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  • Méditation : Devenir saints : docilité à la grâce

    « Ce n'est pas seulement nous qui vivons, mais le Christ qui vit en nous, et le Saint-Esprit guide et oriente nos vies. La vertu chrétienne a sa source dans cette unité intérieure par laquelle notre moi est uni au Christ dans l'Esprit, nos pensées et nos désirs étant ceux du Christ.

    Ainsi toute notre vie chrétienne est-elle une vie d'union au Saint-Esprit et de fidélité à la volonté divine au plus profond de notre être. C'est donc une vie de vérité, de totale sincérité spirituelle, qui implique, par conséquent, une humilité héroïque. Car nous devons être vrais, comme nous devons être charitables, avant tout, envers nous-mêmes.

    Nous devons non seulement nous voir tels que nous sommes, dans notre vide et notre insignifiance, accepter et aimer notre néant, mais accepter aussi la réalité de notre vie telle qu'elle est, parce que c'est la réalité que le Christ veut assumer pour la sanctifier et la transformer à Son image et à Sa ressemblance.

    Si nous pouvons comprendre la présence du mal en nous, nous serons assez calmes et objectifs pour le traiter avec patience, en faisant confiance à la grâce du Christ. C'est ce qu'on entend par suivre les inspirations du Saint-Esprit, résister à la chair, persévérer dans le bien, refuser les exigences de notre moi extérieur faux, abandonnant ainsi le plus profond de notre cœur à l'action transformante du Christ. »

    Thomas Merton (1915-1968), Vie et Sainteté (chap. III), Traduit par Marie Tadié, Aux Éditions du Seuil, Paris, 1966.

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  • Méditation - Devenir saints : le Christ, Source de toute sainteté

    « Ce qui importe surtout, ce n'est pas telle ou telle observance, tel ou tel ensemble de pratiques morales, mais notre renouveau, notre « création nouvelle » dans le Christ (1). C'est lorsque nous sommes unis au Christ dans « la foi qui opère par la charité » (2) que nous possédons en nous le Saint-Esprit, source de tout amour et de tout acte bon. La vie chrétienne n'est pas seulement une vie dans laquelle nous nous efforçons de nous unir à Dieu par la pratique de la vertu. C'est plutôt une vie dans laquelle, attirés par l'Esprit-Saint de Dieu, dans le Christ, nous essayons d'exprimer notre amour et notre conversion par des actes de vertu. Étant unis au Christ, nous cherchons, avec toute la ferveur possible, à Le laisser manifester Sa vertu et Sa sainteté dans nos vies. Efforçons-nous donc de faire disparaître les obstacles que l'égoïsme, la désobéissance et l'attachement à ce qui est contraire à Son amour dressent devant Lui. »

    1. Épitre aux Galates, 6, 15. - 2. Ibid., 5, 6.

    Thomas Merton (1915-1968), Vie et Sainteté (chap. III), Traduit par Marie Tadié, Aux Éditions du Seuil, Paris, 1966.

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  • Méditation - Prière pour les dernières années de ma vie

    « Douce Vierge Marie ma Mère, permettez-moi de venir, au soir de ma vie, vous consacrer mes dernières années pour les unir aux vôtres qui furent si saintes.
    Je vous offre le temps que Dieu me donnera encore à passer sur la terre. Je vous offre dès aujourd'hui les peines, les infirmités, les sacrifices qui m'attendent chaque jour.
    Je vous offre les petites joies qu'il plaira à Dieu de me donner pour ensoleiller mes dernières années. Je veux utiliser ce temps qui passe si rapidement à aimer le Seigneur, à le servir, et à le prier.
    Aidez-moi, ô Marie, à utiliser mes journées pour faire aimer votre divin Fils par mes petits services, ma charité, mon dévouement, mes prières et mes sacrifices.
    Offrez, ô Marie, mon merci à votre Jésus pour toutes les grâces de ma vie : merci pour ma vie chrétienne, mon baptême, mes communions, mes pardons.
    Merci pour ma santé, mes travaux, mes activités, mes affections familiales. Merci pour les joies que vous m'avez données, merci pour les épreuves qui m'ont rapproché de vous, merci pour tout.
    Ô Marie, demandez pardon au Seigneur pour toutes mes faiblesses, pour tous ces péchés qui ont alourdi ma vie, pour ces manquements à la grâce qui m'ont éloigné de vous, pour ces résistances aux bonnes inspirations du Saint-Esprit.
    J'accepte l'heure et les circonstances de ma mort ; que la fin de ma vie ressemble à la vôtre. Daignez, au jour de ma mort, me conduire vers votre Jésus et m'accueillir dans vos bras maternels au Paradis.
    Je vous demande cette même grâce pour toutes les âmes chrétiennes, qui, arrivées au soir de leur vie, ont bien besoin de votre secours. »

    Nihil obstat : Paul Lacouline, censeur. Imprimatur : G.-E. Grandbois, V.G. Québec, le 23 septembre 1960.

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  • Méditation - Le combat spirituel : lutte intérieure

    « Lorsque quelqu'un s'approche du Seigneur, il faut d'abord qu'il se fasse violence pour accomplir le bien, même si son coeur ne le veut pas, attendant toujours sa miséricorde avec une foi inébranlable ; qu'il se fasse violence pour aimer sans avoir d'amour, qu'il se fasse violence pour être doux sans avoir de douceur, qu'il se fasse violence pour être compatissant et avoir un coeur miséricordieux, qu'il se fasse violence pour supporter le mépris, pour rester patient quand il est méprisé, pour ne pas s'indigner quand il est tenu pour rien ou déshonoré, selon cette parole : « Ne vous faites pas justice à vous-mêmes, bien-aimés » (Rm 12, 19). Qu'il se fasse violence pour prier sans avoir la prière spirituelle. Quand Dieu verra comment il lutte et se fait violence, alors que son cœur ne le veut pas, il lui donnera la vraie prière spirituelle, il lui donnera la vraie charité, la vraie douceur, des entrailles de compassion, la vraie bonté, en un mot il le remplira des dons du Saint-Esprit. »

    St Macaire le Grand (ou d’Égypte, † 391), Homélies spirituelles, 19,3 (SO 40, p. 224-225), cité in "L'expérience de Dieu dans la vie de prière" du Père Matta El-Maskîne (245), Spiritualité Orientale n° 71, Abbaye de Bellefontaine, 1997.

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  • Méditation - La guerre contre le vieil homme : I. Refuser les compromis

    « Le peuple apprend qu'aux frontières règne un roi merveilleux doté d'une armée puissante. Dans son désespoir, il lance un appel au roi, qui franchit la frontière avec son armée. A peine a-t-il paru que les brigands vont se cacher au plus profond des forêts et des grottes. Le pays respire, la vie reprend, le roi occupe ses bonnes villes : c'est le fruit de notre don absolu à Jésus-Christ... notre cœur se remet à vivre, nos qualités s'épanouissent, nous connaissons la joie et la paix.
    En réalité nous sommes loin de compte, et notre idéal est bien médiocre. Ce que nous appelons la paix c'est plutôt un compromis, un dosage entre le bien et le mal (nommé « équilibre » !). Nous rêvons de « coexistence pacifique » entre le vieil homme et le nouveau, notre cœur de pierre et notre cœur de chair, l'orgueil et l'esprit d'enfance : « Ce n'est pas brillant, mais enfin on s'entend encore à peu près. Il ne faut pas trop en demander ! »
    Mais le Christ n'est pas venu pour cela : « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne... » Le monde la donne par mode de compromis : le Christ veut nous la donner par l'extinction de tout ce qui menace la circulation de l'Amour.
    Alors le roi dit un jour : « Quand je suis venu, il y avait des brigands dans ce pays. Que sont-ils devenus ? - Seigneur, ils se cachent, ils dorment, ils sont neutralisés... - Point du tout : il faut en finir. Je vais les poursuivre et les exterminer. - Oh ! Mais vous allez les réveiller ! ce sera encore la guerre... - Je ne suis pas venu vous apporter la paix (selon votre idée), mais une guerre d'extermination contre tout ce qui menace ma Paix. Toute créature doit être salée par le feu, et je suis venu jeter ce feu sur la terre. »
    C'est donc le roi lui-même qui déchaîne les brigands que sa présence avait endormis. Il ne faut pas s'étonner si d'étranges tentations se soulèvent dans nos cœurs et dans nos corps après de longues années passées au service du Christ : réveil de fièvres endormies, ou même éclosion de fièvres inconnues. C'est le Saint-Esprit qui provoque ces fièvres lorsque notre heure est venue. Il faut savoir cela, il faut comprendre que c'est normal, car nous portons en nous des choses dangereuses. »

    (à suivre demain)

    P. M.-D. Molinié o.p. (1918-2002), Le courage d'avoir peur (Septième Variation : Le monastère des purifications), Les Éditions du Cerf, Paris, 1975.

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    Annibale Carracci (1560-1609), La tentation de St Antoine Abbé
    National Gallery, Londres (GB)

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  • Méditation - Prière : « Seigneur, jaillis comme une source »

    « Ô Seigneur, devant toi nous sommes le désert, pauvre en vie, pauvre en force, pauvre en fruits. Mais tu es la floraison et la fécondité, tu es la résurrection dans le désert.
    Ô Seigneur, nous t'en prions, rends-nous ouverts à toi : que nous ne nous fermions pas, que nous fleurissions par toi, que nous portions fruit par toi. Fais de nous un désert florissant, dans la force et la splendeur de ton amour !
    Nous sommes là comme une vie morte et stérile et tu veux que nous soyons comme le sein d'une épouse pour te contenir, pour t'engendrer, pour te donner aux autres. Ô Esprit de résurrection, souffle sur nous, empare-toi de nous, pour que nous sachions t'accueillir, te porter, te répandre. Toi, ô Père, qui es tout en tous ; toi, ô Christ, qui es tout en tous ; toi, ô Esprit-Saint, qui es tout en tous.
    Vois, ô Seigneur, nous sommes devant toi comme des enfants qui ne peuvent rien. Tu as prononcé une solennelle béatitude sur le petit enfant impuissant (Mt 19, 14), parabole de tes Évangiles. Ouvre-lui la gloire du Père, la gloire du Fils, la gloire du Saint-Esprit, pour que l’œil de ton enfant rayonne ta lumière dans le monde, pour que ses mains déversent tes richesses. Fais de son cœur un cœur ouvert, d'où coulent et jaillissent les eaux de ton royaume.
    Seigneur, jaillis comme une source ; Seigneur, coule à flots du désert que nous sommes, de notre stérilité, de notre impuissance, pour que tu sois tout en tous. Amen. »

    Erich Przywara s.j. (1889-1972), cité in "Cahiers sur l'oraison" n°40, Éditions du Feu Nouveau, Paris, juin 1961.

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  • Méditation - Les trois règles de la ferveur

    « La dévotion, la ferveur que le service de Dieu exige de nous, considérée dans l'opposition qu'elle a avec nos paresses et nos langueurs, est une prompte et ferme volonté d'accomplir de point en point tout le bon plaisir de Dieu, autant qu'on le peut connaître par l'une de ces trois règles. La première, quand il y a commandement, ou de la part de Dieu, ou de la part de l’Église, ou bien de ceux qui ont autorité sur nous, et dans le cas où la nécessité parle d'elle-même, il faut prendre la nécessité comme un commandement de Dieu, ou comme un signe et une marque de ses ordres et de ses volontés. La seconde, quand on est engagé en quelque affaire à cause de sa charge. Tout ce qui est nécessaire pour l'accomplissement des devoirs de la condition où Dieu nous a mis, doit être rapporté à la volonté de Dieu ; car il est certain que Dieu veut que nous nous acquittions parfaitement de nos obligations. La troisième, quand le Saint-Esprit nous déclare son bon plaisir par quelque inspiration qui nous porte à quelque acte de perfection. Suivant ces trois règles, on peut remarquer trois degrés et comme trois actes de la vertu que nous considérons, savoir : premièrement, de s'acquitter des choses nécessaires ; secondement, de remplir dignement sa charge et de satisfaire volontiers aux obligations qu'elle porte avec soi ; troisièmement, de passer au-delà de l'obligation et de faire plus qu'on est tenu, sans toutefois sortir des bornes que l'ordre, la raison et l'état de chacun lui prescrivent.

    [...] C'est dans cette promptitude de notre volonté, que consiste proprement la dévotion. [...] Oh ! que vous êtes éloigné de cette dévotion, puisqu'après tant de connaissances que vous avez des volontés de Dieu, vous êtes encore à décider si vous les exécuterez ; ou si vous prenez quelques résolutions, vous les différez tellement, que vous faites assez voir qu'il n'y a pas grande dévotion dans un cœur qui est si lent et si peu affectionné... Reconnaissez ce défaut et demandez-en pardon... Oui, mon Dieu, et de bon cœur ; et si j'ai été paresseux à bien faire, je ne veux pas l'être à reconnaître ma faute et à m'en repentir. »

    P. Julien Hayneuve s.j. (1588-1663), Méditations sur la Vie de N.-S. Jésus-Christ Tome I (Lundi de la quatrième semaine de l'Avent, Premier point), Édition corrigée, rajeunie et disposée selon l'ordre du Bréviaire romain par M. l'Abbé J.-B. Lobry, Paris, Hippolyte Walzer, 1868.

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  • Méditation - « l’Esprit de Dieu habite en vous » (Rm VIII, 9)

    « J'insiste sur ce point. Le Saint-Esprit guide lui-même l'âme intérieure et pure : il est son maître, son directeur. Sans doute, elle doit toujours obéir aux lois de l’Église, et se soumettre aux ordres de son confesseur pour tout ce qui regarde ses pratiques de piété et ses exercices spirituels ; mais quant à la marche intérieure et intime, c'est le Saint-Esprit qui la guide, qui dirige ses affections et ses pensées, et personne ne pourra, quand même il l'oserait, y mettre des entraves. Qui voudrait se mêler au colloque de l'Esprit divin avec sa bien-aimée ? - Du reste, à quoi bon ?
    [...]
    L'Esprit-Saint prie en nous et pour nous. La prière est toute la sainteté, au moins en principe, puisqu'elle est le canal de toutes les grâces. Or le Saint-Esprit est en l'âme qui prie : Ipse postulat pro nobis gemilibus inenarrabilibus (*). Il a élevé notre âme à l'union avec Notre-Seigneur. Il est encore le prêtre offrant à Dieu le Père sur l'autel de notre cœur le sacrifice de nos pensées et de nos louanges. Il présente à Dieu nos besoins, nos faiblesses, nos misères, et cette prière, qui est celle de Jésus en nous, unie à la nôtre, la rend toute-puissante.

    Vous êtes le vrai temple du Saint-Esprit ; mais un temple n'est qu'une maison de prière. Priez donc sans cesse ; mais en union avec le divin Prêtre de ce temple. On pourra vous donner des méthodes de prière ; le Saint-Esprit seul vous donnera l'onction et le bonheur de la prière. Les directeurs ne sont que des chambellans qui se tiennent à la porte de notre cœur ; le Saint-Esprit seul y habite. Il faut qu'il le pénètre de toutes parts pour le rendre heureux. Priez donc avec lui, il vous enseignera toute vérité. »

    (*) : "l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables" (Rm VIII, 26).

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Deuxième Série, La sainte Communion (La vie d'union au Saint-Esprit), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1926 (seizième édition).

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  • Méditation - Prière à la très Sainte Vierge Marie

    « Pour nous mener au salut, ton assistance est puissante, ô Mère de Dieu, et n’a pas besoin d’autre recommandation auprès de Dieu. Tu es en toute vérité la Mère de la Vie, tu es le ferment grâce auquel Adam fut modelé à nouveau, tu es la délivrance de l’opprobre qui pesait sur Ève. Elle fut mère de la poussière, toi, de la Lumière. De son sein naquit la corruption ; de tes entrailles, l’incorruptibilité. Elle fut l’installation à demeure de la mort, toi, la délivrance de la mort. Elle est l’affaissement des paupières, toi, la gloire sans déclin des yeux ouverts. Sa postérité, c’est la tristesse, ton Fils, la joie de l’univers. Elle, parce qu’elle était poussière, est retournée en poussière ; toi, tu as enfanté pour nous la Vie et tu es remontée vers la vie, cette vie que tu as pu donner aux hommes même après ta mort. Si tu n’étais pas venue nous guider, personne ne serait parfaitement spirituel, personne ne pourrait adorer Dieu dans l’Esprit. Car l’homme est devenu spirituel lorsque tu es devenue la demeure du Saint-Esprit. Personne n’est empli de la connaissance de Dieu sinon grâce à toi, ô Toute Sainte ; personne n’est sauvé sinon grâce à toi, Mère de Dieu ; personne n’échappe aux dangers sinon grâce à toi, Vierge-Mère ; personne n’est racheté sinon grâce à toi, Mère du Seigneur ; personne ne reçoit les faveurs de la miséricorde divine sinon grâce à toi, Demeure de Dieu. Est-il, en effet, quelqu’un qui combatte avec autant de vigueur pour les pécheurs, qui prenne en main avec autant de zèle la cause des rebelles, jusqu’à se porter caution pour eux ? C’est à bon droit que celui qui est affligé se réfugie près de toi, que le malade s’attache à toi, que le persécuté t’oppose à ses adversaires comme un bouclier. C’est la raison pour laquelle ce peuple chrétien, ton peuple, conscient de ses intérêts, s’en remet à toi en toute hardiesse pour transmettre à Dieu ses demandes. Et il espère fermement que tu exauceras ses prières, ô Toute Sainte, car il a fait l’expérience de tes innombrables bontés envers lui, et sait qu’en te suppliant sans relâche, il obtiendra ce qu’il demande. Ainsi soit-il. »

    St Germain de Constantinople (635-733).
    Catéchèse de Benoît XVI sur Saint Germain de Constantinople, le 29 avril 2009.

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  • Méditation - Conseils en l'oraison

    « Vous me parlez de vos oraisons. Vous savez notre méthode bien simple : le Rosaire, le Chemin de la Croix et la sainte Messe. Sachez bien ces trois choses et vous saurez tout. Vous savez bien que saint Thomas et saint Bonaventure n'avaient pas d'autres livres. La Crèche, le Calvaire et le Tabernacle, voilà nos trois stations, où je veux vous laisser toujours. Que les mystères de Notre-Seigneur vous soient si familiers que vous puissiez en parler comme d'une chose qui vous est propre, comme les gens du monde savent parler de leur état et de leurs affaires. En lisant, prenez pour fondement de vos oraisons l'histoire du mystère, et étudiez chaque mot, chaque action, chaque vertu, et tâchez de les faire passer dans votre esprit, dans votre cœur et aussi dans votre conduite. Notez les choses qui vous frappent le plus, vous vous les rappellerez mieux, et plus tard cela vous servira...

    Continuez à faire votre chemin de la croix. Quand vous le faites, ne vous précipitez pas, pour être tourmenté de le finir ; mais, si quelque station vous plaît, si le Saint-Esprit vous éclaire sur un endroit de cette station, arrêtez-vous-y, goûtez la grâce de Dieu, acceptez la lumière qui vous y vient : il ne faut pas négliger les lumières et les grâces du moment. Quand même vous ne finiriez pas, cela ne fait rien ; il faut chercher la grâce et la lumière avant tout, et non pas le grand nombre des prières. »

    Bx Antoine Chevrier (1826-1879), Lettre 43 à Monsieur l'abbé Jaricot (20 mars 1868), in "Lettres du Vénérable Antoine Chevrier" Librairie Catholique Emmanuel Vitte, Lyon - Paris, 1927.

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    Eglise St François Xavier à Lavender Bay (Australie)
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  • Méditation - Elévation sur la prière de la Bse Elisabeth de la Trinité (*)

    « O mon Dieu, Trinité que j'adore... Tout le mystère est là, dans sa sublimité et sa profondeur, dans sa longueur et sa largeur ; et ce mystère adorable c'est Dieu, un en trois Personnes.

    D'un seul coup d'aile, l'âme qui croit, qui espère et qui aime, s'élève à Dieu et s'immerge en l'océan insondable du mystère de l'unité dans la trinité, de la trinité dans l'unité.

    Elle pénètre et demeure dans les profondeurs de Dieu (1) ; et, consciente aussitôt de son néant sans nom, elle se prosterne, elle adore, elle jette sa couronne devant la majesté sainte qu'elle sent si près d'elle.
    [...]
    « L'adoration, ah ! c'est un mot du ciel ; il me semble qu'on peut le définir : l'extase de l'amour. C'est l'amour, écrasé par la beauté, la force, la grandeur immense de l'objet aimé ; il tombe dans une sorte de défaillance, dans un silence profond, plein ; ce silence dont parlait David, lorsqu'il s'écriait : Le silence est ta louange ! (2) »

    O mon Dieu, Trinité que j'adore, avec avidité j'entre dans votre sanctuaire, ô Saint des saints, où Père, Fils, Saint-Esprit vous vous exprimez et vous rendez une mutuelle gloire.
    [...]
    Père, source de la divinité d'où s'écoulent le Fils et, avec lui, l'Esprit-Saint, vous, source de ce qu'ils sont, de ce qu'ils ont d'être, sans les précéder ! Ce qu'il y a de plus foncier en vous, c'est que vous êtes Père ; votre relation personnelle fait la première Lumière, la première Pensée, la première Beauté, le premier Amour... Et dire que vous êtes aussi mon Père, et que je suis votre enfant ! Je vous adore à cause de vous !

    Fils du Père, Sagesse incréée, Vérité sans limites ! Que mon ignorance s'efface devant votre visage de gloire ; qu'elle disparaisse et chante, en adorant, votre toute-science !
    [...]
    Esprit-Saint, Esprit-Amour du Père et du Fils, brasier inextinguible de la Trinité dans l'Unité, mon cœur s'abîme devant vous et se liquéfie, adorant l'Amour de mon Dieu Un et Trine !
    [...]
    Saint, Saint, Saint est le Seigneur, le Dieu des armées. Le ciel et la terre sont remplis de sa gloire. Hosannah au plus haut des cieux !
    [...]
    O mon Dieu, Trinité que j'adore ! Unité de la Trinité, Trinité de l'Unité ! »

    (*) Un décret de la Congrégation pour la cause des saints, approuvé le 3 mars dernier par le Pape François, a ouvert la voie vers sa canonisation prochaine.
    1. I Cor. II, 10. - 2. Bse Elisabeth de la Trinité, Souvenirs. Ps. LXV, 2, trad. d'Eyragues.

    Dom Eugène Vandeur (1875-1967), O mon Dieu Trinité que j'adore - Élévations (Troisième élévation), Duculot, Gembloux (Belgique), 1923.

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    Luca Valentino Rossetti (1708–1770), La Sainte Trinité
    fresque de l'église San Gaudenzio à Ivrea (Turin, Piémont italien)

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  • Neuvaine au Saint-Esprit en préparation de la fête de la Pentecôte

    « Venez, ô Saint-Esprit,
    Et envoyez du Ciel
    Un rayon de votre lumière.

    Venez, Père des Pauvres,
    Venez distributeur de tous les dons ;
    Venez lumière des cœurs.

    Consolateur suprême,
    Hôte suave de l'âme,
    Réconfort plein de douceur.

    Repos dans le labeur,
    Abri dans les ardeurs brûlantes,
    Consolation dans les larmes.

    O lumière toute bienheureuse,
    Remplissez jusqu'au plus intime
    Le cœur de vos fidèles.

    Sans votre secours
    Il n'est en l'homme
    Rien qui soit innocent.

    Lavez nos souillures,
    Arrosez nos sécheresses,
    Guérissez nos blessures.

    Assouplissez nos raideurs,
    Échauffez nos froideurs,
    Redressez nos pas qui s'égarent.

    Donnez à vos fidèles
    Qui en vous se confient
    Les sept dons sacrés.

    Donnez-leur le mérite de la vertu,
    Une fin heureuse ;
    Donnez-leur l'éternelle joie.

    Ainsi soit-il. Alléluia. »

    Traduction du Veni Creator Spiritus par les Bénédictins de l'Abbaye de Notre-Dame d'Einsiedeln,
    Traduction des Bénédictins de l'Abbaye Ste-Marie de la Pierre-Qui-Vire,
    in "Toute l'année avec le Christ", Comptoir Français du Livre, Paris / Bruxelles, 1936.

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  • Méditation : Abandon en la paix de Dieu

    « Ce que je vous désire plus que tout le reste est un profond oubli de vous-même. On veut voir Dieu en soi, et il faut ne se voir qu'en Dieu. Il faudrait ne s'aimer que pour Dieu, au lieu qu'on tend toujours, sans y prendre garde, à n'aimer Dieu que pour soi. Les inquiétudes n'ont jamais d'autre source que l'amour-propre : au contraire, l'amour de Dieu est la source de toute paix. Quand on ne se voit qu'en Dieu, on ne s'y voit plus que dans la foule, et que des yeux de la charité, qui ne trouble point le cœur.

    Il n'y a jamais que l'amour-propre qui s'inquiète et qui se trouble. L'amour de Dieu fait tout ce qu'il faut d'une manière simple et efficace, sans hésiter ; mais il n'est ni empressé, ni inquiet, ni troublé. L'esprit de Dieu est toujours dans une action paisible. Retranchez donc tout ce qui irait plus loin, et qui vous donnerait quelque agitation. « Le parfait amour chasse la crainte (1) ». Calmez votre esprit en Dieu ; et que l'esprit calmé prenne soin de rétablir le corps. Retirez-vous en Celui qui tranquillise tout, et qui est la paix même. Enfoncez-vous en lui jusqu'à vous y perdre et à ne plus vous trouver.

    C'est dans l'oubli du moi qu'habite la paix. Partout où le moi rentre, il met le cœur en convulsion, et il n'y a point de bon antidote contre ce venin subtil. Heureux qui se livre à Dieu sans réserve, sans retour, sans songer qu'il se livre.

    Je prie Dieu qu'il parle lui-même à votre cœur, et que vous suiviez fidèlement ce qu'il vous dira. Écouter et suivre sa parole intérieure de grâce, c'est tout : mais pour écouter, il faut se taire ; et pour suivre, il faut céder.

    Je vous souhaite la paix du cœur et la joie du Saint-Esprit. Toute pratique de vertu, et toute recherche de sûreté, qui ne s'accorde point avec cette paix humble et recueillie, ne vient point de Notre-Seigneur. »

    1. I Jn IV, 8.

    Fénelon (1651-1715), extrait de la Lettre à la Comtesse de Montreron, 24 mars 1712, in "Œuvres choisies de Fénelon" Tome Quatrième (Lettres spirituelles), Librairie de L. Hachette et Cie, Paris, 1867.

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  • Méditation : "Il faut prier sans cesse et ne pas se décourager" (Luc 18, 1)

    « Il y a une telle libéralité divine d'assistance du Saint-Esprit, des dons et de l'amour de Dieu dans la moindre des grâces qui composent notre existence, qu'il y en aurait assez pour convertir une armée de pécheurs. Dieu vous donne un trésor si grand et si étendu parce qu'il vous aime ; son amour vous est fidèle. La grâce est gratuite. Et cependant Dieu exige le tribut de la prière. La prière est une condition posée par Dieu pour que la grâce soit continuée et pour qu'elle arrive à se développer. Car autant il est vrai que nous ne pouvons rien sans le secours de la grâce, autant il est vrai que Dieu ne consentira jamais à se servir de la grâce toute seule pour sanctifier une âme. La créature étant en possession de son intelligence et de sa liberté, il exige tout le concours de la créature. D'autre part, la créature seule ne peut pas, par ses propres forces, accomplir des actes surnaturels, il faut donc qu'elle ait recours à la prière. La prière consiste donc en même temps à publier notre impuissance, à la reconnaître, et, comme conséquence, à puiser dans la richesse de Dieu et à lui demander son assistance, sans laquelle nous ne pouvons pas correspondre à la grâce. Et comme le mouvement de la vie ne s'arrête pas, qu'il nous emporte avec une rapidité effrayante vers le terme final, le mouvement de la prière ne doit pas s'arrêter non plus ; il faut prier toujours et, quand on avance, il faut que la prière occupe, qu'elle prenne dans la vie une place plus large, qu'elle exerce sur l'âme un empire plus complet... Oportet semper orare et non deficere (1). Il faut prier toujours, parce que toujours il faut marcher, combattre, il faut toujours que la grâce descende d'en-haut pour nous assister. »

    1. Il faut prier sans cesse et ne pas se décourager. (Lc. 18, 1).

    Dom Romain Banquet (1840-1929), Retraite monastique (retraite prêchée aux moniales de Sainte-Scholastique de Dourgne, 1910), Éditions Sainte Madeleine, 1988.

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  • Méditation : La Bienheureuse Vierge Marie, modèle d'humilité

    « Marie a été très cachée dans sa vie... Son humilité a été si profonde qu'elle n'a point eu sur la terre d'attrait plus puissant et plus continuel que de se cacher à elle-même et à toute créature, pour n'être connue que de Dieu seul... Dieu le Père a consenti qu'elle ne fasse point de miracle dans sa vie, du moins qui ait eu de l'éclat... Dieu le Fils a consenti qu'elle ne parle presque point, quoiqu'il lui ait communiqué sa sagesse. Dieu le Saint Esprit a consenti que ses apôtres et ses évangélistes n'en parlent que très peu et qu'autant qu'il était nécessaire pour faire connaître Jésus Christ, quoiqu'elle ait été son Épouse fidèle.

    Marie est l'excellent chef-d’œuvre du Très-Haut, dont il s'est réservé la connaissance et la possession... Marie est la fontaine scellée et l’Épouse fidèle du Saint Esprit, où il n'y a que lui qui entre. Marie est le sanctuaire et le repos de la Sainte Trinité, où Dieu est plus magnifiquement et divinement qu'en aucun lieu de l'univers, sans excepter sa demeure sur les chérubins et les séraphins ; et il n'est pas permis à aucune créature, quelque pure qu'elle soit, d'y entrer sans un grand privilège.

    Je dis avec les saints : Marie est le paradis terrestre du nouvel Adam... C'est le grand et le divin monde de Dieu, où il y a des beautés et des trésors ineffables. C'est la magnificence du Très-Haut, où il a caché, comme en son sein, son Fils unique, et en lui tout ce qu'il a de plus excellent et de plus précieux. Oh ! que de choses grandes et cachées ce Dieu puissant a faites en cette créature admirable, comme elle est elle-même obligée de le dire, malgré son humilité profonde : « Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. » Le monde ne les connaît pas, parce qu'il en est incapable et indigne. »

    St Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge (2-6), in "Œuvres complètes", Éditions du Seuil, Paris, 1966.

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  • Méditation : « Ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint Esprit qui est en vous, et que vous tenez de Dieu ? » (1 Co VI, 19)

    « Dans le baptême, j'ai reçu une consécration solennelle qui m'a fait devenir le temple de l'adorable Trinité : je dois donc examiner si le Seigneur est honoré et servi dans ce temple comme il mérite de l'être. Un temple est un lieu saint, parce qu'il est consacré à Dieu ; il doit être un lieu de silence et de recueillement, par respect pour la divine Majesté qui l'habite ; il doit être un lieu de prières et de louanges où le Seigneur soit constamment honoré ; enfin ce temple doit avoir son autel et ses sacrifices. Mon corps est aussi le temple de Dieu ; ai-je soin de le conserver dans une pureté parfaite ? Mon âme est-elle une demeure où Dieu habite avec complaisance ? Tout en elle est-il saint ? ses pensées, ses désirs, ses sentiments, sont-ils dignes de Dieu ? Est-elle habituellement recueillie pour écouter la voix de l'Esprit-Saint ? De mon cœur, de cet autel sur lequel brûle l'encens de la prière, s'élève-t-il aussi souvent la flamme des holocaustes ? Suis-je fidèle à y offrir les sacrifices que le Seigneur attend de moi ? O mon adorable Jésus, rendez-moi attentive aux inspirations de votre grâce, fidèle à accomplir votre volonté, généreuse à vous sacrifier par amour mes inclinations terrestres, digne en un mot d'être votre temple et de vous offrir, dans mon cœur, un lieu de délices et de repos !

    Quelles actions de grâces pourrai-je jamais assez vous rendre, ô mon Jésus, de ce que vous avez daigné fixer votre demeure sur la terre et consacrer nos cœurs comme des sanctuaires où vous vous plaisez à habiter ! Que ne puis-je me rendre digne d'une telle faveur par la rénovation que je vous fais, ô mon Dieu, des promesses de mon baptême et de la consécration de mon âme, de mon corps et de mon cœur ! Rendez-moi ce que je dois être, afin de trouver une place dans ce temple éternel, où vous devez être loué, adoré et aimé pendant toute l'éternité. »

    Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt S.A.D. (1812-1903), Méditations pour tous les jours et fêtes de l'année selon la méthode de saint Ignace, Tome 5 (La dédicace des églises), Neuvième édition, Périsse Frères, Paris - Lyon, 1860.

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    Basilique Saint-Paul hors les murs, fresque du chœur
    (Crédit photo)

  • Méditation - Prière : « Amour de miséricorde, prenez-moi tout entier ! »

    « Ne doute pas, ô mon âme, que tu n'arrives à ce ciel des cieux, à Dieu, ton Seigneur et ton Sauveur, ton Amour et ton Tout... Mais, pour cela, consens à n'être plus rien, à ne tenir plus à rien, sinon à Dieu. Ou plutôt, vois toutes choses en Dieu ; c'est là, être pauvre en esprit, se contenter du bon Dieu, entrer vraiment dans le royaume de Dieu, qui est paix et joie dans le Saint-Esprit.

    O mon Dieu, Jésus-Christ, Père des pauvres, je veux être pauvre pour Vous ; je ne veux plus tenir qu'à Vous ; je veux aimer ceux que j'aime, en Vous, pour Vous, avec Vous.

    Vous êtes toute richesse ; vous suffisez amplement, divinement à quiconque sait ce que c'est qu'aimer. Je veux votre royaume, celui qui est au dedans de nous.

    Je veux la paix qui rassasie, la joie qui arrache à toute joie ; le repos, qui fait reposer dans vos bras, serait-ce vos bras étendus sur la sainte croix. Car, ceux-là, surtout, accueillent avec un amour si miséricordieux toute âme qui a faim et soif de Vous seul.

    O Jésus, détachez-moi de toutes choses ! Ravissez-moi tellement par vos charmes divins, que je ne sache plus m'arrêter à la créature, que je ne veuille plus me contenter que de Vous seul, et puiser en votre possession le Don inénarrable que vous êtes.
    [...]
    Seigneur Jésus, Roi de mon cœur et sa plénitude, je me livre à Vous, en ce jour. Amour de miséricorde, prenez-moi tout entier, avec tout ce que je suis et tout ce que j'ai. Je suis à Vous seul, à jamais. »

    Dom Vandeur, Élévations sur la Messe de chaque jour - Temps après la Pentecôte II (Ve jour dans l'Octave de la Toussaint), Éditions de Maredsous, Belgique, 1950.

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  • Méditation : « Nous avons cru à l'amour » (1 Jn IV, 16)

    « Se savoir, se croire aimé d'une manière divine en Jésus, c'est ce qui importe avant tout à son disciple, car « la connaissance de l'infinie bonté de Dieu est le premier sentiment que nous devions avoir (1) ». Et que d'âmes, même pieuses et désireuses de perfection, ne se développent pas et restent naines, parce qu'elles n'osent se nourrir de cet amour venant de la Divinité.
    Le Père et le Fils ont mis dans leur cœur le Saint-Esprit, l'Amour subsistant, mais elles ne lui font point place, elles le tiennent à l'étroit ; elles ne lui offrent pas un cœur dilaté parce qu'elles n'osent se croire si chères à Dieu, si chéries de Dieu. Elles ne comprennent pas que le plus bel hommage à faire à un Dieu tout aimant, c'est de croire à son amour ; elles ne comprennent pas que la seule manière d'être à Dieu, c'est de se livrer pleinement à son amour.
    Nous, disait saint Jean, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous. Nous avons cru à l'amour. Dieu est amour ; et celui qui demeure en l'amour, demeure en Dieu et Dieu en lui (1 Jn IV, 16). Ainsi devient-on intime du Seigneur.
    - Oui. Mais pour aspirer à cette intimité, ne faut-il pas être un saint Jean, apôtre vierge, colombe par la pureté de l'âme, aigle par la sublimité de la pensée ?
    - Et quels étaient donc les amis intimes de Jésus à Béthanie ? Lazare avait-il tout quitté pour suivre Jésus ? Marthe ne se laissait-elle pas dominer par des préoccupations d'ordre matériel ? Marie n'était-elle pas la pécheresse que Simon se scandalisait de voir tolérée aux pieds de Jésus (2) ?
    Chez tous, comme chez eux, Jésus vient frapper à la porte, cherchant qui veut, comme eux, croire à sa dilection. Je me tiens à la porte, dit-il, je frappe. Si quelqu'un répond à ma voix et ouvre sa porte, j'entre, et nous nous mettons à table, moi avec lui, lui avec moi (Ap III, 20). »

    1. Texier, Première retraite. - 2. Le P. Fl. Jubaru, avec la Liturgie romaine et avec Maldonat, identifie Marie de Béthanie et la pécheresse dont parle saint Luc. Rappelons que presque tous les exégètes modernes distinguent deux, ou même trois personnages : la pécheresse dont il est question au chapitre VII de saint Luc, Marie de Magdala et Marie de Béthanie.

    P. J.-B. Gosselin s.j., Sujets d'oraison pour tous les jours de l'année, Tome V (43), 2ème édition revue et augmentée, Apostolat de la Prière, Toulouse, 1947.

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  • Méditation : Nativité de la Sainte Vierge

    « En ce jour-là apparut sur la terre la plus grande merveille qu'eût jamais éclairée le soleil, une créature tout à la fois chérie du Père, mère future du Verbe, et destinée à devenir l'épouse bien-aimée du Saint-Esprit ; une créature petite enfant, et déjà dépassant en grandeur et en dignité non seulement toutes les créatures qui ont jamais existé ou existeront à jamais, mais encore toutes les créatures possibles, puisque ces créatures ne pourraient jamais être que les serviteurs ou les servantes de Dieu, tandis que Marie, ô différence incommensurable ! en est la fille, en sera la mère et l'épouse ; une créature enrichie de tous les dons de sainteté, de toutes les vertus surnaturelles que peut comporter la condition de créature ; une créature le chef-d’œuvre de la puissance du Père, de la sagesse du Fils, de l'amour du Saint-Esprit, puisque le Père, le Fils et le Saint-Esprit devaient faire pour une personne liée avec eux par des relations si intimes tout ce qui leur était possible de faire ; une créature par conséquent qu'ils regardaient avec amour, qu'ils admiraient avec délices, où ils se complaisaient ainsi que l'ouvrier se complaît dans son chef-d’œuvre. O Marie ! dans votre petit berceau, j'aime à vous contempler comme le paradis de Dieu en terre, comme toute belle et sans ombre de tache. Vous n'êtes encore qu'une enfant, et déjà vous faites l'objet des complaisances de la très sainte Trinité : oh ! quel bonheur est le vôtre ! Plaire à Dieu est le plus grand des bonheurs ; et ce bonheur, ô ma mère ! vous l'avez eu au plus haut degré possible dès le jour de votre naissance ! Ce bonheur, je puis l'avoir moi-même dans une certaine mesure par la sainteté de ma vie, par la pureté de mes intentions en toutes choses ; car, ô mon Dieu, pour vous plaire, il suffit de vouloir. O consolante pensée ! »

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année (Tome III, Nativité de la Sainte Vierge, I), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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    Naissance de la Vierge, Albrecht Altdorfer (1488-1538), Pinakothek de Munich

  • Prière pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit

    « Esprit saint et sanctificateur, Dieu tout-puissant, amour essentiel du Père et du Fils, adorable lien de l'Auguste Trinité, je vous adore et je vous aime de tout mon cœur. Source inépuisable de lumière, de grâces et d'amour, éclairez mon esprit, sanctifiez mon âme, et embrasez mon cœur. Dieu de bonté et de miséricorde, venez à moi, visitez-moi, remplissez-moi, demeurez en moi, et faites de mon cœur un temple et un sanctuaire où vous receviez mes adorations et mes hommages, et où vous preniez vos délices. Source d'eau vive qui rejaillissez jusqu'à la vie éternelle, arrosez-moi et désaltérez mon âme, qui a soif de la justice. Feu sacré, purifiez-moi, faites-moi brûler de vos divines flammes, et ne vous éteignez jamais en moi.
    [...]
    Esprit adorable, guérissez mon orgueil et ma présomption par le don d'une crainte filiale qui ne soit jamais destituée d'amour. Réveillez ma paresse et ma langueur par le don d'une piété ardente et sincère. Instruisez mon ignorance par le don de la science des saints, qui éclaire mon esprit et qui sanctifie mon âme ; soutenez ma faiblesse par le don de la force chrétienne, qui fait le vrai caractère des élus ; dirigez-moi dans toutes mes voies ; éclaircissez tous mes doutes par le don d'un bon conseil, qui ne peut venir que de vous seul ; dissipez les ténèbres qui m'environnent par le don d'entendement, accompagné d'une vraie docilité d'esprit et de cœur ; et couronnez en moi tous ces dons par celui d'une sagesse chrétienne, qui vous connaisse, qui vous aime, et qui s'affectionne à toutes les vérités que vous lui enseignerez ; mais surtout, ô Esprit Saint, soyez en moi le gardien de vos dons, de peur que je ne les perde ; faites à mon cœur une douce violence pour l'engager à vous désirer, à vous chercher, à vous obéir, à vous aimer et à vous posséder dans le temps et l'éternité.
    Ainsi soit-il. »

    Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome cinquième (Lundi de la onzième semaine, contemplation), Desclée, De Brouwer, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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