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purification

  • Méditation - Chandeleur

    « Malgré les nombreuses lumières qui brillent au chœur et les chants de la procession, la note dominante de la journée est grave. Dans l'atmosphère sereine et joyeuse des fêtes du temps de Noël elle apparaît comme un trait sombre qui laisse présager la Passion du Sauveur. Si, dans la vie du Christ, la Passion correspond à l'immolation de la victime, la Chandeleur en constitue l'offrande : la victime est préparée, consacrée, et, par les mains de Marie, offerte au Père céleste. Jésus et Marie sont maintenant prêts pour le sacrifice de la Croix que le prêtre Siméon annonce solennellement, ce sacrifice qui, suivant l'expression du vieillard, va percer d'un glaive le coeur de la Mère des douleurs...

    Combien la Mère de Dieu nous apparaît aujourd'hui digne de toutes les louanges ! Elle élève dans ses mains le Très Saint, l'hostie vivante Jésus, son bien, le fruit de ses entrailles ; elle Lui a préparé un corps capable de souffrir, un corps qui pourra subir d'une façon méritoire les souffrances de la Passion. Après la Présentation elle rachète l'enfant de ses propres moyens, à la seule fin de le nourrir, de l'élever jusqu'à l'âge d'homme pour en faire une victime parfaite...

    Historiquement la présentation au Temple a eu lieu le quarantième jour après la naissance du Sauveur. Mais, mystiquement, elle se renouvelle aujourd'hui à la célébration de la Sainte Messe. Alors Jésus est offert au Père céleste, et en Jésus - en Jésus par Marie - toute la communauté paroissiale devient une offrande vivante faite à Dieu. L’Évangile lui-même, qui nous raconte la joie du vieillard Siméon, devient pour nous une réalité pleine de grâces lorsque, dans la sainte communion, nous avons le bonheur de posséder notre Rédempteur. Combien sont merveilleux les mystères de notre foi !

    A la Chandeleur, les fidèles emportent chez eux, dans leur famille, le cierge béni pendant l'office. Il est le signe des grâces reçues en ce jour. Il représente le Christ ; il est le symbole de la foi, de cette foi qui prend sa source dans le sacrifice de Jésus, et, de là, vient baigner notre vie toute entière. On l'allume au moment de la prière familiale. A la campagne, on le fait brûler souvent pendant les orages. Le lendemain de la Purification, à la fête de saint Blaise, allons à l’Église recevoir la bénédiction avec les cierges consacrés la veille, pour être protégés des maladies, en particulier du torticoli et des maladies de la gorge. Enfin, dans chaque maison chrétienne, on garde précieusement le cierge qu'on allume un jour à notre lit de mort, ce cierge dont la vertu et la lumière nous préservent des ténèbres de la perdition.

    Qu'une lumière éclaire et réchauffe notre vie et notre mort : Jésus-Christ ! »

    Toute l'année avec le Christ, par les Bénédictins de l'Abbaye de Notre-Dame d'Einsiedeln, Traduction des Bénédictins de l'Abbaye Ste-Marie de la Pierre-Qui-Vire, Comptoir Français du Livre, Paris / Bruxelles, 1936.

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    Tableau d'Andrey Shishkin, Siméon et Jésus
    (Crédit photo : Maher Art Gallery)

  • Dimanche 2 février 2020

    Purification de la Très Sainte Vierge
    (Présentation du Seigneur au Temple)

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  • Méditation - Ecole de contemplation

    « Quand l'âme ne fait que débuter dans la voie de l'amour, sa contemplation est encore grossière et rudimentaire, elle ne goûte pas tout de suite les joies de la contemplation véritable... Et quand elle commencera à entrer sérieusement dans cette contemplation des choses éternelles (Dieu et les choses divines), elle aura d'autant plus de peine à en éprouver les douceurs qu'elle sera moins attentive à leur merveilleuse beauté ; car comment se délecter de merveilles qu'on ne voit pas. De plus, à ses débuts dans la contemplation, elle mettra d'autant plus de temps à s'y élever qu'elle sera plus lente à rejeter les ténèbres qui enveloppent les créatures humaines. En effet, tant qu'elle n'aura pas renoncé aux sollicitudes mondaines, elle aura dans les yeux une poussière qui l'empêchera de voir. Avant tout donc, qu'elle se débarrasse de cette poussière, puis qu'elle fortifie sa vue : elle rejettera la poussière quand elle éloignera de son esprit toutes les images des choses corporelles, elle fortifiera sa vue quand par une méditation assidue elle tournera son attention vers ce qui est éternel. Quand elle se sera de la sorte pendant longtemps habituée à demeurer dans ces régions supérieures, sa persévérance lui vaudra d'être purifiée davantage ; ainsi purifiée, elle verra plus clairement les biens éternels, et, découvrant leurs splendeurs, elle en éprouvera une joie plus vive. [...] Celui qui désire la contemplation voudrait jouir aussitôt des joies surabondantes qu'elle procure, mais l'auteur de ce don, l'Esprit-Saint, ne l'accorde pas si vite ; elle perdrait de son prix si elle était si facile à obtenir ; la jouissance, du reste, en sera d'autant plus douce, et on veillera à garder ce trésor d'autant plus soigneusement, qu'on aura eu plus de peine à l'acquérir. »

    St Grégoire le Grand (540-604), Commentaire sur le Premier Livre des Rois, ch. II n°4 (Cf. SC 391).
    Cité in Abbé A. Saudreau, La vie d'union à Dieu et les moyens d'y arriver d'après les Grands Maîtres de la Spiritualité (n°117), Angers - Paris, Germain & G. Grassin - Charles Amat, 1900.

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  • Distribution des cierges : Antienne et Cantique

    Prieuré carmélite, Londres
     
    Antiphona. Luc. 2, 32.
    Lumen ad revelatiónem géntium et glóriam plebis tuæ Israël.
    Lumière pour éclairer les nations, et gloire d’Israël votre peuple.

    Cantic. ibid. 29-31.
    Nunc dimíttis servum tuum, Dómine, secúndum verbum tuum in pace.
    Maintenant, Seigneur, vous vous laisserez votre serviteur s’en aller en paix, selon votre parole.

    Ant. Lumen ad revelatiónem géntium...

    Quia vidérunt óculi mei salutáre tuum.
    Puisque mes yeux ont vu le salut qui vient de vous.

    Ant. Lumen ad revelatiónem géntium...

    Quod parásti ante fáciem ómnium populorum.
    Que vous avez préparé à la face de tous les peuples.

    Ant. Lumen ad revelatiónem géntium...

    Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto.
    Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit.

    Ant. Lumen ad revelatiónem géntium...

    Sicut erat in princípio, et nunc, et semper, et in sæcula sæculórum. Amen.
    Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

    Ant. Lumen ad revelatiónem géntium..
  • Samedi 2 février 2019

    Présentation du Seigneur au Temple
    (Purification de la Très Sainte Vierge)
     
    Cette fête célébrée quarante jours après Noël commémore un double événement qui s'est réellement produit 40 jours après la naissance de l'Enfant Jésus, en observation de la Loi juive :
    Ce jour-là, conformément à la Loi :
    - Jésus est présenté au Temple par ses parents (comme tous les premiers-nés d'Israël).
    - Marie se soumet à une cérémonie de purification.
    Nous célébrons donc, en même temps, la purification de la Sainte Vierge et la présentation de Jésus.
    (Source)

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    (Journée de la Vie Consacrée)

  • Méditation - Jésus, Lumière du monde

    « Tenant aujourd'hui en main un cierge allumé, qui donc ne se rappellerait le vénérable vieillard qui reçut aujourd'hui dans ses bras le Verbe demeurant dans la chair comme la lumière sur la cire ? Il a déclaré que Jésus était la lumière venue pour éclairer les nations païennes (Lc 2,32).

    Syméon, c'est certain, était aussi une lampe allumée et brillante qui rendait témoignage à la lumière. Rempli de l'Esprit et poussé par l'Esprit, il était venu au Temple pour accueillir votre amour, ô mon Dieu, au milieu de votre Temple (cf. Ps 47,10), pour proclamer que Jésus est cet amour et la lumière de votre peuple. [...]

    Voici donc, mes frères, entre les mains de Syméon, le cierge allumé. Vous aussi, allumez à ce luminaire vos cierges, je veux dire ces lampes que le Seigneur vous ordonne de tenir dans vos mains (cf. Lc 12,35). « Approchez-vous de lui et soyez illuminés » (Ps 33,6), de manière à être vous-mêmes plus que des porteurs de lampe, des lumières qui brillent au-dedans et au-dehors pour vous et pour votre prochain.

    Qu'il y ait donc une lampe dans votre cœur, une dans votre main, une dans votre bouche ! Que la lampe dans votre cœur brille pour vous-même, que la lampe dans votre main et dans votre bouche brille pour votre prochain ! La lampe dans votre cœur est la dévotion inspirée par la foi ; la lampe dans votre main, l'exemple des bonnes œuvres ; la lampe dans votre bouche, la parole qui édifie. Car nous ne devons pas nous contenter d'être des lumières aux yeux des hommes grâce à nos actes et nos paroles, mais il nous faut encore briller devant les anges par notre prière et devant Dieu par notre intention. Notre lampe devant les anges, c'est la pure piété qui nous fait chanter avec recueillement ou prier avec ferveur en leur présence. Notre lampe devant Dieu, c'est la résolution sincère de plaire uniquement à celui devant qui nous avons trouvé grâce. [...]

    Afin donc d'allumer toutes ces lampes pour vous, laissez-vous illuminer, mes frères, en vous approchant de la source de la lumière, je veux dire Jésus qui brille entre les mains de Syméon. Il veut, assurément, éclairer votre foi, faire resplendir vos œuvres, vous inspirer les mots à dire aux hommes, remplir de ferveur votre prière et purifier votre intention. [...]

    En vérité, quand la lampe de cette vie s'éteindra, vous qui aviez tant de lampes allumées au-dedans, vous verrez la lumière de la vie qui ne s'éteindra pas se lever et monter, le soir, comme la splendeur de midi. Et tandis que vous croirez que tout est fini pour vous, vous vous lèverez, comme l'étoile du matin, et votre obscurité sera comme la lumière de midi (Is 58,10). Le soleil, il est vrai, ne sera plus là pour vous éclairer durant le jour, ni la lune éclatante pour vous envoyer sa lumière, mais le Seigneur sera votre lumière éternelle. Car le luminaire de la nouvelle Jérusalem, c'est l'Agneau. A lui louange et gloire pour les siècles des siècles. Amen. »

    Bx Guerric d'Igny (v.1080-1157), 1er Sermon pour la fête de la Purification de la Vierge Marie, 2.3.5 ; PL 185, 64-65 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 470 ; cf SC 166, p. 315s)

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    Tableau d'Andrey Shishkin, "Siméon et Jésus"
    (Crédit photo)
     
    Ce peintre russe (né en 1960) a réalisé un autre tableau sur le même sujet, proposé sur notre blog l'an dernier au 2 février.
  • Vendredi 2 février 2018

    La Purification de la Sainte Vierge
    et la Présentation de Jésus au Temple

    Cette fête célébrée quarante jours après Noël commémore un double événement qui s'est réellement produit 40 jours après la naissance de l'Enfant Jésus, en observation de la Loi juive :
    Ce jour-là, conformément à la Loi :
    - Jésus est présenté au Temple par ses parents (comme tous les premiers-nés d'Israël).
    - Marie se soumet à une cérémonie de purification.
    Nous célébrons donc, en même temps, la purification de la Sainte Vierge et la présentation de Jésus.

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    (Journée de la Vie Consacrée)

  • Méditation - Purifions notre coeur

    « Nous devons mettre tout notre soin à purifier notre cœur, parce que c'est là qu'est la racine de tous nos maux.
    [...]
    Nous sommes si pleins d'idées fausses et de jugements erronés, d'affections déréglées, de passions et de malices, que nous aurions honte de nous-mêmes si nous nous voyions tels que nous sommes. Imaginons-nous un puits bourbeux, duquel on tire incessamment de l'eau ; au commencement, ce qu'on en tire n'est quasi que de la boue ; mais à force de tirer, le puits se purifie, et l'eau devient plus claire ; de sorte qu'à la fin on en tire de l'eau fort belle et cristalline. De même travaillant sans cesse à purger notre âme, le fond se découvre peu à peu, et Dieu y manifeste sa présence par de puissants et merveilleux effets qu'il opère en l'âme, et par elle pour le bien des autres.
    Quand le cœur est bien purgé, Dieu remplit l'âme et toutes ses puissances, la mémoire, l'entendement, la volonté de sa sainte présence et de son amour. Ainsi la pureté de cœur conduit à l'union divine, et l'on n'y arrive point ordinairement par d'autres voies. »

    Louis Lallemant (1588-1635), La Doctrine spirituelle (Troisième Principe, ch. I, art. II, I), Paris, Jacques Lecoffre, Nouvelle édition, 1868.

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  • Méditation - Les Saints Anges Gardiens

    « Les Anges sont nos pasteurs ; non seulement ils portent à Dieu nos messages, mais ils nous apportent aussi ceux de Dieu. Ils nourrissent nos âmes de leurs douces inspirations et des communications divines ; en bons pasteurs, ils nous protègent et nous défendent contre les loups, c'est-à-dire contre les démons.

    Par leurs secrètes inspirations, les Anges procurent à l'âme une connaissance plus haute de Dieu ; ils l'embrasent ainsi d'une plus vive flamme d'amour pour lui ; ils vont même jusqu'à la laisser toute blessée d'amour.

    La même sagesse divine qui, dans le ciel, éclaire les Anges et les purifie de toute ignorance, éclaire aussi les hommes sur la terre et les purifie de leurs erreurs ou imperfections ; elle va des premières hiérarchies des Anges jusqu'aux dernières, et par celles-ci arrive jusqu'à l'homme.

    La lumière de Dieu illumine l'Ange en le pénétrant de sa splendeur et en l'embrasant de son amour, car l'Ange est un pur esprit tout disposé à cette participation divine, mais d'ordinaire elle n'éclaire l'homme que d'une manière obscure, douloureuse et pénible, parce que l'homme est impur et faible, de même que la lumière du soleil n'éclaire des yeux malades qu'en les faisant souffrir.

    Quand l'homme est devenu vraiment spirituel et transformé par l'amour divin qui le purifie, il reçoit l'union et l'amoureuse illumination de Dieu avec une suavité semblable à celle des Anges.

    Quand Dieu accorde des faveurs à une âme par l'intermédiaire du bon Ange, il permet d'ordinaire que le démon en ait connaissance et s'y oppose même de tout son pouvoir dans une mesure conforme à la justice, afin que le triomphe soit estimé à un plus haut prix, et que l'âme victorieuse et fidèle dans la tentation obtienne une récompense plus abondante.

    Rappelez-vous combien il est vain, périlleux et funeste de se réjouir d'autre chose que du service de Dieu, et considérez quel malheur ce fut pour les Anges de se réjouir et de se complaire dans leur beauté et leurs dons naturels, puisque c'est pour cela qu'ils tombèrent, privés de toute beauté, au fond des abîmes. »

    Saint Jean de la Croix, Œuvres spirituelles, Avis et maximes, "Autres avis et maximes", chapitre VII : Des Anges (220-226), Paris, Le Seuil, 1947.

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    Association "L'Ange gardien" :
    Spécimen gratuit de la revue bimestrielle sur simple demande

  • Méditation - La Foi de Siméon

    « Admirons dans le Saint Vieillard Siméon quelle fut sa foi aux promesses de la loi et des Prophètes. Siméon attendait le Rédempteur promis. Il soupirait sans cesse après cet heureux moment qui devait faire le bonheur et la consolation du peuple de Dieu. Dans ce désir, dans cette attente du Messie, il vivait dans la justice, dans la crainte du Seigneur, et le Saint-Esprit était en lui... Si nous avions une vraie foi aux promesses de l’Évangile, si nous attendions véritablement les biens qui nous y sont promis, nous ne trouverions pas de difficulté à vivre dans la sainteté et à conserver l'Esprit saint dans nos cœurs ; mais une foi trop faible, une vie mondaine, lâche et dissipée nous prive des consolations de Dieu, éteint en nous l'espérance, et ne nous fait envisager l'autre vie et le second avènement de Jésus qu'avec frayeur.

    Observons quelle fut la foi de Siméon à la révélation de l'Esprit saint. Cet Esprit de Dieu lui avait révélé qu'il ne mourrait point sans avoir vu le Messie ; il lui tardait que cet heureux moment arrivât ; cependant il ne devait voir Jésus que dans l'infirmité de sa chair mortelle, et il devait mourir bientôt après ; pour nous au contraire nous devons le voir après notre mort, dans la splendeur de sa gloire, lorsque toutes nos peines seront finies et qu'il ne nous restera plus qu'à régner éternellement avec lui ; cette pensée nous alarme, nous effraie. Esprit saint, venez dans mon cœur pour le détacher de tout ce qui est ici-bas et le faire soupirer après l'heureux moment de sa délivrance, et de son vrai bonheur.

    Considérons combien grande fut la foi de Siméon à la présence de Jésus Sauveur. Conduit par l'Esprit de Dieu il vint au Temple lorsqu'on amenait ce Divin enfant pour le présenter au Seigneur. Il le vit, il le contempla, et intérieurement il l'adora. La cérémonie étant finie il ne put se contenir, il s'approcha de lui, le prit entre ses bras, le serra sur son cœur et fit éclater les transports de sa joie, de sa reconnaissance et de son amour... Si nous avions une foi vive, nous connaîtrions que nous avons le même Jésus dans le Sacrement de l'Eucharistie, et nous l'y recevrions dans les sentiments de Siméon. Mais, hélas ! n'est-ce pas souvent l'esprit de vanité, de curiosité ou d'intérêt, la coutume, le respect humain, ou quelque autre motif indigne et criminel qui nous conduisent à l'Autel et au Temple ! »

    P. Bonaventure Girardeau (+1774), Évangile médité, et distribué pour tous les jours de l'année, suivant la concorde des quatre Évangélistes, Revu et corrigé par M. l'Abbé Duquesne, Nouvelle édition, Tome premier (XVe Méditation, Premier point), Paris, Amable Costes et Cie, 1823.

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    Tableau d'Andrey Shishkin (peintre russe, né en 1960), "Siméon et Jésus"

  • Méditation - La Purification de Marie

    « Remarquons dans Marie son obéissance. Elle obéit à une loi dont les termes dans leur sens propre semblent l'excepter formellement, puisqu'elle marque positivement : une femme qui aura conçu et enfanté suivant le cours ordinaire de la nature. Mais par amour pour la loi de Dieu, et pour éviter le scandale du peuple qui ignorait le grand mystère opéré en sa faveur, Marie ne fait point valoir ses privilèges, elle observe le précepte, elle en remplit toutes les ordonnances jusque dans le dernier détail. Est-ce avec cet amour, avec cette ferveur, avec cette ponctualité que nous obéissons à Dieu ? Hélas, ou nous transgressons formellement sa loi, ou nous ne l'observons qu'imparfaitement !

    Considérons dans Marie son humilité. Elle sacrifie aux yeux des hommes la gloire de sa Virginité, dont elle avait été si jalouse aux yeux des Anges et devant Dieu. Elle se montre dans le premier parvis du Temple comme une femme immonde qui ne peut entrer dans le second avant d'avoir été purifiée. Cette Vierge sainte sait que Dieu connaît sa pureté, cela lui suffit ; elle est peu inquiète des jugements humains. Que nous sommes bien différents : peu inquiets d'être souillés aux yeux de Dieu, nous ne sommes attentifs qu'à paraître purs aux yeux des hommes !

    Admirons dans Marie son esprit de pauvreté. Selon la loi, la Mère devait offrir un agneau et une tourterelle, ou, si sa situation ne lui permettait pas, elle devait présenter deux tourterelles, ou deux petits de colombes. Marie s'en tient à cette dernière disposition de la loi, qui était conforme à son état présent. Elle ne rougit point de paraître pauvre aux yeux du monde et dans la Maison du Seigneur. Hélas, n'est-ce pas souvent dans ce saint lieu où notre vanité veut paraître avec plus d'ostentation et de luxe ! »

    P. Bonaventure Girardeau (+1774), Évangile médité, et distribué pour tous les jours de l'année, suivant la concorde des quatre Évangélistes, Revu et corrigé par M. l'Abbé Duquesne, Nouvelle édition, Tome premier (XIVe Méditation, Premier point), Paris, Amable Costes et Cie, 1823.
    NB : Le plan et la matière de cet ouvrage appartiennent au P. Giraudeau, jésuite. Les infirmités de ce religieux ne lui ayant pas permis de les mettre en œuvre, M. l'Archevêque de Paris le confia à l'Abbé Duquesne qui employa plusieurs années à ce travail. [Quérard, II, 718]. La première version parut en 1773, éditée à Paris chez Charles-Pierre Berton, en 12 tomes.

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  • Jeudi 2 février 2017

    Purification de la Sainte Vierge
    (Présentation du Seigneur)

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    Journée de la vie consacrée

  • Méditation - Reparlons de la gratitude...

    (Cf. méditations des 11 et 17 août derniers)

    « Si la gratitude devient la disposition la plus fondamentale de notre cœur, nous guérirons de bien des amertumes et des déceptions, et nous serons en fin de compte heureux.

    « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur. Il s'est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse ! »
    (Lc 1, 46-47)

    Demandons à Marie, la Vierge du Magnificat, qui n'a cessé de rendre grâces, qui s'est ainsi constamment ouverte davantage au don de Dieu et a expérimenté toujours plus la générosité et la bienveillance divines, de nous aider à entrer dans cette attitude. Marthe Robin disait : « Une âme qui n'est pas dans l'action de grâce est une âme malade ! » Cette parole n'est pas pour nous condamner : il est normal d'être parfois malade, même dans la vie spirituelle. Mais il faut chercher la guérison : que Marie nous fasse découvrir l'action de grâce comme un chemin de santé spirituelle !

    Je suis persuadé que si une personne s'efforçait de vivre en permanence dans l'action de grâce, elle deviendrait très vite une sainte, car c'est l'attitude spirituelle la plus puissante qui soit pour purifier le cœur et l'ouvrir à l'action divine. Quand on est dans cette disposition intérieure, il n'y a plus de place pour les retours sur soi, les regrets, les jalousies, les amertumes, les désirs de vengeance. Le mal n'a plus de prise sur un coeur qui est dans l'action de grâce.
    [...]
    Cette attitude de gratitude s'exprime de la manière la plus haute, et trouve en même temps sa nourriture et son encouragement le plus fort, dans la célébration de l'Eucharistie, l'action de grâce par excellence, où l’Église s'unit à l'action de grâce du Christ qui bénit son Père pour l'abondance de son amour et de ses bienfaits. Le pape Jean-Paul II disait dans son encyclique sur l'Eucharistie : « L'Eucharistie nous est donnée pour que notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un magnificat. » (Ecclesia de Eucaristia, n°50) Puisse-t-il en être ainsi. »

    P. Jacques Philippe, Appelés à la vie (ch. IV, Revendication ou gratitude), Éditions des Béatitudes, 2007.

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  • Méditation - La guerre contre le vieil homme : II. Désirer la sainteté

    (suite et fin de la méditation d'hier)

    « Méditez l’Épître aux Romains : « Je sens deux hommes en moi » - mais ne croyez pas que ce soit là un état définitif ! Beaucoup s'imaginent que l'idéal de la vie chrétienne, c'est d'éviter que le vieil homme fasse des siennes. Il y a beaucoup plus à espérer : c'est qu'il meure. Dans les épîtres pastorales, Paul ne dit plus la même chose, mais : « J'ai combattu le bon combat, ma course est consommée, j'attends la couronne de justice. » Tant que nous sentons deux hommes en nous, nous ne sommes pas complètement sauvés.
    Après plusieurs années de vie chrétienne ou religieuse, nous atteignons un certain plafond que nous ne pourrons jamais dépasser par nous-mêmes. Nous faisons des progrès, mais à l'intérieur de limites étroites. Nous en arrivons alors à la coexistence pacifique dont je parlais : par nous-mêmes, je le répète, nous ne pouvons rien faire de plus. Mais ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu, et nous n'avons pas le droit d'en douter.
    Alors, si nous le croyons vraiment, nous pouvons encore faire une chose. Nous pouvons dire à Dieu : « J'accepte le traitement »... et signer notre feuille d'hospitalisation - notre entrée dans le monastère des purifications passives. Alors là, Dieu sait comment faire. Il nous donne le Sang du Christ, lequel a le pouvoir d'opérer le miracle de notre sanctification totale, de faire de nous des êtres qui, même dans leurs premiers mouvements, n'offrent aucune résistance profonde à la volonté de Dieu : ce sont les saints. Tout ce qu'Il nous demande, c'est d'y croire et de le désirer. »

    P. M.-D. Molinié o.p. (1918-2002), Le courage d'avoir peur (Septième Variation : Le monastère des purifications), Les Éditions du Cerf, Paris, 1975.

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  • Méditation : Tout offrir à Jésus

    « Offrir au bon Dieu nos inquiétudes, les blessures du passé et tous les sentiments douloureux, pour qu'il les prenne, c'est lui demander de nous en détacher. Au lieu de s'en inquiéter ou de les regretter, il faut venir tout simplement, avec douceur, près du Cœur de Jésus, et les lui offrir comme matière de sacrifice. Il faut en profiter pour s'unir à son agonie et lui demander, par le mystère de cette agonie toute sainte et divine, de nous purifier.

    Il est bon de sentir sa faiblesse, mais à condition de ne pas se replier sur soi-même et de tout donner au bon Dieu. A l'aube de notre vie, il nous demande de lui offrir notre travail, mais ensuite il nous demande surtout de lui apporter nos souffrances, nos fatigues et nos impuissances.

    Après nous avoir soutenus par des grâces de lumière et de force, il nous demande de persévérer sur un chemin où il nous mène de façon plus obscure, en nous faisant sentir notre faiblesse. Par là, nous nous préparons au ciel, à la lumière et à la vie nouvelle du ciel. »

    P. Thomas Philippe (1905-1993), ... des miettes pour tous, Saint-Paul, Paris, 1994.

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  • Méditation : Purification de la Bienheureuse Vierge Marie

    « Aujourd'hui, en souvenir de ce jour-là, en souvenir de la procession incomparable et unique, qui se déroulait dans le temple de Dieu, et dans laquelle, Hostie sainte, sur la patène des bras de votre Mère, vous étiez porté au sanctuaire sacro-saint, l’Église bénit les cierges et les sanctifie en cette nouvelle Chandeleur.
    [...]
    Cierge de Dieu, nous porterons nos cierges bénits, sanctifiés aujourd'hui, dans la procession de Chandeleur ; c'est pour dire que nous aussi, qui les recevons et les désirons porter allumés à la gloire de votre Nom, nous devons être les cierges de Dieu, imitateurs de la clarté, de la chaleur du vôtre, du vôtre qui est Vous-même.

    Que nous soyons lumières, que nous soyons ardeurs ; et que nous allions ainsi, nous consumant à votre gloire. Je recevrai, ô Jésus, mon cierge, cierge bénit, figure de votre propre substance. Je vous recevrai dans mes bras et je vous porterai.

    Avec Siméon, je pourrai chanter : « Laissez-moi aller maintenant, nunc dimitis, car je vous vois, je vous tiens, je vous porte, je ne désire plus rien que Vous.

    O Jésus, faites que, comme ce luminaire, brillant d'une lumière invisible, chasse les ténèbres, ainsi mon cœur illuminé d'un feu invisible par la splendeur de votre Esprit, soit délivré de l'aveuglement de tous les vices.

    O Marie, sainte fête ! Oui, sainte fête ; car, nous allons avec vous, portant Jésus, ô Porte du ciel ! Portez devant nous le Roi de gloire, la Lumière nouvelle engendrée dès l'aurore, le Maître de la vie et de la mort, le sauveur du monde. »

    Dom Vandeur, Élévations sur la Messe de chaque jour - Noël, Épiphanie (Purification de la Bienheureuse Vierge Marie), Éditions de Maredsous, 1955.

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    Présentation de Jésus au Temple, Palma le Jeune (Palma il Giovane, v.1548-1628)

  • Mardi 2 février 2016

    Purification de la Sainte Vierge
    Présentation du Seigneur au Temple

    Cette fête célébrée quarante jours après Noël commémore un double événement qui s'est réellement produit 40 jours après la naissance de l'Enfant Jésus, en observation de la Loi juive :
    Ce jour-là, conformément à la Loi :
    - Jésus est présenté au Temple par ses parents (comme tous les premiers-nés d'Israël).
    - Marie se soumet à une cérémonie de purification.
    Nous célébrons donc, en même temps, la purification de la Sainte Vierge et la présentation de Jésus.

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  • Méditation - Prière : Purifiez, ô mon Dieu, mon regard...

    « Donnez-moi, ô mon Dieu, cet œil limpide et pur dont parle l’Évangile, capable de dépasser l'enveloppe opaque de la chair, pour se fixer sur cette empreinte divine que Vous avez imprimée en chaque homme. Alors je ne ferai plus de distinction entre les apparences plus ou moins sympathiques, attirantes, ou bien mesquines, antipathiques, rebutantes : tout cela disparaîtra ; en chaque personne je reconnaîtrai Votre Face et c'est Vous que je servirai et aimerai, ô mon Dieu. Dès lors, comment pourrais-je me plaindre de ce que mes relations nécessaires avec le prochain, les services que je dois lui rendre, me distraient de Vous ? La foi ne me dit-elle pas qu'en traitant avec mes frères, c'est avec Vous-même que je traite, qu'en les servant je Vous sers ? Jésus n'a-t-il pas dit : « Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à Moi que vous l'avez fait » (Mt XXV, 40) ? Vous établissez votre demeure en chaque âme en état de grâce comme en la mienne, et si, malheureusement, tous les hommes ne vivent pas en état de grâce, ils sont cependant tous capables de la recevoir : tous, ils sont l'objet de votre amour miséricordieux, tous ils sont appelés, par vocation, à être des temples de la T.S. Trinité. Alors, Seigneur, si je désire Vous rencontrer en moi, pourquoi ne Vous chercherais-je pas aussi en mes frères ?
    Purifiez, mon Dieu, ce regard si voilé par les apparences humaines et rendez-le capable de Vous découvrir et de Vous trouver en chaque créature. »

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine, Intimité Divine Tome I (3e semaine de l'Avent, 20, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Librairie du Carmel, 1963.

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  • Méditation : "purifiée par le feu"

    « L'amour de Dieu est un feu brûlant. Avant de transformer l'âme, il détruit, il brûle, il consume. Tout ce qui lui est contraire doit disparaître. Cette période de la vie intérieure est particulièrement douloureuse. C'est le temps de la purification : l'âme est jetée au creuset ; toutes les scories montent du fond à la surface, elle en voit toute la laideur, elle en savoure cruellement l'amertume. Elle va parfois jusqu'à éprouver l'impression qu'elles font partie d'elle-même et que jamais elle ne pourra s'en défaire. Pourtant au fond, elle est belle parce qu'elle est pure : sa volonté a horreur de tout ce mal.

    A qui ne verrait que l'effet de ces dures tribulations, elle paraîtrait comme calcinée par ce feu mystérieux, toute noire, sans forme et sans beauté. Elle est comme défigurée, déformée. Toutes les pensées qui s'étaient peu à peu emparées de son esprit et l'avaient pétri à leur image, toutes les affections qui s'étaient infiltrées dans son cœur et l'avaient rendu semblable à leur objet, tous les souvenirs qui imprégnaient sa mémoire au point de l'absorber, tout a disparu. Pendant l'épreuve tout a été coupé, arraché, brûlé. Elle n'est plus elle-même, en ce sens, elle est méconnaissable. Elle est laide de cette laideur qui résulte de la privation d'une fausse beauté. Elle est belle de la vraie beauté, de celle qui est une participation à la Beauté de Dieu. On ne détruit bien que ce que l'on remplace. Dépouillée de tout ce qui faisait sa richesse apparente, l'âme intérieure a commencé à se revêtir de la Beauté de Dieu. »

    Robert de Langeac (Augustin Delage p.s.s., 1877-1947), La vie cachée en Dieu, Coll. "La vigne du Carmel", Ed. du Seuil, 1947.

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  • Méditation : les saintes larmes

    « Espérons, espérons, nous tous qui pleurons, qui versons des larmes innocentes ; espérons, si nous pleurons les douleurs de notre corps ou de notre âme : elles nous servent de purgatoire, Dieu s'en sert pour nous faire lever les yeux vers lui, nous purifier, nous sanctifier.

    Espérons encore plus si nous pleurons les douleurs des autres, car cette charité nous est inspirée de Dieu et lui plaît ; espérons encore plus si nous pleurons nos péchés, car cette componction est mise dans nos âmes par Dieu lui-même. Espérons encore plus si nous pleurons d'un cœur pur les péchés des autres, car cet amour de la gloire de Dieu et de la sanctification des âmes nous sont inspirés de Dieu et sont de grandes grâces.

    Espérons, si nous pleurons de désir de voir Dieu et de douleur d'être séparés de lui ; car ce désir amoureux est l'œuvre de Dieu en nous. Espérons encore plus si nous pleurons seulement parce que nous aimons, sans rien désirer ni craindre, voulant pleinement tout ce que Dieu veut et ne voulant que cela, heureux de sa gloire, souffrant de ses souffrances passées, pleurant tantôt de compassion au souvenir de sa Passion, tantôt de joie à la pensée de son Ascension et de sa gloire, tantôt simplement d'émotion parce que nous l'aimons à en mourir !

    Ô très doux Jésus, faites-moi pleurer pour toutes ces causes ; faites-moi pleurer toutes les larmes que fait répandre l'amour en vous, par vous et pour vous. Amen. »

    Bx Charles de Foucauld (1858-1916), Méditations sur les passages des saints Évangiles relatifs à quinze vertus, Nazareth 1897-98 (n°15), Œuvres Spirituelles, Seuil, 1958.

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    Colijn de Coter (v.1450-v.1540), Marie-Madeleine en deuil (détail)
    Museum of Fine Arts, Budapest, Hongrie

    (Crédit photo)