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Tradition

  • Méditation - Lundi des Rogations

    « L'origine des Rogations ou des trois jours de prières publiques et d'abstinence qui précèdent immédiatement l'Ascension, remonte à Saint Mamert, évêque de Vienne en Dauphiné, au cinquième siècle. Depuis que les Bourguignons avaient envahi cette partie de la Gaule Viennoise, il ne s'était point passé d'année où le pays n'eût été affligé de grandes calamités, regardées comme des châtiments du ciel. La désolation était générale. L'année 470 fut surtout fatale pour la ville de Vienne. Ce fut alors que le saint évêque, pour fléchir la divine justice, fit vœu d'établir tous les ans des Rogations (*) ou prières publiques et des processions [litanie mineure], dans son diocèse. Le peuple ratifia le vœu de son pasteur. Celui-ci fixa les Rogations aux trois jours qui précèdent l'Ascension, prescrivit le jeûne et indiqua pour stations ou termes de la procession trois églises hors de l'enceinte de la ville. Les Rogations eurent le plus heureux résultat : les fléaux cessèrent. Les autres évêques des Gaules les adoptèrent successivement dans leurs diocèses ; et le pape Léon III, sur la fin du huitième siècle, les rendit obligatoires pour toute l’Église latine. Mais en considération du temps pascal il supprima le jeûne et ne conserva que l'abstinence. »

    Père Bruno Vercruysse, Nouvelles méditations pratiques pour tous les jours de l'année..., Braine-le-Comte - Paris, Charles Lelong - Jouby et Roger, 1874.

    (*) : du latin rogo,avi,atum,are : I. interroger, questionner. II. chercher à obtenir en priant, prier, solliciter, faire une requête - rogatio,onis : action de demander, demande, question ; prière, sollicitation, requête.

    lundi,rogations,,prière,litanies,procession,abstinence

  • Te Joseph celebrent

    Ecrite par le Fr. Juan Escollar (v.1700), cette Hymne est chantée aux Vêpres des Fêtes de St Joseph, les 19 mars et 1er mai.
    Te, Joseph, celebrent agmina caelitum,
    te cuncti resonent Christiadum chori,
    qui, clarus meritis, junctus es inclitae,
    casto foedere Virgini.

    Que les chœurs célestes célèbrent ta gloire, ô Joseph !
    Que les chants de tous les Chrétiens fassent résonner tes louanges !
    Glorieux déjà par tes mérites, tu es uni
    par une chaste alliance à l’auguste Vierge.


    Almo cum tumidam germine conjugem
    admirans dubio tangeris anxius,
    afflatu superi Flaminis, Angelus
    conceptum puerum docet.

    Lorsque, en proie au doute et à l’anxiété,
    tu t’étonnes de l’état où se trouve ton épouse,
    un Ange vient t’apprendre que l’enfant qu’elle a conçu,
    l’a été par l’opération de l’Esprit-Saint.


    Tu natum Dominum stringis, ad exteras
    Aegypti profugum tu sequeris plagas;
    amissum Solymis quaeris et invenis,
    miscens gaudia fletibus.

    Le Seigneur est né, tu le presses dans tes bras ;
    tu fuis avec lui vers les plages lointaines d’Égypte ;
    tu le cherches à Jérusalem où tu l’as perdu, et tu le retrouves :
    ainsi tes joies sont mêlées de larmes.


    Electos reliquos mors pia consecrati
    palmamque emeritos gloria suscipit;
    tu vivens, Superis par, frueris Deo,
    mira sorte beatior.

    D’autres sont glorifiés après une sainte mort,
    ceux qui ont mérité là palme sont reçus au sein de la gloire ;
    mais toi, par une admirable destinée, égal aux Saints, plus heureux même,
    tu jouis dès cette vie de la présence de Dieu.


    Nobis, summa Trias, parce precantibus;
    da Joseph meritis sidera scandere,
    ut tandem liceat nos tibi perpetim
    gratum promere canticum.

    Trinité souveraine, exaucez nos prières, donnez-nous le pardon ;
    que les mérites de Joseph nous aident à monter dans les cieux,
    pour qu’il nous soit enfin donné de chanter à jamais
    le cantique de la reconnaissance et de la félicité.
  • Dimanche 30 avril 2017

    2ème Dimanche après Pâques
    (3ème Dimanche de Pâques)
     
    Commentaire de l'Evangile du dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux)

     Introit Jubiláte Deo
    Dominica Tertia post Pascha

    Monastère de Sao Bento (SP)
     
    Ant. ad Introitum. Ps. 65, 1-2.
    Iubiláte Deo, omnis terra, allelúia : psalmum dícite nómini eius, allelúia : date glóriam laudi eius, allelúia, allelúia, allelúia.
    Poussez vers Dieu des cris de joie, ô terre entière, alléluia ; chantez un hymne à son nom, alléluia ; rendez glorieuse sa louange, alléluia, alléluia, alléluia.

    Ps. ibid., 3.
    Dícite Deo, quam terribília sunt ópera tua, Dómine ! in multitúdine virtútis tuæ mentiéntur tibi inimíci tui.
    Dites à Dieu, que vos œuvres sont terribles, Seigneur. A cause de la grandeur de votre puissance, vos ennemis vous adressent des hommages menteurs.

    V/. Glória Patri.

    Commentaire spirituel et musical par un moine sur le blog de L'Homme Nouveau.
  • Vendredi 14 avril 2017

    TRIDUUM PASCAL
     
    Vendredi Saint

     

    17h00, Basilique Saint-Pierre : Célébration de la Passion du Seigneur, présidée par le Pape François

     
     
     
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    Sur notre site, mise en ligne d'un nouveau Chemin de Croix, en union avec le Sacré-Cœur (extrait du Manuel des Associations du Sacré-Cœur à l’usage de la jeunesse). Il rejoint les 9 versions déjà disponibles sur cette page.

     

    21h15, au Colisée : Chemin de Croix
     
     
    Texte intégral des méditations (rappel)
    sur le site internet du Vatican
    et sur Radio Vatican et Zenit.org
  • Séquence "Stabat Mater"

    Moines bénédictins de l'Abbaye de Saint-Maurice-et-Saint-Maur de Clervaux
    (Grand-Duché de Luxembourg)

    Stabat Mater dolorósa
    Iuxta Crucem lacrimósa,
    Dum pendébat Fílius.

    Cuius ánimam geméntem,
    Contristátam et doléntem
    Pertransívit gládius.

    O quam tristis et afflícta
    Fuit illa benedícta
    Mater Unigéniti !

    Quæ mærébat et dolébat,
    Pia Mater, dum vidébat
    Nati poenas íncliti.

    Quis est homo, qui non fleret,
    Matrem Christi si vidéret
    In tanto supplício ?

    Quis non posset contristári,
    Christi Matrem contemplári
    Doléntem cum Fílio ?

    Pro peccátis suæ gentis
    Vidit Iesum in torméntis
    Et flagéllis súbditum.

    Vidit suum dulcem
    Natum Moriéndo desolátum,
    Dum emísit spíritum.

    Eia, Mater, fons amóris,
    Me sentíre vim dolóris
    Fac, ut tecum lúgeam.

    Fac, ut árdeat cor meum
    In amándo Christum Deum,
    Ut sibi compláceam.

    Sancta Mater, istud agas,
    Crucifixi fige plagas
    Cordi meo válida.

    Tui Nati vulneráti,
    Tam dignáti pro me pati,
    Poenas mecum dívide.

    Fac me tecum pie flere,
    Crucifíxo condolére,
    Donec ego víxero.

    Iuxta Crucem tecum stare
    Et me tibi sociáre
    In planctu desídero.

    Virgo vírginum præclára.
    Mihi iam non sis amára :
    Fac me tecum plángere.

    Fac, ut portem Christi mortem,
    Passiónis fac consórtem
    Et plagas recólere.

    Fac me plagis vulnerári,
    Fac me Cruce inebriári
    Et cruóre Fílii.

    Flammis ne urar succénsus,
    Per te, Virgo, sim defénsus
    In die iudícii.

    Christe, cum sit hinc exíre.
    Da per Matrem me veníre
    Ad palmam victóriæ.

    Quando corpus moriétur,
    Fac, ut ánimæ donétur
    Paradísi glória. Amen.
    Debout, la Mère des douleurs,
    Près de la croix était en larmes,
    Quand son Fils pendait au bois.

    Alors, son âme gémissante,
    Toute triste et toute dolente,
    Un glaive le transperça.

    Qu’elle était triste, anéantie,
    La femme entre toutes bénie,
    La Mère du Fils de Dieu !

    Dans le chagrin qui la poignait,
    Cette tendre Mère pleurait
    Son Fils mourant sous ses yeux.

    Quel homme sans verser de pleurs
    Verrait la Mère du Seigneur
    Endurer si grand supplice ?

    Qui pourrait dans l’indifférence
    Contempler en cette souffrance
    La Mère auprès de son Fils ?

    Pour toutes les fautes humaines,
    Elle vit Jésus dans la peine
    Et sous les fouets meurtri.

    Elle vit l’Enfant bien-aimé
    Mourir tout seul, abandonné,
    Et soudain rendre l’esprit.

    Ô Mère, source de tendresse,
    Fais-moi sentir grande tristesse
    Pour que je pleure avec toi.

    Fais que mon âme soit de feu
    Dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
    Que je lui plaise avec toi.

    Mère sainte, daigne imprimer
    Les plaies de Jésus crucifié
    En mon cœur très fortement.

    Pour moi, ton Fils voulut mourir,
    Aussi donne-moi de souffrir
    Une part de ses tourments.

    Donne-moi de pleurer en toute vérité,
    Comme toi près du crucifié,
    Tant que je vivrai !

    Je désire auprès de la croix
    Me tenir, debout avec toi,
    Dans ta plainte et ta souffrance.

    Vierge des vierges, toute pure,
    Ne sois pas envers moi trop dure,
    Fais que je pleure avec toi.

    Du Christ fais-moi porter la mort,
    Revivre le douloureux sort
    Et les plaies, au fond de moi.

    Fais que ses propres plaies me blessent,
    Que la croix me donne l’ivresse
    Du sang versé par ton Fils.

    Je crains les flammes éternelles ;
    O Vierge, assure ma tutelle
    A l’heure de la justice.

    Ô Christ, à l’heure de partir,
    Puisse ta Mère me conduire
    À la palme des vainqueurs.

    À l’heure où mon corps va mourir,
    À mon âme, fais obtenir
    La gloire du paradis. Amen.
  • Dimanche 2 avril 2017

    1er Dimanche de la Passion
    (5ème Dimanche de Carême)
     
    Commentaire de l’Évangile du dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux)
     
    Introït du Dimanche de la Passion
    (5e Dimanche de Carême)
     
    Dominica 1a Passionis

    Ant. ad Introitum. Introitus. Ps. 42, 1-2.
    Iúdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta : ab homine iníquo et dolóso éripe me : quia tu es Deus meus et fortitúdo mea.
    Ô Jugez-moi, ô Dieu, et séparez ma cause de celle d’une nation qui n’est pas sainte : délivrez-moi de l’homme méchant et trompeur. Car vous êtes ma force, ô Dieu.

    Ps. ibid., 3.
    Emítte lucem tuam et veritátem tuam : ipsa me de duxérunt et adduxérunt in montem sanctum tuum et in tabernácula tua.
    Envoyez votre lumière et votre vérité ; elles me conduiront et m’amèneront à votre montagne sainte et à vos tabernacles.

    Ecouter (mp3).

    Commentaire spirituel et musical par un moine sur le Blog de L'Homme Nouveau.

  • Dimanche 26 mars 2017

    4ème Dimanche de Carême, de Lætare
     
    Commentaire de l'Evangile du dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux)
     
    Introït de la Messe de ce jour

     
    Ant. ad Introitum. Is. 66, 10 et 11.
    Lætáre, Ierúsalem : et convéntum fácite, omnes qui dilígitis eam : gaudéte cum lætítia, qui in tristítia fuístis : ut exsultétis, et satiémini ab ubéribus consolatiónis vestræ.
    Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez ; tressaillez de joie avec elle, vous qui avez été dans la tristesse afin que vous exultiez et soyez rassasiés à la mamelle de vos consolations.

    Ps. 121, 1.
    Lætátus sum in his, quæ dicta sunt mihi : in domum Dómini íbimus.
    Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur.

    V/. Glória Patri.

  • Hymne des Vêpres de Saint Joseph : "Te, Joseph, celebrent"

    Te, Ioseph, célebrent ágmina cælitum,
    Te cuncti résonent christíadum chori,
    Qui clarus méritis, iunctus est ínclytæ
    Casto fœdere Vírgini.

    Que les chœurs célestes célèbrent ta gloire, ô Joseph !
    Que les chants de tous les Chrétiens fassent résonner tes louanges !
    Glorieux déjà par tes mérites, tu es uni
    par une chaste alliance à l’auguste Vierge.


    Almo cum túmidam gérmine cóniugem
    Admírans, dúbio tángeris ánxius,
    Afflátu súperi Fláminis Angelus
    Concéptum Púerum docet.

    Lorsque, en proie au doute et à l’anxiété,
    tu t’étonnes de l’état où se trouve ton épouse,
    un Ange vient t’apprendre que l’enfant qu’elle a conçu,
    l’a été par l’opération de l’Esprit-Saint.


    Tu natum Dóminum stringis, ad éxteras
    Ægypti prófugum tu séqueris plagas ;
    Amíssum Sólymis quæris, et ínvenis,
    Miscens gáudia flétibus.

    Le Seigneur est né, tu le presses dans tes bras ;
    tu fuis avec lui vers les plages lointaines d’Égypte ;
    tu le cherches à Jérusalem où tu l’as perdu, et tu le retrouves :
    ainsi tes joies sont mêlées de larmes.


    Post mortem réliquos sors pia cónsecrat,
    Palmámque eméritos glória súscipit :
    Tu vivens, Súperis par, frúeris Deo,
    Mira sorte beátior.

    D’autres sont glorifiés après une sainte mort,
    eux qui ont mérité là palme sont reçus au sein de la gloire ;
    mais toi, par une admirable destinée, égal aux Saints, plus heureux même,
    tu jouis dès cette vie de la présence de Dieu.


    Nobis, summa Trias, parce precántibus,
    Da Ioseph méritis sídera scándere :
    Ut tandem líceat nos tibi pérpetim
    Gratum prómere cánticum. Amen.

    Trinité souveraine, exaucez nos prières, donnez-nous le pardon ;
    que les mérites de Joseph nous aident à monter dans les cieux,
    pour qu’il nous soit enfin donné de chanter à jamais
    le cantique de la reconnaissance et de la félicité. Amen.

  • Dimanche 19 mars 2017

    3ème Dimanche de Carême
     
    Commentaire de l'Evangile du dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux)
     
    Introït de la Messe de ce jour

     
    Ant. ad Introitum. Ps. 24, 15-16.
    Oculi mei semper ad Dóminum, quia ipse evéllet de láqueo pedes meos : réspice in me, et miserére mei, quóniam únicus et pauper sum ego.
    Mes yeux sont toujours tournés vers le Seigneur ; car c’est lui qui dégagera mes pieds du filet : regardez-moi et prenez pitié de moi ; car je suis pauvre et isolé.

    Ps. ibid., 1-2.
    Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.
    Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme : mon Dieu, je mets ma confiance en vous ; que je n’aie pas à rougir.

    V/. Glória Patri.

    Ecouter (mp3).

    Présentation par un moine de Triors sur le Blog de L'Homme Nouveau.

  • Dimanche 12 mars 2017

    2ème Dimanche de Carême
     
    Commentaire de l'Evangile du dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux)
     
    Introït de la Messe de ce jour

     
    Ant. ad Introitum. Ps. 24, 6, 3 et 22.
    Reminíscere miseratiónum tuarum, Dómine, et misericórdiæ tuæ, quæ a s?culo sunt : ne umquam dominéntur nobis inimíci nostri : líbera nos, Deus Israël, ex ómnibus angústiis nostris.
    Souvenez-vous de vos bontés, Seigneur, et de votre miséricorde qui datent des siècles passés. Que nos ennemis ne triomphent jamais de nous. Dieu d’Israël, délivrez-nous de toutes nos tribulations.

    Ps. ibid., 1-2.
    Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.
    Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme ; mon Dieu, je mets ma confiance en vous, que je n’aie pas à rougir.

    V/. Glória Patri.

    Ecouter (mp3).

    Commentaire spirituel et musical par un moine sur le Blog de L'Homme Nouveau.

  • Méditation - Jeûne, pénitence et changement de vie

    « Suffit-il du jeûne et des signes extérieurs de la pénitence ? Non, non, mais il faut changer de vie. En voulez-vous une preuve. Écoutez ce que dit le Prophète. Après avoir parlé de la colère de Dieu et du jeûne des Ninivites, il nous apprend que Dieu leur pardonna, et nous en dit le motif. Dieu vit leurs œuvres (Jon. 111, 10), dit-il. Et quelles œuvres ? Leurs jeûnes ? Leurs habits de pénitence ? Rien de tout cela ; il n'en est pas même fait mention. Tous, dit le Prophète, abandonnèrent leurs voies perverses, et le Seigneur se repentit de les avoir menacés de si grandes calamités. Vous le voyez, ce n'est pas le jeûne qui les arrache au danger ; c'est le changement de vie qui apaise le Seigneur et le leur rend favorable. Si je vous dis ces choses, ce n'est point pour vous faire mépriser le jeûne, mais bien pour vous porter à l'estimer davantage. Ce qui relève le jeûne, ce n'est pas l'abstinence de nourriture, mais la fuite du péché. Ne voir dans le jeûne qu'une privation de nourriture, c'est lui faire outrage. Si vous jeûnez vraiment, montrez-le par vos œuvres ! Quelles seront ces œuvres, me demandez-vous ? Si vous voyez un pauvre, ayez pitié de lui ; si vous voyez votre ennemi, réconciliez-vous avec lui ; si votre ami accomplit une action digne d'éloge, ne lui portez point envie ; si vos yeux aperçoivent une belle femme, ne vous arrêtez point. Ce n'est pas seulement notre bouche qui doit jeûner, mais nos yeux, nos oreilles, nos pieds, nos mains, tous nos membres. Que nos mains jeûnent, c'est-à-dire qu'elles soient pures de toute rapine et de toute avarice. Que nos pieds jeûnent, c'est-à-dire qu'ils s'abstiennent de courir à des spectacles illicites. Que nos yeux jeûnent, c'est-à-dire qu'ils s'habituent à ne jamais lancer de regards immodestes, à ne jamais se fixer avec curiosité sur des objets dangereux. Les yeux vivent de spectacles ; s'ils sont illégitimes et défendus, le jeûne en souffre et le salut de l'âme est en péril : légitimes et permis, ils sont un ornement du jeûne. Ne serait-il pas absurde en effet de se priver d'une nourriture d'ailleurs permise, et de rassasier cependant ses yeux d'un aliment qui leur est interdit ? Vous ne mangez point de viande ? Eh bien ! ne vous nourrissez point d'impureté par vos yeux. Que les oreilles jeûnent aussi ; et leur jeûne consiste à n'écouter ni médisances ni calomnies. Vous ne prêterez point l'oreille aux vains discours (Exod. XXIII, 1), dit la sainte Écriture.

    Que la bouche jeûne, en s'abstenant de toute parole déshonnête et injurieuse. A quoi bon nous priver de la chair des oiseaux et des poissons, si nous déchirons, si nous dévorons nos frères ? Le médisant dévore la chair de son frère, il déchire la chair du prochain. Et c'est pourquoi saint Paul dit cette parole terrible : Si vous vous déchirez et si vous vous dévorez les uns les autres, ne voyez-vous pas que vous allez vous faire mourir les uns les autres (Gal V, 15) ? Vos dents ne se sont point enfoncées dans la chair, mais votre médisance, votre soupçon, s'est enfoncé dans les âmes, vous les avez blessées ; vous les avez accablées de mille maux, la vôtre, celle qui vous écoute et beaucoup d'autres. Celui qui vous entend médire, ne l'avez-vous point rendu pire qu'il n'était ? Pécheur, il péchera plus facilement encore, depuis qu'il a rencontré son pareil ; juste, les péchés d'autrui lui donneront de l'arrogance et de l'orgueil, et il aura de lui-même une haute opinion. Bien plus, c'est l’Église tout entière que vous avez blessée. Ceux qui vous écoutent, ce n'est pas à un seul qu'ils imputent les fautes dont vous parlez, mais à tout le peuple chrétien. »

    St Jean Chrysostome, Troisième Homélie sur les statues (4-5). Œuvres complètes Tome II, Traduites pour la première fois sous la direction de M. Jeannin, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.
    (Texte intégral)

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    Le Prophète Jonas et les Ninivites
    (Crédit photo)

  • Mercredi 8 mars 2017

    Mercredi des Quatre-Temps de Carême

    « Au jeûne quadragésimal vient se joindre aujourd’hui celui des Quatre-Temps. Vendredi et Samedi, nous aurons pareillement un double motif de pratiquer la pénitence. C’est la saison du printemps qu’il s’agit de consacrer à Dieu, lui en offrant les prémices dans le jeune et la prière ; c’est l’ordination des Prêtres et des Ministres sacrés sur laquelle il faut appeler les bénédictions d’en haut. Ayons donc un souverain respect pour ces trois jours.
    Jusqu’au XIe siècle, le jeûne des Quatre-Temps du Printemps fut attaché à la première semaine de mars, et ceux de l’Été à la seconde semaine de juin. Un décret de saint Grégoire VII les fixa aux époques où nous les célébrons aujourd’hui : les Quatre-Temps du Printemps à la première semaine de Carême, et ceux de l’Été à la semaine de la Pentecôte. »

    Dom Guéranger (1805-1875), L’Année Liturgique.

  • Introït et Graduel de la Messe de ce jour

    Introït "Miseréris ómnium"
     
    Ant. ad Introitum. Sap, 11, 24, 25 et 27.
    Miseréris ómnium, Dómine, et nihil odísti eórum quæ fecísti, dissímulans peccáta hóminum propter pæniténtiam et parcens illis : quia tu es Dóminus, Deus noster.
    Vous avez pitié de tous, Seigneur, et vous ne haïssez rien de tout ce que vous avez fait, et vous dissimulez les péchés des hommes à cause du repentir et vous leur pardonnez, car vous êtes le Seigneur notre Dieu.

    Ps. 56, 2.
    Miserére mei, Deus, miserére mei : quóniam in te confídit ánima mea.
    Ayez pitié de moi, ô Dieu, ayez pitié de moi, car mon âme a confiance en vous.

    V/. Glória Patri.

    Ecouter (mp3).

    Commentaire spirituel et musical par un moine sur le blog de L'Homme Nouveau.

     

    Graduel "Miserére mei"

    Capella Gregoriana
     
    Graduale. Ps. 56, 2 et 4.
    Miserére mei, Deus, miserére mei : quóniam in te confídit ánima mea.
    Ayez pitié de moi, ô Dieu, ayez pitié de moi, car mon âme a confiance en vous.

    V/. Misit de cælo, et liberávit me, dedit in oppróbrium conculcántes me.
    V/. Il a envoyé du ciel son secours et il m’a délivré ; il a couvert d’opprobre ceux qui me foulaient aux pieds.
  • Introït "Esto mihi"

    Moniales bénédictines de Notre-Dame de l'Annonciation, Le Barroux
     
    Ant. ad Introitum. Ps. 30, 3-4.
    Esto mihi in Deum protectórem, et in locum refúgii, ut salvum me fácias : quóniam firmaméntum meum et refúgium meum es tu : et propter nomen tuum dux mihi eris, et enútries me.
    Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, afin que vous me sauviez. Car vous êtes ma force et mon refuge, et à cause de votre nom, vous serez mon guide et vous me nourrirez.

    Ps. ibid., 2.
    In te, Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum : in iustítia tua líbera me et éripe me.
    J’ai espéré en vous, Seigneur : que je ne sois jamais confondu, dans votre justice, délivrez-moi et sauvez-moi.

    V/. Glória Patri.

    Commentaire spirituel et musical par un moine sur le blog de L'Homme Nouveau.
  • Dimanche 26 février 2017

    Dimanche de la Quinquagésime
     
    Commentaire de l'Evangile du Dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine, Le Barroux)
     
    (8ème dimanche du Temps Ordinaire)
     
    Rappel : Introduction au Temps de la Septuagésime
    (du dimanche de la Septuagésime au mercredi des Cendres)

  • Méditation sur la Chaire de Saint Pierre

    « Le Bienheureux Pierre, premier entre les Apôtres, et qui aima le Christ véhémentement, eut le bonheur de s'entendre dire : « Et moi je te dis : Tu es Pierre. Car l'apôtre avait déclaré : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Et le Christ répond : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre j'édifierai mon Église » (1) : sur cette pierre, j'édifierai la foi que tu confesses. Sur cette parole que tu as dite, « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », j'édifierai mon Église. Car toi, tu es Pierre.

    Pierre tient son nom de la pierre, et ce n'est pas de Pierre que la pierre tire son nom. Pierre vient de la pierre, se réfère à la pierre, comme le chrétien vient du Christ et se réfère au Christ. Écoute Paul : « Car, frères, je ne veux pas que vous l'ignoriez : nos pères furent tous sous la nuée, tous ils traversèrent la mer, et tous, au temps de Moïse, ils furent baptisés dans la nuée et dans la mer ; et tous ils mangèrent la même nourriture spirituelle, et tous ils burent le même breuvage spirituel : car ils buvaient de la pierre spirituelle qui les accompagnait, et la pierre était le Christ. » (2) Voilà d'où est Pierre.

    Avant sa Passion, le Seigneur Jésus, comme vous le savez, choisit et appela ses disciples, ses Apôtres. Parmi eux, presque partout, Pierre reçoit cette grâce de représenter à lui seul la personne de toute l’Église. A cause de cette personne de toute l’Église, qu'il représentait à lui seul, il eut ce bonheur d'entendre : « A toi je donnerai les clés du royaume des cieux. » (3) Car ces clés, ce n'est pas un seul homme, mais c'est l'unité de l’Église, qui les a reçues. Et nous célébrons la Primauté de Pierre précisément parce qu'il représentait toute l'universalité et l'unité de l’Église quand le Seigneur lui dit : « A toi, je donnerai » ce pouvoir que, de fait, il donna à tous. Et écoutez ce que le Seigneur dit à tous les Apôtres dans un autre passage de l’Évangile : « Recevez l'Esprit-Saint. Si vous remettez les péchés à quelqu'un, ils lui seront remis ; si vous les retenez, ils seront retenus. » (4) Ceci relève du pouvoir des clés, dont il a été dit : « Ce que vous délierez sur la terre sera délié aussi dans le ciel, et ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel. » (5) Mais pour que tous sachent que Pierre représentait la personne de toute l’Église, comparons ce qui est dit à lui seul et ce qui est dit à tous les fidèles : « Si ton frère a péché contre toi, corrige-le entre toi et lui seul ; s'il t'écoute, tu as gagné ton frère, S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute l'affaire soit établie sur la parole de deux ou trois témoins. S'il ne les écoute pas non plus, dis-le à l’Église ; et s'il n'écoute pas même l’Église, qu'il te soit comme un païen et un publicain. Amen je vous le dis : ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (6) C'est « la colombe » (= l’Église) qui lie, et c'est la colombe qui délie : l’Édifice fondé sur la pierre lie et délie. [...]

    C'est d'abord la force de l’Église qui est célébrée en Pierre, parce qu'il suivit le Seigneur allant à sa Passion ; mais une certaine infirmité de l’Église est aussi mentionnée, car, interrogé par une servante, il renia le Seigneur. Cet Apôtre qui aimait tant le Seigneur, le renia soudain : il se retrouva lui-même, parce qu'il avait trop présumé de lui-même. Il avait déclaré, en effet : « Seigneur, j'irai avec toi jusqu'à la mort ; et s'il faut que je meure, je donne ma vie pour toi. » et le Seigneur répondit à ce présomptueux : « Tu donneras ta vie pour moi ? En vérité je te le dis : avant le chant du coq, tu m'auras renié trois fois. » (7) Ce que le médecin avait prédit, arriva ; ce que le malade avait présumé, ne pouvait arriver. Mais ensuite ? Voici ce qui est écrit, voici ce que dit l’Évangile : « Le Seigneur le regarda ; et Pierre sortit dehors, et pleura amèrement. » (8) Sortir dehors, cela veut dire ici : confesser sa faute publiquement. Il pleura amèrement, parce qu'il savait aimer. La douceur de l'amour suivit, parce que l'amertume de la douleur avait précédé.

    C'est pour la même et bonne raison qu'après sa Résurrection, le Seigneur a confié ses brebis à Pierre nommément ; car Pierre ne fut pas le seul à paître les brebis du Seigneur : mais quand le Christ parle à un seul, c'est l'unité qui est recommandée, et confiée d'abord à Pierre parce que Pierre a la primauté parmi les Apôtres. « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il répond : « J'aime. » Interrogé une seconde fois, il répond la même chose. Interrogé une troisième fois, il s'attriste : n'a-t-on pas confiance en lui ? Mais comment n'aurait-il pas eu confiance en lui, celui qui voyait son cœur ! Après cet instant de tristesse, Pierre répond : « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime. » Sachant tout, tu ne peux pas ignorer cela.

    [...] Ne sois pas triste, ô Apôtre ! Réponds une fois, réponds deux fois, réponds trois fois. Que ta confession soit trois fois victorieuse dans l'amour puisque te présomption a été trois fois vaincue dans la peur. Ce que tu avais lié trois fois doit être délié trois fois. Délie par amour ce que tu avais lié par peur. Et le Seigneur confie ses brebis à Pierre une fois, deux fois, trois fois. »

    1. Mt XVI, 16-18. - 2. I Co X, 1-4. - 3. Mt XVI, 19. - 4. Jn XX, 32, 23. - 5. Mt XVIII, 18. - 6. Mt XVIII, 18. - 7. Mt XXVI, 33-35 et Jn XIII, 37-38. - 8. Lc XXII, 61-62.

    Saint Augustin, Sermon CCXCV, 1-4 (PL 38, 1348 s).
    (Texte intégral)

    St Augustin,sermon,Chaire de Saint Pierre

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  • Dimanche 19 février 2017

    Dimanche de la Sexagésime
     
    Commentaire de l'Evangile du Dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine, Le Barroux)
     
    (7ème dimanche du Temps Ordinaire)
     
    Rappel : Introduction au Temps de la Septuagésime
    (du dimanche de la Septuagésime au mercredi des Cendres)

  • Dimanche 12 février 2017

    Dimanche de la Septuagésime
     
    Commentaire de l'Evangile du Dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine, Le Barroux)
     
    (6ème dimanche du Temps Ordinaire)
     
    (du dimanche de la Septuagésime au mercredi des Cendres)
     
    « Ô mon Dieu et mon Seigneur, mon unique espérance, ayez pitié de moi. Venez à mon aide, de peur que, fatigué par les labeurs de cette vie, découragé par ses contrariétés et lassé par ses souffrances, je ne m'arrête sur le chemin, je ne veuille plus avancer, et refuse d'espérer et de vous chercher.
    C'est à vous que j'appartiens par tout mon être et par votre Sang, je veux vous appartenir par le choix de ma volonté.
    Mais vous me connaissez, vous connaissez mes faiblesses : purifiez mon âme par vos larmes, fortifiez-moi par vos fatigues, soutenez-moi par vos souffrances.
    C'est vous uniquement que je veux aimer, c'est vous seulement que je veux chercher. Vous m'en avez donné l'espérance dès cette vie, je veux l'espérer encore et pour toujours. »

    D'après le Cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629), in "Missel quotidien complet pour la forme extraordinaire du rite romain", Edition entièrement nouvelle par les moines bénédictins de l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, Editions Sainte-Madeleine, Le Barroux, 2013.