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Méditations

  • Méditation - Les larmes de Pierre

    Pierre s'en prit donc à ses yeux, mais aucune prière ne tomba de ses lèvres. Je lis dans l’Évangile qu'il pleura, mais, nulle part, je ne lis qu'il prononça un mot de prière ; je vois couler ses larmes, mais je n'entends pas l'aveu de sa faute. Oui, Pierre a pleuré et il s'est tû : c'était justice, car, d'ordinaire, ce qu'on pleure ne s'excuse pas, et ce qu'on ne peut excuser peut se pardonner. Les larmes effacent la faute que la honte empêche d'avouer. Pleurer, c'est donc, tout à la fois, venir en aide à la honte et obtenir indulgence : par là, on ne rougit pas à demander son pardon, et on l'obtient en le sollicitant. Oui, les larmes sont une sorte de prière muette : elles ne sollicitent pas le pardon, mais elles le méritent ; elles ne font aucun aveu, et pourtant elles obtiennent miséricorde. En réalité, la prière de larmes est plus efficace que celle de paroles, parce qu'en faisant une prière verbale, on peut se tromper, tandis que jamais on ne se trompe en pleurant. A parler, en effet, il nous est parfois impossible de tout dire, mais toujours nous témoignons entièrement de nos affections par nos pleurs. Aussi Pierre ne fait-il plus usage de sa langue, qui avait proféré le mensonge, qui lui avait fait commettre le péché et perdre la foi ; il a peur qu'on ne croie pas à la profession de foi sortie d'une bouche qui a renié son Dieu : de là sa volonté bien arrêtée de pleurer sa faute, plutôt que d'en faire l'aveu, et de confesser par ses larmes ce que sa langue avait déclaré ne pas connaître. Si je ne me trompe, voici encore pour Pierre un autre motif de garder le silence : demander son pardon sitôt après sa faute, n'était-ce pas une impudence plus capable d'offenser Dieu, que de l'amener à se montrer indulgent ? Celui qui rougit en sollicitant son pardon, n'obtient-il pas ordinairement plus vite la grâce qu'il demande ? Donc, en tout état de faute, mieux vaut pleurer d'abord, puis prier. Nous apprenons ainsi, par cet exemple, à porter remède à nos péchés, et il s'ensuit que si l'Apôtre ne nous a pas fait de mal en reniant son Maître, il nous a fait le plus grand bien par la manière dont il a fait pénitence de son péché.

    Enfin, imitons-le relativement à ce qu'il a dit en une autre occasion. Le Sauveur lui avait, trois fois de suite, adressé cette question : « Simon , m'aimes-tu (3)? » et, chaque fois, il avait répondu : « Seigneur, vous le savez, je vous aime ». Et le Seigneur lui dit : « Pais mes brebis ». La demande et la réponse ont eu lieu trois fois pour réparer le précédent égarement de Pierre. Celui qui, à l'égard de Jésus, avait proféré un triple reniement, prononce maintenant une triple confession, et autant de fois sa faiblesse l'avait entraîné au mal, autant de fois, par ses protestations d'amour, il obtient la grâce du pardon. Voyez donc combien il a été utile à Pierre de verser des larmes : avant de pleurer, il est tombé ; après avoir pleuré, il s'est relevé : avant de pleurer, il est devenu prévaricateur ; après avoir pleuré, il a été choisi comme pasteur du troupeau, il a reçu le pouvoir de gouverner les autres, bien qu'il n'ait pas su, d'abord, se diriger lui-même. Telle fut la grâce que lui accorda Celui qui, avec Dieu le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

    1. Gen. III, 9. - 2. Ps XXXIII, 16. - 3. Jean, XXI, 13. - 2. Ibid. 1.

    St Augustin (345-430), extraits du Onzième Sermon sur la chute de Pierre (3-4), in "Œuvres complètes de Saint Augustin" (Suite du Tome XI : sixième série, sermons inédits, troisième Supplément), traduites pour la première fois en français sous la direction de M. l'abbé Raulx, Bar-Le-Duc, L. Guérin et Cie Éditeurs, 1868.
    Source : Abbaye Saint Benoît de Port-Valais - CH 1897 Le Bouveret (VS).

    Voir aussi sur notre site, pour la Fête des Saints Pierre et Paul, apôtres :
    - St Bernard, extraits du Deuxième Sermon pour la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul (5-6)
    - St Augustin, extraits du Neuvième Sermon pour la Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul (II)
    - St Bernard, Troisième Sermon pour la Fête des Apôtres Saint Pierre et Saint Paul.

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    Francisco de Zurbarán (1598–1664), Les larmes de Saint Pierre
    El Greco Museum, Tolède (Espagne)

    (Crédit photo)

  • Méditation - Jésus, doux et humble de Coeur

    « Jésus était doux par nature : c'est l'Agneau de Dieu ; doux par vertu, pour glorifier son Père par cet état ; doux par mission de son Père : la douceur devait être le caractère du Sauveur, afin qu'il pût attirer les pécheurs, les encourager à venir, se les attacher et les fixer dans la loi divine.
    Nous aurions grand besoin de cette douceur de cœur ! Nous ne l'avons pas ; bien souvent, au contraire, nous nous sentons pleins d'irritation dans nos pensées et nos jugements. Nous jugeons trop des choses et des personnes au point de vue du succès, à notre point de vue, et nous brisons ceux qui s'opposent à nous ; nous devrions en juger comme Notre-Seigneur, ou dans sa sainteté, ou dans sa miséricorde : toujours nous serions charitables, et notre cœur garderait sa paix...
    [...]
    O mon âme, sois douce envers le prochain qui t'exerce, comme Dieu, comme Notre-Seigneur, comme la sainte Vierge sont doux envers toi ; sois douce envers lui, afin que ton juge le soit pour toi : car on te rendra dans la mesure que tu auras donné. Et si tu penses à tes péchés, à ce que tu as mérité et à ce que tu mérites ; en voyant avec quelle bonté et quelle douceur, quelle patience et quel honneur Notre-Seigneur te traite, ô pauvre âme, tu devras te confondre envers le prochain en douceur et en humilité de cœur. »

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Première Série, La Présence réelle (Jésus doux et humble de cœur, II et V), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1928 (seizième édition).

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  • Méditation - Apostolat de la prière douloureuse

    « Actuellement le Christ dans le Ciel ne meurt plus, nous dit l'apôtre saint Paul (1), mais il a laissé à son Eglise cette souffrance qui vient de l'opposition entre le péché et la Divinité. Il a laissé aux chrétiens le soin de réaliser la prière d'union, il leur a laissé aussi le soin de continuer la prière douloureuse de Gethsémani.
    Ici, il ne s'agit pas d'un tourment quelconque, que l'on endurerait uniquement pour se purifier ; il s'agit d'une souffrance qui continue la Rédemption, une souffrance par laquelle l'Eglise et les âmes continuent ce qui manque à la Passion du Christ (2). Le mérite de la Passion du Christ est infini, mais il lui manque quelque chose pour son application dans les âmes.
    [...]
    Nous touchons ici au drame de la prière contemplative, à la nécessité des monastères et de la prière contemplative. Les grands contemplatifs, une sainte Thérèse d'Avila, une sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qu'ont-ils fait ? Ils ont continué la prière de Gethsémani. Sainte Thérèse d'Avila dit pendant que pendant de longues années, tous les soirs avant de s'endormir, elle regardait Jésus à Gethsémani et le reproduisait (3).
    Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a fait la même chose ; elle a porté, surtout à la fin de sa vie, la lutte du péché moderne de l'incrédulité et de l'orgueil, contre la sainteté, la grâce qu'elle portait (4). [...] Elle n'a pas porté le péché du monde, mais elle a porté le péché de notre époque. Et à cause de cela, parce qu'elle aussi a été le « buvard » qui a pris ce péché dans les âmes, elle a été rédemptrice, co-rédemptrice.
    Si nous admirons actuellement qu'elle soit une grande thaumaturge, qu'elle puisse éclairer et sauver tant d'âmes, si elle est la grande missionnaire et la grande apôtre des temps modernes, ce n'est pas parce qu'elle a agi mais parce qu'elle est allée à la fonction essentielle du Christ, c'est-à-dire cette fonction rédemptrice de prendre le péché du monde.
    Voilà l'utilité de la prière, de la prière d'union et de la prière douloureuse, l'utilité de l'apostolat par la prière, surtout douloureuse. »

    1. Rm 6, 9. - 2. Cf. Col 1, 24. - 3. Cf. Vie, ch. 9. - 4. Cf. Manuscrit C 5 r° 8.

    Vénérable Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus O.C.D. (1894-1967), Au souffle de l'Esprit. Prière et action (Pour une transformation d'amour. La prière contemplative du Christ, III. La prière de Jésus, Tête du Corps mystique), Éditions du Carmel, Vénasque, 1990.
    (Retranscription des conférences orales du Père Marie-Eugène données en 1956, 1957 et 1962)
    NB : Le Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus sera béatifié le 19 novembre 2016.

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  • Méditation - Se comporter en chrétien cohérent

    « La sainteté à laquelle nous devons aspirer n'est pas une sainteté de deuxième rang, qui d'ailleurs n'existe pas. Et la principale condition qui nous est demandée, et qui est tout à fait conforme à notre nature, consiste à aimer : la charité est le lien de la perfection (1) ; charité que nous devons pratiquer en accord avec les commandements explicites que le Seigneur lui-même a établis : tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit (2), sans rien garder pour nous. C'est en cela que consiste la sainteté.

    Certes, il s'agit d'un objectif élevé et ardu. Mais ne perdez pas de vue que personne ne naît saint ; le saint se forge au jeu continuel de la grâce divine et de la réponse de l'homme. Tout ce qui se développe, fait remarquer un écrivain chrétien des premiers siècles à propos de l'union avec Dieu, commence petit. C'est en se nourrissant graduellement qu'on arrive à devenir grand, par des progrès constants (3). C'est pourquoi je te dis que, si tu veux te comporter en chrétien cohérent (et je sais que tu y es disposé, même s'il t'en coûte si souvent de te vaincre ou de continuer à faire aller de l'avant ce pauvre corps), tu dois apporter un soin extrême aux détails les plus insignifiants. Car tu n'atteindras la sainteté que Notre-Seigneur exige de toi qu'en accomplissant avec amour de Dieu ton travail, tes obligations de chaque jour, faites presque toujours de petites réalités. »

    1. Col. 3, 14. - 2. Mt 22, 37. - 3. Saint Marc l'Ermite, De Lege spirituali, 172 (PG 65, 926).

    St Josemaría Escrivá de Balaguer (1902-1975), fêté ce jour, Amis de Dieu (« Homélies » 1960, 6-7), Le Laurier, 2000.

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  • Méditation - Prière pour obtenir l'humilité

    « Mes frères, retirons-nous avec cette pensée : « Quand j'aurais toutes les vertus, et non pas l'humilité, je n'ai rien que péché, je ne suis qu'un pharisien superbe et un missionnaire abominable. » Mon Sauveur, faites-nous bien concevoir cette vérité, faites-nous voir l'excellence de cette vertu, faites que nous l'aimions et que, l'aimant, nous rejetions toutes les pensées vaines. Commençons, mes frères, dès cette heure à voir combien elle est belle et combien agréable en ceux qui tâchent perpétuellement de s'humilier, combien ils sont en paix et combien on les estime ; comme, au contraire, estimons malheureux ceux qui courent après l'honneur et travaillent pour être estimés ; n'est-il pas vrai qu'ils se tourmentent en vain, que la plupart du monde les méprise, qu'on s'en moque et qu'on s'en rit ? Nous verrons cela et nous aurons si peu de jugement que de courir après ces amusements de la nature aveugle et corrompue !

    L'humilité a cela de propre qu'elle nous empêche de prétendre à aucune estime que de vous, mon Dieu, qui donnez le prix aux choses. Les hommes n'en connaissent pas la valeur. N'est-ce pas être fol et passe-fol que de préférer l'estime du monde à la vôtre, l'ombre au corps, le mensonge à la vérité ?

    Sauveur de mon âme, remplissez-nous de ces affections qui vous ont si fort humilié, de ces affections qui vous ont fait préférer la contumélie (*) à la louange, et de ces affections qui vous ont fait chercher la gloire de votre Père dans votre propre confusion. Que nous commencions dès à présent à rejeter tout ce qui ne va pas à votre honneur et à notre mépris, tout ce qui sent la vanité, l'ostentation et la propre estime ; que nous tâchions de faire désormais des actes d'une vraie humilité ; que nous renoncions une bonne fois pour toutes à l'applaudissement des hommes trompés et trompeurs, à la vaine imagination du bon succès de nos œuvres ; et enfin, mon Seigneur, que nous apprenions à être véritablement humbles de cœur, par votre grâce et par votre exemple. »

    (*) : Vieilli, littér. Parole ou action atteignant une personne dans sa dignité ; offense très grave.

    St Vincent de Paul, extrait de la Conférence aux Missionnaires, 18 avril 1659 (S. V., XII, 195-211), in "Saint Vincent de Paul. Œuvres présentées par André Dodin", Aubier, Paris, 1949.

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  • Méditation - Nativité de Saint Jean-Baptiste

    « Que pensez-vous que sera un jour cet enfant ?
    Car la main du Seigneur était avec lui. »

    (Lc 1, 66)

    « Ce que vous serez, ô Jean-Baptiste ? Mais, depuis vingt siècles, l’Église le chante chaque jour : Vous serez et vous resterez, à jamais, le Prophète du Très-Haut, le plus grand de tous les prophètes, celui qui a la gloire de tous ceux qui furent et seront à jamais, celui qui a montré du doigt Notre Seigneur Jésus-Christ.
    Ce que vous serez ? Nous le répétons, chaque jour, dès le matin de nos journées : vous êtes celui qui révèle la Science du salut, la Science des saints, ce même Seigneur et Dieu, Jésus-Christ, la Science du Père, la Sagesse infinie, celui en qui sont tous les trésors de la sagesse et de la science, l'Ineffable Don de Dieu.
    Ce que vous serez ? Vous êtes celui qui annoncez Celui qui vient. Celui qui est l'Agneau de Dieu, Celui qui remet les péchés dans le Feu, c'est-à-dire dans le Saint-Esprit.
    A tous les pécheurs du monde qui ont été, qui sont et seront, vous criez toujours : Je suis la voix de Celui qui clame dans le désert : préparez les voies du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Voici Celui qui vient, il est à votre porte ; il demande d'entrer dans votre cœur pour le ravir à Lui, pour le transformer dans le sein, et l'emporter, quelque jour, dans sa gloire.
    Oui, la main du Seigneur était avec vous, Zacharie, illustre prêtre du Très-Haut. Le nom de Jean-Baptiste est une révélation magnifique de ses grandeurs. Lorsque, sur la tablette, vous l'écriviez, tremblant, vous deviniez sans doute le mystère de votre enfant, le plus grand des enfants des hommes, après Jésus.
    C'est aujourd'hui la fête de la joie, de la vôtre, notre joie à tous ; car, Jean est un message vivant de joie, de la joie suprême, qu'est Jésus-Christ, notre Dieu. »

    Dom Vandeur, Élévations sur la Messe de chaque jour, Temps après la Pentecôte I (Saint Jean Baptiste, Précurseur), Éditions de Maredsous, Namur, 1950.

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    Domenico Ghirlandaio (1449-1494), Le nom du Baptiste
    Fresque de la chapelle Tornabuoni, église Santa Maria Novella, Florence (Italie)

    (Crédit photo)

  • Méditation - « Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage » (Mt 5,4)

    « Ayons donc, frères, des sentiments humbles, rejetons toute jactance, tout orgueil, tout excès, tout emportement et accomplissons ce qui est écrit. En effet, le Saint-Esprit a dit : « Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, ni le fort de sa force, ni le riche de sa richesse. Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie dans le Seigneur de le chercher et de pratiquer le droit et la justice. » (Jr 9, 22-23).

    Souvenons-nous surtout des paroles de Notre-Seigneur par lesquelles il nous enseignait l'équité et la magnanimité : « Soyez miséricordieux afin d'obtenir miséricorde, pardonnez afin d'être pardonnés : selon que vous agirez, on agira envers vous ; comme vous donnerez, on vous donnera ; comme vous jugerez, on vous jugera ; selon que vous faites le bien on vous en fera ; de la mesure dont vous mesurerez, on mesurera pour vous en retour » (Mt 6, 14-15 ; 7, 1-2, 12 ; Lc 6, 31, 36-38).

    Puisons dans ce commandement et dans ces préceptes la force de marcher dans la soumission à ses paroles saintes en toute humilité. La sainte parole dit en effet : « Sur qui jetterai-je les yeux, sinon sur l'homme doux, pacifique, qui tremble à ma parole ? » (Is 66, 2). »

    St Clément de Rome († v.101), Épitre aux Corinthiens, §13-14. Cf "Les Pères apostoliques", Cerf, 2006, et SC n°167, Cerf, 1971.
    Pour approfondir : Sur la Lettre aux Corinthiens de Saint Clément de Rome.

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  • Méditation - « Un trésor caché dans un champ » (Mt 13, 44)

    « Que peux-tu vouloir de plus, ô âme, et que cherches-tu de plus en dehors de toi, alors qu'au-dedans de toi tu as tes richesses, tes délices, ta satisfaction, ton rassasiement et ton royaume, c'est-à-dire ton Bien-Aimé que désire et recherche ton âme ? Puisque tu le possèdes si proche, réjouis-toi et sois dans l'allégresse avec lui en ton recueillement intérieur ; désire-le là, adore-le là et ne vas pas le chercher loin de toi car tu te distrairais et tu te fatiguerais et tu ne le trouverais ni n'en jouirais plus sûrement, ni plus rapidement, ni plus intimement qu'en toi-même. [...]

    Donc, étant donné que ton Époux bien-aimé est le trésor caché dans le champ de ton âme, pour lequel le sage marchand a donné tous ses biens (Mt 13, 44), il te faudra, pour le trouver, oublier tout ce qui t'appartient, t'éloigner de toutes les créatures, te cacher dans la retraite intérieure de ton esprit et, fermant sur toi la porte, c'est-à-dire renonçant à ta volonté en toutes choses, prier ton Père dans le secret (Mt 6, 6). Ainsi, restant cachée en lui, tu le sentiras alors en secret, tu l'aimeras et tu en jouiras en secret, et tu prendras plaisir avec lui en secret, c'est-à-dire au-delà de toute parole et de tout sentiment.

    Courage donc, ô belle âme ! Puisque tu sais maintenant que le Bien-Aimé que tu désires demeure caché en ton sein, efforce-toi de rester bien cachée avec lui, et dans ton sein tu l'étreindras et tu le sentiras avec un tendre amour. »

    St Jean de la Croix, Cantique spirituel B, strophe 1, § 8-10, trad. Françoise Aptel et Marie-Agnès Haussièttre (Providence de la Pommeraye), Jean-Pierre Thibaut, carme, Cerf, 1995. In François Huguenin, "Les voix de la foi", Perrin, collection tempus, 2012.

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  • Méditation - Exerçons la miséricorde envers tous

    « Quand nous allons voir les pauvres, nous devons entrer dans leurs sentiments pour souffrir avec eux, et nous mettre dans les dispositions de ce grand apôtre, qui disait : « Omnibus omnia factus sum », je me suis fait tout à tous (1Co 9, 22). En sorte que ce ne soit point sur nous que tombe la plainte qu'a faite autrefois notre Seigneur par un prophète : « Sustinui qui simul mecum contristaretur, et non fuit » - j'ai attendu pour voir si quelqu'un ne compatirait point à mes souffrances, et il ne s'en est trouvé aucun (Ps 69, 21).
    Et, pour cela, il faut tâcher d'attendrir nos cœurs et de les rendre susceptibles des souffrances et des misères du prochain, et prier Dieu qu'il nous donne le véritable esprit de miséricorde, qui est le propre esprit de Dieu. Car, comme dit l’Église, c'est le propre de Dieu de faire miséricorde et d'en donner l'esprit.
    Demandons donc à Dieu, mes frères, qu'il nous donne cet esprit de compassion et de miséricorde, qu'il nous en remplisse, qu'il nous le conserve, en sorte que qui verra un missionnaire puisse dire : « Voilà un homme plein de miséricorde. »
    [...] Soyons donc miséricordieux, mes frères, et exerçons la miséricorde envers tous.
    En sorte que nous ne trouvions plus jamais un pauvre sans le consoler, si nous le pouvons, ni un homme ignorant sans lui apprendre en peu de mots les choses qu'il faut qu'il croie et qu'il fasse pour son salut.
    O Sauveur, ne permettez pas que nous abusions de notre vocation, et n'ôtez pas de cette Compagnie l'esprit de miséricorde ! Car que serait-ce de nous, si vous en retiriez votre miséricorde ? Donnez-nous-la donc, avec l'esprit de douceur et d'humilité. »

    St Vincent de Paul (1581-1660), Entretien 152, 6 août 1656 (XI, 340-342), in "Dieu très simple", Entretiens spirituels présentés par Jean-Pierre Renouard, Arfuyen, 2007.

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    (Crédit photo - David Harding from Fotolia.com)

  • Méditation - Le Saint Sacrifice de la Messe

    « Le sacrifice de la messe est le centre auquel tout se rapporte dans la liturgie. A un certain moment, pendant la messe (et c'est pour quoi le « silence sacré » (1) est alors de rigueur), il y a comme un coup de foudre divin ; aux paroles de la double consécration (qui, fait qu'elle sépare sacramentellement le Corps et le Sang du Seigneur, est un signe à portée réelle de sa mort sur la croix), Jésus se rend présent sur l'autel, en l'état de victime : voilà soudain mystérieusement devant nous, pendant quelques minutes du temps où nous vivons, le sacrifice où il s'est donné pour nous, sa suprême offrande de lui-même au Père, l'acte par lequel il a conquis la grâce rédemptrice pour tous les hommes. A la messe, les fidèles ne sacrifient pas avec le prêtre ; c'est au prêtre seul qu'a été confié, en vertu du sacrement de l'Ordre, le pouvoir de sacrifier (*). Les fidèles tiennent de leur Baptême une autre sorte de pouvoir, la capacité de s'unir au prêtre dans l'offrande de la victime sacrifiée (comme d'être, ainsi que lui, nourris du Corps du Christ après qu'il s'en est nourri dans la communion sacramentelle par laquelle il consomme le sacrifice). Ils agissent alors au titre même de membres visibles ou sacramentellement marqués de l’Église qui, en union avec son Chef, et dans un rite sacré accompli en commun avec lui, offre à Dieu l'Agneau qui porte les péchés du monde. »

    1. De sacra liturgia ["Sacrosantum concilium"], S 30.
    (*) : Le prêtre à l'autel agit in persona Christi, c'est à dire « dans la personne du Christ », ou plus précisément « avec l’autorité et la puissance du Christ ».

    Jacques Maritain (1882-1973), Le Paysan de la Garonne, Desclée de Brouwer, Paris, 1965.

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  • Méditation - Passer de ce monde à Dieu

    « Remettons-nous, les yeux fermés, entre les mains de la Sainte Vierge pour qu'elle prenne souci de nous et nous offre à Dieu. Sommes-nous dans la joie et les douceurs spirituelles, fermons les yeux, feignons en notre conduite de l'ignorer ; sommes-nous dans la tristesse et le délaissement, fermons-les encore et sachons nous abandonner. Ne nous demandons pas si l'on nous apprécie, cela ne regarde pas l'âme aux yeux lucidement fermés ; n'ayons point de jugement sur la perfection ou l'imperfection de nos frères : c'est chose encore que nous ferons mieux de laisser à Marie. - O mes chers Frères, celui qui s'abandonne de la sorte, je puis vous assurer que la sainte Vierge ne tarde pas à le prendre dans ses bras, à l'élever vers le Père. Tout l'art de passer de ce monde à Dieu, c'est de savoir fermer les yeux et remettre sa conduite à Marie. »

    Un Chartreux (Dom Jean-Baptiste Porion, 1897-1987), Amour et Silence, Seuil, Paris, 1951.

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  • Méditation - Les pratiques de la dévotion au Sacré-Coeur 3. Heure sainte et union à Jésus souffrant

    « On peut dire de la Passion, comme de l'Eucharistie : c'est une dévotion inséparable, pour Marguerite-Marie, de la dévotion au Sacré-Cœur. L'Heure Sainte que Jésus a demandé à Marguerite-Marie, n'est pas autre chose qu'un exercice d'union à Jésus souffrant.
    Elle passait au chœur la nuit du Jeudi Saint et une fois elle y passa toute la nuit à genoux, sans appui et les mains jointes, en union mystique avec les mystères de l'agonie. L'image du Sacré-Cœur qu'elle nous a révélée est toute imprégnée de la Passion : plaie, croix, couronne d'épines. (Bainvel)
    Ses écrits nous donnent l'impression d'une âme toute unie à Jésus souffrant, sans autre joie que la joie même « de souffrir en aimant. »
    On sait la fameuse vision où Notre-Seigneur lui présenta un double tableau, celui d'une vie « toute dans la paix et la consolation » et celui d'une vie toute crucifiée ; et comment lui-même choisit pour elle la seconde.
    Notre-Seigneur lui avait appris, à l'occasion du jubilé, à offrir souvent au Père éternel les amples satisfactions qu'il a faites à sa justice pour les pécheurs sur l'arbre de la croix, en le priant de rendre efficace le mérite de son sang précieux, à toutes les âmes criminelles.

    Résolutions. - Je m'attache surtout à la consécration et à l'amende honorable. Amour et réparation, c'est ma devise. C'est l'esprit dans lequel je veux vivre et mourir. Je veux répéter ma devise au commencement de toutes mes actions. Je veux les offrir dans cette intention au Cœur de mon Jésus pour sa consolation. »

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (22 juin, IIIe Point p. 667-668), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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    (Crédit photo : © GodAloneSufficeth.com, 2011)

  • Méditation - Les pratiques de la dévotion au Sacré-Coeur 2. Communion et amende honorable

    « Une des demandes de Jésus à Marguerite-Marie est de communier aussi souvent qu'elle pourra. C'est là le véritable esprit de l’Évangile, remis en honneur par Pie X.
    Dans la vie de Marguerite-Marie, la dévotion au Saint-Sacrement est étroitement unie avec la dévotion au Sacré-Cœur. C'est devant le Saint-Sacrement qu'elle a ses principales révélations. C'est à l'autel qu'elle voit Jésus outragé, qu'elle lui fait amende honorable et lui offre ses hommages et ses réparations. Elle aime et recommande l'adoration du Saint-Sacrement ; elle désire se consumer comme un cierge qui brûle devant l'autel.
    L'amende honorable tient une grande place dans la vie de Marguerite-Marie et dans ses recommandations. C'est la meilleure forme de réparation amoureuse pour l'amour outragé. C'est ainsi que Notre-Seigneur la présente dans la grande apparition. Il demande que le jour de la fête future on honore son Cœur « en communiant ce jour-là et en lui faisant réparation par une amende honorable pour réparer les indignités qu'il a reçues pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels. »
    L'amende honorable est un acte précis, déterminé, mais c'est en même temps une tendance générale de l'âme dévote, jalouse de l'honneur de celui qu'elle aime. Cet esprit de réparation est partout dans la vie de Marguerite-Marie et dans ses écrits. Elle demandait aussi la communion réparatrice. Aux prêtres, elle eût demandé la messe réparatrice. « Vous ferez, disait-elle à ses novices, une communion pour faire amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus-Christ et lui crier miséricorde pour toutes les mauvaises communions qui se font et se sont faites par nous et les mauvais chrétiens. » »

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (22 juin, IIe Point p. 667), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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    Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus
    prescrite par
    S.S. le Pape Pie XI (8 mai 1928)
     
    Très doux Jésus, vous avez répandu sur les hommes les bienfaits de votre charité, et leur ingratitude n'y répond que par l'oubli, le délaissement, le mépris. Nous voici donc prosternés devant votre autel, animés du désir de réparer, par un hommage spécial, leur coupable indifférence et les outrages dont, de toutes parts, ils accablent votre Cœur très aimant.
     
    Cependant, nous souvenant que nous-mêmes, nous nous sommes dans le passé rendus coupables d'une si indigne conduite, et pénétrés d'une profonde douleur, nous implorons d'abord pour nous-même votre miséricorde. Nous sommes prêts à réparer, par une expiation volontaire, les fautes que nous avons commises, tout prêts aussi à expier pour ceux qui, égarés hors de la voie du salut, s'obstinent dans leur infidélité, refusant de vous suivre, vous, leur Pasteur et leur Chef, ou, secouant le joug si doux de votre loi, foulent aux pieds les promesses de leur baptême.

    Nous voudrions expier pour tant de fautes lamentables, réparer pour chacune d'elles : désordres de la conduite, indécence des modes, scandales, corrupteurs des âmes innocentes, profanation des dimanches et des fêtes, blasphèmes exécrables contre vous et contre vos Saints, insultes à votre Vicaire et à vos prêtres, abandon et violations odieusement sacrilèges du divin Sacrement de votre amour, péchés publics enfin des nations qui se révoltent contre les droits et l'autorité de votre Église.

    Que ne pouvons-nous effacer de notre propre sang tant d'offenses ! Du moins, pour réparer votre honneur outragé, nous vous présentons cette même satisfaction que vous avez offerte à votre Père sur la Croix et dont vous renouvelez l'offrande, chaque jour, sur l'autel ; nous vous la présentons, accompagnée de toutes les satisfactions de la Très Sainte Vierge votre Mère, des Saints, des chrétiens fidèles.

    Nous vous promettons, de tout notre cœur, autant qu'il dépend de nous et avec le secours de votre grâce, de réparer nos fautes passées, celles de notre prochain, l'indifférence à l'égard d'un si grand amour, par la fermeté de notre foi, la pureté de notre vie, la docilité parfaite aux préceptes de l'Évangile, à celui surtout de la charité.

    Nous vous promettons aussi de faire tous nos efforts pour vous épargner de nouvelles offenses et pour entraîner à votre suite le plus d'âmes possible.

    Agréez, nous vous en supplions, ô très bon Jésus, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie Réparatrice, cet hommage spontané d'expiation ; gardez-nous, jusqu'à la mort, inébranlablement fidèles à notre devoir et à votre service, accordez-nous ce don précieux de la persévérance qui nous conduise tous enfin à la patrie où, avec le Père et le Saint-Esprit, vous régnez, Dieu, dans les siècles des siècles.

    Ainsi soit-il.

    Texte intégral en libre téléchargement sur notre site (format pdf).
  • Méditation - Les pratiques de la dévotion au Sacré-Coeur 1. Image du Sacré-Coeur - Consécration

    « L'image tient une grande place dans les visions de Marguerite-Marie, dans les désirs et les promesses du Sacré-Cœur. C'est à la fois un moyen de propager cette chère dévotion et une pratique spéciale désirée par Jésus et à laquelle il a promis d'attacher de grandes grâces. Aussi comme Marguerite-Marie y tient ! Comme elle est heureuse de propager ces images ! N'a-t-elle pas des promesses du Sacré-Cœur pour ceux qui la porteront, et l'assurance de bénédictions spéciales pour les maisons où elle sera exposée et honorée ? Jésus ne veut-il pas qu'elle ait sa place d'honneur dans le palais des rois et même sur le drapeau national ?
    Dans les visions de Marguerite-Marie, c'est tantôt le Cœur seul qui lui est montré avec les insignes de la Passion, tantôt c'est Jésus lui-même montrant son Cœur sur sa poitrine.
    La consécration que Marguerite-Marie nous demande pour le Sacré-Cœur est un don de soi-même, qu'il faut renouveler souvent, afin de ne plus vivre que pour le Sacré-Cœur, pour ses intérêts et pour son amour. Quelquefois, la donation est demandée sous une forme spéciale, c'est une victime qui doit s'offrir pour être immolée en expiation pour les pécheurs ou pour la communauté ou pour les âmes du purgatoire. C'est là une voie particulière. Faisons la consécration commune et réalisons-la publiquement par le don de toutes nos actions. »

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (22 juin, Ie Point p. 666), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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    (Crédit photo)

  • Méditation - Prière : « Suscipe, Domine... »

    « Suscipe, Domine,
    universam meam libertatem;
    accipe memoriam,
    intellectum
    atque voluntatem omnem;
    quidquid habeo vel possideo
    mihi largitus es;
    id tibi totum restituo
    ac tuae prorsus voluntati
    trado gubernandum;
    amorem tui solum cum gratia
    tua mihi dones
    et dives sum satis, nec aliud quidquam ultra posco.

    Prends, Seigneur et reçois,
    toute ma liberté,
    ma mémoire,
    mon intelligence
    et toute ma volonté;
    Tout ce que j'ai et possède,
    c'est Toi qui me l'as donné:
    A Toi, Seigneur, je le rends Tout est à Toi,
    disposes-en
    selon Ton entière volonté.
    Donne-moi,
    ton amour et ta grâce :
    c'est assez pour moi. »

    St Ignace de Loyola (1491-1556)

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  • Méditation - « Si vous connaissiez le don de Dieu » (Jn 4,10)

    « Le Cœur ineffable de Jésus adressait ces paroles à la pécheresse de Samarie au puits de Jacob où elle venait puiser l’eau. Mais qui nous révélera ce don royal de la libéralité d’un Dieu sinon Dieu lui-même ? Un don, rien ne nous appartient plus légitimement en propre, or Dieu nous a fait don de son Fils unique. Dès lors, Jésus-Christ est devenu notre possession, notre appartenance, notre propriété. C’est indéniable ! Mais si le très noble Fils de Dieu est à moi, qui pourra me manquer ?

    Il est non seulement le Bien, mais le "TOUT Bien" ! Si je suis pauvre, il est mon trésor ; si je suis faible, il est ma force ; si mes ennemis m’assaillent, il devient mon bouclier. Il y a plus encore avec ce royal don que nous fait le Ciel, nous pouvons à notre tour et à toute heure du jour, lui offrir des actions de grâce et d’amour pour nous acquitter surabondamment de tous nos devoirs envers Dieu ! Nous pouvons également le solliciter pour obtenir pour nous et tous nos frères les faveurs les plus insignes. Que pourrait refuser Dieu à une âme qui s’empare de son Divin Fils et implore par Lui, les secours et les bénédictions qui lui sont nécessaires ?

    S’il est une souffrance pour cet adorable « Dieu-donné », c’est celle d’être si peu connu, apprécié et si rarement imploré. Délaissé dans son Tabernacle, Jésus-Christ s’offre perpétuellement à Dieu son Père pour nous, mais surtout il attend que, l’offrant à notre tour, nous emparant de tout ce qu’il est, nous négocions à l’aide de ses mérites la grande affaire de notre salut. Et ce trésor, hélas, nous l’ignorons trop souvent. Sachons nous prévaloir de ce don inestimable : un Jésus à nous, tout à nous ! Quelle infinie miséricorde, quel supplément à toutes nos insuffisances, quel recours en toutes nos détresses ! Comme l’écrivait St Jean de la Croix, soyons assurés que « qui a Jésus a tout ! » et avec l’Épouse du Cantique des Cantiques nous pouvons dire avec confiance : « Mon bien-aimé est tout à moi et je suis toute à Lui ! » »

    Sœur Marie du Sacré Cœur Bernaud (1825-1903), fondatrice de la Garde d'Honneur du Sacré-Cœur.
    Site de la Garde d'Honneur du Sacré-Cœur, Paray-le-Monial

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  • Méditation - « Jésus, doux et humble de Coeur, rendez mon coeur semble au vôtre ! »

    « Jésus, mon Maître, vient m'apprendre, non à créer des mondes, dit saint Augustin, non à étonner le monde par des miracles et des prodiges, non à me rendre célèbre par des vertus éclatantes ; il vient me dire : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. (1) »
    L'humilité de Jésus, voilà, ô mon âme, le divin enseignement de Jésus. - L'humilité, voilà le caractère de sa sainteté, la condition de ses dons : « Dieu ne donne sa grâce qu'aux humbles. (2) »
    L'humilité est donc la mesure des grâces de Dieu sur moi ; - la règle de la vertu ; - le fondement de l'édifice spirituel de la perfection.
    Avec l'humilité, j'ai toutes les vertus ; sans l'humilité, mes vertus deviendront des vices et mes bonnes œuvres des œuvres mortes.
    Dieu ne me demande que l'humilité pour descendre vers moi ; et il m'élèvera dans le Ciel qu'à raison de mon humilité sur la terre. Mais comment devenir humble ? - En imitant Jésus et Marie.
    [...]
    L'humilité véritable renvoie à Dieu toute la gloire de ses œuvres, et ne garde pour elle que l'humiliation de ses imperfections.
    Elle ne se vante pas de ses succès, comme elle ne se désespère pas de ses revers.
    Elle ne se glorifie pas de ses qualités, de ses talents, de sa position ; tout cela est à Dieu.
    Elle ne parle jamais d'elle, elle a peur de la gloire et de la réputation, de crainte que ce ne soit que sa seule récompense.
    Mais voyant plutôt ce qui lui manque que ce qu'elle possède, ses fautes plutôt que ses vertus, sa faiblesse plutôt que sa force, elle se tient toujours petite en elle-même, comme l'enfant qui se croit le dernier de tous. - Telle est la règle de l'humilité.
    [...]
    Donc, ô mon âme, si tu ne peux pas faire de grandes pénitences, console-toi : tu peux être humble, et l'humilité vaut mieux que toutes les pénitences.
    Si tu ne peux pas faire de grandes choses pour Dieu, ne t'afflige pas : tu peux t'humilier devant Dieu, et l'humilité rend à Dieu plus de gloire que la conversion du monde entier sans humilité.
    Ne peux-tu pas faire oraison ? Humilie-toi, c'est la meilleure de toutes les oraisons.
    Si tu ne peux dire à Dieu que tu l'aimes beaucoup, humilie-toi à ses pieds comme la Madeleine. - Et tu l'auras beaucoup aimé, et tu deviendras, comme elle, la chaste amante du Sauveur. »

    1. Mt XI, 29. - 2. Jc IV, 6.

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Troisième Série, Retraites aux pieds de Jésus-Eucharistie (Première Retraite, Sixième jour), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1926 (treizième édition).

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    Guido Reni (1575-1642), Marie-Madeleine en extase au pied de la Croix
    Château de Versailles
    (Crédit photo)

  • Marie Immaculée, Mère de Dieu

    « Marie Immaculée, Mère de Dieu, Reine des Apôtres,
    Nous savons le commandement d'amour de Dieu
    qui nous incite à collaborer à la mission de l'Eglise.
    Réalisant notre propre faiblesse,
    nous confions à votre intercession
    le renouvellement de nos vies intimes et notre apostolat.

    Par les mérites infinis de Jésus Christ
    et confiants en la Miséricorde de Dieu,
    vous qui êtes notre Mère, vous obtiendrez
    la puissance de l'Esprit Saint
    comme vous le faites pour les Apôtres
    réunis dans la chambre haute.

    Comptant sur votre maternelle intercession,
    à partir de cet instant,
    nous sommes décidés à consacrer
    tous nos talents, notre savoir, nos biens matériels,
    notre santé, maladies et épreuves, à Dieu,
    pour sa plus grande gloire et le salut de tous.

    Nous espérons prolonger ces actions
    en favorisant l'apostolat catholique,
    par le renouveau de la foi en Dieu
    et l'amour de son peuple,
    amenant ainsi tous les hommes et les femmes
    à la foi en Jésus Christ.

    Et si un temps venait
    où nous n'ayons rien à offrir de solide à cette fin,
    nous ne cesserions de prier,
    pour que tous nous ne formions qu'un seul troupeau
    avec le seul Berger Jésus Christ.

    De cette façon, nous espérons jouir pour l'éternité
    des bienfaits de l'Apostolat de Jésus Christ. »

    St Vincent Pallotti (1795-1850), fondateur en 1835 de la Pieuse Société des Missions, devenue en 1947 la Société de l'Apostolat Catholique. Les Pallottins sont en France depuis 1946 responsables de l'Apostolat de la Miséricorde Divine.
    Prière extraite du Messager de la Miséricorde Divine, bulletin trimestriel de l'Association (N°104, Mars 2016).
    Vous pouvez télécharger un exemplaire gratuit de ce bulletin en cliquant ici.

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    Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682), L'Immaculée Conception
    Musée de l'Escorial, Madrid (Espagne)
    (Crédit photo)

  • Le Coeur de Jésus, siège de toutes les vertus - 3. la miséricorde

    (suite et fin de la méditation d'hier)

    « « La troisième vertu qu'il faut honorer dans le Sacré-Cœur, dit encore le P. Claude de la Colombière, c'est sa compassion très sensible pour nos misères, son amour immense pour nous malgré ces mêmes misères, et, malgré ces mouvements et impressions, son égalité inaltérable causée par une conformité si parfaite à la volonté de Dieu, qu'elle ne pouvait être troublée par aucun événement. »
    N'est-ce pas dans la miséricorde de son Cœur qu'il nous a visités : Per viscera misericordiae in quibus visitavit nos (Lc I,78). Quand Jésus rencontre des malades, des morts, son Cœur ne peut résister aux larmes de ceux qui les entourent. Emu de pitié, il les guérit, il les rend à la vie : "misericordia motus (Lc 7,13).
    En voyant la foule sans provisions pour son repas, il a compassion d'elle : misereor super turbam (Mt 14,14 ; Mt 15,32 ; cf. Lc 10,33).
    « Ce Cœur est encore autant qu'on le peut être dans les mêmes sentiments, remarque le P. Claude de la Colombière, il est toujours brûlant d'amour pour les hommes, toujours ouvert pour répandre toutes sortes de grâces et de bénédictions, toujours touché de nos maux, toujours pressé du désir de nous faire part de ses trésors et de se donner lui-même à nous, toujours disposé à nous recevoir, et à nous servir d'asile, de demeure et de paradis, dès cette vie. »
    En me tenant uni au Cœur de Jésus et en méditant ses mystères, je participerai de plus en plus à ses vertus.

    Résolutions. - J'ai à ma portée, dans le Cœur de Jésus, la source de toutes les vertus, qui se peuvent résumer dans l'humilité, la patience, la charité ; mais il faut que je boive résolument à cette source. Il faut que je m'unisse toujours plus fidèlement au Cœur de Jésus dans chacune de mes actions. »

    1. Extrait du Benedictus de Zacharie : "grâce à la miséricorde de notre Dieu en laquelle nous a visité l'Astre d'en haut" - 2. "en la voyant, il eut pitié d'elle". - 3. "il fut pris de pitié".

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (18 juin, IIIe Point p. 653), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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  • Le Coeur de Jésus, siège de toutes les vertus - 2. la patience

    (suite de la méditation d'hier)

    « « La deuxième vertu à honorer dans le Sacré-Cœur, dit le P. Claude de la Colombière, c'est une patience infinie dans les maux, une contrition et une douleur extrêmes pour les péchés dont il s'était chargé, la confiance d'un fils très tendre alliée à la confusion d'un très grand pécheur. » - Il savait que Notre-Seigneur, en manifestant son Cœur à Marguerite-Marie, avait surtout attiré notre attention sur ses mystères douloureux, sur sa Passion et ses souffrances réparatrices.
    « Le Sacré-Cœur me fut représenté sur un trône de feu, lui avait dit Marguerite-Marie, et la plaie qu'il avait reçue sur la croix y paraissait visiblement. Il y avait une couronne d'épines autour de ce Sacré-Cœur et une croix au-dessus. Le divin Sauveur me fit connaître que ces instruments de la Passion signifiaient que l'amour immense qu'il a pour les hommes avait été la source de toutes les souffrances et humiliations qu'il a voulu souffrir pour nous ; que dès le premier instant de son incarnation, tous ces tourments et tous ces mépris lui avaient été préparés, que la croix fut, pour ainsi dire, plantée dans son Cœur, et que ce fut dès ce premier instant qu'il accepta, pour nous témoigner tout son amour, toutes les humiliations, la pauvreté, les douleurs que sa sacrée humanité devait souffrir dans tout le cours de sa vie mortelle, et les outrages auxquels l'amour devait l'exposer jusqu'à la fin des siècles, sur nos autels, dans le très saint et très auguste Sacrement... »
    Patience, réparation, abandon, c'est bien là toute la vie du Cœur de Jésus. Il nous a donné cet exemple avec la grâce pour l'imiter. »

    (suite et fin de cette méditation demain)

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (18 juin, IIe Point pp. 652-653), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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