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modestie

  • Méditation - Prière au Père des miséricordes

    « Dieu tout-puissant, Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Vous qui êtes clément, usez envers moi de miséricorde, car je Vous offre pieusement ce que je pourrais trouver de plus précieux ; tout ce qu'il me fut donné de trouver de plus cher pour Vous, je Vous le présente en suppliant. Il ne me reste rien que je n'aie offert à votre Majesté ; il ne me reste rien, désormais, à ajouter, puisque je Vous ai envoyé mon espérance, mon avocat, votre Fils bien-aimé. J'ai envoyé votre glorieux Fils comme Médiateur entre Vous et moi, je Vous L'ai envoyé comme intercesseur par lequel j'espère obtenir le pardon. Je Vous ai envoyé ce Verbe que Vous avez donné pour réparer mes fautes, et je Vous expose la Passion que votre très saint Fils a endurée pour moi. Telle est la sainte victime que je Vous offre pour Vous apaiser, afin que Vous me soyez propice. Mon injustice est grande, en vérité, mais bien plus grande est la justice de mon Sauveur. Autant Dieu est supérieur à l'homme, autant ma malice est inférieure à sa bonté, tant en qualité qu'en quantité.

    Quelle faute l'homme pourrait-il avoir commise qui n'ait été expiée par le Fils de Dieu fait Homme ? Quel est l'orgueil qui puisse se gonfler assez démesurément, pour n'être pas abattu par tant d'humilité ? En vérité, ô mon Dieu, si l'on pesait les délits de l'homme pécheur, et la grâce du Dieu Rédempteur, on trouverait que la différence égale non seulement la distance de l'orient à l'occident, mais celle qui sépare l'enfer du plus haut des cieux. Créateur excellent de la lumière, ah ! par les douleurs immenses de votre Fils bien-aimé, pardonnez-moi mes péchés ! Faites, ô Seigneur, que sa piété vainque mon impiété ; que sa modestie paye pour ma perversité ; que mon irascibilité soit dominée par sa mansuétude. Puisse son humilité détruire mon orgueil, sa patience, mon impatience, sa bénignité, ma dureté, son obéissance, ma désobéissance, sa tranquillité, mon inquiétude, sa douceur, mon amertume ! Que sa charité efface ma cruauté ! (St Augustin) »

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine O.C.D., Intimité Divine - Méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l'année, Tome I (5e Dimanche après Pâques, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Alost (Belgique) - Librairie du Carmel, Paris, 5ème éd., 1963 (1ère éd. 1955).

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  • Méditation : modestie et humilité

    « Hors de l'église, montre-toi comme tout disciple du Nazaréen devrait être. Par dessus tout, observe une grande modestie en toute chose car c'est la vertu qui, mieux que toute autre, révèle les affections du cœur. Rien ne représente les objets avec plus de fidélité et avec plus de clarté que le miroir, de même il n'y a rien qui représente mieux les qualités bonnes ou mauvaises d'une âme que le plus ou moins de tenue extérieure, selon que l'on paraît plus ou moins modeste. Modeste, tu dois l'être en parlant ; modeste, tu dois le demeurer en riant ; la modestie doit apparaître dans ton maintien, dans ta démarche ; tu dois faire tout cela, non par vanité, ni par hypocrisie voulant paraître bonne aux yeux des autres, mais par vertu intérieure de modestie qui dirige et règle les opérations extérieures du corps.

    Pour cela, sois humble de cœur, grave dans tes paroles, prudente dans tes résolutions ; parle toujours peu ; sois assidue aux bonnes lectures, attentive à ton ouvrage, pudique dans tes conversations ; n'inspire jamais de dégoût à personne ; sois bienveillante envers tous... N'aie jamais un regard louche ; que jamais ne sorte de ta bouche une parole hardie ; ne commets jamais une action impudique ; ne prends jamais un ton de voix impertinent. Bref, que tout ton extérieur soit la vivante image de la bonne ordonnance de ton âme. »

    St Pio de Pietrelcina (1887-1968), Lettre (25.7.1915, III, 88-90), in P. Melchior de Pobladura, "A l'école spirituelle de Padre Pio" (chap.2,2), Éditions « Voce di Padre Pio », San Giovanni Rotondo (FG), 1981.

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    Fra Angelico (v.1395-1455), l'Annonciation (détail)

  • Méditation : Sous le regard de Dieu

    « Votre regard, ô mon Dieu, n'est pas seulement agréable, il est bienfaisant. Il ne nous trouve pas aimables, il nous rend tels. Regarder avec amour et créer et enrichir l'être que vous avez créé, c'est tout un pour vous, ô mon Dieu ! Que vos regards daignent se tourner vers mon âme et s'abaisser doucement sur elle... Rien n'est bon pour moi comme de me savoir ainsi toujours sous vos yeux. Il me semble que je dois me tenir dans le plus profond respect et dans la plus humble modestie. Mais aussi, quelle lumière ne trouverai-je pas dans votre regard ! C'est lui qui éclaire ma route. C'est lui qui me montre la vraie valeur des choses, comment elles sont pour moi, ou des obstacles ou des moyens. C'est lui qui me permet d'éclairer les autres à mon tour. Sans lui je ne serais que ténèbres. O regard de mon Dieu, je voudrais te fixer toujours. »

    Robert de Langeac (Augustin Delage p.s.s., 1877-1947), La vie cachée en Dieu (p.47), Coll. "La vigne du Carmel", Ed. du Seuil, 1947.

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  • Méditation : De la connaissance de soi-même

    « Au-dedans de nous-mêmes, des témoins intéressés sont toujours prêts à nous vanter la droiture de notre jugement, l'élévation et la profondeur de nos vues, la bonté de notre cœur, la justice, le désintéressement, la modération de notre caractère et mille autres qualités avantageuses dont nous composons un portrait propre à flatter notre vanité. Si un reste de pudeur ne nous permet pas de nous égaler aux plus grands et de nous attribuer ces qualités dans toute leur perfection, du moins nous mettons-nous au-dessus de la foule, et trouvons-nous aisément à qui nous préférer : il est rare surtout, même en convenant, comme l'exige la bienséance, que nous ne sommes pas sans défauts, que nous consentions à reconnaître celui qu'on nous reproche, et nous pouvons, même à nos heures de modestie, nous reconnaître dans ces paroles si vraies de Bossuet. « Au moment, dit-il, où je me crois le plus pénétré du sentiment de ma faiblesse et de ma misère, si quelqu'un va trouver que je n'ai point raison en quelque chose, me voilà plein aussitôt de raisonnements et de justifications. Cette horreur que j'avais de moi-même s'est évanouie, je ressens l'amour-propre, ou plutôt je montre que je ne m'en étais pas défait un seul instant. » - Le fruit de l'opinion que forment en nous ces lumières trompeuses de l'amour-propre, c'est de nous rendre fiers et exigeants à l'égard des autres, susceptibles, ombrageux, jaloux du mérite d'autrui, impatients, présomptueux, ambitieux, et, pour tout dire en un mot, de nourrir et d'exalter cet orgueil naturel que l'Esprit-Saint déclare le principe de tous les maux (1). Telles sont les pensées dont notre amour-propre aime à se repaître ; il faudrait, pour ainsi dire, nous arracher les yeux que nous tenons de la nature, pour nous obliger à voir les choses sous un autre aspect.

    La foi nous tient un bien autre langage ; en nous découvrant la honte de notre origine, souillée par le péché, elle nous y fait voir la source de l'affreuse corruption qui a envahi toutes les puissances de notre corps et de notre âme. Elle nous montre nos sens enclins au mal dès l'enfance, nos passions révoltées contre la raison, l'entraînant sans cesse au mal, qu'elle désapprouve, et lui rendant d'une difficulté extrême le bien, dont elle reconnaît la beauté ; l'ignorance profonde où nous sommes naturellement de ce qu'il nous importe le plus de savoir ; le dérèglement d'une imagination délirante qui vient sans cesse troubler et fausser les opérations de notre esprit ; enfin notre impuissance radicale à rien faire par nous-mêmes dans l'ordre du salut. Cette idée de nous-mêmes, si différente de celle que nous présente l'amour-propre, doit naturellement produire aussi des effets tout opposés. Elle est la source des vertus d'humilité, de modestie, de patience, de la défiance de soi, première condition requise pour que nous tournions comme il faut nos regards vers Dieu, et que nous mettions en lui notre confiance : et comme l'humilité sincère, qui n'est autre chose que la vérité sur le tout de Dieu et le néant de la créature, est le fondement de toutes les vertus, cet humble et véridique jugement sur nous-mêmes, en nous mettant à notre véritable place vis-à-vis de Dieu, des autres hommes et de nous-mêmes, fait bientôt fleurir dans l'âme toutes les vertus. »

    1. Initium omnis peccati est superbia. Eccl. X, 15.

    P. Edouard de Lehen s.j. (1807-1867), La Voie de la Paix intérieure dédiée a Notre-Dame de la Paix, Seconde Partie Chap. VI, Nouvelle édition, Paris, René Haton, 1883 (1ère éd. Paris, 1855).

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    Connais-toi toi-même : La jeunesse entre le vice et la vertu
    Tableau de Jacob Jordaens (1593-1678), Musée des Beaux-Arts de Rennes

  • Méditation : Marie, Vierge de corps et d'esprit

    « Quoi de plus noble que Marie, miroir des vierges, la Mère de Dieu ? Quoi de plus splendide que celle-là même qu'a choisi la splendeur ? Quoi de plus chaste que celle qui a engendré le corps sans souillure corporelle ? Que dire de ses autres vertus ? Elle était vierge non seulement de corps, mais d'esprit, elle dont jamais les ruses du péché n'ont altéré la pureté : Humble de cœur, réfléchie dans ses propos, prudente, avare de paroles, avide de lecture, elle mettait son espoir, non dans l'incertitude de ses richesses, mais dans la prière des pauvres ; appliquée à l'ouvrage, réservée, elle prenait pour juge de son âme, non l'homme, mais Dieu ; ne blessant jamais, bienveillante à tous, pleine de respect pour les vieillards, sans jalousie pour ceux de son âge, elle fuyait la jactance, suivait la raison, aimait la vertu. Quand donc offensa-t-elle ses parents, ne fût-ce que dans son attitude ? Quand la vit-on en désaccord avec ses proches ? Quand repoussa-t-elle l'humble avec dédain, se moqua-t-elle du faible, évita-t-elle le miséreux ? Elle ne fréquentait que les seules réunions d'hommes où, venue par charité, elle n'eut pas à rougir ni à souffrir dans sa modestie. Aucune dureté dans son regard, aucune licence dans ses paroles, aucune imprudence dans ses actes : rien de heurté dans le geste, de relâché dans la démarche, d'insolent dans la voix : son attitude extérieure était l'image même de son âme, le reflet de sa droiture. »

    St Ambroise, cité par B. Clénet in "Notre-Dame Reine de France", P. & O. Lussaud Frères, Fontenay-le-Comte, 1945.

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  • Méditation : modestie et humilité devant Dieu

    « Lorsque, dans l'unité, nous nous rassemblons avec les frères (in unum cum fratribus convenimus), et que nous célébrons les sacrifices divins avec le prêtre de Dieu, nous devons rester attentifs à la modestie et au bon ordre. Nous ne devons pas éparpiller nos prières en paroles informes ni jeter vers Dieu avec un bavardage bruyant une requête qui devrait être recommandée par la modestie. Car Dieu écoute non la voix mais le cœur. Et nous n'avons pas à attirer par nos cris l'attention de celui qui voit les pensées. Le Seigneur le prouve quand il dit : Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Et dans un autre passage : Que toutes les Églises le sachent : Moi, je sonde les reins et les cœurs.

    Au premier livre des Rois, Anne, qui préfigure l’Église, observe cette règle. Elle n'implorait pas Dieu à grands cris, mais le priait en silence et modestement dans le secret de son cœur. Lorsqu'elle parlait, sa prière était cachée, mais sa foi était manifeste ; elle parlait non des lèvres mais du cœur, car elle savait que Dieu entend ce langage. C’est pourquoi elle a obtenu ce qu’elle demandait, car elle suppliait avec foi. L’Écriture le montre, lorsqu’elle dit : Elle parlait dans son cœur, elle remuait les lèvres mais on n'entendait pas sa voix ; et le Seigneur l'exauça. De même nous lisons dans les Psaumes : Parlez dans vos cœurs, et sur vos lits regrettez vos fautes. Par Jérémie, le Saint-Esprit nous donne le même enseignement : C'est dans notre esprit qu'il faut t’adorer, Seigneur.

    Celui qui adore, mes frères bien-aimés, ne doit pas ignorer comment, dans le Temple, à côté du pharisien, priait le publicain. Il ne levait pas les yeux vers le ciel avec effronterie, il ne tendait pas les mains avec insolence. Il se frappait la poitrine, il reconnaissait ses péchés intérieurs et cachés, il implorait le secours de la divine miséricorde. Alors que le pharisien se complaisait en lui-même, il obtint d'être sanctifié de préférence à celui-ci. Car il priait sans mettre l'espérance de son salut dans son innocence, puisque personne n'est innocent. Mais il priait en confessant ses péchés, et sa prière fut exaucée par Celui qui pardonne aux humbles. »

    St Cyprien de Carthage (200-258), La prière du Seigneur (L'Oraison dominicale), 4-6.

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    (Source et crédit photo)

  • Méditation : Sainte Agnès

    Il est certain qu'il y eut à Rome vers cette date, une fillette de treize ans qui mourut volontairement pour la foi en Jésus-Christ. La nouvelle s'en répandit très vite chez les chrétiens de l'Empire. On s'indigna de la cruauté des bourreaux, on s'apitoya sur la jeune victime, dont le nom se perdit au fur et mesure que la distance était lointaine de Rome. Et comme on ne savait pas exactement son nom, on lui donna ce nom symbolique d'Agnès, nom qui peut venir du grec (Hagne = la pure), ou du latin (agna = agnelle).

    L'interprétation latine a prévalu dans la primitive Église (Agnès apparut huit jours après sa mort à ses parents, environnée d’une troupe de vierges, avec un agneau blanc auprès d’elle). Saint Augustin connaissait les deux interprétations. « Agnès signifie en latin une agnelle et en grec la pure. » C’est de l’interprétation latine que vient l’usage de bénir, tous les ans à pareil jour, dans l’église Sainte-Agnès, à Rome, des agneaux dont la laine sert ensuite à faire le pallium des archevêques.

    Elle devint un personnage légendaire, chacun imaginant le comment de sa mort. En Occident, on transmit la tradition qu'elle eut la tête coupée ; en Orient, on dit qu'elle aurait été enfermée dans un lupanar où personne n'osa la toucher avant d'être brûlée vive. Quoi qu'il en soit des détails de son martyre, gardons présent à notre mémoire comme un exemple, ce fait historique qu'une jeune romaine de treize ans n'hésita pas à sacrifier la vie terrestre qui s'ouvrait à elle, pour se donner à la vie du Dieu qu'elle adorait.

    Saint Ambroise, évêque de Milan, dira d'elle qu'elle sût donner au Christ un double témoignage : celui de sa chasteté et celui de sa foi. (De virginitate, II, 5 à 9) :

    « C’est aujourd’hui la fête d’une Vierge : embrassons la chasteté. C’est aujourd’hui la fête d’une Martyre : immolons des victimes. C’est aujourd’hui la fête de sainte Agnès : que les hommes soient dans l’étonnement, que les enfants ne perdent pas courage. Que les femmes mariées admirent une si haute vertu ; que celles qui ne le sont pas, l'imitent. Mais que pouvons-nous dire qui soit digne d'elle, puisque son nom même renferme un brillant éloge ? Elle a eu un zèle qui a surpassé son âge, une vertu qui est allée au-delà des forces de la nature ; de sorte qu'elle ne me semble pas avoir porté un nom ordinaire, mais un nom qui présageait son martyre, et qui montrait par avance ce qu'elle devait être un jour.

    [...] En l'appelant Vierge, je fais connaître sa pudeur et sa modestie ; en l'appelant Martyre, je publie sa foi et son courage. Ces deux mots renferment tout son éloge : éloge très vaste et très étendu, que je n'ai point recherché, puisqu'il est tiré de deux qualités qui lui sont essentielles. Prononcer son nom, est faire son panégyrique. Que les vieillards, que les jeunes gens, que les enfants même le célèbrent par leurs cantiques. Et en effet, qui mérite plus d'être louée que celle qui peut être louée de tout le monde : autant d'hommes qui parlent d'elle, sont autant de panégyriques qui publient son martyre.

    On dit qu'à douze ans elle fut martyrisée. Quelle étrange cruauté d'un tyran, de n'avoir pas épargné un âge si tendre ! Mais quelle est la force et la grandeur de la foi, qui à cet âge a porté une fille à lui rendre témoignage ! Vit-on jamais un pareil prodige ! Elle triomphe de l'épée dans un corps si petit et si faible, qu'à peine l'épée trouve-t-elle une place où faire une blessure. Les jeunes filles tremblent en voyant leur mère en colère, et ne peuvent soutenir ses regards menaçants ; et s'il leur arrive de se faire la moindre piqûre, elles versent des larmes, et se plaignent comme si elles étaient dangereusement blessées. Celle-ci intrépide entre les mains sanglantes des bourreaux, tranquille sous le poids énorme des chaînes dont elle était chargée, elle présentait tout son corps au fer acéré d'un soldat furieux, toute prête à mourir, quoiqu'elle connût à peine ce que c'est que de vivre. La traînait-on malgré elle à l'autel des idoles, elle tendait les bras à Jésus-Christ ; et parmi les feux profanes et sacrilèges qui étaient allumés, elle faisait le signe de la croix à la gloire du Sauveur, qui y a vaincu la mort. Tantôt elle paraissait les deux mains et le cou serré de chaînes de fer, quoi qu'à peine en trouvât-on qui pussent serrer des membres si petits.

    Quel nouveau genre de martyre ! Trop faible pour souffrir les tourments, elle a assez de force pour gagner la victoire : elle n'est pas encore propre au combat, elle a déjà mérité la couronne. Ainsi malgré tant d'obstacles que l'âge opposait à la vertu, elle en est devenue une grande maîtresse, et en a donné les plus importantes leçons. Une épouse n'irait pas avec plus de joie et d'un pas plus empressé à la chambre nuptiale, que cette Vierge qui marchait au lieu de son supplice. Une épouse a soin au jour de ses noces de friser ses cheveux et de couronner sa tête de fleurs : Agnès n'a pris au jour de son triomphe d'autre ornement que Jésus-Christ, et n'a été couronnée que de son innocence ; elle a marché à la mort avec des yeux secs, pendant que tous les spectateurs fondaient en larmes. On était surpris qu'elle quittât sans peine la vie qu'elle de faisait que de goûter, et qu'elle la sacrifiât aussi facilement que si elle en eut joui longtemps. Tout le monde était dans l'admiration, de voir qu'elle fut le témoin du véritable Dieu dans un âge où elle ne pouvait disposer d'elle-même, et que la grandeur de son courage rendit croyable le témoignage qu'elle lui rendait, lorsqu'on n'aurait pas cru celui qu'elle aurait rendu pour un homme mortel. D'où pouvaient lui venir des sentiments si élevés au-dessus de la nature, sinon de l'Auteur même de la nature ? »

    St Ambroise (340-397), Traité "De la Virginité" (5-8), in "Les Œuvres de St Ambroise sur la Virginité", Traduites en français par le R.P. De Bonrecueil, Prêtre de l'Oratoire, A Paris, Chez Barthelemy Alix, Libraire, 1729 (Google Books).

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  • Méditation avec St Ambroise : des vertus de la Vierge Marie, mère de Dieu

    « C‘est l’ardeur à l’étude qui fait d’abord la noblesse du maître. Quoi de plus noble que la mère de Dieu ? Quoi de plus splendide que celle-là même qu’à choisie la splendeur ? Quoi de plus chaste que celle qui a engendré le corps sans souillure corporelle ? Et que dire de ses autres vertus ? Elle était vierge, non seulement de corps, mais d’esprit, elle dont jamais les ruses du péché n’ont altéré la pureté : humble de cœur, réfléchie dans ses propos, prudente, avare de paroles, avide de lecture ; elle mettait son espoir non dans l’incertitude de ses richesses, mais dans la prière des pauvres ; appliquée à l’ouvrage, réservée, elle prenait pour juge de son âme non l’homme, mais Dieu ; ne blessant jamais, bienveillante à tous, pleine de respect pour les vieillards, sans jalousie pour ceux de son âge, elle fuyait la jactance, suivait la raison, aimait la vertu. Quand donc offensa-t-elle ses parents, ne fût-ce que dans son attitude ? Quand la vit-on en désaccord avec ses proches ? Quand repoussa-t-elle l’humble avec dédain, se moqua-t-elle du faible, évita-t-elle le miséreux ? Elle ne fréquentait que les seules réunions d’hommes où, venue par charité, elle n’eût pas à rougir ni à souffrir dans sa modestie. Aucune dureté dans son regard, aucune licence dans ses paroles, aucune imprudence en ses actes ; rien de heurté dans le geste, de relâché dans la démarche, d’insolent dans la voix ; son attitude extérieure était l’image même de son âme, le reflet de sa droiture. Une bonne maison doit se reconnaître à son vestibule, et bien montrer dès l’entrée qu’elle ne recèle pas de ténèbres ; ainsi notre âme doit-elle, sans être entravée par le corps, donner au dehors sa lumière, semblable à la lampe qui répand de l’intérieur sa clarté. »

    St Ambroise, De Virginibus (extrait), in R.P. Régamey, "Les plus beaux textes sur la Vierge Marie", Éditions du Vieux Colombier - La Colombe, Paris, 1941.

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  • Un mois avec Marie - Dix-septième jour

    UN MOIS AVEC MARIE

    DIX-SEPTIÈME JOUR
    La Modestie

    fleur de lysNotre-Dame n'est pas venue à Fatima pour nous enseigner du nouveau ; mais seulement pour nous rappeler les réalités éternelles trop généralement oubliées.
    Plus que jamais nous côtoyons la mort.
    Tel qui sort de chez lui en pleine santé peut, victime des événements actuels, n'y pas revenir. Abstraction faite des accidents toujours possibles.
    Rien n'est donc plus opportun que de nous mettre en face de notre destinée :
    « Après chaque action viendra le jugement qui en discernera le bien et le mal » (1). - « Nous devons tous comparaître devant le tribunal de Jésus-Christ » (2).
    Par ses aimables Confidents, Marie nous remémore ces vérités et les maximes de l'Évangile les plus urgentes à observer. Plusieurs fois et avec insistance, Elle réclame le changement de vie.
    « Les péchés qui jettent le plus d'âmes en enfer sont les péchés d'impureté », déclare-t-elle.
    Hélas ! ni ses avertissements maternels, ni les fléaux qui nous frappent n'ont provoqué l'amendement ! L'immoralité du monde s'accroît et s'étale de plus en plus. L'un de ses agents actifs est ce que nous appelons : la mode !
    « Il viendra certaines modes qui offenseront beaucoup Notre-Seigneur », prédit Jacintha, instruite par la Vierge bénie.
    La mode !... Voilà donc le Barrabas moderne que la plupart osent mettre en parallèle avec le Christ Jésus !... Et ce n'est pas le divin Sauveur qui l'emporte !
    La mode ! la mode exerce une sorte de fascination sur la foule sans caractère. Peu possèdent assez d'énergie pour se soustraire à sa tyrannie, et les soi-disant civilisés se contentent du pagne de la brousse africaine, avec la dépravation européenne en plus.
    Nul ne peut démentir ce que tous ont pu voir, parmi les chrétiens tout comme chez les autres. Quelle aberration de la part de ceux-ci ! Ils prétendent allier le Ciel et l'enfer... Chose impossible !
    « Les personnes qui servent Dieu ne doivent pas suivre les modes, poursuit Jacintha. L'Eglise n'a pas de modes. Notre-Seigneur est toujours le même. »
    Supprimez les vêtements commençant trop tard et finissant trop tôt, les tissus et les formes qui soulignent ce qu'ils devraient voiler. Revêtez-vous décemment, il y va de votre salut et du salut d'un grand nombre, entraînés au mal par votre seul aspect.
    Dans une riche famille américaine (connue et que nous pourrions nommer), une jeune fille élégante : un as de la mode venait de mourir. On l'avait mise en bière et, dans le salon, sa mère pleurait près du cercueil fermé. Soudain l'on perçoit des coups partant de l'intérieur. On ouvre. Quel saisissement ! La malheureuse défunte déclare :
    « Je suis damnée pour avoir suivi les modes immodestes, et, si elle ne fait pénitence, ma mère a sa place marquée auprès de moi, pour m'y avoir encouragée. » Puis elle retombe dans le silence éternel.
    « Si les hommes savaient ce qu'est l'Éternité, ils feraient tout pour changer de vie. »
    Entre toutes les vertus, il en est une sans laquelle toutes les autres ne sont rien : c'est l'état de grâce, l'habitude de l'état de grâce : la pureté. Sans elle, tous nos biens spirituels sont des diamants perdus dans la boue.
    Croyons notre Mère du Ciel qui ne veut que notre bonheur : marchons dans le sillage de sa modestie et de sa pureté. Efforçons-nous d'y attirer tous ceux qui nous entourent.
    « Celui qui aime la pureté du cœur, dit le Sage, aura le Roi du Ciel pour Ami. »
    « Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. »

    PRIÈRE

    Vierge incomparable, douce par dessus toute créature, rendez-nous purs, doux et chastes. Faites qu'une vie parfaitement pure nous conduise au Ciel, où nous jouirons du bonheur de voir et d'aimer votre divin Fils. Amen.

    Vierge très pure, priez pour nous.

    (1) Hébr. IX, 27.
    (2) II Cor. V, 10.

    Œuvre de Propagande du Sacré-Cœur, Lyon, 1945.
    Nihil obstat : Montepessulano, 12.03.1945 – A. Bonjean, c.d.
    Imprimatur : Montepessulano, 13.03.1945 – Jean Rouquette, v.g.

  • Méditation : "Pratiques particulières pour la sainte communion"

    « Commencez le soir précédent à vous préparer à la sainte communion par plusieurs aspirations et élancements d’amour, vous retirant un peu de meilleure heure afin de pouvoir aussi vous lever plus matin.
    Si la nuit vous vous réveillez, remplissez soudain votre coeur et votre bouche de quelques paroles odorantes, par le moyen desquelles votre âme soit parfumée pour recevoir l’Epoux, lequel veillant pendant que vous dormez, se prépare à vous apporter mille grâces et faveurs, si de votre part vous êtes disposée à les recevoir.
    Le matin levez-vous avec grande joie, pour le bonheur que vous espérez ; et vous étant confessée, allez avec grande confiance, mais aussi avec grande humilité, prendre cette viande céleste qui vous nourrit à l’immortalité.
    Et après que vous aurez dit les paroles sacrées : "Seigneur, je ne suis pas digne, ..." ne remuez plus votre tête ni vos lèvres, soit pour prier soit pour soupirer ; mais ouvrant doucement et modestement votre bouche, et élevant votre tête autant qu’il faut pour donner commodité au prêtre de voir ce qu’il fait, recevez pleine de foi, d’espérance et de charité Celui lequel, auquel, par lequel et pour lequel vous croyez, espérez et aimez.
    O Philothée ! imaginez-vous que comme l’abeille ayant recueilli sur les fleurs la rosée du ciel et le suc plus exquis de la terre, et l’ayant réduit en miel, le porte dans sa ruche, ainsi le prêtre ayant pris sur l’autel le Sauveur du monde, vrai Fils de Dieu, qui comme une rosée est descendu du ciel, et vrai Fils de la Vierge, qui comme fleur est sorti de la terre de notre humanité, il le met en viande de suavité dedans votre bouche et dedans votre corps.
    L’ayant reçu, excitez votre coeur à venir faire hommage à ce Roi de salut ; traitez avec lui de vos affaires intérieures, considérez-le dedans vous, où il s’est mis pour votre bonheur ; enfin, faites-lui tout l’accueil qu’il vous sera possible, et comportez-vous en sorte que l’on connaisse en toutes vos actions que Dieu est avec vous.
    Mais quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la sainte messe, communiez au moins de coeur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur. Votre grande intention en la communion doit être de vous avancer, fortifier et consoler en l’amour de Dieu ; car vous devez recevoir pour l’amour ce que le seul amour vous fait donner.
    Non, le Sauveur ne peut être considéré en une action ni plus amoureuse ni plus tendre que celle-ci, en laquelle il s’anéantit, par manière de dire, et se réduit en viande afin de pénétrer nos âmes et s’unir intimement au coeur et au corps de ses fidèles. »

    St François de Sales (1567-1622), Encouragement à la Sainte Communion, in Oeuvres complètes Tome 2 "Opuscules" p.801-803 rev., Paris, Albanel et Martin, 1839.

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