24 novembre 2014

Méditation : demandons-nous l'Esprit-Saint ?

Cf. Lc 11, 13 : « ... combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! »

« De même que Jésus-Christ prêchait, le Saint-Esprit prêche à présent ; de même qu'il enseignait, le Saint-Esprit enseigne ; de même que le Christ consolait, le Saint-Esprit console et réjouit.
Que demandes-tu ? Que cherches-tu ? Que veux-tu de plus ? Avoir en toi un conseiller, un pédagogue, un gardien, quelqu'un qui te guide, qui te conseille, qui t'encourage, qui t'achemine, qui t'accompagne en tout et pour tout ?
Finalement, si tu ne perds pas la grâce, il sera tellement à ton côté que tu ne pourras rien faire, ni dire, ni penser qui ne passe par sa main et son saint conseil. Il sera pour toi un ami fidèle et véritable ; il ne t'abandonnera jamais si tu ne l'abandonnes pas.
Ne peut-on considérer comme malheureux et infortuné celui qui ne possède pas cette union, celui qui ne possède pas un tel hôte dans sa maison ? Dites-moi, l'avez-vous reçu ? L'avez-vous appelé ? L'avez-vous importuné pour qu'il vienne ? Que Dieu soit avec vous ! Je ne sais pas comment vous pouvez vivre privés d'un si grand bien. Voyez tous les biens, toutes les grâces et les miséricordes que le Christ est venu faire aux hommes : ce Consolateur les répand toutes dans nos âmes. »

St Jean d'Avila, Sermon.

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23 novembre 2014

Méditation : Jésus est roi

« Jésus est roi en étant celui qui nous conduit à la vie qui ne passe pas, à la vie éternelle, à la résurrection. Les rois de la terre meurent. Et ils sont remplacés par d'autres. S'ils peuvent quelque chose pour la vie terrestre de leurs sujets, et encore pas toujours, ils ne peuvent rien pour les faire vivre au-delà de la mort. Jésus aussi est mort, mais il est ressuscité, et il est vivant d'une vie difficile à concevoir. S'il est ressuscité, c'est pour que nous ne restions pas dans la mort quand nous mourons, mais pour qu'avec lui nous vivions auprès de Dieu, pour que nous entrions dans le Royaume de Dieu qui est le Royaume de la Vie, de la Lumière, de l'Amour. En disant que Jésus est notre roi, nous proclamons que nous trouvons en lui l'espérance de vivre après notre mort, auprès de Dieu, avec la Vierge Marie et tous les saints.

Jésus est roi, dit l’Évangile, en jugeant toutes les nations, tous les hommes, à commencer par nous quand il viendra à notre rencontre dans notre mort, et à la fin de l'histoire humaine. Mais il est roi parce qu'il jugera comme Dieu seul peut juger. Les rois de la terre exercent aussi la justice. Dans leurs royaumes, il y a des juges, des avocats, des palais de justice. La plupart essaient de bien juger. Pourtant leur justice est toujours imparfaite, même dans les meilleurs des cas. Elle ne peut que juger à partir des lois, souvent bonnes, parfois mauvaises. Elle ne peut jamais voir ce qu'il y a dans le cœur des hommes. Qu'est-ce qu'il y a dans le cœur d'un homme qui passe en justice ? Aucun roi de la terre ne peut le dire.

Jésus seul, comme Dieu, nous jugera en nous amenant à voir clair nous-mêmes dans notre cœur, dans ce qu'il y a de plus caché en nous. Mis devant Jésus, nous reconnaîtrons si oui ou non nous avons mis à la première place de notre vie le seul essentiel qui compte : l'amour gratuit qui s'ignore, qui s'adresse même à ceux qui n'ont rien pour attirer : les affamés, les malades, les étrangers, les sans-logis, les prisonniers. Jésus est roi parce qu'il est le seul juge vraiment juste, devant qui tout homme sera amené à reconnaître le fond mystérieux et décisif de sa vie. il est Roi parce que, ressuscité des morts, il fera part de la vie éternelle de Dieu à ceux qui l'ont reçu. Alors, comme le dit saint Paul, sera vaincu le dernier ennemi, la mort, et, « quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous » (1 Co 15, 26-28). »

Mgr Raymond Bouchex, Il est avec nous tous les jours (Vers un ciel nouveau et une terre nouvelle), Parole et Silence, Paris, 2007.

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22 novembre 2014

Méditation : n'oublions pas les âmes du Purgatoire (7)

« Un grand nombre de saints ont eu la dévotion de prier pour les âmes les plus abandonnées, celles pour qui personne ne prie ; c'était la pratique favorite de saint Vincent de Paul, ce grand bienfaiteur de tous les abandonnés. C'est là une excellente pensée et bien pratique, à notre époque surtout. Que de pauvres défunts appartiennent à des familles irréligieuses, indifférentes ou sceptiques ; une fois la cérémonie des funérailles accomplie, l'oubli le plus complet recouvre leur tombe, et plus une prière, plus un seul suffrage ne vient leur apporter le soulagement dans leurs maux.

Une pensée toute différente, mais qui n'en est pas moins touchante, porte d'autres pieuses âmes à prier pour ceux qui sont arrivés à la fin de leur expiation, et à qui il ne manque plus qu'un dernier suffrage pour entrer en possession de la gloire ; de la sorte on est sûr de se procurer immédiatement un grand nombre de protecteurs au Ciel, de glorifier Dieu sans retard, et de délivrer, sans grand'peine, beaucoup de ces pauvres âmes. Notre-Seigneur révéla à la Mère Françoise du Saint-Sacrement que le jour de la commémoration des morts, il délivre chaque année un grand nombre d'âmes, et plus particulièrement celles de cette catégorie.

D'autres ont la dévotion de s'intéresser plus spécialement à telle ou telle classe de personnes. il en est qui prient spécialement pour les pauvres, ces amis de Dieu, qui par suite de la misère de leur famille, sont bien exposés à manquer de suffrages après leur mort, comme ils ont manqué de pain pendant leur vie. La sœur Marie Denize, visitandine, qui dans le monde s'était appelée Mlle de Martignat, et qui appartenait aux premières familles de la noblesse, avait la dévotion contraire. Elle priait surtout pour les riches et les grands de la terre, à cause de l'effroyable accumulation de dettes spirituelles qu'ils sont exposés à contracter dans une vie, où tout est ménagé pour flatter les sens et développer la triple concupiscence. D'autres se sentent attirés à prier pour les prêtres, pour les religieux et religieuses, pour ceux qui ont vécu dans le mêe état de vie où ils se trouvent eux-mêmes.

Il en est qui réservent leurs suffrages pour les âmes du Purgatoire qui ont pratiqué leurs dévotions particulières. Sainte Madeleine de Pazzi priait particulièrement pour les dévots du très saint Sacrement. La bienheureuse Marguerite-Marie pour les dévots du Sacré Cœur. Un grand nombre de saintes âmes ont un attrait spécial vers les dévots de la B. V. Marie, et pensent ainsi témoigner eux-mêmes leur dévotion à la très sainte Vierge, en s'intéressant à ses enfants de prédilection. On peut aussi se sentir attiré à soulager spécialement les amis de saint Joseph, ou encore ceux qui, portant le même nom que nous, ont eu le même protecteur au Ciel, ou bien encore ceux qui ont particulièrement honoré les saints Anges. Par là on secourt les âmes du Purgatoire, et en même temps, on satisfait l'attrait de sa dévotion spéciale.

Enfin j'ai trouvé dans la vie d'un saint personnage une autre dévotion qui m'a paru très pratique pour notre propre amendement, c'est de prier spécialement pour les âmes du Purgatoire qui souffrent en expiation des fautes et des défauts qui sont les nôtres. Chacun peut examiner ici son défaut dominant, l'orgueil, la paresse, la colère et prier pour la délivrance des âmes qui sont punies pour avoir commis ces mêmes fautes. Rien ne me paraît plus propre à produire en nous-mêmes un sérieux amendement.

Toutes ces dévotions sont bonnes, chacun peut choisir celle qui répond le mieux à son attrait. L'essentiel est de faire quelque chose, de ne pas s'engourdir dans la tiédeur et la négligence, de songer que Dieu et sa gloire ont dans ce monde invisible de graves intérêts, et que si la justice nous fait une loi stricte de nous intéresser à quelques âmes, la charité fraternelle, les liens de la communion des saints qui nous réunissent tous en une seule famille, nous font une obligation non moins sérieuse de ne rester indifférents aux souffrances d'aucune de ces âmes. Puissions-nous ne jamais l'oublier dans la pratique ! »

Abbé Louvet, Le Purgatoire d'après les révélations des saints (ch. XV), Paris, Société Générale de Librairie Catholique (Bruxelles, Albanel et Genève, Henri Tremblay), deuxième édition, 1883.

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21 novembre 2014

Méditation : La Présentation de la Très Sainte Vierge au temple

« Voyons quelle part nous devons prendre à ce touchant mystère.

Nous aussi, enfants de l’Église, nous avons été présentés au temple du Seigneur à notre entrée dans la vie. Notre âme, notre corps même, sont devenus par le saint baptême le temple de l'Esprit-Saint. Templum Dei quod estis vos. Nos parents et nos proches nous ont offert au Dieu trois fois saint, qui, nous recevant des mains de l’Église et à l'ombre des mérites du Fils de Marie, a pris possession par sa grâce de tout notre être. Qu'est devenu le contrat, le pacte secret qui vouait à Dieu le Père notre nature entière, notre intelligence au Verbe divin, notre cœur à l'amour substantiel lui-même ? et comment avons-nous rempli les conditions sacrées du grand mystère de notre présentation au temple de Jésus-Christ ?

Qu'avons-nous fait des prémices de notre existence chrétienne ? A qui avons-nous donné les premiers hommages de notre entendement, de notre vie entière ? Comment s'est passée, pour Dieu, pour Jésus-Christ, pour la céleste Marie, cette première période de l'existence pendant laquelle tous les germes de la vie spirituelle devaient se développer ? Réfléchissons, rougissons, prenons de nouvelles et plus généreuses résolutions.

La Présentation de Marie au temple est, pour tous les enfants de l’Église, une invitation pressante à devenir les temples vivants de l'Esprit-Saint, pour mériter un jour, par la puissante intercession de la glorieuse Vierge, d'entrer avec elle dans le Temple de la gloire du Très-Haut. »

Abbé Combalot, La Présentation de la T. Ste Vierge au temple ("Mois de Marie" manuscrit de l'Abbé Combalot), in "Choix de Discours & Allocutions des plus célèbres orateurs contemporains sur la Très Sainte Vierge" par M. l'Abbé J. Guillermin, Tome I, Paris, Librairie Bloud et Barral, s.d. (1892).

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20 novembre 2014

Méditation : l'heureuse faiblesse

« Bienheureux l'homme qui connaît sa propre faiblesse. Car cette connaissance est en lui le fondement, la racine, le principe de toute bonté. Quand un homme a appris et senti sa propre faiblesse, il concentre son âme hors de la vanité qui enténèbre la connaissance et il garde en lui comme un trésor la vigilance. Mais nul ne peut sentir sa propre faiblesse, s'il ne lui a pas été donné, si peu soit-il, d'être éprouvé par les peines du corps ou par celles de l'âme. Comparant alors sa faiblesse à l'aide de Dieu, il connaîtra la grandeur de cette aide.
Par son grand désir du secours de Dieu, il approche Dieu en demeurant dans la prière. Et autant il approche Dieu par sa résolution, autant Dieu l'approche par ses dons, et il ne lui enlève pas sa grâce, à cause de sa grande humilité. Car un tel homme est comme la veuve qui ne cesse d'en appeler au juge pour qu'il lui rende justice contre son adversaire. Dieu compatissant retient les grâces, pour que cette réserve incite l'homme à l'approcher et à demeurer auprès de celui d'où coule son bien. »

Isaac le Syrien (Isaac de Ninive, VIIe s.), Discours ascétique n°21, Trad. J. Touraille, in "Œuvres spirituelles", DDB, Paris, 1981.

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19 novembre 2014

Méditation : n'oublions pas les âmes du Purgatoire (6)

« Que se passe-t-il quand on fait la communion pour les âmes du Purgatoire ? Seule la miséricorde de Dieu le sait avec pleine certitude. Mais il est incontestable que cette application si puissante du sang du divin Cœur ne reste jamais sans effet. Peut-être l'âme pour laquelle on communie est-elle délivrée complètement, et rien ne nous oblige de croire que cet effet est aussi rare que le disent certains auteurs spirituels. Peut-être cette âme reçoit-elle une grande diminution du temps qu'elle avait à passer dans ce lieu d'expiation, une assurance plus intime de sa prompte délivrance, un soulagement dans la peine du dam, une suspension plus ou moins longue de la peine du sens, quelque chose de semblable à ces consolations ineffables dont ont joui certains martyrs sous les fouets et les roues, au milieu des flammes et sur le chevalet. Toujours est-il que, si nous en croyons des révélations particulières, elles désirent ardemment le pain de nos communions. Le P. Faure, dans son excellent livre sur le Purgatoire, en cite les deux exemples suivants :
"Le docte et pieux Louis de Blois raconte, dans un de ses ouvrages, que l'âme d'un défunt, ayant apparu à un serviteur de Dieu, tout environnée de flammes, lui dit qu'elle endurait de cruels tourments à cause de la tiédeur et de la négligence qu'elle avait apportées à la réception de l'Eucharistie. Elle ajouta que, s'il voulait bien communier une fois à son intention, elle serait aussitôt délivrée des souffrances du Purgatoire. Touché du déplorable état de cette âme infortunée, le serviteur de Dieu se rendit à ses désirs. Le lendemain, l'âme pour laquelle il avait communié lui apparut de nouveau, brillante comme le soleil, nageant au sein des plus pures délices, et, après lui avoir promis de ne pas l'oublier dans ses prières, elle s'envola au ciel." (Monil. Spir. 6.)
"Le frère de sainte Madeleine de Pazzi lui apparut, après sa mort, pour lui faire connaître qu'il avait besoin de cent sept communions pour être délivré du Purgatoire. La sainte s'empressa de satisfaire à cette demande, et l'âme de son frère fut soulagée aussitôt et délivrée ensuite de toutes ses peines." »

R.P. Deidier, Considérations sur le Purgatoire (XVI), Paris, P. Téqui, 1895.

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18 novembre 2014

Méditation : se reposer en Dieu seul

« En tout et par-dessus tout, repose-toi en Dieu, ô mon âme, parce qu'il est le repos éternel des saints. Aimable et doux Jésus, donnez-moi de me reposer en vous plus qu'en toutes les créatures ; plus que dans la santé, la beauté, les honneurs et la gloire ; plus que dans toute puissance et dans toute dignité ; plus que dans la science, l'esprit, les richesses, les arts ; plus que dans les plaisirs et la joie, la renommée et la louange, les consolations et les douceurs, l'espérance et les promesses ; plus qu'en tout mérite et en tout désir ; plus même que dans vos dons et toutes les récompenses que vous pouvez nous prodiguer ; plus que dans l'allégresse et dans les transports que l'âme peut concevoir et sentir ; plus enfin que dans les anges et dans les archanges, et dans toute l'armée des cieux ; plus qu'en toutes les choses visibles et invisibles, plus qu'en tout ce qui n'est pas vous, ô mon Dieu !

Tendre époux de mon âme, pur objet de son amour, ô mon Jésus, Roi de toutes les créatures ! qui me délivrera de mes liens, qui me donnera des ailes pour voler vers vous et me reposer en vous ? Oh ! quand serai-je assez dégagé de la terre pour voir, Seigneur mon Dieu, et pour goûter combien vous êtes doux ? Quand serai-je tellement absorbé en vous, tellement pénétré de votre amour, que je ne me sente plus moi-même et que je ne vive plus que de vous, dans cette union ineffable et au-dessus des sens, que tous ne connaissent pas ?...

Venez, venez, car sans vous, tous les jours, toutes les heures s'écoulent dans la tristesse, parce que vous êtes seul ma joie, et que vous pouvez seul remplir le vide de mon cœur....

Que d'autres cherchent, au lieu de vous, tout ce qu'ils voudront ; pour moi, rien ne me plaît ni ne me plaira jamais que vous, ô mon Dieu ! mon espérance, mon salut éternel ! »

Imitation de Jésus-Christ, Livre III, ch. 21 1,3,4,5, trad. Abbé Félicité de Lamennais.
Texte intégral : à lire et/ou télécharger.

Imitation de Jésus-Christ

17 novembre 2014

Méditation : sous le regard du Christ

« Tout au long de notre vie, le Christ nous appelle. Il nous serait bon d'en avoir conscience, mais nous sommes lents à comprendre cette grande vérité, que le Christ marche en quelque sorte parmi nous et, par sa main, par ses yeux, par sa voix, nous ordonne de le suivre. Or nous ne saisissons même pas son appel qui se fait entendre à cet instant même.
Il a eu lieu, pensons-nous, au temps des apôtres ; mais nous n'y croyons pas pour nous-mêmes, nous ne l'attendons pas. Nous n'avons pas d'yeux pour voir le Seigneur, et en cela nous sommes très différents de l'apôtre bien-aimé qui distingua le Christ alors même que les autres disciples ne le reconnaissaient point.
Et pourtant, sois-en sûr : Dieu te regarde, qui que tu sois. Il t'appelle par ton nom. il te voit et il te comprend, lui qui t'a fait. Tout ce qu'il y a en toi, il le sait : tous tes sentiments et tes pensées propres, tes inclinations, tes goûts, ta force et ta faiblesse. Il te voit dans tes jours de joie comme dans tes jours de peine. Il prend intérêt à toutes tes angoisses et à tes souvenirs, à tous les élans et à tous les découragements de ton esprit. Il t'entoure de ses bras et te soutient ; il t'élève ou te repose à terre. Il contemple ton visage, dans le sourire ou les pleurs, dans la santé ou la maladie. Il regarde tes mains et tes pieds, il entend ta voix, le battement de ton cœur et jusqu'à ton souffle. Tu ne t'aimes pas mieux qu'il ne t'aime. »

Bx John Henry Newman, Sermon paroissial.

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Dessin de Greg Olsen

16 novembre 2014

Méditation : l'Eucharistie, nourriture céleste

« L'Eucharistie est établie pour restaurer et nourrir l'âme dans tous ses besoins (1) ; "pour fortifier le corps et l'âme et pour servir de remède" (2). Comme le corps épuisé de fatigues a besoin de renouveler la vie qui circule en lui, l'âme a besoin de réparer ses défaillances et de refaire ses forces. Ce qui manque à beaucoup de ces âmes que dévore l'ennui, le chagrin, ou simplement le vide de la vie, c'est le froment des élus ; la force des saints, c'est le vin des divines joies. Elles oublient qu'à chaque être il faut un aliment, proportionné à sa nature : "le foin, dit saint Cyrille, est la nourriture de l'animal, le pain l'aliment du corps ; et le Christ est le pain de l'âme."

Un grand tort, c'est de considérer la Sainte Communion comme une récompense, comme une couronne de sainteté. Non, la Sainte Communion n'est pas une récompense de la vertu, car la vertu la plus haute ne saurait la mériter ; c'est un moyen d'acquérir la vertu, de se fortifier contre le mal, de persévérer et de s'avancer dans le bien. "Elle nous préserve du péché mortel, et c'est l'antidote qui nous délivre des fautes quotidiennes" (3) ; "nous prenons chaque jour le pain céleste afin de remédier à nos infirmités de chaque jour." (4). "Approchez-vous du Christ avec confiance ; vous n'allez pas à lui pour le sanctifier, mais pour être sanctifié par lui." (5). "Deux sortes de gens doivent communier souvent : les parfaits parce qu'ils sont bien disposés et les imparfaits pour travailler à acquérir la perfection ; les forts de crainte qu'ils ne deviennent faibles et les faibles pour qu'ils deviennent forts." (6)

"Ô Jésus, très doux Seigneur, faites que mon âme ait faim de vous, vous qui êtes le pain des anges, l'aliment des âmes saintes, notre pain quotidien. Que j'aie soif de vous qui êtes la fontaine de vie, de science et de sagesse. Ô Dieu, vous êtes ma paix, mon refuge, ma propriété, mon trésor, mon bonheur. Qu'en vous seul soient fixés et implantés pour toujours, mes entretiens, mes pensées, mes œuvres, mes richesses, mon âme et mon cœur." (St Bonaventure) »

1. St Thomas - 2. Canon de la Messe - 3. Concile de Trente - 4. St Ambroise - 5. St Bonaventure - 6. St François de Sales

Abbé F. Maucourant, La vie d'intimité avec le bon Sauveur (Dix-septième méditation), Nevers, 1898.
(Onzième méditation à lire au 14 novembre 2013)

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15 novembre 2014

Méditation : se jeter en Marie

« Un sculpteur peut faire une figure ou un portrait au naturel de deux manières : 1° se servant de son industrie, de sa force, de sa science et de la bonté de ses instruments pour faire cette figure en une matière dure et informe ; 2° il peut la jeter en moule. La première est longue et difficile et sujette à beaucoup d'accidents. [...] La seconde est prompte, facile et douce, presque sans peine et sans coûtage, pourvu que le moule soit parfait et qu'il représente au naturel ; pourvu que la matière dont il se sert soit bien maniable, ne résistant aucunement à sa main.

Marie est le grand moule de Dieu, fait par le Saint-Esprit, pour former au naturel un Homme Dieu par l'union hypostatique, et pour former un homme Dieu par la grâce. Il ne manque à ce moule aucun trait de la divinité ; quiconque y est jeté et se laisse manier aussi, y reçoit tous les traits de Jésus-Christ, vrai Dieu, d'une manière douce et proportionnée à la faiblesse humaine, sans beaucoup d'agonie et de travaux ; d'une manière sûre, sans crainte d'illusion, car le démon n'a point eu et n'aura jamais d'accès en Marie, sainte et immaculée, sans ombre de la moindre tache de péché.

Oh ! chère âme, qu'il y a de différence entre une âme formée en Jésus-Christ par les voies ordinaires de ceux qui, comme les sculpteurs, se fient en leur savoir-faire et s'appuient sur leur industrie, et entre une âme bien maniable, bien déliée, bien fondue, et qui, sans aucun appui sur elle-même, se jette en Marie et s'y laisse manier à l'opération du Saint-Esprit ! Qu'il y a de taches, qu'il y a de défauts, qu'il y a de ténèbres, qu'il y a d'illusions, qu'il y a de naturel, qu'il y a d'humain dans la première âme ; et que la seconde est pure, divine et semblable à Jésus-Christ ! »

St Louis Marie Grignion de Montfort, Le secret de Marie (16, 17), in "Œuvres complètes", Éditions du Seuil, Paris, 1966.

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14 novembre 2014

Méditation : n'oublions pas les âmes du Purgatoire (5)

« Le bienheureux Henri Suso, de l'ordre des Frères Prêcheurs et connu par ses œuvres mystiques, menait une vie si pure et si détachée de la terre qu'il se sentait comme dévoré par le désir de l’Éternité bienheureuse. Dieu, qu'il honorait sous le nom d’Éternelle Sagesse, lui manifestait souvent les secrets de l'autre monde. Fréquemment les âmes des fidèles lui apparaissaient dans ses visions, lui parlaient de leur état, du lieu qu'elles habitaient, de leurs joies et de leurs peines.
Un jour, il vit paraître devant lui l'âme d'un homme qui avait, sur la terre, vécu saintement et qui se nommait Eckard. Ce bienheureux lui déclara qu'il avait le bonheur d'être dans le ciel, au sein de la lumière et de la gloire et entièrement transformé en Dieu.
Henri Suso lui demanda entre autres détails quelle récompense Dieu réservait à ceux qui sur la terre avaient pratiqué le saint abandon entre les mains de la Providence, la soumission et la conformité à la divine volonté.
Eckard, prenant alors un visage plus radieux encore, lui répondit : « Ceux-là sont les bien-aimés du Seigneur ; leurs âmes, suavement unies à la divinité, sont toutes submergées dans l'abîme de son Essence adorable et jouissent d'une félicité qu'aucune parole humaine ne saurait exprimer. » Cette révélation fit une impression profonde sur l'esprit du bienheureux Henri Suso. Déjà abandonné depuis longtemps à la divine Providence, il prit la résolution de s'y livrer encore plus parfaitement et de se conformer en toutes ses actions à la volonté de Dieu.
Suivons son exemple, et offrons les difficultés que nous rencontrerons certainement dans cette pratique, pour le soulagement et la délivrance des saintes âmes du Purgatoire. »

R.P. Deidier, Considérations sur le Purgatoire (XVIII), Paris, P. Téqui, 1895.

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13 novembre 2014

Méditation : "Notre Église est l'église des saints"

« L'heure des saints vient toujours. Notre Église est l'église des saints. Qui s'approche d'elle avec méfiance ne croit voir que des portes closes, des barrières et des guichets, une espèce de gendarmerie spirituelle. Mais notre Église est l'église des saints. Pour être un saint, quel évêque ne donnerait son anneau, sa mitre, sa crosse, quel cardinal sa pourpre, quel pontife sa robe blanche, ses camériers, ses suisses et tout son temporel ? Qui ne voudrait avoir la force de courir cette admirable aventure ? Car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure. Qui l'a une fois compris est entré au cœur de la foi catholique, a senti tressaillir dans sa chair mortelle une autre terreur que celle de la mort, une espérance surhumaine. Notre Église est l'église des saints. Mais qui se met en peine des saints ? On voudrait qu'ils fussent des vieillards pleins d'expérience et de politique, et la plupart sont des enfants. Or l'enfance est seule contre tous. Les malins haussent les épaules, sourient : quel saint eut beaucoup à se louer des gens d'église ? Hé ! Que font ici les gens d'église ! Pourquoi veut-on qu'ait accès aux plus héroïques des hommes tel ou tel qui s'assure que le royaume du ciel s'emporte comme un siège à l'Académie, en ménageant tout le monde ? Dieu n'a pas fait l'Église pour la prospérité des saints, mais pour qu'elle transmît leur mémoire, pour que ne fût pas perdu, avec le divin miracle, un torrent d'honneur et de poésie. Qu'une autre église montre ses saints ! La nôtre est l'Église des saints. À qui donneriez-vous à garder ce troupeau d'anges ? La seule histoire, avec sa méthode sommaire, son réalisme étroit et dur, les eût brisés. Notre tradition catholique les emporte, sans les blesser, dans son rythme universel. Saint Benoît avec son corbeau, saint François avec sa mandore et ses vers provençaux, Jeanne avec son épée, Vincent avec sa pauvre soutane, et la dernière venue, si étrange, si secrète, suppliciée par les entrepreneurs et les simoniaques, avec son incompréhensible sourire — Thérèse de l'Enfant Jésus. Souhaiterait-on qu'ils eussent tous été, de leur vivant, mis en châsse ? assaillis d'épithètes ampoulées, salués à genoux, encensés ? De telles gentillesses sont bonnes pour les chanoines. Ils vécurent, ils souffrirent comme nous. Ils furent tentés comme nous. Ils eurent leur pleine charge et plus d'un, sans la lâcher, se coucha dessous pour mourir. Quiconque n'ose encore retenir de leur exemple la part sacrée, la part divine, y trouvera du moins la leçon de l'héroïsme et de l'honneur. Mais qui ne rougirait de s'arrêter si tôt, de les laisser poursuivre seuls leur route immense ? Qui voudrait perdre sa vie à ruminer le problème du mal, plutôt que de se jeter en avant ? Qui refusera de libérer la terre ? Notre Église est l'église des saints. Tout ce grand appareil de sagesse, de force, de souple discipline, de magnificence et de majesté n'est rien de lui-même, si la charité ne l'anime. Mais la médiocrité n'y cherche qu'une assurance solide contre les risques du divin. Qu'importe ! Le moindre petit garçon de nos catéchismes sait que la bénédiction de tous les hommes d'Église ensemble n'apportera jamais la paix qu'aux âmes déjà prêtes à la recevoir, aux âmes de bonne volonté. Aucun rite ne dispense d'aimer. Notre Église est l'église des saints...

[...] Notre Église est l'église des saints. Nous respectons les services d'intendance, la prévôté, les majors et les cartographes, mais notre cœur est avec les gens de l'avant, notre cœur est avec ceux qui se font tuer. Nul d'entre nous portant sa charge — patrie, métier, famille, — avec nos pauvres visages creusés par l'angoisse, nos mains dures, l'énorme ennui de la vie quotidienne, du pain de chaque jour à défendre, et l'honneur de nos maisons, nul d'entre nous n'aura jamais assez de théologie pour devenir seulement chanoine. Mais nous en savons assez pour devenir des saints. Que d'autres administrent en paix le royaume de Dieu ! Nous avons déjà trop à faire d'arracher chaque heure du jour, une par une, à grand-peine, chaque heure de l'interminable jour, jusqu'à l'heure attendue, l'heure unique où Dieu daignera souffler sur sa créature exténuée, ô Mort si fraîche, ô seul matin ! Que d'autres prennent soin du spirituel, argumentent, légifèrent : nous tenons le temporel à pleines mains, nous tenons à pleines mains le royaume temporel de Dieu. Nous tenons l'héritage des saints. Car depuis que furent bénis avec nous la vigne et le blé, la pierre de nos seuils, le toit où nichent les colombes, nos pauvres lits pleins de songe et d'oubli, la route où grincent les chars, nos garçons au rire dur et nos filles qui pleurent au bord de la fontaine, depuis que Dieu lui-même nous visita, est-il rien en ce monde que nos saints n'aient dû reprendre, est-il rien qu'ils ne puissent donner ? »

Georges Bernanos (1888-1948), Jeanne relapse et sainte, Librairie Plon, Paris, 1934.

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Jean-François Millet, Filles aux brousailles (1852)
Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg, Russie
(Source et crédit photo)

12 novembre 2014

Méditation : n'oublions pas les âmes du Purgatoire (4)

« On peut aussi, et très utilement, réciter le Rosaire ou le chapelet pour le soulagement des défunts. Les pauvres âmes du Purgatoire connaissent bien son efficacité. On lit dans la vie de la Mère Françoise du Saint-Sacrement qu’elle récitait chaque jour le Rosaire, pour la délivrance des défunts, et au lieu du Gloria Patri, elle terminait chaque dizaine par le verset requiescant in pace. Elle appelait son chapelet son aumônier ; c’était lui, en effet, qui lui permettait de faire aux âmes du Purgatoire de riches aumônes spirituelles, et de les mettre en état de s’acquitter envers Dieu. Aussi, dans les fréquentes visites que lui faisaient ces pauvres âmes, on les voyait lui prendre des mains son chapelet et le baiser avec respect, comme l’instrument de leur salut.
Un autre dévot aux âmes du Purgatoire, Joseph Nieremberg, avait aussi la coutume de réciter chaque jour le chapelet à la même intention. Il avait pour cela un chapelet enrichi de nombreuses indulgences. Il vint à le perdre, ce qui le chagrina beaucoup, à cause de ces pauvres âmes ; or, un soir que, faute de mieux, il offrait à Notre-Seigneur sa bonne volonté, il entend au plafond de sa chambre un bruit singulier, il regarde, et voit tomber à ses pieds, son chapelet avec toutes les médailles qui y étaient attachées. Il ne douta pas que ce ne fussent les âmes du Purgatoire qui le lui renvoyaient, pour l’encourager à persévérer dans une pratique qui leur était si utile.

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[...]

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Mercredi 12 novembre 2014

Calendrier liturgique

11 novembre 2014

Méditation : « Je suis Jésus que tu persécutes »

« Les impies se croient héroïques de résister à un Tout-Puissant. Ces superbes, dont quelques-uns ne sont pas inaccessibles à la pitié, pleureraient de honte, s'ils pouvaient voir la faiblesse, la misère, la désolation infinies de Celui qu'ils bravent et qu'ils outragent. Car Dieu, qui s'est fait pauvre en se faisant homme, est, en un sens, toujours crucifié, toujours abandonné, toujours expirant dans les tortures. Mais que penser de ceux-ci qui ne connurent jamais la pitié, qui sont incapables de verser des larmes, et qui ne se croient pas impies ? Et que penser enfin de ceux-là qui rêvent la vie éternelle, en bras de chemise et en pantoufles, au coin du feu de l'enfer ?

... Je vous ai parlé des locataires pauvres dont cette paroisse est suffisamment approvisionnée, et qui tremblent déjà, en songeant à ce que vous pouvez leur faire souffrir demain. Ai-je parlé à une seule âme vraiment chrétienne ? Je n’ose le croire.

Ah ! que ne puis-je crier en vous ! sonner l’alarme au fond de vos cœurs charnels ! vous donner l’inquiétude salutaire, la sainte peur de trouver votre Rédempteur parmi vos victimes ? Ego sum Jesus quem tu persequeris ! est-il dit à saint Paul fumant de rage contre les chrétiens, qui étaient alors comme les locataires de la Cité du Démon et qu’on pourchassait de gîte en gîte, l’épée ou la torche dans les reins, jusqu’à ce qu’ils payassent de tout leur sang le logis permanent des cieux. Je suis Jésus que tu persécutes !

On sait que ce Maître s’est souvent caché au milieu des indigents, et quand nous faisons souffrir un homme plein de misère, nous ne savons pas quel est celui des membres du Sauveur que nous déchirons. Nous avons appris du même saint Paul qu’il y a toujours quelque chose qui manque aux souffrances de Jésus-Christ, et que ce quelque chose doit être accompli dans les membres vivants de son Corps.

— Quelle heure est-il ? Père, disent à Dieu ses pauvres enfants, tout le long des siècles, car nous veillons « sans savoir le jour ni l’heure ». Quand finira-t-on de souffrir ? Quelle heure est-il à l’horloge de votre interminable Passion ? Quelle heure est-il ?... »

Léon Bloy (1846-1917), La femme pauvre (ch. XXIII), Paris, Bernouard, 1897 - Paris, Georges Crès et Cie, " Les maîtres du livre", 1924.

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10 novembre 2014

Père Zanotti-Sorkine - Enseignement : « La prière pour les défunts »

 (Enregistrement audio)

Enseignement du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, nouveau chapelain du sanctuaire de Notre-Dame du Laus, sur la prière pour les défunts.


Site du Père Zanotti-Sorkine
Site de N-D du Laus.

Méditation - Poésie : n'oublions pas les âmes du Purgatoire (3)

« ... Du Rédempteur voici les croix, signes sacrés,
Vous les portez sur vous, ô morts qui m'entourez ;
Ici, vous avez tous la croix divine, l'arbre
Qui dans le bronze ou l'or, le granit ou le marbre,
Donne la même fleur au calice sanglant.
C'est la fleur de la Mort qu'avec l'eau de son flanc
Le Christ arrose et fait renaître et qu'il déploie
Pour que l'homme l'adore et pour que Dieu la voie,
La fleur de l'Espérance aux immortels parfums.
Heureux si vous avez dans l'ombre, ô chers défunts,
Jadis dans le secret des terrestres misères,
Versé toute votre âme et des larmes amères,
Les pleurs de vos chagrins les plus mystérieux
Sur l'arbre qui porta le Mystère des Cieux.
Heureux ceux dont les cœurs brûlaient comme les cierges
Sur des autels fleuris. Bienheureuses les vierges
Qui tenaient, pour le temps et pour l'éternité,
En de fragiles mains, les lys pleins de beauté,
Pleins de grâce, avec leurs corolles renversées
Et pâles sous le poids des célestes pensées.

Du champ des morts j'ai vu la terre des vivants.
La moisson qui frémit aux caresses des vents,
Haute, droite, sans bruits, demeurait immobile
Dans la lueur du soir magnifique et tranquille.
Pas un vol, pas un cri ne partait des sillons.
Dans le lointain les chars manquaient, mais aux rayons
Que le soir envoyait, les croix souriaient toutes
A l'étrange abandon de la plaine et des routes.
Du champ des morts, là-bas, à l'occident vermeil,
J'ai vu, dans l'agonie énorme du soleil,
S'évanouir les bois le long des étendues
Et disparaître, au fond des campagnes perdues,
Un noir fourmillement de troupeaux qui fuyaient.
Seules, devant la nuit proche, les croix brillaient,
Car l'ombre qui semblait couvrir la terre entière,
L'ombre laissait survivre, autour du cimetière,
Pur et d'autant plus doux sous le ciel attristé,
Comme un reflet de gloire et d'immortalité. »

Paul Harel (1854-1927), Dans le cimetière, in "Les Heures lointaines"
Paris, Alphonse Lemere, Éditeur, 1902.

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