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Méditations

  • Méditation : Notre conversion quotidienne

    « Pour entrer dans cette conversion, il faut tout d'abord voir que nous avons besoin d'une conversion. Nous pouvons bien sûr nous convertir en nous référant à la loi, à coups d'« examens de conscience ». Mais c'est davantage à coups d'« examens de confiance » - selon le merveilleux lapsus d'un enfant - que notre conversion gagnera en profondeur et en fécondité. En effet, le péché aveugle fatalement le pécheur qui vient de le commettre. C'est pourquoi seul l'Esprit Saint, qui est hors péché, permet d'en voir clairement la malice et la peine imposées au Bon Dieu. Cette prise de conscience de notre péché, première étape de la conversion, commence donc par un regard de confiance porté sur Notre-Seigneur crucifié. Saint Augustin s'étonne dans un sermon que le bon larron, pourtant brigand, ait mieux compris la Bible que les docteurs de la loi et ait reconnu si rapidement le Sauveur à travers la figure de Jésus. L'évêque d'Hippone lui prête cette réponse magnifique : « Non, je n'avais pas étudié les Écritures, mais Jésus m'a regardé sur la croix et, dans son regard, j'ai tout compris ! » Pour nous convertir, pour préparer nos confessions, lieu par excellence du retournement, ne méprisons pas la loi, l'examen de conscience, mais portons longuement, comme le bon larron, notre regard sur le Crucifié afin de nous laisser aimer par lui. Il ne manquera pas d'envoyer l'Esprit qui jaillit de son côté ouvert, seul habilité à faire la vérité en matière de péché. Voir notre péché, oui, mais pour mieux nous en émouvoir ! On peut en effet reconnaître son péché de manière très distanciée, cela n'aura guère d'impact sur notre conversion. L'important est d'entrer en soi-même jusqu'à en avoir le cœur broyé, peiné d'avoir blessé Jésus. Seul le Cœur douloureux du Christ peut susciter en nous une telle brisure salutaire du cœur : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé. Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ps 50, 19, trad. liturgique). »

    P. Joël Guibert, Rendre amour pour amour - Une spiritualité du Cœur de Jésus (Deuxième Partie, chap.IV. La réparation), Pierre Téqui éditeur, Paris, 2015.

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  • Méditation : La seule vraie richesse

    « Cherchez donc d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. Ce qu'il nous est permis, ce qu'il nous est même ordonné de rechercher avec ardeur, ce qui doit être l'objet de notre sollicitude la plus active, de nos désirs les plus vifs, de nos travaux les plus empressés, ce sont les biens célestes. Ce sont ceux-là qui forment notre richesse véritable, tous les autres ne sont que des biens imaginaires ; notre richesse assurée, Dieu ne la refuse jamais à l'ardeur de notre poursuite ; notre richesse impérissable, elle ne mourra pas même avec nous ; et quand nous serons dépouillés de tout le reste, ce sera alors qu'elle commencera à faire notre bonheur suprême. Déplorable interversion de morale et d'intérêt ! Tout de feu pour acquérir les biens de la terre, nous sommes tout de glace pour obtenir ceux du ciel. Nous recherchons avec activité, et dans une agitation continuelle, ce qui doit nous perdre ; et ce qui seul pourrait nous rendre infiniment et éternellement heureux, loin d'être l'objet de nos travaux, l'est à peine de nos désirs, et l'est rarement de nos pensées. Sortons de ce funeste égarement. Occupons-nous de ce qui seul est digne de nous occuper, du royaume de Dieu et de sa justice ; du royaume de Dieu qui est notre terme ; de la justice de Dieu qui en est la route ; du royaume où nous serons couronnés ; de la justice par laquelle nous y parvenons. Travaillons maintenant à acquérir la justice, pour arriver un jour au royaume. Dieu soutiendra nos efforts, et nous accordera, selon sa promesse, la grâce dans ce monde, et la gloire dans l'autre (1). »

    1. Gratiam, et gloriam dabit Dominus. Ps LXXIII, 12.

    C.G. de La Luzerne, Explication des Évangiles des Dimanches, Tome III (Évangile du quatorzième dimanche après la Pentecôte), Cinquième édition, Paris, Méquignon Junior, 1829.

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  • Méditation : Le très doux nom de Marie

    « Cette Mère admirable a bien voulu révéler elle-même à sainte Brigitte, comme elle l’assure dans ses Révélations, que les Anges se réjouissent en entendant son Nom, que les Démons tremblent et s’enfuient, que les âmes qui sont dans le Purgatoire en reçoivent du soulagement, et que les Anges Gardiens redoublent leurs soins. Cela se doit entendre quand il est bien invoqué. Ô nom précieux ! ô nom sacré ! ô nom aimable ! nom admirable ! nom de douceur ! de consolation et de paix ! nom de protection ! je désire vous révérer tous les jours de ma vie : servez-moi toujours de refuge et d’asile, particulièrement à l’heure de ma mort. Ô mon bon Ange, esprit céleste, au milieu de tous les soins assidus que vous prenez de tout ce qui me regarde avec des bontés inexplicables, redoublez ces soins pour me donner de plus en plus de la vénération et de l’amour pour le très doux nom de Marie, pour la gloire du divin nom de Jésus, par lequel et dans lequel le nom de Marie est grand au ciel et en la terre ; le tout se terminant à la très adorable Trinité, qui est la fin de toutes choses. »

    Vénérable Henri Marie Boudon (1624-1702), La Dévotion à l’Immaculée Mère de Dieu, Livre III, Pratique V : Honorer la très sainte Vierge par différents exercices de piété, A Paris, Chez Thomas Herissant, 1744.

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  • Méditation : La prière, pieux mouvement du coeur

    « Il est bon et salutaire de prier longtemps quand on le peut, c'est-à-dire quand on n'en est pas empêché par d'autres bonnes œuvres et des devoirs essentiels ; du reste l'accomplissement de ces devoirs doit être, par notre désir, comme une prière continuelle. Prier longtemps, ce n'est pas comme quelques-uns le pensent, prier avec beaucoup de paroles : un long discours n'est pas un long amour. Il est écrit que Notre-Seigneur passait la nuit entière en prières, et qu'il priait longtemps (1). Il a voulu nous donner un exemple, en priant pour nous dans le temps, lui qui, avec son Père, exauce éternellement nos prières...
    S'il ne faut pas fatiguer son attention quand on voit qu'on ne peut la soutenir, il ne faut pas non plus l'interrompre trop tôt quand elle peut durer encore. Tant que dure cette vive et sainte ferveur de notre cœur, écartez de votre oraison les nombreuses paroles, mais priez beaucoup, priez longtemps. Beaucoup parler en priant, c'est faire une chose nécessaire avec des paroles inutiles. Prier beaucoup, c'est frapper longtemps à la porte de celui qu'on implore avec un pieux mouvement de notre cœur. La prière consiste plus dans des gémissements et dans des larmes que dans des paroles et des discours. Dieu met nos larmes en sa présence, et nos gémissements ne sont pas ignorés de celui qui a tout créé par sa Parole et qui n'a que faire des paroles humaines. Les mots nous sont nécessaires pour fixer notre attention sur ce que nous demandons, mais non pour faire connaître à Dieu nos besoins ou pour le fléchir. »

    1. Luc III, 12 ; XXII, 43.

    St Augustin (345-430), extrait de la Lettre CXXX à Proba (19-21), in "Élévations Prières et Pensées", Trad. Cl. Peyroux, Paris, J. de Gigord, 1918.
    Texte intégral (Traduction M. Poujoulat, in Œuvres complètes, Bar-Le-Duc, 1864)

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  • Méditation : « Que fais-tu de ta vie ? »

    « Telle est la première règle de ceux qui agissent :
    crois en Dieu
    comme si tout le cours des choses dépendait de toi,
    en rien de Dieu.
    Cependant mets tout en œuvre en elles,
    comme si rien ne devait être fait par toi,
    et tout de Dieu seul. » (*)

    Maxime extraite des Scintillae Ignatianae (1705) de Gábor Hevenesi (1656-1715), jésuite hongrois.


    « « Qu'as-tu fait de ta vie ? » voilà ce que Dieu me demandera. « Que fais-tu de ta vie ? » voilà ce qu'à toute heure me demande ma conscience. La question se pose aussi dans les termes suivants : « Ta vie est-elle manquée ? ou bien ta vie est-elle réussie ? » et non point suivant les jugements du monde, mais suivant les jugements de Dieu. Or, aux yeux de Dieu, est manquée toute vie qui se traîne dans la souillure, toute vie qui ne progresse pas dans le bien, toute vie qui ne porte aucun fruit de salut pour les autres ; est réussie, au contraire, toute vie qui a lutté pour se déprendre de la fange, toute vie qui s'est élevée vers plus de dignité par le travail moral, toute vie qui s'est dépensée et s'est rendue utile par le dévouement. Qui ne gémirait d'avoir manqué sa vie ? Qui n'ambitionnerait de réussir sa vie devant sa conscience et devant Dieu ?
    Or l'expérience journalière montre que le succès ou l'échec de la vie dépend moins de la grâce de Dieu qui est donnée à tous dans la mesure qui convient, que de la volonté, qui existe chez quelques-uns et qui manque chez le plus grand nombre.
    En effet, si je considère les hommes dont la vie a réussi au sens le plus chrétien du mot, qui ont fait de leur vie quelque chose de pur, de noble et d'utile, je découvre sans peine chez eux tous les éléments de la volonté : ils ont de bonne heure résolu d'être bons, et ils en ont pris les moyens. Ils ne se sont pas laissés gouverner par les circonstances ; mais ils ont adapté les circonstances à la réalisation de leur plan de vie. Ils n'ont pas été sans passion ; mais ils ont triomphé de leurs passions. La tentation s'est rencontrée sur leur chemin ; mais ils ont vaincu la tentation. Ils ne pouvaient pas, sans travail, se créer une carrière ; ils ont accepté et vaillamment porté le labeur. Quand ils se sont sentis inférieurs à leur tâche, ils ont invoqué le Dieu qui soutient les mains débiles. Ils ont été des hommes décidés, agissants, persévérants : leur volonté leur a valu le succès.
    Si, au contraire, j'observe quels sont les hommes dont la vie a échoué, dont l'existence a été sans honneur ou sans portée, sans joie et sans fruit, basse ou banale et stérile, il est évident que ce n'est pas la grâce de Dieu qui leur a fait défaut, mais la volonté qui leur a manqué. Ou bien ils n'ont jamais su vouloir ; ou bien, s'ils ont eu de bons mouvements, ils ne les ont pas suivis ou n'y ont pas persévéré. Les uns, timides ou lâches, n'ont jamais osé regarder en face les difficultés et se sont couchés devant toute barrière à franchir. D'autres, violents ou impressionnables par nature, n'ont jamais dompté leurs emportements ou leurs susceptibilités, et ont été perdus par les dispositions même qui pouvaient les sauver. D'autres enfin, ternes, apathiques, au lieu de secouer la langueur de leur tempérament, se sont endormis dans une paresseuse inertie. Tous ont été sollicités au bien par la grâce de Dieu ; mais cette grâce exigeait d'eux des efforts de volonté ; faute de volonté, leur vie s'est dévoyée ou annihilée. »

    J. Guibert, Retraite spirituelle, Douzième méditation (II), Paris, Librairie Vve Ch. Poussielgue, 1909.

    (*) : Maxime souvent déformée en "Agis comme si tout dépendait de toi, prie comme si tout dépendait de Dieu" et faussement attribuée à St Ignace de Loyola, y compris par Pedro de Ribadeneira, in "La vie de saint Ignace de Loyola" (Cf. Angélus de Benoît XVI du Dimanche 17 juin 2012).

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  • Méditation : Aimer Jésus-Christ

    « Que faut-il faire pour aimer J.-C. ? L'aimer. Méditez cette réponse pour la bien comprendre et en profiter. Lorsque l'âme est dans un état de sécheresse, il faut toujours répéter à Dieu qu'on l'aime, malgré l'apparente contradiction qu'il y a entre la parole et le sentiment. On doit agir d'après la grâce et non d'après le sentiment. C'est la grâce qui fait exprimer les actes d'amour. L'absence du sentiment fait croire que l'on formule une fausseté ; toutefois on a remporté une victoire, acquis un mérite devant Dieu en obéissant à la grâce et surmontant la répugnance naturelle à ces actes.

    L'amour de J.-C. ne se prouve pas par des sentiments affectueux, mais par les œuvres. Cette doctrine n'est pas des hommes, mais de N.-S. lui-même : « Celui qui m'aime garde mes commandements. » D'abord garder les commandements en fuyant tout péché mortel ; puis en évitant tout péché véniel délibéré, et enfin en tâchant de diminuer ceux mêmes qui sont involontaires, c'est le partage de ceux qui aspirent à être parfaits. Quelle est la récompense promise à cette fidélité ? N.-S. ajoute : « Celui qui garde mes commandements m'aime ; mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure. » Ce ne sera pas une visite passagère, mais stable. Notre cœur deviendra le sanctuaire de Dieu. Voilà la récompense promise aux œuvres, à la fidélité à garder les commandements. Elle ne l'est pas au sentiment indépendant de notre volonté, qu'il ne tient pas à nous d'éprouver ; au lieu qu'il dépend de nous d'agir suivant la volonté de Dieu. »

    [P. Eusèbe Godfroy s.j.] Avis spirituels pour servir à la sanctification des âmes, Tome I (CCC), Vingt-et-unième édition, Paris, Ancienne Maison Ch. Douniol, P. Téqui, 1906 (1ère éd. 1861).

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  • Méditation - Saint Louis : Piété et Justice

    « Saint Louis a conservé l'esprit d'oraison, l'élévation et l'union continuelle de son âme avec Dieu, dans la multiplicité des affaires et des occupations extérieures. Son règne était appuyé sur ces deux colonnes : la piété et la justice. Par la piété, il a honoré Dieu, il l'a servi et aimé, il a procuré par tout le monde l'accroissement de sa gloire, de son amour, de son service ; de cette piété naissait sa justice, qui l'appliquait tout au prochain pour Dieu ; par elle il a gouverné ses sujets, établi des lois saines, soulagé les pauvres et les affligés, réprimé les rebelles, et fait rendre à chacun ce qui lui appartenait. L'intrépidité de son courage a paru, non seulement dans le succès de ses armes contre les infidèles, mais aussi dans sa captivité, dans ses souffrances, dans sa patience, au milieu des plus grandes peines ; car étant vaincu, il s'est montré invincible et est demeuré victorieux de soi-même, du monde et du démon ; étant captif, il a délivré les captifs infidèles de la tyrannie de Satan, en ayant converti plusieurs à la foi, et il a délivré les chrétiens des mains des barbares ; enfin il a souffert et a été affligé toute sa vie, et jusqu'à sa mort, pour être semblable en tout au Roi des rois, et pour mettre le comble à sa sainteté. O Dieu, qui avez couronné les travaux du saint roi dont nous célébrons la fête, et qui l'avez fait passer du royaume terrestre au royaume céleste, rendez-nous dignes, par ses mérites et par son intercession, d'imiter ses vertus, pour participer un jour à sa gloire et à ses récompenses. »

    Méditations sur les Mystères de la Foi et sur les Épitres et Évangiles par un Solitaire de Sept-Fonds, Nouvelle édition revue et corrigée par M.L. Berthon, Tome deuxième (XXXIe Méditation, Pour la fête de Saint Louis, roi de France, III), H. Houdin, Paris - Poitiers, 1902.

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    A (re) lire : le testament de Saint Louis à son fils, donné sur ce blog les 25 août 2012 et 2013

  • Méditation : « Dieu est plus grand que notre coeur » (1Jn 3,20)

    « Combien vous [Dieu] êtes bon envers les pécheurs, et que votre miséricorde est au-dessus de toute malice, que rien n'est capable de l'épuiser, que nulle rechute, quelque honteuse et criminelle qu'elle soit, ne doit porter un pécheur au désespoir du pardon. Je vous ai gravement offensé, ô mon aimable Rédempteur ; mais ce serait encore pis, si je vous faisais cet horrible outrage de penser que vous n'êtes pas assez bon pour me pardonner. [...] Quand je serais retombé cent fois et que mes crimes seraient cent fois plus horribles qu'ils ne le sont, j'espérerais encore en vous. »
    St Claude la Colombière, Lettre 96, in Gérard Dufour, "A l'école du Cœur de Jésus", Éditions de l'Emmanuel, Paris, 1992.

    « Il n'y a pas de misère qui puisse se mesurer à ma miséricorde, ni de misère qui puisse en venir à bout puisqu'au moment de se communiquer - ma miséricorde s'amplifie. L'âme qui fait confiance à ma miséricorde est la plus heureuse car je prends moi-même soin d'elle. »
    Jésus à Ste Faustine, in "Petit Journal" n° 1273, Parole et Dialogue, Paris, 2002 (deuxième édition).

    « Ayez une grande confiance en Dieu et ne vous défiez jamais de sa miséricorde qui surpasse infiniment toutes nos misères. Jetez-vous souvent entre ses bras ou dans son divin Cœur. »
    Ste Marguerite-Marie, « Avis particuliers » n° 22, in "Vie et Œuvres de sainte Marguerite-Marie Alacoque" Tome II, éd. Saint-Paul, Paris, 1990-1991.

    Toutes citations in Joël Guibert, "Rendre amour pour amour - Une spiritualité du Cœur de Jésus" (Deuxième partie, I), Pierre Téqui, Paris, 2015.

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  • Méditation : Adoration silencieuse

    « Chaque fois que notre esprit revient à Celui qu'il doit s'efforcer de ne jamais quitter, commençons par L'adorer humblement et amoureusement, même quand nous ne quittons pas Sa pensée, que nous sommes à Ses pieds. L'écoutant et Lui parlant, comme Magdeleine, taisons-nous de temps en temps, faisons un silence d'une demi-heure comme les Saints du ciel dans l'Apocalypse, et adorons muets, de tout notre cœur, notre Bien-Aimé... Que l'adoration soit le premier de nos actes à notre réveil, le dernier avant de prendre le repos de la nuit, qu'elle soit notre premier acte en nous présentant devant le Saint Tabernacle, le dernier en le quittant. Et que se prolongeant non seulement pendant une demi-heure mais pendant aussi longtemps que Dieu nous fera la grâce de pouvoir y demeurer, car cela est un don de Dieu, sous forme de contemplation amoureuse et silencieuse, muette non seulement au dehors mais au dedans, simple attention tranquille et amoureuse, sans parole, même intérieure... »

    Bx Charles de Foucauld (1858-1916), Nouveaux Écrits spirituels, Paris, Plon, 1950.

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    Crédit photo : Jim Stracensky - Silent Adoration — Lakeview Park / Lorain, Ohio

  • Méditation : Prière à la Sagesse divine

    « Divine Sagesse, de qui procèdent toutes les œuvres par lesquelles nous pouvons être agréables à Dieu, venez en nous ; agissez en nous, demeurez en nous, prenez racine dans notre cœur, afin de nous faire porter des fruits de salut ; conduisez-nous à vous par vous-même, puisque vous n'êtes pas seulement la voie par laquelle nous devons marcher, mais encore le terme où nous devons tendre, et la vie bienheureuse que nous devons espérer. Et vous, Vierge sainte, apprenez-nous par votre exemple, à être les temples spirituels de cette divine Sagesse, en lui rendant, comme vous, le culte intérieur d'une charité humble et fervente, en lui soumettant notre esprit et notre cœur, en renonçant à nous-mêmes, pour n'être plus éclairés, conduits, poussés et animés que par elle. Vous êtes maintenant affranchie des liens et des faiblesses de cette vie ; vous vivez et régnez dans le Ciel avec celui que vous avez enfanté et servi sur la terre ; vous êtes élevée comme les cèdres et les cyprès dans la bienheureuse Sion, au-dessus même des Esprits célestes ; vous recevez dans le sein de Dieu la récompense des humiliations et des croix que vous avez portées aux yeux des hommes : obtenez-nous par votre puissante intercession la grâce d'être de dignes membres de Jésus-Christ votre Fils, par l'observation fidèle de sa loi, et par la participation de sa gloire. »

    [Louis de Bonnaire (1679-1752)] La Religion chrétienne, méditée dans le véritable esprit de ses maximes, Tome 6 (15 août), Paris, Chez Froullé, Libraire, 1784.

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    Rubens (1577-1640), Assomption de la Divine et Sainte Vierge Marie (détail)

  • Méditation : Imitation du Christ en sa Passion

    « Ah, mon Dieu ! monsieur, qu'est-ce que je viens d'apprendre maintenant ? que vous voilà serré, en charge de nouvelles accusations ! Qu'est-ce que notre bon Dieu prétend de vous en la permission de tant d'afflictions, sinon de vous rendre conforme à son Fils notre Seigneur ? Si vous fermez vos yeux aux choses de la terre, et les ouvrez aux vérités éternelles, vous verrez et sentirez que si vous embrassez avec une amoureuse patience et humble soumission à Dieu, la tribulation qu'il permet de vous arriver, elle opérera enfin le poids d'un solide honneur et d'une paix stable. Un seul brin de ce vrai honneur vaut mieux un million de fois que toutes les prospérités que le monde nous saurait présenter, lesquelles, comme vous voyez, monsieur, ne sont que trompeuses et imaginaires. Vous n'êtes pas plus innocent que le très saint Fils du Père éternel. Voyez et considérez profondément les accusations dont on le charge, les travaux qu'on lui fait souffrir, ensuite sa mort douloureuse et ignominieuse. C'est pour vous, c'est pour moi, et pour tous les hommes pleins d'ingratitude, qu'il souffre tout cela, mais avec un amour incompréhensible, une patience et humilité incomparables, parce que tel était le bon plaisir de son Père éternel. Tâchez, monsieur, de l'imiter en cette partie de sa passion, qu'il vous fait souffrir, et d'un cœur amoureusement filial embrassez généreusement sa volonté, et vous y résignez absolument, remettant entre ses mains toutes vos affaires et vous-même, afin qu'il en dispose selon son bon plaisir. Je ne vous dis point comme nous aurons soin de prier Dieu pour vous ; l'affection et le devoir nous y obligent. Je supplie notre Seigneur d'être votre force et consolation. »

    Ste Jeanne de Chantal (1572-1641), Lettre 106 à un gentilhomme affligé, in "Lettres de Sainte Chantal" (p.191-193), Nouvelle édition, Tome I, A Paris, J.J. Blaise, 1823.

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  • Méditation : dans la solitude des bois...

    « Croyez-en mon expérience, vous trouverez quelque chose de plus au milieu des bois que dans les livres. Les arbres et les rochers vous enseigneront ce que vous ne pourrez apprendre d'aucun maître. »

    St Bernard de Clairvaux (1090-1153), Lettre CVI à l’abbé de Vauclair (Henri Murdach), 1138.
    St Bernard sur le web : Œuvres complètes de saint Bernard

    NB : Ces mots ont parfois été mal interprétés. St Bernard appelait l'abbé de Vauclair à quitter la vaine science pour se retirer en l'abbaye de Cîteaux. Loin de rejeter l'étude et la science, il signifiait simplement que dans la solitude des bois, Dieu parle à l'âme mieux que partout ailleurs.

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  • Méditation : Magnificat anima mea Dominum

    « Magnificat anima mea Dominum - Mon âme magnifie le Seigneur.

    Que veut dire cette parole ? Qu'est-ce que magnifier Dieu ? Peut-on magnifier celui dont la grandeur et la magnificence sont immenses, infinies et incompréhensibles ? Nullement cela est impossible, et impossible à Dieu même, qui ne peut pas se faire plus grand qu'il est. Nous ne pouvons pas magnifier, c'est-à-dire faire Dieu plus grand en lui-même, puisque ses divines perfections étant infinies ne peuvent recevoir aucun accroissement en elles-mêmes ; mais nous le pouvons magnifier en nous. Toute âme sainte, dit saint Augustin (1), peut concevoir le Verbe éternel en soi-même, par le moyen de la foi ; elle peut l'enfanter dans les autres âmes par la prédication de la divine parole ; et elle peut le magnifier en l'aimant véritablement, afin qu'elle puisse dire : Mon âme magnifie le Seigneur. Magnifier le Seigneur, dit le même saint Augustin, c'est adorer, louer, exalter sa grandeur immense, sa majesté suprême, ses excellences et perfections infinies.

    Nous pouvons magnifier Dieu en plusieurs manières. 1. Par nos pensées, ayant une très haute idée et une très grande estime de Dieu et de toutes les choses de Dieu. 2. Par nos affections, en aimant Dieu de tout notre cœur et par-dessus toutes choses. 3. Par nos paroles, en parlant toujours de Dieu et de toutes les choses qui le regardent avec un très profond respect, et en adorant et exaltant sa puissance infinie, sa sagesse incompréhensible, sa bonté immense et ses autres perfections. 4. Par nos actions, en les faisant toujours pour la seule gloire de Dieu. 5. En pratiquant ce que le Saint-Esprit nous enseigne en ces paroles : Humilia te in omnibus, et coram Deo invenies gratiam, quoniam magna potentia Dei solius, et ab humilibus honoratur (2) : « Humiliez-vous en toutes choses, et vous trouverez grâce devant Dieu, d'autant que la grande et souveraine puissance n'appartient qu'à lui seul, et il est honoré par les humbles. » 6. En portant les croix que Dieu nous envoie, de grand cœur pour l'amour de lui. Car il n'y a rien qui l'honore davantage que les souffrances, puisque notre Sauveur n'a pas trouvé de moyen plus excellent pour glorifier son Père, que les tourments et la mort de la croix. Enfin magnifier Dieu, c'est le préférer et l'exalter par-dessus toutes choses, par nos pensées, par nos affections, par nos actions, par nos humiliations et par nos mortifications.

    Ô Vierge sainte... vous avez toujours magnifié Dieu très hautement et très parfaitement, depuis le premier moment de votre vie jusqu'au dernier. Vous l'avez toujours magnifié très excellemment, par toutes vos pensées, par toutes vos affections, par toutes vos paroles, par toutes vos actions, par votre très profonde humilité, par toutes vos souffrances, par la pratique en souverain degré de toutes les vertus, et par le très saint usage que vous avez fait de toutes les puissances de votre âme et de tous vos sens intérieurs et extérieurs. Enfin vous seule l'avez glorifié plus dignement et magnifié plus hautement que toutes les créatures ensemble. »

    1. « Quaecumque anima sancta Verbum concipere potest credendo, parere praedicando, magnificare amando, ut dicat: Magnificat anima mea Dominum » Serm. de Assumpt.
    2. Eccli. III, 20. 21.

    St Jean Eudes (1601-1680), Le Cœur admirable de la Très Sacrée Mère de Dieu, Livre X, Chap. III, Explication du premier verset: Magnificat anima mea Dominum, in "Œuvres complètes", Tome VIII, Beauchesnes et Cie, éditeurs, 1908.
    St Jean Eudes sur le web : Œuvres complètes de saint Jean Eudes numérisées par l'Abbé Jean-Rémi Côté, c.j.m.

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  • Méditation : Simplicité dans l'oraison

    « L'oraison, voilà une grande affaire, mais une affaire bien simple. Il faut donc que vous rendiez votre méthode d'oraison la plus simple possible. Pas de considérations nombreuses, et ne cherchez pas à suivre point pour point la méthode de Saint-Sulpice.
    Votre oraison doit consister dans un repos simple, humble, paisible et plein de confiance devant N.S. : voilà tout.
    Il ne faut pas viser à faire beaucoup de réflexions, ni à produire beaucoup d'affections. Qu'il n'y ait rien de forcé de votre part ; soyez devant Jésus comme un pauvre enfant devant son père ; rien de plus. Ne cherchez pas avec effort à lui exprimer les sentiments que vous avez ou que vous voudriez avoir, et à lui exposer vos besoins ; mais que votre âme se tienne à ses pieds dans toute sa pauvreté et sa bassesse. Regardez-vous devant N.S. comme une chose à lui appartenant, qui est là en sa présence pour qu'il en fasse et en dispose selon l'étendue de sa divine volonté ; et cela sans effort ni beaucoup de paroles intérieures ou extérieures.
    Ce doit être là une habitude de l'âme qui se considérant sans cesse devant Jésus comme lui appartenant, se tient, pendant le temps de l'oraison, extérieurement séparée de tout, pour manifester au divin Seigneur ce qu'elle lui est. Cette manifestation doit se faire sans travail et sans recherche : contentez-vous d'un regard de l'âme vers lui, de temps à autre, dans cette intention.
    Quand les distractions viennent, tâchez, mon bien cher, de les écarter doucement et sans inquiétude, par un paisible regard vers Celui à qui vous appartenez. Dans le cours de la journée, faites la même chose : de temps en temps un regard, sans effort, mais le désir calme d'être à Jésus et dans le sentiment de votre misère et pauvreté. Ne cherchez rien de plus.
    Même abandon quant à la direction que vous recevez du divin Maitre ; qu'il vous dirige à sa façon. Ne lui prescrivez rien, n'ayez pas d'idée préconçue de ce que doit être sa direction ; contentez-vous d'être devant lui, tout entier à sa disposition et vous livrant à sa conduite comme un aveugle, sans trop chercher à lui parler ni à l'entendre parler. Restez ainsi disposé, en mettant sans cesse toute votre confiance en lui seul. »

    Vénérable François Libermann (1802-1852), Lettre à un prêtre, 29 Janvier 1845, in "Lettres spirituelles du vénérable Libermann" Tome III, Paris, Librairie Poussielgue Frères, s.d.
    Le Vénérable Père Libermann sur le web : Textes, Etudes et Articles.

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  • Méditation : Simplicité dans la prière

    « Que votre prière soit toute simple ; une seule parole a suffi au publicain et à l'enfant prodigue pour obtenir le pardon de Dieu (Lc 15,21). Point de recherche dans les paroles de votre prière ; que de fois les bégaiements simples et monotones des enfants fléchissent leur père ! Ne vous lancez donc pas dans de longs discours afin de ne pas dissiper votre esprit par la recherche des paroles. Une seule parole du publicain a ému la miséricorde de Dieu ; un seul mot plein de foi a sauvé le bon larron (Lc 23,42). La prolixité dans la prière souvent emplit l'esprit d'images et le dissipe tandis que souvent une seule parole a pour effet de le recueillir. Vous sentez-vous consolé, saisi par une parole de la prière ? Arrêtez-vous-y, car c'est que notre ange alors prie avec nous. Pas trop d'assurance, même si vous avez obtenu la pureté, mais plutôt une grande humilité, et vous sentirez alors une plus grande confiance.

    Même si vous avez gravi l'échelle de la perfection, priez pour demander le pardon de vos péchés ; écoutez ce cri de saint Paul : « Je suis un pécheur, moi le premier » (1Tm 1,15). Si vous êtes revêtu de douceur et libre de toute colère, il ne vous en coûtera plus beaucoup pour libérer votre esprit de la captivité.

    Tant que nous n'aurons pas obtenu la prière véritable, nous ressemblerons à ceux qui apprennent aux enfants à faire leurs premiers pas. Travaillez à élever votre pensée ou mieux à la contenir dans les paroles de votre prière ; si la faiblesse de l'enfance la fait tomber, relevez-la. Car l'esprit est instable de nature mais Celui qui peut tout affermir peut fixer aussi l'esprit. »

    St Jean Climaque (v. 575-v. 650), L'Échelle sainte, ch. 28, Trad. Petite Philocalie, Seuil, 1979.

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  • Méditation : A la suite de la Vierge Marie

    « Sans doute, M.T.C.F., parmi les solennités glorieuses qui ont réjoui les cieux, la plus illustre de toutes, après l'Ascension du Sauveur, ce fut l'exaltation de la Mère du Sauveur dans le trône que son Fils lui destinait. Cependant, jusqu'à la fin des siècles, le ciel aura ses solennités et ses triomphes, ses jours d'entrées et ses cérémonies, ses magnificences et ses spectacles. David même me l'a appris : l'Assomption de Marie commence une suite d'autres triomphes du même genre ; d'autres viendront après elle : Adducentur regi virgines post eam (1).

    « Quelle est donc celle-ci qui s'élève comme la fumée odoriférante ? » Quae est ista quae ascendit sicut virgula fumi ? (2) Celle-ci est une jeune vierge qui a toujours gardé intacte la fleur de sa pureté. Elle était au milieu du monde, comme un lys entre les épines. Son cœur était un vase tout plein de myrrhe, d'encens et d'aromates. Sa vie était celle d'un ange, sa vie a été semblable à celle de Marie. Elle a été vierge comme elle, et, comme elle, elle est mûre pour le ciel. Attollite portas, principes, vestras, et elevamini, portae aeternales (3) : Et je vois le ciel entier réjoui par cette autre assomption qui lui rappelle celle de Marie. David reprend sa lyre et, continuant son cantique, il chante devant le trône de Marie : Adducentur regi virgines post eam (1). Elle va recevoir des mains de Marie la couronne des vierges, avec lesquelles elle suivra désormais tous les pas de l'Agneau.

    « Quelle est donc cette autre qui s'élève encore comme la fumée odoriférante ? » Quae est ista quae ascendit sicut virgula fumi ? (2) C'est une femme pieuse qui, engagée dans les liens du mariage, a constamment gardé le trésor de son innocence. Son âme délicate n'a jamais été souillée par aucun amour défendu. La sainteté nuptiale a succédé dans cette âme à la virginité, et, si j'ose le dire, elle a été comme Marie une épouse vierge, tant sa pudeur était délicate. Son cœur, à elle aussi, était un vase de myrrhe, d'encens et de toutes sortes de parfums. Elle a embaumé sa famille de ses vertus. A la fleur de ses ans, privée de l'époux que le ciel lui avait donné, elle a méprisé tous les plaisirs du monde, elle n'a vécu que pour former ses enfants à la vertu. Sa chaste viduité a dépassé la pureté même de la virginité. Attollite portas, principes, vestras, et elevamini, portae aeternales (3) : Et je vois le ciel encore réjoui par cette nouvelle assomption qui rappelle celle de Marie. Et je vois Esther, et je vois Judith, toutes deux figures de Marie, l'une par la sainteté nuptiale, l'autre par celle de la viduité, accueillir cette âme et l'introduire dans le chœur des vierges parmi lesquelles elle a mérité une place.

    Quae est ista quae ascendit sicut virgula fumi ? (2) « Quelle est cette autre encore qui s'élève comme la fumée odoriférante ? » Cette âme, c'est celle d'un jeune chrétien qui meurt à la fleur de ses ans. Pieux enfant, il a conservé toute l'intégrité de la grâce baptismale. Il a toujours aimé la pureté du cœur, il a fui les plaisirs et les fêtes du monde, il ne se plaisait qu'au pied des autels. Son cœur, à lui aussi, était un vase de myrrhe, d'encens et de toutes sortes de parfums. Aujourd'hui, bien jeune encore, il est déjà mûr pour le ciel. Attollite portas, principes, vestras, et elevamini, portae aeternales (3) : Et le ciel encore applaudit à cette entrée virginale. Et je vois le disciple chéri, le disciple vierge, et avec lui les Louis de Gonzague, les Stanislas, les Berchmans qui viennent accueillir ce nouvel ange, et qui le conduisent à la suite de Jésus parmi les vierges.

    M.T.C.F., je pourrais continuer, mais le temps m'arrête. Puissions-nous, M.F., en imitant les vertus de Marie, mériter de partager un jour sa gloire, et donner tous au ciel comme une autre représentation de son assomption glorieuse. »

    1. Ps 45 (44), 15 : ...la fille de roi est amenée vers le roi, des vierges à sa suite.
    2. Ct 3, 6 : Qu'est-ce là qui monte du désert, comme une colonne de fumée, vapeur de myrrhe et d'encens et tous parfums exotiques ?
    3. Ps 24 (23), 7 : Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles...

    Mgr Louis-Édouard Pie (1815-1880), Prône pour le jour de l'Assomption, 1840, in "Œuvres sacerdotales du Cardinal Pie - Choix de sermons et d'instructions de 1839 à 1849" Tome I (XVI), Paris, Librairie H. Oudin, 1891.

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    Louis Janmot (1814-1892), Le Poème de l'âme, L’Idéal

  • Méditation : Assomption de la Sainte Vierge

    « C'est grande fête, en ce jour, immense allégresse, intense joie : c'est la fête de Notre Dame, la grande Dame du ciel et de la terre. C'est la fête de la grandeur de Marie, au Nom si doux, parce que c'est la fête de l'humilité de la Vierge-Mère.
    Marie, Notre-Dame, vous êtes élevée au plus haut des cieux, parce que vous vous êtes abaissée jusqu'au néant. Vous pouvez chanter, mieux que jamais, maintenant que vous régnez en gloire, « parce que le Seigneur a regardé mon abaissement, voici que toutes les nations me proclament bienheureuse. Magnificat anima mea Dominum. »
    Réjouis-toi aussi, ô mon âme, en cette Solennité magnifique, qui met en jubilation ciel et terre ; car, dans les splendeurs des saints, les Anges de Dieu sont en exultation, les Archanges s'étonnent, les Vertus s'ébranlent, les Principautés sont dans la stupéfaction, les Dominations s'exaltent, les Chérubins éclatent de lumière et les Séraphins sont en ferveur d'amour.
    Toutes ces phalanges si pures, si humbles, si belles de gloire, reconnaissent leur Reine ; ils la portent et se font son trône, pour la conduire jusqu'aux pieds de leur Seigneur et Roi, Notre Seigneur Jésus-Christ qu'ils louent en cantiques sans fin. C'est la Femme revêtue de ce Soleil.
    Et Lui, Cithare de la Trinité Sainte, Chantre de sa Mère, Lui, Jésus, le Fils de la Vierge, lui dédie son cantique divin ; et il exulte, pour célébrer Celle qui fut son Arche sacro-sainte, et qu'il vient d'attirer jusqu'à son Cœur.
    Réjouissons-nous donc de cette solennité ; faisons écho aux joies de la patrie ; chantons avec les Anges, avec le Fils de Dieu. C'est l'Assomption de Marie, la Madone, notre Mère ! »

    Dom Vandeur, Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, "Élévations sur la Messe de chaque jour - Temps après la Pentecôte" Tome I, Éditions de Maredsous, 1950.

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  • Méditation : L'Immaculée, Mère de Miséricorde

    « Si quelqu'un est tombé dans le péché, s'est enlisé profondément dans le vice, a méprisé les grâces de Dieu, ne suit plus les bons exemples des autres, ne fait plus attention aux inspirations salutaires et devient ainsi indigne de grâces nouvelles, doit-il alors désespérer ? Non, jamais ! Car une Mère lui a été donnée par Dieu, Mère qui, avec un cœur tendre, veille sur chacun de ses actes, sur chacune de ses paroles, sur chacune de ses pensées. Elle ne regarde pas s'il est digne de la grâce de la pitié. Comme elle est essentiellement Mère de Miséricorde, même si on ne l'appelle pas, elle se hâte d'aller là où il y a davantage de misère dans les âmes. Mais oui, plus une âme est souillée par le péché, plus se manifeste la Miséricorde divine dont la personnification est justement l'Immaculée.
    Voilà pourquoi nous menons la lutte pour toutes les âmes : pour que l'Immaculée y règne.
    Car si seulement elle pénètre dans une âme, même encore remplie de misère, avilie par les péchés et les vices, elle ne lui permettra pas de se perdre et, sans tarder, elle va lui obtenir la grâce de la lumière pour l'intelligence et celle de la force pour la volonté, afin qu'elle revienne de son égarement et se relève. »

    St Maximilien Kolbe, Juin 1925, R.N. 4 (Radio Niepokalanow), L'Immaculée révèle l'Esprit-Saint - Entretiens spirituels inédits, Editions P. Lethielleux, Paris, 1974.

    Du même, à (re)lire également :
    - L'Immaculée vous aime (méditation du 14.08.2014).
    - Au service de Dieu, à l'école de la Vierge Marie (méditation du 14.08.2012).
    - Prière de consécration à Marie Immaculée (méditation du 14.08.2010).

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  • Méditation : L'examen de conscience

    « C'est un exercice des plus utiles dans la vie spirituelle, et des moins pratiqués par les personnes pieuses. Pourtant cet examen quotidien d'un point déterminé par votre confesseur pour être l'objet de votre vigilance et de vos efforts, que vous trouvez difficile ou assujettissant, vous est ordinaire sur les choses de la vie commune. Ne faites-vous pas l'examen de ce qui vous contrarie ?... Par exemple, vous dites : Telle personne aujourd'hui m'a causé du déplaisir... On m'a fait ceci... On m'a dit cela... Puis le ressentiment, la peine et même la joie fixent votre pensée sur les personnes ou les choses, et l'écartent de Dieu.
    Retournez la phrase, et dites : Aujourd'hui n'ai-je pas fait quelque déplaisir à N.-S. ? J'ai dit telle chose... mais est-ce avec une intention droite ?... N.-S. est-il content de ma journée ?... Puis-je en présenter toutes les actions à sa gloire ?... Voilà l'important !... Car il importe peu que vous ne soyez pas satisfaite de celui-ci ou de celle-là...
    Au lieu de vous replier sur vous dès qu'une chose vous froisse, dépliez-vous... Au lieu de vous concentrer, étendez-vous vers Dieu : jetez à ses pieds le trop-plein de votre cœur. Laissez s'amortir le premier choc de l'amour-propre si pénible à votre nature vive et impressionnable. »

    [P. Eusèbe Godfroy s.j.] Avis spirituels pour servir à la sanctification des âmes (LXXIX), Tome I, Vingt-et-unième édition, Paris, Ancienne Maison Ch. Douniol, P. Téqui, 1906 (1ère éd. 1861).

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  • Méditation : Ne rien vouloir d'autre que Dieu

    « Allez joyeusement, et ne regardez point si vous avez de la clarté, de l'intelligence, et semblables : contentez-vous que notre Seigneur est riche de tous ces dons et grâces ; aimez-les en lui, et ne les désirez nullement pour vous. Bienheureux sont les pauvres d'esprit. O la grande richesse, de ne vouloir chose quelconque que Dieu ! en cela consiste notre bonheur. Il faut que je vous dise la vérité, ma très chère fille. Je suis grandement touchée de vous voir toujours marcher avec ces ennuis et abattements d'esprit. Ne sauriez-vous faire cet entier et irrévocable délaissement de vous-même entre les mains de Dieu, vous dépouillant de tout soin de vous, et du désir des vertus ; n'en voulant que celles qu'il vous donnera, et selon les occasions qui s'en présenteront, auxquelles il faut être fidèle. Nue et sans vertus, je suis venue au monde ; et sans vertu quelconque je me remets, mon Dieu, en vos mains. Dites cela, ma fille ; et quand vous verrez que votre esprit se voudra revêtir, à cause qu'il s'est dépouillé, ne faites autre chose que de le retourner simplement à son Dieu, et demeurez entre les bras de sa providence comme un enfant, lui laissant sans réserve le soin de ce qui vous regarde : car ces ennuis d'esprit ne procèdent que de ce que vous n'avez pas la perfection que vous désirez. Or il vous faut contenter de celle que notre Seigneur veut que vous ayez ; étant la vraie perfection, que cette résignation et ce repos d'esprit. Je vous écris ceci avec un extrême désir que vous le pratiquiez soigneusement, et ne devez jamais chercher exercice que celui-ci, qui vous est grandement propre, et servira de remède à tout ce qui vous pourra arriver. Que si votre travail n'est suivi de la victoire, embrassez ces croix amoureusement, et soyez joyeuse de n'être pas joyeuse. Bienheureux sont les nus, car Dieu les revêtira. Sa bonté nous fasse la grâce d'être parfaitement dépouillées. »

    Ste Jeanne de Chantal, extrait de la 195e Lettre à une Supérieure, in "Lettres de Sainte Chantal" (p. 377-378), Nouvelle édition, Tome I, A Paris, J.J. Blaise, 1823.

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