Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

communion

  • Louis James Alfred Lefébure-Wély (1817-1869) : Élévation ou Communion en la mineur

    (L’Organiste Moderne, Livraison 2)
    Dragan Trajer, orgue Mutin-Cavaillé-Coll de Notre-Dame de Metz

  • Méditation - La communion : union à Jésus, union aux âmes

    « Si une âme me dit : J'ai vu Dieu aujourd'hui, je lui demanderai : Eh bien ! comment vous trouvez-vous vous-même, à présent que Dieu est si près de vous, est entré en vous ? Il faudra qu'elle me réponde, si elle est pénétrée de Celui qu'elle a reçu : Combien je me trouve petite, je descends de bien haut ! La confusion est le premier devoir, la première impression de l'âme qui a vu passer Dieu avec sa grandeur, disons plus, avec l'effrayante bonté dont l'apôtre chéri s'épouvantait.

    « J'ai vu Dieu ; je me suis approché du Sauveur à la table sainte », - oh ! âme qui parlez ainsi, prouvez-le moi en agissant, vous dont la vie si tiède est une suite d'oublis et de lacunes, vous dont la vie consiste à ne pas vivre. Dieu est action et vie, un esprit toujours actif. Vous qui avez vu Dieu, Dieu vit-il en vous ? Si vous vous êtes approchée du Christ, prouvez-le par vos actes ; êtes-vous dévouée comme Jésus était dévoué ? Alors qu'Il trouve le repos de son Cœur dans le don de Lui-même : son amour inquiet, délicat pour les hommes, n'est satisfait qu'à ce prix.

    Où est votre dévouement, votre charité ? Prouvez-moi qu'au moment où Il entrait en vous, vous cherchiez à être humble. En voyant sa vie agissante, si vous n'êtes pas dévouée, c'est que le sacrifice de Dieu n'a pas pénétré dans votre âme, l'esprit de Jésus n'est pas entré dans votre coeur. La présence de Dieu se prouve par la confusion de la créature et par le désir qu'elle a, si petite qu'elle soit, de faire quelque chose pour Celui qui a tout fait ; la bonté qui s'est communiquée, doit agir par une diffusion de bonté, d'amour et de dévouement, parce que, mes Frères, l'effet de la Sainte Eucharistie est non seulement de nous unir à Dieu, de nous mettre en contact avec Lui, mais d'unir les âmes entre elles, en même temps qu'à Jésus. »

    Abbé Henri Huvelin (1838-1910), L'Amour de Notre-Seigneur, Tome second, L'Eucharistie, La Passion (III. L'action de l'Eucharistie dans nos âmes, 13 janvier 1878), Cinquième édition, Librairie Victor Lecoffre, J. Gabalda Éditeur, 1925.

    Abbé Huvelin,eucharistie,communion,union,Jésus,Christ,sacrifice,coeur,âmes,bonté,amour,charité,dévouement

    Fête du Saint Nom de Jésus, janvier 2015
    Église Saint Joseph de Macon, Géorgie (USA)

    (Crédit photo)

  • Prière - Action de grâces après la Communion

    « Ô mon Jésus, je me suis approchée de vous par Marie, c'est encore par Elle que je puis vous rendre de dignes actions de grâces ; je vous offre sa ferveur et la vivacité de son amour, après ses communions. Je vous offre ses joies lorsqu'elle voit le don de l'Eucharistie fait à un grand nombre d'âmes. Je vous offre ses actions de grâces du temps, ses louanges éternelles. Je les fais miennes, pour m'acquitter envers vous. Quand je vous offrirais toutes les louanges du ciel et de la terre, aucune ne vous plaît autant qu'un soupir, qu'un regard de Marie ! Seigneur Jésus, regardez Marie, et aimez en moi son enfant sur lequel vous tracerez la ressemblance de votre Mère chérie.

    Ô Marie, Jésus vous a choisie pour sa Mère, mais il vous a fait aussi notre Mère. Aimez-moi de cet amour maternel si doux au Cœur de Jésus, et faites que je vous aime avec les sentiments filiaux de Jésus, si doux à votre cœur. Après avoir conçu dans votre sein le Fils de Dieu, vous ne vous en êtes jamais séparée de pensée ni de sentiment ; faites que je ne me sépare jamais de Jésus ni de pensée ni de cœur, que je vive en sa présence, rapportant tout à sa gloire, que je me perde en lui, que seul il règne en moi. Ô Marie, par vous je puis obtenir cette grâce, par vous je la demande, et l'espère de votre maternelle bonté. Faites-moi souvenir en toute circonstance de demander la grâce de tellement aimer la volonté divine que je l'accomplisse avec empressement. »

    Réflexions et prières pour la Sainte Communion, Tome second (Neuvième exercice, VI), Neuvième édition, Paris, P. Téqui, 1895.

    prière,action de grâces,communion,eucharistie

  • Méditation - Prière avant la Communion

    « Saints martyrs, dont le sacrifice a glorifié Jésus-Christ, votre Roi, qui nous offre son Corps et son Sang à l'autel et à la croix, - priez pour moi, - afin que, par un martyre spirituel, avant de recevoir ces saints mystères, je m'immole moi-même comme une victime vivante et agréable.

    Saints pontifes, saints confesseurs, prêtres du Seigneur, ministres de Jésus-Christ, fidèles dispensateurs de ses mystères, qui vous êtes saintement acquittés des fonctions du sacerdoce, qui avez souvent offert à Dieu pour le peuple la victime de propitiation, dont vous l'avez nourri en même temps que vous le souteniez de la parole sainte, - priez pour moi, - afin que je m'acquitte de tous les devoirs d'un vrai chrétien, que je ne néglige pas les remèdes que Dieu m'accorde pour mon salut, et que je ne reçoive pas sa grâce en vain.
    [...]
    Tous les saints et toutes les saintes, tous les esprits bienheureux et tous les élus de Dieu, pour qui les cieux sont ouverts, qui vous nourrissez avec une sainte joie du pain sacré que nous ne voyons qu'en figure ; vous qui êtes déjà dans le port où nous allons péniblement au milieu des tempêtes, vous qui savez quel grand besoin nous avons d'un saint viatique, - priez pour moi, - afin que ce pain céleste nous soutienne dans cette vie, jusqu'à ce que nous ayons le bonheur d'en être rassasiés avec vous dans notre patrie bienheureuse.

    Seigneur, qui, dans ce Sacrement si admirable, nous avez laissé la mémoire de votre passion, faites que nous révérions de telle sorte les mystères sacrés de votre Corps et de votre Sang, que nous sentions continuellement en nous le fruit de votre rédemption, vous qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vivez et régnez dans tous les siècles. Ainsi soit-il. »

    Jacobus Merlo Horstius (1597-1644), extraits des Litanies de l'Eucharistie, in "Le Paradis de l’âme chrétienne contenant divers Exercices de Piété tirés de L’Écriture Sainte et des SS. Pères. Traduit du latin de Horstius, docteur de l'Université de Cologne, et Curé de la même ville" (Tome Premier, Quatrième Partie, Ch. II). Nouvelle édition revue et corrigée sur celle de 1715, par l'Auteur du Culte Public [Gaspard-Jean-André-Joseph Jauffret (1759-1823)], A Paris, Chez la Veuve Nyon, Libraire, 1802.

    Horstius,prière,communion,litanies,sacrement,eucharistie,passion,corps,sang,Jésus,Christ,mystère,salut,rédemption

  • Méditation - Communier, c'est se donner au Christ

    « Nous savons qu'à l'autel Notre-Seigneur se remet pour nous dans l'état de victime où il était sur la Croix. Victime, qu'est-ce à dire ? Chose offerte à Dieu en signe de notre offrande intérieure. Évidemment, lorsqu'à la Consécration, nous offrons ainsi l'Humanité Sainte de Jésus à la Trinité, nous faisons déjà, par notre intermédiaire, notre délégué, qui est le prêtre, un véritable sacrifice. Mais combien cela est mieux signifié quand nous communions ! En nous unissant ainsi à notre Victime, nous marquons aussi clairement qu'il est possible que nous entendons bien ne faire qu'une Victime avec Jésus. Je sais bien qu'on réserve d'habitude le nom d'âmes-victimes à celles que notre doux Sauveur a choisies pour les associer davantage à ses souffrances. Mais en un sens, il faut bien que tout chrétien soit victime, c'est-à-dire chose offerte, chose consacrée, chose donnée à Dieu, chose qui ne s'appartient plus, mais qui est devenue la propriété de Dieu en Jésus.

    Si tel est - et il est impossible d'en douter - le sens plénier de la communion eucharistique, vous voyez que la participation au Corps et au Sang de Jésus est bien autre chose qu'une visite qu'Il nous ferait. Combien, qui se croient pieux, ne comprennent pas cela ! Et alors, qu'arrive-t-il ? On fait comme une maîtresse de maison qui reçoit un invité de marque. Elle l'accueille dignement, elle le traite avec honneur, mais en sentant qu'elle est chez elle et qu'il n'est pas chez lui. Et quand il est parti, qu'elle peut déposer la contrainte qu'elle s'imposait par égard pour lui, elle est bien tentée de dire : « Ouf ! le voilà parti ! » Oh ! ma petite fille, est-ce bien sûr qu'après l'une ou l'autre de vos communions, l'action de grâces faite sérieusement, je l'accorde, vous n'avez jamais été sur le point de penser, une fois la présence réelle disparue : « C'était très bien d'avoir le Bon Jésus, mais enfin, maintenant qu'il est parti, je vais pouvoir me détendre. » Cela venait de ce que vous compreniez de travers ce que c'est qu'une communion. Dans la vérité, communier c'est marquer qu'on reconnaît qu'on ne s'appartient plus, et pas seulement pour le temps de l'action de grâces, mais sans limite de temps, selon ce que dit saint Paul : « Vous n'êtes plus à vous, vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu ; non estis vestri, Christi estis, Christus autem Dei. » (1) »

    1. I Cor. II, 23.

    Abbé V.A. Berto (1900-1968), Notre-Dame de Joie. Correspondance de l'Abbé Berto (extraits de la Lettre du 2.XII.1935 à une élève de 13 ans), Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1989 (2e édition).

    abbé Berto,Seigneur,autel,croix,victime,offrande,consécration,eucharistie,communion,corps,sang,action de grâces,participation

  • Méditation - La vie de Jésus en Marie et en chacun de nous

    « Durant neuf mois, le Verbe incarné a été caché dans le sein de Marie. Il y résidait avec la même gloire, la même puissance qu'au ciel, et y régnait souverainement. C'est de toute la création, le lieu le plus cher à son amour et le sanctuaire où la majesté divine a été plus parfaitement honorée. Marie, en laquelle se passent de si grandes choses, peut dire avec vérité à Dieu le Père comme à son Fils consubstantiel : « Tout ce qui est à vous est à moi, et tout ce qui est à moi est à vous ! » Comme Dieu a comblé le Verbe incarné de dons éminents faits à lui seul, de même Jésus-Christ remplit l'âme de sa mère de grâces incommunicables à aucune autre créature. Recevant d'elle sa vie humaine, il lui communique sa vie divine et l'établit par avance mère de toute l'Église. Jésus n'ayant été aimé de personne sur la terre autant que de Marie, conjurez-la de vous donner son coeur pour aimer votre Dieu-Sauveur, et priez-la d'être votre interprète pour remercier sa divine majesté de toutes les grâces qu'il vous a faites et surtout de vous avoir appelé à la communion fréquente.

    Par la communion fréquente, Jésus habite en vous d'une manière qui a quelque rapport à sa vie dans le sein de Marie, seulement elle est accidentelle et passagère. Mais les grâces que sa présence vous apporte demeurent pour que vous les fassiez valoir par votre coopération. Étudiez donc attentivement la conduite de Marie pendant qu'elle portait Jésus dans son sein : imitez son recueillement, son silence, son application à la présence du Dieu si intimement uni à elle, sa docilité à l'action qu'il lui imprimait. Dégagez-vous des créatures, parce que si la dissipation vous sortait de vous-même où Jésus vit en vous comme en lui-même, vous perdriez les grâces de cette incompréhensible union ! A la communion, Jésus est vraiment votre Dieu-Sauveur, puisqu'il ne se donne à vous que pour procurer efficacement votre salut. Et comme toutes les grâces qu'a reçues Marie venaient de sa proximité avec le Verbe incarné, demandez à Jésus que votre cœur soit un petit temple toujours cher à son amour, et pour le lui rendre agréable, tâchez de ne mettre jamais d'obstacle aux grâces qui vous seront communiquées par l'adorable Eucharistie. »

    [P. Eusèbe Godfroy s.j. (1817-1889), publié par la Comtesse Hyacinthe d'Hoffelize], La vie de N.-S. Jésus-Christ méditée pour tous les jours de l'année... (3ème semaine de l'Avent, Jeudi I & III), par l'auteur des "Avis spirituels", Tome premier, Paris, Charles Douniol, 1868.

    Vierge-Marie_icone-birth_1a.gif

    Crédit photo - The Helper in Childbirth

  • Méditation - Une bonne leçon du St curé d'Ars, à retenir...

    « Le don surnaturel qu'avait reçu M. Vianney de voir à distance ou de lire dans les cœurs valut à certaines personnes de courtes hontes.
    C'est ainsi qu'en distribuant la communion pendant sa messe, il passa par deux fois une dame pieusement agenouillée à la sainte table. Voyant le serviteur de Dieu revenir une troisième fois près d'elle :
    « Mon Père, dit-elle toute rougissante, vous ne m'avez pas donné la communion.
    — Non, mon enfant, répondit le saint penché au-dessus d'elle ; vous avez pris quelque chose ce matin. »
    Elle se souvint qu'en effet, elle avait, à son lever, mangé par inadvertance un peu de pain. (1)
    *
    *       *
    A la même place, quelque chose d'assez peu différent arriva à une demoiselle Étiennette Poignard, qui habitait le gracieux pays de Blacé, au delà de Villefranche-sur-Saône. Un beau matin de 1845, de très bonne heure, de joyeuses compagnes vinrent frapper à ses volets clos. « Allons, criaient-elles, en route, les pèlerins d'Ars, en route ! ». Etiennette ne se fit pas prier. En hâte, elle se leva et sauta dans la voiture où on l'attendait.
    La jeune fille était sincèrement pieuse ; elle communiait souvent et bénéficiait même des directions de M. Vianney. L'idée de revoir ce bon Père la transportant d'allégresse, elle ne fit que chanter elle-même, babiller et rire tout le temps du voyage. On pénétra dans Ars un peu avant sept heures, précisément pendant que la cloche annonçait la messe de M. le Curé.
    Etiennette tenta de se recueillir, y parvint à grand'peine et, le moment venu de la communion, elle alla, seule de ses compagnes, s'agenouiller à la sainte table.
    Le célébrant, arrivé à sa jeune pénitente, commença la formule rituelle : Corpus Domini nostri... mais il ne l'acheva pas ; il demeurait là, immobile, tenant l'hostie entre ses doigts. Mlle Poignard levant les yeux, aperçut un visage sévère.
    Interdite, elle se mit à réciter mentalement les actes de foi, d'espérance et de charité par lesquels elle avait coutume de clore chaque matin sa prière... Alors seulement, le saint Curé la communia.
    Etiennette se retira ; mais une angoisse subsistait en elle. Avait-elle donc péché assez gravement pendant ce voyage ? Elle voulut en avoir le cœur net. Vers midi, elle joua si bien des coudes qu'elle eut la chance de se trouver, entre l'église et la cure, sur le passage de M. Vianney. Celui-ci savait à qui il avait affaire et que la leçon serait féconde.
    « Quand on n'a pas fait sa prière du matin, lui dit-il discrètement et avec bonté, quand on a été dissipée tout le long de la route, on n'est pas trop disposée à faire la sainte communion. »
    Etiennette Poignard comprit et ne recommença plus. (2) »

    1. Rapporté par M. André Thèbre, lors du Procès apostolique inchoatif (folio 1118).
    2. Les détails de ce récit proviennent de Mlle Maria Brizard, domiciliée à Ars et amie intime de Mlle Poignard (Documents Ball, N° 18).

    Chanoine Francis Trochu, Les Intuitions du Curé d'Ars, Première Série (Troisième Partie, Ch. XX : En distribuant la communion), Librairie Catholique Emmanuel Vitte, Lyon - Paris, 1931.

    Saint_Cure-d-Ars_4a.jpg

    Statue par Emilien Cabuchet (1819-1902), Sanctuaire d'Ars

  • Méditation - Le Saint Sacrifice de la Messe

    « Le sacrifice de la messe est le centre auquel tout se rapporte dans la liturgie. A un certain moment, pendant la messe (et c'est pour quoi le « silence sacré » (1) est alors de rigueur), il y a comme un coup de foudre divin ; aux paroles de la double consécration (qui, fait qu'elle sépare sacramentellement le Corps et le Sang du Seigneur, est un signe à portée réelle de sa mort sur la croix), Jésus se rend présent sur l'autel, en l'état de victime : voilà soudain mystérieusement devant nous, pendant quelques minutes du temps où nous vivons, le sacrifice où il s'est donné pour nous, sa suprême offrande de lui-même au Père, l'acte par lequel il a conquis la grâce rédemptrice pour tous les hommes. A la messe, les fidèles ne sacrifient pas avec le prêtre ; c'est au prêtre seul qu'a été confié, en vertu du sacrement de l'Ordre, le pouvoir de sacrifier (*). Les fidèles tiennent de leur Baptême une autre sorte de pouvoir, la capacité de s'unir au prêtre dans l'offrande de la victime sacrifiée (comme d'être, ainsi que lui, nourris du Corps du Christ après qu'il s'en est nourri dans la communion sacramentelle par laquelle il consomme le sacrifice). Ils agissent alors au titre même de membres visibles ou sacramentellement marqués de l’Église qui, en union avec son Chef, et dans un rite sacré accompli en commun avec lui, offre à Dieu l'Agneau qui porte les péchés du monde. »

    1. De sacra liturgia ["Sacrosantum concilium"], S 30.
    (*) : Le prêtre à l'autel agit in persona Christi, c'est à dire « dans la personne du Christ », ou plus précisément « avec l’autorité et la puissance du Christ ».

    Jacques Maritain (1882-1973), Le Paysan de la Garonne, Desclée de Brouwer, Paris, 1965.

    Jacques Maritain,sacrifice,offrande,messe,liturgie,silence,consécration,autel,victime,prêtre,in persona Christi,Corps du Christ,communion

  • Méditation - Les pratiques de la dévotion au Sacré-Coeur 2. Communion et amende honorable

    « Une des demandes de Jésus à Marguerite-Marie est de communier aussi souvent qu'elle pourra. C'est là le véritable esprit de l’Évangile, remis en honneur par Pie X.
    Dans la vie de Marguerite-Marie, la dévotion au Saint-Sacrement est étroitement unie avec la dévotion au Sacré-Cœur. C'est devant le Saint-Sacrement qu'elle a ses principales révélations. C'est à l'autel qu'elle voit Jésus outragé, qu'elle lui fait amende honorable et lui offre ses hommages et ses réparations. Elle aime et recommande l'adoration du Saint-Sacrement ; elle désire se consumer comme un cierge qui brûle devant l'autel.
    L'amende honorable tient une grande place dans la vie de Marguerite-Marie et dans ses recommandations. C'est la meilleure forme de réparation amoureuse pour l'amour outragé. C'est ainsi que Notre-Seigneur la présente dans la grande apparition. Il demande que le jour de la fête future on honore son Cœur « en communiant ce jour-là et en lui faisant réparation par une amende honorable pour réparer les indignités qu'il a reçues pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels. »
    L'amende honorable est un acte précis, déterminé, mais c'est en même temps une tendance générale de l'âme dévote, jalouse de l'honneur de celui qu'elle aime. Cet esprit de réparation est partout dans la vie de Marguerite-Marie et dans ses écrits. Elle demandait aussi la communion réparatrice. Aux prêtres, elle eût demandé la messe réparatrice. « Vous ferez, disait-elle à ses novices, une communion pour faire amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus-Christ et lui crier miséricorde pour toutes les mauvaises communions qui se font et se sont faites par nous et les mauvais chrétiens. » »

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (22 juin, IIe Point p. 667), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

    sacre-coeur_amende-honorable.jpg

    Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus
    prescrite par
    S.S. le Pape Pie XI (8 mai 1928)
     
    Très doux Jésus, vous avez répandu sur les hommes les bienfaits de votre charité, et leur ingratitude n'y répond que par l'oubli, le délaissement, le mépris. Nous voici donc prosternés devant votre autel, animés du désir de réparer, par un hommage spécial, leur coupable indifférence et les outrages dont, de toutes parts, ils accablent votre Cœur très aimant.
     
    Cependant, nous souvenant que nous-mêmes, nous nous sommes dans le passé rendus coupables d'une si indigne conduite, et pénétrés d'une profonde douleur, nous implorons d'abord pour nous-même votre miséricorde. Nous sommes prêts à réparer, par une expiation volontaire, les fautes que nous avons commises, tout prêts aussi à expier pour ceux qui, égarés hors de la voie du salut, s'obstinent dans leur infidélité, refusant de vous suivre, vous, leur Pasteur et leur Chef, ou, secouant le joug si doux de votre loi, foulent aux pieds les promesses de leur baptême.

    Nous voudrions expier pour tant de fautes lamentables, réparer pour chacune d'elles : désordres de la conduite, indécence des modes, scandales, corrupteurs des âmes innocentes, profanation des dimanches et des fêtes, blasphèmes exécrables contre vous et contre vos Saints, insultes à votre Vicaire et à vos prêtres, abandon et violations odieusement sacrilèges du divin Sacrement de votre amour, péchés publics enfin des nations qui se révoltent contre les droits et l'autorité de votre Église.

    Que ne pouvons-nous effacer de notre propre sang tant d'offenses ! Du moins, pour réparer votre honneur outragé, nous vous présentons cette même satisfaction que vous avez offerte à votre Père sur la Croix et dont vous renouvelez l'offrande, chaque jour, sur l'autel ; nous vous la présentons, accompagnée de toutes les satisfactions de la Très Sainte Vierge votre Mère, des Saints, des chrétiens fidèles.

    Nous vous promettons, de tout notre cœur, autant qu'il dépend de nous et avec le secours de votre grâce, de réparer nos fautes passées, celles de notre prochain, l'indifférence à l'égard d'un si grand amour, par la fermeté de notre foi, la pureté de notre vie, la docilité parfaite aux préceptes de l'Évangile, à celui surtout de la charité.

    Nous vous promettons aussi de faire tous nos efforts pour vous épargner de nouvelles offenses et pour entraîner à votre suite le plus d'âmes possible.

    Agréez, nous vous en supplions, ô très bon Jésus, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie Réparatrice, cet hommage spontané d'expiation ; gardez-nous, jusqu'à la mort, inébranlablement fidèles à notre devoir et à votre service, accordez-nous ce don précieux de la persévérance qui nous conduise tous enfin à la patrie où, avec le Père et le Saint-Esprit, vous régnez, Dieu, dans les siècles des siècles.

    Ainsi soit-il.

    Texte intégral en libre téléchargement sur notre site (format pdf).
  • Méditation - Intimité divine

    « Par la Communion, nous entrons dans l'amour, dans le Cœur de Notre-Seigneur : nous prenons l'esprit de son amour, son propre sens, son propre jugement. La première grâce de la Communion n'est-elle pas, en effet, une grâce de recueillement qui nous fait pénétrer en Jésus-Christ et communiquer avec lui d'une manière intime ? - Je dis intime. Celui qui ne communie pas, ne connaît par la foi que le vêtement, que l'extérieur de Notre-Seigneur. On ne connaît bien Jésus-Christ qu'en le prenant, comme on ne sent bien la douceur du miel qu'en le goûtant. Alors on peut dire avec un grand saint : « Je connais davantage la vérité de Jésus-Christ, son existence, ses perfections, par une seule Communion, que par tous les raisonnements possibles. »
    [...]
    Et c'est un défaut de beaucoup de personnes de vouloir toujours raisonner dans l'action de grâces, qui est l'oraison par excellence : en parlant trop, elles paralysent l'effet de leur Communion. - Écoutez donc un peu Notre-Seigneur après la Communion. Ce n'est pas le moment de chercher, mais de goûter. C'est le moment où Dieu s'enseigne par lui-même : Et erunt docibiles Dei (1). - Comment une mère enseigne-t-elle à son petit enfant l'amour et la bonté sans limites qu'elle a pour lui ? Elle se contente, par son dévouement, de lui montrer qu'elle l'aime. Ainsi fait Dieu dans la Communion. Rappelez-vous bien que celui qui ne communie pas ne connaîtra jamais le Cœur de Notre-Seigneur, ni l'étendue de son amour. Le cœur ne se fait connaître que par lui-même : il faut le sentir, sentir ses battements.

    Quelquefois vous n'éprouvez aucun sentiment de joie spirituelle à la Communion. Attendez. Le soleil se cache, mais il est en vous ; vous le sentirez quand il faudra, soyez-en sûr. - Que dis-je ? vous le sentez déjà ! N'avez-vous pas la paix, un désir de glorifier Dieu davantage ? Et qu'est-ce, sinon le battement du Cœur de Notre-Seigneur en vous ? »

    1. Jn VI, 45 : "Ils seront tous enseignés par Dieu". Cf. Is LIV, 123 ; Jr XXI, 33,34 ; Ez XI, 19, XVIII, 31, XXXVI, 25,26.

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Ecrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Deuxième Série, La sainte Communion, Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1926 (seizième édition).

    St Pierre-Julien Eymard,intimité divine,communion,eucharistique,coeur,Jésus,Notre-Seigneur,Christ,action de grâces,recueillement,grâces

  • Méditation : « Il est à moi ; je suis à Lui »

    « Dilectus meus mihi. (1) - Dans tous les autres mystères, par toutes ses grâces, Jésus nous donne quelque chose : sa grâce, ses mérites, ses exemples. Dans la sainte Communion, il se donne tout entier. Il se donne avec ses deux natures, avec la grâce et le mérite de tous les états par où il est passé. Quel don ! « Totum tibi dedit qui nihil sibi reliquit : Celui-là donne tout qui ne retient rien pour lui » ; n'est-ce pas le don eucharistique ? D'où a pu venir à Notre-Seigneur la pensée de se donner ainsi, sinon de son Cœur embrasé pour l'homme d'un amour sans bornes ? Ô Cœur de Jésus, Cœur infiniment libéral, soyez loué et béni à jamais !

    Jésus, nous aimant chacun en particulier, se donne à chacun. L'amour général touche peu. Mais l'amour qu'on nous témoigne personnellement, nous n'y résistons pas. Que Dieu ait aimé le monde, c'est bien beau ; mais qu'il m'aime, moi, qu'il me le dise, et que pour m'en convaincre il se donne à moi : voilà le triomphe de son amour. Car Jésus vient pour moi ; je pourrais dire qu'il vient pour moi seul. Je suis la fin de ce mystère de puissance et d'amour infinis qui s'opère au saint autel ; car il se termine à moi, se consomme en moi ! Ô amour, que vous rendrai-je ? Moi, pauvre créature, occuper ainsi la pensée de Jésus-Christ ; moi, devenir la fin de son amour ! Oh ! vivez et régnez en moi, ô mon Dieu : je ne veux pas que vous m'ayez aimé en vain ! »

    1. Dilectus meus mihi, et ego illi, qui pascitur inter illa. (Ct 2, 16) : Mon bien-aimé est à moi, et moi je suis à lui, qui mène paître ses brebis parmi les lis.

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Deuxième Série, La sainte Communion, Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1926 (seizième édition).

    Bon-Pasteur_vitrail_5a.jpg

    (Crédit photo)

  • Méditation : « Fais de nous une éternelle offrande à ta gloire... »

    (suite et fin de la méditation proposée vendredi 22 janvier)

    « Non seulement l'intelligence vraie et complète de la Messe devrait conduire naturellement tout fidèle, - et à plus forte raison tout prêtre, - à s'offrir à Dieu en immolation, chaque fois qu'il lui est donné d'assister au divin sacrifice ou de le célébrer ; l'intelligence vraie et complète de la sainte communion devrait pousser également chaque fidèle, - et à plus forte raison chaque prêtre, - à une offrande analogue chaque fois qu'il a le bonheur de recevoir Jésus-Hostie.
    Il y a en effet deux aspects de la sainte communion, également essentiels, également dogmatiques, et qui méritent au même titre de commander la piété chrétienne - : la communion, incorporation à la vie de Notre-Seigneur, - la communion, incorporation à sa mort.
    [...]
    N'oubliez pas, disait saint Paul aux Corinthiens, qu'à chaque communion, vous « annoncez la mort du Seigneur » (I Cor. XI). Vous devez donc, telle est sa pensée, vous unir à son immolation, communier à sa mort. Et l'Imitation ne parle pas autrement : « Comme je me suis offert volontairement à Dieu mon Père pour vos péchés, les mains étendues et le corps sur la croix, en sorte qu'il n'est rien demeuré en moi qui n'ait été offert dans ce sacrifice de votre réconciliation avec Dieu, vous devez de même vous offrir volontairement à moi tous les jours à la messe en oblation pure et sainte de vous-même... aussi intimement que vous pouvez le faire. » (L. IV, ch. VIII).
    [...]
    Communier veut dire cela : devenir un avec l'hostie - donc s'offrir spirituellement avec elle - donc « offrir sa chair à crucifier avec ses vices et ses convoitises » (Gal. V, 24), et livrer sa vie, ses travaux, ses souffrances, ses prières, à Notre-Seigneur pour lui demander de les pénétrer de son esprit d'hostie.
    [...]
    « Vouloir retirer les fruits du sacrifice dans la communion sans nous sacrifier, vouloir nous diviniser par l'hostie sans nous immoler avec elle, c'est aspirer à vivre en parasites de l'autel, chercher le salut en dehors de la croix (1). » La communion bien comprise n'est pas seulement divinisante, elle doit être immolante, et elle ne sera l'une que si elle est l'autre. La communion bien comprise ne consiste pas seulement en un trésor que l'on reçoit ; elle doit être un trésor que l'on donne ; elle ne comprend pas seulement la réception d'une hostie, mais la donation d'une hostie. On ne reçoit dignement la Victime de l'autel qu'à la condition de s'offrir soi-même en victime sur l'autel en esprit d'adoration et d'expiation (2). »

    1. P. J. Grimal : Le sacerdoce et le sacrifice de Jésus-Christ, p. 329 (Beauchesne, 1911). - 2. « Cette double fonction des fidèles, à la Messe, qui les constitue des offrants et des offerts est si réelle, que la liturgie du sacrifice est inintelligible sans cela et nous apparaît presque comme un non-sens. » Dom Vandeur, O.S.B., La Sainte Messe : Notes sur la liturgie, 6e éd., Gabalda, 1914, p. 135.

    Raoul Plus s.j. (1882-1958), L'idée réparatrice (Livre II ch. 3), Gabriel Beauchesne, Paris, 1919.

    Messe_Padre-Pio_5a.jpg

  • Méditation : A l'école de Marie et Joseph

    « Notre vie est très semblable à celle de Marie et Joseph entre l'Incarnation et Noël ; puisque comme Saint Joseph nous avons Notre-Seigneur contre nous, dans le tabernacle ; et comme la Sainte Vierge nous L'avons en nous, corporellement au moment de la communion sacramentelle, spirituellement par la communion spirituelle. Marie et Joseph adoraient Jésus au milieu d'eux, et nous trouvons que c'était bien doux... Jésus est-il moins au milieu de nous ! N'est-il pas dans ce tabernacle aussi réellement, aussi complètement que dans le sein de la bienheureuse Vierge ? N'y est-il pas aussi près de nous qu'il l'était de Saint Joseph ? Y est-il plus caché pour nous qu'il ne l'était pour ses saints Parents en ces mois de bienheureuse attente ! L'avons-nous moins en nous au moment de la sainte communion que ne l'avait en elle la très Sainte Vierge ? Ne pouvons-nous pas l'avoir sans cesse en nous spirituellement, par la communion spirituelle ?... Que nous sommes heureux ! Quelle destinée Dieu nous a fait ! Quelle béatitude divine ! La grâce incomparable que vous avez faite pendant quelques mois à vos saints Parents, vous nous la faites tous les instants de notre vie, ô Dieu de bonté. Ce bonheur céleste dont vous les avez fait jouir pendant quelques mois, vous l'offrez à tous les chrétiens en tous les moments de leur existence... Oh, jouissons de notre bonheur ; oh, profitons d'une telle grâce. Oh, soyons reconnaissants en entourant, comme Marie et Joseph, comme les saints anges, de tout notre amour, de toutes nos adorations, d'une perpétuelle contemplation, du culte le plus continuel, le plus empressé, le plus fervent, ce Sauveur béni qui est au milieu de nous comme Il était au milieu d'eux ! Apprenons de la Sainte Vierge à L'entourer, à l'adorer, à le garder en nous, Lui qui daigne si souvent être en nous corporellement comme Il fut en elle, Lui qui veut être spirituellement toujours, toujours en nous... Comme ces mois d'attente des Parents de Notre-Seigneur sont l'image exacte de notre condition !... Comme eux nous avons Notre-Seigneur sous notre toit, mais caché, voilé, invisible. Comme Marie nous avons chaque jour Notre-Seigneur en nous. Oh, Mère chérie, apprenez-nous à porter, à garder amoureusement dans notre corps et surtout dans nos âmes ce Sauveur bien Aimé. Oh, Marie et Joseph, apprenez-nous à adorer et à entourer le divin Jésus dans son tabernacle comme vous l'adoriez et l'entouriez sous le toit de Nazareth. »

    Bx Charles de Foucauld (1858-1916), Commentaire de Saint Matthieu (Lecture du Saint Évangile - St Matthieu), Œuvres spirituelles du Père Charles de Foucauld Tome V (p.57-58), nouvelle cité, 1989.

    Charles de Foucauld,incarnation,Noël,Marie,Joseph,Jésus,présence,tabernacle,communion,grâce,contemplation,attente,sauveur,adoration,bonheur

    (Crédit photo)

  • Méditation : Prions "afin que tous soient Un" (Jn 17, 21)

    « Plus nous devenons saints, plus nous sommes tout entiers communion, rien de nous-mêmes, mais habités par la communion de Dieu et de l’Église. Alors nous devenons intercessions vivantes d'unité pour les chrétiens, alors nous approfondissons en nous l'explication du mystère de l’Église pour tous les chrétiens.

    Dans cette communion à la souffrance de Dieu pour son Église défigurée, il nous faut implorer jusque dans les larmes, tellement l'urgence est grande. Implorons le Seigneur de convertir nos cœurs à lui, d'augmenter en nous la foi, l'amour et la force et d'envoyer son Esprit-Saint sur son Église tout entière, son Esprit de cohésion, de lumière et d'amour. Que comme un feu, il descende au cœur de chaque chrétien et sur tous, comme une nouvelle pentecôte !

    Il nous faut croire et espérer que Dieu peut convertir nos cœurs à son Cœur, nos esprits à son unique Esprit, croire qu'il peut accomplir en nous ce qu'il nous est impossible de faire. Il nous faut croire qu'il peut saisir nos regards en sa communion à Lui et dans la communion de son Église et ne pas les laisser s'arrêter à tout ce qui nous divise. Il nous faut avoir cette force de foi qui tire en avant et noue invisiblement les différents efforts d'unité des chrétiens. »

    Une sœur ermite, Le buisson ardent de la prière (III. Feu de réconciliation pour l’Église), Coll. Christus n°42, Desclée de Brouwer, Paris, 1976.

    prière,unité,sainteté,Eglise,communion,Esprit-Saint,lumière,amour

    Crédit photo : Copyright 2002-2015 – Ira Thomas

  • Méditation pour les enfants : après la Communion

    (Suite du dimanche 8 novembre)

    Adoration - Reconnaissance - Abandon - Dévouement
     
    « I. L'adoration - Celui que vous possédez en ce moment dans votre cœur, c'est ce même Dieu que les anges et les saints adorent dans le ciel en répétant ce sublime cantique : Sanctus, sanctus, sanctus. Il est la sainteté même ; il opère la sainteté dans les âmes, il couronne la sainteté dans le séjour de la gloire. A lui revient toute louange, tout honneur, toute adoration. Sans doute, mes enfants, vous vous sentez incapables de rendre à votre Dieu des hommages dignes de lui. Priez la très sainte Vierge, votre ange gardien, vos saints patrons, de suppléer à votre faiblesse et d'offrir à Jésus les flammes de leur amour...

    II. La reconnaissance - Ce Dieu si grand et si digne de vos adorations est en même temps un Dieu plein de bonté et de générosité. Non content de vous communiquer ses biens, il s'est donné lui-même tout entier. Quelle ne doit pas être votre reconnaissance pour un si grand bienfait ? Votre vie employée tout entière en actions de grâces ne suffirait pas pour payer dignement la moindre des faveurs de votre Dieu. Comment pourrez-vous jamais reconnaître dignement le don incomparable qu'il vous a fait aujourd'hui ? Répétez avec le Prophète-Roi : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, et jamais sa louange ne tarira dans ma bouche. » (Ps XXXIII, 2)

    III. L'abandon - En cet heureux moment, chers enfants, n'entendez-vous pas le Seigneur vous dire de sa voix intime : « Mon fils, donne-moi ton cœur. » (Prov XXIII, 26) Eh bien ! ce cœur, vous le lui abandonnerez tout entier, avec ses désirs et ses affections. Jésus s'est donné à vous sans réserve : vous voudrez lui appartenir sans partage...

    IV. Le dévouement - Ah ! désormais vous ne refuserez rien à Notre-Seigneur de tout ce qu'il vous demandera. Votre dévouement à sa gloire, à son culte, à son service, sera sans bornes. Avec l'apôtre saint Paul, vous jetterez à la vie et à la mort, et à quoi ce que soit au monde, le courageux défi de jamais vous séparer de la charité du Christ. Que ces sentiments, mes chers enfants, vous accompagnent aujourd'hui ; qu'ils vous animent toute votre vie, et vous rappellent ce beau jour de votre première communion. »

    M. H.-C.-A. Juge, Manuel de Prédication Populaire, Tome second (IIe Série : Première Communion, IX), Société Générale de Librairie Catholique, Paris - Bruxelles, 1881.

    enfant_priere_38a.jpg

  • Méditation pour les enfants : avant la Communion

    H.-C.-A. Juge,enfants,communion,eucharistie,présence,Jésus-Hostie,foi,humilité,confiance,amour,vie éternelle

    « S'approcher de Jésus-Hostie avec : Foi - Humilité - Confiance - Amour

    I. Avec foi - La foi, mes enfants, consiste à croire fermement à la parole de Notre-Seigneur. C'est lui qui vous dit que sous ces humbles apparences du pain et du vin, il y a son corps, son sang, son âme, sa divinité. Il est donc là tel qu'il était entre les bras de Marie et de Joseph ; dans la crèche, sous les yeux émerveillé des bergers ; parmi ses disciples, qui le voyaient, l'entendaient, le touchaient. Dites-lui donc bien du fond du cœur : Oui, mon Dieu, je crois à votre adorable présence dans la sainte Eucharistie, parce que vous l'avez dit. Rendez ma foi plus vive et plus ardente. Je vous adore avec les anges et les saints...

    II. Avec humilité - Qui serait digne, mes enfants, de recevoir un Dieu si grand, si saint, si parfait ? Adressons-lui les paroles du centurion (Mt VIII, 8) : elles nous conviennent si bien ! Seigneur, non, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, et encore moins dans mon pauvre cœur, si imparfait, si souillé, si dénué. Je m'humilie de toute mon âme devant votre adorable majesté, et, encore une fois, je vous offre tous les actes de repentir de ma vie... (Lc XVIII, 13)

    III. Avec confiance - Mais, en même temps, quelle inébranlable confiance ne devez-vous pas avoir en ce Dieu qui est la mansuétude même ? c'est lui qui vous appelle, lui qui vous ordonne d'aller à lui. Vous ne pouvez que vous écrier avec saint Pierre : « A qui irions-nous, Seigneur ? vous avez les paroles de la vie éternelle... » (Jn VI, 69)

    IV. Avec amour - C'est ici, mes enfants, que Notre-Seigneur vous donne la plus grande preuve de son amour : Ayant aimé les siens, il les aima jusqu'au bout (Jn XIII, 1). Tout Dieu qu'il est, il ne peut vous aimer davantage. A votre tour aimez-le autant que vous en êtes capables, de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces. Maintenant venez goûtez combien le Seigneur est doux (Ps XXXIII, 9). »

    M. H.-C.-A. Juge, Manuel de Prédication Populaire, Tome second (IIe Série : Première Communion, VIII), Société Générale de Librairie Catholique, Paris - Bruxelles, 1881.

    A suivre dimanche prochain : après la Communion

    h.-c.-a. juge,enfants,communion,eucharistie,présence,jésus-hostie,foi,humilité,confiance,amour,vie éternelle

  • Méditation : Dans l'unité de l'amour

    « Si, dans l'oraison, en essayant de nous ouvrir à l'amour de Dieu et de deviner tout ce qu'il est pour nous, nous avons appris combien nous ne pouvons vivre et nous épanouir qu'en lui. Si nous avons entrevu quelque chose de la plénitude de cet amour en prenant conscience de notre néant, et en pressentant la profondeur de son emprise sur ce néant que lui seul peut combler. Si nous avons compris en quel mystère de communion il nous engage, et quelle étroite unité, quelle intime solidarité il met entre tous ceux qui n'en peuvent vivre sans être saisis par la puissance d'unité qui est en lui. Si nous avons compris que le prochain se trouve ainsi engagé avec nous dans cet amour, qu'il est celui avec qui nous le vivons, sans qui nous ne pouvons le vivre : nous sommes liés avec lui dans ce mystère, par la puissance même de ce mystère. Alors, nous apprendrons à aimer vraiment le prochain, d'un amour vrai, d'un amour qui prend notre cœur dans la mesure même où il vit de ce mystère divin à l'intérieur duquel il voit le prochain. Le prochain, c'est alors celui qui vit avec nous ce mystère, et nous le vivrons plus pleinement en le vivant dans une plus étroite union avec lui. Vraiment, ce mystère que nous aimons est, pour nous, présent en lui. Alors nous comprendrons cette vivante unité entre le premier et le second commandement et que vraiment ils sont un seul commandement. »

    Dom Georges Lefebvre, moine de Ligugé, La foi dans les œuvres (Croire en l'amour), Desclée de Brouwer, Paris, 1961.

    fleurs_soleil_2a.jpg

    (Crédit photo : Corbis)

  • Méditation : Recevoir dignement le Corps du Christ

    « "Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour." (Jn 6, 54)
    Quand Jésus-Christ promet la vie éternelle à celui qui recevra son sacrement, il parle de celui qui le recevra avec les dispositions convenables. La récompense céleste ne peut pas être le prix de la tiédeur, beaucoup moins encore du sacrilège. Si pour célébrer cette pâque antique, qui n'était que la figure de la nôtre, les Juifs étaient astreints à de grandes préparations, jugeons combien elles sont plus nécessaires encore, lorsque nous recevons le véritable Agneau pascal qui efface les péchés du monde. Si la grâce que les autres sacrements confèrent, nous impose l'obligation de nous y disposer avec soin, quelles ne doivent pas être nos dispositions quand l'Auteur de la grâce vient en personne, avec la plénitude de ses dons, s'établir en nous ! Ce n'est qu'avec ses disciples que Jésus-Christ fait la pâque (1). Dans le mystère de l'incarnation, il se présente humble et pauvre ; il se rend dans une étable. Mais dans le mystère de l'Eucharistie, il veut être reçu avec dignité ; il se fait préparer une salle vaste et ornée (2). Tel qu'un sujet qui s'attend à être honoré de la visite de son souverain, nettoie, embellit, pare sa maison ; tel, à l'approche du Roi des rois qui vient de faire dans lui sa demeure, le chrétien chasse de son cœur tout ce qui pourrait offenser ses regards, et orne son âme de toutes les vertus qui lui plaisent. Distinguons donc avec les saints Pères et les conciles, deux manières de recevoir Jésus-Christ : l'une extérieure et sacramentelle, l'autre intérieure et spirituelle. Ils reçoivent Jésus-Christ sacramentalement, tous ceux qui s'approchent de son sacrement, quels qu'ils soient ; mais il n'y a que les justes qui le reçoivent spirituellement. Les âmes mal préparées le reçoivent, c'est-à-dire qu'il entre dans elles corporellement, mais sa grâce n'y entre pas. Ce n'est pas l'abondance de ses bénédictions, ce sont au contraire des malédictions qu'il leur apporte. Il descend dans nous, accompagné de ses inséparables attributs, de sa justice et de sa miséricorde : de sa justice contre ceux qui le reçoivent sans les préparations qu'il prescrit ; de sa miséricorde pour ceux qui apportent à sa réception les dispositions qu'il désire.
    "... car quiconque mange et boit indignement, mange et boit sa propre condamnation." (1 Co 11, 27-29) »

    1. Apud te facio Pascha cum discipulis meis. Matth. XXVI. 18. - 2. Ostendet vobis coenaculum magnum stratum, et ibi parate. Luc. XXII. 12.

    Cardinal César-Guillaume de La Luzerne (1738-1821), Explication des Évangiles des dimanches, et de quelques-unes des principales fêtes de l'année, Tome 3 (Évangile du jour de la Fête Dieu), Nouvelle édition revue et corrigée, A Lyon, Chez Savy, Libraire, 1807.

    Cardinal de La Luzerne,réception,communion,dignité,eucharistie,sacrement,chair,sang,Corps du Christ,vie éternelle,Agneau pascal,justice,miséricorde

     La dernière Communion de St Jérôme, Sandro Botticelli (1445-1510)

  • Mystère de la Communion Eucharistique (2)

    (suite de la méditation d'hier dimanche)

    « Peut-être avons-nous trop l'habitude de considérer ce mystère sous son aspect intime, dans ce cœur à cœur dont nous parlions, dans cet échange d'amour qui se fait entre Dieu et chacun de nous. Ce mystère, le plus intime en effet de notre religion, est en même temps le plus social. Il n'y en a pas qui ait plus de retentissement extérieur.
    Il est la plus riche expression de ce mystère de la Communion des saints qui fait, de tous les croyants, un seul corps dont Jésus-Christ est la tête, dont nous sommes les membres.
    Il fonde la famille chrétienne. Il nous apparente les uns aux autres par la communication de la même vie. Nous devenons vraiment des frères, puisque dans nos veines coule le même sang, qui est celui du Christ, passé du calice à nos lèvres, et de nos lèvres à nos cœurs. [...]
    Ce mystère réalise la parfaite égalité des âmes devant le don de Dieu. Partout ailleurs éclatent des différences dans le partage des biens. ici le plus humble fidèle recevant une parcelle d'hostie reçoit son Dieu dans la même plénitude que le saint le plus avancé en perfection. Il n'y a d'égalité que là. Elle n'est nulle part ailleurs. [...] Venez à cette table, savant ou ignorant, vieillard ou enfant, corps robuste ou infirme, homme avancé dans la sainteté ou converti d'hier, approchez-vous, mangez la nourriture qui vous est préparée, vous recevrez tous Jésus en plénitude. Les effets de sa présence pourront se diversifier selon vos dispositions et selon les capacités surnaturelles de vos âmes. Le don même du Christ est égal pour tous. »

    R.P. Ponsard, Carême 1928, Retraite Pascale (Jeudi Saint, II), Conférences de Notre-Dame de Paris, Spes, 1928.

    calicem-salutaris_1a.jpg

    Quid retribuam Domino ?
    Calicem salutaris accipiam
    et nomen Domini invocabo.


    Comment rendrai-je au Seigneur
    tout le bien qu'il m'a fait ?
    J'élèverai la coupe du salut,
    j'invoquerai le nom du Seigneur.

    (Ps 115, 12-13)
  • Méditation : Mystère de la Communion Eucharistique (1)

    « L'Eucharistie est cette prise de possession de Dieu par l'homme. Dieu se donne vraiment, réellement, substantiellement, sans division, sans partage. Il fait mieux que se donner, il se livre comme la nourriture qui cesse d'être elle-même pour devenir celui qui la reçoit. Il devient nous. Cœur à cœur, fusion de deux cœurs en un. Ce que nous sommes, il le devient ; ce qu'il est, nous le devenons. La force se fait faiblesse, la faiblesse se fait force. Il devient en chacun de nous juste ce qui répond au besoin de chacun de nous. Si nous sommes obscurité, il se fait en nous lumière ; si nous sommes tourment, il se fait en nous paix et quiétude ; si nous sommes égoïsme, il se fait en nous charité. C'est ce qu'indique l'apôtre quand il dit : « Cum infirmor, tunc potens sum. » (*)
    Cet échange merveilleux s'opère par la présence réelle du Christ. Il réalise, au-delà de toute espérance, la promesse qu'il a faite d'être avec nous jusqu'à la consommation des siècles. Le monde peut crouler, les étoiles s'éteindre, ou nos temples se renverser : tant qu'il restera un coeur et une hostie, il restera encore sur terre une raison pour Dieu et pour l'homme de croire à la victoire de l'amour, et à la possibilité du bonheur. »

    R.P. Ponsard, Carême 1928, Retraite Pascale (Jeudi Saint, II), Conférences de Notre-Dame de Paris, Spes, 1928.

    (*) : II Cor XII, 10 : "Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort."
    Voir le commentaire de Bossuet sur ce verset, dans son Panégyrique de l'Apôtre Saint Paul, ainsi que la remarquable méditation de Benoît XVI sur ce chapitre XII de la 2e Lettre aux Corinthiens, donnée lors de l'Audience générale du Mercredi 13 juin 2012.

    (à suivre demain)

    P. Ponsard,mystère,communion,eucharistie,nourriture,faiblesse,force,charité,coeur,hostie,présence,Christ,amour,bonheur