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volonté

  • Méditation - Jésus

    « Toute la doctrine de Jésus consiste à enseigner le renoncement à la vie personnelle, qui est une chimère, et à faire rentrer cette vie personnelle dans la vie commune de toute l'humanité, dans la vie du Fils de l'homme.
    [...]
    A ceux qui se croient certains de posséder plus que ne donne Jésus, sa doctrine ne peut rien donner. Comment réussirai-je à persuader à un homme de travailler, en lui garantissant pour cela la nourriture et les vêtements, quand cet homme est persuadé qu’il est déjà millionnaire ? Évidemment il ne tiendra aucun compte de mes exhortations. C’est exactement le cas avec la doctrine de Jésus. Pourquoi irais-je travailler pour gagner mon pain, quand je puis être riche sans cela ? Pourquoi me donnerais-je la peine de vivre cette vie selon la volonté de Dieu, quand je suis sûr de ma vie personnelle pour l’éternité ?
    [...]
    Toute tentative de donner un sens quelconque à la vie, si elle n'est pas basée sur le renoncement à son égoïsme, si elle n'a pas pour but de servir les hommes, l'humanité - le Fils de l'homme - est une chimère qui vole en éclats au premier contact de la raison. Que ma vie personnelle me condamne à périr et que ma vie conforme à la volonté du Père soit impérissable, qu’elle seule donne la possibilité du salut, — cela ne peut être mis en doute. C’est bien peu, dira-t-on, en comparaison de ces croyances sublimes dans la vie future ! — C’est peu, mais c’est sûr.
    [...]
    J’ai compris la doctrine de Jésus dans ses commandements, et je vois que la mise en pratique de ces commandements me donne le bonheur à moi et à tous les hommes. J’ai compris que l’accomplissement de ces commandements est la volonté de Dieu, cet être qui est la source de ma vie.
    [...]
    En suivant la doctrine de Jésus, je continue l’œuvre commune des hommes qui ont vécu avant moi ; je contribue au bien de mes contemporains et de ceux qui vivront après moi, je fais ce que me demande celui auquel je dois la vie, je fais la seule chose qui puisse me sauver.
    [...]
    Jésus a dit : « J’ai fait descendre le feu sur le monde, » et comme je souffre jusqu’à ce qu’il s’enflamme — et il continuera à brûler — jusqu’à ce que l’humanité soit sauvée. Ce feu n’a-t-il pas embrasé le monde pour que les hommes aient la félicité du salut ?
    Ayant compris cela, je compris et je crus que Jésus est non seulement le Messie, c’est-à-dire l’Oint, le Christ, mais qu’en vérité, il est le Sauveur du monde.
    Je sais qu’il n’y a pas d’autre porte que Lui, ni pour moi, ni pour tous ceux qui se tourmentent avec moi dans cette vie. Je sais que, pour moi comme pour tous, il n’y a pas d’autre salut que l’accomplissement des commandements de Jésus, qui donnent à toute l’humanité la plus grande somme de biens que je puisse concevoir.
    [...]
    Je mourrai comme tout le monde, tout comme ceux qui n’observent point la doctrine de Jésus ; mais ma vie et ma mort auront un sens pour moi et pour tous. Ma vie et ma mort auront servi au salut et à la vie de tous, et c’est précisément ce qu’enseignait Jésus. »

    Léon Tolstoï (1828-1910), Ma Religion (chap.VIII), Traduction par L. D. Ourousov, Fischbacher, Paris, 1885.
    (Ma Religion, texte intégral en ligne)

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  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Je vous salue, ô Cœur sacré de Jésus, source vive et vivifiante de la vie éternelle, trésor infini de la Divinité, fournaise ardente du divin amour. Vous êtes mon asile et le lieu de mon repos. O mon divin Sauveur, embrasez mon cœur de l'ardent amour dont le vôtre est tout enflammé. Répandez dans mon cœur les grandes grâces dont le vôtre est la source et faites que mon cœur soit tellement uni au vôtre que votre volonté soit la mienne et que la mienne soit éternellement conforme à la vôtre, puisque je désire désormais que votre sainte volonté soit la règle de tous mes désirs et de toutes mes actions. »

    Ste Gertrude (1256-1302), Héraut de l'Amour divin.

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    En ligne sur notre site : prières au Sacré-Cœur de Jésus
  • Méditation - Paix en Dieu

    « L'acte d'amour le plus parfait, c'est la confiance, la foi : c'est dans l'acte de foi, de confiance absolue, que se réalise le véritable don de soi. Faire de toute notre vie un acte de foi.
    L'abandon. Le sentiment de notre appartenance à Dieu. Le laisser disposer de nous comme il lui plaît. Nous sentir en sécurité parce que nous sommes entre ses mains.
    Que chacun de nos soucis soit une occasion de renouveler cet acte d'abandon dans lequel nous perdrons de vue notre souci lui-même, n'en ayant plus d'autre que celui de demeurer entre les mains de Dieu, et qu'il puisse accomplir en nous sa volonté.
    Aimer Dieu c'est trouver en lui notre paix. »

    Dom Georges Lefebvre, moine de Ligugé, La grâce de la prière, Desclée de Brouwer, 1958.

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  • Méditation - « Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? » (Mt 8,26)

    « C'est une des choses que nous devons absolument à Notre Seigneur, c'est de n'avoir jamais peur... Avoir peur c'est lui faire une double injure : c'est 1. oublier qu'il est avec nous, qu'il nous aime et qu'il est puissant ; 2. c'est ne pas nous conformer à sa volonté ; si nous conformons notre volonté à la sienne, tout ce qui arrive étant voulu ou permis de lui, nous serons joyeux de tout ce qui nous arrivera, et nous n'aurons jamais ni inquiétude ni peur... Ayons donc cette foi qui bannit toute peur : que la peur, que la crainte, que l'inquiétude soient à jamais bannies de nos âmes : nous avons à côté de nous, contre nous, dans nous, Notre Seigneur Jésus, notre Dieu, qui nous aime infiniment, qui est tout puissant, qui sait ce qui nous est bon, qui nous a dit de chercher le royaume du ciel et que le reste nous sera donné par surcroît. Marchons donc droit, en cette bénie et toute puissante compagnie, dans le chemin du plus parfait, et soyons sûrs qu'il ne nous arrivera rien dont nous ne devions tirer le plus grand bien pour sa gloire, notre sanctification et celle des autres, que tout ce qui arrive est voulu (ou permis) de lui, et que par conséquent, loin d'avoir l'ombre de crainte nous n'avons qu'à dire « Dieu soit béni, quoi qu'il arrive » et à le prier d'arranger toutes choses non selon nos idées, mais pour sa plus grande gloire. »

    Bx Charles de Foucauld, Méditations sur l’Évangile au sujet des principales vertus, in "L'Esprit de Jésus, méditations 1898-1915", nouvelle cité, Paris, 1976.

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    (Getty/hoozone)

  • Méditation - jeûner, oui, mais dans l'abondance du coeur

    « Mon Dieu, voici un temps d'abstinence et de privation. Ce n'est rien de jeûner des viandes grossières qui nourrissent le corps, si on ne jeûne pas aussi de tout ce qui sert d'aliment à l'amour-propre. [...] Ô bienheureux jeûne, où l'âme jeûne tout entière et tient tous les sens dans la privation du superflu ! Ô sainte abstinence, où l'âme, rassasiée de la volonté de Dieu, ne se nourrit jamais de sa volonté propre ! Elle a, comme Jésus-Christ, une autre viande dont elle se nourrit. Donnez-le moi, Seigneur, ce pain qui est au-dessus de toute substance ; ce pain qui apaisera à jamais la faim de mon cœur ; ce pain qui éteint tous les désirs ; ce pain qui est la vraie manne et qui tient lieu de tout. [...]

    Je jeûnerai donc, ô mon Dieu, de toute volonté qui n'est pas la vôtre ; mais je jeûnerai par amour, dans la liberté et dans l'abondance de mon cœur. Malheur à l'âme rétrécie et desséchée en elle-même, qui craint tout et qui, à force de craindre, n'a pas le temps d'aimer et de courir généreusement après l’Époux ! »

    Fénelon (1651-1715), Manuel de piété, Pour le Carême (VI, 61), in "Œuvres spirituelles", Aubier, Paris, 1954.

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  • Méditation - détachement et liberté

    « Le détachement est l’œuvre d'une vie, car il va se porter de plus en plus profond. [...]

    Il ne s'agit pas ici de mépriser les réalités dont tu dois te détacher. Ce n'est pas par mépris, mais par désir de la liberté que tu dois te détacher. Tu peux faire un repas gastronomique, si tu es tout aussi prêt à manger un sandwich. l'objet de la démarche de détachement n'est pas ici le mépris de l'art culinaire, mais la liberté à l'égard de ce qui pourrait devenir une idole, un asservissement, une impasse dans laquelle se bloquerait un désir qui peut tout aussi bien te conduire vers Dieu et vers tes frères.

    Il ne s'agit pas de renoncer à exercer ta volonté, il s'agit de la garder à sa juste place, de savoir garder ta distance, ta liberté. Tes projets personnels ne seront jamais l'essentiel, qu'ils réussissent ou qu'ils échouent. Jamais ils ne diront ce que tu es profondément, ce que tu es pour Dieu.

    Ce qui est dangereux dans la volonté, c'est quand elle prend la place de Dieu et décide de ce qui doit être fait, ce qui doit arriver absolument. Elle rend ainsi aveugle et indisponible à ce que Dieu propose. Le drame n'est pas de vouloir, mais de vouloir avec obstination, d'avoir l'idée de ce qu'il faut faire absolument. Cela rend sourd aux appels de l'Esprit, cela rend indisponible pour l'union gratuite avec Dieu, car un tel attachement focalise toutes tes énergies.

    Le renoncement ne consiste pas à faire comme si tu n'avais pas de volonté, mais à savoir garder ta liberté, ta distance à l'égard de ce que veut ta volonté. Lorsqu'on propose une telle conduite de douceur et d'humilité, qui ne supprime pas la volonté mais l'évangélise, beaucoup lisent qu'il faut se méfier de sa volonté, l'abandonner au profit de celle de Dieu. Mais ce n'est pas "ou la volonté de Dieu ou la mienne", c'est la mienne dans celle de Dieu. »

    Jean-Marie Gueullette, Laisse Dieu être Dieu en toi. Petit traité de la liberté intérieure, Ed. du Cerf, Coll. Épiphanie, Paris, 2002.

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  • Méditation - Confiance !

    « Petit frère, tu marches actuellement sur une route tracée par Dieu ; ne te décourage donc jamais, garde confiance, et tu verras que tout s'arrangera. Dieu n'a pas besoin de chercher de belles intelligences, des esprits brillants, puisqu'il est l'origine de tout. Tout ce qu'il cherche, c'est un cœur sincère, une volonté fermement décidée à mettre en lui son entière confiance. Continue de croire que Dieu mènera ton projet à bonne fin. Rappelle-toi toujours qu'Il donne ses grâces selon la mesure de notre foi. Si notre foi est faible, nous obtenons peu, si elle est grande, nous obtenons beaucoup, et si nous mettons en lui toute notre confiance, Dieu nous donnera toute sa puissance qui agira en nous, car étant infiniment juste, si nous lui offrons tout, nécessairement, sa justice l'oblige à tout nous donner.

    Si tu ne me crois pas, interroge ma sur la petite Thérèse, et tu verras. L'Évangile rend également témoignage de ce fait. Chaque fois que Jésus opère un miracle en faveur de quelqu'un, il ne lui pose que cette question : est-ce que tu crois ? Et le miracle n'a lieu que s'il a la foi.

    Fais des efforts pour mettre toute ta confiance en Dieu. Si tu crois fermement, tu n'as plus aucune raison de t'inquiéter de ton avenir, puisque Dieu s'en occupe déjà.

    Sois joyeux ! »

    Marcel Van (1928-1959), Lettre à J. Tôn, 1er mars 1953, in Œuvres complètes - 3 : Correspondance, Éditions Saint-Paul/Amis de Van, 2001.

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  • « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit... Et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Mt 22, 37-39)

    « Vouloir aimer Dieu, c'est l'aimer. Cette vérité console les âmes qu'attriste leur impuissance à aimer Dieu comme elles le voudraient. »

    Ste Marguerite-Marie (1648-1690)

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  • Méditation - Charité parfaite et docilité de l'âme

    « La charité est parfaite lorsqu’elle est absolue docilité, acquiescement doux, tranquille et généreux à toutes les conduites et a toutes les volontés de Dieu. La charité qui choisit, qui s’attarde, qui se fait prier, qui gémit ou qui laisse apercevoir des velléités de résistance, cette charité-là n’est pas la perfection. La charité doit être continue, prompte, facile, joyeuse, elle doit donner sans compter, car Dieu aime celui qui donne avec joie (2 Co 9, 7). Elle est parfaite lorsqu’elle embrasse toute la vie, lorsqu’elle enveloppe tous nos actes et que rien n’échappe à sa souveraineté. Elle est parfaite lorsqu’elle tient l’âme très haute, au-dessus de toute recherche, de toute émotion, au-dessus de l’apparente et perfide séduction de tout le multiple, de tout ce qui est extérieur, de tout le créé, de tout le sensible et de tout ce qui est personnel. La charité constitue notre vraie et spirituelle virginité qui est de n’accueillir en notre âme que Dieu et ce qui vient de lui. »

    Dom Paul Delatte (1838-1937).

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    Cascade de Seljalandsfoss, en Islande
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  • Méditation - Silence

    « Il faut toujours avoir soin d'employer fidèlement deux heures par jour à cultiver le silence, afin de le rendre susceptible de la présence de Dieu, et de recevoir ses saintes impressions, et sa divine opération, en sorte qu'il y ait une heure le matin et une autre heure après midi destinée à ce saint exercice ; et si en ce temps on est obligé de parler, qu'on observe de le faire avec modestie et grande récollection en la présence de Dieu.
    Ce silence s'étendra insensiblement de la langue sur tous les sens intérieurs, et pour lors il fera silence intérieur, nous rendant dégagés de toutes les passions, de tous les désirs, et de tous les desseins temporels ; et enfin nous arriverons au silence intime, qui mettra l'entendement, la volonté et la mémoire en un saint dénuement et dans un calme admirable, pour y entendre Dieu, et y recevoir ses saintes opérations quand et autant qu'il voudra, se tenant résigné à tout ce qu'il lui plaira nous donner : Tout ceci se fera avec la grâce de Dieu, à laquelle nous nous efforcerons avec la même grâce d'être forts fidèles. Paratum cor meum Deus, paratum cor meum ; paratum ad prospera, paratum ad adversa, paratum ad omnia (1) dit S. Bernard.
    [...]
    Il ne faut jamais omettre l'exercice de la présence de Dieu, qui est un regard mutuel de Dieu sur nous, et de nous vers Dieu : on doit donc travailler très soigneusement à la pratique de cette vertu, puisque c'est le fondement de toute la Vie spirituelle. »

    1. D'après le Ps. LVI : "Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt...".

    R.P. Nicolas Barré (1621-1686), Lettre LIX à un Ami, in "Lettres spirituelles du R. Père Nicolas Barré, Religieux de l'Ordre des Minimes", A Rouen, Chez Jean-Baptiste Besongne, 1697.

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  • Méditation - Purifions notre coeur

    « Nous devons mettre tout notre soin à purifier notre cœur, parce que c'est là qu'est la racine de tous nos maux.
    [...]
    Nous sommes si pleins d'idées fausses et de jugements erronés, d'affections déréglées, de passions et de malices, que nous aurions honte de nous-mêmes si nous nous voyions tels que nous sommes. Imaginons-nous un puits bourbeux, duquel on tire incessamment de l'eau ; au commencement, ce qu'on en tire n'est quasi que de la boue ; mais à force de tirer, le puits se purifie, et l'eau devient plus claire ; de sorte qu'à la fin on en tire de l'eau fort belle et cristalline. De même travaillant sans cesse à purger notre âme, le fond se découvre peu à peu, et Dieu y manifeste sa présence par de puissants et merveilleux effets qu'il opère en l'âme, et par elle pour le bien des autres.
    Quand le cœur est bien purgé, Dieu remplit l'âme et toutes ses puissances, la mémoire, l'entendement, la volonté de sa sainte présence et de son amour. Ainsi la pureté de cœur conduit à l'union divine, et l'on n'y arrive point ordinairement par d'autres voies. »

    Louis Lallemant (1588-1635), La Doctrine spirituelle (Troisième Principe, ch. I, art. II, I), Paris, Jacques Lecoffre, Nouvelle édition, 1868.

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  • Méditation - Qu'est-ce que l'oraison ?

    « Nous la définissons un entretien de l'enfant de Dieu avec son Père céleste. Vous remarquerez les mots « entretien de l'enfant de Dieu ». Je les ai mis à dessein. Il s'est quelquefois rencontré des hommes qui ne croyaient pas à la divinité du Christ, comme certains déistes du dix-huitième siècle, comme ceux qui instituèrent, à la Révolution, le culte de l’Être suprême, et qui ont inventé des prières à la « divinité » ; ils ont cru peut-être éblouir Dieu par ces prières ; mais ce n'était là que vains jeux d'un esprit purement humain, que Dieu ne pouvait agréer.

    Telle n'est pas notre oraison. Elle n'est pas un entretien de l'homme, simple créature, avec la divinité ; mais un entretien de l'enfant de Dieu avec son Père céleste, pour l'adorer, le louer, lui dire son amour, apprendre à connaître sa volonté, et pour obtenir de lui le secours nécessaire pour accomplir cette volonté.

    Dans l'oraison, nous nous présentons devant Dieu en notre qualité d'enfants, qualité qui établit essentiellement notre âme dans l'ordre surnaturel. Sans doute, nous ne devons jamais oublier notre condition de créature, c'est-à-dire de néant ; mais le point de départ, ou pour mieux parler, le terrain sur lequel nous devons nous placer dans nos entretiens avec Dieu est le terrain surnaturel ; autrement dit, c'est notre filiation divine, notre qualité d'enfants de Dieu par la grâce du Christ, qui doit conditionner notre attitude fondamentale, et pour ainsi parler, nous servir de fil conducteur dans l'oraison. »

    Bx Columba Marmion (1858-1923, fêté ce jour), Le Christ vie de l'âme (II, X, I), Abbaye de Maredsous, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Paris, 1929.

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  • Méditation - Qu'est-ce donc que la charité ?

    « Qu'est-ce donc que la charité ? On la définit : amour de Dieu par-dessus toute chose et du prochain comme soi-même pour l'amour de Dieu. Cette formule est devenue classique et sert d'expression aux chrétiens voulant dire l'acte de charité. Il faut beaucoup l'approfondir si l'on ne veut pas risquer d'appauvrir et de compromettre la substance même du mystère. [...] Pour qu'un amour soit digne de Dieu, il faut qu'il soit éclairé par la conscience de sa bonté infinie.

    Mais il y a plus et, ici, nous franchissons le seuil du mystère ; notre amour pour Dieu doit non seulement dépendre de ce qu'il est, mais répondre à son amour. Il n'est pas simplement une réalité humaine ouverte sur l'Infini, mais une grâce qui nous est faite par lui. Même pour en pénétrer la nature, nos idées et notre expérience sont insuffisantes ; Dieu seul peut nous révéler le don qu'il nous fait et c'est de lui que nous devons apprendre la vérité et les beautés de la charité. [...]

    [...] La charité aime Dieu comme celui qui nous aime et qui nous aime au point de se donner à nous comme objet de connaissance et d'amour. Et parce qu'il est impossible d'aimer vraiment un être sans aimer, à cause de lui, tout ce qu'il aime, cette même charité s'attachera à aimer nos frères comme le Christ lui-même nous a aimés. [...]

    Dans ces perspectives, il devrait être inutile de rappeler qu'un tel amour n'a rien à voir avec la sensibilité. Dieu est esprit et c'est seulement en esprit que nous pouvons l'atteindre. Pourtant, une des tentations qui semble le plus indéracinable en la nature humaine est de vouloir juger par la sensibilité de toutes les réalités spirituelles et de confondre ainsi des dispositions toutes subjectives et tout épidermiques avec l’œuvre du Saint-Esprit en nous. Ce qui intéresse Dieu ne peut être autre chose que la volonté et ce oui de notre liberté se livrant à lui. Aimer ainsi ne sera donc jamais ressentir une émotion du cœur, mais vouloir, du plus profond de notre être, le bien de notre Père, communier à sa volonté et chercher à lui plaire. »

    1. Jn 17, 24.

    P. Joseph-Marie Perrin o.p. (1905-2002), Le Mystère de la Charité (Liv. II, 2e Part., Chap. I), Desclée de Brouwer, 1960.

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  • 1er Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    Acte de consécration

    « Seigneur Jésus, vous qui, par charité pour les hommes, demeurez nuit et jour dans le Tabernacle, plein de miséricorde et d'amour, attendant, appelant et accueillant tous ceux qui viennent vous visiter, je vous adore et vous rends grâce.
    Cœur de Jésus, je vous aime de tout mon cœur ; je me repens d'avoir par le passé tant de fois déplu à votre bonté infinie. Je prends la résolution, moyennant votre grâce, de ne plus vous contrister à l'avenir ; et, tout misérable que je suis, je me consacre en ce moment à vous. Je vous donne, avec un entier renoncement, toute ma volonté, toutes mes affections, tous mes désirs, et tout ce qui m'appartient. Désormais, faites de moi et de ce qui est à moi tout ce qu'il vous plaît. Je ne vous demande et ne veux que votre saint amour, la persévérance finale et l'accomplissement parfait de votre volonté. Enfin, j'unis, ô mon Sauveur, toutes mes affections aux affections de votre Cœur plein de tendresse ; et ainsi unies, je les offre à votre Père éternel, le priant en votre nom de les accepter et de les exaucer pour l'amour de vous. »

    Protestation d'amour au Sacré-Cœur, in "Manuel des Associations du Sacré-Cœur à l'usage de la jeunesse. Guide pratique de la dévotion au Cœur de Jésus", Maison Saint-Joseph, Lille - Œuvre de St Charles, Grammont (Belgique), 1902.

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  • 1er Vendredi du mois dédié au Sacré Coeur de Jésus

    Acte d'abandon au divin Cœur de Jésus

    « Sacré Cœur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c'est la seule voie par où l'on peut entrer en vous ; faites en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de vous ; enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour, duquel vous m'avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de vous plaire et une grande impuissance d'en venir à bout sans une lumière et un secours très particulier que je ne puis attendre que de vous. Faites en moi votre volonté, Seigneur ; je m'y oppose, et je le sens bien ; mais je voudrais bien ne pas m'y opposer. C'est à vous à tout faire, divin Cœur de Jésus ; vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification, si je me fais saint ; cela me paraît plus clair que le jour ; mais ce sera pour vous une grande gloire, et c'est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Ainsi soit-il. »

    St Claude la Colombière, Acte d'abandon au divin Cœur, in "Notice sur le Serviteur de Dieu le R. Père Claude de La Colombière de la Compagnie de Jésus" par le P. Pierre-Xavier Pouplard, Lyon, Librairie Ecclésiastique et Classique de Briday, 1875.

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  • Préparons notre Carême - 2. L'effort

    (Rappel : 1. Ne perdons pas notre temps !)

    « Il est clair que nous écrivons, parlons et agissons beaucoup mieux quand l'être tout entier goûte la paix. Il est certain que l'activité, quand nous sommes fatigués ou secoués, est beaucoup plus pénible ; elle exige un effort énorme et souvent douloureux.

    Mais la force d'âme consiste précisément à dominer cette difficulté, à accomplir cet effort pénible, à agir en un mot « comme si on était bien ». Rien ne développe le moral comme cet effort dans lequel on ne tient compte ni de sa souffrance, ni de l'infériorité pénible des résultats.

    Et si les résultats immédiats sont inférieurs, le résultat éloigné est merveilleux. En se commandant l'action malgré la difficulté des dispositions pénibles, on acquiert l'habitude d'agir à peu près toujours et on supprime une perte de temps énorme. Nous devons nous rendre compte que si pour agir nous devions attendre d'être très bien, nous passerions la moitié de notre vie dans cette attente.

    Non ! N'attendons plus ce qui pour certains ne vient jamais. Avec les forces que nous avons au jour le jour, faisons ce que réclame le devoir de chaque moment, sans nous occuper du résultat. Le résultat dépend de Dieu : ce qui dépend de nous c'est l'effort. Cet effort nous fera peu à peu une volonté forte, une vie concentrée et féconde. »

    Dom Augustin Guillerand (1877-1945), Écrits spirituels Tome II (Extraits de Lettres, Effort), Roma, Benedettine di Pricilla, 1967.

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    (Crédit photo : Stairs in the forest by RbknArnK)

  • Méditation - Pendant les tempêtes de notre vie...

    « Considérez que dans cette misérable vie, il s'élève pour nous bien des orages dangereux, dans lesquels la barque de notre cœur est comme ballotée ça et là par les vagues. C'est pourquoi l'Imitation de Jésus-Christ dit : Aussi longtemps que nous vivons, nous ne serons pas sans luttes, quand l'une est passée, une autre suivra (1) comme l'une vague bat l'autre. Dans toutes ces luttes, on ne peut rien conseiller de plus utile que de se soumettre à la volonté de Dieu et à toutes les dispositions de sa sagesse infinie.

    Jésus dort tranquillement au milieu des plus grands orages ; ainsi une âme peut aussi demeurer tranquille, quand elle se repose entre les bras de la Providence divine dans les orages des contrariétés. Elle est assurée que rien n'arrive sans la volonté du Seigneur, elle sait que Dieu ordonne tout pour le mieux, qu'il ne permet la souffrance que pour notre plus grande utilité. Elle sait aussi par expérience, que Dieu peut tirer le bien du mal. Ô quelle consolation, quelle joie, quelle paix goûte une âme qui est unie à la volonté divine ! Cependant quoique l'âme s'abandonne entièrement à la volonté divine et repose dans le sein de la Providence, pendant les tempêtes des tentations et des contrariétés, il est nécessaire à cause de notre faiblesse d'avoir recours à la prière ; à l'exemple des apôtres, nous devons éveiller le Sauveur endormi, le prier de fortifier notre faiblesse et de nous assister de sa grâce dans les tribulations. Jésus paraît dormir, quand les eaux des tribulations s'élèvent au-dessus de nos têtes, quand tout nous semble perdu ; quand il nous retire pendant quelque temps sa consolation et nous fait ainsi sentir que de nous-mêmes et par nos propres forces, nous ne pouvons rien.

    Alors il est temps d'appeler le Seigneur comme les apôtres effrayés : Seigneur ! aidez-nous, nous périssons. Cet appel éveillera l'aimable Sauveur ; ces soupirs pénètrent son Cœur compatissant ; ces prières le déterminent à commander aux vents, et à nous accorder soit la cessation des troubles ou des tentations, soit la force nécessaire pour tout supporter pour son honneur et le salut de notre âme. »

    1. Imitation L. I, ch. XIII.

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome premier (Quatrième dimanche après l’Épiphanie, Méditation), Desclée, De Brouwer, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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    Rembrandt (1606-1669), Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée
    Tableau conservé au musée Isabella Stewart Gardner à Boston jusqu'en 1990.
    Le 18 mars 1990, le tableau a été volé, avec 12 autres chefs-d’œuvre.
    (Crédit photo)

  • Méditation - Prenons un peu de hauteur !

    « Consultons encore ceux qui ont disparu à nos yeux. Si Dieu leur permet de voir tout ce qui se passe ici-bas, qu'ils ont pitié de nos mouvements, de nos guerres, de nos intrigues, de nos espérances, de nos chagrins ! Ils nous regardent comme nous voyons les enfants qui font de petits édifices de carton ou de boue, se désoler, s’affliger, se lamenter lorsque le vent ou le passant vient à abattre leur ouvrage, ou bien comme nous voyons les fourmis s’entre-disputer un brin de paille, un grain de millet ou de froment. Entrons nous-mêmes en esprit dans le lieu du repos éternel. La figure du monde nous éblouit, c'est que nous le voyons de trop près. Voyons-le du lieu où nous serons dans cinq ou six millions d'années d’ici. Paraîtra-t-il encore ? sera-ce une étoile obscure et nébuleuse ? sera-ce un point ? ne sera-ce pas un songe, un rien ? Il est ce qu'il paraîtra alors. Monde, amis, richesses, charges, noblesse, biens, science, réputation, vous ne sauriez me suivre où je vais (1). Disparaissez dès maintenant ; je ne vous connais plus ; c'en est fait, je vous dis un éternel adieu.

    N’est-il point à craindre que ces pensées ne nous détachent trop peut-être, qu’elles ne nous donnent tant de mépris pour ce qui passe, que nous ne daignions plus nous appliquer à rien ? Ce n'est pas là ce que veut la Religion : Vivez comme si chaque jour vous deviez mourir ; étudiez comme si vous deviez toujours vivre (2) , disait Saint Jérôme, ou comme Saint Paul (3) : Usez du monde, il le faut ; mais usez-en sans trop d'empressement et sans attache. Moins nous avons de temps à vivre, et moins en avons-nous à perdre. Hâtons-nous de glorifier Dieu, et de nous acquitter fidèlement de nos devoirs.

    Ces pensées n'ôtent donc point l'application nécessaire ; mais elles modèrent cette grande activité, cette ivresse d'occupations et de travail qui fait perdre l'attention qu'on doit à Dieu, et aux biens solides. Faisons tout par devoir, et ne nous portons au devoir que par la volonté de Dieu : elle donne autant de feu que la passion, mais un feu pur et plus durable. »

    (1) Quo ego vado, vos non potestis venire. Joan. 13, 33.
    (2) Vive quasi quotidie moriturus ; stude quasi semper victurus.
    (3) Qui utuntur hoc mundo, tanquam non utantur. 1 Cor. 7, 31.

    P. Judde (1661-1735), Grande Retraite de trente jours, Méditation De la pensée de l’Eternité, Second Point, in "Collection complète des Oeuvres spirituelles du P. Judde recueillies par M. l'Abbé le Noir-Duparc", Tome premier, A Paris, Chez l'Esclapart, Libraire, 1781.

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  • Méditation - Courage !

    Le Bx Charles de Foucauld met dans la bouche de Jésus les mots suivants :

    « Il te faut du courage en tout : car en tout, en tout bien, en toute vertu, tu as à vaincre 3 adversaires : toi, les hommes et le démon... Il te faut du courage contre toi, contre ton âme et contre ton corps, contre tes penchants mauvais et contre l'excès et l'indiscrétion dans les bons, contre tes pensées propres, ta volonté propre, contre ton cœur, contre ton esprit, il te faut du courage contre tout ton être, pour être maître de tout ton être, afin de pouvoir le soumettre tout entier à Dieu... Il te faut du courage contre les hommes, contre leurs menaces, et contre leurs séductions, contre les persécutions et contre les douceurs, contre les méchants et avec les bons et avec les saints pour supporter les mauvais traitements et pour ne pas te laisser amollir par les bons, pour être en tout avec tous ce que je veux que tu sois, pour recevoir les railleries, les contradictions, les coups, les blessures et la mort comme mon soldat fidèle, [...] pour ne pas craindre ta peine ni celle des autres mais uniquement la mienne... Il te faut du courage contre le démon, contre les terreurs, les troubles, les tentations, les séductions, les ténèbres, les fausses lumières, les épouvantes, les tristesses, les dissipations, les chimères, les fausses prudences, les imprudences, les peurs surtout (car c'est son arme habituelle... surtout avec toi qui es timide et inconstant), par lesquelles il cherchera à t'arracher à moi.

    [...] Faire tout parfaitement, ce te sera un exercice de courage continuel, un combat continuel, une victoire continuelle, et ce n'est après tout que ton devoir, que ma volonté, que « être parfait comme ton père céleste est parfait »...

    [...] Il faut du courage en tout, pour tout, sans courage aucune vertu : le courage dans toutes les vertus, le courage à faire ma volonté c'est la perfection, c'est ma volonté, c'est la consolation de mon Cœur... »

    Bx Charles de Foucauld, La dernière place, Œuvres spirituelles du Père Charles de Foucauld IX - Retraites en Terre Sainte, Tome I, nouvelle cité, Paris, 1974.

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    Gustave Doré, Abdiel et Satan (Le Paradis perdu)
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  • Méditation - La guerre contre le vieil homme : II. Désirer la sainteté

    (suite et fin de la méditation d'hier)

    « Méditez l’Épître aux Romains : « Je sens deux hommes en moi » - mais ne croyez pas que ce soit là un état définitif ! Beaucoup s'imaginent que l'idéal de la vie chrétienne, c'est d'éviter que le vieil homme fasse des siennes. Il y a beaucoup plus à espérer : c'est qu'il meure. Dans les épîtres pastorales, Paul ne dit plus la même chose, mais : « J'ai combattu le bon combat, ma course est consommée, j'attends la couronne de justice. » Tant que nous sentons deux hommes en nous, nous ne sommes pas complètement sauvés.
    Après plusieurs années de vie chrétienne ou religieuse, nous atteignons un certain plafond que nous ne pourrons jamais dépasser par nous-mêmes. Nous faisons des progrès, mais à l'intérieur de limites étroites. Nous en arrivons alors à la coexistence pacifique dont je parlais : par nous-mêmes, je le répète, nous ne pouvons rien faire de plus. Mais ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu, et nous n'avons pas le droit d'en douter.
    Alors, si nous le croyons vraiment, nous pouvons encore faire une chose. Nous pouvons dire à Dieu : « J'accepte le traitement »... et signer notre feuille d'hospitalisation - notre entrée dans le monastère des purifications passives. Alors là, Dieu sait comment faire. Il nous donne le Sang du Christ, lequel a le pouvoir d'opérer le miracle de notre sanctification totale, de faire de nous des êtres qui, même dans leurs premiers mouvements, n'offrent aucune résistance profonde à la volonté de Dieu : ce sont les saints. Tout ce qu'Il nous demande, c'est d'y croire et de le désirer. »

    P. M.-D. Molinié o.p. (1918-2002), Le courage d'avoir peur (Septième Variation : Le monastère des purifications), Les Éditions du Cerf, Paris, 1975.

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