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  • Méditation - Fête de la Très Sainte Trinité

    « Toute notre vie doit être une fête continuelle en l'honneur de la sainte Trinité, à l'imitation des bienheureux qui n'ont d'autre occupation dans le ciel que de louer Dieu et de l'adorer. Le mystère de la sainte Trinité, qui est le plus auguste de nos mystères, nous impose les plus grands devoirs. Croire, aimer et même imiter la sainte Trinité, autant qu'un objet si élevé peut être proportionné à nos forces, voilà ce que demande de nous le Dieu trois fois saint (*).

    Adorons donc le Père céleste, qui est le principe de toute chose et des augustes personnes mêmes qui sont dans son sein, et auxquelles il communique sa nature. Adorons son Fils unique, qui est la splendeur de sa gloire, le caractère de sa substance, et qui comme lui soutient tout par la puissance de sa parole ; qui est aussi élevé au-dessus des anges, que le nom qu'il a reçu est plus excellent que le leur, et qui est adoré des anges mêmes. Adorons cet Esprit divin, qui, procédant du Père et du Fils, et consubstantiel à l'un et à l'autre, doit être adoré et glorifié avec eux.

    Mais quel tribu de reconnaissance et d'amour ne devons-nous pas à ces augustes personnes ? Au Père, qui nous a créés, qui nous conserve, qui nous a adoptés pour ses enfants, et qui nous a aimés jusqu'à nous sacrifier son propre Fils ; au Fils, qui s'est chargé de tout le poids de nos crimes, et qui s'est fait victime pour nous réconcilier avec la justice de son Père ; au Saint-Esprit, qui habite, opère et prie même en nous, et qui par sa résidence intérieure, par son action vivifiante, par son inspiration actuelle, est véritablement notre esprit ? Pourrions-nous nous rappeler les rapports admirables qui nous attachent et nous lient à l'adorable Trinité, sans sentir nos cœurs pénétrés de la plus vive reconnaissance, et embrasés du plus saint amour ? »

    (*) : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48) - « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » (Lc 18, 27 ; cf. Lc 1, 37)

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs (1842-1927), Carme déchaussé, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix, Tome troisième (Dimanche de la Trinité), Desclée, De Brouwer, Lille - Paris - Bruges, 1916.

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  • Méditation - Le signe de la Croix

    « Considérez quel est le prix qui a été donné pour votre rançon, et vous ne serez plus l’esclave d’aucun homme sur la terre. Ce prix, mes frères, et cette rançon c’est la croix. Vous ne la devez donc pas marquer négligemment du bout du doigt sur votre visage. Vous devez la graver avec amour dans votre cœur par une foi très fervente. Si vous l’imprimez de la sorte sur votre front, nul des esprits impurs n’osera s’approcher de vous en voyant sur votre visage les armes qui l’ont terrassé, et cette épée étincelante dont il a reçu le coup mortel. Si la seule vue des lieux où les bourreaux exécutent les criminels, vous fait frémir d’horreur et trembler de crainte, dans quel trouble et quelle terreur doivent entrer les démons, en voyant les armes dont Jésus-Christ s’est servi pour les vaincre ?

    Ne rougissez donc pas de la croix, afin que Jésus-Christ ne rougisse point de vous, lorsqu’il viendra dans la majesté de sa gloire, et qu’il fera briller ce signe d’une lumière plus éclatante que les rayons du soleil. Car elle paraîtra alors aux yeux de tous les hommes qui auront été dans le monde. Elle publiera hautement l’innocence et la charité de celui qui s’y est laissé attacher, et elle convaincra toute la terre qu’il n’a rien omis pour sa part de tout ce qui était nécessaire pour notre salut.
    [...]
    Si vous trouvez donc quelqu’un qui vous dise : Quoi, vous adorez une croix ? Répondez-lui d’un ton de voix qui témoigne de votre fermeté, et d’un visage gai et riant, dites : Oui, je l’adore, et je ne cesserai point de l’adorer. S’il se moque de vous, plaignez-le, et répandez vos larmes en voyant son aveuglement. Rendez grâces à Dieu qui vous a honoré d’un si grand don, et qui vous a fait des grâces si prodigieuses, que personne ne peut les comprendre, si Dieu par une faveur toute particulière ne les lui révèle. Cet homme qui vous insulte, ne vous raille ainsi que parce que « l’homme animal et humain n’est point capable des choses qu’enseigne l’esprit de Dieu, car elles lui paraissent une folie ; et il ne les peut comprendre, parce que c’est par une lumière spirituelle qu’on en doit juger. » (1 Cor. II, 14.) »

    St Jean Chrysostome, Homélie LIV sur l’Évangile de Matthieu (4-5), in "Œuvres complètes traduites pour la première fois sous la direction de M. Jeannin", Tome VIII, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.
    Texte intégral à l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais (Suisse).

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    Choix de Chemins de Croix sur notre site
  • Méditation - L'adoration des mages

    « Si nous lisons attentivement le récit de l'Évangéliste, nous remarquons que la fidélité des mages à l'appel divin a été parfaite : elle a été prompte, généreuse, fervente, persévérante, qualités que doit avoir la nôtre aux inspirations de la grâce.

    I* Elle a été prompte. — A peine ont-ils vu l'étoile miraculeuse qu'ils partent sans hésiter, sans remettre au lendemain. Nous avons vu son étoile, disent-ils, et nous sommes venus : Vidimus et venimus. Nul intervalle pour eux entre voir et se mettre en marche, c'est-à-dire entre sentir la vérité et s'y rendre, connaître le devoir et le remplir, discerner le bien et le faire. Chez eux, la foi passe d'abord en conviction, le désir se change en résolution et le projet en pratique. En un mot, la grâce ne distingue point en eux le temps de ses attaques, les heures de ses combats et le moment de sa victoire ; tout à la fois, elle vient, elle frappe, elle triomphe : « Nous avons vu et nous sommes venus. » Suivons-nous avec la même promptitude les inspirations de Dieu, les bons exemples qui nous sont donnés ? Ne renvoyons-nous pas à plus tard la réforme de nos mœurs, la correction de nos défauts, formant de beaux projets sans les exécuter ? Xe nous arrêtons-nous pas en chemin, arrêtés souvent par des puérilités ?

    2° Généreuse. — La droiture de leurs cœurs les met au-dessus des incertitudes de l'entreprise, des répugnances de la nature et de la crainte des hommes. Rien n'arrête ces généreux pèlerins : ni la longueur, ni les hasards et les périls de la route, ni la disparition de l'étoile à Jérusalem, ni le respect humain des grands et la jalousie ombrageuse d'Hérode. Oh ! quand on aime et qu'on est tout à Dieu, on va toujours en avant. Ainsi agit l'âme généreuse, elle ne connaît pas d'obstacles, elle sait se gêner, se priver et souffrir, faire son devoir et laisser dire. Elle ne voit que Dieu, ne connaît que lui, s'inquiète peu du reste.

    3° Fervente et persévérante. — Les anges seuls qui les accompagnaient pourraient nous dire avec quelle ferveur ils firent ce voyage, comme ils s'animaient l'un l'autre, comme ils devançaient par leurs saints désirs le moment de se prosterner devant le Dieu nouveau-né, comme, durant l'absence de l'étoile, ils conservèrent leur courage ; belle image des âmes ferventes, qui persévèrent malgré les épreuves, qui restent fermes au milieu de l'isolement et des sécheresses ? Qui pourrait exprimer enfin, à la réapparition de l'étoile chérie, la joie et l'embrasement de leurs cœurs ! Est-ce ainsi que nous accueillons la grâce, lorsque sa lumière vient à nous ? Sachons donc mieux l'apprécier à l'avenir. Mais voici nos illustres voyageurs à la crèche de Bethléem. Là, loin de perdre leur ferveur à la vue d'un lieu si pauvre, d'une si pauvre femme, de si pauvres langes, ils sont, au contraire, saisis d'admiration devant tant de grandeur abaissée, tant de splendeurs cachées, tant de majesté rapetissée, et, se prosternant, ils adorent.

    Que de pieux hommages renfermés dans cette adoration ! que de respect, d'amour et de reconnaissance, de joie, de louanges et d'offrandes ! Quels modèles pour nous tous dans nos oraisons et nos visites au très saint Sacrement de l'autel ! Non moins heureux que les mages, ne possédons-nous pas toujours dans l'église Jésus et Marie, sa Mère ? Ainsi que dans la crèche, Jésus n'est-il pas comme anéanti dans les tabernacles ? Apportons-lui donc, désormais, un esprit plus recueilli, un cœur plus humble et plus aimant. »

    Abbé M.J.G. Debeney, Petites homélies sur l’Évangile des dimanches et des principales fêtes de l'année liturgique (Fête de l’Épiphanie ou des Rois, 1er Point), Deuxième édition, Vanves - Paris, Vic et Amat, 1901

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    Charles-André van Loo (1705-1765), L'Adoration des Mages
    Los Angeles County Museum of Art

    (Crédit photo)

  • 19h00, Place Saint-Jean de Latran : Messe célébrée par le Pape François

    suivie de la procession à Sainte-Marie-Majeure et de la bénédiction eucharistique

     

     

    Texte intégral de l'homélie traduite en français sur Zenit.org.

  • Méditation - « Venite adoremus ! »

    « Saint Paul nous dit qu'étant à Athènes, il trouva écrit sur un autel : « Au Dieu inconnu ». Je pourrais bien, hélas ! vous dire le contraire : je vais vous annoncer un Dieu que vous n'adorez pas et que vous savez être votre Dieu. Combien de chrétiens sont embarrassés de leur temps, et qui ne daignent pas seulement venir, quelques petits moments, visiter leur Sauveur. Oh ! quelle honte pour nous ! Arrive-t-il quelque nouveauté, l'on quitte tout et l'on court. Pour notre Dieu, nous le fuyons, le temps nous dure en sa sainte présence ! Oh ! quelle différence entre les premiers fidèles et nous ! Ils passaient des jours et des nuits entières dans les églises à chanter les louanges du Seigneur ou à pleurer leurs péchés ; mais aujourd'hui, ce n'est plus de même. Jésus est délaissé, abandonné » dans le Sacrement de son amour (1). Méditons quelques-uns des motifs que nous avons de le visiter.

    « Si nous aimions bien le bon Dieu, nous nous ferions une joie et un bonheur de venir passer quelques instants » auprès de lui « pour l'adorer et tenir compagnie à un si bon ami (2). »

    « Il est là dans le tabernacle... que fait-il, ce bon Jésus, dans le Sacrement de son amour ? Il nous aime. »

    « Si vous passez devant une église, entrez-y donc pour le saluer : pourrait-on passer à la porte d'un ami sans lui dire bonjour ? Et Notre-Seigneur est un ami qui nous a fait tant de bien ! Ce serait être ingrat que de ne pas lui faire visite (3). »

    « Venez lui témoigner votre amour. Il vous dira : Mon fils, donne-moi ton cœur. » Oh ! ouvrez alors le vôtre, dilatez-le, rendez-lui amour pour amour (4)

    « Il est là, dans le Sacrement de son amour, qui soupire et intercède auprès du Père pour les pécheurs et il demande qu'on le prie pour leur conversion. Il est si bon qu'il sort de son Cœur une transpiration d'amour et de miséricorde pour noyer les péchés du monde (5). »

    « Oh ! combien un petit quart d'heure que nous dérobons à nos occupations, à quelques inutilités, pour venir le consoler, lui est agréable ! Lorsqu'il voit venir avec empressement les âmes pures, il leur sourit. Elles viennent avec cette simplicité qui lui plaît tant, lui demander pardon des insultes de tant d'ingrats... (6) Venons donc, nous aussi, compatir à ses douleurs ! Ceux qui auront, à cause de lui, répandu des larmes sur la terre, se réjouiront dans le Ciel (7). »

    1. Sermons, II, 131. - 2. Id., 137, 138. - 3. Catherine, 42. - 4. Instruct. de onze heures, 73. - 5. Esprit, 128. - 6. Esprit, 128, 130. - 7. Instruct. de onze heures, 74.

    St Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, in Mgr H. Convert "Méditations Eucharistiques extraites des Écrits et des Catéchismes de Saint Jean-Marie Vianney" (XXe Méditation, extraits), Emmanuel Vitte, Lyon - Paris, 1921.

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  • 17h00, Basilique Saint-Pierre : Vêpres de la solennité de sainte Marie Mère de Dieu

    présidées par le Pape François
    « Te Deum » en action de grâce pour l’année civile écoulée
    Adoration et Bénédiction eucharistiques
     
     
     
    Texte intégral de l'homélie du Pape François traduite en français ci-dessous.

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  • Méditation - Prière : Notre-Seigneur, caché au Saint Sacrement

    « Je T'adore, Créateur et Seigneur, caché dans le Très Saint Sacrement. Je T'adore pour toutes les œuvres de Tes mains dans lesquelles apparaissent tant de sagesse, de bonté et de miséricorde ; ô Seigneur, Tu as semé tant de beauté par toute la terre, et elle me parle de Ta beauté, bien qu'elle ne soit que Ton faible reflet, inconcevable Beauté. Quoique Tu Te sois caché et dissimulé et que Tu aies dissimulé Ta beauté, mon oeil illuminé par la foi T'atteint et mon âme reconnaît Son Créateur, son Bien suprême, et mon cœur entier sombre dans la prière de louange. Mon Créateur et mon Seigneur, Ta bonté m’a encouragé à Te parler - Ta miséricorde fait disparaître l’abîme qui existe entre nous, qui sépare le Créateur de Sa créature. Parler avec Toi, ô Seigneur, est le délice de mon cœur ; je trouve en Toi tout ce que mon cœur peut désirer. Là Ta lumière éclaire mon esprit et le rend capable de Te connaître toujours plus profondément. Là, sur mon cœur se déversent des torrents de grâces, là mon âme puise la vie éternelle. Ô mon Créateur et mon Seigneur, au-dessus de tous ces dons, Toi, Tu te donnes Toi-même à moi, et Tu T’unis étroitement avec Ta misérable créature. Ici nos cœurs se comprennent au delà des mots ; ici personne n’est capable d’interrompre notre conversation. Ce dont je parle avec Toi, ô Jésus, c’est notre secret, que les créatures ne connaîtront pas, et les anges n’ont pas l’audace de le demander. Ce sont de secrets pardons que seuls Jésus et moi savons – c’est le secret de Sa miséricorde qui enveloppe chaque âme en particulier. Pour cette inconcevable bonté, je T’adore, mon Créateur et mon Seigneur, de tout mon cœur et de toute mon âme. Et quoique mon adoration soit si pauvre et si petite, je suis cependant en paix, car je sais que Toi Tu sais qu’elle est sincère malgré son incapacité... »

    Ste Faustine Kowalska (fêtée ce jour), Petit Journal, 8.V.1938 (1692), Parole et Dialogue, Paris, 2002 (Deuxième édition).
    Le Petit Journal de Ste Faustine peut être consulté en ligne sur E.S.M..

    NB : l'édition de Jules Hovine (Marquain, Belgique, 1985, pp. 591-592) traduit les écrits de Ste Faustine avec le vouvoiement : "Je Vous adore, Créateur et Seigneur, caché dans le Saint Sacrement. Je Vous adore pour toutes les œuvres de Vos mains..."

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  • Méditation - Prière à Jésus-Christ

    « Louange et gloire vous soient rendues à jamais, Seigneur Jésus, qui, pour un pécheur tel que moi, avez daigné descendre des cieux, et monter sur l'arbre de la croix, afin de satisfaire à la divine justice, pour mes péchés ! Là, dépouillé de vos vêtements, et couvert de blessures en tout votre corps, vous avez été suspendu entre deux larrons, comme le plus infâme voleur, vous le plus beau des enfants des hommes, vous le vrai Fils de Dieu, vous le Roi des rois et le Seigneur des anges ! Soyez environné de bénédictions, de splendeurs, d'actions de grâces, et de cantiques de louanges, ô Agneau de Dieu, modèle de douceur ! Car il n'y a pas d'honneurs que vous n'ayez mérités par votre Passion et votre mort, et par les ignominies de toutes sortes que vous avez endurées sur la croix. Recevez donc cet humble tribut de louanges, ces dévotes actions de grâces, ces adorations de mon esprit, ces pieux hommages de ma bouche, pour la souveraine charité, l'immense charité que vous m'avez témoignée en votre Passion.
    [...]
    Oh ! combien donc m'avez-vous estimé, pour me racheter à si haut prix ? Vous avez donné certes ce que vous aviez de plus précieux, car est-il rien de plus précieux que votre personne sacrée ? Et vous vous êtes livré tout entier pour moi ! C'est pourquoi, je vous en conjure, ô doux Jésus, source de bonté, de charité, ne permettez pas que j'en perde jamais le souvenir ; faites que l'image de votre corps attaché à la croix brille sans cesse à mes yeux, et que chacune de vos cicatrices imprime profondément votre amour en mon cœur. »

    Thomas A Kempis, in "Œuvres spirituelles" Tome VI, "Les Trois Tentes. Prières et autres opuscules" (Recueil de prières, IV. Sur la Passion de Jésus-Christ, Quatrième prière, 1-3), Traduits du latin par le P. P.-M.-B. Saintyves, Paris, Victor Sarlit, 1860.

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    Juan Manuel Miñarro, Santo Cristo de la Universidad de Córdoba

  • Méditation - Les pratiques de la dévotion au Sacré-Coeur 2. Communion et amende honorable

    « Une des demandes de Jésus à Marguerite-Marie est de communier aussi souvent qu'elle pourra. C'est là le véritable esprit de l’Évangile, remis en honneur par Pie X.
    Dans la vie de Marguerite-Marie, la dévotion au Saint-Sacrement est étroitement unie avec la dévotion au Sacré-Cœur. C'est devant le Saint-Sacrement qu'elle a ses principales révélations. C'est à l'autel qu'elle voit Jésus outragé, qu'elle lui fait amende honorable et lui offre ses hommages et ses réparations. Elle aime et recommande l'adoration du Saint-Sacrement ; elle désire se consumer comme un cierge qui brûle devant l'autel.
    L'amende honorable tient une grande place dans la vie de Marguerite-Marie et dans ses recommandations. C'est la meilleure forme de réparation amoureuse pour l'amour outragé. C'est ainsi que Notre-Seigneur la présente dans la grande apparition. Il demande que le jour de la fête future on honore son Cœur « en communiant ce jour-là et en lui faisant réparation par une amende honorable pour réparer les indignités qu'il a reçues pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels. »
    L'amende honorable est un acte précis, déterminé, mais c'est en même temps une tendance générale de l'âme dévote, jalouse de l'honneur de celui qu'elle aime. Cet esprit de réparation est partout dans la vie de Marguerite-Marie et dans ses écrits. Elle demandait aussi la communion réparatrice. Aux prêtres, elle eût demandé la messe réparatrice. « Vous ferez, disait-elle à ses novices, une communion pour faire amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus-Christ et lui crier miséricorde pour toutes les mauvaises communions qui se font et se sont faites par nous et les mauvais chrétiens. » »

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (22 juin, IIe Point p. 667), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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    Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus
    prescrite par
    S.S. le Pape Pie XI (8 mai 1928)
     
    Très doux Jésus, vous avez répandu sur les hommes les bienfaits de votre charité, et leur ingratitude n'y répond que par l'oubli, le délaissement, le mépris. Nous voici donc prosternés devant votre autel, animés du désir de réparer, par un hommage spécial, leur coupable indifférence et les outrages dont, de toutes parts, ils accablent votre Cœur très aimant.
     
    Cependant, nous souvenant que nous-mêmes, nous nous sommes dans le passé rendus coupables d'une si indigne conduite, et pénétrés d'une profonde douleur, nous implorons d'abord pour nous-même votre miséricorde. Nous sommes prêts à réparer, par une expiation volontaire, les fautes que nous avons commises, tout prêts aussi à expier pour ceux qui, égarés hors de la voie du salut, s'obstinent dans leur infidélité, refusant de vous suivre, vous, leur Pasteur et leur Chef, ou, secouant le joug si doux de votre loi, foulent aux pieds les promesses de leur baptême.

    Nous voudrions expier pour tant de fautes lamentables, réparer pour chacune d'elles : désordres de la conduite, indécence des modes, scandales, corrupteurs des âmes innocentes, profanation des dimanches et des fêtes, blasphèmes exécrables contre vous et contre vos Saints, insultes à votre Vicaire et à vos prêtres, abandon et violations odieusement sacrilèges du divin Sacrement de votre amour, péchés publics enfin des nations qui se révoltent contre les droits et l'autorité de votre Église.

    Que ne pouvons-nous effacer de notre propre sang tant d'offenses ! Du moins, pour réparer votre honneur outragé, nous vous présentons cette même satisfaction que vous avez offerte à votre Père sur la Croix et dont vous renouvelez l'offrande, chaque jour, sur l'autel ; nous vous la présentons, accompagnée de toutes les satisfactions de la Très Sainte Vierge votre Mère, des Saints, des chrétiens fidèles.

    Nous vous promettons, de tout notre cœur, autant qu'il dépend de nous et avec le secours de votre grâce, de réparer nos fautes passées, celles de notre prochain, l'indifférence à l'égard d'un si grand amour, par la fermeté de notre foi, la pureté de notre vie, la docilité parfaite aux préceptes de l'Évangile, à celui surtout de la charité.

    Nous vous promettons aussi de faire tous nos efforts pour vous épargner de nouvelles offenses et pour entraîner à votre suite le plus d'âmes possible.

    Agréez, nous vous en supplions, ô très bon Jésus, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie Réparatrice, cet hommage spontané d'expiation ; gardez-nous, jusqu'à la mort, inébranlablement fidèles à notre devoir et à votre service, accordez-nous ce don précieux de la persévérance qui nous conduise tous enfin à la patrie où, avec le Père et le Saint-Esprit, vous régnez, Dieu, dans les siècles des siècles.

    Ainsi soit-il.

    Texte intégral en libre téléchargement sur notre site (format pdf).
  • Méditation - Le Coeur de Jésus, siège de toutes les vertus - 1. l'humilité

    « Cette méditation et les deux suivantes nous sont inspirées par le P. Claude de la Colombière. « Le Cœur de Jésus, nous dit-il dans son acte d'oblation, est le siège de toutes les vertus, la source de toutes les bénédictions, et la retraite de toutes les âmes saintes. » Le saint religieux s'inspirait des communications et des lettres de Marguerite-Marie.
    « La première vertu que l'on doit honorer en lui, dit-il, est un amour très ardent de Dieu son Père, joint à un respect très profond et à la plus grande humilité qui fut jamais. » Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit lui-même : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ! »
    Nous parlons ici de l'humilité fondamentale, qui consiste à reconnaître le néant de la créature et la grandeur infinie de Dieu. C'est cette humilité du Cœur de Jésus qui établissait Notre-Seigneur dans le respect très profond de la Majesté divine et dans un amour ardent pour les infinies perfections de son Père céleste.
    Cela doit être pour nous aussi la vertu principale et le fondement de toutes les autres. Ce n'est que la mise en pratique du premier commandement dans toute son intégrité : Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement. »

    (à suivre demain et vendredi)

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (18 juin, Ier Point pp. 651-652), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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  • Méditation - Prière d'offrande

    « Ô Dieu ! recevez mes louanges, mes adorations, tout mon amour. Hélas ! que puis-je rendre, moi qui suis si pauvre, si petite, mais je me sens si riche du désir de voir toutes les âmes vous consacrer leur cœur, leurs œuvres, leurs actions. Je fais le tour du monde et vais chercher et recueillir, pour vous les offrir, toutes les bonnes actions, grandes et petites, les œuvres, les travaux, les peines, les douleurs, les larmes, les épreuves de toutes sortes, les désolations, les souffrances, les soupirs des âmes qui ne pensent pas, qui oublient ou ne savent pas vous les offrir ; vous consacrer les joies, les espérances, les consolations, les succès, les bonheurs, les abondances de biens, toutes les grâces, les bienfaits qui, tous, sont l'effet de votre paternité et bonté envers nous, qu'elles ne savent reconnaître, vous attribuer, ne regardant jamais en haut ; toutes les prières faites trop en hâte, sans attention, celles récitées sur le bout des lèvres, et qui, pour cause, ne pénètrent pas jusqu'à vous, les communions faites sans véritable amour, avec trop peu de respect ou négligence : je vous apporte tout et vous offre tout, ô Dieu infiniment bon et miséricordieux, daignez les accepter et les agréer, vous à qui tout appartient, de qui tout découle, vers qui tout doit retourner. Soyez loué, béni de toutes les créatures qui furent, sont et seront jusqu'à la consommation des siècles. »

    Vénérable Marthe Robin (1902-1981), prière, 7 novembre 1930, in "Journal Décembre 1920 Novembre 1932", Les Cahiers de Marthe Robin, Editions Foyer de Charité, Châteauneuf-de-Galaure, 2013.

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  • Méditation : Acte de désir et d'amour au Coeur de Jésus

    1er Vendredi du mois, dédié au Sacré-Cœur de Jésus

    « Mon bon Jésus, je viens à vous parce que je vous aime, mais aussi parce que j'ai un immense besoin de vous. Mon âme est aride, vous l'arroserez de vos grâces ; elle est stérile, vous la féconderez ; elle est malade, vous la guérirez ; elle est faible, vous la fortifierez. - Surtout, mon bon Jésus, je ressens vivement l'impuissance où je suis de rendre à Dieu les devoirs qui lui sont dus. Il est souverainement adorable, vous l'adorerez en moi et pour moi ; il est l'infinie Majesté offensée, vous m'aiderez à l'apaiser ; il est la source de tous biens, vous m'obtiendrez de lui tout ce qui me manque et vous le remercierez en moi de tous ses bienfaits.
    Venez Cœur de Jésus, venez suppléer à mon impuissance d'adorer Dieu et de l'aimer comme il convient ! Cœur brûlant d'amour, venez vous unir à mon cœur, venez l'échauffer et l'embraser du feu divin ! »

    Père Gustave Villefranche s.j. (*), in "L'Action de Grâces avec le Cœur de Jésus ou l'Art de bien employer le temps qui suit la Communion", Librairie Catholique Emmanuel Vitte, Lyon - Paris - Bourg, 1913.

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    (*) : Le P. Gustave Villefranche est le frère aîné d'Hélène Villefranche (1879-1951), fondatrice des Auxiliaires du Cœur de Jésus. Ce petit livre connut le succès jusque dans les années 1930, avec sept éditions et au moins trente-sept mille exemplaires. La Croisade Eucharistique des Enfants de l'Apostolat de la Prière s'en servit comme d'un manuel. L'idée essentielle se résume ainsi : Jésus est non seulement le terme et l'objet de notre action de grâce mais celui en qui nous pouvons sanctifier le Père (p. 12). Dans un autre ouvrage, Le Cœur des saints et le Cœur de Jésus (même éditeur, 1922), le P. Gustave Villefranche voulut "rassembler en un volume les prodiges par lesquels Dieu a glorifié le cœur de chair des saints et en tirer la glorification du Cœur de Jésus."
    Cf. Jacques Benoist, Le Sacré-Cœur des femmes : De 1870 à 1960, Éditions de l'Atelier, 2000, chapitre sur Hélène Villefranche, p. 1528-1529.

  • Méditations de la Semaine Sainte - Jeudi

    (suite de la méditation d'hier)

    « Durant sa sainte passion, le Christ a subi des abaissements inouïs, il s'est plongé dans des ignominies sans nom.
    Mais, nous dit S. Paul, parce que le Christ s'est anéanti, qu'il est descendu dans de tels abaissements, le Père l'a exalté, il lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin que tout genou fléchisse devant lui, et que toute langue proclame que le Christ, Fils de Dieu, règne à jamais dans la gloire de son Père.
    Entrons dans cette pensée du Père éternel, que nous découvre l'Apôtre. Plus le Christ s'est abaissé et anéanti, plus nous devons, comme le Père, l'exalter dans ce sacrement qui nous rappelle sa passion ; plus nous devons lui prodiguer nos hommages. La justice l'exige autant que l'amour.
    Puis, n'est-ce pas « pour nous » qu'il s'est ainsi livré ? Propter nos et propter nostram salutem (1). S'il a souffert, c'est pour moi ; si son âme toute sainte a été plongée dans la tristesse, l'ennui et la peur, c'est pour moi ; s'il a supporté tant d'injures de la part d'une grossière soldatesque, c'est pour moi ; s'il a été flagellé et couronné d'épines, s'il est mort dans d'indicibles tourments, c'est pour moi, pour m'attirer à lui : Dilexit me et tradidit semetipsum pro me (2). N'oublions jamais que chacun des épisodes douloureux de la passion a été préordonné par la Sagesse et accepté par l'Amour pour notre salut.
    O Christ Jésus, réellement présent sur l'autel, je me prosterne à vos pieds ; que toute adoration vous soit rendue dans le sacrement que vous avez voulu nous laisser la veille de votre passion, comme témoignage de l'excès de votre amour ! »

    1. Credo de la messe. - 2. Gal. II, 20.

    (méditation poursuivie tout au long de la Semaine Sainte)

    Bx Columba Marmion (1858-1923), Le Christ dans Ses Mystères (ch. XVIII, IV), Abbaye de Maredsous, Desclée de Brouwer & Cie, Paris, 1937.

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    Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929), La dernière Cène
    (Crédit photo)

  • "24 heures pour le Seigneur" - En France, en Belgique, au Québec

    Les vendredi 4 et samedi 5 mars, les catholiques sont invités à consacrer 24 heures pour le Seigneur autour de la prière et de la confession, indique la Conférence des évêques de France (CEF).

    Interview de Mgr Lefevre Pontalis, vicaire général du diocèse de Paris

    À travers cette invitation et en cette période de Carême, il s’agit pour les chrétiens d’offrir 24 heures au Seigneur comme l’a écrit le Pape François dans la bulle d’indiction : « Puisse le Carême de cette Année Jubilaire être vécu plus intensément comme un temps fort pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu. »

    Quelques propositions diocésaines à cette occasion (liste non exhaustive, renseignez-vous dans votre paroisse) :

         Diocèse de Paris : installation de la relique de Jean-Paul II à Montmartre
    Journée de la Miséricorde avec Mgr de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris. Démarche jubilaire et installation de la relique de Saint Jean-Paul II.
    Plus d’information en cliquant ici

         Diocèse de Beauvais : illumination de la Cathédrale de Noyon
    Plus d’information en cliquant ici

         Diocèse de Pontoise : spectacle des jeunes du Cenacolo
    Des jeunes en difficulté de la Communauté « Cenacolo » donnent un spectacle « Le fils prodigue » les 11 et 12 mars à l’église de L’Isle-Adam.
    Plus d’information en cliquant ici

         Diocèse de Lille : prières, adoration eucharistique, confessions
    Plus d’information en cliquant ici

         Diocèse du Mans : sanctuaire de Notre-Dame du Chêne, vénération des reliques de Ste Faustine, St Jean-Paul II et du Bx Sopocko
    Plus d’information en cliquant ici

         Diocèse de Quimper et Léon : cathédrale de Quimper, église St Louis de Brest
    Plus d’information en cliquant ici

         Diocèse du Tarn : Albi et ses environs
    Plus d'information en cliquant ici

         Diocèse de Fréjus-Toulon : Toulon, Fréjus, Saint-Maximin, Sanctuaire Notre Dame de Grâces
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         Paroisse du Chesnay et de Rocquencourt
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         A Lyon, paroisse Saint-Nizier
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         En Belgique, diocèse de Liège
    Plus d'information en cliquant ici

         Au Canada, diocèse de Québec, deux églises offriront ces journées de la miséricorde :
    Notre-Dame-de-Saint-Roch et et Notre-Dame-de-Lévis.
    Des prêtres y seront disponibles le jour et la nuit, de 8h00 du matin à 8h00 le lendemain.
    Plus d'information en cliquant ici

  • Première prédication de Carême du Père Cantalamessa : "l'adoration en esprit et en vérité"

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    Au lendemain du retour du Pape François au Vatican, débutent les prédications de Carême du Père Raniero Cantalamessa, O.F.M. Cap. Chaque vendredi matin, à 9 heures, le Saint-Père et les membres de la Curie sont invités à assister dans la chapelle Rédemptoris Mater, aux médiations du prédicateur de la maison pontificale, depuis 36 ans.

    En cette Année Sainte, le capucin italien a décidé de proposer une relecture des textes majeurs du Concile Vatican II, démarche qu’il avait entamée en décembre 2015 lors de ses prédications de l’Avent. Le Père Cantalamessa évoquera le thème de la miséricorde, un peu plus tard lors de l’office du Vendredi Saint.
    C’est ce qu’il explique au micro de Marie Duhamel, à écouter sur Radio Vatican.

    Il a donc livré ce vendredi matin la première de ses méditations du Carême 2016. Il a consacré sa réflexion à la Constitution Sacrosanctum Concilium, sur la liturgie, en l’axant sur le thème « l’adoration en esprit et en vérité ».

    Le Père Cantalamessa a tout d’abord précisé qu’il ne fallait pas considérer Vatican II comme un « fleuve » mais comme un « affluent », c’est-à-dire comme un étape importante dans l’histoire de l’Église, mais ni un début, ni une fin. Une analyse proche de "l’herméneutique de la continuité" chère à Benoît XVI. Le prédicateur capucin s’est d’ailleurs appuyé sur une figure spirituelle qui a beaucoup inspiré le Pape émérite dans ses enseignements : « Dans sa fameuse œuvre sur Le développement de la Doctrine chrétienne, le bienheureux cardinal Newman a affirmé qu’arrêter la tradition à un point de son cours, même s’il s’agit d’un Concile œcuménique, serait en faire une tradition morte et non une tradition vivante. La tradition est comme une musique. Que serait une mélodie si elle s’arrêtait sur une note, en la répétant à l’infini ? Cela arrive avec un disque qui s’use et nous savons l’effet désagréable que cela produit ».

    Le prédicateur a rappelé que les fruits des Conciles ne sont pas toujours ceux attendus par les participants directs à ces assemblées. Par exemple, le Concile d’Ephèse, en 431, reste attaché à la définition de Marie comme Theotokos, Mère de Dieu, alors que son objet initial était d’affirmer l’unité de la personne du Christ.

    Le retour nécessaire à l'Esprit Saint

    Concernant Vatican II, le Père Cantalamessa a déclaré que « s’il y a un champ dans lequel la théologie et la vie de l’Église catholique se sont enrichies dans les 50 années post-conciliaires, c’est sans doute celui relatif à l’Esprit Saint », une évolution conforme au vœu de saint Jean XXIII qui souhaitait « une nouvelle Pentecôte pour l’Église ». Cette évolution a aussi motivé les textes du Concile, pour un esprit de la liturgie qui soit surtout celui d’une liturgie de l’Esprit. Mais il s’agit surtout de sauvegarder le dynamisme trinitaire de la liturgie, et non de privilégier l’une ou l’autre des trois personnes de la Trinité.

    « C’est surtout quand la prière devient fatigue ou lutte que se découvre toute l’importance de l’Esprit Saint pour notre vie de prière. L’Esprit devient, alors, la force de notre prière faible, la lumière de notre prière éteinte, en un mot, l’âme de notre prière. » Et tout ceci advient par la foi. Le Père Cantalamessa a remarqué que les formes d’adoration traditionnelles dans l'Église latine, diffusées notamment par l’École française de spiritualité qui s'était forgée au XVIe siècle autour, notamment, du cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629), avaient porté de grands fruits dans l’Église mais ne se référaient pas suffisamment à l’Esprit Saint.

    Pourtant Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, exprime clairement la nécessité de faire appel à l’Esprit Saint : « l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles. » (Rom 8, 26-27).

    Pour conclure son intervention, le Père Cantalamessa a invité tous les participants à proclamer ensemble « le texte qui reflète la place de l’Esprit Saint et l’orientation trinitaire de la liturgie, c’est-à-dire la doxologie finale du canon romain : “Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles". »

    Les prédications de Carême suivantes auront lieu vendredi 26 février et vendredi 4, 11 et 18 mars.

    Source : Radio Vatican (CV).

    Texte complet de la prédication traduite en français sur Zenit.org.

  • Méditation : La Miséricorde divine

    « Dieu est l'objet total de toutes nos louanges. Il faudra, autant que la pénombre de la foi le rend possible, le considérer lui-même et revenir inlassablement à ses perfections et à sa vie. L’Église, maternellement, nous suggère cette manière de faire en entrecoupant tous ses offices, toutes ses prières du « Gloire soit au Père et au Fils et au Saint-Esprit », ou d'autres formules équivalentes qui nous empêchent d'oublier la grande Gloire, celle de sa vie trinitaire, celle dont l'adoration sera l'occupation de notre éternité. Parmi les perfections divines, notre amour ne voudrait en oublier aucune, il s'arrêtera pourtant avec prédilection à la miséricorde, non tant parce qu'elle est la plus douce et la plus réconfortante pour des misérables ni parce que cette misère qui nous étreint, y trouve un sens magnifique, celui d'être le « trône de la miséricorde », mais bien plutôt parce que de toutes ses perfections, c'est celle dont le Seigneur se fait gloire le plus volontiers, celle en effet, où sa divinité qui n'a besoin de rien et donne tout gratuitement, s'exprime avec le plus d'éclat ; il est la Miséricorde. C'est devenu comme un nom pour lui, une expression de son Être. N'est-ce pas le propre de Dieu de savoir pardonner ? »

    Joseph-Marie Perrin O.P. (1905-2002), Le Mystère de la Charité (Livre III, 3e Part., ch. VII), Desclée de Brouwer, 1960.

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  • Méditation : Epiphanie

    Vidimus Stellam
    Nous avons vu l’Étoile


    « Épiphanie, fête de Lumière, fête de l’Étoile splendide et matinale (1) qu'est le Christ Jésus, Fils de Dieu, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ! Qui cherche cette Étoile la trouve et se baigne en sa Lumière auguste.

    Nous avons vu l’Étoile, s'écrient les trois Rois Mages venus de l'Orient et nous sommes venus adorer le Roi des rois, le Dominateur des dominateurs, le Prince des rois de la terre, le Prince de la Paix, l'Ange du grand Conseil, en la Trinité qu'on adore.

    Les Mages qui cherchaient, on vu l’Étoile ; ils ont trouvé Jésus-Christ ; car l’Étoile s'arrête là où est l'enfant. Ils ont cru à l’Étoile, et l’Étoile ne les a pas trompés. La Lumière ne trompe jamais ; il n'y a confusion que dans le mensonge.

    Suis l’Étoile, ô mon âme, pour arriver à Jésus-Christ ; c'est-à-dire, laisse luire, au ciel de toi-même, la Lumière de la foi. La foi, c'est le rayonnement de l’Étoile qui est Jésus-Christ ; il est splendide, ce rayonnement, il illumine tout homme qui vient en ce monde ; il constitue l'atmosphère où l'on perçoit la vraie Lumière, celle à laquelle cette foi rend témoignage.

    Crois, ô mon âme, crois toujours plus, toujours mieux, toujours plus totalement. Livre-toi à ta foi ; entre dans le rayonnement de l’Étoile ; laisse-toi t'imprégner des influences mystérieuses et divines de cet éblouissement où se cache la Vérité, Jésus-Christ, l'Enfant-Dieu.

    Crois, ô mon âme, renonce aux vues naturelles et à tout ce qu'elles suggèrent ; fais place en toi au surnaturel, c'est-à-dire à ce qui est au-dessus de la nature, à ce que l'oeil ne voit pas, à ce que l'ouïe ne saisit pas, à ce que le toucher n'appréhende pas ; élève-toi au-dessus de toutes choses, et surtout de toi-même. Monte vers l’Étoile qui brille, qui brûle, qui conduit et qui fait trouver.

    Sainte foi, rayonnement de la Lumière éternelle, je me rends à toi, je me livre à toi, je m'établis en ton ciel... Oui, tu es un ciel où l'on entrevoit l'Enfant qu'on adore, et à qui l'on se soumet.

    Heureux qui a vu l’Étoile splendide et matinale ! »

    (1) : Ap. XXII, 16.

    Dom Vandeur, Élévations sur la Messe de chaque jour, Noël, Épiphanie (Deuxième jour dans l'octave de l’Épiphanie), Éditions de Maredsous, Namur, 1955.

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    L'Adoration des Mages, Gentile da Fabriano (1370-1427)
    Galerie des Offices, Florence

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    L'Adoration des Mages, détail

  • Méditation - Prière devant la crèche

    « O Sauveur adorable, qui êtes la bonté et l'humanité de Dieu incarnées et rendues visibles sous une forme mortelle : Benignitas et humanitas apparuit Salvatoris nostri Dei (1) ! Que tous les hommes viennent donc aujourd'hui se prosterner au pied de votre humble berceau ; que tous contemplent avec respect et attendrissement un mystère aussi touchant que profond et sublime. Que les grands et les superbes viennent abaisser leur orgueil devant la grandeur toute divine qui perce à travers tant d'humiliations. Que les savants et les prudents du siècle viennent abjurer leur vaine science, et qu'ils adorent la sage et admirable folie de l'enfance d'un Dieu. Que les cœurs affligés et les âmes pénitentes viennent, en mêlant leurs larmes aux vôtres, puiser de solides consolations dans vos douleurs. Enfin, que courant tous à Bethléem, sur les traces des heureux bergers qui les premiers vous rendirent leurs hommages, nous revenions comme eux pleins d'une sainte joie, pénétrés d'amour et de reconnaissance, et que nous consacrions désormais notre vie entière à vous glorifier et à vous servir, afin de pouvoir, après la mort, vous louer éternellement dans votre royaume. Ainsi soit-il. »

    (1) : Tite III, 4.

    P. Nicolas de Mac Carthy s.j. (1769-1833), in Pierre Dassance "Nouvelle bibliothèque des prédicateurs" Tome 11 (Nativité de Jésus-Christ, Péroraison, p. 181), Paris, 1837.

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    Adoration des bergers, Gerrit van Honthorst (1590-1656)
    (Du même peintre, voir "L'adoration de l'Enfant", au 24 décembre 2015)
    Wallraf-Richartz Museum, Cologne, Allemagne

  • Méditation - Prière de M. Olier

    « Je vous adore, ô mon divin Jésus, résidant et vivant dans la très sainte Vierge.
    J'adore vos grandeurs et vos perfections dont votre âme est revêtue.
    J'adore votre règne sur elle, et l'absolu pouvoir qui régit tout son être.
    J'adore votre vie, qui remplit et anime son cœur et toutes ses puissances.
    J'adore l'abondance des dons, la plénitude des vertus et la fécondité des grâces que vous mettez en elle pour toute votre Église.
    Divin Jésus, régnez en elle, et par elle sur nous à jamais.
    Divin Seigneur, votre puissance est adorable, et votre règne est toujours suave ; mais il n'est jamais plus suave que sur ce trône d'amour.
    Que volontiers nous venons au pied de ce saint tabernacle vous y rendre nos devoirs et vous prier de détruire en nous ce qui s'oppose à votre vie !
    Divin Jésus, vivifiez nos cœurs ; ne souffrez plus en nous d'autre vie que la vôtre ; détruisez et anéantissez tout ce qui lui est contraire. Faites en nous comme en votre Mère ; que vous y soyez tout seul vivant, et que tout ce qui est de mortel soit absorbé en votre vie.
    Faites que les vertus de votre Esprit s'établissent en nous comme en elle [...].
    Divin Jésus, vivez en nous par votre Mère, et répandez en nous la plénitude de vos dons et de vos saintes grâces, pour être un avec vous et avec votre très chère Mère. »

    M. Olier (1608-1657), La journée chrétienne (Seconde Partie, De la vie de Jésus en Marie), Nouvelle édition, Paris, Librairie Poussielgue Frères, 1875.

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    L'Immaculée Conception (détail), Francisco de Zurbarán (1598–1664)
    Musée du Prado, Madrid (Espagne)

  • Méditation : A l'école de Marie et Joseph

    « Notre vie est très semblable à celle de Marie et Joseph entre l'Incarnation et Noël ; puisque comme Saint Joseph nous avons Notre-Seigneur contre nous, dans le tabernacle ; et comme la Sainte Vierge nous L'avons en nous, corporellement au moment de la communion sacramentelle, spirituellement par la communion spirituelle. Marie et Joseph adoraient Jésus au milieu d'eux, et nous trouvons que c'était bien doux... Jésus est-il moins au milieu de nous ! N'est-il pas dans ce tabernacle aussi réellement, aussi complètement que dans le sein de la bienheureuse Vierge ? N'y est-il pas aussi près de nous qu'il l'était de Saint Joseph ? Y est-il plus caché pour nous qu'il ne l'était pour ses saints Parents en ces mois de bienheureuse attente ! L'avons-nous moins en nous au moment de la sainte communion que ne l'avait en elle la très Sainte Vierge ? Ne pouvons-nous pas l'avoir sans cesse en nous spirituellement, par la communion spirituelle ?... Que nous sommes heureux ! Quelle destinée Dieu nous a fait ! Quelle béatitude divine ! La grâce incomparable que vous avez faite pendant quelques mois à vos saints Parents, vous nous la faites tous les instants de notre vie, ô Dieu de bonté. Ce bonheur céleste dont vous les avez fait jouir pendant quelques mois, vous l'offrez à tous les chrétiens en tous les moments de leur existence... Oh, jouissons de notre bonheur ; oh, profitons d'une telle grâce. Oh, soyons reconnaissants en entourant, comme Marie et Joseph, comme les saints anges, de tout notre amour, de toutes nos adorations, d'une perpétuelle contemplation, du culte le plus continuel, le plus empressé, le plus fervent, ce Sauveur béni qui est au milieu de nous comme Il était au milieu d'eux ! Apprenons de la Sainte Vierge à L'entourer, à l'adorer, à le garder en nous, Lui qui daigne si souvent être en nous corporellement comme Il fut en elle, Lui qui veut être spirituellement toujours, toujours en nous... Comme ces mois d'attente des Parents de Notre-Seigneur sont l'image exacte de notre condition !... Comme eux nous avons Notre-Seigneur sous notre toit, mais caché, voilé, invisible. Comme Marie nous avons chaque jour Notre-Seigneur en nous. Oh, Mère chérie, apprenez-nous à porter, à garder amoureusement dans notre corps et surtout dans nos âmes ce Sauveur bien Aimé. Oh, Marie et Joseph, apprenez-nous à adorer et à entourer le divin Jésus dans son tabernacle comme vous l'adoriez et l'entouriez sous le toit de Nazareth. »

    Bx Charles de Foucauld (1858-1916), Commentaire de Saint Matthieu (Lecture du Saint Évangile - St Matthieu), Œuvres spirituelles du Père Charles de Foucauld Tome V (p.57-58), nouvelle cité, 1989.

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    (Crédit photo)