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  • Méditation - Pause !

    « Notre existence, même bonne, n’a qu’un rendement médiocre, parce que notre attention se disperse trop. Nous sommes à la merci de chaque action, et, entre deux de nos actions, nous nous réservons à peine la minute de silence et de lumière qui nous mettrait face à l’esprit vivificateur, présent en nous, mais paralysé par nous, oublié par nous, laissé à son obscurité dans notre fond d’âme et attendant vainement un regard, un cri du cœur, un mouvement d’amour. »

    Raoul Plus (1882-1958), Dans le Christ Jésus, Apostolat de la Prière, Toulouse, 1922.

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  • Méditation - de l'amour-propre à l'amour de Dieu

    « Ah ! ce besoin de se regarder, de s'examiner, de s'éplucher, de se tâter le pouls, sous prétexte de se bien connaître !... Quelle funeste illusion ! Que d'âmes tombent dans ce piège tendu par l'amour-propre !... Certes, il faut s'examiner pour les fautes réelles et palpables, afin de les déplorer et d'en empêcher le retour, en prenant des résolutions pratiques... Mais, s'il s'agit des mille imperfections, fruits de notre corruption originelle, quand même on arriverait à les bien connaître, où serait le profit ? Pour atteindre directement ces défauts, les moyens manquent. Il faut recourir à des moyens indirects. [Ce point sera approfondi demain]

    Sachons-le bien : la main de Dieu est seule assez fine pour saisir les moindres racines du mal dans notre pauvre nature et pour les arracher. Voulons-nous donc à la fois connaître parfaitement nos misères et nous en délivrer ?... Au lieu de nous regarder nous-mêmes, regardons Dieu et conjurons-le de faire tout seul un travail dont nous sommes incapables. Il le fera, en nous aidant à nous perdre de plus en plus dans son amour. Ces misères ne sont pas autre chose que les mille fibres de l'amour-propre ; or, le tombeau de l'amour-propre est un amour de Dieu poussé jusqu'à l'oubli complet de soi-même. »

    P. Ludovic de Besse (1831-1910), La science de la Prière (Chap. VI), Troisième édition, Coll. « Il Poverello » 1ère série XXXII, Société et Librairie S. François d'Assise, Paris - Librairie J. Duculot, Éditeur, Gembloux (Belgique), 1903.

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  • Vivons en vue de notre éternité - II. Contemplation

    (suite de la méditation du jeudi 3 novembre)

    « Ô douce éternité ! que tes biens ont de douceurs, que tes joies ont d'attraits, que ta pensée même a de charmes ! Ô éternité immuable, viens détacher mon cœur de tous les biens fragiles et périssables de ce monde et de toutes ses fausses douceurs ; viens consoler mon âme de toutes les peines, de toutes les afflictions de la vie. Ô éternité, éternité bienheureuse, seras-tu mon partage ? quand viendra ce moment qui m'annoncera l'aurore de ce grand jour ? je ne soupire plus qu'après lui ; le reste est pour moi une figure qui passe et qui est déjà passée pour ne plus revenir.
    Dieu seul, l'éternité seule occuperont mes pensées, fixeront mes regards, seront l'objet de mes désirs et de mes espérances.
    Et vous, amour de mon Dieu, prenez dans mon cœur la place que ces objets périssables y occupaient si inutilement, ou plutôt, y avaient si injustement usurpée ; vous seul devez y établir désormais votre empire et y régner en souverain maître ; ô amour de mon Dieu ! c'est avec joie que je vous ouvre la porte de mon cœur, puisque c'est vous seul qui devez m'ouvrir la porte de l'éternité. »

    (à suivre lundi 7 novembre : Prière)

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome sixième (Mercredi de la dernière semaine, Oraison du matin - Contemplation), Desclée, De Brouwer, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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  • Poésie - Le regard de ma Mère

    Poésie composée par l'auteur quelques jours avant sa mort,
    au milieu de très grandes souffrances intérieures et physiques


    « Le céleste regard d'incessante tendresse
    Que votre cœur aimant déverse sur mon cœur,
    Mère du bel Amour, est la douce caresse
    Où je trouve toute douceur.

    C'est un allégement dans la dure souffrance,
    Où le Dieu qui me veut brise la résistance
    De mon corps matériel à son Esprit d'Amour,
    Venu pour l'emporter en son divin séjour.

    C'est un soulèvement dans l'effort de mon âme,
    Que voudrait retenir le néant passager,
    C'est une voix qui la réclame
    Sur les hauteurs, loin du danger.

    C'est un lien sacré, comme un baiser de mère,
    Qui forme autour de moi le rempart assuré
    De Celui qui par elle est devenu mon frère,
    Jésus, Maître adoré. »

    Dom Augustin Guillerand (1877-1945), Contemplations Mariales, Benedittine di Priscilla, Roma, 1959.
    Édition numérique disponible sur scribd.com et sur chartreux.org.

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  • Méditation - Vivons dans l'action de grâces

    « Voyez la beauté de la nature et des œuvres de Dieu puisque cette beauté est réelle : tout ce qui sort de la main de Dieu est bon... Mais n'y restons pas... Montons tout de suite plus haut, à l'éternelle beauté dont cette beauté créée n'est qu'un infiniment pâle reflet, à celui pour qui seul nous sommes faits, qui est seul digne de nous, en qui seul nous pouvons trouver notre repos, en qui seul nous devons le chercher... Lorsqu'une créature matérielle ou humaine nous plaît, lorsqu'une belle œuvre, une belle action, une belle parole, une belle vie nous plaît, remontons aussitôt à l'auteur de tout bien, à celui qui fait seul tout le bien qui est en nous... Il y a en nous deux parts : le bien, qui vient de Dieu seul ; le mal qui est à nous... - Faisons comme sainte Thérèse (1) qui avait tellement acquis cette habitude de voir tout bien comme venant de Dieu qu'à la vue des autres elle pensait immédiatement à Dieu agissant, faisant tout bien en eux ; et qu'en pensant à elle il lui était complètement impossible de sentir le moindre mouvement d'orgueil, tant elle voyait qu'elle ne possédait rien d'elle-même, tout venant de Dieu seul... - Faisons comme quand on est avec un être aimé... Si l'on parcourt avec lui les plus beaux lieux du monde, on n'a pas d'yeux pour eux, on regarde sans cesse et uniquement le visage de celui qu'on aime : il est mille et mille fois plus beau pour nous que la terre entière ; on ne regarde rien, on ne peut rien regarder d'autre que les yeux de l'être qu'on aime lorsqu'on est avec lui : soyons ainsi avec Dieu : nous avons le bonheur d'être toujours avec lui (2) : regardons-le toujours : n'ayons d'yeux que pour lui : qu'il nous soit impossible de regarder autre chose, puisque pour cela il faudrait détourner les yeux de son visage... »

    1. il s'agit bien sûr de sainte Thérèse d'Avila. - 2. « Et voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Mt 28,20)

    Bx Charles de Foucauld (1858-1916), Qui peut résister à Dieu. méditations sur l’Écriture Sainte 1896-1898 (3. Méditations sur les Psaumes, 55° Ps 28,1-5), Œuvres spirituelles du Père Charles de Foucauld II-III, nouvelle cité, Paris, 1980.

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    Gustave Doré (1832-1883), La Divine Comédie, Le Paradis, Justinian

  • Méditation : Sous le regard de Dieu

    « "Pour que notre vie soit une vie de prière, dit le P. de Foucauld, il faut deux choses : d'abord qu'elle renferme un temps suffisamment long consacré uniquement chaque jour à la prière ; ensuite que, pendant les heures consacrées à d'autres occupations, nous restions unis à Dieu, conservant la pensée de sa présence et tournant, par de fréquentes élévations, nos cœurs et nos regards vers Lui (1)."

    Ainsi Dieu n'est plus pour nous un être lointain. Ces retours à Dieu, de plus en plus fréquents, nous établissent peu à peu dans un état où notre âme se trouve fixée en Dieu, pour ainsi dire, par un souvenir simple et amoureux. Nous vivons dès lors sous le regard de Dieu, nous vivons avec Lui, toujours en sa présence, et participons vraiment à sa vie par la contemplation, l'amour et le don de nous-mêmes. »

    1. Écrits spirituels du P. de Foucauld, de Gigord, pp. 11-12.

    Dom Godefroid Bélorgey (1880-1964), Sous le regard de Dieu. Initiation à la vie intérieure, Éditions du Cerf, Paris, 1946.
    (livre réédité récemment par les Traditions monastiques)

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    L'Angélus, Jean-François Millet (1814-1875)
    Musée d'Orsay, Paris

  • Méditation : "tournez-vous vers Dieu..."

    « Vivez joyeuse : Notre Seigneur vous regarde, et vous regarde avec amour, et avec d'autant plus de tendresse que vous avez de faiblesse. Ne permettez jamais à votre esprit de nourrir volontairement des pensées contraires ; et quand elles vous arriveront, ne les regardez point elles-mêmes, détournez vos yeux de leur fausseté, et tournez-vous vers Dieu avec une courageuse humilité, pour lui parler de sa bonté ineffable, par laquelle il aime notre chétive, pauvre et misérable nature humaine, malgré ses infirmités. »

    St François de Sales, extrait de la Lettre CCCLX à une Supérieure de la Visitation (sœur de Blonay), 18 février 1618, in "Œuvres complètes de saint François de Sales", Tome troisième, Paris, Périsse Frères, 1855.

    NB : certains mots anciens employés par le saint évêque de Genève ont été ici modernisés, soit parce qu'ils sont aujourd'hui inusités, soit parce qu'ils ont acquis un autre sens. C'est le cas de : tendreté : tendresse ; imbécillité : faiblesse ; iniquité : fausseté ; abjecte : misérable ; nonobstant : malgré.

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  • Méditation - Prière : Purifiez, ô mon Dieu, mon regard...

    « Donnez-moi, ô mon Dieu, cet œil limpide et pur dont parle l’Évangile, capable de dépasser l'enveloppe opaque de la chair, pour se fixer sur cette empreinte divine que Vous avez imprimée en chaque homme. Alors je ne ferai plus de distinction entre les apparences plus ou moins sympathiques, attirantes, ou bien mesquines, antipathiques, rebutantes : tout cela disparaîtra ; en chaque personne je reconnaîtrai Votre Face et c'est Vous que je servirai et aimerai, ô mon Dieu. Dès lors, comment pourrais-je me plaindre de ce que mes relations nécessaires avec le prochain, les services que je dois lui rendre, me distraient de Vous ? La foi ne me dit-elle pas qu'en traitant avec mes frères, c'est avec Vous-même que je traite, qu'en les servant je Vous sers ? Jésus n'a-t-il pas dit : « Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à Moi que vous l'avez fait » (Mt XXV, 40) ? Vous établissez votre demeure en chaque âme en état de grâce comme en la mienne, et si, malheureusement, tous les hommes ne vivent pas en état de grâce, ils sont cependant tous capables de la recevoir : tous, ils sont l'objet de votre amour miséricordieux, tous ils sont appelés, par vocation, à être des temples de la T.S. Trinité. Alors, Seigneur, si je désire Vous rencontrer en moi, pourquoi ne Vous chercherais-je pas aussi en mes frères ?
    Purifiez, mon Dieu, ce regard si voilé par les apparences humaines et rendez-le capable de Vous découvrir et de Vous trouver en chaque créature. »

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine, Intimité Divine Tome I (3e semaine de l'Avent, 20, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Librairie du Carmel, 1963.

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  • Méditation : Sous le regard de Dieu

    « Votre regard, ô mon Dieu, n'est pas seulement agréable, il est bienfaisant. Il ne nous trouve pas aimables, il nous rend tels. Regarder avec amour et créer et enrichir l'être que vous avez créé, c'est tout un pour vous, ô mon Dieu ! Que vos regards daignent se tourner vers mon âme et s'abaisser doucement sur elle... Rien n'est bon pour moi comme de me savoir ainsi toujours sous vos yeux. Il me semble que je dois me tenir dans le plus profond respect et dans la plus humble modestie. Mais aussi, quelle lumière ne trouverai-je pas dans votre regard ! C'est lui qui éclaire ma route. C'est lui qui me montre la vraie valeur des choses, comment elles sont pour moi, ou des obstacles ou des moyens. C'est lui qui me permet d'éclairer les autres à mon tour. Sans lui je ne serais que ténèbres. O regard de mon Dieu, je voudrais te fixer toujours. »

    Robert de Langeac (Augustin Delage p.s.s., 1877-1947), La vie cachée en Dieu (p.47), Coll. "La vigne du Carmel", Ed. du Seuil, 1947.

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  • Méditation : En présence de Dieu

    « Ne vous êtes-vous pas déjà posé cette question : Comment se fait-il que je ne deviens pas meilleur, que je ne monte pas en sainteté, alors que, par ailleurs, je crois pouvoir dire que je n'offense pas le Bon Dieu et que je fais sa volonté ? Vous pourriez sans doute répondre comme tel religieux : C'est que j'agis d'une façon quelconque, un peu négligemment, ne mettant pas dans mes actions tout ce que je pourrais y mettre de pureté d'intention, d'amour, de générosité. C'est en un mot parce que je ne vis pas assez sous le regard de Dieu.

    Et c'est bien vrai ! Si nous agissions en présence de Dieu, nous voudrions toujours Lui faire plaisir.

    N'en est-il pas ainsi dans l'ordre humain ? Le fiancé sous le regard de sa fiancée, le soldat en présence d'un chef aimé ne donnent-ils pas tout ce dont ils sont capables ? De même, nous donnerons à nos actions toute leur valeur, nous y mettrons le maximum de délicatesse, si nous vivons en présence de ce Dieu qui nous regarde et qui nous aime. D'autant que Dieu, voyant nos dispositions, nous offre sa grâce avec abondance pour sanctifier nos actions (part de Dieu, part de l'homme).

    Ainsi pourrons-nous combattre efficacement la routine et la médiocrité. Nous expérimenterons que, si nous pensons à Dieu, nous vivons pour Lui, mais que, si nous ne pensons pas à Lui, nous vivons pour nous, selon cette parole de Notre-Seigneur à une âme : « Quand tu penses à Moi, tu vis pour Moi ; quand tu ne penses pas à Moi, tu vis pour toi. » »

    Dom Godefroid Bélorgey (1880-1964), Sous le regard de Dieu - Initiation à la vie intérieure (ch. III, Art. II, I. Regard Sanctifiant), Éditions du Cerf, Paris, 1946.

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  • Méditation : sous le regard du Christ

    « Tout au long de notre vie, le Christ nous appelle. Il nous serait bon d'en avoir conscience, mais nous sommes lents à comprendre cette grande vérité, que le Christ marche en quelque sorte parmi nous et, par sa main, par ses yeux, par sa voix, nous ordonne de le suivre. Or nous ne saisissons même pas son appel qui se fait entendre à cet instant même.
    Il a eu lieu, pensons-nous, au temps des apôtres ; mais nous n'y croyons pas pour nous-mêmes, nous ne l'attendons pas. Nous n'avons pas d'yeux pour voir le Seigneur, et en cela nous sommes très différents de l'apôtre bien-aimé qui distingua le Christ alors même que les autres disciples ne le reconnaissaient point.
    Et pourtant, sois-en sûr : Dieu te regarde, qui que tu sois. Il t'appelle par ton nom. il te voit et il te comprend, lui qui t'a fait. Tout ce qu'il y a en toi, il le sait : tous tes sentiments et tes pensées propres, tes inclinations, tes goûts, ta force et ta faiblesse. Il te voit dans tes jours de joie comme dans tes jours de peine. Il prend intérêt à toutes tes angoisses et à tes souvenirs, à tous les élans et à tous les découragements de ton esprit. Il t'entoure de ses bras et te soutient ; il t'élève ou te repose à terre. Il contemple ton visage, dans le sourire ou les pleurs, dans la santé ou la maladie. Il regarde tes mains et tes pieds, il entend ta voix, le battement de ton cœur et jusqu'à ton souffle. Tu ne t'aimes pas mieux qu'il ne t'aime. »

    Bx John Henry Newman, Sermon paroissial.

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    Dessin de Greg Olsen

  • Méditation : utiliser le moment présent

    « Tendez au maximum de simplicité dans l'usage du moment présent, et quand ce moment est devenu du passé, il faut le remettre à Dieu et s'occuper du moment suivant qui est devenu le présent. Comme dit Notre-Seigneur, ce n'est pas quand on a la main à la charrue qu'il faut regarder derrière soi. Si ce qu'on a fait du sillon était de travers, ce n'est pas de le regarder qui le rendra droit, et pendant qu'on a les yeux détournés, on risque encore de faire de travers ce qui aurait pu être droit si on avait regardé devant soi. Saint Paul dit la même chose : « J'oublie ce qui est derrière moi et je m'étire vers ce qui vient (*) ». Vos lectures mêmes ne doivent pas vous faire mesurer de trop près la distance qu'il y a entre l'idéal et ce que vous en réalisez (qui est pour tout le monde très peu de chose). Il faut admirer l'idéal, non pas certes d'une admiration stérile, en se secouant au contraire comme on peut, mais sans désarroi devant l'abîme entre ce que nous devrions être et ce que nous sommes. Il n'y a qu'à confesser l'abîme, et prier la miséricorde de Dieu de le remplir. »

    (*) Ph III, 13.

    Abbé V.A. Berto (1900-1968), Lettre du 19 mai 1952, in "Notre Dame de Joie", N.E.L., Paris, 1973 (2ème éd.)

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  • Méditation : "Ecoute la voix de ma prière quand je crie vers Toi"

    « Lorsque Dieu découvre un véritable homme de désir, un être qui est tendu vers lui de toutes ses forces, il vient le saisir et l'enlève jusqu'à lui. Comme dit Simone Weil : "Il ne vient qu'à ceux qui lui demandent de venir ; il ne peut pas s'empêcher de descendre vers eux." (Attente de Dieu, p.76)

    La vie habituelle en présence de Dieu ne résulte donc pas de nos efforts ; en toute rigueur de termes, nous ne pouvons même pas faire un pas vers Dieu, mais si nous regardons assez longtemps vers lui, il descendra et nous enlèvera facilement : Vers Toi, Yahvé, j'appelle (Ps 27, 1), Daigne, Yahvé, me secourir ! Yahvé, vite à mon aide ! (Ps 69, 2). Il faut donc accepter d'être pauvre en renonçant à vouloir mettre la main sur Dieu pour le capter ou l'obliger à descendre. La première attitude qui nous met en présence de Dieu est le geste d'abaisser et d'ouvrir les mains en l'appelant avec des cris véhéments : Écoute la voix de ma prière quand je crie vers toi, quand j'élève les mains, Yahvé, vers ton saint des saints (Ps 27, 2).

    L'acte par lequel Dieu se rend présent à nous correspond à une disposition de notre part. C'est l'attitude de Moïse au buisson ardent. Il doit renoncer à faire "le tour de la question de Dieu" pour se déchausser devant lui, le regarder à distance, l'adorer et le désirer de toutes les forces de son cœur. Lorsqu'on demeure indéfiniment à regarder Dieu, à contempler sa face, en lui exprimant faim et soif de lui, sans vouloir l'annexer ou l'accaparer, il descend vers nous et imprègne notre cœur de Son Visage. Le moment décisif où commence la vie en présence de Dieu n'est pas dans le mouvement que je fais vers lui, mais dans le mouvement de recul où je m'efface devant lui. »

    Jean Lafrance (1931-1991), Préférer Dieu (ch. 15), Médiaspaul, Paris, 1996.

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  • Méditation : la Transfiguration

    Levantes autem oculos suos neminem viderunt nisi solum Jesum.
    Ayant levé les yeux, ils ne virent plus que Jésus seul.
     
    « Il n'y a de sainteté que dans le devoir d'état, devoir sacré s'il en est : éviter le mal sous toutes ses formes et faire le bien en toute manière, declina a malo et fac bonum (Ps XXXVI, 27). Il n'y a de vraie paix du cœur que dans le renoncement chrétien.

    Pour m'encourager à ce labeur, je regarde Jésus, je ne regarde plus que Lui. Je l'ai vu au désert ; je l'entrevois déjà au Calvaire ; aujourd'hui, pour m'encourager, il m'entraîne au Thabor. Ces deux montagnes se regardent. Jésus descendra du Thabor pour s'engager dans la voie royale qui conduit au Golgotha. Il n'a pas besoin, Lui, de la consolation qui encourage : s'il nous révèle un instant sa Gloire, c'est pour nous. Il nous crie : Voyez et contemplez ce que je suis, afin d'espérer ce que vous deviendrez, si vous voulez me suivre jusqu'au pied de mon gibet.

    Mon âme, ne regarde pas uniquement Jésus au Calvaire, contemple-Le aussi au Thabor. Là, il n'est que défiguré, ici il apparaît transfiguré ; là, il est pâle, livide, meurtri dans sa Face ; ici, il resplendit comme le soleil à midi. Là, il est dépouillé ; ici, il est revêtu d'un manteau plus pur que la neige. Là, il apparaît entre deux scélérats ; ici, Moïse et Elie s'entretiennent avec Lui et lui rendent hommage. Là, tous l'ont abandonné ; ici, Pierre souhaite de demeurer avec Lui, tant il fait bon. Là, les ténèbres affreuses enveloppent la terre ; ici la nuée lumineuse enveloppe à la fois la Loi, la Prophétie et l’Évangile. Là enfin, Jésus s'écrie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné (Mc XV, 34). Ici, le Père des cieux, penché sur Jésus-Christ murmure : Celui-ci est mon Fils Bien-aimé dans lequel j'ai mis toutes mes complaisances. Les splendeurs du Thabor transfigurent les horreurs du Calvaire ; la récompense du Ciel soutient le sacrifice de la terre.

    Non, il n'y a pas de plus grande force ici-bas que celle que l'on puise dans le regard sur Jésus seul ; au Calvaire, oui, mais aussi et en même temps au Thabor. C'est pourquoi, Seigneur, vers Vous j'élève mon âme (1), j'étends mes mains vers Vous (2), et je mets ma confiance en Vous seul ; non, je n'aurai pas à rougir de mon courage (3) ! Ah ! comprenez mon cri... C'est Vous seul que je prie, Seigneur (4). »

    (1) : Introït - (2) : Offertoire - (3) : Introït - (4) : Communion

    Dom Vandeur, Dimanche de la deuxième semaine in "Élévations sur la Messe de chaque jour" (Septuagésime - Carême - Passion), Éditions de Maredsous, 1955.

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  • Méditation - Prière : Seigneur, réconcilie-moi avec moi-même...

    « Seigneur, réconcilie-moi avec moi-même.
    Comment pourrai-je rencontrer et aimer les autres
    si je ne me rencontre et ne m’aime plus ?
    Seigneur, Toi qui m’aimes tel que je suis et non tel que je me rêve,
    aide-moi à accepter ma condition d’homme,
    limité mais appelé à se dépasser.
    Apprends-moi à vivre avec mes ombres et mes lumières, mes douceurs et mes colères, mes rires et mes larmes, mon passé et mon présent.
    Donne-moi de m’accueillir comme Tu m’accueilles,
    de m’aimer comme Tu m’aimes.
    Délivre-moi de la perfection que je veux me donner,
    ouvre-moi à la sainteté que Tu veux m’accorder.
    Donne-moi le courage de sortir de moi-même.
    Dis-moi que tout est possible à celui qui croit.
    Dis-moi que je peux encore guérir,
    dans la lumière de ton regard et de ta Parole.
    Amen. »

    P. Michel Hubaut, franciscain (ordonné prêtre en 1969).

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  • Méditation : Dieu présent

    « Regards de Dieu sur nous ! Regards de Jésus du haut du Ciel et du Tabernacle ! Regards maternels de Marie sur ses enfants ! Tels sont les splendides réalités qui nous entourent et que tant d'âmes ignorent ou négligent. Les regards divins sont sans cesse posés sur nous, et nous oublions ces merveilles infinies pourtant seules capables de nous captiver totalement.
    Comme le disait si justement le Saint curé d'Ars :
    "La vie intérieure est un bain d'amour dans lequel l'âme se plonge... Elle est comme noyée dans l'amour (*)..." En effet, des ondes nous baignent émanant de la pensée lumineuse, amoureuse et bienfaisante des divines Personnes ; ces ondes ne sont pas autre chose que les regards divins dont nous venons de parler. Il s'agit d'en prendre conscience !
    Alors la vie intérieure, la vie du Christ, se développera et s'épanouira en nous. Nous verrons Dieu partout et nous pourrons dire avec la Bienheureuse Angèle de Foligno : "Tout cet univers est plein de Dieu !" »

    (*) : Abbé Monnin, Esprit du Curé d'Ars, p.337 (20e édit., Téqui).

    Dom Godefroid Bélorgey (1880-1964), Sous le regard de Dieu - Initiation à la vie intérieure (ch. III), Editions du Cerf, Paris, 1946.

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  • Méditation : progresser...

    « Notre avancée dans la pratique de la vie spirituelle sera l'augmentation progressive de l'habitude de vivre dans l'esprit, non dans la chair ; c'est-à-dire d'identifier notre moi réel avec la "pointe de l'âme", et non pas avec toutes les émotions et les imaginations qui nous troublent. Le "JE" réel est la volonté qui se donne elle-même à Dieu (les émotions et les imaginations ne sont pas moi, elles sont en moi, mais pas sous mon contrôle) ; les sentiments vont et viennent, mais toute ma tâche consiste à concentrer ma volonté sur Dieu. Voilà la charité pure.
    Il y a deux espèces d'amour :
    (1) L'amour qui veut recevoir ; il est bon, mais imparfait.
    (2) L'amour qui veut donner ; c'est la charité.
    Nous ne devons pas penser que la distraction, l'aridité, la désolation, soit simplement un état à travers lequel nous passons dans notre chemin vers la perfection. La perfection en ce monde n'est pas une calme union à Dieu, à moins que Dieu ne le veuille. Notre-Seigneur souffrit la tentation et la désolation pour nous montrer qu'elles ne sont pas incompatibles avec la perfection, mais sont la perfection.
    Le progrès signifiera devenir de plus en plus indifférents à l'état dans lequel nous nous trouvons. Nous devons de moins en moins prendre soin de notre âme, sauf de cette partie supérieure dans laquelle nous devons vivre unis à Dieu. Nous ne devons même pas nous préoccuper de perfection, simplement être ce que Dieu nous permet d'être à ce moment.
    Lorsque nous nous rendrons compte que Dieu est non seulement dans chaque événement extérieur, mais dans chaque événement intérieur - je veux dire dans chaque sentiment involontaire que nous avons -, nous prendrons conscience qu'à chaque moment de notre vie, nous sommes en contact avec Dieu, et que sa main est sur nous ; nous avons seulement à être pris dans ses bras. Notre seul soin doit être de ne pas sauter à terre pour essayer de marcher tout seul...
    Ne regardez pas dans votre âme, mais regardez Dieu. »

    Dom John Chapman, O.S.B. (1865-1933), Lettre 35 [74] à Soeur Mary-Peter d'Ursel (Fête du Corpus Domini, 1922), in "Correspondance spirituelle", Trad. Hervé Benoît, Centre Saint-Jean-de-la-Croix, Paroisse et Famille, 2004.

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    Tympan de l'abbatiale de Conques (Aveyron) - La main droite de Dieu, écoinçon de sainte Foy

  • Angélus de ce dimanche 11 novembre

    Benoît XVI : "personne n'est pauvre au point de n'avoir rien à donner"

    Le Pape a récité la prière de l'Angélus ce dimanche depuis la fenêtre de ses appartements. Devant la foule massée sous des parapluies, Benoît XVI est revenu sur les deux figures de veuves qui sont au cœur des lectures dominicales, la première tirée du Livre des Rois, et l'autre de l'Évangile de Saint Marc. La première veuve rencontre le prophète Élie qui lui demande de l'eau et du pain, la seconde est celle qui donne toute sa fortune dans le tronc du temple de Jérusalem. « Ces deux figures sont un enseignement précieux pour la foi » a souligné Benoît XVI, car elles sont le signe de la confiance mise en Dieu. Les veuves, comme les enfants sont des figures importantes dans la Bible, a poursuivi le Pape, car si elles sont vulnérables sur terre, Dieu prend soin d'elles, Il est leur époux, leur père. « Personne n'est pauvre au point de n'avoir rien à donner » à encore expliqué le Pape dans sa méditation. Ces deux figures de veuves sont ainsi des exemples du lien inséparable entre la foi et la charité.

    Message adressé aux pèlerins francophones :

    « Chers pèlerins francophones, Jésus nous invite à poser comme lui un regard bon et juste sur les personnes et sur les événements. Souvent, nous nous laissons impressionner et conditionner par les apparences et les slogans qui dénaturent les choses. Cherchons à voir, au-delà de ce qui paraît, l’étincelle de bonté qui y est déposée, et qui pourra éclairer notre jugement. Alors notre relation avec Dieu et avec les autres sera plus vraie, et nos choix seront plus libres. L’humilité nous apprend que nous ne valons que ce que nous sommes devant Dieu. Sur ce chemin que la Vierge Marie soit notre modèle ! Bon dimanche à tous ! »

    À l'issue de l'Angélus, Benoît XVI a salué en particulier les pèlerins polonais, à l'occasion de la fête de l'indépendance en Pologne qui rappelle la foi des Pères fondateurs du pays. Le Pape a adressé aussi ses prières en particulier pour les chrétiens d'Égypte, alors qu'a lieu ce dimanche la journée de solidarité avec les chrétiens persécutés.

    Source : Radio Vatican.

  • 27 octobre : Méditation

    « Nous devrions souvent dire : "Jésus est dans mon coeur. Je crois à la fidélité de son amour pour moi." Nous sommes un avec lui et, quand nous n'avons rien à donner, donnons-lui notre incapacité. Demandons à Jésus de prier en nous car personne ne connaît le Père mieux que lui. Nul ne peut mieux prier que Jésus qui envoie son Esprit prier en nous, car nous ne savons pas prier comme il le faudrait.
    Et si mon coeur est limpide, si dans mon coeur Jésus est vivant, si mon coeur est un tabernacle du Dieu vivant, Jésus et moi sommes un. Comme l'écrit saint Paul : "Ce n'est plus moi qui vit, mais c'est le Christ qui vit en moi."
    Le Christ prie en moi, le Christ oeuvre en moi, le Christ pense en moi, le Christ regarde avec mes yeux, le Christ parle avec mes paroles, le Christ travaille avec mes mains, marche avec mes pieds, aime avec mon coeur. Saint Paul écrit : "J'appartiens au Christ et rien ne me séparera de son amour." Telle était son unité avec Dieu dans le Saint-Esprit.
    Il est très important de savoir que le Christ est en nous, que sa présence est en nous, où que nous soyons. Dieu nous aime tant qu'il a donné son Fils, Jésus, et à présent il nous donne l'amour : laissons-lui carte blanche pour ce qui nous concerne... Donnons-lui carte blanche pour qu'il puisse faire usage de nous. Lui permettre de vivre sa vie en nous, c'est prier. Et plus nous le lui permettons, plus nous devenons semblables au Christ.
    La prière n'est rien d'autre qu'un total abandon, une totale unité avec le Christ...

    Notre Père, me voici, ton enfant, à ta disposition pour que tu m'utilises à poursuivre ton amour pour le monde, par le don de Jésus que tu me fais et qu'à travers moi tu fais à chacun des autres et au monde.
    Prions les uns pour les autres pour permettre à Jésus d'aimer, en nous et à travers nous, de l'amour dont le Père l'aime. »

    Bse Teresa de Calcutta (1910-1997), La prière, fraîcheur d'une source, Centurion, Paris, 1992.

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    Vitrail du Sacré-Cœur, église Saint-Laurent-des-Hommes, Saint-Laurent-des-Hommes, Dordogne, France
    Auteur : Père Igor - Licence : CC-BY-SA

  • 16 septembre : Méditation

    « Le but de la prière n'est pas de découvrir ta propre intériorité, mais de te mettre devant le Père qui perce ton secret, avec une mentalité de fils. Entre Dieu et toi, il y a un lien plus profond qu'avec ton père de la terre. Il te voit dans un regard d'amour. Aime à demeurer dans ce grand silence sous le regard du Père. Surtout ne multiplie pas les paroles, car le silence est une précaution pour l'amour. Quand on aime, on se tait devant l'autre, pour le regarder simplement avec tout le désir de son coeur, sans vouloir porter la main sur lui. Tu n'as rien à dire à Dieu, car le Père sait bien ce qu'il te faut, avant que tu le lui demandes (Mt 6,8).

    Que rend le Père à ceux qui font silence et prient ? Il te donnera l'Esprit pour apprendre à prier : "Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient" (Lc 11,13). Tu ne sais pas ce qu'il faut demander pour prier comme le veut le Père (Rm 8,26). Alors l'Esprit vient au secours de ta faiblesse ; il se joint à ton esprit pour te faire crier : "Abba ! Père !" (Rm 8,15).

    Prier, c'est laisser Jésus-Christ dire à l'intérieur de ton coeur : "Père !" dans le dynamisme de son Esprit. Il te faudra dépasser bien des zones de ton être, pour découvrir en toi cette vie de l'Esprit, enfouie sous les alluvions de l'avoir et du paraître. Creuse profond pour détecter ce filon d'eau vive, qui s'écoule du Coeur du Christ dans le tien. »

    Jean Lafrance, Prie ton Père dans le secret (IV), Abbaye Ste Scholastique, Dourgne, 1978.

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