    « Écoutez, au moment où les ténèbres de la nuit s'approchent, nos prières qu'accompagnent nos larmes. Ne permettez pas que notre âme, appesantie par le poids du péché, se détourne des choses éternelles et qu'elle quitte cette patrie intérieure où l'on vous connaît, où l'on vous aime. »

    Le péché vous chasse, il fait la nuit, il remplace la lumière, qui vous montre à moi dans votre splendeur radieuse d'être infini, par la clarté inférieure et douteuse qui m'égare vers la créature. Il ne me permet plus de discerner nettement ce qui est vérité et mensonge, vrai bien et faux bien. Écartez de moi ces ténèbres. Faites au contraire que le soir de ma vie soit de plus en plus cette fin apaisée des longues journées d'été, où les nuages ont pu s'amonceler, le tonnerre gronder, le soleil darder un rayon trop dur, mais qui s'achève dans le calme recueilli et confiant où s'annonce un beau lendemain.

    Donnez-moi cela, ô Vous pour qui il n'y a ni orage ni nuage menaçant, ni rayon qui brûle, ni tempête qui dévaste, ni jour qui finit. Donnez-moi de vous connaître et de vous aimer comme vous vous connaissez et vous vous aimez ; donnez-moi votre vie éternelle. Vivez en moi, ô Père, dans mon âme que l'effort quotidien, soutenu par votre grâce, fera de plus en plus limpide ; engendrez comme dans un pur miroir votre Image qui est votre Fils ; gravez en moi vos traits ou mieux faites que je fasse cela, que bien souvent ma pensée aimante se retourne vers Vous. Donnez-moi de vous reconnaître, de vous adorer, de vous bénir en tout ce que vous voulez, en tout ce que vous faites. Donnez-moi votre Esprit qui ainsi vous reconnaît, vous adore et vous aime. »

    Dom Augustin Guillerand (1877-1945), Écrits spirituels Tome II (Liturgie d'Âme, Harmonie divine), Roma, Benedettine di Pricilla, 1967.

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    (Crédit photo : ©2015-2016 darkness-claws)

  • Méditation - La Très Sainte Nuit de Noël

    « « Sainte nuit, sur les ailes des anges tu t'approches doucement de la terre. » Nuit vers laquelle soupiraient les peuples, nuit qui pour tous ceux qui l'attendaient devint véritable jour de lumière. « Quand tout reposait dans le plus profond silence et quand la nuit eût atteint la moitié de sa course, alors ton Verbe tout puissant, Ô Seigneur, vint du ciel de son trône royal. »

    Le peuple croyant se sert de termes inspirés par l'Esprit-Saint pour prier durant cette sainte veille à l'heure de minuit : « Et le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous. »

    Le Verbe éternel, le Fils de Dieu, s'est fait chair. « Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui. Parmi les splendeurs des Saints je t'ai engendré avant l'aurore. » Profonde, insondable est la génération du Fils dans le sein du Père. « Alléluia, Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui. »

    Le saint Évangile dit : « Or il arriva pendant qu'ils étaient là, que les jours où Marie devait enfanter furent accomplis. Et elle engendra son fils premier né et elle l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche. » Le Verbe s'est fait chair. La Vierge mère a conçu du Saint-Esprit et aujourd'hui, après neuf mois, elle met au monde le fruit béni de ses entrailles virginales, Jésus. Comme au matin de la Résurrection Il a surgi du tombeau scellé, Il sort aujourd'hui du sein de Marie. Marie est restée vierge après la naissance, comme elle l'était auparavant. Jésus a apparu le premier né et l'unique enfant de la Vierge ; Marie est Mère de Dieu.

    « Et voici que l'Ange de Dieu apparut et il leur dit : Ne craignez point. Il nous est né aujourd'hui dans la ville de David un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Au même instant il se joignit à l'ange une troupe de l'armée céleste louant Dieu et disant : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté. »

    Aujourd'hui, après deux mille ans, le Seigneur va renaître pour nous, à Bethléem, dans la maison du Pain, sur l'autel au moment de la Consécration. Aujourd'hui s'accomplira le désir de mille et mille années, le Fils de Dieu, Jésus, nous apparaît comme Il règne au ciel, l'Homme-Dieu environné de gloire. Aujourd'hui, durant la nuit sainte, se chante le « Gloria in excelsis Deo ». Pour nous aujourd'hui Jésus rend gloire à son Père et le nôtre à la sainte Messe. Par Jésus nous pouvons dire : Gloire soit à Dieu, Honneur absolu et parfait. Par sa naissance, son œuvre et sa mort le Sauveur rend gloire à son Père.

    Et paix aux hommes de bonne volonté. Paix aujourd'hui à tous les hommes durant cette sainte nuit. Lui-même est notre paix. Accueillons Jésus, notre Paix, dans la crèche de notre cœur. Fêtons la Noël dignement par une sainte Communion, car communier c'est recevoir l'Enfant-Jésus.

    « Nous vous en supplions, Seigneur, qu'elle soit agréée de vous, l'offrande que nous vous faisons en la fête d'aujourd'hui, en sorte que votre grâce s'épanchant avec largesse, nous devenions par le fruit de ce commerce saint, conformes à Celui en qui notre substance vous est unie. » »

    Toute l'année avec le Christ (La Très Sainte Nuit de Noël), par les Bénédictins de l'Abbaye de Notre-Dame d'Einsiedeln, Traduction des Bénédictins de l'Abbaye Ste-Marie de la Pierre-Qui-Vire, Comptoir Français du Livre, Paris / Bruxelles, 1936.

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    Antonio da Correggio (1490–1534), La Sainte Nuit
    Gemäldegalerie Alte Meister, Dresde (Allemagne)
    (Crédit photo)

  • Méditation - « Restez avec nous, Seigneur... »

    « Mane nobiscum, Domine, quoniam advesperascit (Lc XXIV, 29). Demeurez dans ce pauvre monde où le soir descend et sur lequel les ténèbres se font par l'envahissement de la tristesse et l'absence d'espérance, dans cette nuit où l'on entend des voix d'autant plus effrayantes qu'on ne sait d'où elles viennent, car elles n'ont plus rien d'humain. Seigneur, voyez, il ne suffit pas que vous passiez, demeurez au milieu de nous ! Oh ! venez dans ma pauvre âme qui s'est tue si longtemps, d'où rien de bon n'est sorti depuis des années, où rien de céleste ne s'éveille plus, et qui n'a pas su parler de vous, ni répondre quand vous parliez. Oh ! venez et faites sentir votre puissance. Que mon âme dise quelque chose, qu'elle se souvienne, qu'elle aime quelque chose qui l'élève et qui l'agrandisse ! Me voici, Seigneur, dans la personne de ce pauvre muet ; faites-moi parler, je vous en prie, faites-moi un cœur reconnaissant qui réponde à vos bienfaits, un cœur soumis qui réponde à l'épreuve, un cœur et une âme qui rendent le son que vous voulez entendre. O Seigneur, passez, mais restez ! »

    Abbé Henri Huvelin (1838-1910, in "L'Amour de Notre-Seigneur" Tome 1 - L’Évangile, Lecoffre - Gabalda, 1920.

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    (Crédit photo)

  • Méditation - humilité et examen de conscience

    « Il est capital que tu insistes sur ce qui est la base de la sainteté et le fondement de la bonté, je veux parler de la vertu par laquelle Jésus se présente explicitement comme modèle : l'humilité (Mt 11,29). L'humilité intérieure ; plus intérieure qu'extérieure. Reconnais qui tu es véritablement : un rien, bien misérable, faible, pétri de défauts, capable de changer le bien en mal, d'abandonner le bien pour le mal, de t'attribuer le bien et de te justifier dans le mal, et par amour de ce mal, de mépriser Celui qui est le Bien suprême.
    Ne te mets jamais au lit sans avoir au préalable examiné en conscience comment tu as passé ta journée. Tourne toutes tes pensées vers le Seigneur, et consacre-Lui ta personne ainsi que tous les chrétiens. Puis offre à Sa gloire le repos que tu vas prendre, sans jamais oublier ton Ange gardien, qui se tient en permanence à tes côtés. »

    St Padre Pio de Pietrelcina (fêté ce jour, 1887-1968), Ep 3,713 ; 2,277 in "Buona Giornata", Trad. Une Pensée, Médiaspaul, 1991.

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  • Sainte Messe de la nuit de Noël célébrée à la Basilique Saint-Pierre

    Livret de la célébration

    Texte intégral de l'homélie traduite en français ci-dessous.

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  • Méditation : L'été et l'hiver de l'âme

    « Les jours sont plus sereins durant l'été, et plus sombres durant l'hiver ; voilà l'état d'une âme dévote ; lorsque la grâce de Dieu l'éclaire, alors elle découvre les choses les plus cachées, elle chante, elle est dans la joie.
    Mais au temps de la tentation, lorsque que Dieu la prive de la grâce de la dévotion, elle se trouve froide, comme durant l'hiver ; l'entendement est obscurci, le cœur est tout tremblant ; c'est alors que la patience lui est nécessaire, et plus agréable à Dieu : les vertus croissent dans l'adversité, les récompenses éternelles sont redoublées par la patience.
    Les châtiments humilient l'âme, et la purifient, ils confondent l'orgueil et la vaine gloire.
    Tandis que l'âme est unie au corps, elle y souffre diverses épreuves, afin que son amour pour Jésus-Christ redouble.
    C'est un grand art, et une grande vertu, que de faire un bon usage des biens et des maux.
    Mon âme, bénissez le Seigneur en tout temps : louez Dieu jour et nuit ; vous en serez récompensée sur la terre et dans le Ciel ; vous tirerez avantage de l'adversité, comme de la prospérité, et de la tristesse, comme de la joie.
    Voilà pourquoi l'Apôtre disait, que tout tourne en bien pour ceux qui aiment Dieu (Rm 8, 28), et que ceux qui le craignent ne manquent de rien. Heureux ceux qui suivent la volonté de Dieu en toutes choses. »

    Suite de l'Imitation de Jésus-Christ ou opuscules de Thomas A Kempis, traduits du latin d'Horstius par Monsieur l'Abbé de Bellegarde (Traité des vertus, chap. III), Cinquième édition, A Paris, De l'Imprimerie de Jacques Collombat, 1738 (1ère éd. 1702).

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    (Crédit photo)

  • Méditation : "Dieu présent partout"

    « Le respect qui est dû à la présence de Dieu demande particulièrement que l'on évite le péché. Oh ! combien cette vérité est efficace pour nous empêcher d'offenser la majesté infinie de cet être suradorable, Dieu nous regarde ! Ce solitaire s'en servit saintement, à l'égard d'une malheureuse qui le sollicitait au péché. « Allons, lui dit-il, dans la place publique » ; ce qui ayant comblé de confusion cette infâme créature, elle s'écria qu'il n'était pas possible de commettre des actions pareilles devant tant de monde. « Hélas ! lui répondit le solitaire, comment donc peut-on les faire devant Dieu ! » Un autre ermite se servit encore heureusement de la même pensée : dans un voyage s'étant trouvé dans une hôtellerie où il rencontra une femme qui le portait au crime, il lui dit qu'il le voulait bien, à condition qu'elle le mena en quelque lieu si retiré, qu'ils ne pussent être aperçus de personne. Ensuite cette femme l'ayant conduit dans plusieurs chambres écartées, car l'ermite lui disait toujours qu'il n'en trouvait pas d'assez retirées, comme elle en demandait la raison : « C'est, lui dit-il, que je n'en trouve point où nous ne soyons vus de Dieu. » Où ira le pécheur pour se cacher de son esprit, et pour fuir de devant sa face ? il n'y a point de ténèbres qui le puissent cacher à ses yeux ; car la nuit même sera lumineuse au milieu de ses plaisirs. L'obscurité des ténèbres n'est point obscure pour Dieu, elle est claire pour lui comme le jour ; et la nuit et le jour sont pour lui la même chose : comment donc faire, en sa présence, ce qu'on ne voudrait pas faire devant le moindre des hommes ? Si saint Bernard s'étonnait si fortement de ce que l'on osait pécher en la présence de son ange gardien, dans quel étonnement devons-nous être de ce que l'on est assez hardi d'offenser Dieu devant Dieu ? »

    Vénérable Henri-Marie Boudon (1624-1702), in "Œuvres complètes de Boudon, Grand Archidiacre d'Evreux", Tome Premier (Dieu présent partout, ch. V), J.-P. Migne, Editeur, Paris, 1856.

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  • Sainte Messe de la Nuit de la Nativité

    célébrée à 21h30 par le Pape François à la basilique Saint-Pierre

     

    « Voici la question que nous pose l’Enfant par sa seule présence : est-ce que je permets à Dieu de m’aimer ? », interroge le Pape François.

    Le Pape a présidé la messe de la nuit de Noël, ce 24 décembre, à 21h30, en la basilique Saint-Pierre, puis il est allé placer la statuette l'Enfant Jésus dans la crèche, selon la tradition, en procession, avec des enfants de différents continents portant des fleurs. Il a ensuite encensé la crèche, avant d'embrasser les enfants : l'un d'eux lui a offert une nouvelle calotte blanche. Les enfants venaient de Syrie, du Liban, des Philippines, de Corée…

    Dans son homélie, le Pape François a invité à laisser Dieu venir aimer chacun, manifester sa tendresse à chacun, en posant ces questions : « Comment accueillons-nous la tendresse de Dieu ? Est-ce que je me laisse rejoindre par lui, est-ce que je me laisse embrasser, ou bien est-ce que je l’empêche de s’approcher ? "Mais je cherche le Seigneur" – pourrions- nous rétorquer. Toutefois, la chose la plus importante n’est pas de le chercher, mais plutôt de faire en sorte que ce soit Lui qui me trouve et qui me caresse avec amour. Voici la question que nous pose l’Enfant par sa seule présence : est-ce que je permets à Dieu de m’aimer ? », demande le Pape François.

    Le Pape a souligné trois attitudes de Dieu : « Patience de Dieu, proximité de Dieu, tendresse de Dieu. »

    Il a suggéré cette prière : « Seigneur, aide-moi à être comme Toi, donne-moi la grâce de la tendresse dans les circonstances les plus dures de la vie, donne-moi la grâce de la proximité face à toute nécessité, de la douceur dans n’importe quel conflit. »

    Il invité à demander à la Vierge Marie de nous faire trouver Jésus : « Regardons la crèche et prions, en demandant à la Vierge Mère : "Ô Marie, montre-nous Jésus". »

    Source : Zenit.org.

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  • 9ème Veillée de la Miséricorde Divine - Nuit de prière du 11 au 12 octobre 2014

    Église Saint-Pierre du Gros Caillou
    92 rue St Dominique, 75007 Paris
    Métro : Invalides, La Tour-Maubourg ou École Militaire

    Programme

    20h00     Accueil
    21h00     Vêpres
    21h30     Enseignement
    22h30     Messe votive de Ste Faustine suivie de la vénération des reliques de Ste Faustine et du Bienheureux Père Michel Sopocko

    de 24h à 4h30   Veillée de prière devant le Saint Sacrement exposé
                Possibilité de recevoir le Sacrement de la réconciliation
                Rosaire, Chapelet à la Miséricorde Divine

    5h00     Eucharistie dominicale

    Renseignements

    Pères Pallotins, Apostolat de la Miséricorde Divine
    25 rue Surcouf, 75007 Paris
    Tél. 01.40.62.69.11
    apostolat.misericorde[at]wanadoo.fr
  • Méditation : l'Eucharistie, Mystère ineffable

    « Le caractère eschatologique de nos sacrements culmine dans l'Eucharistie : elle contient le corps du Ressuscité, qui a promis de nous ressusciter au dernier jour (Jean VI, 39, 40, 54). Dans la présence eucharistique du Christ glorieux, les premiers chrétiens voyaient spontanément une anticipation de son apparition à la fin des temps.

    Manger ce pain et boire la coupe, c'est manger et boire soi-même, avec le corps et le sang du Sauveur, son grand désir de sauver le monde : « J'ai désiré d'un grand désir manger avec vous cette Pâque avant de souffrir » (Luc XXII, 14).

    On peut deviner que c'est dans les grandes âmes, ouvertes aux choses du ciel et où plus rien, dans le conscient ni dans l'inconscient, ne crée d'entrave à l'influx divin, que se découvriront pleinement les effets des sacrements et que se manifestera la nature des grâces sacramentelles, christotransformantes, versées au monde pour y constituer le corps mystique du Christ. Et cela se produira plus qu'en tout autre rencontre sacramentelle, en la rencontre de la communion eucharistique s'il est vrai qu'elle est par excellence le sacrement de la consommation de la vie spirituelle, de l'unité et du rassemblement de l’Église autour du sacrifice rédempteur.

    [...]

    Les chrétiens qui s'approchent de l'Eucharistie savent qu'elle est un mystère ineffable, que l'image qu'ils se forment de leurs communions, même dans les meilleurs des cas, est misérable, comparée à ce qu'elle laisse inexprimé ; qu'ils doivent se rappeler qu'on ne connaît ici-bas les choses divines qu'en voyant qu'elles sont toujours à découvrir et qu'il faut tenter sans cesse de passer outre : « Cherche à te contenter non de ce que tu comprends de Dieu, disait Jean de la Croix, mais de ce qu'en lui tu ne comprends pas ; ne t'arrête pas à mettre ton amour et tes délices dans ce que tu entends ou sens de lui, mets-les plutôt en ce que de lui tu ne peux ni entendre ni sentir : voilà ce qu'on appelle chercher Dieu dans la foi. » On connaît le poème sur la Source cachée qu'il composa dans son cachot de Tolède :

    Cette source éternelle bien est blottie
    Au pain vivant afin de nous donner vie
           Mais c'est de nuit

    Elle est là criant vers toute créature
    Qui de cette eau s'abreuve mais à l'obscur
           Car c'est de nuit

    Cette source vive à qui tant me convie
    Mon désir, je la vois en ce pain de vie
           Mais c'est de nuit (*) »

    (*) : Trad. Lucien Marie de Saint-Joseph.

    Charles Journet, La Messe, présence du Sacrifice de la Croix (ch. VIII : La Communion, 5), Desclée de Brouwer, Paris, 1958 (2e édition, revue et augmentée).

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    Raphaël, La Dispute du Saint-Sacrement, musée du Vatican
    (Source et crédit photo)

  • Méditation : "prier sans cesse"

    « Quoique l'Apôtre nous ordonne de prier sans cesse, quoique le sommeil lui-même soit pour les saints une sorte d'oraison, nous devons néanmoins partager en différentes heures le temps destiné à la prière, afin que s'il arrive que nous soyons retenus par quelque ouvrage, le temps lui-même nous rappelle un devoir à remplir. Qu'il faille prier à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième, le matin et le soir, il n'est personne qui ne le sache. On ne doit point prendre de nourriture sans avoir prié d'abord, ni sortir de table, sans rendre des actions de grâces au Créateur. La nuit, il faut se lever deux ou trois fois, et repasser dans sa mémoire les endroits des Écritures que l'on sait par cœur. Au sortir de notre demeure, que la prière nous serve d'armure ; lorsque nous sommes revenus de la place publique, prions encore avant de nous asseoir, et que le corps ne se repose pas, avant que l’âme ait pris sa nourriture. À chaque action, à chaque démarche, que notre main retrace sur notre corps la croix du Seigneur. Ne parlez mal de personne, et ne tendez point de piège au fils de votre mère. Qui êtes-vous donc, vous, pour condamner ainsi le serviteur d'autrui ? S'il tombe, ou s'il demeure ferme, cela regarde son maître ; mais il demeurera ferme, parce que Dieu est tout puissant pour le soutenir. (1). Quand vous jeûnerez deux jours, trois jours, n'allez pas vous croire meilleur que ceux qui ne jeûnent point. Vous jeûnez, mais vous êtes emporté ; celui-ci ne jeûne pas, et peut-être qu'il est doux. Les peines de votre âme et la faim de votre corps, vous les digérez, pour ainsi dise, parmi les plaintes et les murmures ; celui-ci, plus modéré dans sa nourriture, rend grâces à Dieu. De là vient que le prophète Isaïe crie sans cesse : Je n'ai point choisi un tel jeûne (2) dit le Seigneur. Et encore : En vos jours de jeûne, vous suivez vos caprices, et vous fatiguez tous ceux qui sont sous votre domination.Vous jeûnez parmi les procès et les querelles ; vous frappez les petits avec une violence impitoyable. (3). Pourquoi jeûnez-vous pour moi ? Quel jeûne peut faire celui qui nourrit des sentiments de colère, je ne dis pas jusqu'à la nuit, mais durant des mois entiers ? Attentive à vous-même, ne vous glorifiez pas dans la chute des autres, mais glorifiez-vous dans vos œuvres. »

    1. Rom 14, 4. - 2. Is 58, 5 - 3. Ibid. 3, 4

    St Jérôme, extrait de la Lettre XVIII à Eustochium, in "Lettres de Saint Jérôme", Trad. J.-F. Grégoire et F.-B. Collombet, Tome premier, Librairie catholique de Perisse Frères, Lyon - Paris, 1837 (pp.229-233).
    Disponible en libre accès sur internet ici (pdf) et ici (copie html).

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  • Méditation - Prière : au soir de notre vie...

    « Quand le soir tombe et que la fin d'un jour, en s'annonçant, me fait songer à la fin des choses, comme j'ai besoin de vous prier de me garder cette vie qui ne passe pas :
    "Écoutez, au moment où les ténèbres de la nuit s'approchent, nos prières qu'accompagnent nos larmes. Ne permettez pas que notre âme, appesantie par le poids du péché, se détourne des choses éternelles et qu'elle quitte cette patrie intérieure où l'on vous connaît, où l'on vous aime."
    Le péché vous chasse, il fait la nuit, il remplace la lumière, qui vous montre à moi dans votre splendeur radieuse d'être infini, par la clarté inférieure et douteuse qui m'égare vers la créature. Il ne me permet plus de discerner nettement ce qui est vérité et mensonge, vrai bien et faux bien. Écartez de moi ces ténèbres. Faites au contraire que le soir de ma vie soit de plus en plus cette fin apaisée des longues journées d'été, où les nuages ont pu s'amonceler, le tonnerre gronder, le soleil darder un rayon trop dur, mais qui s'achève dans le calme recueilli et confiant où s'annonce un beau lendemain.
    Donnez-moi cela, ô Vous pour qui il n'y a ni orage ni nuage menaçant, ni rayon qui brûle, ni tempête qui dévaste, ni jour qui finit. Donnez-moi de vous connaître et de vous aimer comme vous vous connaissez et vous vous aimez ; donnez-moi votre vie éternelle. Vivez en moi, ô Père, dans mon âme que l'effort quotidien, soutenu par votre grâce, fera de plus en plus limpide ; engendrez comme dans un pur miroir votre Image qui est votre Fils ; gravez en moi vos traits ou mieux faites que je fasse cela, que bien souvent ma pensée aimante se retourne vers Vous. Donnez-moi de vous reconnaître, de vous adorer, de vous bénir en tout ce que vous voulez, en tout ce que vous faites. Donnez-moi votre Esprit qui ainsi vous reconnaît, vous adore et vous aime. »

    Dom Augustin Guillerand (1877-1945), Liturgie d'âme (Harmonies divines), 2e édition, Roma, Benedettine di Priscilla, 1962.

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    (Source et crédit photo)

  • Méditation : au plus fort de l'épreuve, l'invisible Présence...

    « Mon âme a goûté la moelle de la croix. Elle a trouvé Dieu au fond des choses très amères où le souvenir même de Dieu nous semble interdit ; elle s'est vue cernée par toutes sortes d'impuissances naturelles et surnaturelles ; et le ciel était muré. Mais l'âme peut toujours dire : « Seigneur ! que votre volonté soit faite ! » et, au sortir de ces chemins si âpres, si rudes, où elle avait cru cent fois s'égarer, l'âme doit reconnaître avec amour que Celui qu'elle ne voyait pas la portait encore ; que l'ami caché travaillait pour elle et en elle avec cette arme pénétrante et irrésistible qui s'appelle la douleur ; qu'Il a combattu pour elle, et que Lui seul a pu repousser par elle et déjouer les attaques et les ruses de l'ennemi. Bien plus, elle voit clair maintenant, et considérant le chemin qu'elle a parcouru durant lequel elle croyait se perdre ou ne rien faire, elle voit avec surprise combien Dieu l'a fait avancer... »

    Lucie Christine (1844-1908), Journal Spirituel publié par Aug. Poulain (Mai 1901), Paris, Communauté de l'Adoration réparatrice, 36 rue d'Ulm, plusieurs éditions de 1910 à 1938 - Récemment réédité par Pierre Téqui, 1999.

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  • Adoration de nuit à la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

  • Méditation sur la Résurrection de Notre Seigneur

    « Voici que les rayons sacrés de la lumière du Christ resplendissent, les purs flambeaux de l'Esprit pur se lèvent, et les trésors célestes de gloire et de divinité sont ouverts : la nuit immense et obscure a été engloutie, les sombres ténèbres ont été détruites dans cette lumière, et l’ombre triste de la mort est rentrée dans l’ombre. La vie s’est étendue sur tous les êtres, et tous les êtres sont remplis d’une large lumière ; l’Orient des orients envahit l’univers, et celui qui était avant l’étoile du matin et avant les astres, immortel et immense, le grand Christ brille sur tous les êtres plus que le soleil.

    C’est pourquoi, pour nous tous qui croyons en lui, s’instaure un jour de lumière, long, éternel, qui ne s’éteint pas, la Pâque mystique, célébrée en figure par la Loi et accomplie effectivement par le Christ, la Pâque merveilleuse, prodige de la divine vertu et œuvre de la divine puissance, fête véritable et éternel mémorial, impassibilité qui sort de la Passion et immortalité qui sort de la mort, Vie qui sort du tombeau et guérison qui sort de la plaie, résurrection qui sort de la chute et ascension qui sort de la descente aux enfers.

    C'est ainsi que Dieu opère de grandes choses, c'est ainsi que de l'impossible il crée l'incroyable, afin qu'on sache que seul il peut tout ce qu'il veut.

    Ô Pâque divine, tu descends des cieux jusqu'à la terre et remontes de la terre dans les cieux ! Ô festivité commune de toutes choses, ô joie et honneur de l'univers, sa nourriture et ses délices, par toi la ténébreuse mort a été détruite et la vie étendue à toutes choses, les portes des cieux ont été ouvertes, un Dieu-homme s'est montré, et un homme-Dieu s'est élevé ; grâce à toi les portes de l'enfer ont été rompues et les verrous d'airain brisés, le peuple d'en bas est ressuscité des morts proclamant la bonne nouvelle, et aux troupes célestes un choeur a été fourni depuis la terre. »

    Homélie pascale du pseudo-Hippolyte (IVe siècle).

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  • Méditation sur le mystère de la sépulture du Christ

    « Ce mystère nous apprend les trois caractères qui constituent la mort spirituelle, à laquelle est appelé tout chrétien, selon la doctrine de l'Apôtre : Regardez-vous comme morts. Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu (1).
    Le premier de ces caractères, c'est d'aimer la vie cachée, d'être comme un mort par rapport à tout ce qu'on peut dire ou penser de nous, sans chercher ni à voir le monde ni à en être vu. Jésus-Christ dans la nuit du tombeau nous donne cette grande leçon. Que le monde nous oublie, qu'il nous foule aux pieds ; peu nous importe. Nous ne devons pas plus nous en inquiéter que ne s'en inquiète un mort. Le bonheur d'une âme chrétienne est de cacher sa vie avec Jésus-Christ en Dieu. Notre mauvaise nature aura beau se récrier, vouloir être approuvée, aimée, distinguée, se faire une idole de la réputation et de l'amitié : nous devons la laisser dire ; plus sa délicatesse sur l'estime des autres est extrême, plus elle en est indigne et a besoin d'en être privée. Que la réputation nous soit enlevée, qu'on ne nous compte pour rien, qu'on ne nous épargne en rien, qu'on ait horreur de nous : qu'il en soit comme vous le voulez, Seigneur.
    Le second caractère de la mort spirituelle, c'est en usant des biens sensibles pour la nécessité, de n'y attacher aucune importance, de ne nous complaire ni dans la mollesse et les aises de la vie, ni dans les jouissances de la bouche, ni dans les satisfactions de la curiosité, qui veut tout voir et tout savoir ; d'être, en un mot, comme un mort par rapport aux plaisirs des sens.
    A ce second caractère il faut joindre l'abandon de tout soi-même à la Providence, abandon par lequel, comme un corps mort, on se laisse faire, sans raisonner, sans rien vouloir ni rien désirer, indifférent à tous les postes, à toutes les occupations. Quand en serai-je là, ô Seigneur ? quand cesserai-je de m'aimer ? quand tout sera-t-il mort en moi, pour que vous y viviez ? »

    1. Rm VI, 11 ; Col III, 3.

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année (Tome I, Samedi Saint), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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  • Heure sainte de la nuit du Jeudi Saint, depuis Gethsémani, à Jérusalem

  • Méditation : la demeure de Dieu...

    « Il y a deux endroits où Dieu demeure comme en son propre domicile, et qui sont destinés et choisis pour être ses deux habitations principales. L'un est le ciel, l'autre, sur la terre, est la maison des prédestinés et des humbles, où il est présent par sa grâce, et par les opérations les plus divines de son Esprit, qui rétablit l'ancien Paradis dans leurs déserts. En un mot, il est chez vous, âme dévote, l'inséparable et l'unique fidèle entre les amis.
    Les autres amis ont des heures de séparation ; il n'y en a point pour lui : tous les temps sont propres à son saint amour. Quand le soleil se retire, il ne se retire pas, dit Salomon. Il se trouve les soirs à votre chevet, pour vous entretenir durant le silence de la nuit par de secrètes inspirations, et pour vous aider à vous endormir saintement parmi les douceurs et les plaisirs célestes de cette conversation intérieure.
    Il s'y trouve aussi les matins, pour entendre de votre bouche quelque mot de confiance, et pour être le dépositaire de vos premiers soins de chaque jour.
    Non assurément, âme dévote, il n'est pas loin : il est où vous êtes ; et il n'y a rien au monde qui soit si près de vous que l'est cet Amant inséparable. Mais au moins n'oubliez pas qu'il y est, comme la plupart des hommes l'oublient, et ne laissez point passer les heures et les jours sans le regarder, et sans penser à lui, ou sans lui dire aucun mot. »

    Michel Boutault s.j. (1604-1689), Méthode pour converser avec Dieu (extraits II-IV), Nouvelle éd., Paris, Ch. Amat, 1899.
    (Texte intégral)

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