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Méditations

  • Poème - Rien n'est vrai que d'aimer...

    « Rien n’est vrai que d’aimer… Mon âme, épuise-toi,
    Coule du puits sans fond que Jésus te révèle,
    Comme un flot que toujours sa source renouvelle,
    Et déborde, poussée en tous sens hors de moi.

    Quels usages prudents te serviront de digue ?
    Donne tout ! Donne plus et sans savoir combien.
    Ne crains pas de manquer d'amour, ne garde rien
    Dans tes mains follement ouvertes de prodigue.

    Qu'aimeras-tu ? Quel temps perdrons-nous à ce choix ?
    Aime tout ! Tout t'est bon. Sois aveugle, mais aime !
    Le plus près, le plus loin, chacun plus que toi-même
    Et, comment ce miracle, ô Dieu, tous à la fois.

    Celui qui t'est pareil, celui qui t'est contraire.
    Et n'aime rien uniquement pour sa beauté :
    L'enchantement des yeux leur est trop vite ôté,
    Du charme d'aujourd'hui demain te vient distraire.

    N'aime rien pour ses pleurs : les larmes n'ont qu'un jour ;
    N'aime rien pour son chant : les hymnes n'ont qu'une heure...
    Ô mon âme qui veux que ton amour demeure,
    Aime tout ce qui fuit pour l'amour de l'amour.

    Aime tout ce qui fuit sur la terre où tu passes,
    Le long de ton chemin aveugle et sans arrêts :
    Les herbes des fossés, les bêtes des forêts,
    Les matins et les soirs, les pays, les espaces.

    Aime, l'enthousiasme est fort comme la mer
    Qui d'un seul mouvement emporte les navires.
    Laisse aller tes destins au fil de ses délires
    Sans goûter si le flot qui te pousse est amer.

    Rien n'est vrai que d'aimer, mon âme, et d'être dupe.
    Si tu cherches un cœur où reposer ton front
    Et si tu te sens lasse au bout de quelque affront,
    Qu'est-ce que cet amour que son gain préoccupe ?

    Ô préteuse sans fin de biens jamais rendus,
    Laisse abuser chacun de ta folle abondance,
    Tant que jetés au vent de l'amour sans prudence,
    Ta paix, tes jours, ta force et ton cœur soient perdus.
    [...]

    Rien n'est vrai que d'aimer et que d'aimer toujours !
    Tes aimés passeront mais ton amour demeure
    Malgré les renouveaux qui te changent de leurre
    Et les petites morts des petites amours.

    Et tant qu'il y aura des vivants d'heure en heure
    Menant leur sort à la rencontre de ton sort,
    Ou t'ayant devancée au delà de la mort...
    Toi-même, disparais, mais ton amour demeure !

    Mon amour ! Mon amour ! quand ce cœur arrêté
    Ne te contiendra plus... à ta source première,
    A Jésus remontant d'un grand jet de lumière,
    Mon amour, sois mon Dieu toute l'éternité ! »

    Marie Noël (1883-1967), Les chansons et les heures, « À tierce » (extraits)
    Les Éditions G. Crès et Cie, Paris, 1928.

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  • Méditation - renoncement et liberté

    « Notre Seigneur Jésus Christ a dit à tous, à plusieurs reprises et en donnant diverses preuves : "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive" ; et encore : "Celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qu'il a ne peut être mon disciple". Il nous paraît donc exiger le renoncement le plus complet... "Où est ton trésor, dit-il ailleurs, là est ton cœur" (Mt 6,21). Si donc nous nous réservons des biens terrestres ou quelque provision périssable, notre esprit y demeure enlisé comme dans de la boue. Il est alors inévitable que notre âme soit incapable de contempler Dieu, et devienne insensible aux désirs des splendeurs du ciel et des biens qui nous sont promis. Nous ne pourrons obtenir ces biens que si nous les demandons sans cesse, avec un ardent désir qui, du reste, nous rendra léger l'effort pour les atteindre.

    Se renoncer, c'est donc délier les liens qui nous attachent à cette vie terrestre et passagère, se libérer des contingences humaines, afin d'être plus à même de marcher dans la voie qui conduit à Dieu. C'est se libérer des entraves afin de posséder et user de biens qui sont "beaucoup plus précieux que l'or et que l'argent" (Ps 18,11). Et pour tout dire, se renoncer, c'est transporter le cœur humain dans la vie du ciel, en sorte qu'on puisse dire : "Notre patrie est dans les cieux" (Ph 3,20). Et surtout, c'est commencer à devenir semblable au Christ, qui pour nous s'est fait pauvre, de riche qu'il était (2Co 8,9). Nous devons lui ressembler si nous voulons vivre conformément à l'Évangile. »

    St Basile (v.330-379), Grandes Règles monastiques, Question 8 (trad. Brésard, 2000 ans C, et Lèbe, Maredsous).

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  • Méditation - de l'humilité

    « Un homme humble ne se laisse pas troubler par la louange. Comme il ne se préoccupe plus de lui-même et qu'il sait d'où vient ce qu'il y a de bon en lui, il ne se dérobe pas à la louange, car elle est due au Dieu qu'il aime, et, en la recevant, il n'en conserve rien pour lui-même, mais, avec une immense joie, il la donne toute à son Dieu. Fecit mihi magna qui potens est, et sanctum nomen ejus ! (*)
    Un homme qui n'est pas humble ne peut accepter la louange avec grâce. Il sait ce qu'il devrait en faire. Il sait que c'est à Dieu que la louange est due et non à lui-même, mais il la transmet à Dieu de si mauvaise grâce que c'est lui-même qu'il élève et il attire l'attention sur lui par sa propre maladresse.
    La louange contrarie et trouble celui qui n'a pas encore appris l'humilité. Peut-être même perd-il patience lorsqu'on le loue, irrité par le sentiment de sa propre indignité. Et, s'il n'en laisse rien voir, du moins ce qu'on a dit de lui le hante, obsède son esprit et le tourmente partout où il va.
    A l'autre extrême, il y a l'homme qui ne possède pas la moindre humilité et qui dévore la louange s'il en reçoit, comme un chien qui happe un morceau de viande. Mais il ne constitue aucun problème : il est tellement reconnaissable que, depuis Aristophane, il a joué son rôle dans toutes les comédies.
    L'homme humble reçoit la louange comme une vitre nette reçoit la lumière du soleil. Plus réelle et plus intense est la lumière, et moins on aperçoit la vitre. »

    (*) du Magnificat : "Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !"

    Thomas Merton (1915-1968), Semences de contemplation, Trad. par R.N. Raimbault, La Vigne du Carmel, Éditions du Seuil, 1952.

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  • Méditation - entre les mains de Dieu

    « Dieu est présent dans notre vie, comme la présence d'un amour qui y enveloppe tout. Tout Lui est confié. D'une confiance qui veut s'exprimer [...] en une parfaite souplesse entre ses mains.
    Cette présence de Dieu en notre vie est une présence cachée.
    Ce qu'Il réalise en nous, quels biens sa grâce nous apporte, Lui seul le voit, qui accomplit son œuvre en notre âme.
    Mais en entrevoir et en deviner quelque chose suffit pour Lui faire confiance et être dans la paix.

    Accepter tout ce qui demeure d'obscurité en cette présence, c'est encore un acte de confiance. Un acte d'humilité aussi.
    Laisser faire Dieu, en toute humilité. [...]
    Une confiance sans ombre - sans hésitations ni reculs - une confiance toute claire. [...]
    Être entre les mains de Dieu une petite chose bien humble, dont Il puisse faire ce qu'Il veut, comme Il veut.

    Le moyen de trouver Dieu, quand Il se cache, c'est de se faire plus humble, plus effacé devant Lui.
    Toute pauvreté, toute souffrance, toute humiliation - tout ce par quoi l'âme se sent plus impuissante, plus dépouillée - tout cela la met davantage entre les mains de Dieu. Il est plus libre de faire ce qui Lui plaît dans le vide ainsi créé en elle par l'humilité, par le sentiment de son total dénuement.
    Plus l'âme est humble, plus elle est confiée à Dieu. »

    Dom Georges Lefebvre, moine de Ligugé, Aimer Dieu, Desclée de Brouwer, 1960.

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    (Crédit photo : cepolina.com)

  • Méditation - douceur et humilité du coeur

    « "Venez, dit le Christ à ses disciples, et apprenez de moi", non pas certes à chasser les démons par la puissance du ciel, ni à guérir les lépreux, ni à rendre la lumière aux aveugles, ni à ressusciter les morts... ; mais, dit-il, "Apprenez de moi ceci : que je suis doux et humble de cœur" (Mt 11,28-29). Voilà, en effet, ce qu'il est possible à tous d'apprendre et de pratiquer. Mais de faire des signes et des miracles, cela n'est pas toujours nécessaire, ni avantageux à tous, et n'est pas accordé non plus a tous.

    C'est donc l'humilité qui est la maîtresse de toutes les vertus, le fondement inébranlable de l'édifice céleste, le don propre et magnifique du Sauveur. Celui qui la possède pourra faire, sans péril d'élèvement, tous les miracles que le Christ a opérés, parce qu'il cherche à imiter le doux Seigneur, non dans la sublimité de ses prodiges, mais dans la vertu de patience et d'humilité. Par contre, pour celui qui est impatient de commander aux esprits immondes, de rendre la santé aux malades, de montrer aux foules quelque signe merveilleux, il peut bien invoquer le nom du Christ au milieu de toute son ostentation ; mais il est étranger au Christ, parce que son âme orgueilleuse ne suit pas le maître de l'humilité.

    Sur le point de retourner à son Père, voici le legs que le Seigneur a fait à ses disciples : "Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres" ; et il ajoute aussitôt : "C'est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres" (Jn 13,34-35). Il est bien certain qu'à moins d'être doux et humble, on n'observera pas cet amour. »

    St Jean Cassien (v.360-435), Conférences n°15, 6-7 (trad. SC 54 rev.).

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    Chapelle latérale de l'église de l'Ascension
    Gorodok, Pavlovsky Posad (Russie)

    (Crédit photo)

  • Méditation - Aimons les âmes

    « L'Espérance est surnaturelle, force et don de Dieu. Elle nous fait comprendre et éclaire pour nous la vie, la souffrance, la mort qui n'est que la vie continuée et toutes les vérités d'au delà. Elle nous établit en union plus intime avec Dieu, élargit pour nous ce merveilleux domaine des âmes que la Foi nous entr'ouvre et dans lequel la Charité nous fait pleinement pénétrer, ce domaine dans lequel tant de gens n'entrent jamais qui vivent à la surface des êtres, et qui est pourtant le domaine de tout chrétien. - "Tôt ou tard, disait Lacordaire, on ne vit plus que pour les âmes." - Sachons les chercher, les deviner, aimons-les, toutes, depuis celle de l'humble servante qui vit à côté de nous, depuis celle que nous voile parfois une enveloppe ridicule ou une morose humanité, jusqu'aux âmes lointaines ou inconnues qu'atteindront toujours notre prière et notre souffrance et qui sauront seulement dans l'éternité que notre tristesse d'un jour ou notre sacrifice humblement consenti leur a obtenu la Vie.

    Mettons tous nos désirs, toutes nos tendresses, tous nos espoirs humains sous la garde de la surnaturelle Espérance et demandons-la chaque jour à Dieu pour nous, pour ceux que nous aimons et pour les âmes, afin qu'elle nous fasse à tous la vie plus féconde, l'âme plus sereine et douce, la mort même utile et belle, et ne nous abandonne qu'à ce seuil de l’Éternité où, dans l'Unité Vivante, ne subsistera plus que la rayonnante et divine Charité. "Les autres vertus passeront, mais la Charité demeurera éternellement."

    Prière pour demander à Dieu la vertu d'Espérance

    Mon Dieu, qui nous avez permis les espoirs humains, mais qui Seul donnez l'Espérance chrétienne et surnaturelle, accordez, je Vous en supplie, par votre grâce, cette vertu à mon âme, à toutes les âmes qui me sont chères et à celles de tous les chrétiens. Faites qu'elle illumine et transforme pour nous la vie, la souffrance et la mort même et qu'elle nous conserve, à travers les déceptions et les tristesses de chaque jour, une force intime et une inaltérable sérénité. »

    Elisabeth Leseur (1866-1914), extrait des Petits traités de l'Espérance et de la Paix chrétiennes, in "La vie spirituelle", Paris, J. de Gigord, 1920.

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  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Seigneur Jésus, Tu es notre Sauveur et notre Dieu !
    Fais que notre regard ne se fixe jamais sur d’autre étoile que celle de l’Amour et de la Miséricorde qui brille sur ta poitrine.
    Que ton Cœur soit donc, ô notre Dieu, le phare lumineux de la foi, l’ancre de notre espérance, le secours toujours offert dans notre faiblesse, l’aurore merveilleuse d’une paix inébranlable, le soleil qui éclaire nos horizons.
    Jésus, nous nous confions sans réserve à ton Divin Cœur. Que ta grâce convertisse nos cœurs. Par ta miséricorde soutiens les familles, garde-les dans la fidélité de l’amour.
    Que ton Évangile dicte nos lois. Que tous les peuples et les nations de la terre se réfugient en ton Cœur très aimant et jouissent de la Paix que Tu offres au monde par la Source pure, d’amour et de charité, de ton Cœur très miséricordieux.
    Amen. »

    St Jean-Paul II, 1994.

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    NB : cette image fait partie des collections de l'exposition relative à l'histoire de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, toujours en attente d'un lieu pérenne qui pourra l'accueillir. Toutes les propositions en ce domaine sont les bienvenues, n'hésitez pas à me contacter par courriel.

  • Fête de la Présentation : Méditations déjà proposées sur notre site internet

  • Méditation - avec douceur, charité et humilité

    « Si vous aimez réellement Dieu, vous parlerez tout naturellement de Lui avec vos voisins et amis, non pas en faisant des sermons, mais avec l'esprit de douceur, de charité et d'humilité, distillant autant que vous le pourrez le miel délicieux des choses divines, goutte à goutte, tantôt dans l'oreille de l'un, tantôt dans l'oreille de l'autre, priant Dieu au secret de votre âme de faire passer cette sainte rosée jusque dans le cœur de ceux qui vous écoutent. Surtout, il faut faire cet office angélique doucement et suavement, non par manière de correction, mais par manière d'inspiration ; car c'est merveille combien la suavité et amabilité d'une bonne parole est une puissante amorce pour attirer les cœurs. »

    St François de Sales (1567–1622), Introduction à la vie dévote, 3e partie, ch. 26.

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  • Méditation - l'enfant prodigue

    « Voyez l'enfant prodigue à son retour au foyer paternel. Nous le figurons-nous, après sa rentrée, prenant des airs insouciants et des allures dégagées, comme s'il avait été toujours fidèle ? Oh ! non. - Vous me direz : son père ne lui a-t-il pas tout pardonné ? - Certainement ; il a reçu son fils, les bras ouverts ; il ne lui a pas fait de reproches ; il ne lui a pas dit : "Vous êtes un misérable" ; non, il l'a serré sur son cœur. Et le retour de ce fils procure même au père une telle joie que celui-ci prépare pour le repenti un grand festin. Tout est oublié, tout est pardonné. Cette conduite du père du prodigue est l'image de la miséricorde de notre Père céleste. - Mais lui, l'enfant pardonné, quels sont ses sentiments, quelle est l'attitude qu'il conserve ? N'en doutons pas, ce sont les sentiments, c'est l'attitude qu'il avait quand il s'est jeté repentant aux pieds de son père : "Père, j'ai péché contre vous, je ne suis plus digne d'être appelé votre fils ; traitez-moi comme le dernier de vos serviteurs". Soyons certains que, pendant toutes les réjouissances par lesquelles on célébrait son retour, ce sont là les dispositions qui dominaient dans son âme. Et si plus tard la contrition y a diminué d'intensité, jamais ce sentiment ne s'en est effacé tout à fait, même après que l'enfant eut repris pour toujours au foyer paternel sa place de jadis. Que de fois il a dû dire à son père : "Vous m'avez tout pardonné, je le sais, mais mon cœur ne se lassera pas de répéter avec gratitude, combien il a de regret de vous avoir offensé, combien il veut racheter par une plus grande fidélité les heures perdues et l'oubli qu'il a fait de vous".
    Tel doit être le sentiment d'une âme qui a offensé Dieu, méprisé ses perfections, apporté sa part aux souffrances du Christ Jésus. »

    Bx Columba Marmion (1858-1923), Le Christ Idéal du Moine (VIII.I), Abbaye de Maredsous - Desclée de Brouwer, Namur - Paris, 1939.

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    Eugène Burnand (1850-1921), L’enfant prodigue
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  • Méditation - les mains de la Providence

    « Aimer toutes les mains de la Providence. Ces mains ce sont les créatures par lesquelles Dieu nous atteint et complète son action sur nos âmes. Si nous savons le voir en elles, nous les aimons toutes. Il y a des mains qui crucifient... Il y en a qui, sans y prendre garde, nous ont broyé le cœur... Il y a des mains qui nous flagellent... ce sont les propos venimeux... Et toutes ces mains ont travaillé à notre sanctification. Il y a aussi des mains qui nous consolent... qui nous expriment la bonté et l'amabilité de la Providence... Dieu m'en a entourée et m'en a donné cette année une de plus par sa sollicitude.
    Il y a des mains qui nous bénissent et font réussir tout ce que ne pourraient nos seuls efforts... Ce sont les prières des petits et des malheureux...

    Il y a des mains, bien petites parfois, qui entouraient notre cœur d'un rayon de soleil, et qui, un jour, en un instant, laissent ce pauvre cœur brisé, parce qu'elles en ont emporté la moitié avec elles au ciel... Mais par elles, Dieu donne le baume avec la blessure ; ces petites mains qui adorent déjà le Père dans leur éternité, font descendre dans l'âme affligée l'écho céleste de la béatitude. Dieu nous rend en lui plus qu'il ne nous a pris par elles. Il y a enfin des mains qui nous conduisent... qui nous portent vers Dieu, et nous soutiennent dans la voie du ciel... Que Dieu les bénisse mille fois ces mains sacrées ! Qu'il les comble comme des coupes saintes ! Que la lumière, la grâce et l'amour en débordent pour sa gloire, pour leur bien et le bien des âmes ! Qu'il leur rende tout ce que notre gratitude ne pourra jamais ni apprécier, ni reconnaître !

    Et puis il y a une main au-dessus de toutes, sans nom qui soit digne d'elle. C'est elle qui, d'un signe, peut pulvériser l'univers ; c'est elle aussi qui atteint, au fond du cœur de l'homme, à ce point intime que nul ne touche. C'est son contact divin qui panse les blessures que rien ne pourrait guérir : ce sont ses impulsions qui nous vivifient, nous transforment, nous poussent vers le ciel ; c'est elle qui nous fait agir avant que nous l'ayons aperçue, qui nous guide, qui amène et dispose toutes choses et tout événement dans le sens de la grâce principale qui nous est donnée, pour nous faire parvenir à glorifier Dieu en ce monde et dans l'autre selon la manière voulue de lui, et à la place précise que son amour nous destine. »

    Lucie-Christine (Mathilde Bertrand, 1844-1908), Journal Spirituel de Lucie-Christine, 20 octobre 1890, publié par Aug. Poulain, Paris, Gabriel Beauchesne, 1910.

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  • Méditation - des retours sur soi-même

    « Il doit vous suffire de marcher devant Dieu dans toute la paix de votre âme, de ne pas faire tant attention à vous-même, mais plutôt à Dieu seul ; de vous tenir tranquille en tel état où il lui plaira de vous mettre, sans faire tous ces retours sur vous-même, pour savoir si c'est par votre faute ou non. Cette connaissance vous est entièrement inutile ; vous devez, par rapport à cela, vous contenter de purifier votre âme de toute affection qui ne serait pas en Dieu seul. Faites attention à une maxime que je vais vous dire ; je la crois de la plus grande importance dans la vie spirituelle : "Il faut moins chercher à connaître en quoi nous manquons à Dieu qu'à nous appliquer paisiblement et amoureusement à lui plaire en tous les mouvements de notre âme". Si vous tâchez de tenir votre cœur bien pur et bien paisible devant Dieu, votre union avec lui est assurée, quoique vous ne vous en aperceviez pas. Ne cherchez donc pas à savoir si vous l'êtes bien en réalité ; autrement votre âme ne serait ni bien pure, ni bien en paix devant lui. Faites ce que je vous dis là, et je crois que cela suffira pour tout, pour l'oraison comme pour la sainte communion. »

    Jacob Libermann (1802-1852), Lettres Spirituelles du Vénérable Libermann, Tome I (Lettre XXII à un séminariste, 11 sept. 1835), Paris, Poussielgue Frères, s.d. (v.1915).
    Les écrits du Vénérable Père Libermann peuvent être consultés en ligne ICI.

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  • Aimez prier

    « Aimez prier. Souvent dans la journée, essayez de ressentir le besoin de prier, et alors donnez-vous la peine de prier. La prière agrandit le cœur au point où il pourra contenir le don que Dieu nous fait de lui-même. "Demandez, cherchez" (Lc 11,9) et votre cœur s'élargira assez pour le recevoir.

    La prière suivante, extraite du livre de prières de notre communauté, est choisie parmi celles que nous récitons chaque jour. Puisse-t-elle vous aider...

    "Devenons tous des branches authentiques et riches en grappes de la vigne de Jésus, en l'accueillant dans nos vies comme il lui plaira d'y venir :

    en tant que Vérité – pour la dire ;
    en tant que Vie – pour la vivre ;
    en tant que Lumière – pour éclairer ;
    en tant qu'Amour – pour être aimé ;
    en tant que Chemin – pour le parcourir ;
    en tant que Joie – pour la donner ;
    en tant que Paix – pour la répandre ;
    en tant que Sacrifice – pour l'offrir,
    dans nos familles et tout autour de nous." »

    Ste Teresa de Calcutta (1910-1997), Un Chemin tout simple, Paris, Plon/Mame, 1995.

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  • Méditation - le baptême

    « L’Église tient au baptême des petits enfants. Le petit bébé qui vient de naître est aimé de ses parents qui le lui disent en paroles et le lui montrent par des gestes, des caresses, des baisers. Par le baptême, c'est Dieu qui dit à ce bébé : Tu es un tout petit être humain, n'ayant aucune rentabilité pour la société, improductif économiquement, sans intérêt pour les élections. Mais pour moi tu vaux autant que les adultes, tu es grand, tu as du prix. Car tu es, et je fais de toi, mon fils bien aimé. En toi, malgré ta petitesse, je mets tout mon amour dont la grandeur dépasse tous les univers. Je viens habiter en toi. Je fais de toi un membre de l’Église de mon Fils, un membre aussi important que n'importe qui d'autre, aussi important que le pape Jean-Paul II qui a dit un jour : le plus beau jour de ma vie a été celui de mon baptême. Il est heureux que la fête du baptême de Jésus ait lieu au début d'une année nouvelle. Il est beau de commencer une année en entendant les paroles de Dieu à Jésus et à chacun de nous, baptisés : « C'est toi mon fils bien-aimé ; en toi j'ai mis tout mon amour ».

    Sainte Marie, Mère de Dieu, apprends-nous à approfondir sans cesse ces paroles : « C'est toi mon fils bien-aimé, en toi j'ai mis tout mon amour ». Prie pour que nous soyons éclairés chaque jour par la lumière de notre baptême. »

    Mgr Raymond Bouchex (1927-2010), Il a habité parmi nous - Entrer dans le mystère de l'Incarnation (Les fêtes du temps de Noël), Parole et Silence, 2006.

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  • Méditation - du silence

    « L'intention profonde du silence est de libérer l'âme, de lui rendre forces et loisir pour adhérer au Seigneur. Il affranchit l'âme, comme l'obéissance donne toute sa maîtrise à la volonté. Il a, comme le travail, la double efficacité de nous soustraire à la basse attraction de nos penchants sensibles et de nous fixer dans le bien. Il nous établit peu à peu dans une région sereine, où nous sommes capables de parler à Dieu et d'entendre sa voix. Le silence soutient donc à son tour une affinité avec la foi et la charité. Et de même qu'on ne nous demande pas l'obéissance pour la servitude, on ne nous demande pas non plus le silence dans un parti pris de vexation : toutes ces limitations tutélaires sont autre chose que des retranchements. Le silence est œuvre festive ; et c'est pourquoi, selon les anciens coutumiers, on l'observait rigoureusement les jours de fête. Or, dans l'âme chrétienne, la fête est de tous les jours. »

    Dom Paul Delatte (1848-1937), Commentaire sur la Règle de Saint Benoît (ch. VI), Paris, Plon-Nourrit et Cie / Maison Alfred Mame, 8e édition, 1913.

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  • Méditation - Épiphanie

    « Lorsque les trois mages eurent été conduits par l'éclat d'une nouvelle étoile pour venir adorer Jésus, ils ne le virent pas en train de commander aux démons, de ressusciter des morts de rendre la vue aux aveugles, ou la marche aux boiteux, ou la paroles aux muets, ni d'accomplir quelque acte relevant de la puissance divine ; non, ils virent un enfant gardant le silence, tranquille, confié aux soins de sa mère ; en lui n'apparaissait aucun signe de son pouvoir, mais il offrait à la vue un grand prodige, son humilité. Aussi le spectacle même de ce saint enfant auquel Dieu, Fils de Dieu, s'était uni, présentait aux regards un enseignement qui devait plus tard être proclamé aux oreilles, et ce que ne proférait pas encore le son de sa voix, le simple fait de le voir faisait déjà qu'il l'enseignait. Toute la victoire du Sauveur, en effet, victoire qui a subjugué le diable et le monde, a commencé par l'humilité et a été consommée par l'humilité. Il a inauguré dans la persécution ses jours prédestinés, et les a terminés dans la persécution ; à l'enfant n'a pas manqué la souffrance, et à celui qui était appelé à souffrir n'a pas manqué la douceur de l'enfance ; car le fils unique de Dieu a accepté par un unique abaissement de sa majesté, et de naître volontairement homme et de pouvoir être tué par les hommes.

    [...] Aussi toute la pratique de la sagesse chrétienne, bien-aimés, ne consiste ni dans l'abondance des paroles, ni dans l'habileté à disputer, ni dans l'appétit de louange et de gloire, mais dans la sincère et volontaire humilité que le Seigneur Jésus-Christ a choisie et enseignée en guise de toute force, depuis le sein de sa mère jusqu'au supplice de la croix. Car un jour que ses disciples recherchaient entre eux, comme le raconte l'évangéliste, « qui, parmi eux, était le plus grand dans le Royaume des cieux, il appela un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et dit : En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se fera petit comme cet enfant-là, voilà qui sera le plus grand dans le Royaume des Cieux. » (*) Le Christ aime l'enfance qu'il a d'abord vécue et dans son âme et dans son corps. Le Christ aime l'enfance, maîtresse d'humilité, règle d'innocence, modèle de douceur. Le Christ aime l'enfance, vers elle il oriente la manière d'agir des aînés, vers elle il ramène les vieillards ; il attire à son propre exemple ceux qu'il élève au royaume éternel. »

    (*) Mat 8, 1-6 ; Lc 9, 46-49.

    St Léon le Grand, Sermons pour l’Épiphanie, VII, 2–3

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    Tableau de la Cathédrale Saints Peter & Paul, Philadelphie
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  • Méditation - Jésus

    « Quel livre faut-il lire et sur quoi méditer ? Entendez saint Bernard : "Je ne peux méditer que sur Jésus, et tout livre où je ne trouve pas le nom de Jésus, m'est insipide et fastidieux. Jésus n'est-il pas le soleil de notre intelligence et le bonheur de nos âmes ? pourquoi chercher ailleurs la lumière et le bonheur ?" Il faut donc toujours lire des livres sérieux et traitant surtout de questions religieuses, mais en particulier il faut continuellement lire le saint Évangile : que sont tous les livres de la terre en comparaison de votre Évangile, ô mon Jésus ! Taisez-vous, docteurs et orateurs de ce monde ! Parlez, parlez, ô mon Jésus, une seule de vos paroles renferme plus de lumière que tous les livres des mortels !
    [...]
    Que désirer apprendre sur le bonheur, quand on a entendu le sermon sur les Béatitudes !
    Celui qui connaît Jésus-Christ, s'écrie saint Ambroise, que peut-il chercher encore à connaître ?
    Que désirer voir, quand on a vu le divin Enfant de la crèche ! Que désirer contempler quand on a contemplé son Dieu sur une croix !
    Là tous les saints docteurs ont appris leur grande science. »

    T.R.P. Marie-Antoine (de Lavaur, 1825-1907), L'Amour n'est pas aimé - Jésus mieux connu, mieux aimé, mieux imité, Les voix franciscaines, Toulouse, 1922 (3e édition soigneusement corrigée).

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  • Premier Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. »
    (Mt 11, 28-30)

    « Un grand, un très grand labeur sera nécessaire, et beaucoup de peines secrètes, surtout après une vie de négligence, pour que notre intellect [= notre esprit], qui ressemble à un chien glouton et hargneux, en vienne, à force de simplicité, de douceur et de zèle, à ne plus aimer que la pureté et la vigilance.
    Cependant, prenons courage ; si dominés par les passions et si faibles que nous soyons, présentons au Christ, avec une foi sans défaillance, notre faiblesse et notre impuissance spirituelle, confessons-les devant lui ; et nous obtiendrons certainement son assistance, bien au-delà de ce que nous méritons, pourvu que nous nous abaissions sans cesse jusqu'au fond de l'abîme de l'humilité. »

    St Jean Climaque (579-649), L'échelle sainte (Premier degré - 21), Spiritualité Orientale n°24, Abbaye de Bellefontaine, 1978.
    A lire : la catéchèse de l'Audience générale du 11 février 2009 que le Pape Benoît XVI avait consacrée à Saint Jean Climaque.

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    « Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au Vôtre »

  • Méditation - l'action de grâce

    « C'est parce que nous méprisons la grâce divine et le don gratuit de la vie, que nous perdons la foi. A l'écoute de la grâce, la bonté de Dieu pour l'homme qu'il comble de ses dons, nous apparaît.
    Comment exprimer notre reconnaissance ? Par un simple merci ? Cela est bien faible au regard de la générosité du Seigneur et dire merci ne suffit pas à nous entraîner dans une dynamique. Dès lors que l'on goûte à la plénitude de la grâce, la réponse s'impose : le don de Dieu appelle l'action de grâce.
    Oser dire : Je te bénis Seigneur pour tout ce que tu m'as donné, Je te bénis pour ce que tu m'as enseigné à travers tous les événements de ma vie, Je te bénis pour tout ce que tu me permets de vivre en cet instant... nous entraîne dans un élan de générosité et dans une puissance d'amour qui seront les fondements de notre relation et de nos échanges avec Dieu, avec l'autre et avec nous-mêmes et feront de nous les témoins des merveilles qu'il a opérées en nous.

    Dans action de grâce il y a le mot action. L'action ne doit pas se limiter à la bénédiction verbale mais aller au-delà. Cela implique de redistribuer autour de nous ce que nous avons reçu du Seigneur. L'action de grâce ne peut donc être vécue comme un rite à accomplir mais comme un témoignage vivant et actif des énergies divines qui nous animent. Elle accomplit dans un acte d'amour, un geste venant de la profondeur de notre cœur qui seul peut exprimer la miséricorde et l'amour.

    Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit (1Co 13, 1). »

    Suzanne Giuseppi Testut, La déposition - Parcours spirituel à l'école de saint François d'Assise, Nouvelle Cité, 2009.

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  • Méditation - la flamme dévorante de l'Amour

    « La Communion nous donne la grâce de l'amour. Pour aimer Notre-Seigneur d'un amour d'amitié, il faut une grâce spéciale : JÉSUS, en venant en nous, apporte cette grâce en même temps qu'il en met l'objet en notre âme, c'est-à-dire lui-même. Notre-Seigneur de demande pas avant la Cène à ses disciples d'aimer comme il les avait aimés ; il ne leur dit pas encore : Demeurez dans mon amour. C'était trop fort pour eux ; ils n'auraient pas compris. Mais après la Cène il ne dit plus seulement : Aimez Dieu, aimez votre prochain ; mais : Aimez-moi d'un amour de frère, de familiarité ; d'un amour qui soit votre vie et la loi de votre vie.
    [...]
    Après la Cène, Notre-Seigneur le dit à ses Apôtres : Je ne vous appellerai plus mes serviteurs. - Comment donc les appellerez-vous, Seigneur ? Gloire de Dieu, Force de Dieu, Médecine de Dieu, comme les Archanges ? - Non, plus que tout cela : je vous appellerai mes amis. Vous êtes mes amis, parce que tout ce que j'ai reçu de mon Père je vous l'ai donné ; vous êtes mes amis, parce que je vous ai confié mon secret royal.
    [...]
    Plus vous communierez, plus votre amour s'enflammera, plus vous aurez le cœur large, plus votre affection deviendra tendre et brûlante parce que son foyer sera plus intense. JÉSUS dépose en nous sa grâce d'amour : il vient lui-même allumer en nos cœurs le foyer de l'incendie, il l'entretient par ses fréquentes visites, il fait l'expansion de cette flamme dévorante ; c'est vraiment le charbon ardent qui nous embrase (S. Jean Chrysostome). Et ce feu ne s'éteindra pas si nous le voulons ; car son foyer, ce n'est pas nous qui l'entretenons, c'est JÉSUS-CHRIST lui-même qui lui donne sa force et son action : ne l'étouffez pas volontairement par le péché, il brûlera sans s'éteindre jamais. Pauvres chrétiens qui communiez une fois par an, qu'attendez-vous de là ? Mettez donc plus souvent votre petite flamme en contact avec cette fournaise ; faites-le tous les jours s'il le faut. Croyez-vous pouvoir brûler si vous n'entretenez pas votre foyer ? »

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La divine Eucharistie - Extraits des écrits et des sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard - Deuxième série : La Sainte Communion, Société Saint-Augustin - Desclée de Brouwer, Bruges/Lille/Paris/Lyon, 1926 (16ème éd.).

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