Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Méditations

  • Méditation - Mardi des Rogations : la ferveur dans la prière

    « La ferveur dans la prière n'est autre chose que ces désirs ardents d'être exaucés qui s'exhalent en pieux gémissements par lesquels, sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, on prie Dieu comme un enfant, dans une extrême détresse, prie et sollicite un père (1). [...] Pour comprendre combien fervents doivent être les désirs dont il faut accompagner la prière, il suffit de considérer la grandeur soit des biens que nous prions Dieu de nous accorder, soit des maux dont nous le prions de nous préserver.

    Nous lui demandons les dons de son Esprit-Saint ; ses grâces, dont la moindre vaut mieux que tous les empires ; ses vertus, dont la moindre participation l'emporte sur tous les trésors imaginables. Nous lui demandons le sang adorable de son Fils, ses mérites, son humilité, sa charité, sa douceur, toutes ses perfections. Or n'est-il pas évident que des biens si grands doivent être grandement désirés ; que les demander avec indifférence ou même avec peu d'ardeur, c'est en méconnaître l'excellence, c'est s'en rendre indigne ?

    Les grandes choses doivent être demandées avec grande affection, et la véhémence du désir doit être proportionnée à leur excellence. Examinons si c'est ainsi que nous demandons à Dieu ses grâces. »

    1. Rom. VIII, 26, 15.

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année, Tome II (Mardi des Rogations, Premier Point), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

    Abbé Hamon,Lundi,Rogations,prière,ferveur

  • Méditation - Lundi des Rogations - Une confiance filiale dans la prière

    « Ô mon Dieu, ne connaissez-vous pas tous mes besoins, puisque rien n'échappe à votre science infinie ? ne pouvez-vous pas les soulager, puisque vous êtes le Tout-Puissant ? ne voulez-vous pas les soulager, puisque vous êtes le Dieu infiniment bon, qui aime tant à se communiquer, qu'on dirait que vous avez comme un besoin de donner, égal au besoin que nous avons de recevoir ? « Vous avez, dit saint Augustin, placé à la porte de votre palais la miséricorde, avec mission d'accueillir tous ceux qui se présentent, de blâmer et de convier ceux qui tardent à venir. Vous n'avez encore rien demandé, leur criez-vous : demandez, et vous recevrez ; frappez, et l'on vous ouvrira. Mes anges sont là, non pour vous fermer la porte, mais pour vous l'ouvrir ; non pour vous repousser, mais pour vous introduire ; non pour éloigner vos requêtes, mais pour les présenter et les appuyer. Venez donc ; frappez avec confiance : je ne laisserai point périr de faim le juste à ma porte. » - « Je le crois, ô mon Dieu ! dit ailleurs le même saint Docteur ; car votre porte aime à voir une affluence de suppliants qui frappent, qui crient, qui importunent ; vos trésors souffrent et s'affligent de n'être point demandés et de ne point se répandre. »

    Aussi voulez-vous être appelé du nom de Père, plutôt que du nom de Juge et de Seigneur, pour nous montrer qu'ayant envers nous un amour de père, vous voulez que nous ayons envers vous une confiance d'enfant. Et comment ne l'aurais-je pas, Seigneur ? Si les hommes, tout méchants qu'ils sont, ne donnent pas à leurs enfants un caillou pour du pain, un serpent pour un poisson, un scorpion pour un œuf, vous le plus tendre des pères, pourriez-vous nous refuser votre esprit et vos grâces, vous dont la science sait tout, dont la puissance peut tout, et dont la bonté nous veut tant de bien ?

    O Dieu ! mon Père, je vous dirai donc avec David : J'ai mis en vous ma confiance. Je suis un pupille qui n'a d'autre soutien que vous (1) ; je fais appel à votre coeur, et il me semble l'entendre qui me répond : Confiez-vous en moi, je suis le père des orphelins (2).

    - Est-ce avec cette confiance filiale que nous parlons à Dieu dans la prière ? »

    1. Ps. X, sec Hebr., 14. - 2. Ps. LXVII, 6.

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année, Tome II (Lundi des Rogations, Premier Point), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

    Abbé Hamon,Lundi,Rogations,confiance,enfant,prière,supplier,donner,recevoir,miséricorde,puissance,bonté

  • Méditation - Prière au Verbe Incarné

    « C’est par le Cœur de mon Jésus, ma voie, ma vérité et ma vie que je m’approche de vous, ô Père éternel. Par ce divin Cœur je vous adore pour tous ceux qui ne vous adorent pas ; je vous aime pour tous ceux qui ne vous aiment pas ; je vous adore pour tous les aveugles volontaires qui par mépris ne vous connaissent pas.

    Je veux par ce divin Cœur satisfaire pour tous les mortels. Je fais en esprit le tour du monde pour y chercher toutes les âmes rachetées du Sang très précieux de mon divin Époux afin de vous satisfaire pour toutes par ce divin Cœur ; je les embrasse pour vous les présenter par lui et par lui je vous demande leur conversion. Eh quoi ! Père Éternel, voulez-vous bien souffrir qu’elles ne reconnaissent pas mon Jésus, et qu'elles ne vivent pour lui, qui est mort pour tous ? Vous voyez, ô divin Père, qu’elles ne vivent pas encore ; Ah ! faites qu’elles vivent par ce divin Cœur.

    Sur cet adorable Cœur, je vous présente tous les ouvriers de l’Évangile afin que vous les remplissez de votre Esprit Saint. Sur ce Sacré Cœur, comme sur un Autel divin, je vous présente en particulier ... (nommer les personnes pour qui on veut prier).

    Vous savez, ô Verbe Incarné, Jésus mon Bien-Aimé, tout ce que je veux dire au Père, par votre divin Cœur et par votre sainte Âme. Je vous le dis en le lui disant, parce que vous êtes en votre Père et que votre Père est en vous ; faites donc tout cela avec lui. Je vous présente toutes ces âmes, faites qu'elles soient une même chose avec vous.

    Amen. »

    Ste Marie de l'Incarnation (fêtée ce jour), Prière au Verbe Incarné (Source).
    Cliquez ici pour imprimer la prière (pdf).

    Ste Marie de l'Incarnation,prière,Verbe Incarné,Coeur,Jésus

  • Méditation : « demandez à grands cris la miséricorde ! »

    « Prenez donc courage, même lorsque vous vous sentez opprimée par la multitude et l'horreur de vos fautes. Allez donc, plus que jamais, aux pieds de Jésus-Christ qui lutte, qui agonise pour nous dans le Jardin ; humiliez-vous, pleurez, suppliez avec Lui, comme Lui, et demandez à grands cris la miséricorde, le pardon de vos fautes et demandez qu'Il vous aide toujours à marcher devant Lui. Faites cela et ne doutez pas ; ce Dieu miséricordieux et clément vous tendra comme toujours sa main secourable pour vous relever de votre misère, de votre désolation spirituelle. »

    St Pio de Pietrelcina (1887-1968), Lettre (7.9.1915, II, 487), in P. Melchior de Pobladura, "A l'école spirituelle de Padre Pio" (chap.3,1&7), Éditions « Voce di Padre Pio », San Giovanni Rotondo (FG), 1981.

    Padre Pio,Pietrelcina,miséricorde,fautes,misère,supplication,Jésus-Christ,pardon,Dieu,miséricordieux

  • Méditation : l'Ave Maria et le saint Rosaire

    « L'Ave Maria bien dit, c'est-à-dire avec attention, dévotion et modestie, est, selon les saints, l'ennemi du diable, qui le met en fuite, et le marteau qui l'écrase, la sanctification de l'âme, la joie des anges, la mélodie des prédestinés, le cantique du Nouveau Testament, le plaisir de Marie et la gloire de la Très Sainte Trinité. L'Ave Maria est une rosée céleste qui rend l'âme féconde ; c'est un baiser chaste et amoureux qu'on donne à Marie, c'est une rose vermeille qu'on lui présente, c'est une perle précieuse qu'on lui offre, c'est un coup d'ambroisie et de nectar divin qu'on lui donne. Toutes ces comparaisons sont des saints.

    Je vous en prie donc instamment, par l'amour que je vous porte en Jésus et en Marie, de ne vous pas contenter de réciter la petite couronne de la Sainte Vierge, mais encore votre chapelet, et même, si vous en avez le temps, votre rosaire, tous les jours, et vous bénirez, à l'heure de votre mort, le jour et l'heure que vous m'avez cru ; et, après avoir semé dans les bénédictions de Jésus et de Marie, vous recueillerez des bénédictions éternelles dans le ciel : Qui seminat in benedictionibus, de benedictionibus et metet (1). »

    1. 2Co 9, 6 : "Ceux qui sèment des bénédictions recueilleront des bénédictions".

    St Louis-Marie Grignion de Montfort (fêté ce jour), Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge (253,254), in "Œuvres complètes", Éditions du Seuil, Paris, 1966.

    Reine-Saint-Rosaire-1a.jpg

  • Méditation : de l'intimité divine

    « Parmi tant de besoins qui pressent l'âme humaine, il y en a un qui, là où il existe, devient souvent très impérieux. C'est un besoin élevé, profond, exquis. Si tous ne l'éprouvent pas, il est du moins fort vif en ceux qui le ressentent. Je parle du besoin d'intimité. Cette idée d'intimité est étroitement liée à l'idée du bonheur. L'esprit se refuse absolument à la conception d'un bonheur tout à fait solitaire. L'isolement et la félicité semblent deux termes contradictoires. L’Écriture, en plusieurs endroits, fait plus que l'insinuer (1) ; et ce que le dogme de la Trinité nous apprend de la vie essentielle et par là même de la béatitude de Dieu, donne pleinement raison à ce refus de notre esprit.
    [...]
    O Dieu ! est-ce un rapport, est-ce un état possible entre la créature et vous ? Car, quelque joie et quelque bien qu'on puisse trouver dans l'affection et l'intimité d'êtres créés, le cœur que vous nous avez fait est trop vaste pour en être rempli. Se peut-il donc qu'entre vous et nous une intimité s'établisse et subsiste ? Bon Maître ! on ne lit pas pieusement votre Évangile, on ne prie pas avec confiance au pied de votre tabernacle, on ne vous écoute pas avec attention et humblement dans le secret de son propre cœur, sans que vous répondiez à cette question, et comme vous seul savez répondre. Vos paroles sont « esprit et vie » (2) ; elles font la certitude dans l'âme ; certitude qui touche à l'évidence, et donne je ne sais quel avant-goût des cieux. Oui, l'intimité avec vous est possible, ô mon Dieu ! Et vous ne nous la permettez pas seulement, vous la souhaitez et daignez nous l'offrir.
    [...]
    O Dieu ami ! O Dieu intime ! présent et vivant en Jésus pour devenir l'ami intime de l'homme et faire de l'homme son intime ami ! [...] O « commerce admirable », ô échange ineffable, chante l’Église en célébrant cette première et souveraine intimité de Dieu avec l'homme qui existe en Jésus, Notre-Seigneur, et d'où dérive toute intimité entre Dieu et ses créatures (3) ! Jésus nous y introduit, par sa prière d'abord, puis par sa sainte Eucharistie, demandant par l'une à son Père ce qu'il commence de nous conférer par l'autre : « Père ! vous en moi, moi en eux, afin qu'ils soient un en nous et comme nous, et consommés dans l'unité. » (4). »

    1. Gen. II, 18 ; Eccle. IV, 10. - 2. Joann. VI, 64. - 3. Ant. Laudis festo Circumcis. - 4. Joann. XVII, 21-23.

    Mgr Charles Gay (1814-1891), De l'intimité avec Dieu..., in "Élévations sur la vie et la doctrine de Notre-Seigneur Jésus-Christ" (Cinquante-deuxième élévation), Tome I, Oudin Frères, Poitiers - Paris, 1879.

    Mgr Charles Gay,besoin,intimité,divine,Dieu,affection,ami,Jésus,prière,Eucharistie,unité

  • Méditation : Quel est notre amour pour Jésus ?

    « Je possède un si grand trésor. Je voudrais crier de joie et le proclamer à toute la création : louez le Seigneur, aimez le Seigneur qui est si grand, qui est Dieu… Le monde ne voit pas ; le monde est aveugle et Dieu a besoin d'amour. Dieu a besoin de beaucoup d'amour. Je ne peux pas lui donner tout ce qu'il demande, je suis petit, je deviens fou, je voudrais que le monde l'aime, mais le monde est son ennemi. Seigneur, quel supplice si grand ! Je le vois et je ne peux pas y apporter le remède. Je suis trop petit, insignifiant. L'amour que j'ai pour toi m'écrase, je voudrais que mes frères, tous mes amis, tout le monde, t'aime beaucoup…

    Quelle pitié me font les hommes qui, voyant le cortège de Jésus et de ses disciples, demeurent insensibles. Quelle joie devaient ressentir les apôtres et les amis de Jésus chaque fois qu'une âme ouvrait les yeux, se détachait de tout et les rejoignait à la suite du Nazaréen, lui qui ne demandait rien d'autre qu'un peu d'amour. Allons-nous le suivre, ma chère sœur ? Il voit notre intention et nous regarde, sourit et nous aide. Il n'y a rien à craindre ; nous irons pour être les derniers dans le cortège qui parcourt les terres de Judée, en silence, mais nourris d'un amour énorme, immense. Il n'a pas besoin de paroles. Nous n'avons pas à nous mettre à sa portée pour qu'il nous voie. Nous n'avons pas besoin de grandes œuvres, ni de rien qui attire l'attention : nous serons les derniers amis de Jésus, mais ceux qui l'aiment le plus. »

    St Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938), Écrits spirituels, Lettre à sa tante, 16 novembre 1935, Éditions du Cerf, Paris, 2008.

    Rafael Arnaiz Baron (9 avril 1911 – 26 avril 1938), fut un frère oblat cistercien-trappiste de l'abbaye San Isidro de Dueñas en Espagne. Il a été donné comme modèle à tous les jeunes du monde par St Jean-Paul II (aux Journées mondiales de la Jeunesse de Compostelle, lors de la veillée avec les jeunes au Monte del Gozo, le samedi 19 août 1989), et il a été béatifié par lui le 27 septembre 1992. Il a été canonisé par Benoît XVI le 11 octobre 2009. Il est fêté le 26 avril.
    Homélie de la canonisation de Rafael Arnaiz Baron, Dimanche 11 octobre 2009.

    St Raphaël Arnáiz Barón,amour,Jésus,trésor,joie,louange,cortège,disciples

  • Méditation : Les Evangiles, notre livre de chevet ?

    « Le Seigneur et sa Parole : ce sont notre « terre », où vivre dans la communion et dans la joie.

    Laissons donc le Seigneur placer dans notre cœur cet amour pour sa Parole, et nous donner d’avoir toujours au centre de notre existence Lui et sa sainte volonté. Demandons que notre prière et toute notre vie soient éclairées par la Parole de Dieu, lampe pour nos pas et lumière pour notre chemin, comme le dit le Psaume 119 (cf. v. 105), afin que notre voyage soit sûr, dans la terre des hommes. Et que Marie, qui a accueilli et engendré la Parole, soit pour nous un guide et un réconfort, étoile polaire qui indique la voix du bonheur.
    Alors, nous pourrons nous aussi jouir dans notre prière, comme l’orant du Psaume 16, des dons inattendus du Seigneur et de l’héritage immérité qui est notre sort :

    Seigneur, ma part et ma coupe...
    La part qui me revient fait mes délices ;
    j’ai même le plus bel héritage! (Ps 16, 5-6). »

    Benoît XVI, Conclusion de la catéchèse de l'Audience générale du 9 novembre 2011, in "L'Âme de la prière", Artège, Perpignan, 2016.
    Texte intégral sur le site internet du Vatican.

    Benoît XVI,Parole,Dieu,Evangiles,psaumes,prière,lumière,Marie,Seigneur

  • Méditation : de la simplicité en toutes choses

    « Si votre œil est simple, tout votre corps le sera, dit le Sauveur. Simplifiez votre jugement, ne faites point tant de réflexions et de répliques, mais allez simplement et avec confiance. Il n'y a pour vous que Dieu et vous en ce monde ; tout le reste ne vous doit point toucher, sinon à mesure que Dieu vous le commande, et comme il vous le commande. Je vous prie, ne regardez pas tant ça et là ; tenez votre vue ramassée en Dieu et en vous : vous ne verrez jamais Dieu sans bonté, ni vous sans misère ; et vous verrez sa bonté propice à votre misère, et votre misère l'objet de sa bonté et miséricorde. Ne regardez donc rien que cela, j'entends d'une vue fixe, arrêtée et expresse, et tout le reste en passant.

    Partant, n'épluchez guère ce que font les autres, ni ce qu'ils deviendront ; mais regardez-les d'un oeil simple, bon, doux et affectionné. Ne requérez pas en eux plus de perfection qu'en vous, et ne vous étonnez point de la diversité des imperfections ; car l'imperfection n'est pas plus imperfection pour être extravagante et étrange. Faites comme les abeilles, sucez le miel de toutes les fleurs et herbes.

    Mon troisième commandement est que vous fassiez comme les petits enfants : pendant qu'ils sentent leurs mères qui les tiennent par les manchettes, ils vont hardiment et courent tout autour, et ne s'étonnent point des petites bricoles que la faiblesse de leurs jambes leur fait faire : ainsi, tandis que vous apercevrez que Dieu vous tient par la bonne volonté et résolution qu'il vous a donnée de le servir, allez hardiment et ne vous étonnez point de ces petites secousses et choppements que vous ferez, et ne s'en faut fâcher, pourvu qu'à certains intervalles vous vous jetiez entre ses bras, et le baisiez du baiser de charité. Allez joyeusement et à cœur ouvert, le plus que vous pourrez ; et si vous n'allez pas toujours joyeusement, allez toujours courageusement et fidèlement. »

    St François de Sales, 202e Lettre à une Dame religieuse, novice (Annecy, le 16 janvier 1603), in "Œuvres complètes de Saint François de Sales, Lettres" Tome II, Paris, Béthune, Imprimeur Éditeur - Montpellier, Chez Virenque, Libraire, 1833.

    St François de Sales,simplicité,oeil,confiance,Dieu,misère,bonté,miséricorde,imperfection,perfection,commandement,bonne volonté,résolution,charité

  • Méditation : Faire toutes ses actions par Marie

    « Afin que l'âme se laisse conduire par cet esprit de Marie, il faut :
    1° RENONCER à son propre esprit, à ses propres lumières et volontés avant de faire quelque chose : par exemple, avant de faire oraison, dire ou entendre la sainte Messe, communier, etc. ; parce que les ténèbres de notre propre esprit et la malice de notre propre volonté et opération, si nous les suivions, quoiqu'elles nous paraissent bonnes, mettraient obstacle au saint esprit de Marie.
    2° Il faut SE LIVRER à l'esprit de Marie pour en être mus et conduits de la manière qu'elle voudra. Il faut se mettre et se laisser entre ses mains virginales, comme un instrument entre les mains de l'ouvrier, comme un luth entre les mains d'un bon joueur. Il faut se perdre et s'abandonner en elle, comme une pierre qu'on jette dans la mer : ce qui se fait simplement et en un instant, par une seule œillade de l'esprit, un petit mouvement de la volonté, ou verbalement, en disant, par exemple : Je renonce à moi, je me donne à vous, ma chère Mère. Quoiqu'on ne sente aucune douceur sensible dans cet acte d'union, il ne laisse pas d'être véritable. [...]
    3° Il faut, de temps en temps, pendant son action et après l'action, RENOUVELER le même acte d'offrande et d'union ; et plus on le fera, et plus tôt on se sanctifiera, et plus tôt on arrivera à l'union à Jésus-Christ, qui suit toujours nécessairement l'union à Marie, puisque l'esprit de Marie est l'esprit de Jésus. »

    St Louis Marie Grignion de Montfort (1673-1716), 1ère règle de vie mariale, in "L'amour de la Sagesse éternelle" (Les quatre grandes règles de la vraie dévotion à la Très Sainte Vierge), M. Lescuyer et Fils - Imprimeurs à Lyon, 1962.

    Grignion de Montfort,Marie,action,offrande,union,renoncement,sanctification,volonté,Jésus

  • Méditation : « Soyez miséricordieux... »

    « « Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7). Le mot de miséricorde est doux, mes frères. Si le mot est doux, combien plus la chose ? Et alors que tous les hommes veulent l’obtenir, ce qui est malheureux, c’est que tous ne font pas ce qu’il faut pour mériter de la recevoir. Tous veulent recevoir la miséricorde, mais il y en a peu qui veulent la donner.

    Et toi, de quel front oses-tu demander ce que tu négliges de donner ? Il doit commencer par faire miséricorde en ce monde, celui qui souhaite la recevoir dans le ciel. Aussi, frères très chers, puisque nous voulons tous la miséricorde, prenons-la comme protectrice en ce monde, pour qu’elle nous délivre dans le monde à venir. Il y a en effet une miséricorde dans le ciel, à laquelle on parvient par les miséricordes terrestres. L’Écriture le dit bien : « Seigneur, ta miséricorde est dans le ciel » (Ps 35, 6 Vulg).

    Il y a donc une miséricorde sur la terre et une autre dans le ciel, c’est-à-dire l’une, humaine et l’autre, divine. Comment définir la miséricorde humaine ? C’est que tu prennes garde aux misères des pauvres. Comment définir la miséricorde divine ? Sans aucun doute, c’est qu’elle accorde le pardon des péchés. Tout ce que la miséricorde humaine dépense dans le voyage, la miséricorde divine le rend dans la patrie. Car c’est Dieu qui, en ce monde, souffre du froid et de la faim en tous les pauvres, comme il l’a dit lui-même : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Dieu qui, du haut du ciel, veut donner, sur la terre veut recevoir.

    Quelle sorte de gens sommes-nous donc, nous qui voulons recevoir lorsque Dieu donne ; et lorsqu’il demande, nous ne voulons pas donner ? Quand le pauvre a faim, c’est le Christ qui est dans l’indigence, comme il le dit lui-même : « J’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger » (Mt 25, 42). Ne méprise donc pas la misère des pauvres, si tu veux espérer avec confiance le pardon de tes péchés. Le Christ a faim maintenant, mes frères, lui-même a voulu avoir faim et soif dans la personne de tous les pauvres ; et ce qu’il reçoit sur la terre, il le rend dans le ciel.

    Je vous le demande, mes frères, que voulez-vous, que cherchez-vous quand vous venez à l’église ? Quoi donc, sinon la miséricorde ? Donnez celle de la terre, et vous recevrez celle du ciel. Le pauvre te demande, et tu demandes à Dieu : il demande une bouchée de pain, et toi, la vie éternelle. Donne au mendiant pour mériter que le Christ te donne ; écoute-le qui dit : « Donnez, et il vous sera donné » (Lc 6, 38). Je ne sais de quel front tu veux recevoir ce que tu ne veux pas donner. Et c’est pourquoi, lorsque vous venez à l’église, faites l’aumône aux pauvres, selon vos ressources. »

    St Césaire d'Arles (470-543), Sermon 25 sur la miséricorde ; CCL 103, 111-112 (Trad. cf Bréviaire 17e lun. et Orval)

    St Césaire d'Arles,sermon,miséricorde,miséricordieux,donner,recevoir,terre,ciel,pauvre,mendiant,misère,indigence,aumône,péché,pardon

    Le mendiant du groupe de Sainte Elisabeth
    église paroissiale de Ortisei, Val Gardena (Sud Tyrol), Italie

    (Crédit photo : Rudolph Moroder)

  • Méditation : A chaque battement de notre coeur

    « Savez-vous l'étrange exercice de piété qui, le premier, m'a été suggéré par ce voisinage, celui que je vais vous demander d'accomplir dès que vous vous trouverez seul à seul en la présence réelle de Jésus, dans une église ? - C'est, dans le silence et la solitude qui envelopperont votre prière, de porter votre main à votre propre poitrine, et devant Dieu, d'y percevoir par le toucher le battement de la vie, de cette vie qui nous juge et nous classe pour jamais. Chaque battement de notre cœur peut être considéré comme un compte qui se fait et se règle - comme un appel de Dieu. Il n'y a pas d'horloge plus éloquente pour nous marquer cette chose sacrée, le temps. Il n'y a pas non plus de signe plus saisissant pour nous signifier la requête intérieure de l’Éternel. Nous tressaillons quand l'heure sonne... notre cœur, lui, nous sonne l'instant qu'on ne retrouve plus, il nous le détermine avec notre propre substance, en nous détruisant solennellement d'un rythme sûr.

    Un choc inattendu, la nuit, à la porte, nous impressionne ; écoutez celui qui se fait, non plus à la porte, mais en vous : on frappe, on appelle, on vient vous chercher dans les ténèbres. La destinée obscure se déroule en Dieu suivant sa grâce et votre liberté - Dieu frappe à chaque battement du cœur - Dieu frappe, que lui répondons-nous ? Que lui avons-nous répondu ?
    [...]
    Combien de fois ce cœur, notre cœur, a-t-il battu pour Dieu ? Combien de fois doit-il battre pour Lui ? »

    Bx Vladimir Ghika (1873-1954), Entretiens spirituels (L'Heure Sainte), Beauchesne, Paris, 1961.

    Vladimir Ghika,battement,coeur,coeur de Jésus,silence,solitude,prière,présence,Dieu

  • Méditation : « La charité est une grande dame, il faut faire ce qu'elle commande. »

    « Il n'y a pas de retardement pour ce qui est de servir les pauvres. Si à l'heure de votre oraison le matin vous devez aller porter une médecine, allez-y en repos, offrez à Dieu votre action, unissez votre intention à l'oraison qui se fait à la maison ou ailleurs, et allez-vous-en sans inquiétude. Si quand vous serez de retour votre commodité vous permet de faire quelque peu d'oraison ou de lecture spirituelle, à la bonne heure. Il ne vous fait point inquiéter ni croire avoir manqué quand vous la perdrez, car on ne la perd pas quand on la quitte pour un sujet légitime. Et s'il y a un sujet légitime mes chères filles, c'est le service du prochain. Ce n'est point quitter Dieu que de quitter Dieu pour Dieu, c'est-à-dire une œuvre de Dieu pour une autre, ou de plus grande obligation ou de plus grand mérite. Vous quittez l'oraison ou la lecture ou vous perdez le silence pour assister un pauvre, sachez mes filles que faire tout cela c'est servir Dieu. Car voyez-vous, la charité est par-dessus toutes les règles et qu'il faut que toutes se rapportent à celle-là. La charité est une grande dame, il faut faire ce qu'elle commande. »

    St Vincent de Paul (1581-1660), Entretien avec les Filles de la Charité.
    Cité par le Frère Daniel Bourgeois, Homélie.

    Saint_Vincent_de_Paul_15a.jpg

  • Méditation : Tout offrir à Jésus

    « Offrir au bon Dieu nos inquiétudes, les blessures du passé et tous les sentiments douloureux, pour qu'il les prenne, c'est lui demander de nous en détacher. Au lieu de s'en inquiéter ou de les regretter, il faut venir tout simplement, avec douceur, près du Cœur de Jésus, et les lui offrir comme matière de sacrifice. Il faut en profiter pour s'unir à son agonie et lui demander, par le mystère de cette agonie toute sainte et divine, de nous purifier.

    Il est bon de sentir sa faiblesse, mais à condition de ne pas se replier sur soi-même et de tout donner au bon Dieu. A l'aube de notre vie, il nous demande de lui offrir notre travail, mais ensuite il nous demande surtout de lui apporter nos souffrances, nos fatigues et nos impuissances.

    Après nous avoir soutenus par des grâces de lumière et de force, il nous demande de persévérer sur un chemin où il nous mène de façon plus obscure, en nous faisant sentir notre faiblesse. Par là, nous nous préparons au ciel, à la lumière et à la vie nouvelle du ciel. »

    P. Thomas Philippe (1905-1993), ... des miettes pour tous, Saint-Paul, Paris, 1994.

    Thomas Philippe,offrir,offrande,Jésus,inquiétude,blessure,faiblesse,souffrance,impuissance,sacrifice,purification,grâce,lumière,force

  • Méditation : Vivre pour pardonner

    « Nous vivons dans un continuel Pardon : nous devons tout à la Miséricorde. Nous avons toujours besoin du pardon des autres, et par conséquent nous devons passer notre temps à pardonner, trouver que c'est normal et quotidien.
    Mais pour pardonner, il faut qu'il y ait matière à pardonner : alors il ne faut pas s'étonner que les autres nous fassent mal.
    Il faut donc pardonner, pardonner des choses profondes. L'endurcissement du cœur est plus cruel à Dieu qu'à nous. On entend dire souvent, et j'ai dû le dire moi-même : « Je ne comprends pas qu'entre chrétiens on voie des choses pareilles. » En fait nous vivons entre chrétiens pour être pardonnés, pour pardonner, et pardonner douloureusement. C'est là que commence la vraie charité. Ce frère qui nous déplaît, qui résiste même à l'amour de Dieu, il y a un mystère sur lui plus précieux que toutes les sympathies que nous pouvons rencontrer. Si cela ne vous suffit pas, c'est que vous ne comprenez pas.
    Notre amour de Dieu vaut ce que vaut notre amour pour nos frères. Ce n'est pas n'importe quel amour fraternel qui reflète l'amour de Dieu : c'est celui qui n'a pas d'autre motif que l'amour de Jésus pour eux. »

    P. M.-D. Molinié o.p. (1918-2002), Le courage d'avoir peur (Cinquième Variation, III), Les Éditions du Cerf, Paris, 1975.

    pardon_1a.jpg

  • Méditation - Prière d'offrande

    « Ô Dieu ! recevez mes louanges, mes adorations, tout mon amour. Hélas ! que puis-je rendre, moi qui suis si pauvre, si petite, mais je me sens si riche du désir de voir toutes les âmes vous consacrer leur cœur, leurs œuvres, leurs actions. Je fais le tour du monde et vais chercher et recueillir, pour vous les offrir, toutes les bonnes actions, grandes et petites, les œuvres, les travaux, les peines, les douleurs, les larmes, les épreuves de toutes sortes, les désolations, les souffrances, les soupirs des âmes qui ne pensent pas, qui oublient ou ne savent pas vous les offrir ; vous consacrer les joies, les espérances, les consolations, les succès, les bonheurs, les abondances de biens, toutes les grâces, les bienfaits qui, tous, sont l'effet de votre paternité et bonté envers nous, qu'elles ne savent reconnaître, vous attribuer, ne regardant jamais en haut ; toutes les prières faites trop en hâte, sans attention, celles récitées sur le bout des lèvres, et qui, pour cause, ne pénètrent pas jusqu'à vous, les communions faites sans véritable amour, avec trop peu de respect ou négligence : je vous apporte tout et vous offre tout, ô Dieu infiniment bon et miséricordieux, daignez les accepter et les agréer, vous à qui tout appartient, de qui tout découle, vers qui tout doit retourner. Soyez loué, béni de toutes les créatures qui furent, sont et seront jusqu'à la consommation des siècles. »

    Vénérable Marthe Robin (1902-1981), prière, 7 novembre 1930, in "Journal Décembre 1920 Novembre 1932", Les Cahiers de Marthe Robin, Editions Foyer de Charité, Châteauneuf-de-Galaure, 2013.

    Marthe Robin,prière,offrande,louange,adoration,amour,pauvreté,travaux,peines,douleurs,larmes,souffrance,consolation,bonheur,bienfaits,joie,grâces

  • Méditation : Prière à la Vierge Marie

    « O Marie, notre Mère, nous voulons être vos enfants obéissants, nous voulons pratiquer tout ce que vous nous enseignez, et que vous nous commandez ; mais vous savez qu'il ne nous suffit pas, à nous, de connaître nos devoirs pour les remplir, nous avons besoin en outre de la grâce et de l'assistance divine, qui nous aide non seulement à connaître, mais à agir. Obtenez-nous donc ce secours, ô Mère des grâces divines. C'est dans vos mains que reposent les célestes trésors ; ouvrez donc vos mains et remplissez nos esprits et nos cœurs et toutes les puissances de notre âme des bénédictions célestes. Alors nous vous servirons en enfants dévoués ; nous serons obéissants à vos préceptes, nous vous louerons, nous vous bénirons dans tous les siècles des siècles. Amen. »

    Un Religieux Passionniste, L'excellence de Marie et de sa dévotion, Traduit du manuscrit italien (Marialogia), Tournay, Typographie de J. Casterman, 1841.

    Prière,Vierge,Marie,mère,enfants,devoirs,grâce,mains,trésors,bénédiction,obéissance

  • Méditation : les dangers de l'imagination

    « L'imagination est la plus légère des armes de Satan : imagination du passé et imagination du futur, imagination des œuvres bonnes et des œuvres mauvaises. Différentes pensées surviennent et occupent l'esprit, afin qu'il cesse de murmurer le Nom de Jésus. Il essaie de faire que l'homme ne conçoive plus d'intérêt pour Dieu, qu'il ne manifeste plus son amour. Surtout il lui rappelle la pensée des différentes fautes qu'il a commises durant sa vie, naguère ou jadis. Les saints Pères disent que cette guerre est souvent aussi forte qu'ont été fortes auparavant les passions. Il est nécessaire que chaque jouissance soit payée d'autant de souffrances. Dans la vie ascétique « dans la grâce » des Pères, un lien étroit existe entre plaisir et douleur. Le plaisir apporte la chute et la douleur, et par conséquent la douleur ramène l'homme dans son état ancien et le guérit. C'est ainsi qu'il souffrira beaucoup, qu'il paiera chaque pensée et jouissance mauvaises par autant de souffrances pour que l'équilibre soit rétabli. Des événements qui se sont produits de nombreuses années auparavant, qui lui ont causé du plaisir et qu'il avait oubliés entre-temps, lui apparaissent maintenant dans toute leur étendue, au point de le conduire au désespoir. [...]
    - Père, dites-moi la manière de faire front.
    - Ici, il faut de la patience, de la persévérance, du courage. Surtout du courage. Ne pas se laisser ébranler. Opposer à l'imagination l'invocation constante du Nom de Jésus et se maintenir dans les paroles. Se tenir courageusement dans l'étroitesse de la prière. Ne jamais penser, au moment de la prière, ni aux mauvaises ni aux bonnes œuvres. Dans la souffrance, être sûr, comme nous le disions plus tôt, que c'est la guérison qui commence. « La femme, quand elle enfante, est dans la douleur parce que son heure est venue. Quand l'enfant est né, elle ne se souvient plus de son affliction, car elle se réjouit de ce qu'un homme est venu au monde » (Jn 16, 21).
    Il en va de même ici. C'est dans la souffrance qu'est créé le nouvel homme, qu'est engendrée la nouvelle vie : la vie du Christ. »

    Hiérothée Vlachos, Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière du cœur, Coll. Points Sagesse Sa78, Le Seuil, 1988.

    mer_orage_1a.jpg

  • Méditation : modestie et humilité

    « Hors de l'église, montre-toi comme tout disciple du Nazaréen devrait être. Par dessus tout, observe une grande modestie en toute chose car c'est la vertu qui, mieux que toute autre, révèle les affections du cœur. Rien ne représente les objets avec plus de fidélité et avec plus de clarté que le miroir, de même il n'y a rien qui représente mieux les qualités bonnes ou mauvaises d'une âme que le plus ou moins de tenue extérieure, selon que l'on paraît plus ou moins modeste. Modeste, tu dois l'être en parlant ; modeste, tu dois le demeurer en riant ; la modestie doit apparaître dans ton maintien, dans ta démarche ; tu dois faire tout cela, non par vanité, ni par hypocrisie voulant paraître bonne aux yeux des autres, mais par vertu intérieure de modestie qui dirige et règle les opérations extérieures du corps.

    Pour cela, sois humble de cœur, grave dans tes paroles, prudente dans tes résolutions ; parle toujours peu ; sois assidue aux bonnes lectures, attentive à ton ouvrage, pudique dans tes conversations ; n'inspire jamais de dégoût à personne ; sois bienveillante envers tous... N'aie jamais un regard louche ; que jamais ne sorte de ta bouche une parole hardie ; ne commets jamais une action impudique ; ne prends jamais un ton de voix impertinent. Bref, que tout ton extérieur soit la vivante image de la bonne ordonnance de ton âme. »

    St Pio de Pietrelcina (1887-1968), Lettre (25.7.1915, III, 88-90), in P. Melchior de Pobladura, "A l'école spirituelle de Padre Pio" (chap.2,2), Éditions « Voce di Padre Pio », San Giovanni Rotondo (FG), 1981.

    Padre Pio,modestie,humilité,bienveillance,pudeur,ordre,âme

    Fra Angelico (v.1395-1455), l'Annonciation (détail)

  • Méditation : "Oui" en toute chose

    « L'âme qui voit la volonté de Dieu dans les plus petites choses, dans les plus désolantes et les plus mortelles, et qui en vit, reçoit tout avec une joie, une jubilation, un respect égal ; et, ce que les autres craignent et fuient, elle ouvre toutes les portes pour le recevoir avec honneur.
    [...]
    Le moment présent est toujours comme un ambassadeur qui déclare l'ordre de Dieu, le cœur prononce toujours le fiat. L'âme s'écoule ainsi par toutes ces choses dans son centre et son terme ; elle ne s'arrête jamais, elle va à tous vents, toutes les routes et les manières l'avancent également vers le large et l'infini ; tout lui est moyen, tout est instrument de sainteté sans aucune différence que de tenir toujours ce qui est présent pour l'unique nécessaire.

    Ce n'est plus oraison ou silence, retraite ou conversation, lire ou écrire, réflexions ou cessation de pensées, fuite ou recherche des livres spirituels, abondance ou disette, langueurs ou santé, vie ou mort, c'est tout ce que chaque moment produit de l'ordre de Dieu. C'est là le dépouillement, le renoncement, la renonciation du créé, non réel mais affectif, pour n'être rien par soi et pour soi, pour être en tout dans l'ordre de Dieu et pour lui plaire, faisant son unique contentement de porter le moment présent comme s'il n'y avait au monde autre chose à attendre. »

    Jean-Pierre de Caussade (1675-1751), L'abandon à la Providence divine (Chap. IX), Coll. Christus n°22, Desclée de Brouwer, Paris, 1966.

    Jean-Pierre de Caussade,Oui,Fiat,présent,accueil,réception,volonté divine