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  • Méditation - La piété filiale

    « Ah ! jamais il ne fut plus nécessaire de montrer aux hommes la bonté de Dieu et de leur apprendre que le seul moyen d'être heureux est de l'aimer comme un père ! Pour donner cet enseignement d'une manière efficace, il faut mettre sous leurs yeux les heureux effets de la piété. Nous ne parlons pas d'une piété de pratiques extérieures, mais d'une piété filiale. Celle-là seule dilate le cœur, le remplit de paix et le rend joyeux. Elle exerce un attrait irrésistible et son influence pour convertir les âmes est plus efficace que celle des plus beaux sermons.
    Mais cette piété est rare et la cause en est dans la contagion épidémique produite par l'orgueil des savants. Peu de chrétiens échappent à cette contagion. A force d'entendre vanter la science, ils ouvrent leur esprit à une curiosité scientifique qui les suit partout, même dans leurs rapports avec Dieu. Ils perdent alors la simplicité de la foi. Au lieu de prier, ils raisonnent. Cela ne les rend pas plus savants, et cela les prive de toutes les consolations de la piété.
    Le pieux auteur de l'Imitation, entreprenant d'enseigner aux âmes le chemin de la sainteté, commence par les mettre en garde contre les dangers de la curiosité de l'esprit, même quand elle s'exerce uniquement en matière religieuse. Il insiste sur ce point dans les trois premiers chapitres de son livre. Écoutons-le.

    Chapitre I, verset 3 : « Que vous sert de parler savamment de la Trinité, si, n'étant pas humble, vous vous rendez désagréable à la Trinité ? - Non, ce ne sont pas des paroles sublimes qui sanctifient l'homme et qui le justifient ; c'est la vie vertueuse qui le rend ami de Dieu. »
    Chapitre II, verset 1 : « Un pauvre paysan qui sert bien Dieu, vaut sans doute beaucoup mieux qu'un philosophe superbe, qui, négligeant les affaires de son salut, s'occupe à considérer le cours des astres. »
    Verset 2 : « Il y a plusieurs choses dont la connaissance ne sert guère ou point du tout au salut. »
    Verset 3 : « Si vous voulez que ce que vous apprenez et ce que vous savez vous soit utile, prenez plaisir à être inconnu et à n'être compté pour rien dans le monde. »
    Chapitre III, verset 4 : « L'humble connaissance de soi-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu, que la recherche d'une science profonde. - Ce n'est pas qu'il faille blâmer la science ou la simple connaissance des choses : elle est bonne, considérée en elle-même et selon l'ordre de Dieu ; mais il faut toujours lui préférer une conscience pure et une vie vertueuse. »

    La Vérité elle-même, c'est-à-dire le Saint-Esprit, parle directement à l'âme. Il ne parle pas à l'esprit mais au cœur ; il ne met pas dans l'intelligence des vérités particulières, mais il met dans l'âme de l'amour. Il lui imprime un grand sentiment de Dieu, de ses perfections infinies et surtout de sa bonté. L'âme sous ces impressions comprend d'une manière pratique son néant, son indignité, ses ignorances et ses impuissances. Elle devient alors petite à ses propres yeux, et elle se relève en voyant que le Père céleste ne dédaigne pas de l'aimer et de l'adopter comme sa fille. Voilà comment se forme et se développe en nous la piété filiale. Elle n'est pas le fruit de notre science, mais de l'humilité et de la simplicité de notre foi. »

    P. Ludovic de Besse OFM Cap (1831-1910), La Science du Pater (Première Partie, V), Nouvelle édition, Société et Librairie S. François d'Assise, Paris - J. Duculot, Editeur, Gembloux (Belgique), 1929.

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    Pino Daeni (1939-2010), Instinct maternel
    (Crédit photo)
     
    « Seigneur, je n'ai pas le cœur fier,
    ni le regard hautain.
    Je n'ai pas pris un chemin de grandeurs
    ni de prodiges qui me dépassent.

    Non, je tiens mon âme en paix et silence ;
    comme un petit enfant contre sa mère,
    comme un petit enfant, telle est mon âme en moi. »

    Ps 131 (130), 1-2.
  • Méditation - De la tristesse spirituelle

    « Il y a, sans doute, une tristesse spirituelle qui vient du Saint-Esprit et qui remplit nos cœurs de contrition, d'humilité, de crainte de Dieu. Mais celle-là est accompagnée de confiance et conduit promptement à la joie. Elle nous donne des forces pour faire pénitence, après quoi, elle nous relève par le sentiment des miséricordes divines. Quand, au contraire, la tristesse vient de nous, de nos propres pensées, elle nous pousse vers le désespoir et nous expose à nous perdre pour l'éternité. Saint Paul a très bien distingué ces deux tristesses : « Celle, dit-il, qui est selon Dieu, produit pour le salut une pénitence stable ; au lieu que la tristesse de ce monde produit la mort » (II Cor. VII, 10).

    La tentation de tristesse spirituelle est une des plus dangereuses, parce qu'elle se présente à nous d'une manière perfide en mettant sous nos yeux des faits réels dont nous sommes forcés de constater l'existence et la gravité. Ce sont des morts, des maladies, des revers de fortune, des calomnies, des persécutions ; ce sont surtout les péchés dont nous nous sommes rendus coupables. On ne peut pas nier l'évidence et alors comment éviter la tristesse ?... On l'évite en détournant l'attention de l'esprit de ces pénibles sujets et en s'efforçant de les oublier pour penser à autre chose. Quand saint Augustin sentait son âme trop brisée de douleur au souvenir de ses péchés, il lui tenait ce langage : « Allons, mon âme, détournez vos regards du spectacle de vos iniquités, de peur que vous ne tombiez dans l'abîme du désespoir. Portez-les sur la miséricorde infinie du Seigneur, afin de retrouver la joie et l'espérance et la force de le servir avec plus d'amour. » »

    P. Ludovic de Besse (1831-1910), La science du Pater (chap. XI, IV), Nouvelle édition, Coll. « Il Poverello » 1ère série XLIII, Société et Librairie S. François d'Assise, Paris - Librairie J. Duculot, Éditeur, Gembloux (Belgique), 1929.

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    Pompeo Batoni (1708-1787), Le retour de l'enfant prodigue
    Kunsthistorisches Museum, Vienne

    (Crédit photo)

  • Méditation - L'Ascension de Jésus-Christ, joie pour le Ciel et pour la terre

    « Le Prophète David, rempli de l'Esprit de Dieu, et contemplant la bienheureuse Ascension de Jésus-Christ, exhorte tout le monde à célébrer son triomphe avec des transports d'allégresse et de joie ; il s'écrie : Toutes les nations, battez des mains en signe d'applaudissement ; louez Dieu, et poussez des cris de joie : Dieu est monté au milieu des acclamations. (1)

    Qui doute, dit Saint Bernard, de l'immense joie qu'éprouvèrent les disciples, en voyant le Sauveur pénétrer comme Homme dans les régions célestes ? N'en pouvant contenir les transports, ils avaient leur esprit et leur cœur dirigés à la fois vers le Ciel : par les chants de leur allégresse, ils félicitaient ce Divin Maître dans le triomphe de son départ. Le Ciel, sans nul doute, tressaillit lui aussi : tous les Chœurs des Anges se portèrent à la rencontre de leur Seigneur, revêtu de notre chair et couvert de sa pourpre et l'accueillant avec bonheur dans son triomphe souverain. Que si à l'arrivée de l'âme d'un juste ou d'un martyr, toute la multitude des Anges est dans le bonheur, quels, pensez-vous, que furent leurs transports à l'approche de leur incomparable Chef ?

    L'intelligence humaine succombant donc sous la grandeur de cette joie et des cantiques de cette allégresse, réjouissons-nous, nous aussi, tressaillons dans le Saint-Esprit de ce qu'une portion de notre chair se trouve fort excellemment placée en la Personne du très doux Seigneur, sur le Trône élevé à la Sainte Trinité, appliquant l'attention de notre esprit, autant que nous le pouvons, à notre Sauveur, en Lui et après Lui, Le suppliant de daigner nous tirer après Lui.

    Oh ! soyez béni ! s'écrie Sainte Thérèse. Oh ! soyez, mon Dieu, à jamais béni ! Que toutes les créatures, Seigneur, vous louent, et que leurs louanges soient éternelles comme vous ! Réjouis-toi, mon âme, de ce qu'il se trouve quelqu'un qui aime ton Dieu, comme il le mérite. Réjouis-toi de ce qu'il se trouve quelqu'un qui connaisse sa bonté et son excellence. Rends-lui grâces, de ce qu'il nous a donné sur la terre quelqu'un qui le connaisse, comme le connaît son Fils unique. (Ste Thérèse, Exclamations, VII) »

    1. Catéchisme du Concile de Trente. Traduction nouvelle avec des notes par M. l'Abbé Doney (Première Partie, Chap. 7), A Paris, Chez Gauthier Frères et Cie, 1826.

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome III (Fête de l'Ascension, Contemplation), Desclée de Brouwer & Cie, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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    Giotto di Bondone (v.1266-1337), L'Ascension
    Fresque de la Chapelle des Scrovegni, Padoue (Italie)

    (Crédit photo)

  • Méditation - Pendant les tempêtes de notre vie...

    « Considérez que dans cette misérable vie, il s'élève pour nous bien des orages dangereux, dans lesquels la barque de notre cœur est comme ballotée ça et là par les vagues. C'est pourquoi l'Imitation de Jésus-Christ dit : Aussi longtemps que nous vivons, nous ne serons pas sans luttes, quand l'une est passée, une autre suivra (1) comme l'une vague bat l'autre. Dans toutes ces luttes, on ne peut rien conseiller de plus utile que de se soumettre à la volonté de Dieu et à toutes les dispositions de sa sagesse infinie.

    Jésus dort tranquillement au milieu des plus grands orages ; ainsi une âme peut aussi demeurer tranquille, quand elle se repose entre les bras de la Providence divine dans les orages des contrariétés. Elle est assurée que rien n'arrive sans la volonté du Seigneur, elle sait que Dieu ordonne tout pour le mieux, qu'il ne permet la souffrance que pour notre plus grande utilité. Elle sait aussi par expérience, que Dieu peut tirer le bien du mal. Ô quelle consolation, quelle joie, quelle paix goûte une âme qui est unie à la volonté divine ! Cependant quoique l'âme s'abandonne entièrement à la volonté divine et repose dans le sein de la Providence, pendant les tempêtes des tentations et des contrariétés, il est nécessaire à cause de notre faiblesse d'avoir recours à la prière ; à l'exemple des apôtres, nous devons éveiller le Sauveur endormi, le prier de fortifier notre faiblesse et de nous assister de sa grâce dans les tribulations. Jésus paraît dormir, quand les eaux des tribulations s'élèvent au-dessus de nos têtes, quand tout nous semble perdu ; quand il nous retire pendant quelque temps sa consolation et nous fait ainsi sentir que de nous-mêmes et par nos propres forces, nous ne pouvons rien.

    Alors il est temps d'appeler le Seigneur comme les apôtres effrayés : Seigneur ! aidez-nous, nous périssons. Cet appel éveillera l'aimable Sauveur ; ces soupirs pénètrent son Cœur compatissant ; ces prières le déterminent à commander aux vents, et à nous accorder soit la cessation des troubles ou des tentations, soit la force nécessaire pour tout supporter pour son honneur et le salut de notre âme. »

    1. Imitation L. I, ch. XIII.

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome premier (Quatrième dimanche après l’Épiphanie, Méditation), Desclée, De Brouwer, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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    Rembrandt (1606-1669), Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée
    Tableau conservé au musée Isabella Stewart Gardner à Boston jusqu'en 1990.
    Le 18 mars 1990, le tableau a été volé, avec 12 autres chefs-d’œuvre.
    (Crédit photo)

  • Audience générale de ce mercredi 14 décembre 2016

    « La plus grande joie de Noël » est « la paix intérieure » intimement liée à la conviction que le Seigneur efface les péchés. C’est un message d’espérance que le Pape François a transmis ce mercredi matin lors de l’audience générale qui s’est tenue salle Paul VI au Vatican. En ce temps de l’Avent, le Saint-Père dans sa catéchèse, a commenté un passage du livre d’Isaïe soulignant que le prophète nous aide à nous ouvrir à l’espérance du salut.

    Le compte rendu de Xavier Sartre à lire / écouter sur Radio Vatican.

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

    Résumé :

    « Frères et sœurs, à l’approche de Noël le prophète Isaïe nous ouvre à l’espérance du salut. Le Seigneur veut libérer Jérusalem : « Me voici ! ». Il se fait proche du « petit reste » d’Israël qui, à travers les épreuves, résiste dans la foi et verra bientôt les merveilles de Dieu : « Comme ils sont beaux, sur les montagnes, les pas du messager qui annonce la paix ». C’est l’annonce joyeuse du Règne de Dieu qui se penche sur les hommes pour leur offrir sa miséricorde, Règne instauré en Jésus Christ. Lorsque tout semble perdu et que la foi chancelle face à tant de réalités négatives, cette joyeuse nouvelle de Noël retentit : Dieu vient, et il refait toute chose nouvelle ; le mal ne triomphera pas toujours, le désespoir est vaincu. Chacun de nous est à son tour appelé à se réveiller, à l’invitation du prophète, et à devenir, pour les autres, messager de paix, de justice et de vérité. »

    « Je salue cordialement les pèlerins de langue française venus de différents pays.
    Je vous souhaite un bon pèlerinage à Rome et je vous invite, devant la crèche, à vous laisser toucher par Dieu qui pour nous s’est fait enfant, un Dieu qui abandonne sa grandeur pour se faire proche de chacun de nous.
    Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

  • Angelus de ce dimanche 11 décembre 2016

    Le Salut et l’amour de Dieu sont sources de joie. Lors de l’Angélus de ce dimanche 11 décembre place Saint-Pierre, troisième dimanche de l’Avent, le Pape a appelé les fidèles à répondre à l’invitation de Saint-Paul : « Réjouissez-vous toujours car le Seigneur est proche ! », et à partager ce sentiment d’exultation.

    « Ce n’est pas une joie superficielle ou purement émotive, encore moins une joie de mondanités ou de consumérisme », affirme le Pape. Il s’agit plutôt d’une « joie authentique, dont nous sommes appelés à redécouvrir la saveur » pendant ce temps de l’Avent. C’est « une joie qui touche à l’intime de notre être » pendant que nous sommes dans l’attente du « Messie promis, né à Bethléem de la Vierge Marie ».

    Le Pape s’appuie sur l’exemple du prophète Isaïe, qui a vu une terre aride peuplée de « faibles, de cœurs perdus, d’aveugles, de sourds et de muets », se transformer en « un désert florissant, la joie et la consolation imprégnant les cœurs », signe du Salut qui s’accomplit en Jésus. Ce même Salut présent dans le message de Jean-Baptiste : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent ». Ce ne sont pas que des paroles, insiste le Saint-Père. Quand Jésus sauve, c’est en acte, des « actes qui affectent tout l’être humain et le régénère ».

    C’est de cette intervention du Salut et de l’amour de Dieu que naît la joie, explique le Pape. « Dieu est entré dans l’histoire pour nous libérer de l’esclavage du péché, il a planté sa tente au milieu de nous pour partager notre existence, guérir nos plaies, soigner nos blessures et nous donner une vie nouvelle. »

    Le Saint-Père invite à vivre ce sentiment d’exultation, « car un chrétien qui n’est pas joyeux, n’est pas chrétien », il lui manque cette joie « du cœur qui nous fait avancer et nous donne du courage ». Il appelle aussi à être patient parce qu’au retour du libérateur, le jour de Noël, « notre joie sera pleine ». Une joie qu’il appelle à partager avec ceux qui sont malades, les personnes seules et les malheureux.

    Source : Radio Vatican (BH).

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

  • Méditation - Prière pour les dernières années de ma vie

    « Douce Vierge Marie ma Mère, permettez-moi de venir, au soir de ma vie, vous consacrer mes dernières années pour les unir aux vôtres qui furent si saintes.
    Je vous offre le temps que Dieu me donnera encore à passer sur la terre. Je vous offre dès aujourd'hui les peines, les infirmités, les sacrifices qui m'attendent chaque jour.
    Je vous offre les petites joies qu'il plaira à Dieu de me donner pour ensoleiller mes dernières années. Je veux utiliser ce temps qui passe si rapidement à aimer le Seigneur, à le servir, et à le prier.
    Aidez-moi, ô Marie, à utiliser mes journées pour faire aimer votre divin Fils par mes petits services, ma charité, mon dévouement, mes prières et mes sacrifices.
    Offrez, ô Marie, mon merci à votre Jésus pour toutes les grâces de ma vie : merci pour ma vie chrétienne, mon baptême, mes communions, mes pardons.
    Merci pour ma santé, mes travaux, mes activités, mes affections familiales. Merci pour les joies que vous m'avez données, merci pour les épreuves qui m'ont rapproché de vous, merci pour tout.
    Ô Marie, demandez pardon au Seigneur pour toutes mes faiblesses, pour tous ces péchés qui ont alourdi ma vie, pour ces manquements à la grâce qui m'ont éloigné de vous, pour ces résistances aux bonnes inspirations du Saint-Esprit.
    J'accepte l'heure et les circonstances de ma mort ; que la fin de ma vie ressemble à la vôtre. Daignez, au jour de ma mort, me conduire vers votre Jésus et m'accueillir dans vos bras maternels au Paradis.
    Je vous demande cette même grâce pour toutes les âmes chrétiennes, qui, arrivées au soir de leur vie, ont bien besoin de votre secours. »

    Nihil obstat : Paul Lacouline, censeur. Imprimatur : G.-E. Grandbois, V.G. Québec, le 23 septembre 1960.

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  • Méditation - La Vie au Ciel

    « Pensez à la paix du ciel. La paix ! Arrêtons-nous à ce mot, à ce rayon de miel. La paix ! la paix !... Quelle différence avec la vie présente, la vie de la terre ! quelle différence même avec l'activité fatigante de la grâce ! combien nous l'avons désirée toute notre vie ! et maintenant nous la désirerions presque, hélas ! plus que Dieu même. L'imagination a peine à se figurer une vie sans trouble et sans défiance, une vie sans passé à regretter, sans présent à supporter, sans avenir nuageux à regarder avec incertitude. Le sommeil du travailleur honnête et satisfait est une image de ce calme délicieux. La terre et la mer, les lacs et les forêts reposant aux rayons du midi, comme lassés de leur parure du matin, voilà un emblème de notre repos céleste. Le silence des cieux étoilés à minuit et le sentiment inexprimable qu'ils nous inspirent peuvent nous aider à nous figurer cette paix profonde du bienheureux repos. Mais après tout, nulle autre paix ne peut lui être comparée, car c'est une participation à cette paix de Dieu qui surpasse tout entendement humain. Tout cela nous est-il destiné ? tout cela nous est-il possible ? Oui, tout cela et plus encore, tout cela plus intime et plus parfait : un océan de la paix la plus céleste et de joie mystérieuse qui nous invite à naviguer sur son sein dans des splendeurs éternelles... Oh ! quand ce serait là tout, quand il n'y aurait pas autre chose que cette paix, ne serait-ce pas une récompense plus que suffisante pour une longue vie de la pénitence la plus austère ?
    [...]
    Mais la plus douce des joies terrestres, c'est l'amour, et la vie du ciel est une vie d'amour. L'amour, plus que toutes les autres passions humaines, a contrôlé les destinées du monde ; il a été, d'après l'histoire, le plus grand moteur naturel sur la terre ; et vraiment d'où vient ce qu'il y a de vif et de coloré dans la vie, même ici-bas, si ce n'est de l'amour ? Que serions-nous en ce moment si nous n'avions personne à aimer ? combien tout nous deviendrait sombre jusqu'au moment où nos yeux pourront supporter la lumière de Dieu ! N'avoir pas Dieu à aimer... c'est l'enfer. Et bien, l'amour de tous les amants les plus passionnés sur la terre, réuni en un seul, ne peut égaler l'amour le plus calme de la dernière des âmes dans le ciel. L'éternité nous donnera de nouvelles facultés d'aimer, et ce sera d'un amour sans nom sur la terre, et dont nos diverses sortes d'amour, paternel, filial, conjugal ou fraternel, ne représentent que de faibles fractions, des éléments épars. La joie de cet immense amour est inconcevable ; les objets en seront mille fois centuplés, et cela sans que la multiplicité d'objets fasse autre chose qu'aviver l'intensité. Et considérez que tout cet océan d'affection s'épanchera constamment dans un courant immortel d'amour pur et sans tache, indiciblement heureux de son indicible sainteté. »

    R.P. Frédéric-William Faber (1814-1863), Conférences spirituelles (Le ciel et l'enfer), Paris, Bray et Retaux, 1872 (Sixième édition).

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    Gustave Doré, La Divine Comédie - Le Ciel
    (Crédit photo)

  • Méditation - « Portez les fardeaux les uns des autres : ainsi vous accomplirez la loi du Christ. » (Ga VI, 2)

    « Si tu sais prendre sur toi la douleur d'autrui, le Seigneur prendra sur Lui la tienne et la fera Sienne, c'est-à-dire ouvrière de salut.
    Si tu sais prendre sur toi la douleur d'autrui, le Seigneur prendra sur Lui cette douleur, en toi, et la fera Sienne c'est-à-dire ouvrière de salut. Il la prendra avec d'autant plus d'élan qu'Il la trouve déjà comme déracinée et transplantée en ton cœur.
    Et comme Il l'y trouve purifiée de tout égoïsme, transfigurée par la pitié, sanctifiée par l'amour chrétien, la consolation sera plus forte en autrui, la bénédiction plus vivante en toi, la joie de demain plus grande en tous deux. »

    Bx Vladimir Ghika (1873-1954), Pensées pour la suite des jours, Beauchesne, Paris, 1936.

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  • Méditation - fatigue, tristesse, dégoût, ennui...

    « Simone Weil souligne souvent, dans ses notes intimes, la présence conjuguée de la fatigue et du dégoût, des ennemis presque invincibles qui avancent de front et qui semblent tout ronger sur leur passage. Sans pouvoir attaquer de plein fouet, elle propose plutôt dans ses Cahiers, à la suite de Pascal quant aux maladies, de faire un bon usage de la fatigue et du dégoût :
    « L'extrême difficulté que j'éprouve souvent à exécuter la moindre action est une faveur qui m'est faite. Car ainsi, avec des actions ordinaires, et sans attirer l'attention, je peux couper les racines de l'arbre [...] Trouver une difficulté extraordinaire à faire une action ordinaire est une faveur dont il faut être reconnaissant. Il ne faut pas demander la disparition de cette difficulté. Il faut désirer ardemment, il faut implorer la grâce d'en faire usage. »
    D'une certaine façon, cette douleur du vide, de l'ennui, de l'amertume est un lieu de perte, de déréliction, de pesanteur qui peut préparer un chemin vers la grâce. Faire face à l'insoutenable, c'est mener l'éternel combat du patriarche Jacob contre l'Inconnu qui ne se révèlera qu'à la fin. Ainsi s'établit une imitation du Christ, sachant que c'est Lui qui cherche et qui, en définitive, est vraiment fatigué et triste, triste à en mourir et fatigué près du puits de ce même Jacob. [...] L'ennui et la fatigue peuvent devenir des auxiliaires pour un accroissement de la vie spirituelle. Jusqu'à atteindre ce point extrême que Simone Weil définit ainsi :
    « Ce n'est pas à moi à aimer Dieu. Que Dieu s'aime à travers moi. »
    [...]
    Le pèlerin de saint Jacques de Compostelle, aujourd'hui encore, s'il accomplit la route dans les règles du dépouillement, mais plus encore bien sûr au Moyen Âge où les dangers étaient multiples, découvre à quel point le chemin est revêtu d'ennui et qu'il n'est pas avare que d'une chose : la fatigue. Chaque matin, après une mauvaise nuit sous les étoiles, il faut reprendre sans entrain et avec dégoût, malgré les douleurs, ce qui a été entrepris dans l'enthousiasme du premier jour. Ce seront les tours jumelles de la cathédrale où repose l'Apôtre qui, soudain, révèleront que l'ennui et la fatigue donnent à la joie sa chair. A cet instant où le regard aperçoit la ville sainte, l'ennui et la fatigue se transforment, retournés comme des gants de peau. Ils ne sont pas oubliés mais ils apparaissent pour ce qu'ils sont vraiment : les introducteurs de la joie. Maintenant à distance, ils revêtent leur noblesse après n'avoir été que vauriens et manants. Certes, un tel effort de marche, au-delà de la peine, de la douleur, est libre. Pourtant, c'est un peu comme un bœuf attelé à la charrue que le pèlerin a mis un pas devant l'autre sans se lasser tout en pestant contre les éléments, contre lui-même, contre le monde tout entier. En fait, il est livré à cet effort, à cette fatigue. »

    Père Jean-François Thomas, s.j., Comme un lys au milieu des épines (ch. VII : L'ennui et la fatigue), Via Romana, Versailles, 2014.

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    (Photographie prise à Petra, en Jordanie)

  • Méditation - Nativité de la Sainte Vierge

    « Quelle joie, en ce beau jour de septembre, quelle consolation, ô Vierge Marie, vous nous apportez ! Le monde entier exulta, jadis, en saluant votre Nativité ; cette joie n'a pas cessé, puisque toujours, ô Médiatrice de toutes les grâces, votre fête reste pour nous l'aurore du salut.

    C'est de vous, en effet, que naquit le Soleil de Justice, le Christ, notre Dieu, notre Sauveur Jésus, le seul en qui il faut espérer pour arriver à la gloire. C'est Lui qui, détruisant la malédiction qui condamne, apporta à nos âmes la bénédiction qui répare, qui sauve, qui couronne ; c'est Lui qui a confondu la mort, Lui qui nous accorda la Vie éternelle.

    Joie sans pareille ! Réjouis-toi, ô terre, puisqu'un rayon est descendu de la Face du Dieu de gloire, un rayon qui ranime les hommes, et les réchauffe. C'est aujourd'hui la fête qui est le commencement du salut de tout le genre humain.

    La maison dans laquelle le Verbe, Roi céleste, doit descendre, est bâtie ; oui, la Sagesse s'est bâti une demeure ; cette demeure s'appuie sur sept colonnes ; car la Mère de Dieu apparaît, ornée des sept dons de l'Esprit-Saint, son Sanctificateur et son Époux. La Sagesse éternelle qui atteint d'une extrémité à l'autre, avec force et suavité, et dispose toutes choses, a construit sa maison ; il fit sa Mère digne de recevoir en Elle son Dieu et de l'engendrer dans les entrailles de sa chair sans tache. Le lit nuptial de Celui qui descend pour célébrer les noces divines de son Église, est là.

    Réjouissons-nous donc, tressaillons d'allégresse, aujourd'hui est née la Reine du monde, la Porte du ciel, le Tabernacle de Dieu, l’Étoile de la mer, l’Échelle par laquelle ce Roi béni va descendre sur terre, par laquelle l'homme, jusqu'ici gisant par terre, peut enfin remonter au ciel. »

    Dom Eugène Vandeur (1875-1967), Élévations sur la Messe de chaque jour. Temps après la Pentecôte II (Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie), Éditions de Maredsous, Namur, 1950.

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    (Crédit photo)

  • Méditation - « Veillez, et priez »

    « Si l'homme, corrompu comme il est, a de la peine à embrasser le bien, il en a bien davantage à y persévérer. Outre qu'il a tout à craindre de sa faiblesse et de son inconstance, il rencontre tant d'obstacles, il y a tant d'assauts à soutenir, tant de pièges à éviter, qu'il ne faut pas être surpris s'il lui arrive de retourner en arrière, et de se démentir après les plus beaux commencements. [...]
    Cependant, ce n'est pas le commencement, dit saint Jérôme, qui décide de tout pour les chrétiens, mais la fin : Judas a bien commencé, et il a mal fini ; Paul au contraire a bien fini, après avoir mal commencé. Ce n'est pas qu'il n'importe infiniment de bien commencer ; il y a longtemps qu'on a dit avec raison que c'est la moitié de l'entreprise ; mais de quoi sert le plus heureux début, s'il n'est pas soutenu jusqu'au bout ? De quoi sert-il de s'élancer avec rapidité dans la carrière, si les forces et le courage manquent, avant qu'on touche au terme ? Le tout est de parvenir à ce terme : il n'y a pas de couronne à espérer sans cela.
    [...]
    Ô mon Sauveur ! c'est avec raison que vous avez dit : Celui qui aura persévéré jusqu'à la fin sera sauvé, pour nous faire entendre qu'en effet notre persévérance est notre ouvrage. Oui, votre grâce m'est toujours offerte pour cela, et vous ne manquez à rien de ce que vous devez faire de votre côté. Il est vrai que le moment qui terminera mes jours est entre vos mains : j'ignore quand il viendra et en quel état il me trouvera ; mai si je regarde chaque moment comme si c'était le dernier, il est en mon pouvoir de me tenir toujours prêt et d'attendre sans crainte le moment décisif pour mon éternité.
    Faites donc, ô mon Dieu ! que je veille, et que jamais le sommeil ne me surprenne ; faites que je vous ouvre, et que je vous reçoive avec joie, à l'heure où vous frapperez à ma porte, afin que, trouvant tout en bon état dans mon âme, vous puissiez me dire : Courage, bon serviteur ; parce que tu as été fidèle, entre dans la joie de ton maître. Ainsi soit-il ! »

    P. Jean-Nicolas Grou s.j. (1731-1803), L’École de Jésus-Christ Tome second (Quarante-troisième leçon), Société Saint-Augustin, Lille & Retaux-Bray, Paris, s.d. [1885] (Quatrième édition).

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  • Méditation - Parler avec bonté

    « Pourquoi donc ne serions-nous pas toujours bienveillants dans nos discours ? Il y a à cela quelques difficultés, nous ne pouvons en disconvenir. Sous certains rapports, un habile homme a, plus qu'un autre, ce qu'il lui faut pour être bienveillant ; son esprit est plus large, son coup d’œil plus étendu, ses points de vue plus variés ; mais sous d'autres rapports, l'homme d'esprit a plus à faire pour être charitable en paroles : il a une de ces tentations qui semblent presque irrésistibles, celle de faire de l'esprit. Or, les paroles spirituelles sont rarement bonnes, dans toute la force du mot, rarement sans une goutte d'acide ou d'amer qui en fait le montant. Je crois que si nous voulions renoncer une bonne fois à faire de l'esprit, nous avancerions bien plus vite dans la route du ciel. Que les paroles de Notre-Seigneur dans les évangiles nous servent de modèles. [...] Sans doute, les paroles du Verbe éternel sont toutes des mystères divins, toutes marquées du sceau de la divinité, éclatantes de sa lumière ; mais que cela ne nous empêche pas de nous modeler sur elles. Tout bien pesé, il est rare que l'on puisse, sans péché, briller en parlant d'autrui. L'esprit est un véritable dard avec sa pointe, sa promptitude, sa finesse, son caprice, ses douleurs et son poison, il n'y manque rien. C'est cependant, pour bien du monde, une espèce de profession sociale d'amuser en conversation. Quelle affliction de voir ce travail à la tâche, vrai cauchemar de la conversation réelle ! Mais pour ce qui regarde notre point de vue, de telles gens peuvent-ils prétendre à être des hommes religieux ? [...]

    Tout faibles et pleins de besoins que nous soyons, mettons-nous en tête, ou plutôt au cœur, de faire quelque peu de bien dans ce monde pendant que nous y sommes. Pour cela, les bonnes paroles sont notre principal instrument. L'homme charitable en paroles a quelque chose de joyeux, et la bonne humeur est un pouvoir. Rien ne remet toutes choses dans l'ordre et dans la paix comme cela. »

    (à suivre demain : Écouter avec bonté)

    R.P. Frédéric-William Faber (1814-1863), Conférences spirituelles (Tous les hommes ont une vocation spéciale), Paris, Bray et Retaux, 1872 (Sixième édition).

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  • Méditation - de la douleur

    « Comme le remarque Mme de Staël, la douleur est donc un bien, ainsi que l'ont dit les mystiques ? Elle n'est pas un bien en soi, mais en ce qu'elle est l'instrument efficace d'un bien. La douleur est notre moyen naturel de perfectionnement ; elle est une dernière ressource pour l'âme qui, dans sa défaillance, abdique ses prérogatives.
    [...]
    La douleur sanctifie. Et elle sanctifie à un point qu'il n'est pas donné à celui qui la souffre de le savoir, si ce n'est peut-être par le sentiment qu'il en garde au fond de sa conscience. Remarquez combien les personnes qui ont souffert ensemble s'estiment après ! Le fait est surtout visible chez les époux, qui peuvent mieux s'apercevoir du perfectionnement qui s'est fait en leur cœur.
    La douleur seule entre assez en avant dans l'âme pour l'agrandir. Elle y réveille des sentiments que l'on ne soupçonnait point encore : elle va toucher jusqu'aux sources de la sainteté ! Dans ses élans, elle donne essor à des émotions que les plus grands artistes peuvent à peine entrevoir. Il y a dans l'âme des places très élevées où dort la vitalité, et que la douleur seule peut atteindre : l'homme a des endroits de son cœur qui ne sont pas, et où la douleur entre pour qu'ils soient !
    Ne redoutons pas les ravages de la douleur. Quelquefois elle vide entièrement l'âme, mais lorsqu'elle a passé, Dieu s'y précipite pour la remplir. Les joies du ciel descendraient-elles avec leur suavité dans toute l'âme humaine, si l'amertume de la douleur n'y avait partout éveillé une faim sacrée ? La joie se fait sa place quand le cœur s'agrandit : c'est dans le vase de la douleur que se répandra la Félicité. »

    Antoine Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880), La douleur (ch.III), Le Mans, Le Club du livre rare, 1961 (1ère éd. 1849).

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  • Méditation - Passer de ce monde à Dieu

    « Remettons-nous, les yeux fermés, entre les mains de la Sainte Vierge pour qu'elle prenne souci de nous et nous offre à Dieu. Sommes-nous dans la joie et les douceurs spirituelles, fermons les yeux, feignons en notre conduite de l'ignorer ; sommes-nous dans la tristesse et le délaissement, fermons-les encore et sachons nous abandonner. Ne nous demandons pas si l'on nous apprécie, cela ne regarde pas l'âme aux yeux lucidement fermés ; n'ayons point de jugement sur la perfection ou l'imperfection de nos frères : c'est chose encore que nous ferons mieux de laisser à Marie. - O mes chers Frères, celui qui s'abandonne de la sorte, je puis vous assurer que la sainte Vierge ne tarde pas à le prendre dans ses bras, à l'élever vers le Père. Tout l'art de passer de ce monde à Dieu, c'est de savoir fermer les yeux et remettre sa conduite à Marie. »

    Un Chartreux (Dom Jean-Baptiste Porion, 1897-1987), Amour et Silence, Seuil, Paris, 1951.

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  • Audience générale de ce mercredi 8 juin 2016

    Le premier miracle de Jésus accompli à Cana « illumine tout le mystère du Christ et ouvre le cœur des disciples à la foi ». Lors de l’audience générale, ce mercredi, le Pape François, en cette année de la miséricorde, a proposé une méditation sur le récit évangélique des noces de Cana. Le Saint-Père a notamment rappelé que c’est à Cana, que Jésus livre le sens de sa venue parmi nous.

    Commentaire de Xavier Sartre à lire / écouter sur Radio Vatican.

    Résumé :

    « Frères et sœurs, le premier signe de miséricorde accompli à Cana illumine tout le mystère du Christ et ouvre le cœur des disciples à la foi. Jésus se manifeste comme l’époux du peuple de Dieu et révèle la profondeur de la relation qui nous unit à lui. Le vin exprime l’abondance du banquet et la joie de la fête à laquelle nous sommes appelés. L’ultime recommandation, simple mais essentielle, de la Vierge ­ faites tout ce qu’il vous dira – est le programme de toute vie chrétienne. Il s’agit de s’en remettre à la Parole de Dieu pour faire l’expérience de son efficacité dans la vie. À Cana, Jésus livre le secret de sa personne et le but de sa venue parmi nous : l’époux inaugure les noces qui s’accompliront dans le mystère pascal ; il se lie à ses disciples par une Alliance nouvelle et définitive. »

    « Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier le pèlerinage du diocèse de Besançon, avec Monseigneur Jean-Luc Bouilleret, la Confédération internationale de la Société Saint Vincent de Paul, le Séminaire du Prado de Lyon ainsi que les pèlerins de Suisse, de Belgique et du Canada.
    Chers frères et sœurs, Jésus nous invite, chacun, à la joie de le connaître et de l’aimer. Par l’intercession de la Vierge Marie puissions-nous toujours entendre sa voix et avoir le courage de le suivre.
    Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

    Texte intégral original en italien sur le site internet du Vatican.

  • Méditation - « Jésus doux et humble de Coeur, rendez mon coeur semblable au vôtre ! »

    « La Douceur, c'est l'amour aux mains tendues pour donner, tout donner et même se donner. L'être qui n'est que don, qui ne pense pas à lui mais à l'autre est un doux. Comme saint François d'Assise, sa douceur s’étend à tout le monde qui l'entoure. Là où il y a la discorde, il cherche la paix ; là où est le désespoir, il met l'espérance ; là où règne la tristesse, il met la joie. Il ne cherche pas à être servi, mais à servir, il veut consoler plutôt qu'être consolé. Ayant banni toute recherche de son propre intérêt, le doux se tourne vers les autres : les bons dont il encourage la bonté, les méchants envers qui il se montre ferme (car douceur ne signifie pas lâcheté), les forts qu'il désarme par sa tendresse, les faibles qu'il encourage par son affection, les saints qu'il confirme par son exemple, les pécheurs qu'il accueille sans juger... Le Doux, c'est Jésus, c'est Jésus crucifié, ayant tout donné pour les autres, jusqu'à son Cœur transpercé. »

    (à suivre demain)

    Mgr David Macaire, Les petites Prières, Petit Guide Spirituel, Éditions Peuple Libre, Lyon, 2015.

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  • Méditation : Quel est notre amour pour Jésus ?

    « Je possède un si grand trésor. Je voudrais crier de joie et le proclamer à toute la création : louez le Seigneur, aimez le Seigneur qui est si grand, qui est Dieu… Le monde ne voit pas ; le monde est aveugle et Dieu a besoin d'amour. Dieu a besoin de beaucoup d'amour. Je ne peux pas lui donner tout ce qu'il demande, je suis petit, je deviens fou, je voudrais que le monde l'aime, mais le monde est son ennemi. Seigneur, quel supplice si grand ! Je le vois et je ne peux pas y apporter le remède. Je suis trop petit, insignifiant. L'amour que j'ai pour toi m'écrase, je voudrais que mes frères, tous mes amis, tout le monde, t'aime beaucoup…

    Quelle pitié me font les hommes qui, voyant le cortège de Jésus et de ses disciples, demeurent insensibles. Quelle joie devaient ressentir les apôtres et les amis de Jésus chaque fois qu'une âme ouvrait les yeux, se détachait de tout et les rejoignait à la suite du Nazaréen, lui qui ne demandait rien d'autre qu'un peu d'amour. Allons-nous le suivre, ma chère sœur ? Il voit notre intention et nous regarde, sourit et nous aide. Il n'y a rien à craindre ; nous irons pour être les derniers dans le cortège qui parcourt les terres de Judée, en silence, mais nourris d'un amour énorme, immense. Il n'a pas besoin de paroles. Nous n'avons pas à nous mettre à sa portée pour qu'il nous voie. Nous n'avons pas besoin de grandes œuvres, ni de rien qui attire l'attention : nous serons les derniers amis de Jésus, mais ceux qui l'aiment le plus. »

    St Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938), Écrits spirituels, Lettre à sa tante, 16 novembre 1935, Éditions du Cerf, Paris, 2008.

    Rafael Arnaiz Baron (9 avril 1911 – 26 avril 1938), fut un frère oblat cistercien-trappiste de l'abbaye San Isidro de Dueñas en Espagne. Il a été donné comme modèle à tous les jeunes du monde par St Jean-Paul II (aux Journées mondiales de la Jeunesse de Compostelle, lors de la veillée avec les jeunes au Monte del Gozo, le samedi 19 août 1989), et il a été béatifié par lui le 27 septembre 1992. Il a été canonisé par Benoît XVI le 11 octobre 2009. Il est fêté le 26 avril.
    Homélie de la canonisation de Rafael Arnaiz Baron, Dimanche 11 octobre 2009.

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  • Méditation - Prière d'offrande

    « Ô Dieu ! recevez mes louanges, mes adorations, tout mon amour. Hélas ! que puis-je rendre, moi qui suis si pauvre, si petite, mais je me sens si riche du désir de voir toutes les âmes vous consacrer leur cœur, leurs œuvres, leurs actions. Je fais le tour du monde et vais chercher et recueillir, pour vous les offrir, toutes les bonnes actions, grandes et petites, les œuvres, les travaux, les peines, les douleurs, les larmes, les épreuves de toutes sortes, les désolations, les souffrances, les soupirs des âmes qui ne pensent pas, qui oublient ou ne savent pas vous les offrir ; vous consacrer les joies, les espérances, les consolations, les succès, les bonheurs, les abondances de biens, toutes les grâces, les bienfaits qui, tous, sont l'effet de votre paternité et bonté envers nous, qu'elles ne savent reconnaître, vous attribuer, ne regardant jamais en haut ; toutes les prières faites trop en hâte, sans attention, celles récitées sur le bout des lèvres, et qui, pour cause, ne pénètrent pas jusqu'à vous, les communions faites sans véritable amour, avec trop peu de respect ou négligence : je vous apporte tout et vous offre tout, ô Dieu infiniment bon et miséricordieux, daignez les accepter et les agréer, vous à qui tout appartient, de qui tout découle, vers qui tout doit retourner. Soyez loué, béni de toutes les créatures qui furent, sont et seront jusqu'à la consommation des siècles. »

    Vénérable Marthe Robin (1902-1981), prière, 7 novembre 1930, in "Journal Décembre 1920 Novembre 1932", Les Cahiers de Marthe Robin, Editions Foyer de Charité, Châteauneuf-de-Galaure, 2013.

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  • Méditation : Abandon en la paix de Dieu

    « Ce que je vous désire plus que tout le reste est un profond oubli de vous-même. On veut voir Dieu en soi, et il faut ne se voir qu'en Dieu. Il faudrait ne s'aimer que pour Dieu, au lieu qu'on tend toujours, sans y prendre garde, à n'aimer Dieu que pour soi. Les inquiétudes n'ont jamais d'autre source que l'amour-propre : au contraire, l'amour de Dieu est la source de toute paix. Quand on ne se voit qu'en Dieu, on ne s'y voit plus que dans la foule, et que des yeux de la charité, qui ne trouble point le cœur.

    Il n'y a jamais que l'amour-propre qui s'inquiète et qui se trouble. L'amour de Dieu fait tout ce qu'il faut d'une manière simple et efficace, sans hésiter ; mais il n'est ni empressé, ni inquiet, ni troublé. L'esprit de Dieu est toujours dans une action paisible. Retranchez donc tout ce qui irait plus loin, et qui vous donnerait quelque agitation. « Le parfait amour chasse la crainte (1) ». Calmez votre esprit en Dieu ; et que l'esprit calmé prenne soin de rétablir le corps. Retirez-vous en Celui qui tranquillise tout, et qui est la paix même. Enfoncez-vous en lui jusqu'à vous y perdre et à ne plus vous trouver.

    C'est dans l'oubli du moi qu'habite la paix. Partout où le moi rentre, il met le cœur en convulsion, et il n'y a point de bon antidote contre ce venin subtil. Heureux qui se livre à Dieu sans réserve, sans retour, sans songer qu'il se livre.

    Je prie Dieu qu'il parle lui-même à votre cœur, et que vous suiviez fidèlement ce qu'il vous dira. Écouter et suivre sa parole intérieure de grâce, c'est tout : mais pour écouter, il faut se taire ; et pour suivre, il faut céder.

    Je vous souhaite la paix du cœur et la joie du Saint-Esprit. Toute pratique de vertu, et toute recherche de sûreté, qui ne s'accorde point avec cette paix humble et recueillie, ne vient point de Notre-Seigneur. »

    1. I Jn IV, 8.

    Fénelon (1651-1715), extrait de la Lettre à la Comtesse de Montreron, 24 mars 1712, in "Œuvres choisies de Fénelon" Tome Quatrième (Lettres spirituelles), Librairie de L. Hachette et Cie, Paris, 1867.

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