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âme

  • Méditation - une élévation de l'âme vers Dieu...

    « Aimez toujours la prière... et quand je dis la prière, ce n'est pas tant s'imposer quantité de prières vocales à réciter chaque jour, mais c'est cette élévation de l'âme vers Dieu à travers toutes choses qui nous établit avec la Sainte Trinité en une sorte de communion continuelle, tout simplement en faisant tout sous son regard. »

    Ste Élisabeth de la Trinité, Lettre 252 (fin décembre 1905) à Germaine de Gemeaux.

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    Luca Valentino Rossetti (1708–1770), La Sainte Trinité
    fresque de l'église San Gaudenzio à Ivrea (Turin, Piémont italien)

    (Crédit image)

  • Méditation - Unis au Christ

    « Quelle que soit l’étape où se trouve l’âme, son travail n’est pourtant jamais qu’un travail de coopération. Elle n’est pas seule : Dieu travaille en elle et avec elle : car il est toujours le premier Auteur de son progrès.
    Sans doute, dans les débuts, quand l’âme est encore embarrassée de vices et d’habitudes mauvaises, il faut qu’elle s’applique elle-même avec virilité et ardeur à enlever ces obstacles qui s’opposent à l’union divine. La coopération que Dieu réclame d’elle dans cette période est particulièrement grande et active, et se révèle très vivement à la conscience. Durant cette période Dieu accorde des grâces sensibles qui relèvent et encouragent. Mais l’âme expérimente des alternatives, des vicissitudes intérieures : elle tombe, puis se redresse ; elle peine, puis se repose ; elle reprend haleine, puis repart en avant.
    Au fur et à mesure que l’âme avance, que cèdent les obstacles, sa vie intérieure devient plus homogène, plus régulière, plus unie, l’action de Dieu se fait sentir plus puissante, parce qu’elle est plus libre de s’exercer, qu’elle rencontre dans l’âme moins de résistance et plus de souplesse : et alors, nous progressons rapidement dans la voie de la perfection.
    [...]
    Notre-Seigneur nous a donné si clairement cette doctrine fondamentale : « Je suis la vigne, vous êtes les branches ; demeurez en moi afin de porter des fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire » (1). « Que personne, dit S. Augustin, en commentant ce passage, ne s'imagine qu'il peut, par lui-même, porter le moindre fuit. Qu'il s'agisse de faire beaucoup ou de faire peu, on n'y peut réussir que par le secours de celui sans lequel on ne peut rien faire. Si la branche ne reste unie à la vigne, et ne tire du cep la sève nourricière, elle ne peut par elle-même produire le moindre fruit. » (2)
    [...]
    S’imaginer donc que le Christ prendra pour lui tout le travail serait une dangereuse illusion ; mais croire que nous pourrons faire quoi que ce soit sans lui serait une illusion non moins périlleuse. Aussi devons-nous être convaincus que nos œuvres n’ont de valeur qu’en raison de notre union à Jésus. »

    1. Jean XV, 5.
    2. Traité sur Jean, LXXXI, 3.

    Bx Columba Marmion (1858-1923), Le Christ Idéal du Moine (VII. Les instruments des bonnes œuvres), Desclée de Brouwer & Cie, Paris, 1939.

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  • Méditation - Quelle est mon aspiration la plus profonde ?

    « Lors des complies du mercredi, les moines chantent le Psaume 62,2 : "En Dieu seul le repos pour mon âme, de lui mon salut". Nous n'arrivons au repos que lorsque notre cœur se tourne complètement vers Dieu et que Dieu lui-même apaise notre faim d'amour et de présence, de paix et de plénitude. Nous n'arrivons pas, en mangeant, à être rassasiés pour toujours. Le Psaume 131 évoque un homme pieux en prière : "Je tiens mon âme en paix et silence, comme un petit enfant contre sa mère" (Ps 131,2). Cet orant a sans doute fait l'expérience que Dieu pouvait le calmer à la manière de la mère qui apaise son enfant en l'allaitant. L'amour de Dieu peut apaiser la faim la plus grande et nous amener au véritable repos. Lorsque nous considérons notre faim dans toute son ampleur, lorsque nous cessons de l'apaiser provisoirement, de la "colmater" pour ne plus la ressentir, alors nous découvrons en nous un lieu de paix, un lieu où règne le calme absolu parce que Dieu lui-même apaise cette immense nostalgie. Pour atteindre ce lieu, il faut se poser sans cesse cette question : "Quelle est mon aspiration la plus profonde ?" Dans le jeûne, nous laissons remonter à la surface nos désirs et nous nous demandons à quoi nous aspirons. Mais il faut encore passer au crible nos réponses pour vérifier laquelle correspond vraiment à notre désir le plus profond. Alors nous nous apercevons que ce désir, seul Dieu peut le combler. Tournant notre cœur vers Dieu, nous trouvons alors la paix dans laquelle notre faim est apaisée. »

    Anselm Grün, Invitation à la sérénité du cœur (7), Albin Michel, Paris, 2002.

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  • Sanctuaire intérieur

    « Il faut s'habituer à prier en tout lieu comme en tout temps. Le lieu de la prière, c'est l'âme et Dieu qui l'habite. Quand vous prierez, suivant le conseil de Jésus, entrez dans la chambre intime et retirée de votre âme, enfermez-vous là, et parlez à votre Père dont le regard aimant cherche votre regard. Voilà le vrai temple, le sanctuaire réservé. On le porte avec soi ; on peut sans cesse ou s'y tenir ou y rentrer bien vite après quelque sortie. Il faut en faire un lieu bien propre ; il faut l'orner : le grand ornement, c'est Dieu même. Il doit y retrouver ses traits. Ses traits, ce sont ses perfections. Participées par notre âme elles prennent le nom de vertus. L'âme qui les porte est belle de la beauté divine. Les vertus nous refont à l'image de Dieu, à l'image du divin Fils qui est venu les pratiquer ici-bas pour nous montrer les traits divins.

    Dans ce sanctuaire réservé, nouveau ciel et royaume de Dieu, la solitude et le silence doivent régner. Dieu est seul avec lui-même. Les Personnes divines ne portent pas atteinte à cette solitude ; elles la constituent. L'amour qui les anime les ferme à tout ce qui n'est pas lui : la cité est immense mais close, et Dieu seul l'occupe qui est "tout en tous" (1Co 15, 28). L'âme qui prie doit reproduire cette solitude, s'emplir de lui, rejeter tout autre.

    Le colloque qui s'engage alors est silence...

    C'est vers cette unité que nous tendons quand nous sommes enfermés en Dieu. il est devenu tout, nous le lui disons et nous ne savons plus dire autre chose. C'est le silence de l'âme rentrée en elle-même et occupée de Celui qu'elle y trouve... »

    Dom Augustin Guillerand (1877-1945), Face à Dieu, Parole et Silence, 1999.

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  • Méditation - les mains de la Providence

    « Aimer toutes les mains de la Providence. Ces mains ce sont les créatures par lesquelles Dieu nous atteint et complète son action sur nos âmes. Si nous savons le voir en elles, nous les aimons toutes. Il y a des mains qui crucifient... Il y en a qui, sans y prendre garde, nous ont broyé le cœur... Il y a des mains qui nous flagellent... ce sont les propos venimeux... Et toutes ces mains ont travaillé à notre sanctification. Il y a aussi des mains qui nous consolent... qui nous expriment la bonté et l'amabilité de la Providence... Dieu m'en a entourée et m'en a donné cette année une de plus par sa sollicitude.
    Il y a des mains qui nous bénissent et font réussir tout ce que ne pourraient nos seuls efforts... Ce sont les prières des petits et des malheureux...

    Il y a des mains, bien petites parfois, qui entouraient notre cœur d'un rayon de soleil, et qui, un jour, en un instant, laissent ce pauvre cœur brisé, parce qu'elles en ont emporté la moitié avec elles au ciel... Mais par elles, Dieu donne le baume avec la blessure ; ces petites mains qui adorent déjà le Père dans leur éternité, font descendre dans l'âme affligée l'écho céleste de la béatitude. Dieu nous rend en lui plus qu'il ne nous a pris par elles. Il y a enfin des mains qui nous conduisent... qui nous portent vers Dieu, et nous soutiennent dans la voie du ciel... Que Dieu les bénisse mille fois ces mains sacrées ! Qu'il les comble comme des coupes saintes ! Que la lumière, la grâce et l'amour en débordent pour sa gloire, pour leur bien et le bien des âmes ! Qu'il leur rende tout ce que notre gratitude ne pourra jamais ni apprécier, ni reconnaître !

    Et puis il y a une main au-dessus de toutes, sans nom qui soit digne d'elle. C'est elle qui, d'un signe, peut pulvériser l'univers ; c'est elle aussi qui atteint, au fond du cœur de l'homme, à ce point intime que nul ne touche. C'est son contact divin qui panse les blessures que rien ne pourrait guérir : ce sont ses impulsions qui nous vivifient, nous transforment, nous poussent vers le ciel ; c'est elle qui nous fait agir avant que nous l'ayons aperçue, qui nous guide, qui amène et dispose toutes choses et tout événement dans le sens de la grâce principale qui nous est donnée, pour nous faire parvenir à glorifier Dieu en ce monde et dans l'autre selon la manière voulue de lui, et à la place précise que son amour nous destine. »

    Lucie-Christine (Mathilde Bertrand, 1844-1908), Journal Spirituel de Lucie-Christine, 20 octobre 1890, publié par Aug. Poulain, Paris, Gabriel Beauchesne, 1910.

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  • Méditation - des retours sur soi-même

    « Il doit vous suffire de marcher devant Dieu dans toute la paix de votre âme, de ne pas faire tant attention à vous-même, mais plutôt à Dieu seul ; de vous tenir tranquille en tel état où il lui plaira de vous mettre, sans faire tous ces retours sur vous-même, pour savoir si c'est par votre faute ou non. Cette connaissance vous est entièrement inutile ; vous devez, par rapport à cela, vous contenter de purifier votre âme de toute affection qui ne serait pas en Dieu seul. Faites attention à une maxime que je vais vous dire ; je la crois de la plus grande importance dans la vie spirituelle : "Il faut moins chercher à connaître en quoi nous manquons à Dieu qu'à nous appliquer paisiblement et amoureusement à lui plaire en tous les mouvements de notre âme". Si vous tâchez de tenir votre cœur bien pur et bien paisible devant Dieu, votre union avec lui est assurée, quoique vous ne vous en aperceviez pas. Ne cherchez donc pas à savoir si vous l'êtes bien en réalité ; autrement votre âme ne serait ni bien pure, ni bien en paix devant lui. Faites ce que je vous dis là, et je crois que cela suffira pour tout, pour l'oraison comme pour la sainte communion. »

    Jacob Libermann (1802-1852), Lettres Spirituelles du Vénérable Libermann, Tome I (Lettre XXII à un séminariste, 11 sept. 1835), Paris, Poussielgue Frères, s.d. (v.1915).
    Les écrits du Vénérable Père Libermann peuvent être consultés en ligne ICI.

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  • Méditation - du silence

    « L'intention profonde du silence est de libérer l'âme, de lui rendre forces et loisir pour adhérer au Seigneur. Il affranchit l'âme, comme l'obéissance donne toute sa maîtrise à la volonté. Il a, comme le travail, la double efficacité de nous soustraire à la basse attraction de nos penchants sensibles et de nous fixer dans le bien. Il nous établit peu à peu dans une région sereine, où nous sommes capables de parler à Dieu et d'entendre sa voix. Le silence soutient donc à son tour une affinité avec la foi et la charité. Et de même qu'on ne nous demande pas l'obéissance pour la servitude, on ne nous demande pas non plus le silence dans un parti pris de vexation : toutes ces limitations tutélaires sont autre chose que des retranchements. Le silence est œuvre festive ; et c'est pourquoi, selon les anciens coutumiers, on l'observait rigoureusement les jours de fête. Or, dans l'âme chrétienne, la fête est de tous les jours. »

    Dom Paul Delatte (1848-1937), Commentaire sur la Règle de Saint Benoît (ch. VI), Paris, Plon-Nourrit et Cie / Maison Alfred Mame, 8e édition, 1913.

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  • Méditation - dépouillement

    « L'âme broyée est remplie de paix. Au fur et à mesure qu'elle progresse dans la grâce et la perfection, elle avance sans effort dans l'humilité, et désormais tout écart vers l'orgueil, la fausse grandeur ou la vaine gloire est pour elle aussi choquant qu'une fausse note pour l'oreille d'un musicien avisé. »

    P. Matta-el-Maskine (1919-2006), L'expérience de Dieu dans la vie de prière, Spiritualité orientale n°71, Abbaye de Bellefontaine, 1996.

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    (Crédit photo : Tina Bonner, Snowy sunburst vertical)

  • Méditation - les petites fleurs de l'Amour

    « Ne vous appliquez pas à la charité fraternelle et à l'humilité ; appliquez-vous à être un vase où Dieu vient demeurer : alors la charité fraternelle et l'humilité seront les seules attitudes possibles, que vous prendrez spontanément. Et quand vous y auriez manqué, fût-ce dix fois le jour, ressaisissez-vous tout de suite en JÉSUS, sans violence ni impatience contre vous-même. »

    Charles Journet (1891-1975), Comme une flèche de feu, lettres, Le Centurion, Paris, 1981.

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  • Méditation - indispensable recueillement

    « Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la Grâce de Dieu ; c'est là qu'on se vide, qu'on chasse de soi tout ce qui n'est pas Dieu et qu'on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul.
    Les Hébreux ont passé par le désert, Moïse y a vécu avant de recevoir sa mission, saint Paul, saint Jean Chrysostome se sont aussi préparés au désert... C'est indispensable... C'est un temps de grâce, c'est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer.
    Il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout le créé, au milieu desquels Dieu établit son règne et forme en elle l'esprit intérieur.
    La vie intime avec Dieu, la conversation de l'âme avec Dieu dans la foi, l'espérance et la charité. Plus tard l'âme produira des fruits exactement dans la mesure où l'homme intérieur se sera formé en elle.

    Si cette vie intérieure est nulle, il y aura beau avoir du zèle, de bonnes intentions, beaucoup de travail, les fruits sont nuls : c'est une source qui voudrait donner de la sainteté aux autres, mais qui ne peut, ne l'ayant pas : on ne donne que ce qu'on a, et c'est dans la solitude, dans cette vie, seul avec Dieu seul, dans ce recueillement profond de l'âme qui oublie tout le créé pour vivre seule en union avec Dieu, que Dieu se donne tout entier à celui qui se donne ainsi tout entier à Lui.
    Donnez-vous tout entier à Lui seul, mon bien-aimé Père, durant ces années de préparation, de grâce, et Il se donnera tout entier à vous.
    En cela ne craignez pas d'être infidèle à vos devoirs envers les créatures ; c'est au contraire le seul moyen pour vous de les servir efficacement. Regardez saint Paul, saint Benoît, saint Patrice, saint Grégoire le Grand, tant d'autres, quel long temps de recueillement et de silence !
    Montez plus haut : regardez saint Jean Baptiste, regardez Notre Seigneur.
    Notre Seigneur n'en n'avait pas besoin mais il a voulu nous donner l'exemple.
    Rendez à Dieu ce qui est à Dieu. »

    Bx Charles de Foucauld, Lettre au père Jérôme, 19 mai 1898 (OS p.765).

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  • Méditation - Très Sainte Trinité

    « La prière, c'est porter tous les hommes en son coeur dans l'amour ; c'est la descente du ciel dans l'âme, l'inhabitation dans l'âme de la très sainte Trinité, comme il a été dit : Nous viendrons en lui et nous ferons chez lui notre demeure. »

    St Jean de Cronstadt (1829-1908), Ma vie en Christ, Abbaye de Bellefontaine, Spiritualité Orientale n°27, 1979.

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  • Prière, à l’heure du crépuscule...

    « Et voici venir l’heure du crépuscule. À cette heure, Lumière du monde, sois encore avec moi. Reste avec nous, Seigneur, parce que le jour décline (Lc 24, 29).
    La clarté du jour se fait plus douce et plus tendre. Elle devient dorée, puis rouge, puis violette. Elle enveloppe toutes choses dans une grande paix.
    Étends la même paix, Seigneur, sur nos vies finissantes. Quand l’ombre des grands monts, – l’ombre des collines éternelles – s’approchera de mon âme, fais que cette ombre demeure traversée par ta lumière. Donne-moi alors, Seigneur, d’entendre sans crainte, avec joie, cette invitation qu’un jour, sur le lac, tu adressais à tes disciples : Passons à l’autre rive (Lc 8, 22). »

    Un moine de l’Église d'Orient [Lev Gillet, 1893-1980], Le visage de Lumière : Reflets d’Évangile, Éditions de Chevetogne, 1966.

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  • Méditation - Pentecôte

    « Dieu, qui ne cherche qu'à se communiquer, ne sait, pour ainsi dire, où poser le pied dans ces âmes pleines d'elles-mêmes et trop nourries de leur sagesse et de leurs vertus. Mais son entretien familier, comme dit l’Écriture, est avec les simples (Pr III,32)... Dieu les voit ; c'est en eux qu'Il se plaît à habiter : Mon Père et moi, dit Jésus-Christ, Nous y viendrons, et Nous y ferons notre demeure (Jn XIV,23). "Faites-moi connaître votre voix ; qu'elle sonne à mes oreilles" (Ct II,14).
    [...] Taisez-vous, mon âme : parlez, ô mon amour. Je dis qu'alors on sait tout sans rien savoir. Ce n'est pas qu'on ait la présomption de croire qu'on possède en soi toute vérité. Non, non : tout au contraire, on sent qu'on ne voit rien, qu'on ne peut rien et qu'on est rien.
    On le sent et on en est ravi. En cet état, l'Esprit enseigne toute vérité ; car toute vérité est éminemment dans ce sacrifice d'amour où l'âme s'ôte tout pour donner tout à Dieu. »

    Fénelon (1651-1715), Divers sentiments et avis chrétiens, Pierre Didot, Paris, 1792.

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  • Méditation - Le Nom de Jésus

    « Jésus met en garde ses disciples contre la multiplication des vaines paroles dans la prière. Il y a des heures où un tel besoin de simplification et d'unification s'empare de nous que même la prière parfaite, celle que le Seigneur enseigna à ses disciples, nous semble trop longue. Besoin d'exprimer notre prière en un seul mot. Ce mot nous a été donné. "Jésus ! Jésus !..." Il s'agit de le redire, - non mécaniquement, mais en esprit et en vérité.
    Dans le nom de Jésus se trouvent, résumés et agissant, tous les mystères de notre salut. Si nous répétons ce nom, la réalité de Jésus, à travers lui, peut nous pénétrer, nous emplir, nous imbiber de telle sorte que la parole se fasse chair en nous (non l'incarnation, au sens unique du mot, mais une participation par grâce).
    Le nom de Jésus pénètre l'âme, comme la tache d'huile silencieusement s'étend.
    [...]
    Seigneur Jésus, prie en moi, toi-même. Que je me taise, et que ta voix seule s'élève ! Si ta prière devient la mienne, si je te laisse prier en moi, tous les événements et toutes les créatures du monde entreront dans ma prière et seront portées par elle.
    Seigneur, deviens toi-même ma prière ! »

    Un moine de l’Église d'Orient [Lev Gillet (1893-1980)], Jésus - Simples regards sur le Sauveur, Éditions de Chevetogne, Coll. Irénikon, 1959.

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    Icône du Christ Pantocrator, VIe siècle
    Monastère Sainte-Catherine du Sinaï

  • Méditation - Chuuuuut...!

    « Notre existence, même bonne, n’a qu’un rendement médiocre, parce que notre attention se disperse trop. Nous sommes à la merci de chaque action, et, entre deux de nos actions, nous nous réservons à peine la minute de silence et de lumière qui nous mettrait face à l’Esprit vivificateur, présent en nous, mais paralysé par nous, oublié par nous, laissé à son obscurité dans notre fond d’âme et attendant vainement un regard, un cri du cœur, un mouvement d’amour. »

    P. Raoul Plus (1882-1958), Dans le Christ Jésus, Apostolat de la Prière, Toulouse, 1922.

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  • Méditation - « Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu ? » (1 Cor 3,16)

    « Désires-tu savoir si Dieu habite en toi, conformément à cette parole de l'Écriture : Dieu est admirable en ses saints (cf. Ps 67, 36) ? Scrute par un sincère examen de toi-même les replis de ton cœur et recherche sérieusement avec quelle humilité tu résistes à l'orgueil, quelle bienveillance tu opposes à l'envie, si tu ne te laisses pas prendre aux paroles flatteuses, et si tu te réjouis de ce qui arrive de bon aux autres. Refuses-tu de rendre le mal pour le mal, préfères-tu laisser les injures sans vengeance plutôt que de perdre l'image ressemblante de votre Créateur, lui qui, par des bienfaits donnés à tous, tâche d'amener tous les hommes à le connaître et fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes et lever son soleil sur les méchants et sur les bons (Mt 5, 45) ?

    Enfin, pour éviter les complications d'un examen trop inquiet, demande-toi si tu trouves au fond de ta conscience la charité, qui est la mère de toutes les vertus : si tu constates qu'elle emplit tout ton cœur d'amour pour Dieu et le prochain, au point qu'elle te fait désirer pour tes ennemis eux-mêmes les biens que tu souhaiterais pour toi, alors n'en doute pas, Dieu te guide, il habite en toi. »

    St Léon le Grand (406-461).

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  • Méditation - Compassion

    « Frère, je te recommande ceci : que la compassion l'emporte toujours dans ta balance, jusqu'à ce que tu ressentes en toi la compassion que Dieu éprouve pour le monde. Que cet état devienne le miroir dans lequel nous voyons en nous-même la vraie image et ressemblance de la nature et de l'être de Dieu (Gn 1,26). C'est par ces choses et par d'autres semblables que nous recevons la lumière, et qu'une claire résolution nous porte à imiter Dieu. Un cœur dur et sans pitié ne sera jamais pur (Mt 5,8). Mais l'homme compatissant est le médecin de son âme ; comme par un vent violent il chasse hors de lui les ténèbres du trouble. »

    Isaac le Syrien (VIIème siècle), Discours ascétiques, 1ère série (n°34).

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  • Méditation - paisible abandon en Dieu

    « Je vous recommande très instamment une chose plus particulière encore, c'est de conserver votre âme dans la douceur et la paix devant Dieu ; je veux parler de la paix et de la douceur de Dieu, et non de l'insensibilité et de l'indifférence. Tenez votre âme pure et nette de toute chose créée ; oubliez-vous vous-mêmes ; modérez-vous en toutes choses et en toutes circonstances ; appliquez-vous doucement et paisiblement à conserver vos âmes dans cette nudité et ce dépouillement universels, dans cette modération intérieure et cette liberté douce, tranquille et recueillie, dans cette paix, ce repos, cet abandon devant Dieu, votre souverain Seigneur et très aimable et très cher Père. Attendez tout de sa main ; mettez-vous simplement à sa divine disposition, pour qu'il fasse de vous absolument et définitivement ce que bon lui semblera ; soyez toujours contents, tranquilles, pleins de joie et d'actions de grâces, sur ce qu'il lui plaira de vous donner et de ne pas vous donner. Qu'il vous prenne et vous attire fortement ou qu'il semble vous laisser, qu'il vous précède ou qu'il suive, qu'il vous conduise par la main ou qu'il fasse semblant de vous laisser aller seuls (je dis qu'il fasse semblant : car que deviendriez-vous s'il vous laissait réellement ?) ; qu'il agisse en vous d'une manière sensible ou qu'il se cache ; qu'il vous fasse triompher hautement de tous vos défauts ou qu'il vous laisse ramper dans vos misères ; qu'il vous tienne dans la paix ou qu'il permette que vous soyez assaillis de troubles, de tentations ou d'inquiétudes, tout cela doit vous être égal, parce que vous ne devez fixer votre âme qu'en lui et son très saint et très amoureux bon plaisir.

    Tenez-vous donc toujours tranquilles, doux et paisibles au milieu de tant de différents états, et non seulement paisibles, mais pleins de joie et d'actions de grâces de ce que votre Père et votre souverain et bien-aimé Maître fait sa volonté en vous, selon toute la plénitude de sa sagesse et de son amour. »

    Vénérable François Libermann (1802-1852), Lettre à un groupe de séminaristes (Rennes, 3 octobre 1837), in "Lettres spirituelles", choix des textes du R.P. L. Vogel, DDB.
    Ecrits du Père Libermann

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  • Méditation - Rencontre intérieure

    « L'âme ère complètement quand elle s'en va par monts et par vaux chercher le secret qui est en elle-même. La solution de la vie est d'aimer Celui qui est le principe de l'amour et de travailler à conduire son cœur plus près de son Cœur à Lui. »

    Saint Augustin (354-430).

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  • Méditation - Préparer la venue du Seigneur

    « Comme Jésus est né à Bethléem, Il veut naître dans nos coeurs. Disons quelques mots de la façon dont nous devons nous préparer à la venue de Notre Seigneur.
    Lorsqu'on attend une visite, comment fait-on pour préparer la maison ? Eh bien ! d'abord on nettoie, ensuite on fait de la place, et enfin on décore.

    Nettoyer nos cœurs, c'est-à-dire les purifier du péché. Les pensées impures, les mauvais désirs, les sentiments d'envie et de rancune, de haine, d'avarice ou de vengeance, voilà ce qui salit notre coeur. Faisons comme la maîtresse de maison diligente ; regardons avec soin dans notre âme et si nous y trouvons quelqu'une de ces mauvaises pensées ou de ces mauvais sentiments, vite un coup de balai ! [...]

    Ainsi, quand on veut recevoir une visite, la première chose à faire est de nettoyer, la seconde, de faire de la place. [...]
    Tâchons de faire un peu plus de place aux choses surnaturelles dans notre vie. Lorsqu'on est vraiment décidé une fois pour toutes à ne pas attacher tellement d'importance aux choses de la terre, et à mettre sa confiance en Dieu seul, que l'on est en paix ! Que l'on est calme et tranquille ! C'est comme la pureté et la sérénité d'un beau ciel bleu qui succède à un sombre encombrement de nuages... [...]


    Enfin, quand on veut recevoir la visite de quelqu'un qu'on aime, on ne se contente pas de nettoyer et de faire de la place. On décore aussi et on dispose quelques fleurs dans l'appartement.
    Il en va de même avec le Bon Dieu. Ce n'est pas assez de nous laver de nos péchés, de maintenir notre cœur pur et libre de tout soucis de la terre : ajoutons-y encore les fleurs de nos bonnes pensées et de nos bons désirs. La petite Thérèse a inventé ce mot : "Jeter des petites fleurs". Ce qu'elle entendait par là, ce sont les petits sacrifices, les actes que l'on fait pour faire plaisir aux autres, les petites souffrances qu'on accepte sans se plaindre, et aussi les actes d'amour envers Dieu que l'on fait en s'approchant des sacrements. Quelle plus belle fleur offrir à Jésus qu'une bonne confession et une sainte communion ? »

    Un Chartreux [Dom Jean-Baptiste Porion, 1897-1987], Écoles de silence, Parole et Silence, 2001.

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