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douceur

  • Méditation - l'Esprit Saint est toujours à l'œuvre

    « Frères et sœurs, il n'y a aucun doute possible : l'Esprit Saint est toujours à l'œuvre parmi nous. La Pentecôte n'est pas seulement d'hier, un souvenir que nous commémorons, mais dont l'écho s'estompe avec les années qui passent. Au contraire, elle est toujours actuelle, elle se renouvelle à chaque instant, et l'action de l'Esprit, loin de s'attiédir, se fait de plus en plus insistante, de plus en plus merveilleuse et imprévisible.

    [...] « Recevez l'Esprit Saint, disait Jésus à ses apôtres. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis » (Jn 20,22). Ce début de confiance qui monte parfois de notre cœur dans les tentations et l'adversité, c'est lui, l'Esprit à l'œuvre ; l'humble filet de résignation et de paix qui naît en nous au sein de l'épreuve, c'est encore lui ; mais surtout, la douce joie du pécheur qui se sait et se sent pardonné, et aimé plus encore après sa faute, et même à cause de sa faute, c'est toujours lui.

    Car il est d'abord joie, joie sans plus, la joie des origines et des profondeurs, la joie même de Dieu, qui se cache derrière tant de bonheurs superficiels qui nous assaillent de toute part, et nous distraient facilement de lui. Et parce qu'il est la joie de Dieu, l'Esprit ne fait pas peur, il attire. Il ne menace jamais, il rassure. Il n'accuse pas, il pardonne. Il ne contraint personne, il séduit. Il ne force pas, il apprivoise et prend la main, avec infiniment de tact et de douceur. Car il est la bonté et la tendresse de Dieu se répandant inlassablement sur le monde et dans nos cœurs. »

    Dom André Louf (1929-2010), Heureuse faiblesse - Homélies pour les Dimanches de l'Année A (Pentecôte), Desclée de Brouwer, Paris, 1998.

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  • Méditation - Dimanche des Rameaux

    « Jésus accepte d'être porté en triomphe, mais quelle douceur, quelle humilité dans ce triomphe ! Il sait que ses ennemis se cachent parmi le peuple qui chante et qu'ils réussiront à substituer le « crucifige » à l'« hosanna » ; Il le sait, et Il pourrait s'imposer à eux dans toute la puissance de sa divinité ; Il pourrait les démasquer publiquement en dévoilant leurs plans. Jésus cependant ne veut ni vaincre ni régner par la force, mais bien par l'amour, la douceur. [...] C'est avec la même mansuétude, qu'Il acceptera Lui, l'Innocent, l'unique vrai Roi et Triomphateur, d'apparaître comme un coupable, un condamné vaincu, un roi de comédie. C'est ainsi, pourtant, qu'Il attirera tout à Lui, lorsqu'Il aura été érigé sur la Croix.

    Même si nous résistons à la grâce, ô Jésus, Vous demeurez à jamais le Vainqueur ; votre victoire sur le prince des ténèbres a été complète et l'humanité a été sauvée et rachetée en Vous. Vous êtes le bon Pasteur qui connaît et aime chacune de ses brebis et veut les porter toutes en lieu sûr. Votre Cœur très aimant ne se contente pas d'avoir mérité le salut pour tout le troupeau, Il désire ardemment que chaque brebis profite de ce salut... Ô Seigneur, donnez-nous donc cette bonne volonté capable d'accueillir votre don, votre grâce ; faites que votre passion ne soit pas vaine pour nous. »

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine, O.C.D., Intimité Divine, premier volume (Dimanche des Rameaux), Monastère des Carmélites Déchaussées, Alost, Belgique / Librairie du Carmel, Paris, 1963.

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  • Méditation - douceur et humilité du coeur

    « "Venez, dit le Christ à ses disciples, et apprenez de moi", non pas certes à chasser les démons par la puissance du ciel, ni à guérir les lépreux, ni à rendre la lumière aux aveugles, ni à ressusciter les morts... ; mais, dit-il, "Apprenez de moi ceci : que je suis doux et humble de cœur" (Mt 11,28-29). Voilà, en effet, ce qu'il est possible à tous d'apprendre et de pratiquer. Mais de faire des signes et des miracles, cela n'est pas toujours nécessaire, ni avantageux à tous, et n'est pas accordé non plus a tous.

    C'est donc l'humilité qui est la maîtresse de toutes les vertus, le fondement inébranlable de l'édifice céleste, le don propre et magnifique du Sauveur. Celui qui la possède pourra faire, sans péril d'élèvement, tous les miracles que le Christ a opérés, parce qu'il cherche à imiter le doux Seigneur, non dans la sublimité de ses prodiges, mais dans la vertu de patience et d'humilité. Par contre, pour celui qui est impatient de commander aux esprits immondes, de rendre la santé aux malades, de montrer aux foules quelque signe merveilleux, il peut bien invoquer le nom du Christ au milieu de toute son ostentation ; mais il est étranger au Christ, parce que son âme orgueilleuse ne suit pas le maître de l'humilité.

    Sur le point de retourner à son Père, voici le legs que le Seigneur a fait à ses disciples : "Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" ; et il ajoute aussitôt : "C'est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres" (Jn 13,34-35). Il est bien certain qu'à moins d'être doux et humble, on n'observera pas cet amour. »

    St Jean Cassien (v.360-435), Conférences n°15, 6-7 (trad. SC 54 rev.).

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    Chapelle latérale de l'église de l'Ascension
    Gorodok, Pavlovsky Posad (Russie)

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  • Méditation - avec douceur, charité et humilité

    « Si vous aimez réellement Dieu, vous parlerez tout naturellement de Lui avec vos voisins et amis, non pas en faisant des sermons, mais avec l'esprit de douceur, de charité et d'humilité, distillant autant que vous le pourrez le miel délicieux des choses divines, goutte à goutte, tantôt dans l'oreille de l'un, tantôt dans l'oreille de l'autre, priant Dieu au secret de votre âme de faire passer cette sainte rosée jusque dans le cœur de ceux qui vous écoutent. Surtout, il faut faire cet office angélique doucement et suavement, non par manière de correction, mais par manière d'inspiration ; car c'est merveille combien la suavité et amabilité d'une bonne parole est une puissante amorce pour attirer les cœurs. »

    St François de Sales (1567–1622), Introduction à la vie dévote, 3e partie, ch. 26.

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  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. »
    (Mt 11, 28-30)

    « Un grand, un très grand labeur sera nécessaire, et beaucoup de peines secrètes, surtout après une vie de négligence, pour que notre intellect [= notre esprit], qui ressemble à un chien glouton et hargneux, en vienne, à force de simplicité, de douceur et de zèle, à ne plus aimer que la pureté et la vigilance.
    Cependant, prenons courage ; si dominés par les passions et si faibles que nous soyons, présentons au Christ, avec une foi sans défaillance, notre faiblesse et notre impuissance spirituelle, confessons-les devant lui ; et nous obtiendrons certainement son assistance, bien au-delà de ce que nous méritons, pourvu que nous nous abaissions sans cesse jusqu'au fond de l'abîme de l'humilité. »

    St Jean Climaque (579-649), L'échelle sainte (Premier degré - 21), Spiritualité Orientale n°24, Abbaye de Bellefontaine, 1978.
    A lire : la catéchèse de l'Audience générale du 11 février 2009 que le Pape Benoît XVI avait consacrée à Saint Jean Climaque.

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    « Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au Vôtre »

  • Méditation - la puissante douceur de l'Amour

    « Il faut traiter tous les hommes avec cette délicatesse
    qu'on met à toucher un blessé.
    Chacun de leur cœur porte cette blessure secrète
    de la souffrance et du péché.
    Il faut les traiter si doucement pour ne pas leur faire de mal !

    Rayonner sur chacun l'Amour et la Miséricorde de Dieu
    car ils sont tous si pauvres devant lui ;
    Et tu n'as que cela à faire ici :
    les aimer un peu comme Lui les aime...
    leur montrer un peu comme Il les aime.
    Mettre en ton cœur cette puissante douceur de l'Amour
    qu'est la grâce...
    Vie cachée... quelle grâce ! »

    Louis Lochet (1914-2002), Retrouver la simplicité. Méditations pour mieux vivre
    (4e dimanche de Pâques, Dimanche du Bon Pasteur), Salvator, Paris, 2018.

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    Gravure de Léopold Flameng (1831-1911)

  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. »

    Matthieu 11, 28-30

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  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Dans le Royaume de Jésus, être du côté des sages ou être du côté des tout-petits, c'est le choix qui s'offre sans cesse à nous, et qui est toujours délicat à effectuer. Prendre le parti des pauvres et plaider leur cause est encore relativement facile, bien plus facile que de se retrouver un jour à leur côté face à Dieu, tout aussi pauvre ou même encore plus pauvre qu'eux. Discréditer les savants et les penseurs dans l'Église est bien plus commode que de devoir avouer un jour ne plus rien savoir devant Dieu. Car ce qui nous est demandé – ou plutôt offert – est tout autre chose, au-delà de tout savoir, au-delà de toute activité caritative. C'est l'unique chose absolument nécessaire, dont nous ne pouvons seulement dire que nous ne l'avons pas encore reçue, mais que nous la désirons et la demandons tous les jours éperdument. Le seul nécessaire que Jésus seul peut nous apprendre, à son contact : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos » (Mt 11,29). Et, à travers le repos et la paix de votre cœur, des milliers autour de vous seront sauvés. »

    André Louf (1929-2010), extrait de l'Homélie sur Mt 11,25-30, in "Heureuse faiblesse - Homélies pour les Dimanches de l'Année A", Desclée de Brouwer, Paris, 1998.

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    (Crédit photo : El Grande Pics)

  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « « Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Se mettre à l'école du Cœur de Jésus, à la suite de saint Jean et de tant de saints et de saintes, c'est entrer dans la voie royale de l'amour. Toute notre vie sur la terre n'est finalement rien d'autre qu'une école de l'amour, où nous sommes appelés à devenir disciples de Jésus : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34). Pour que le cœur humain puisse ainsi se dilater à l'infini, Dieu lui donne d'accueillir le Cœur de son Fils : « Rends mon cœur semblable au tien. » Si nous recevons la douceur et l'humilité du Cœur de Jésus (Mt 11, 29), nous recevrons tout le reste en plus. Nous serons heureux, parce que nous serons entrés dans l'amour que l'Esprit Saint répand en nos cœurs (Rm 5, 5). Cet appel touche tous les domaines de notre vie. Dans la spiritualité du Cœur de Jésus, comme l'ont écrit deux papes, se trouve « le résumé de toute la religion ». Et le sens de toute vie humaine. »

    P. Martin Pradère.

    Le Père Martin Pradère, prêtre de la Communauté de l'Emmanuel, met généreusement à disposition des lecteurs, avec l'accord de l'éditeur, de nombreux chapitres du livre "Jésus doux et humble de cœur" édité en 2005 aux Éditions de l'Emmanuel : c'est ICI (pdf)

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  • Prière du matin

    « Seigneur, dans le silence de ce jour naissant,
    je viens Te demander la paix, la sagesse, la force.
    Je veux regarder aujourd'hui le monde
    avec des yeux tout remplis d'amour,
    être patient, compréhensif, doux et sage,
    voir au-delà des apparences Tes enfants
    comme Tu les vois Toi-même
    et ainsi ne voir que le bien en chacun.
    Ferme mes oreilles à toute calomnie,
    garde ma langue de toute malveillance ;
    que seules les pensées qui bénissent
    demeurent dans mon esprit.
    Que je sois si bienveillant et si joyeux
    que tous ceux qui m'approchent sentent Ta présence.
    Revêts-moi de Ta beauté, Seigneur,
    et qu'au long de ce jour je Te révèle. »

    St Bruno Le Chartreux (1030-1101) (*)
    Texte extrait du Recueil de prières composé par Claude Jeukens s.j.
    pour les Groupes de Jeunes de Verviers (Belgique).

    (*) : cette prière est attribuée par erreur à st François d'Assise ou ste Thérèse d'Avila.
    Un grand merci à Monique et Gisèle qui m'ont permis de lui donner sa juste paternité !

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    (Crédit photo)

  • Méditation - « Je vous donne une loi nouvelle, c'est de vous aimer comme je vous ai aimés. » (Jn 13,34)

    « Si vous m’aimez, vous obéirez à mes commandements, et moi, je prierai le Père. Et il vous donnera quelqu’un d’autre pour vous aider, quelqu’un qui sera avec vous pour toujours : c’est l’Esprit de vérité. » (Jean 14,15-17a)

    « Jésus invite à entrer dans une merveilleuse aventure où le verbe « aimer » se conjugue sous toutes ses formes. Une véritable ronde d'amour : aimer, être aimé, s'aimer les uns les autres.

    Comment y entrer ? Est-il ardu, ce commandement nouveau ? L'étonnant, c'est qu'il ne nous appartient pas d'y entrer. C'est Jésus qui vient à notre rencontre, qui se fait le mendiant de notre amour. Saint Jean est explicite à ce sujet : « En ceci consiste l'amour de Dieu, non pas que nous aimions Dieu, mais que lui nous ait aimés le premier » (1 Jn 4,10). Le « Si vous m'aimez », dans la bouche de Jésus, signifie alors : « Si vous vous êtes laissés aimer par moi, si vous avez pu découvrir mon amour. » C'est d'ailleurs la condition évidente pour garder le commandement nouveau, qui consiste précisément à aimer les autres comme Jésus nous as aimés. Comment le faire, si nous n'avons jamais senti à quel point nous sommes aimés de lui ?

    Face à cette expérience, Jésus ne nous a pas laissés seuls. Il vient de nous promettre un Consolateur, l'Esprit Saint de vérité. C'est lui qui est l'amour et la douceur de Jésus en nous. [...]

    Cette ronde de l'amour ne prendra jamais fin. Le Père aussi finira par y entrer, car « celui qui m'aime, assure Jésus, mon Père l'aimera, et moi je l'aimerai et je me manifesterai à lui ». Ce dévoilement final de Jésus intégral est la seule chose qui nous manque encore ici-bas. Nous aimons Jésus, mais sans le voir encore. Joie et souffrance en même temps. De temps à autre, une liturgie, ou un visage, ou la splendeur spirituelle d'une icône, soulève un coin du voile, jusqu'à nous faire pleurer de tendresse, et jusqu'à souhaiter de voir se déchirer sans trop tarder le voile qui empêche encore la rencontre, pour connaître enfin tout l'amour dont il nous aime. »

    Dom André Louf (1929-2010), Heureuse faiblesse, Homélies pour les Dimanches de l'Année A, Paris, Desclée de Brouwer, 1998.

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  • Méditation - paisible abandon en Dieu

    « Je vous recommande très instamment une chose plus particulière encore, c'est de conserver votre âme dans la douceur et la paix devant Dieu ; je veux parler de la paix et de la douceur de Dieu, et non de l'insensibilité et de l'indifférence. Tenez votre âme pure et nette de toute chose créée ; oubliez-vous vous-mêmes ; modérez-vous en toutes choses et en toutes circonstances ; appliquez-vous doucement et paisiblement à conserver vos âmes dans cette nudité et ce dépouillement universels, dans cette modération intérieure et cette liberté douce, tranquille et recueillie, dans cette paix, ce repos, cet abandon devant Dieu, votre souverain Seigneur et très aimable et très cher Père. Attendez tout de sa main ; mettez-vous simplement à sa divine disposition, pour qu'il fasse de vous absolument et définitivement ce que bon lui semblera ; soyez toujours contents, tranquilles, pleins de joie et d'actions de grâces, sur ce qu'il lui plaira de vous donner et de ne pas vous donner. Qu'il vous prenne et vous attire fortement ou qu'il semble vous laisser, qu'il vous précède ou qu'il suive, qu'il vous conduise par la main ou qu'il fasse semblant de vous laisser aller seuls (je dis qu'il fasse semblant : car que deviendriez-vous s'il vous laissait réellement ?) ; qu'il agisse en vous d'une manière sensible ou qu'il se cache ; qu'il vous fasse triompher hautement de tous vos défauts ou qu'il vous laisse ramper dans vos misères ; qu'il vous tienne dans la paix ou qu'il permette que vous soyez assaillis de troubles, de tentations ou d'inquiétudes, tout cela doit vous être égal, parce que vous ne devez fixer votre âme qu'en lui et son très saint et très amoureux bon plaisir.

    Tenez-vous donc toujours tranquilles, doux et paisibles au milieu de tant de différents états, et non seulement paisibles, mais pleins de joie et d'actions de grâces de ce que votre Père et votre souverain et bien-aimé Maître fait sa volonté en vous, selon toute la plénitude de sa sagesse et de son amour. »

    Vénérable François Libermann (1802-1852), Lettre à un groupe de séminaristes (Rennes, 3 octobre 1837), in "Lettres spirituelles", choix des textes du R.P. L. Vogel, DDB.
    Ecrits du Père Libermann

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  • Méditation - douce et humble prière

    « Quand tu pries, ne recherche pas de mots compliqués, car le bégaiement simple et sans variété des enfants a souvent touché leur Père des cieux.

    Ne cherche pas à beaucoup parler quand tu pries, de peur que ton esprit ne se distraie à chercher des mots. Un seul mot du publicain apaisa Dieu et un seul cri de foi sauva le larron. La loquacité dans la prière disperse souvent l'esprit et le remplit d'images, alors que la répétition d'une même parole ordinaire le recueille.

    Si une parole de ta prière te remplit de douceur ou de componction, demeure sur elle, car alors notre ange gardien est là, priant avec nous.

    Quelque pureté que tu aies acquise, ne sois pas trop confiant ; mais approche-toi plutôt avec une profonde humilité et tu recevras une confiance encore plus grande.

    Même si tu as gravi toute l'échelle des vertus, prie pour le pardon de tes péchés. Écoute Paul dire, en parlant des pécheurs : "Je suis le premier d'entre eux" (1 Tim 1,15).

    L'huile et le sel assaisonnent la nourriture ; la tempérance et les larmes donnent des ailes à la prière. Si tu es revêtu de douceur et libre de toute colère, tu n'auras pas à peiner beaucoup pour délivrer ton esprit de la captivité. »

    St Jean Climaque (+ v.649), L’Échelle Sainte (Vingt-huitième Degré, 9 à 15), Spiritualité Orientale n°24, Abbaye de Bellefontaine, 1978.

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  • Méditation - détachement et liberté

    « Le détachement est l’œuvre d'une vie, car il va se porter de plus en plus profond. [...]

    Il ne s'agit pas ici de mépriser les réalités dont tu dois te détacher. Ce n'est pas par mépris, mais par désir de la liberté que tu dois te détacher. Tu peux faire un repas gastronomique, si tu es tout aussi prêt à manger un sandwich. l'objet de la démarche de détachement n'est pas ici le mépris de l'art culinaire, mais la liberté à l'égard de ce qui pourrait devenir une idole, un asservissement, une impasse dans laquelle se bloquerait un désir qui peut tout aussi bien te conduire vers Dieu et vers tes frères.

    Il ne s'agit pas de renoncer à exercer ta volonté, il s'agit de la garder à sa juste place, de savoir garder ta distance, ta liberté. Tes projets personnels ne seront jamais l'essentiel, qu'ils réussissent ou qu'ils échouent. Jamais ils ne diront ce que tu es profondément, ce que tu es pour Dieu.

    Ce qui est dangereux dans la volonté, c'est quand elle prend la place de Dieu et décide de ce qui doit être fait, ce qui doit arriver absolument. Elle rend ainsi aveugle et indisponible à ce que Dieu propose. Le drame n'est pas de vouloir, mais de vouloir avec obstination, d'avoir l'idée de ce qu'il faut faire absolument. Cela rend sourd aux appels de l'Esprit, cela rend indisponible pour l'union gratuite avec Dieu, car un tel attachement focalise toutes tes énergies.

    Le renoncement ne consiste pas à faire comme si tu n'avais pas de volonté, mais à savoir garder ta liberté, ta distance à l'égard de ce que veut ta volonté. Lorsqu'on propose une telle conduite de douceur et d'humilité, qui ne supprime pas la volonté mais l'évangélise, beaucoup lisent qu'il faut se méfier de sa volonté, l'abandonner au profit de celle de Dieu. Mais ce n'est pas "ou la volonté de Dieu ou la mienne", c'est la mienne dans celle de Dieu. »

    Jean-Marie Gueullette, Laisse Dieu être Dieu en toi. Petit traité de la liberté intérieure, Ed. du Cerf, Coll. Épiphanie, Paris, 2002.

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  • Méditation - Force de la douceur

    « L'homme d'aujourd'hui reste stupéfait devant cette affirmation du Sauveur : Bienheureux les doux, car ils posséderont la terre. On nous a tellement étourdis avec l'éloge de la force, on a tellement exalté le surhomme qui se réalise en écrasant les autres, nous avons assisté à de si scandaleuses victoires de la violence, et les sages ont trouvé pour les absoudre de si péremptoires raisons que le mot de Jésus, pour les hommes du XXe siècle, ressemble à un paradoxe naïf.

    [...] On ne sait pas ce qu'est la douceur. La douceur est d'abord l'intelligence exacte, juste appréciation de sa valeur, de sa place, de ses possibilités, et de ses droits. Elle est sagesse, alors que la violence, qui ignore ces limites, est sottise.

    La douceur est maîtrise de soi. L'instinct, bouffi d'orgueil, nous porte à dépasser nos limites en des manifestations dangereuses. Il faut mater l'instinct pour rester doux ; il faut beaucoup de force pour rester maître chez soi.

    La douceur est respect et charité ; respect de la personne humaine et charité envers les hommes. L'homme a une dignité éminente, la violence le traite comme une chose ; tout homme est notre frère, la violence le traite comme un ennemi malfaisant.

    La douceur nous préserve de la colère, qui est une vraie folie, de la précipitation qui est un aveuglement, des gestes excessifs qui sont ridicules, des paroles amères qui sont un poison. Mais la douceur n'est pas doucereuse ni douceâtre : les doucereux sont hypocrites, les douceâtres sont pleutres ; les doux sont clairs et forts.

    Jésus a dit : beati mites ; et il a dit aussi : discite a me quia mitis sum. Il est doux ; mais il n'est pas doucereux ni douceâtre. Ses paroles les plus tendres ont un support ferme, presque rugueux, et quand il parle d'amour, il dit ou il sous-entend que l'amour est d'abord sacrifice. La vie dans son royaume n'est pas une idylle enrubannée. Il est venu apporter la guerre contre la nature corrompue, le couteau pour couper les attaches avec le monde ; il nous invite à nous dépouiller, à porter la croix, à boire le calice de l'amertume... »

    Jean Calvet (1874-1965), La trame des jours (Ch. III - Béatitudes), La Colombe, Coll. Le Rameau, Paris, 1955.

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  • Méditation - paix intérieure... (suite)

    « Rejetez de votre esprit tout ce qui peut l'élever ou l'abaisser, le troubler ou l'inquiéter ; travaillez doucement à lui acquérir ou à lui conserver sa tranquillité ; car Jésus-Christ a dit : Bienheureux sont les pacifiques ; apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Ne doutez pas que Dieu ne couronne ce travail, et qu'il ne fasse dans votre âme une maison de délices ; tout ce qu'il demande de vous, est qu'autant de fois que les mouvements des sens et des passions vous agiteront, vous preniez à tâche de rabaisser ces fumées, de calmer et d'apaiser ces tourbillons, et de redonner la paix à vos actions.
    Comme une maison ne se bâtit pas en un jour, aussi l'acquisition de ce trésor intérieur n'est pas une entreprise de peu de temps.
    Mais la perfection de cette œuvre désire deux choses essentielles : l'une, que ce soit Dieu même qui s'édifie sa demeure au-dedans ; l'autre, que ce bâtiment ait pour fondement l'humilité. »

    Jean de Bonilla, Traité de la Paix de l'âme, ch. III, Ed. Perisse Frères, 1860.

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  • 1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Jésus doux et humble de Cœur, rendez mon cœur semblable au Vôtre ! »

    « La Douceur, c'est l'amour aux mains tendues pour donner, tout donner et même se donner. L'être qui n'est que don, qui ne pense pas à lui mais à l'autre est un doux. Comme saint François d'Assise, sa douceur s'étend à tout le monde qui l'entoure. Là où il y a la discorde, il cherche la paix ; là où est le désespoir, il met l'espérance ; là où règne la tristesse, il met la joie. Il ne cherche pas à être servi, mais à servir, il veut consoler plutôt qu'être consolé. Ayant banni toute recherche de son propre intérêt, le doux se tourne vers les autres : les bons dont il encourage la bonté, les méchants envers qui il se montre ferme (car douceur ne signifie pas lâcheté), les forts qu'il désarme par sa tendresse, les faibles qu'il encourage par son affection, les saints qu'il confirme par son exemple, les pécheurs qu'il accueille sans juger... Le Doux, c'est Jésus, c'est Jésus crucifié, ayant tout donné pour les autres, jusqu'à son Cœur transpercé.

    L'Humilité, c'est l'amour aussi, mais l'amour qui reçoit, les mains tendues pour recevoir. L'homme humble se montre petit comme un mendiant, son bonheur n'est pas dans ce qu'il a, ni dans ce qu'il reçoit, mais dans le fait de recevoir, de donner à l'autre l'occasion de faire un don. Pour lui, tout est don, tout est grâce (selon la maxime de la petite Thérèse). L'Humble est un victorieux toujours : « il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse... » (Za 9, 9) dans une foule en liesse. Mais c'est le même, humble et victorieux, qui monte au calvaire en portant sa croix, c'est le même qui sort vivant du tombeau. C'était déjà le même qui naissait dans une crèche ! L'Humble reçoit tout finalement de Dieu. Là est sa victoire : il est dans l'amour, à priori, par choix. Finalement, il ne subit rien puisqu'il consent librement à tout à chaque instant par amour et dans l'amour. L'Humble, c'est Jésus humilié, c'est Jésus crucifié, c'est le Sacré Cœur transpercé.

    Douceur et Humilité nous ramènent finalement au Cœur transpercé du Christ. Contempler Jésus Doux et Humble de Cœur et vouloir lui ressembler est donc la parfaite posture spirituelle des adorateurs du Sacré-Cœur.

    La spiritualité du Sacré-Cœur est l'une des plus riches de la foi chrétienne, une grâce immense de la chrétienté occidentale. »

    Mgr David Macaire, Les petites Prières, Petit Guide Spirituel, Éditions Peuple Libre, Lyon, 2015.

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  • Méditation - La charité n'est pas un luxe

    « La charité chrétienne est trop souvent comprise d'une manière entièrement superficielle, comme si elle était synonyme de douceur, de bonté et d'affabilité. Elle comprend, certes, toutes ces vertus, mais elle les dépasse considérablement. Lorsque nous nous imaginons qu'être charitable, c'est seulement « être gentil » envers les autres, c'est généralement parce que nos vues sont étroites. [...]
    Il n'y a pas de charité sans justice. Nous considérons trop souvent la charité comme une sorte de luxe moral, comme une vertu que nous pratiquons parce que nous le voulons bien, qui nous donne certains mérites aux yeux de Dieu tout en satisfaisant notre besoin intérieur de « faire le bien ». Cette charité est puérile, et même, dans certains cas, complètement irréelle. La vraie charité, c'est l'amour, et l'amour implique un souci profond des besoins de l'autre. Ce n'est pas une question de satisfaction personnelle, mais d'obligation stricte. Je suis tenu, par la loi du Christ et de l'Esprit, de m'intéresser aux besoins de mes frères, et surtout au besoin essentiel qu'ils ont d'être aimés. [...]
    Le chrétien n'est pas digne de son nom s'il ne donne un peu de ce qu'il possède, un peu de son temps ou au moins de son intérêt pour aider ceux qui sont moins heureux que lui. Et son sacrifice doit être réel et non un geste de paternalisme qui enfle son moi tout en lui donnant la satisfaction d'aider « les pauvres » avec condescendance. »

    Thomas Merton (1915-1968), Vie et Sainteté, Édition du Seuil, Paris, 1966.

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  • Méditation - « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. » (Lc 6,27)

    « Qui n'aime pas ses ennemis ne goûtera pas la douceur du Saint-Esprit. C'est le Seigneur Lui-même qui nous enseigne à aimer nos ennemis, à sentir et à pâtir avec eux comme s'ils étaient nos propres enfants.

    Il y a des hommes qui souhaiteraient à leurs ennemis et aux ennemis de l’Église les peines et les tourments du feu éternel. Ils ne connaissent pas l'Amour de Dieu en pensant ainsi. Qui a l'Amour et l'Humilité du Christ pleure et prie pour tout le monde.

    Seigneur, de même que Tu as prié pour tes ennemis, de même enseigne-nous par ton Saint-Esprit à les aimer et à prier pour eux avec des larmes...!

    Si le monde comprenait la puissance des paroles du Christ : "Apprenez de moi la douceur et l'humilité", il mettrait de côté toute autre science pour acquérir cette connaissance céleste.

    L'Amour ne souffre pas la perte d'une seule âme... »

    St Silouane (1866-1938), Spiritualité Orientale n°5, Abbaye de Bellefontaine, 1976.

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    (Crédit iconographique : Alain Chenal)

  • Méditation - Charité parfaite et docilité de l'âme

    « La charité est parfaite lorsqu’elle est absolue docilité, acquiescement doux, tranquille et généreux à toutes les conduites et a toutes les volontés de Dieu. La charité qui choisit, qui s’attarde, qui se fait prier, qui gémit ou qui laisse apercevoir des velléités de résistance, cette charité-là n’est pas la perfection. La charité doit être continue, prompte, facile, joyeuse, elle doit donner sans compter, car Dieu aime celui qui donne avec joie (2 Co 9, 7). Elle est parfaite lorsqu’elle embrasse toute la vie, lorsqu’elle enveloppe tous nos actes et que rien n’échappe à sa souveraineté. Elle est parfaite lorsqu’elle tient l’âme très haute, au-dessus de toute recherche, de toute émotion, au-dessus de l’apparente et perfide séduction de tout le multiple, de tout ce qui est extérieur, de tout le créé, de tout le sensible et de tout ce qui est personnel. La charité constitue notre vraie et spirituelle virginité qui est de n’accueillir en notre âme que Dieu et ce qui vient de lui. »

    Dom Paul Delatte (1838-1937).

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    Cascade de Seljalandsfoss, en Islande
    (Crédit photo)