29 juillet 2014

Méditation : Marthe de Béthanie

« Marthe de Béthanie évoque souvent pour nous la scène d'Évangile où elle accueille Jésus (Lc 10, 38-42). Son histoire est la nôtre.
« Au service du maître » : « Une femme nommé Marthe le reçut dans sa maison ».
Comme elle, j'accueille Jésus dans ma vie et dans mon cœur. Il vient souvent à l'improviste, dans les événements qui surprennent. Difficile à gérer. Joie de le servir mais aussi embarras...
« Overbooké » : « Elle était absorbée par les multiples soins du service... »
Comme elle, je suis débordé. J'ai besoin d'aide pour accomplir mon travail sinon je vais « craquer ».
« Au secours ! » : « Elle dit : Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisser servir toute seule ? Dis-lui donc de m'aider ! »
Ma prière de demande est mêlée d'un reproche subtil (« cela ne te fait rien »), d'un jugement sur l'autre (« ma sœur… »), d'une tentative de manipulation (« dis-lui donc... »). Le fond du problème, c'est que je me sens seul, peu soutenu (« toute seule »).
Réponse à la prière : « On se calme ! Voici comment Jésus miséricordieux me répond :
- Il entend mon appel au secours, se tourne vers moi et m'appelle par mon nom.
- Il connaît mon cœur et nomme ce qui s'y passe. « Tu te soucies et tu t'agites pour beaucoup de choses... ». Je me sens à la fois compris... et dévoilé.
- Il me tourne vers l'essentiel : « une seule est nécessaire... ».
« Et ta sœur ? » : « C'est Marie qui a choisi la meilleure part (elle écoutait sa parole), elle ne lui sera pas enlevée ».
Jésus me déconcerte. Il n'exauce pas la prière selon mes vues humaines. Bien plus, il demande un nouveau regard sur l'événement. (...)
... Jésus a eu le dernier mot sur une femme stressée !
Sainte Marthe, patronne des chrétiens stressés, prie pour nous ! »

Olivier Belleil, revue « feu et lumière », n°296 (2010).

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28 juillet 2014

Méditation - Poésie : "Sois un saint..."

« Ne sois pas seulement un homme dans la vie,
Un passant qui s'en va, qui souffre, qui gémit,
Qui, sans force et sans foi, ne connaît que l'envie,
Et dont le cœur s'éteint comme un jour qui finit...

Ne sois pas seulement une pâle copie
Du visage divin que ton front réfléchit,
Ne sois pas l'être vain que le sépulcre épie,
Ne sois pas l'esprit terne où nulle aube ne luit...

Ne te contente pas d'être grand sur la terre,
Que ton but soit plus haut, ton rêve plus austère ;
Rien n'est digne de toi sous le firmament bleu...

Sois un saint, chaque jour fais ton âme plus belle,
Plus sereine, plus haute et reproduis en elle
Les vertus, les grandeurs et l'amour de ton Dieu. »

P. Charles Lemercier, in "Nos Mères", Préface de Mgr Fuzet, Archevêque de Rouen, Éditions de la Vicomté, Rouen, 1930 (1ère éd. Jouve et Cie Éditeurs, Paris, 1910).

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27 juillet 2014

Méditation : que faire pendant la messe ?

« Comment occuper les instants que la foi nous révèle comme si précieux, et durant lesquels le Christ est vraiment présent à l'autel, puis dans l'âme de celui qui participe pleinement à la messe en communiant ?

Il faut redire ici le danger de chercher à satisfaire la sensibilité. Non, la meilleure prière, au cours de la messe, n'est pas celle qui remplit le plus l'âme d'émotion. Non, la messe n'a été ni inutile ni stérile si elle a laissé le cœur apparemment sec, du moment que l'âme a loyalement cherché à s'unir à la prière et à l'immolation du Christ. Ici encore, la foi va donner la lumière et permettre de comprendre comment il faut tendre à s'unir à la prière du Christ, à son amour pour son Père, à son amour pour les âmes, par delà les émotions de la sensibilité. [...]

Le mieux que l'on puisse faire à la messe, c'est de chercher, dans la foi, à s'unir le mieux possible à la prière du Christ en croix, c'est de tendre de toute la force de la volonté à s'identifier à Lui dans l'acte de son sacrifice. C'est cette pensée qui fait comprendre le prix des prières liturgiques de la messe et qui doit les faire aimer. Non seulement parce que peut-être la première partie de la messe comporte des textes riches qui sont nourrissants ou évocateurs d'idées chères, mais parce que les prières de la messe, nées de la dévotion de l’Église, permettent à celui qui célèbre la messe ou y assiste, d'identifier sa prière à celle du Christ. »

R.P. Lucien-Marie de Saint-Joseph, O.C.D., La communion dans l'attente (La tunique blanche), La Vigne du Carmel, Éditions du Seuil, Paris, 1951.

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26 juillet 2014

Méditation : Sainte Anne, mère de la Bienheureuse Vierge Marie

« Devant le mystère de sainte Anne, toute âme qui croit en Jésus-Christ, toute âme qui le reconnaît Fils de la Bienheureuse Vierge Marie, se tait, admire et reste confuse.

C'est donc vous, Anne glorieuse, c'est vous qui avez enfanté Marie, « l'Aurore de la grâce » ; c'est vous qui avez enfanté Celle que nous appelons la Mère de Dieu, la Vierge des vierges, la Mère du Christ, la Mère de la divine grâce, le Siège de la Sagesse, le Vase d'élection, le Miroir de la justice, la Reine de tous les saints. C'est vous qui avez enfanté Marie, ô doux Nom !...

En vous, nous nous réjouissons aujourd'hui, avec l’Église, ô femme forte, femme idéale, qui avez mérité de Dieu d'enfanter l'Immaculée Conception.

Qui donc ne vous admirerait, qui ne tomberait en défaillance, devant cette grandeur, qui dépasse le ciel et la terre ? Vous êtes l'aïeule de Jésus-Christ, de Dieu, de l'Homme-Dieu, du Fils de l'Immaculée, du Saint des saints, du Juge des vivants et des morts.

Quelle grâce a dû être la vôtre ! Quelle pureté cela supposait en votre âme ! De quel amour vous avez été prévenue, ô mère de la Mère de Dieu !

Je vous félicite, je me réjouis avec vous des grâces que Dieu vous fît, grâces que nous célébrons en ce jour, et qui vous ont décorée, pour être l'instrument merveilleux du grand Œuvre de Dieu, du Chef-d’Œuvre de sa droite, lorsque vous enfantâtes celle qui devait mettre au monde Jésus ; lorsque vous nous donnâtes Marie, la Mère de la Vie, la Mère de la grâce, l'admirable en tout point, Vierge bénie aux siècles des siècles. »

Dom Vandeur, Élévations sur la Messe de chaque jour - Temps après la Pentecôte I (26 juillet : Sainte Anne, mère de la Bienheureuse Vierge Marie), Éditions de Maredsous, Belgique, 1950.

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25 juillet 2014

Méditation : livrés à l'Amour...

« Vivons d'amour, soyons simples comme elle (*), livrées tout le temps, nous immolant de minute en minute en faisant la volonté du bon Dieu sans rechercher des choses extraordinaires. Et puis faisons-nous toutes petites, nous laissant porter, comme l'enfant dans les bras de sa mère, par Celui qui est notre Tout. Oui, ma petite sœur, nous sommes bien faibles, je dirais même nous ne sommes que misère, mais Il le sait bien, Il aime tant nous pardonner, nous relever, puis nous emporter en Lui, en sa pureté, en sa sainteté infinies ; c'est comme cela qu'Il nous purifiera par son contact continuel, par des attouchements divins. Il nous veut si pures, mais Lui-même sera notre pureté : il faut nous laisser transformer en une même image avec Lui, et cela tout simplement, en aimant tout le temps cet amour qui établit l'unité entre ceux qui s'aiment !

Moi aussi, je veux être sainte, sainte pour faire son bonheur. Demandez-Lui que je ne vive plus que d'amour, « c'est ma vocation ». Et puis unissons-nous pour faire de nos journées une communion continuelle : le matin éveillons-nous dans l'Amour, tout le jour livrons-nous à l'Amour, c'est-à-dire en faisant la volonté du bon Dieu, sous son regard, avec Lui, en Lui, pour Lui seul. Donnons-nous tout le temps sous la forme qu'Il veut... Et puis, quand vient le soir, après un dialogue d'amour qui n'a pas cessé en notre cœur, endormons-nous encore dans l'Amour. Peut-être verrons-nous des fautes, des infidélités, abandonnons-les à l'Amour : c'est un feu qui consume, faisons ainsi notre purgatoire dans son Amour ! »

(*) : "elle" désigne Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, à qui elle a recommandé sa correspondante à qui elle adresse cette lettre. Ce passage résume nombre d'aspects de la spiritualité de la sainte du Carmel de Lisieux.

Bse Élisabeth de la Trinité, extrait de la Lettre à Germaine de Gemeaux [20 août 1903], in "Œuvres complètes", Éditions du Cerf, Paris, 1980.

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24 juillet 2014

Méditation : chemin de perfection...

« Je voudrais, par-dessus toutes choses, que vous ayez bien cette idée de la perfection ici-bas. Ce n'est pas une belle montée, d'où on voit le paysage s'élargir, le ciel s'étendre et la terre s'éloigner ; c'est plutôt un sentier perdu, où l'on ne voit pas la trace à suivre, où on tâtonne, où on s'accroche à toutes les broussailles, où on perd le sentiment de l'espace qu'on franchit, où on ne sait si on tourne sur place ou bien si l'on avance ; mais ce qu'on peut constater, c'est qu'on poursuit son désir d'aller toujours, tout en se traînant et se lassant. Voilà votre vie ; et, de cela, il faut se réjouir beaucoup, parce que c'est la vraie vie sérieuse, réelle, sur laquelle Dieu ouvre ses yeux et son cœur. »

Abbé Henri de Tourville (1842-1903), Lettres de direction, Paris, Bloud et Gay, 1928.

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23 juillet 2014

Méditation - Poésie : La Louange des Clochers

« Vous nous faites un don encor plus salutaire :
Sans vous, ô bons clochers, combien de pauvres gens
Vivraient le front toujours abaissé vers la terre,
Limitant leurs désirs aux bornes de leurs champs.

Asservis aux labeurs que la glèbe réclame,
Portant leurs jours ainsi qu'un éternel fardeau,
Sans vous, hélas ! combien désapprendraient leur âme
Et que leurs yeux sont faits pour regarder en haut !

Mais votre voix s'élève, et, trois fois la journée,
Elle rappelle à ceux qui peinent pour le pain
Que la tâche ici-bas saintement terminée
Reçoit, dans l'autre vie, un salaire divin.

Ainsi vous conservez à ceux dont les mains rudes
Dirigent la charrue et tiennent l'aiguillon
L'instinct de l'invisible et la saine habitude
De relever la tête au bout de leur sillon.

Si le peuple des champs garde sous ses paupières
Une clarté qui fait la beauté de ses yeux,
C'est qu'à son horizon vous restez en prière
Et que vous ne cessez de lui parler de Dieu. »

Louis Mercier, Les Pierres sacrées, Paris, Calmann-Lévy, 1922 (1ère éd. Lyon, Lardanchet, 1920).

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(Source et crédit photo : Village de Méré)

22 juillet 2014

Méditation : "Seigneur, enseignez-nous à prier"

« Si nous rencontrons beaucoup de difficultés dans l'oraison, cela vient de ce que nous la considérons comme un exercice qui dépend de nous. Sans doute, l'oraison dépend de nous quant à la coopération que Dieu nous demande ; mais quant à son impulsion première, l'oraison est de Dieu. L'apôtre saint Paul la définit lorsqu'il nous dit que l'Esprit-Saint prie en nous avec des gémissements inénarrables (Rom. VIII, 26). Eh ! oui, si d'une part Jésus est le sujet unique de l'oraison, d'autre part, le Maître de l'oraison, c'est l'Esprit-Saint. Il demeure en nous pour former Jésus-Christ, et Il sait bien qu'Il ne peut Le former en nous d'une manière complète sans le secours de l'oraison. [...]

Oui, le Maître de l'oraison, c'est Lui, et nous devrions bien plus Lui demander de nous enseigner l'oraison, que nous tourmenter et nous préoccuper comme nous le faisons à ce sujet ! Quoi d'étonnant si nous trouvons des obstacles à l'oraison ? Est-ce qu'une créature peut découvrir par ses propres moyens le langage qu'elle doit adresser à son Créateur ? Peut-elle discerner seule la voix de Dieu, cette voix qu'elle fait retentir au plus profond d'elle-même ? Pour mener à bien une opération qui est, de sa nature, divine, n'a-t-elle pas besoin de l'assistance de Dieu ? Donc, reprenons l'invocation que les Apôtres adressaient à Jésus : Domine, doce nos orare. - Seigneur, enseignez-nous à prier (Luc XI, I). Cette demande instante, répétons-la à l'Esprit-Saint pour qu'Il vienne en nous, pour qu'Il produise en nous les gémissements inénarrables de l'oraison. »

Dom Romain Banquet, Abbé de Saint-Benoît d'En-Calcat, Entretiens sur la vie intérieure (ch. X), Éditions de l'Abbaye de Saint-Benoît d'En-Calcat (Tarn), 1945.

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21 juillet 2014

Méditation : l'amour réel de Dieu

« La perfection n'est pas dans la tête, elle est dans le cœur et dans la volonté ; laissez donc toutes les pensées imaginables s'agiter dans votre esprit et y faire du tapage, ne vous en occupez pas, n'y faites pas attention : c'est un fou qui vous parle, gardez-vous de lui répondre, de chercher à lui imposer silence, laissez-le faire, passez votre chemin. Allez-vous vous mettre à la fenêtre, sur la rue, pour dire aux passants qu'ils font trop de bruit et qu'ils vous fatiguent ? Quel temps perdu ! Après les premiers, il en vient d'autres et toujours d'autres qui n'ont pas entendu ce que vous avez dit. Vous n'aurez jamais la paix, la dilatation du cœur, si vous vous occupez de ce qui se passe dans votre esprit, si vous y arrêtez votre volonté ; n'y pensez pas et dilatez votre cœur dans l'amour de Dieu.
Tout ce qui se passe dans votre esprit, dans vos impressions, ne vous empêche pas de faire des actes d'amour, de reconnaissance, d'abandon. J'en dirai autant de vos ennuis, de vos dégoûts dans les choses de Dieu. Au milieu de tout cela, faites des actes d'amour ; il faut passer au milieu de tout cela, pour arriver à l'amour réel de Dieu, qui n'est pas amour sensible, mais qui réside dans la volonté. »

P. Ludovic de Besse OFM Cap (1831-1910), Note 4 adressée à une "personne pieuse vivant au milieu des soucis de la famille", in R.P. Hilaire de Barenton, "Le P. Ludovic de Besse", Paris, Librairie Saint-François, 1913.

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(Source dessin)

20 juillet 2014

Méditation : "le silence est la condition des confidences divines..."

« Dieu vous appelle plus fort encore que vous ne l'appelez. Spiritus et sponsa dicunt : Veni (1) ; oui, mais combien l'Esprit le crie plus haut que l'épouse. Le cri de l'épouse n'est jamais qu'un écho ; le cri de l'Esprit c'est une parole, la Parole même, celle que Dieu daigne nous dire dans le temps, se la disant éternellement à lui-même et se disant lui-même en elle et par elle : ce qui fait que, pour nous comme en lui, dans ses rapports comme dans son intime, dans sa conversation libre comme dans son énonciation nécessaire, c'est une parole de vie, une parole qui est la vie et qui vivifie ceux qui l'entendent. Entendez-la, mon enfant, petite créature de Dieu, appelée du néant à l'être, puis des ténèbres et du péché à la lumière et à la grâce ; entendez-la et, pour cela, écoutez-la toujours : audi, filia, et vide, inclina aurem tuam... quia concupivit Rex speciem tuam (2). Et, pour cela, faites taire tout le reste et demeurez vous-même en silence. Le silence est l'atmosphère de l'âme et la condition des confidences divines ; le Seigneur n'est pas dans le bruit, il ne parle point quand d'autres parlent, et c'est pourquoi il est dit que le silence est sa vraie louange : il lui permet de se dire ; et se dire, pour lui, se manifester, se donner, c'est se louer et se glorifier. Pensez un peu et même beaucoup à tout cela au pied du tabernacle, et ajustez vaillamment votre vie aux lumières dont Notre-Seigneur éclairera vos méditations... »

(1) : "L'Esprit et l'épouse disent : Viens" (Ap 22, 17)
(2) : "Écoutez, ma fille, et voyez, prêtez l’oreille... car le Roi s'est épris de votre beauté" (Graduel, du Ps 44, 11 - Cf. interprétation ci-dessus)

Mgr Charles Gay (1814-1891), Lettre à la Révérende Mère ***, Rome, 27 février 1870 (extrait), in "Correspondance" Tome II (1864-1891), Paris - Poitiers, H. Oudin, 1899.

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19 juillet 2014

Méditation : Toute vérité n'est pas bonne à dire...

« La simplicité comprend non seulement la vérité et la pureté d'intention, mais elle a encore une certaine propriété d'éloigner de nous toute tromperie, ruse et duplicité. Et comme c'est principalement dans les paroles que cette vertu se fait paraître, elle nous oblige de déclarer les choses par notre langue comme nous les avons dans le cœur, parlant et déclarant simplement ce que nous avons à dire, et avec une pure intention de plaire à Dieu. Ce n'est pas toutefois que la simplicité nous oblige de découvrir toutes nos pensées ; car cette vertu est discrète, et n'est jamais contraire à la prudence, qui nous fait discerner ce qui est bon à dire d'avec ce qui ne l'est pas, et nous fait connaître quand il faut se taire aussi bien que quand il faut parler. Si j'avance, par exemple, un propos qui soit bon en sa substance et en toutes ses circonstances, je le dois exprimer tout simplement ; mais si, parmi les choses bonnes que j'ai à dire, il se rencontre quelque circonstance vicieuse ou inutile, alors il la faut retrancher ; et généralement l'on ne doit jamais dire les choses que l'on sait, lorsqu'elles sont contre Dieu ou contre le prochain, ou qu'elles tendent à notre propre recommandation, ou à quelque propre commodité sensuelle ou temporelle ; car ce serait pécher contre plusieurs autres vertus. »

St Vincent de Paul, in "Élévations, Prières et Pensées" (La simplicité), Paris, J. de Gigord, 1919.

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18 juillet 2014

Méditation : au plus fort de l'épreuve, l'invisible Présence...

« Mon âme a goûté la moelle de la croix. Elle a trouvé Dieu au fond des choses très amères où le souvenir même de Dieu nous semble interdit ; elle s'est vue cernée par toutes sortes d'impuissances naturelles et surnaturelles ; et le ciel était muré. Mais l'âme peut toujours dire : « Seigneur ! que votre volonté soit faite ! » et, au sortir de ces chemins si âpres, si rudes, où elle avait cru cent fois s'égarer, l'âme doit reconnaître avec amour que Celui qu'elle ne voyait pas la portait encore ; que l'ami caché travaillait pour elle et en elle avec cette arme pénétrante et irrésistible qui s'appelle la douleur ; qu'Il a combattu pour elle, et que Lui seul a pu repousser par elle et déjouer les attaques et les ruses de l'ennemi. Bien plus, elle voit clair maintenant, et considérant le chemin qu'elle a parcouru durant lequel elle croyait se perdre ou ne rien faire, elle voit avec surprise combien Dieu l'a fait avancer... »

Lucie Christine (1844-1908), Journal Spirituel publié par Aug. Poulain (Mai 1901), Paris, Communauté de l'Adoration réparatrice, 36 rue d'Ulm, plusieurs éditions de 1910 à 1938 - Récemment réédité par Pierre Téqui, 1999.

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