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Méditations

  • Méditation - « L'Esprit de Dieu repose sur moi... »

    « Quand on possède l'Esprit de Dieu, on fait bien toutes choses, car on les fait, non en crainte et en servitude, mais en amour et par amour. Alors rien ne coûte [...]. Alors on n'agit plus machinalement et sans but, par habitude et routine, encore moins par humeur et caprice, par légèreté et irréflexion, ou par la fausse sagesse du monde ; mais on se propose toujours les vues élevées de la foi ; et, pour y mieux atteindre, on réfléchit avant d'agir ; on consulte la lumière de l'oraison plutôt que les calculs de la sagesse humaine ; et dans le cours de l'action on procède mûrement, sans ces vivacités ou précipitations qui obscurcissent l'entendement et jettent dans l'imprudence. On agit en humilité, douceur et patience, aidé de la sagesse d'en haut, qui modère et conduit tout à bonne fin. C'est ainsi que, là où l’œil humain ne voit que ténèbres, la lumière de Dieu montre ce qu'il faut faire ; et avec elle, là où les sages du monde s'égarent, on fait des merveilles : témoin les Vincent de Paul, les Ignace, les Xavier, dont la sagesse suréminente a dépassé toute la sagesse du monde. C'est là enfin ce qui fait les hommes de Dieu propres à toute espèce de bien ; c'est là ce qui perfectionne tous les actes et rend la vie sainte. Aspirons de toute notre âme à porter en toutes choses l'Esprit de Dieu, et non point l'esprit de l'homme. »

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année, Tome II (Mercredi de la Pentecôte, Méditation pour le matin, troisième point), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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  • Méditation - Vigile de la Pentecôte

    « L'Esprit Saint donnera aux justes la paix parfaite dans l'éternité. Mais déjà maintenant il leur donne une paix très grande lorsqu'il allume en leur cœur le feu céleste de la charité. L'apôtre Paul dit en effet : « L'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). La véritable et même la seule paix des âmes en ce monde consiste à être rempli de l'amour divin et animé de l'espérance du ciel au point que l'on en vienne à considérer comme peu de chose les succès ou les revers de ce monde, à se dépouiller complètement des désirs et des convoitises de ce monde, et à se réjouir des injures et persécutions subies pour le Christ, de sorte que l'on puisse dire avec l'apôtre Paul : « Nous mettons notre fierté dans l'espérance de la gloire de Dieu. Plus encore, nous mettons notre fierté dans les épreuves » (Rm 5,2).

    Il se trompe celui qui imagine trouver la paix dans la jouissance des biens de ce monde, dans les richesses. Les troubles fréquents d'ici-bas et la fin même de ce monde devraient convaincre cet homme qu'il a posé les fondations de sa paix sur le sable (Mt 7,26). Au contraire, tous ceux qui, touchés par le souffle de l'Esprit Saint, ont pris sur eux le joug très bon de l'amour de Dieu et qui, à son exemple, ont appris à être doux et humbles de cœur, jouissent dès maintenant d'une paix qui est déjà l'image du repos éternel. »

    Saint Bède le Vénérable (v.673-735), Homélie 12 pour la Vigile de la Pentecôte, PL 94, 196-197 (trad. Orval).

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  • Méditation - « Demeurez en moi » (Jn 15,4)

    « « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là produira du fruit en abondance, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5). Le Christ est le lieu de notre demeure, de notre repos. Demeurer. Le mot évoque une adhésion solide et durable dans la foi au Christ, et une certaine présence intime née de l'amour et de la connaissance réciproque. « Demeurez en moi comme je demeure en vous » (15,4). Cela dépend donc de nous, il faut s'y mettre activement et avec constance. Notre union avec le Christ doit être consciemment entretenue par une habitude de recueillement. Il faut nous plonger aussi souvent que possible dans le Christ en qui nous sommes, sous l'influence de l'Esprit en nous. Tout ce que nous faisons, nous devons le faire dans le Christ ; arrêtons-nous un instant avant de commencer une action, afin qu'elle découle toujours de notre union avec lui. Aimons nos frères dans le Christ, car eux aussi, ils sont dans le Christ (Mt 25,31-46), et nous les aimons avec son amour. Que tous nos jugements soient ceux du Christ, regardons tout avec ses yeux. Que ce soit sa prière qui jaillisse de notre cœur, sa louange qui chante dans nos voix. Que ce soit sa croix que nous portions, et sa vie et sa joie qui soient en nous. « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés : demeurez dans mon amour » (15,9).

    Notre effort ne sera pas vain, car il est fondé sur sa présence en nous, sur son Esprit en nous, sur la fidélité de son amour. Jésus demeure en nous, paisiblement, profondément, source de vie, d'action et d'amour. La sève de sa vie qui court en nous est une sève d'amour et de lumière ; les fruits qu'elle produira en abondance sont les œuvres d'une dilection vraie et efficace, et une unité d'amour entre nous, les sarments, en lui.

    « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (15,5). Rien, absolument rien. Pénétrons-nous de cette vérité. Hors du Christ, les efforts les plus acharnés ne peuvent aboutir à rien. En lui, tout est possible : l'amour, l'unité, la vie éternelle. »

    Vivre dans l'intimité du Christ, par un Chartreux, Tome 2, Presses de la Renaissance, Paris, 2006.

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  • Méditation - pèlerins sur la terre

    « Voyant mon Sauveur monter au ciel, je comprends que nous ne sommes ici-bas qu'en passant. Exilés, nous voyageons vers la patrie, gémissant dans l'attente de ce beau ciel où se fera l'adoption parfaite des enfants de Dieu (1). Plein de la même pensée, saint Pierre disait aux fidèles : Je vous conjure de vous abstenir de toute attache à ce qui passe, et de vous regarder ici-bas comme des étrangers en voyage, qui dressent leur tente le soir pour la lever le lendemain (2). Or c'est à la vue de Jésus-Christ montant au ciel et étalant à nos yeux dans la gloire tout le bonheur qui nous y attend, que ces hauts sentiments doivent se réveiller en nous. Appelés à de si sublimes destinées, nous ne pouvons plus nous attacher aux biens si petits, si misérables, si passagers de la vie présente. Appelés à une félicité infinie, nous devons dédaigner les jouissances mensongères que donnent l'amour-propre, la satisfaction des sens, l'usage des biens temporels. Appelés à une gloire incomparable, nous devons compter pour rien la gloire si fausse du monde, l'opinion des hommes, l'éclat des honneurs, et dire avec saint Ignace : Oh ! que la terre me semble vile quand je regarde le ciel (3) ! et avec saint Paul : Tout ne m'est rien, pourvu que je gagne Jésus-Christ (4). »

    1. Rom. VIII, 23. - 2. I Petr. II, 11. - 3. Quam sordet tellus cum caelum aspicio ! - 4. Omnia... arbitror ut stercora, ut Christum lucrifaciam. (Philipp. III, 8).

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année, Tome II (Vendredi d'après l'Ascension, Méditation pour le matin, premier point), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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  • Méditation - « pourquoi restez-vous là à regarder au ciel ? » (Act. 1, 11)

    « En montant aux cieux, le Christ ne nous a pas abandonnés. Il a dit de lui-même : « Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde. » (Mt 28,20) Il est vraiment « Emmanuel », « Dieu avec nous », selon le nom qui lui est donné avant sa naissance (Mt 1,23). L'Ascension est, non pas un départ, mais une présence plus profonde. Cela se comprend. Dieu est plus proche de nous que nous-mêmes. Il est la source de notre existence et de notre être. Son désir est de faire en nous sa demeure. Dire de Jésus qu'il est dans la gloire de Dieu, c'est dire qu'il est avec nous et en nous.

    Le ciel où est entré le Christ n'est pas seulement pour plus tard. Il est pour maintenant. Nous pouvons vivre avec le Christ et de lui maintenant, grâce à l'Esprit Saint qu'il promet à ses disciples avant de les quitter. Sans déserter notre monde, nous pouvons être chez Dieu avec le Christ. Le ciel ne commence pas quand nous quittons la terre. Il commence quand nous vivons avec le Christ sur la terre. Croire à l'Ascension, c'est vivre les espoirs et les déceptions, le bonheur et la souffrance, le travail et le repos, le mariage et le célibat, la vie personnelle et la vie sociale, avec le Christ qui nous unit au Père dans le Saint-Esprit. Vivre au ciel, c'est prier avec le Christ, être uni à lui par les sacrements en particulier l'Eucharistie, nous accueillir les uns les autres en lui, nous rendre service, nous réconcilier et faire un monde nouveau avec lui. »

    Mgr Raymond Bouchex (1927-2010), Il est la Résurrection et la Vie - Le Mystère de Pâques, Éditions Parole et Silence, Paris, 2006.

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    Giotto di Bondone (1267-1337), Fresque de l'Ascension
    Chapelle des Scrovegni, Padoue (Italie)

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  • Méditation - confiance, confiance, confiance... (suite)

    « Pour que notre attention soit toujours fixée sur Christ et pour que notre ardeur ne tiédisse à aucun moment, invoquons-Le en tout temps ! Qu'Il soit l'objet de nos méditations ! Il ne nous est demandé aucune forme particulière de prière. Pour L'invoquer : point n'est besoin d'un lieu spécial, ni de grandes vociférations. Il n'est absent d'aucun endroit. Il est impossible qu'Il ne soit pas en nous. Pour ceux qui Le cherchent, Il est en eux, plus intimement que leur propre cœur.
    Ainsi, nous croyons fermement que nos prières seront exaucées. Nous ne devons pas en douter malgré notre péché. Soyons pleins de courage, car Celui que nous invoquons est bon pour les ingrats et les méchants (Lc 6, 35). Bien loin de Lui d'oublier les supplications de Ses serviteurs qui L'ont offensé, avant même que nous Le priions, et alors que nous ne faisions aucun cas de Lui, Il est descendu sur terre en personne ; Il nous a, le premier, appelés en nous disant : Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (Mt 9, 13).
    Comment Celui qui a cherché ceux qui ne Le désiraient pas traiterait-Il ceux qui font appel à Lui ? S'Il nous a aimés quand nous Le haïssions, comment nous rejetterait-Il, si nous L'aimons ?... »

    St Nicolas Cabasilas (XIVe siècle), La vie en Christ (Livre VI, 12), Trad. Daniel Coffigny, Éditions du Cerf, Paris, 1993.

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  • Méditation - confiance, confiance, confiance...

    « Vous demandez en quoi s'occupe intérieurement cette âme qui est tout abandonnée entre les mains de Dieu. Elle ne fait rien sinon demeurer auprès de Notre Seigneur..., sans avoir souci d'aucune chose, non pas même de son corps ni de son âme ; car puisqu'elle s'est embarquée sous la Providence de Dieu, qu'a-t-elle à faire de penser ce qu'elle deviendra ? Notre Seigneur, auquel elle s'est toute délaissée, y pensera assez... Vous me dites à cette heure : Il faut avoir une grande confiance pour s'abandonner ainsi sans aucune réserve. - Il est vrai ; mais aussi, quand nous abandonnons tout, Notre Seigneur prend soin de tout et conduit tout. »

    St François de Sales (1567-1622), Entretiens spirituels, III, in "Œuvres", NRF - Gallimard, 1969.

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  • 1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Un jour que sainte Gertrude cherchait, parmi les différentes faveurs qu'elle avait reçues, celle qu'il serait le plus utile de manifester aux hommes pour leur avancement spirituel, Notre-Seigneur lui indiqua précisément cette disposition miséricordieuse de son Cœur à réparer toutes nos fautes : « Fais connaître aux hommes, lui dit-Il, l'avantage qu'ils trouveront à se rappeler sans cesse que moi, le Fils de la Vierge, je me tiens debout pour leur salut devant Dieu le Père et que, s'ils viennent à commettre quelque faute, j'offre pour eux mon Cœur sans tache à la justice divine. » La seule chose qu'Il demande pour cela, c'est que nous venions lui apporter nos misères avec un cœur contrit et confiant, avec une bonne volonté qui se relève courageusement après chaque chute, lui demandant de suppléer à notre indigence et d'acquitter entièrement toutes nos dettes.

    Vous voyez combien cette doctrine est encourageante et enrichissante et comme la dévotion au Sacré-Cœur, ainsi pratiquée, peut nous élever rapidement à une haute perfection, puisque si nous savons lui apporter, chaque jour, nos œuvres, nos manquements, nos dettes, Il réparera tout, compensera tout et revêtira nos moindres bonnes actions d'une valeur infinie. Et pour lui exposer ainsi notre misère et lui demander d'y suppléer, disons-lui simplement comme sainte Gertrude : « Ô mon frère, puisque vous vous êtes fait homme pour payer les dettes des hommes, daignez maintenant, je vous en prie, suppléer à mon indigence et acquitter entièrement toutes mes dettes. »

    Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en vous ! Ce sera donc là désormais une de nos invocations favorites. Nous la redirons au moment des difficultés, des tentations, des ennuis. Nous la redirons pour la redire par plaisir et pour être agréables au Cœur de Jésus. Nous la redirons chaque fois que nous aurons une grâce à demander, un secours à solliciter.

    Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en vous ! Oui, nous la redirons sans cesse, cette belle prière, et quand Dieu devra nous juger, elle sera encore une dernière fois sur nos lèvres, et l'entier pardon qu'elle nous obtiendra alors, sera la meilleure réponse de Jésus à tous ces cris de foi et d'amoureuse confiance qui seront sortis si souvent de notre cœur, au cours de notre vie. »

    Abbé A. Comerson, Entretiens spirituels sur le Sacré Cœur & La Garde d'Honneur (Deuxième année, Juin, III), Librairie Catholique, Chambéry, 1922.

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  • Méditation - De la tendresse

    « La sainte enfance de Jésus nous prêche la tendresse ; la tendresse est partout, dans la Passion, dans le Saint-Sacrement, dans le Sacré-Cœur. Mais jetez les yeux sur la vie de Jésus parmi les hommes, et vous verrez plus clairement ce que c'est que cette tendresse. D'abord la tendresse était répandue sur toute la personne intérieure de Notre-Seigneur. Le récit du dimanche des Rameaux en est un exemple. Voyez ensuite la manière dont il traitait ses disciples, les pécheurs, et ceux que l'affliction ou le chagrin jetait sur son chemin. Il n'éteignait pas la lampe mourante, il n'écrasait pas le roseau brisé. Tel était le véritable portrait du Sauveur. Il y avait de la tendresse jusque dans ses regards, comme lorsqu'il regarda un jeune homme et se prit à l'aimer ; saint Pierre fut aussi converti par un regard. Toutes ses paroles étaient pleines de tendresse. Le ton de ses paraboles, ses sermons, d'où la terreur est bannie, enfin l'abîme de pardons qu'ouvrent ses enseignements, tout le prouve. Il ne mettait pas moins de tendresse en répondant aux questions, comme en ce jour où il fut accusé d'être possédé du démon, et lorsqu'il fut frappé au visage. Il n'est pas jusqu'à ses reproches qui ne respirassent la tendresse, témoin la femme adultère, Jacques et Jean, et la Samaritaine, et Judas. Son zèle n'était pas moins tendre, lorsqu'il reprenait les deux frères qui auraient voulu faire descendre le feu du ciel sur un village de Samarie, et lorsque, saisi d'une divine indignation, il purifia le temple des voleurs qui le déshonoraient.
    Maintenant, si Notre-Seigneur est notre modèle, si son esprit est le nôtre, la tendresse chrétienne doit naturellement faire une profonde impression sur notre vie spirituelle, et, pour parler proprement, en constituer le principal caractère. Sans tendresse, nous ne posséderons jamais cet esprit de générosité avec lequel nous devons servir Dieu. Elle est aussi nécessaire à notre vie intérieure et à nos rapports avec Dieu qu'à notre vie extérieure et à nos rapports avec les autres hommes ; or, il y a un don du Saint-Esprit, la piété, qui a pour objet spécial de conférer cette tendresse. »

    R.P. F.W. Faber (1814-1863), Progrès de l'âme dans la vie spirituelle (chap.V), traduit de l'anglais par M. F. de Bernardt, nouvelle édition, Paris, Téqui, 1928 (Ed. or. 1856).

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  • Méditation - Liberté et don de soi

    « Il n'y a rien de plus faux que d'opposer la liberté au don de soi, car le don de soi est une conséquence de la liberté. Considérez que lorsqu'une mère se sacrifie pour ses enfants, elle a choisi ; et c'est à la mesure de cet amour que se manifestera sa liberté. Plus cet amour est grand, plus la liberté sera féconde ; et le bonheur de ses enfants provient de cette liberté bénie (qui implique le don de soi) ; il procède de ce don bienheureux qu'est justement la liberté.
    [...]
    J'insiste et je voudrais l'imprimer en lettres de feu en chacun de vous : la liberté et le don de soi ne se contredisent pas ; ils se soutiennent mutuellement. On ne donne sa liberté que par amour ; je ne conçois pas d'autre type de détachement. Ce n'est pas là un jeu de mots plus ou moins réussi. Quand on se donne volontairement, c'est à chaque instant que, dans ce service, la liberté renouvelle l'amour. Or se renouveler, c'est être continuellement jeune, généreux, capable de grands idéaux et de grands sacrifices. Je me souviens de la joie que j'éprouvai lorsque j'appris qu'en portugais on appelle les jeunes os novos (1). C'est bien ce qu'ils sont, en effet. [...]

    Par amour de la liberté, nous nous lions. Seul l'orgueil donne à ces liens le poids d'une chaîne. La vraie humilité que nous enseigne Celui qui est doux et humble de cœur nous montre que son joug est doux et son fardeau léger (2) : le joug c'est la liberté, le joug c'est l'amour, le joug c'est l'unité, le joug c'est la vie qu'Il nous a gagnée sur la Croix. »

    1. Os novos (les jeunes) peut aussi se traduire littéralement : les neufs ou les nouveaux (Note du traducteur). - 2. Cf. Mt 11, 29-30.

    St Josemaria Escriva de Balaguer, Amis de Dieu. Homélies (Homélie prononcée le 10.04.1956, La liberté, don de Dieu, 30-31), Fayard / Mame, 1981.

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  • Méditation - Tout en vue de Dieu

    « Il y a tant de choses à faire, tant d'offices à la maison, tant d'emplois à la ville, aux champs ! travail partout ; faut-il donc laisser tout là pour ne penser qu'à Dieu ? Non, mais il faut sanctifier ces occupations en y cherchant Dieu, et les faire pour l'y trouver plutôt que pour les voir faites. Notre Seigneur veut que devant tout nous cherchions sa gloire, son royaume, sa justice, et, pour cela, que nous fassions notre capital de la vie intérieure, de la foi, de la confiance, de l'amour, des exercices de religion, de l'oraison, de la confusion, des humiliations, des travaux et des peines, en la vue de Dieu, notre souverain Seigneur ! [...] Si une fois nous sommes ainsi établis en la recherche de la gloire de Dieu, nous sommes assurés que le reste suivra. »

    St Vincent de Paul (1581-1660), Correspondance du 21 février 1659, Édition du Seuil, 1960 (p.547) et P. Coste, Correspondance, vol. XII (p.132)

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    Julien Dupré (1851-1910), La récolte des foins
    (Collection particulière)

  • Méditation - Créés pour la sainteté

    « Tout ce qui passe et ne tourne pas à la gloire de Dieu est néant, et au-dessous même du néant. »
    Ste Thérèse d'Avila

    « Comprenez-vous pourquoi une âme cesse de savourer la paix et la sérénité quand elle s'écarte de sa fin, quand elle oublie que Dieu l'a créée pour la sainteté ? Efforcez-vous de ne jamais perdre ce point de vue surnaturel, pas même aux heures de loisir ou de repos, aussi nécessaires dans la vie de chacun que le travail.
    Vous pouvez bien parvenir au sommet de votre activité professionnelle ; vous pouvez obtenir les succès les plus retentissants grâce à votre libre initiative dans vos activités temporelles ; mais si vous abandonnez ce sens surnaturel qui doit présider à toutes vos activités humaines, vous ferez lamentablement fausse route. »

    St Josemaria Escriva de Balaguer (1902-1975), Amis de Dieu. Homélies (Homélie prononcée le 11.03.1960, La grandeur de la vie ordinaire, 10), Fayard / Mame, 1981.

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  • Méditation - Annonciation

    « Tu l'as entendu, Vierge Marie, tu concevras et enfanteras un fils, non d'un homme — tu l'as entendu — mais de l'Esprit Saint. L'ange attend ta réponse ; il faut qu'il retourne vers Celui qui l'a envoyé. Nous attendons nous aussi, notre Dame. Accablés misérablement par une sentence de condamnation, nous attendons une parole de pitié. Le prix de notre salut est entre tes mains. Si tu consens, nous sommes libres. Dans le Verbe éternel de Dieu nous avons tous été créés ; mais hélas, la mort fait son œuvre en nous. Une brève réponse de toi suffit pour nous recréer, de sorte que nous soyons rappelés à la vie...
    Donne ta réponse, Vierge Marie, n'hésite pas... Prononce cette parole si attendue par la terre, les enfers, les cieux mêmes. Voici que le Roi et Seigneur de l'univers, lui qui a « désiré ta beauté » (Ps 44,12), désire aussi le oui de ta réponse. A ton consentement il a voulu suspendre le salut du monde. Tu lui as plu par ton silence ; tu lui plairas davantage à présent par ta parole. »

    St Bernard (1091-1153), Homélies sur ces paroles de l'Évangile : « L'ange fut envoyé », n° 4, 8-9.

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    « La Vierge Marie a fermé les yeux
    Et voilé son cœur de ses deux paupières
    pour ne plus rien voir, pour entendre mieux
    Un souffle qui fait trembler ses prières...

    Un frisson le long du petit jardin
    A couru... Qui vient ? La feuille nouvelle ?
    Qui passe ?... Un oiseau sort du ciel. Soudain,
    La graine des champs les sent partir d'elle.

    Le vent sur le toit vient de rencontrer
    Dessus, un oiseau que l'azur apporte.
    Qui vole ?... Le ciel a poussé la porte,
    La porte a chanté, un Ange est entré.

    Un Ange a parlé tout bas dans la chambre.
    Toi seule, ô Marie, entends ce qu'il dit,
    Toi seule dans l'ombre et le Paradis.
    Il a semé Dieu tout grand dans tes membres.

    Je ne l'ai pas vu. Mais en s'en allant,
    - J'étais sur le pas ému de la porte -
    Il a laissé choir dans mon cœur tremblant
    Un grain murmurant du Verbe qu'il porte.

    Il a fait tomber à la place en moi
    La plus ignorée et la plus profonde,
    Un mot où palpite on ne sait quoi,
    Un mot dans mon sein pour le mettre au monde.

    Ah ! comment un mot sortira-t-il bien
    De moi que voilà qui suis peu savante ?
    Mais le Saint-Esprit - je suis sa servante -
    S'Il veut qu'il me naisse y mettra du sien.

    ......................................

    La Vierge Marie est dans son bonheur.
    La Vierge Marie est là qui se noie
    Dans le miel de Dieu. L'épine est en fleur
    Autour du jardin, autour de ma joie.

    Il y a dans toi, Vierge, un petit Roi,
    Ton petit enfant, un Dieu ! Trois ensemble !
    Et nul ne s'en doute. Il y a dans moi
    Un petit oiseau dont le duvet tremble... »

    Marie Noël (1883-1967), Le Rosaire des joies
    ("Annonciation", extrait), Crès, 1930.

  • Méditation - « Quasi modo geniti infantes... » (1 P 2, 2 - Introït de la Messe)

    « Soyez vraiment comme des enfants. Plus vous le serez, mieux ce sera. [...]
    Nos grandes chutes, celles qui ravagent profondément l'âme, et qui sont parfois presque irréparables, sont provoquées par notre orgueil, quand nous nous croyons adultes, autosuffisants. Dans ces cas-là nous sommes comme incapables de demander de l'aide à qui pourrait nous la fournir. Non seulement à Dieu mais à l'ami, au prêtre. Nous nous isolons alors, malheureux que nous sommes, en nous enfermant dans notre désarroi, dans notre égarement.
    Dès maintenant prions Dieu de ne jamais permettre que nous nous sentions satisfaits, de faire toujours grandir en nous le besoin de son secours, de sa parole, de son Pain, de son réconfort, de sa force : rationabile, sine dolo lac concupiscite (1) ; aiguisez votre faim, votre aspiration à devenir des enfants. Croyez bien que c'est le meilleur moyen de vaincre l'orgueil. Soyez-en persuadés, c'est bien le seul remède pour que notre conduite soit bonne, grande, divine. En vérité, je vous le dis, si vous ne retournez pas à l'état des enfants vous ne pourrez entrer dans le Royaume des Cieux (2). »

    1. Suite de l'Introit : "désirez ardemment le lait spirituel et très pur" - 2. Mt 18, 3.

    St Josemaria Escriva de Balaguer (1902-1975), Amis de Dieu. Homélies (Homélie prononcée le 05.04.1964, Dimanche in albis, L'amitié avec Dieu, 142-147), Fayard / Mame, 1981.

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  • 1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « C'est par le Cœur de mon Jésus, ma voie, ma vérité et ma vie, que je m'approche de vous, ô Père Éternel. Par ce divin Cœur, je vous adore pour ceux qui ne vous adorent pas, je vous aime pour ceux qui ne vous aiment pas, je vous reconnais pour tous les aveugles volontaires qui, par mépris, ne vous reconnaissent pas. Je veux, par ce divin Cœur, satisfaire au devoir de tous les mortels. Je fais en esprit le tour du monde pour chercher toutes les âmes rachetées du Sang très précieux de mon divin Époux, afin de vous satisfaire pour toutes par ce divin Cœur ; je les embrasse pour vous les présenter par lui et par lui je vous demande leur conversion. Eh quoi ! Père Éternel, voulez-vous bien souffrir qu'elles ne reconnaissent pas mon Jésus, et qu'elles ne vivent pas pour lui, qui est mort pour tous ? Vous voyez, ô divin Père, qu'elles ne vivent pas encore ; ah ! faites qu'elles vivent par ce divin Cœur.

    Sur cet adorable Cœur, je vous présente tous les ouvriers de l’Évangile, afin que, par ses mérites, vous les remplissiez de votre Esprit Saint. Sur ce Cœur Sacré, comme sur un autel divin, je vous présente en particulier … [intention].

    Vous savez, ô Verbe incarné, Jésus mon Bien-Aimé, tout ce que je veux dire à votre Père, par votre divin Cœur et par votre sainte Âme. Je vous le dis en le lui disant, parce que vous êtes en votre Père et que votre Père est en vous ; faites donc tout cela avec lui. Je vous présente toutes ces âmes, faites qu'elles soient une même chose avec vous. Amen. »

    Prière de la Bienheureuse Marie de l'Incarnation (1599-1672).

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  • Méditation - Quelques pratiques de la vie spirituelle

    La pratique la plus sainte, la plus commune, et la plus nécessaire en la vie spirituelle, est la présence de Dieu, c'est de se plaire et s'accoutumer en sa divine compagnie, parlant humblement, et s'entretenant amoureusement avec lui en tout temps, à tous moments, surtout dans le temps des tentations, des peines, des aridités, des dégoûts, et même des infidélités, et des péchés.

    Il faut s'appliquer continuellement à ce qu'indifféremment toutes nos actions soient une manière de petits entretiens avec Dieu, pourtant sans étude, mais comme ils viennent de la pureté et simplicité du cœur.

    Il faut faire toutes nos actions avec poids et mesure, sans impétuosité, ni précipitation qui marquent un esprit égaré, il faut travailler doucement, tranquillement et amoureusement avec Dieu, le prier d'agréer notre travail, et par cette attention continuelle à Dieu nous briserons la tête du démon, et lui ferons tomber les armes des mains.

    Nous devons pendant notre travail et autres actions, même pendant nos lectures et écritures quoique spirituelles, je dis plus pendant nos dévotions extérieures et prières vocales, cesser quelque petit moment, le plus souvent même que nous pourrons, pour adorer Dieu au fond de notre cœur, le goûter quoiqu'en passant et comme à la dérobée. Puisque nous n'ignorez pas que Dieu est présent devant vous pendant vos actions, qu'il est au fond et au centre de votre âme, pourquoi donc ne pas cesser au moins de temps en temps vos occupations extérieures, et même vos prières vocales, pour l'adorer intérieurement, le louer, lui demander, lui offrir votre cœur, et le remercier.

    Frère Laurent de la Résurrection, Maximes spirituelles fort utiles aux âmes pieuses, pour acquérir la présence de Dieu, Recueillies de quelques Manuscrits du Frère Laurent de la Résurrection, Religieux Convers des Carmes Déchaussés (Pratiques nécessaires pour acquérir la vie spirituelle, 1-4), A Paris, Chez Edme Couterot, 1692.
    (Texte intégral)

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  • Méditation - « Surrexit Christus, Alleluia ! »

    « Jésus est ressuscité, il n'est plus ici ; Surrexit, non est hic (Mc 16). Ce furent les premières paroles que l'ange adressa aux pieuses femmes accourues, dès la pointe du jour, au tombeau du Seigneur. Quelle joie elles durent répandre dans leur cœur désolé ! Quelle joie ces mêmes paroles répandent encore aujourd'hui dans le cœur des fidèles, à qui l’Église les fait entendre dans l'office et la messe de ce grand jour. Surrexit !... Il est ressuscité ! Jésus, notre bien-aimé Roi, notre Père, dont la douloureuse Passion nous arracha tant de soupirs, a repris vie, pour ne plus mourir ! Vainqueur de tous ses ennemis et de la mort même, il jouit, dans son humanité glorifiée, d'ineffables délices ; son Père céleste lui a donné la toute-puissance dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ! Réjouissons-nous avec lui et pour lui. Exultemus et laetemur. Qu'en ce beau jour la joie dilate notre cœur ! L’Église nous y invite par son exemple : aux habits de deuil, aux accents lugubres des lamentations elle a fait succéder les ornements de fête, les cantiques d'allégresse mêlés au cri mille fois répété du joyeux Alleluia. - Surrexit Christus, Alleluia ! Jésus est ressuscité, Alleluia ! Sicut dixit, Alleluia ! Comme il l'avait prédit, Alleluia ! Alleluia ! (Mt 26)
    [...]
    Je vais tâcher aujourd'hui d'avoir toujours mes pensées fixées sur Jésus ressuscité ; de me réjouir avec lui et de rendre ma joie féconde en bonnes œuvres. »

    Père Bruno Vercruysse, Nouvelles méditations pratiques pour tous les jours de l'année (Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ), Braine-le-Comte - Paris, Charles Lelong - Jouby et Roger, 1874.

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    « La résurrection n’est pas passée, la résurrection nous a rejoints et saisis. Nous nous accrochons à elle, c’est-à-dire au Christ ressuscité, et nous savons que Lui nous tient solidement, même quand nos mains faiblissent. Nous nous accrochons à sa main, et ainsi nous nous tenons la main les uns des autres, nous devenons un unique sujet, et pas seulement une seule chose. C’est moi, mais ce n’est plus moi : voilà la formule de l’existence chrétienne fondée sur le Baptême, la formule de la résurrection à l’intérieur du temps. C’est moi, mais ce n’est plus moi : si nous vivons de cette manière, nous transformons le monde. »

    Benoît XVI, extrait de l'homélie de la Vigile de Pâques, 15 avril 2006.

  • Méditation - Lourde pierre...

    « La lourde pierre n'était pas seulement sur le tombeau. Elle obstruait aussi tant de coeurs qui avaient besoin du choc pascal, du regard ou de la voix de Jésus ressuscité, pour la faire sauter. Marie-Madeleine, la toute première, dès qu'elle entendra son nom sur les lèvres de Jésus. Et les deux disciples d'Emmaüs, livrés à leur désespoir, dès qu'il leur rompra le pain. Et Pierre lui-même, encore tout à la honte de sa chute, dès que Jésus se fera voir de lui. Et plus rapidement encore, l'élu de la dernière heure, le larron sur la croix de droite, qui, dès aujourd'hui, c'est-à-dire, avant tout le monde, avant les saints et les justes de l'Ancien Testament, est avec Jésus dans le Paradis.
    Alors, comment désespérer de la pierre qui pèse encore sur notre propre cœur et dont nous savons très bien depuis longtemps que nous sommes incapables de la faire bouger. Nous aurions tant voulu que nos efforts aboutissent ; nous aurions surtout souhaité que cette pierre n'eût jamais été là. Mais Jésus a préféré qu'elle y soit comme sur le tombeau de sa Pâque, - Ô bienheureuse pierre ! - pour que nous aussi, un jour, nous nous heurtions à la force de sa résurrection, et qu'elle vole en éclats, Jésus réalisant en nous l'impossible, en ramenant sur ses épaules ce qui semblait irrémédiablement perdu.
    « Ô nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s'unit à la terre, où l'homme rencontre Dieu. » »

    André Louf (1929-2010), Seul l'amour suffirait. Commentaires d’Évangile pour l'année B (Nuit de Pâques), Paris, Desclée de Brouwer, 1984.

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  • Méditation - Le signe de la Croix

    « Considérez quel est le prix qui a été donné pour votre rançon, et vous ne serez plus l’esclave d’aucun homme sur la terre. Ce prix, mes frères, et cette rançon c’est la croix. Vous ne la devez donc pas marquer négligemment du bout du doigt sur votre visage. Vous devez la graver avec amour dans votre cœur par une foi très fervente. Si vous l’imprimez de la sorte sur votre front, nul des esprits impurs n’osera s’approcher de vous en voyant sur votre visage les armes qui l’ont terrassé, et cette épée étincelante dont il a reçu le coup mortel. Si la seule vue des lieux où les bourreaux exécutent les criminels, vous fait frémir d’horreur et trembler de crainte, dans quel trouble et quelle terreur doivent entrer les démons, en voyant les armes dont Jésus-Christ s’est servi pour les vaincre ?

    Ne rougissez donc pas de la croix, afin que Jésus-Christ ne rougisse point de vous, lorsqu’il viendra dans la majesté de sa gloire, et qu’il fera briller ce signe d’une lumière plus éclatante que les rayons du soleil. Car elle paraîtra alors aux yeux de tous les hommes qui auront été dans le monde. Elle publiera hautement l’innocence et la charité de celui qui s’y est laissé attacher, et elle convaincra toute la terre qu’il n’a rien omis pour sa part de tout ce qui était nécessaire pour notre salut.
    [...]
    Si vous trouvez donc quelqu’un qui vous dise : Quoi, vous adorez une croix ? Répondez-lui d’un ton de voix qui témoigne de votre fermeté, et d’un visage gai et riant, dites : Oui, je l’adore, et je ne cesserai point de l’adorer. S’il se moque de vous, plaignez-le, et répandez vos larmes en voyant son aveuglement. Rendez grâces à Dieu qui vous a honoré d’un si grand don, et qui vous a fait des grâces si prodigieuses, que personne ne peut les comprendre, si Dieu par une faveur toute particulière ne les lui révèle. Cet homme qui vous insulte, ne vous raille ainsi que parce que « l’homme animal et humain n’est point capable des choses qu’enseigne l’esprit de Dieu, car elles lui paraissent une folie ; et il ne les peut comprendre, parce que c’est par une lumière spirituelle qu’on en doit juger. » (1 Cor. II, 14.) »

    St Jean Chrysostome, Homélie LIV sur l’Évangile de Matthieu (4-5), in "Œuvres complètes traduites pour la première fois sous la direction de M. Jeannin", Tome VIII, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.
    Texte intégral à l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais (Suisse).

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  • Méditation - « Ce que je fais... vous le saurez plus tard. »

    « Seigneur, vous me laveriez les pieds ! - Seigneur, ne me connaissez-vous pas ! Vous m'invitez à manger votre chair sacrée et à boire votre très précieux Sang ! Vous voulez donc me pardonner encore une fois ! Avez-vous oublié combien souvent j'ai été pardonné, et combien de fois je suis retombé dans le péché ! Qu'est-ce donc que l'homme pour que vous vous souveniez de lui ! Jésus répond : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite. - Que cette parole, tombée des lèvres du Sauveur, soit la nourriture de notre âme, car Il nous la redirait souvent si nous voulions l'entendre. Quand nous brûlons de voir s'accomplir quelqu'un de nos désirs, et que nous sommes déçus, et tentés de murmurer, Il nous reprend avec une infinie douceur, en disant : Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite. A la lumière de la mort, et au dernier jugement, tu comprendras de quelle façon j'ai agi avec toi, et tu reconnaîtras, comme le dit mon Apôtre, que la tribulation fut encore momentanée et légère (II Cor., IV, 17)

    Certains, dans les temps de persécution, sont scandalisés, et pris de peur, quand il semble que le Seigneur oublie ses fidèles et ses martyrs. Ce que je fais, leur répond-Il, vous ne le savez pas maintenant, mais vous le saurez dans la suite. Jamais Notre-Seigneur n'oublie ses serviteurs, quand ils souffrent, car Il souffre lui-même dans chacun de ses martyrs. Chaque coup qui tombe sur eux, le touche à la prunelle de l’œil (Zach, II). De plus, Il nous a dit que sans les jours de la persécution, nulle chair ne serait sauvée (Matth., XXIV, 22). Donc, quand Il tarde à secourir ses amis fidèles, nous pouvons ne pas savoir ce qu'Il fait, mais très certainement nous verrons, dans la suite, qu'en ceci, comme dans toutes ses œuvres, Il fut infiniment juste et miséricordieux.

    Beaucoup demandent avec Jérémie : Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère ? Si nous ne savons pas maintenant, nous saurons plus tard que, même à l'égard des plus grands pécheurs, Dieu est patient. Il les châtie peu à peu en leur donnant le temps et l'occasion d'être changés dans leur malice, et c'est par de telles raisons, ô Seigneur, que vous avez appris à votre peuple qu'il faut être juste et humain (Sap., XII). Le Saint-Esprit, ajoute cette admirable vérité : Maître de la puissance, ô Dieu, c'est avec tranquillité que vous jugez. On dit que, sur le champ de bataille, la peur rend l'homme cruel : il tue par crainte d'être tué ! Dieu, parce qu'Il a toute puissance et qu'Il ne craint rien, est calme et tranquille. Il dépend de vous, lorsque vous voulez, de pouvoir, dit la Sagesse. Pour nous, créatures faibles et de peu de durée, Dieu semble parfois agir trop lentement. »

    Pierre Gallwey s.j., Les Heures de Garde de la Sainte Passion, Tome premier (Seconde Partie Chap.I, VII : Le lavement des pieds), Trad. A. Rosette s.j., Paris, P. Lethielleux, 1904.

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