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24 janvier 2015

Méditation : "comme des petits enfants..."

« C'est bien la vérité que notre bien dépend de nous laisser conduire et gouverner par l'Esprit de Dieu sans réserve ; c'est cela que prétend la vraie simplicité que Notre-Seigneur a tant recommandée : Soyez simples comme la colombe (1), dit-il à ses Apôtres ; mais il ne s'arrête pas là, leur disant de plus : Si vous n'êtes faits simples comme petits enfants, vous n'entrerez point au Royaume de mon Père (2). Un enfant, tandis qu'il est bien petit, est réduit en une grande simplicité qui fait qu'il n'a autre connaissance que de sa mère ; il a un seul amour qui est pour sa mère, et en cet amour il n'a qu'une seule prétention qui est le sein bien-aimé, il ne veut rien autre. L'âme qui a la parfaite simplicité n'a qu'un amour, qu'une seule prétention, qui est de reposer sur la poitrine du Père céleste, et là, comme un enfant d'amour, faire sa demeure, laissant entièrement tout le soin de soi-même à son bon Père, sans que jamais plus elle se mette en peine de rien, sinon de se tenir en cette sainte confiance ; non pas même les vertus et les grâces qui lui semblaient être fort nécessaires ne l'inquiètent point à force de les désirer, ni n'a aucune sollicitude à la poursuite de la perfection. Elle ne néglige rien de ce qu'elle rencontre en son chemin, mais aussi elle ne s'amuse point à rechercher d'autres moyens de se perfectionner que ceux qui lui sont prescrits. »

1. Mt X, 16. - 2. Mt XVIII, 3.

St François de Sales (1567–1622), Entretiens spirituels (XIV. De la simplicité), in "Œuvres", nrf Gallimard, 1969.

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23 janvier 2015

Méditation : les croix du chrétien

« Notre amoureux Sauveur dispense à ses membres, selon son bon plaisir, ses vénérables croix, à proportion de la grâce qui les dispose par sa propre inclination, ou même à mesure de la perfection où il les veut élever de nouveau. De ce principe, qui n'a jamais encore manqué, l'admirable saint Paul tire cette conséquence..., que « tous ceux-là endureront des persécutions, qui voudront vivre pieusement en Jésus-Christ » (1)...

Cette proposition du grand Apôtre a tant de vérité qu'elle ne souffre point d'exception, parce qu'il n'y eut jamais aucun homme sur la terre qui appartienne à la grâce de Jésus par la participation de sa sainteté - ce que saint Paul appelle : « vivre pieusement en Jésus-Christ » -, lequel n'ait expérimenté quelqu'une de ces manières de persécutions...

C'est pourquoi le Saint-Esprit veut que celui qui dispose son cœur pour servir Dieu avec toute la fidélité que lui doit sa créature, prépare à même temps son âme à l'épreuve de cette touche infaillible qui fait discerner les âmes généreuses d'avec les inconstantes (2). Que l'on jette les yeux sur cette troupe innombrable qui compose le Corps mystique glorieux de Jésus, et sur ceux qui, étant encore en l’Église militante, s'efforcent d'atteindre à la fin de la lice, à l'exemple de lui-même qui, comme un géant, l'a courue depuis un bout jusqu'à l'autre (3) sans avoir repris haleine, et l'on verra avec trop de clarté la vérité constante de cette très importante maxime. »

1. II Tim III, 12 - 2. Eccli II, 1 - 3. Ps XVIII, 6-7.

P. Louis Chardon o.p. (1595-1651), La Croix de Jésus (Premier Entretien, ch. XVIII), Éditions du Cerf, Paris, 1937 (1ère édition 1647).

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22 janvier 2015

Méditation : action de l'Esprit Saint en l'âme

« L'Esprit divin purifie, par la foi, l'image de Dieu dans mon âme. Il guérit mon aveuglement spirituel et ouvre mes yeux aux choses de Dieu. Il prend possession de ma volonté pour que je ne demeure plus esclave de mes passions, de mes impulsions et que je puisse agir dans la paix féconde que donne la liberté spirituelle. En m'enseignant peu à peu la charité, Il perfectionne dans mon âme la ressemblance à Dieu en me rendant conforme au Christ. Car mon union au Christ est bien davantage que l'imitation de Ses vertus telles que les décrit l’Évangile ; ce doit être une union créée en moi par l'action de Son Esprit transformateur. Et la vie que l'Esprit insuffle au mien est le Christ Lui-même, mystiquement présent dans mon être et ma personne. La vie surnaturelle qui Le rend spirituellement présent dans mon âme est tout aussi réelle que la vie physique qui Le rend matériellement présent en moi. Ces deux vies sont des dons que Dieu a voulus pour moi puisque l'une est élevée et perfectionnée par l'autre. Et bien qu'elles puissent être considérées comme théoriquement (de jure) séparées, elles sont destinées, dans le plan de Dieu, à être réalisées (de facto) ensemble, et, ensemble, à me donner ma pleine stature et ma pleine réalité en Dieu. Elles sont toutes deux nécessaires pour faire de moi ce que Dieu veut que je sois. »

Thomas Merton (1915-1968), Le Nouvel Homme (105), aux Éditions du Seuil, Paris, 1969.

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21 janvier 2015

Méditation : l'adoration

« L'adoration est la première justice que Dieu réclame.
Dieu est. Quand il se nomme il prouve ses droits ; car il est l’Être. Son existence est absolue, sans limitation, immuable et nécessaire. Comme un centre aux mille rayons, l'être s'épanouit en lui dans toutes ses formes. Intelligence, vouloir, amour, bonté, fécondité, justice, puissance... allongez jusqu'à l'infini cette liste... et tout cela dans sa plénitude, et tout cela dans l'unité, dans la simplicité parfaite, et tout cela éternellement : voilà Dieu.
Et tous les autres, qui possèdent un reflet de ces choses, ne le possèdent que par lui, ne le possèdent qu'en lui, sans qu'il soit possible de lui en enlever la possession primordiale, il en reste le maître plus qu'eux-mêmes, de sorte que c'est une justice qu'ils reconnaissent devant lui qu'ils ne sont rien, et que lui seul est tout.
Or cela, c'est l'adoration.
Adorer, c'est reconnaître le tout de l'objet et le néant de celui qui adore. C'est proclamer que cet objet a toutes les perfections, tous les droits, tout l'être. L'adoration, c'est le néant qui se pâme et volontairement expire en face de l'Infini. »

R.P. Sertillanges o.p. (1863-1948), Jésus (La prière de Jésus), Paris, Librairie Victor Lecoffre, 1900.

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20 janvier 2015

Méditation : la fontaine d'eau vive

« Le prophète dit : « Vous qui avez soif, allez à la fontaine » (Is 55, 1). C'est la fontaine de ceux qui ont soif, non de ceux qui sont abreuvés. Elle appelle ceux qui ont faim et soif, qu'ailleurs elle dit bienheureux (Mt 5, 6), eux dont la soif n'est jamais étanchée, et qui ont d'autant plus soif qu'ils se sont déjà abreuvés à la fontaine. Nous devons donc désirer, frères, la fontaine de la sagesse, le Verbe de Dieu dans les hauteurs, nous devons la chercher, nous devons l'aimer. En elle sont cachés, comme le dit l'apôtre Paul, « tous les trésors de la sagesse et de la science » (Col 2, 3) et elle invite tous ceux qui ont soif à s'abreuver. Si tu as soif, va boire à la fontaine de vie. Si tu as faim, mange le pain de vie. Bienheureux ceux qui ont faim de ce pain et soif de cette fontaine. Buvant et mangeant sans fin, ils désirent encore boire et manger ; douce est cette nourriture et douce cette boisson. Nous mangeons et nous buvons, mais nous avons encore faim et nous avons encore soif ; notre désir est comblé et nous ne cessons de désirer. C'est pourquoi David, le roi prophète, s'écrie : « Goûtez et voyez comme est doux le Seigneur » (Ps 33, 9). C'est pourquoi, frères, suivons notre appel. La Vie, la fontaine d'eau vive, la fontaine de la vie éternelle, la fontaine de lumière et la source de clarté nous invite elle-même à venir et à boire (Jn 7, 37). Là nous trouvons la sagesse et la vie, la lumière éternelle. Là, buvons l'eau vive, jaillissant pour la vie éternelle (Jn 4, 14). »

St Colomban, Instruction Spirituelle.

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19 janvier 2015

Méditation : Du bon emploi de notre temps

« Personne n'ignore l'histoire de saint Charles Borromée et de sa partie d'échecs. Tandis que d'autres parlaient de ce qu'ils s'empresseraient de faire s'ils savaient devoir mourir dans une heure, le Saint dit que, pour sa part, il finirait sa partie d'échecs, car il l'avait commencée seulement pour la gloire de Dieu, et il ne désirait rien tant que d'être appelé devant son juge au milieu d'une action entreprise pour sa gloire. Il est aisé de mériter au jeu : car toutes les récréations, pour ainsi dire, renferment une foule d'occasions de pratiquer quelques vertus. Il est parfaitement possible d'acquérir des mérites en lisant un roman insignifiant, pourvu que ce soit là son unique ou son plus grand défaut ; d'abord parce que c'est en quelque sorte un devoir de donner quelques distractions à son esprit, ce qu'on ne peut trouver que dans une occupation intéressante ; ensuite parce que le frappant contraste de la fiction de ce récit léger avec les graves vérité de la foi catholique qui nous préoccupent, nous amène à faire plus d'un acte d'amour, plus d'un acte d'actions de grâces pour la foi et les autres faveurs que nous avons reçues. Mais il n'est pas facile de mériter en dissipant inutilement un temps précieux, en courant ça et là sans dessein arrêté, en faisant des vœux pour que les heures s'écoulent plus vite, en maudissant tout ce qui nous environne, enfin en nous livrant à des conversations aussi frivoles que peu charitables. Les personnes pieuses, pour la plupart, ne sont point aussi scrupuleuses sur l'emploi de leur temps qu'elles devraient l'être ; pourtant, si, comme nous le croyons, saint Charles est d'un degré plus haut dans le ciel, à cause de sa partie d'échecs, il est certainement à regretter qu'on perde autant d'occasions de mériter, et d'avancer les intérêts de Jésus. Le plus ou moins d'exactitude que nous mettons dans l'emploi de notre temps est comme un véritable thermomètre qui marque le degré de ferveur de notre amour. »

R.P. Frédéric-William Faber (1814-1863), Tout pour Jésus ou Voies faciles de l'Amour divin, Ouvrage traduit sur la 4e édition, avec l'autorisation de l'auteur, par l'Abbé F. de Bernardt, Nouvelle édition, Paris, Ambroise Bray, 1855.

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18 janvier 2015

Méditation : Le Sacrifice de la Messe est le même que celui de la Croix

« Nous reconnaissons donc que le Sacrifice qui s’accomplit à la Messe, et celui qui fut offert sur la Croix ne sont et ne doivent être qu’un seul et même Sacrifice, comme il n’y a qu’une seule et même Victime, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui s’est immolé une fois sur la Croix d’une manière sanglante. Car il n’y a pas deux hosties, l’une sanglante, et l’autre non sanglante, il n’y en a qu’une ; il n’y a qu’une seule et même Victime dont l’immolation se renouvèle tous les jours dans l’Eucharistie depuis que le Seigneur a porté ce Commandement (Lc 22, 19) « Faites ceci en mémoire de Moi. »

Il n’y a non plus qu’un seul et même Prêtre dans ce Sacrifice, c’est Jésus-Christ. Car les Ministres qui l’offrent n’agissent pas en leur propre nom. Ils représentent la Personne de Jésus-Christ, lorsqu’ils consacrent son Corps et son Sang, comme on le voit par les paroles mêmes de la Consécration. Car les prêtres ne disent pas (Co 11, 24) : Ceci est le Corps de Jésus-Christ, mais, Ceci est mon Corps : se mettant ainsi à la place de Notre-Seigneur, pour convertir la substance du pain et du vin en la véritable substance de son Corps et de son Sang.

Les choses étant ainsi, il faut sans aucune hésitation enseigner avec le saint Concile que l’auguste Sacrifice de la Messe n’est pas seulement un Sacrifice de louanges et d’actions de grâces, ni un simple mémorial de celui qui a été offert sur la Croix, mais encore un vrai Sacrifice de propitiation, pour apaiser Dieu et nous le rendre favorable. Si donc nous immolons et si nous offrons cette victime très sainte avec un cœur pur, une Foi vive et une douleur profonde de nos péchés, nous obtiendrons infailliblement miséricorde de la part du Seigneur, et le secours de sa Grâce dans tous nos besoins. Le parfum qui s’exhale de ce Sacrifice lui est si agréable qu’Il nous accorde les dons de la grâce et du repentir, et qu’Il pardonne nos péchés. Aussi l’Église dit-elle dans une de ses Prières solennelles : « Chaque fois que nous renouvelons la célébration de ce sacrifice, nous opérons l’œuvre de notre salut. » (Secreta Dom., 9, post Pent.) Car tous les mérites si abondants de la Victime sanglante se répandent sur nous par ce Sacrifice non sanglant.

Enfin, telle est la vertu de ce Sacrifice, — et les Pasteurs ne doivent pas manquer de l’enseigner — qu’il profite non seulement à celui qui l’immole et à celui qui y participe, mais encore à tous les Fidèles, soit à ceux qui rivent avec nous sur la terre, soit à ceux qui déjà sont morts dans le Seigneur, mais sans avoir suffisamment expié leurs fautes. Car c’est une tradition très certaine des Apôtres que le saint sacrifice de la Messe s’offre avec autant d’avantage pour les morts, que pour les péchés, les peines, les satisfactions et tous les genres de calamités et d’afflictions des vivants. D’où il suit clairement que toutes les Messes sont communes, (ou générales) puisqu’elles s’appliquent au bien général, et au salut commun de tous les Fidèles. »

Catéchisme du Concile de Trente (1566), Chap. 20, VIII.

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17 janvier 2015

Méditation - Poésie : "Ma France bien-aimée"

« Ne désespère pas, ma France bien-aimée ;
Marie est toujours là, forte comme une armée,
Toute-puissante au ciel, invincible ici-bas ;
La Vierge des douleurs sait ta longue souffrance,
Doux pays, douce France,
La Vierge a vu tes pleurs, elle voit tes combats.

Ne désespère pas, Royaume de Marie,
Terre où germa l'honneur et la chevalerie ;
Dans ton angoisse, au soir d'un honteux désarroi,
De la Vierge fidèle attends la délivrance,
Doux pays, douce France,
Elle est ta Reine encore, et Jésus-Christ ton Roi.

Ne désespère pas, terre des épopées,
Où le seul nom du Christ fit frémir les épées,
Où tous les cœurs battaient à ce seul mot : "Je crois !"
Tu briseras le joug de haine et d'ignorance,
Doux pays, douce France,
Tu vaincras par Marie et le Dieu de la croix.

Ne désespère pas, France des basiliques
Que jetaient dans l'azur nos aïeux catholiques,
Pour trône et marchepied de la Reine des cieux ;
Tes fils y chanteront leurs psaumes d'espérance,
Doux pays, douce France,
Et les grands Te Deum, cet hymne des aïeux.

Ne désespère pas, peuple dont la grande âme,
Même en son cri de guerre, acclamait Notre-Dame ;
Avec nos saints, pour toi Notre-Dame pria :
Et tes preux bataillaient en joyeuse assurance,
Doux pays, douce France,
Quand son pied virginal se posa sur nos monts !

Ne désespère pas : Lourdes ! c'est notre aurore ;
L'Immaculée est là qui dit : "Espère encore !"
Du haut de nos rochers elle nous a souri,
En dépit du blasphème et de l'indifférence ;
Doux pays, douce France,
Sous les neiges d'hiver son rosier a fleuri.

Ne désespère pas : fais pénitence et prie ;
Notre-Dame a pitié de toi, pauvre meurtrie,
Elle t'ouvre son Cœur, elle te tend ses bras,
Elle promet le salut à ta persévérance.
Crois, prie, espère, ô France,
Par Marie et son Fils Jésus... tu revivras. »

R.P. Delaporte S.J., in "Bouquet à l'Immaculée",
Œuvre de St-Charles, Grammont (Belgique), 1912.

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16 janvier 2015

Méditation : enfants de Manille...

« Marvin... venait simplement de souffler ses dix bougies, lorsqu'il a été remarqué dans la rue par l'équipe des éducateurs qui arpentent tous les soirs les trottoirs de Manille à la recherche des gangs d'enfants des rues. Traînant dans un quartier du sud de Manille, près d'une station de métro, il était facile à repérer puisque lui ne marchait pas, il rampait : atteint de la myopathie de Duchenne, les muscles de ses membres s'éteignent petit à petit...

Dès les premiers jours après son arrivée, Marvin impressionnait par sa joie et son sourire. Comme la plupart des encadrants, il m'était impossible de passer à côté de lui sans entendre : « Merci mon Père, je t'aime mon Père », comme si ces deux expressions jaillissaient ou plutôt surabondaient naturellement de son cœur. « "La bouche dit ce qui déborde du cœur (Mt 12,34). »
Ne croyez pas que ces mots étaient dits à la légère ou mécaniquement car du haut de ses dix ans, Marvin avait déjà une vraie maturité, fruit de son épreuve, sans aucun doute...

Mais cette joie incroyablement contagieuse dont il rayonnait ne l'empêchait pas de souffrir de sa situation et bien souvent nos discussions revenaient sur la question du Mal ainsi que sur sa maladie. J'étais toujours très impressionné de la manière avec laquelle il abordait des sujets si difficiles car jamais nous ne pouvions déceler de rancœur ou de révolte de sa part. Il essayait de comprendre.
Et je me souviendrait toujours des mots qu'il m'a dit, il y a quelques mois, avant de fêter son treizième anniversaire.
- Mon Père, je crois que j'ai compris maintenant. Ma maladie, c'est une mission que m'a donné Jésus. Et chaque jour qui passe, lorsque j'ai mal, il y a du bien qui est fait quelque part dans le monde. En fait, il faut que je tienne, c'est tout. Il faut que je tienne jusqu'au bout... comme Lui.
...
Marvin a treize ans. Il est en train de s'éteindre tout doucement. Nous assistons, impuissants et terrifiés, à son lent déclin tandis qu'il se prépare sereinement à paraître devant Celui dont il aura en partie porté la Croix. Marvin a choisi la Vie. Et sans cesse il dit « merci », sans cesse il dit « je t'aime ». »

P. Matthieu Dauchez, Mendiants d'amour - A l'école des enfants de Manille, Artège, Perpignan, 2011.

Fondation Tulay ng kabataan
Antenne française : ANAK - Un Pont pour les enfants
8 rue des réservoirs - 78000 Versailles - France

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15 janvier 2015

Méditation : la sainteté à chaque instant

« La sainteté n'attend ni dix minutes, ni la fin de notre vie sur terre, elle s'accomplit à chaque instant. Comme le pèlerin de Pentecôte qui avance péniblement mais avec persévérance, comptant chacun de ses pas avec détermination, pour atteindre la cathédrale de Chartres qu'il aperçoit depuis longtemps déjà, arpentant les champs incommensurables de la Beauce. « Courez de manière à l'emporter » (1 Co 9,24). La sainteté devrait être une « obsession spirituelle ».
Toutefois, et contrairement à ce que l'on colporte habituellement, le Bon Dieu ne s'attardera pas, au jour du jugement, sur ce que nous avons fait dans le passé, mais sur ce que nous sommes dans le présent. Certains objecteront légitimement que nous sculptons notre être par nos actes, ce qui est partiellement vrai, mais le Bon Dieu laisse ainsi la porte ouverte à de vraies et profondes conversions, comme le grand saint Paul ou l'impressionnant Bienheureux Charles de Foucauld.
« Un voleur condamné - et lui seul - a jamais entendu, en ce monde, une voix lui donner cette assurance : "Ce soir tu seras avec Moi en Paradis" (Gilbert Keith Chesterton, Les enquêtes du Père Brown, Omnibus, 2008, p. 728) »
D'ailleurs la sainteté ne se gagne pas, mais s'accueille. Après avoir compris cela, chacun reste terrifié par l'abandon que cela demande, mais surtout émerveillé par l'amour paternel que cela signifie. »

P. Matthieu Dauchez, Mendiants d'amour - A l'école des enfants de Manille, Artège, Perpignan, 2011.

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14 janvier 2015

Méditation : vénération de St Joseph - Prière "Ad te Beate Joseph"

« La vénération de saint Joseph occupe aussi une place importante dans la piété populaire : par exemple, dans des expressions diverses et nombreuses du folklore de certains peuples ; dans la coutume, datant de la fin du XVIIe siècle, de considérer le mercredi comme un jour dédié à saint Joseph ; à ce propos, il convient de noter que certains pieux exercices, comme les Sept mercredis, se rattachent à cette pieuse tradition. La dévotion des fidèles à l’égard de saint Joseph inspire aussi les pieuses invocations, que de nombreuses personnes aiment prononcer spontanément, de même que certaines formules de prières, comme celle qui fut composée par le pape Léon XIII : Ad te, beate Joseph, et qui est dite chaque jour par de nombreux fidèles, et aussi les Litanies de saint Joseph, approuvées par saint Pie X, et, enfin, le pieux exercice du chapelet des Sept angoisses et des sept joies de saint Joseph. »

Directoire sur la piété populaire et la liturgie - Principes et orientations (n°222), Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, Décembre 2001 (Édité en mai 2002).

 

Ad te Beate Joseph / Ô Bienheureux Joseph (à réciter après le Saint Rosaire)
 
« Ad te beáte Joseph, in tribulatióne nostra confúgimus, atque, imploráto Sponsæ tuæ sanctíssimæ auxílio, patrocínium quoque tuum fidenter expóscimus. Per eam, quæsumus, quæ te cum immaculáta Vírgine Dei Genitríce coniúnxit, caritátem, perque patérnum, quo Púerum Iesum ampléxus es, amórem, súpplices deprecámur, ut ad hereditátem, quam Iesus Christus acquisívit Sánguine suo, benígnus respícias, ac necessitátibus nostris tua virtúte et ope succúrras.

Tuére, o Custos providentíssime divínæ Famíliæ, Iesu Christi sóbolem eléctam; próhibe a nobis, amantíssime Pater, omnem errórum ac corruptelárum luem; propítius nobis, sospítator noster fortíssime, in hoc cum potestáte tenebrárum certámine e cælo adésto; et sicut olim Púerum Iesum e summo eripuísti vitre discrímine, ita nunc Ecclesiam sanctam Dei ab hostílibus insídiis atque ab omni adversitáte défende: nosque síngulos perpétuo tege patrocínio, ut ad tui exémplar et ope tua suffúlti, sancte vívere, pie émori, sempiternámque in cælis beatitúdinem ássequi possímus. Amen.

Ô bienheureux Joseph, nous recourons à vous, dans notre tribulation, et, après avoir imploré le secours de votre Très Sainte Épouse, nous sollicitions aussi, en toute confiance, votre patronage. Au nom de l'affection qui vous a uni à la Vierge Immaculée, Mère de Dieu, au nom de l'amour paternel dont vous avez entouré l'Enfant Jésus, nous vous supplions de jeter un regard propice, sur l'héritage acquis par Jésus-Christ, au prix de Son Sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins.

Ô Gardien très vigilant de la Sainte Famille , protégez la famille privilégiée de Jésus Christ. Père très aimant, préservez-nous de toute contagion, de la corruption et de l'erreur ; protecteur très puissant, soyez nous secourable et assistez-nous, du haut du Ciel, dans le combat que nous avons à soutenir contre la puissance des ténèbres. Et de même qu'autrefois vous avez arraché l'Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd'hui la Sainte Église de Dieu contre les embûches de l'ennemi et contre toute adversité, et couvrez-nous de votre constante protection, afin que nous puissions, à votre exemple et par votre assistance, vivre saintement, mourir pieusement, et obtenir l'éternelle félicité dans le Ciel. »

Léon XIII, prière jointe à la lettre Encyclique Quamquam pluries, 15 août 1889.

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 Saint Joseph, par Giuseppe Rollini (1893)
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13 janvier 2015

Méditation : la simplicité

« Le simple n'a pas de fausseté, il ne monte pas d'embûches ; le mensonge ne prospère pas chez lui, ni l'imposture, ni la calomnie ; il ne frappe pas en secret son compagnon ; il ne cherche pas à faire du mal ; il ne s'ingénie pas à nuire ; il n'a pas de fausseté avec son prochain et ne machine pas de méchanceté contre lui ; son frère s'asseoit à côté de lui en paix. Il est un vase propre et net, et son voisinage est le voisinage de la lumière. Aucun de ces maux ne se meut chez l'enfant de ce monde, aucun non plus chez celui dont l'esprit est simple, ni chez l'enfant, à cause de son enfance, ni chez le simple, à cause de sa simplicité.

Dans le nom de la simplicité sont réunis tous les biens, de même que dans le nom de la ruse sont rassemblés tous les maux. La simplicité est un champ labouré qui reçoit la semence et les plants de toutes les vertus, et la ruse est une terre pleine d'épines et de chardons, c'est-à-dire de pensées divisées et vaines ; et de même que la bonne semence est empêchée de croître dans un champ plein d'épines et de chardons, de même la croissance simple de la foi est empêchée par les pensées divisées de la ruse ; et de même que la croissance de la bonne semence est saine dans une terre purifiée de la germination des épines, de même aussi, la croissance de la parole de la vérité pousse en bonne santé dans un esprit simple. Car la simplicité ne juge pas la parole de la foi et elle ne cherche pas pourquoi Dieu a commandé ainsi ; elle n'a pas d'occupation contraire à ce qui lui a été dit de faire. Elle entend avec droiture, elle reçoit avec pureté, elle observe avec simplicité. La simplicité agit sans peine, elle ne se consume pas en pensées qui se lient et se délient l'une l'autre ; le service de la justice lui est facile et elle s'avance sans retard dans le chemin de ses travaux.

Notre-Seigneur a appris la pureté des enfants à ses disciples pour leur faire acquérir la simplicité... Car la vérité brille en tout temps dans la simplicité et la foi dans l'enfance. »

Philoxène de Mabboug (Évêque de Mabboug, ou Hiérapolis, en Syrie, + 523), Cinquième homélie, deuxième homélie sur la simplicité (130-132), in "Homélies" (V), Coll. Sources chrétiennes n°44, Éditions du Cerf, Paris, 1956.

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11 janvier 2015

Méditation : le baptême des petits enfants

« L’Église tient au baptême des petits enfants. Le petit bébé qui vient de naître est aimé de ses parents qui le lui disent en paroles et le lui montrent par des gestes, des caresses, des baisers. Par le baptême, c'est Dieu qui dit à ce bébé : Tu es un tout petit être humain, n'ayant aucune rentabilité pour la société, improductif économiquement, sans intérêt pour les élections. Mais pour moi tu vaux autant que les adultes, tu es grand, tu as du prix. Car tu es, et je fais de toi, mon fils bien aimé. En toi, malgré ta petitesse, je mets tout mon amour dont la grandeur dépasse tous les univers. Je viens habiter en toi. Je fais de toi un membre de l’Église de mon Fils, un membre aussi important que n'importe qui d'autre, aussi important que le pape Jean-Paul II qui a dit un jour : le plus beau jour de ma vie a été celui de mon baptême. Il est heureux que la fête du baptême de Jésus ait lieu au début d'une année nouvelle. Il est beau de commencer une année en entendant les paroles de Dieu à Jésus et à chacun de nous, baptisés : « C'est toi mon fils bien-aimé ; en toi j'ai mis tout mon amour ».

Sainte Marie, Mère de Dieu, apprends-nous à approfondir sans cesse ces paroles : « C'est toi mon fils bien-aimé, en toi j'ai mis tout mon amour ». Prie pour que nous soyons éclairés chaque jour par la lumière de notre baptême. »

Mgr Raymond Bouchex (1927-2010), Il a habité parmi nous - Entrer dans le mystère de l'Incarnation (Les fêtes du temps de Noël), Parole et Silence, 2006.

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10 janvier 2015

Méditation : Marie, Mère de notre vie surnaturelle

« Marie nous a donné la vie surnaturelle tout aussi vraiment que nos mères nous ont donné la vie naturelle ; et comme nos mères le font pour notre vie naturelle, elle nourrit, protège, accroît et épanouit notre vie surnaturelle afin de l'amener à sa perfection.

Tout homme comprend la réalité de la vie naturelle ; c'est que, cette vie, nous la voyons, nous la touchons, nous la sentons, nous la percevons dans toutes nos activités extérieures et intérieures ; c'est qu'elle se confond, pour ainsi dire, avec notre moi, car nous ne prenons conscience de notre moi qu'en nous sentant vivre. Elle est la grande réalité, qui nous est si chère qu'au besoin nous faisons, pour la conserver, le sacrifice de tous nos autres biens terrestres, fortune, plaisirs, ambitions.

Or, à côté de cette vie, la foi nous apprend qu'il y a, pour le chrétien, une autre vie, dite surnaturelle ou spirituelle, ou encore l'état de grâce. Mais, comme cette vie ne peut ni se voir, ni se toucher, ni se constater directement, elle paraît à bien des chrétiens quelque chose de vague, d'éthéré, d'inconsistant... Et cependant cette vie surnaturelle est une réalité bien supérieure à toute autre réalité créée, bien supérieure en particulier à cette vie naturelle qui nous est si chère, puisque les martyrs ont joyeusement sacrifié celle-ci à celle-là, puisque nous devons tous être dans la disposition de perdre notre vie naturelle plutôt que l'état de grâce, puisque le Fils de Dieu s'est incarné et a donné sa vie pour nous mériter cette vie de la grâce.

Qu'est-ce donc que cette vie surnaturelle si impalpable et pourtant si précieuse ? Ce n'est autre chose que la vie même de Dieu, la vie du Christ en nous. Par elle, nous dit saint Pierre, nous devenons « participants de la nature divine » (II P 1, 4). Et saint Paul s'écrie : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Gal II, )...

Or, cette participation à la vie infinie, éternelle de Dieu, c'est Marie qui nous la communique.
Comment nous la communique-t-elle ?
On peut répondre en un mot : « Notre vie, c'est le Christ. Marie nous a donné le Christ. Donc elle nous a donné notre vie. »
Ou encore, - puisque c'est par la grâce que nous participons à la vie du Christ - : « Notre vie surnaturelle, c'est la grâce. Marie nous a mérité et nous distribue toute grâce. Donc elle nous donne notre vie surnaturelle. » »

P. Emile Neubert, Marie dans le dogme (ch. II : La maternité spirituelle), Deuxième édition, Éditions Spes, Paris, 1945.

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09 janvier 2015

Méditation : la grâce d'aujourd'hui

« Parce que le Christ t'a saisi en te faisant confidence de son application à plaire au Père en tout, c'est par là que tu voudras le saisir à ton tour.
Il veut que sa joie devienne ta joie, sa joie de Fils et de Sauveur.
A cette lumière, tu t'attacheras aux Béatitudes pour y recevoir cette joie.
Pourtant, ne te laisse pas griser par les sommets ; c'est le pas d'aujourd'hui qui t'est demandé ; la fidélité à la grâce de maintenant est seule capable de te préparer à recevoir la grâce de demain.
Surtout, ne l'oublie jamais, c'est Dieu qui mène à Dieu. Il n'y a pas de milieu entre « beaucoup de fruit » si tu reçois la sève de la vigne et le « rien » absolu si tu t'y soustrais. (*)
C'est dans un regard intérieur, dans un désir d'identification à lui et dans une humble confiance qui t'ouvre à son action que se fera pour toi, jour après jour, pas à pas, dans la reprise après la négligence, dans l'humble recommencement après la défaillance, cette réalisation en toi de son désir : que l'amour dont il est aimé soit en toi et lui en toi. Le très peu qui t'est possible est l'aliment du grand amour auquel tu es appelé. »

Cf. Jn XV, 5 : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits : car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. »

P. Joseph-Marie Perrin (1905-2002), aujourd'hui l'Evangile de l'Amour (II, III), Cerf, Paris, 1980.
Autres méditations du même auteur, aux 04 avril 2012 - 9 janvier 2013 - 18 mai 2014.

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08 janvier 2015

Méditation : l'endurcissement du coeur

« J'ai peur qu'au milieu de vos occupations sans nombre, perdant tout espoir d'en voir jamais la fin, vous ne finissiez par vous y faire et vous y endurcir au point de rien plus même ressentir une juste et utile douleur. Soyez prudent, sachez vous soustraire pour un temps à ces occupations si vous ne voulez point qu'elles vous absorbent tout entier, et vous mènent peu à peu là où vous ne voulez point aller. - Où cela ? me direz-vous peut-être. - A l'endurcissement du cœur, vous répondrai-je. Après cela, n'allez pas me demander ce que j'entends par là ; c'est un abîme où l'on est déjà englouti dès qu'on n'en a plus peur. Il n'y a que le cœur endurci pour ne se point faire horreur à lui-même, parce qu'il ne se sent plus. Ne m'en demandez pas davantage sur ce point, adressez-vous plutôt à Pharaon, jamais un homme au cœur endurci ne s'est sauvé, à moins que Dieu, dans sa miséricorde, ne lui ait ôté son cœur de pierre, comme dit le Prophète, pour lui en donner un de chair. Qu'est-ce donc qu'un cœur endurci ? C'est celui qui ne peut plus être déchiré par les remords, attendri par la piété, ou touché par les prières ; les menaces et les coups le trouvent également insensible ; c'est un cœur qui paie les bienfaits par l'ingratitude ; qu'il est peu sûr de conseiller et redoutable de juger ; étranger à tout sentiment de pudeur en présence des choses honteuses, et de crainte en face du danger, on peut dire qu'il n'a rien de l'homme et qu'il est plein d'une téméraire audace dans les choses de Dieu : le passé, il l'oublie ; le présent, il n'en tient aucun compte ; l'avenir est le moindre de ses soucis ; il ne se rappelle du passé que les torts qu'on a eus à son égard ; le présent pour lui n'est rien, et l'avenir ne l'intéresse qu'au point de vue des vengeances qu'il médite et prépare. Enfin, pour le peindre en un mot, c'est un cœur fermé à la crainte de Dieu et des hommes.
Voilà où toutes ces maudites occupations qui vous absorbent ne peuvent manquer de vous conduire, si vous continuez, comme vous l'avez fait jusqu'ici, à vous y livrer tout entier, sans rien réserver de vous-même. Vous perdez votre temps, et, si vous me permettez d'emprunter en m'adressant à vous, le langage de Jéthro (Ex 18,18), vous vous consumez dans un travail insensé qui n'est propre qu'à tourmenter l'esprit, épuiser le cœur et vous faire perdre la grâce. Je ne puis en effet, en comparer les fruits qu'à de fragiles toiles d'araignées. »

St Bernard (v.1090-1153), De consideratione (Livre I, ch. II, 3), in "Œuvres complètes" Tome 2, Les cinq livres de la considération de saint Bernard, Traduction nouvelle par M. l'Abbé Charpentier, Paris, Librairie de Louis Vivès, Éditeur, 1865.
Traité rédigé de 1148 à 1153 (+ 20 août), adressé à son ancien disciple le Bx Eugène III (*), ancien moine de Clairvaux et abbé du monastère cistercien de Saint-Vincent-et-Saint-Anastase à Rome (aujourd’hui l’abbaye de Tre Fontane), pape de 1145 à sa mort le 8 juillet 1153.
(*) : et non à Innocent II (1130-1143), cf. citation de Benoît XVI, audience générale du 25 avril 2012.

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07 janvier 2015

Méditation : adorer à genoux

« Toutes les postures physiques de notre corps font partie de notre manière de prier. De même que l'écoute recueillie de la Parole de Dieu requiert la position assise, et que la disponibilité (cf. comme Israël qui mange debout l’agneau pascal) ou le mouvement de la Résurrection (cf. Ac 7, 56) réclament la station debout, la grandeur de Dieu et de son Nom s’expriment par l’agenouillement. Jésus a été adoré dès sa naissance (cf. Mt 2, 2). D’après le récit de St Luc, Jésus-Christ lui-même a prié à genoux durant les dernières heures avant sa passion, sur le mont des Oliviers (cf. Lc 22,41). Etienne tomba à genoux lorsque, avant son martyre, il vit le Ciel ouvert et le Christ debout (cf Ac. 7, 60). Devant celui qui est debout, il se met à genoux. Pierre a prié à genoux pour demander à Dieu la résurrection de Tabitha (cf. Ac 9, 40). Après son grand discours d’adieu devant les anciens d’Ephèse (avant son départ pour Jérusalem où l’attend la captivité), Paul a prié avec eux à genoux (cf. Ac 20, 36). L’hymne au Christ de la lettre aux Philippiens (cf. Ph 2, 6-11) applique à Jésus-Christ la promesse d’Isaïe annonçant la prosternation à genoux de toute la terre devant le Dieu d’Israël : « au nom de Jésus », tout « s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers » (Ph 2, 10). Dans son adresse aux Philippiens, l'apôtre des Gentils présente ainsi la liturgie de l’Église comme un agenouillement : l’Église plie les genoux devant le Seigneur.

Cette position à genoux est l’expression corporelle de notre adhésion à la présence réelle de Jésus-Christ, qui, comme Dieu et homme, avec son corps et son âme, avec sa chair et son sang, se rend présent parmi nous. Notre foi au Verbe incarné qui est allé jusqu’à donner sa vie, son corps, sa mort pour le salut du monde, nous conduit, comme les bergers et les mages, à exprimer nous aussi par notre corps notre émerveillement et notre adoration. »

Mgr Rey, De l'adoration à l'évangélisation (ch. IV), Édition des Béatitudes, 2013.
Cf. également : "Adoration et Evangélisation", et en téléchargement sur ICI.

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