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Méditations

  • Méditation - Je vous salue, Marie

    « Aimons à dire l'Ave Maria avec les Saints qui ont eu une si grande dévotion à la Sainte Vierge. Pourquoi ne pas leur demander de nous aider ? Disons-leur : Faites donc passer dans mon âme quelques-uns des sentiments que vous aviez alors. Adressons-nous à Saint Bernard, au Bienheureux Grignion de Montfort... Demandons à notre Ange gardien ou à l'Archange Gabriel de le dire avec nous ; avec quel respect ne la saluait-il pas au jour de l'Annonciation, avec quelle affection, quelle admiration, quelle confiance que le monde serait sauvé grâce à elle ! Disons-le avec Saint Joseph. Imaginons un peu ce qu'il y avait de délicatesse, d'affectueux respect et aussi de félicité en ce grand et bon Saint Joseph quand il prononçait ce nom béni.
    Disons-en le début avec Jésus, mais il faudrait une autre langue, nous bégayons... C'est tout un monde que cette intimité de Marie et de Jésus !... »

    Robert de Langeac [Abbé Augustin Delage p.s.s. (1877-1947)], Conseils aux âmes d'oraison 1ère série, Paris, Lethielleux, 1931.

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  • Méditation - « Chacun juge des choses du dehors selon ce qu'il est au-dedans de lui-même. »

    « L'homme s'élève au-dessus de la terre sur deux ailes, la simplicité et la pureté. La simplicité doit être dans l'intention, et la pureté dans l'affection. La simplicité cherche Dieu, la pureté le trouve et le goûte. Nulle bonne œuvre ne vous sera difficile si vous êtes libre au-dedans de toute affection déréglée. Si vous ne voulez que ce que Dieu veut et ce qui est utile au prochain, vous jouirez de la liberté intérieure. Si votre cœur était droit, alors toute créature vous serait un miroir de vie et un livre rempli de saintes instructions. Il n'est point de créature si petite et si vile qui ne présente quelque image de la bonté de Dieu.

    Si vous aviez en vous assez d'innocence et de pureté, vous verriez tout sans obstacle. Un cœur pur pénètre le ciel et l'enfer. Chacun juge des choses du dehors selon ce qu'il est au-dedans de lui-même. S'il est quelque joie dans le monde, le cœur pur la possède. Et s'il y a des angoisses et des tribulations, avant tout elles sont connues de la mauvaise conscience. Comme le fer mis au feu perd sa rouille et devient tout étincelant, ainsi celui qui se donne sans réserve à Dieu se dépouille de sa langueur et se change en un homme nouveau. »

    Imitation de Jésus-Christ, Livre deuxième (4), Traduction de l'Abbé Félicité de Lamennais.

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  • Méditation - Une grâce à demander

    « Vous savez bien colorer et excuser vos fautes, et vous ne voulez pas recevoir les excuses des autres. Il serait plus juste de vous accuser vous-même et d'excuser votre frère. Si vous voulez qu'on vous supporte, supportez aussi les autres. Voyez combien vous êtes loin encore de la vraie charité et de l'humilité, qui jamais ne s'irrite et ne s'indigne que contre elle-même. Ce n'est pas une grande chose de bien vivre avec les hommes doux et bons, car cela plaît naturellement à tous ; chacun aime son repos, et s'affectionne à ceux qui partagent ses sentiments. Mais vivre en paix avec des hommes durs, pervers, sans règle, ou qui nous contrarient, c'est une grande grâce, une vertu courageuse digne d'être louée. »

    Imitation de Jésus-Christ, Livre deuxième (3), Traduction de l'Abbé Félicité de Lamennais.

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    (Crédit photo : Emma Harper on Unsplash)

  • Méditation - Ste Thérèse de Jésus invite à tout confier à St Joseph

    « Je pris pour avocat et patron le glorieux saint Joseph et je me recommandai instamment à lui. J’ai vu bien clairement que c’est lui, mon père et mon protecteur, qui m’a guérie de cette infirmité (*), comme il m’a tirée également de dangers très grands où il s’agissait de mon honneur et du salut de mon âme. Son assistance m’a procuré plus de bien que je ne savais lui en demander. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais adressé une supplique qu’il ne me l’ait exaucée. C’est une chose merveilleuse que les grâces insignes dont Dieu m’a favorisée, et les dangers tant du corps que de l’âme dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux saint. Les autres semblent avoir reçu de Dieu le pouvoir de nous assister dans une nécessité spéciale. Mais ce glorieux saint, je le sais par expérience, nous assiste dans tous nos besoins. Notre Seigneur veut nous faire comprendre que, s’il a été soumis sur la terre à celui qu’il appelait son père, parce que c’était son gouverneur qui pouvait lui commander, il défère également au ciel à toutes ses suppliques. C’est ce qu’ont reconnu par expérience plusieurs personnes qui, d'après mes conseils, se sont recommandées à lui. A l’heure actuelle, elles sont nombreuses les âmes qui l’honorent et constatent de nouveau la vérité de ce que j’avance.
    [...]
    Je voudrais persuader à toutes les âmes qu'elles doivent porter de la dévotion à ce glorieux saint. Une longue expérience, en effet, m'a montré les grâces qu'il nous obtient de Dieu. Je n'ai pas connu une seule personne, ayant pour lui une dévotion vraie et l'honorant d'un culte particulier, que je ne l'aie vue plus avancée dans la vertu. Il fait progresser d'une manière admirable les âmes qui se recommandent à lui. Depuis plusieurs années, ce me semble, je lui demande une grâce le jour de sa fête, et je l'ai toujours obtenue ; et lorsque ma supplique est quelque peu de travers, il la redresse pour le plus grand bien de mon âme. Si j'avais autorité pour écrire, je m'appliquerais très volontiers à raconter dans tous leurs détails les faveurs dont ce glorieux saint m'a favorisée, ainsi que d'autres personnes. [...] Je demande seulement pour l'amour de Dieu à celui qui ne me croirait pas, d'en faire l'épreuve. Il verrait par son expérience combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux patriarche et d'avoir pour lui une dévotion spéciale. »

    (*) : A l'âge de 23 ans, Thérèse, jeune carmélite, est tombée gravement malade. Après plusieurs mois de souffrances aigües, elle reste quatre jours dans le coma. « On me croyait si bien morte, que l'on avait même laissé couler sur mes yeux de la cire que j'y trouvais ensuite... Il y avait déjà un jour et demi que l'on avait creusé dans mon monastère la tombe qui attendait mon corps... Après ces quatre jours de crise, je restai dans un état tel que Dieu seul peut savoir quelles tortures intolérables j'endurais... » (cf. sa Vie chap.V,9 et VI,1).

    Ste Thérèse de Jésus (d'Avila), Vie écrite par elle-même (Chap. VI), Œuvres complètes, Éditions du Seuil, Paris, 1948.

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    Bartolomé Esteban Murillo (1618-1682), Saint Joseph et l'Enfant Jésus

     

  • Méditation - « Évite le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche-la. » (Ps 33,14)

    « Conservez-vous premièrement dans la paix : et alors vous pourrez la donner aux autres. Le pacifique est plus utile que le savant. Un homme passionné change le bien en mal, et croit le mal aisément. L'homme paisible et bon ramène tout au bien. Celui qui est affermi dans la paix ne pense mal de personne ; mais l'homme inquiet et mécontent est agité de divers soupçons : il n'a jamais de repos, et n'en laisse point aux autres. Il dit souvent ce qu'il ne faudrait pas dire, et ne fait pas ce qu'il faudrait faire. Attentif aux devoirs des autres, il néglige ses propres devoirs. Ayez donc premièrement du zèle pour vous-même, et vous pourrez ensuite avec justice l'étendre sur le prochain. »

    Imitation de Jésus-Christ, Livre deuxième (3), Traduction de l'Abbé Félicité de Lamennais.

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    (Crédit photo by jetta)

  • Méditation - Paroles, paroles, paroles...

    « D'où vient que nous aimions tant à parler et à converser lorsque si rarement il arrive que nous rentrions dans le silence avec une conscience qui ne soit point blessée ? C'est que nous cherchons dans ces entretiens une consolation mutuelle et un soulagement pour notre cœur fatigué de pensées contradictoires. Nous nous plaisons à parler, à occuper notre esprit de ce que nous aimons, de ce que nous souhaitons, de ce qui contrarie nos désirs.

    Mais souvent, hélas ! bien vainement ; car cette consolation extérieure n'est pas un médiocre obstacle à la consolation que Dieu donne intérieurement. Il faut donc veiller et prier, afin que le temps ne se passe pas sans fruit. S'il est permis, s'il convient de parler, parlez de ce qui peut édifier. La mauvaise habitude et le peu de soin de notre avancement nous empêchent d'observer notre langue. Cependant de pieuses conférences sur les choses spirituelles, entre des personnes unies selon Dieu et animées d'un même esprit, servent beaucoup au progrès dans la perfection. »

    Imitation de Jésus-Christ, Livre premier (10), Traduction de l'Abbé Félicité de Lamennais.

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  • Méditation - La paille et la poutre...

    « Appliquez-vous à supporter patiemment les défauts et les infirmités des autres, quelles qu'ils soient, parce qu'il y a aussi bien des choses en vous que les autres ont à supporter. Si vous ne pouvez vous rendre tel que vous voudriez, comment pourrez-vous faire que les autres soient selon votre gré ? Nous aimons que les autres soient exempts de défauts, et nous ne corrigeons point les nôtres.

    Nous voulons qu'on reprenne les autres sévèrement, et nous ne voulons pas être repris nous-mêmes. Nous sommes choqués qu'on leur laisse une trop grande liberté, et nous ne voulons pas qu'on nous refuse rien. Nous voulons qu'on les retienne par des règlements, et nous ne souffrons pas qu'on nous contraigne en la moindre chose. Par là on voit clairement combien il est rare que nous usions de la même mesure pour nous et pour les autres. [...]

    Dieu l'a ainsi ordonné afin que nous apprenions à porter le fardeau les uns des autres, car chacun a son fardeau ; personne n'est sans défauts, nul ne se suffit à soi-même ; nul n'est assez sage pour se conduire seul ; mais il faut nous supporter, nous consoler, nous aider, nous instruire, nous avertir mutuellement. C'est dans l'adversité qu'on voit le mieux ce que chacun a de vertus. Car les occasions ne rendent pas l'homme fragile, mais elles montrent ce qu'il est. »

    Imitation de Jésus-Christ, Livre premier (16), Traduction de l'Abbé Félicité de Lamennais.

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    Parabole de la paille et de la poutre, Mt 7,3-5 & Lc 6,41-42
    Gravure sur bois, v.1551

    (Crédit photo : The British Museum)

  • Méditation - Jeûner ? Oui, mais... sans oublier que :

    « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur. »
    Jésus (Mt 15, 11)
     
    « Il vaut mieux manger de la viande et boire du vin plutôt que de dévorer par des médisances la chair de ses frères. »
    Abba Pyperéchios, Apophtegmes des Pères du désert.

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  • Méditation - Compassion

    « Quand l'homme reconnaît-il que son cœur atteint la pureté ? Lorsqu'il considère tous les hommes comme bons sans qu'aucun lui apparaisse impur et souillé. Alors en vérité il est pur de cœur (Mt 5,8)…
    Qu'est-ce que cette pureté ? En peu de mots, c'est la miséricorde du cœur à l'égard de l'univers entier. Et qu'est-ce que la miséricorde du cœur ? C'est la flamme qui l'embrase pour toute la création, pour les hommes, pour les oiseaux, pour les bêtes... pour tout être créé. Quand il songe à eux ou quand il les regarde, l'homme sent ses yeux s'emplir des larmes d'une profonde, d'une intense pitié qui lui étreint le cœur et le rend incapable de tolérer, d'entendre, de voir le moindre tort ou la moindre affliction endurée par une créature. C'est pourquoi la prière accompagnée de larmes s'étend à toute heure aussi bien sur les êtres dépourvus de parole que sur les ennemis de la vérité, ou sur ceux qui lui nuisent, pour qu'ils soient gardés et purifiés. Une compassion immense et sans mesure naît dans le cœur de l’homme, à l'image de Dieu. »

    St Isaac le Syrien (7e siècle), Discours ascétique, § 81 (trad. AELF, 1974 ; cf trad. Touraille)

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  • 1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Ayons donc un cœur de Jésus-Christ, un cœur étendu, qui n'exclue personne de son amour. C'est de cet amour réciproque qu'il se formera une chaîne de charité, qui s'étendra du Cœur de Jésus dans tous les autres pour les lier et les unir inviolablement : ne la rompons pas ; ne refusons à aucun de nos frères d'entrer dans cette sainte union de la charité de Jésus-Christ. Il y a place pour tout le monde. Usons sans envie des biens qu'elle nous procure : nous ne les perdons pas en les communiquant aux autres ; mais nous les possédons d'autant plus sûrement : ils se multiplient pour nous avec d'autant plus d'abondance, que nous désirons plus généreusement les partager avec nos frères. [...] Aimons-nous donc dans le Cœur de Jésus. « Dieu est charité ; et qui persévère dans la charité demeure en Dieu, et Dieu en lui. » (1Jn 4,16) »

    (ou : « Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. »)

    J.-B. Bossuet (1627-1704), Panégyrique de l'Apôtre Saint Jean (Troisième Point), in Œuvres complètes de Bossuet Vol XII, Publiés d'après les imprimés et les manuscrits originaux par F. Lachat, Paris - Librairie de Louis Vives, Éditeur, 1863.

    Texte intégral à l'Abbaye Saint-Benoît de Port-Valais (Suisse).

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  • Méditation - Donner à chacun avec joie

    « A qui prend ta tunique, dit le Christ, donne aussi ton manteau ; à qui prend ton bien, ne réclame pas ; et ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux (Mt 5,40 ; Lc 6,30-31). De la sorte, nous ne nous attristerons pas comme des gens qu'on aurait dépossédés contre leur gré, mais au contraire nous nous réjouirons comme des gens qui auraient donné de bon coeur, puisque nous ferons un don gratuit au prochain plus que nous ne céderons à la contrainte. Et, dit-il, si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en avec lui deux mille. De la sorte nous ne le suivons pas comme un esclave, mais nous le précédons comme un homme libre. En toutes choses donc le Christ t'invite à te rendre utile à ton prochain, ne considérant pas sa méchanceté, mais mettant le comble à ta bonté. Il nous invite ainsi à nous rendre semblable à notre Père « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5,45). »

    St Irénée de Lyon (v.130-v.208), Contre les hérésies, IV, 13, 3 (trad. cf SC n°100).

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  • Méditation - Pas d'inquiétude inutile...

    « Il me semble que vous devriez vous résoudre à faire avec calme ce que vous pouvez. Ne soyez pas inquiet de tout le reste, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez accomplir par vous-même.
    Sont agréables à Dieu notre soin et notre sollicitude raisonnables pour mener à bien les affaires dont nous devons nous occuper par devoir.
    Ne plaisent pas à Dieu l’anxiété et l’inquiétude de l’esprit, parce que le Seigneur veut que nos limites et nos faiblesses prennent appui en sa force et en sa toute-puissance ; il veut que nous espérions que sa bonté suppléera à l’imperfection de nos moyens.
    Ceux qui se chargent d’affaires nombreuses, même avec une intention saine et droite, doivent se résoudre à faire simplement ce qui est en leur pouvoir, sans s’affliger s’ils ne parviennent pas à tout réaliser comme ils le voudraient, à condition qu’ils aient accompli tout ce que la nature humaine peut et doit faire selon les indications de la conscience.
    Si on doit laisser de côté certaines choses, il faut s’armer de patience et ne pas penser que Dieu attend de nous ce que nous ne pouvons faire ; il ne veut pas davantage que l’homme s’afflige de ses limites.
    Pourvu que l’on donne satisfaction à Dieu - ce qui est plus important que de donner satisfaction aux hommes – il n’est pas nécessaire de se fatiguer exagérément. Bien plus, lorsqu’on s’est efforcé d’agir de son mieux, on peut abandonner tout le reste à Celui qui a le pouvoir d’accomplir tout ce qu’il veut.
    Plaise à la divine Bonté de nous communiquer toujours la lumière de sa sagesse pour que nous puissions voir clairement et accomplir fermement son bon plaisir en nous et dans les autres. Amen. »

    St Ignace de Loyola (1491-1556), Extraits d'une Lettre à Jérôme Viñes, Rome, le 17 novembre 1555, Éditions du Soleil Levant, Namur, 1957.

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  • Méditation - « n'importe qui peut être utile à son prochain »

    « Est-il rien de plus dérisoire qu'un chrétien qui ne se soucie pas des autres ? Ne prends pas comme prétexte ta pauvreté : la veuve qui a mis deux petites pièces dans le tronc du Temple (Mc 12,42) se lèverait contre toi ; Pierre aussi, qui disait au boiteux : "Je n'ai ni or ni argent" (Ac 3,6), et Paul, si pauvre qu'il avait souvent faim. N'objecte pas ta condition sociale, car les apôtres étaient humbles aussi et de basse condition. N'invoque pas ton ignorance, car ils étaient des hommes sans lettres. Même si tu étais esclave ou fugitif, tu pourrais toujours faire ce qui dépend de toi. Tel était Onésime dont Paul fait l’éloge (Phm 1,10). Serais-tu de santé fragile ? Timothée l'était aussi. Oui, qui que nous soyons, n'importe qui peut être utile à son prochain, s'il veut vraiment faire ce qu'il peut.

    Vois-tu combien les arbres de la forêt sont vigoureux, beaux, élancés ? Et cependant, dans nos jardins, nous préférons des arbres fruitiers ou des oliviers couverts de fruits. De beaux arbres stériles…, tels sont les hommes qui ne considèrent que leur propre intérêt…

    Si le levain ne fait pas lever la pâte, il n’est pas un vrai ferment. Si un parfum n'embaume pas ceux qui approchent, pouvons-nous l'appeler un parfum ? Ne dis donc pas qu’il est impossible d’avoir une bonne influence sur les autres, car si tu es vraiment chrétien, il est impossible qu'il ne se passe rien ; cela fait partie de l'essence même du chrétien… Il serait aussi contradictoire de dire qu'un chrétien ne peut pas être utile à son prochain que de dénier au soleil la possibilité d'éclairer et de réchauffer. »

    St Jean Chrysostome (v.345-407), Homélie 20 sur les Actes des apôtres (trad. cf. AELF).

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  • Méditation - Confiance, confiance, et... confiance.

    « Ayez confiance en Dieu de toute l'étendue de votre cœur, et ne vous appuyez pas sur votre propre prudence. Pensez à lui dans toutes vos voies (Pr III,5) ; et il dirigera lui-même vos pas. Voilà l'abrégé de toute la vie chrétienne.
    Ayez une pleine confiance en Dieu, et alors votre cœur se dilatera ; il laissera une libre entrée à ce Dieu, qui ne désire rien tant que d'y entrer, et d'en prendre une possession éternelle.
    Dans quelque état que vous soyez, dans quelque disposition que vous vous trouviez, pensez à Dieu, et vous trouverez dans cette pensée la lumière de votre esprit, la consolation de votre cœur et la force de votre âme.
    Quoique ce soit que vous veuillez entreprendre, consultez Dieu et il vous éclairera pour l'entreprise, et vous aidera pour l'exécution.
    Quelque part que vous alliez, il conduira lui-même toutes vos démarches, si vous n'en faites aucune que par son mouvement.
    Si vous vous trouvez dans des perplexités qui vous présentent plusieurs partis à prendre, et qui ne vous permettent pas d'en prendre aucun, parlez à Dieu, Vérité éternelle, Lumière infinie ; et votre âme éclairée changera bientôt ses doutes en résolutions...
    [...]
    Si vous le consultez en tout, il ne manquera pas de vous faire connaître ce qu'il veut et de quelle manière il le veut, et il vous donnera les secours nécessaires pour l'accomplir, si vous les lui demandez avec une pleine confiance. »

    Ambroise de Lombez (1708-1778), Capucin, Traité de la joie de l'âme chrétienne (ch.VI, 7e m.), Paris, 1774.

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  • Méditation - Pause !

    « Notre existence, même bonne, n’a qu’un rendement médiocre, parce que notre attention se disperse trop. Nous sommes à la merci de chaque action, et, entre deux de nos actions, nous nous réservons à peine la minute de silence et de lumière qui nous mettrait face à l’esprit vivificateur, présent en nous, mais paralysé par nous, oublié par nous, laissé à son obscurité dans notre fond d’âme et attendant vainement un regard, un cri du cœur, un mouvement d’amour. »

    Raoul Plus (1882-1958), Dans le Christ Jésus, Apostolat de la Prière, Toulouse, 1922.

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  • Méditation - La joie véritable

    « Il ne faut pas confondre la joie avec ses différentes expressions à tous les niveaux : il y a le plaisir, le confort, la joie intellectuelle et artistique, la joie du travail bien fait ou de l'entreprise réussie ; il y a surtout les innombrables joies des relations humaines y compris la joie de l'amour qui doit accompagner l'homme pendant toute sa vie. Et cependant, toutes ces expériences ne sont que des formes extérieures de la joie. Plus ces formes sont importantes, plus leurs racines sont profondes. La joie véritable est située à une grande profondeur, et nous devrions creuser profondément en nous pour lui permettre de jaillir. C'est sans doute là le sens de l'expression que nous employons spontanément pour exprimer un grand bonheur : Je suis profondément heureux. C'est pourquoi tout grand bonheur est aussi silencieux. il ne peut être exprimé. Il est indicible. Il affleure rarement à la surface, et nous serions incapables d'en faire étalage. C'est à la racine même de notre être que nous sommes habités par notre joie. »

    Dom André Louf (1929-2010), Au gré de sa grâce - Propos sur la prière, Desclée de Brouwer, Paris, 1989.

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  • Méditation - Au plus profond de nous...

    « Prier, c'est percevoir notre réalité la plus profonde, ce point précis de notre être où, inconsciemment, insensiblement, sans jamais l'avoir vu, nous aboutissons à Dieu, nous nous écoulons en Dieu, nous touchons Dieu ; où, à chaque instant, tandis qu'il ne cesse de nous créer, nous sommes touchés par lui...
    "Je suis loin de toi, alors que toi, douce source
    de tout ce qui est vie,
    ou de tout ce qui fait vivre,
    tu m'as, toi, le prochain le plus proche de moi,
    et que tu m'envoies, ô soleil bien-aimé,
    en mon tréfonds le plus profond
    ton feu dévorant qui transperce tout."

    (Abbé Guido Gezelle - 1830-1899) ...
    Il s'agit d'apprendre progressivement à s'abandonner en profondeur. Notre projet personnel de prière doit, insensiblement mais sûrement, être relayé par l'action de Dieu en personne et en quelque sorte se perdre en elle. A Dieu maintenant de prendre l'initiative. A nous de le laisser agir. A nous aussi de nous livrer à son action en nous...
    La prière à laquelle il nous invite maintenant est sa prière à lui. Elle est pure grâce. Nous n'avons aucune prise sur elle. Le seul geste qui nous reste est d'ouvrir nos mains et notre cœur, afin que la prière en jaillisse comme un don du Seigneur, là où il veut bien nous la donner. »

    Dom André Louf (1929-2010), Au gré de sa grâce - Propos sur la prière, Desclée de Brouwer, Paris, 1989.

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    (Crédit photo : q8 girl via Compfight)

  • Méditation - Présentation du Seigneur au Temple

    « Voici donc, mes frères, entre les mains de Syméon, le cierge allumé. Vous aussi, allumez à ce luminaire vos cierges, je veux dire ces lampes que le Seigneur vous ordonne de tenir dans vos mains (cf. Lc 12, 35). Approchez-vous de lui et soyez illuminés, de manière à être vous-mêmes plus que des porteurs de lampe, des lumières qui brillent au-dedans et au-dehors pour vous et pour votre prochain. »

    Bx Guerric d'Igny (+ 1157), extrait d'une Homélie pour la fête de la purification de la bienheureuse Vierge Marie.

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    Andrey Shishkin (peintre russe, né en 1960), Siméon et Jésus
    (Crédit photo)

    « Faire comme la bougie allumée, qui éclaire elle-même et, sans amoindrir sa propre flamme, allume d'autres bougies pour éclairer d'autres endroits. »

    St Séraphim de Sarov (1759-1833).

  • 1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Si nous avions une étincelle de ce feu sacré qui embrasait le Coeur de Jésus-Christ, demeurerions-nous les bras croisés, et délaisserions-nous ceux que nous pouvons assister ? Non, certes ; car la vraie charité ne saurait demeurer oisive, ni nous permettre de voir nos frères et nos amis dans le besoin sans leur manifester notre amour ; et pour l'ordinaire les actions extérieures rendent témoignage de l'état intérieur. Ceux qui ont la vraie charité au-dedans la font apparaître au-dehors. C'est le propre du feu d'éclairer et d'échauffer, et c'est aussi le propre de l'amour de se communiquer. Nous devons aimer Dieu aux dépens de nos bras et à la sueur de notre visage. Nous devons servir le prochain aux dépens de nos biens et de notre vie. »

    St Vincent de Paul, in "Élévations, Prières et Pensées", Paris, J. de Gigord, 1919.

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    Gravure d’une brochure religieuse des années 1930
    Image by © PoodlesRock/Corbis
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  • Méditation - « Quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret. » (Mt 6, 6)

    « Il faut sans cesse te redire que le lieu de la prière, c'est ton cœur, c'est-à-dire le centre de ton être, là où tu es toi-même pleinement libre, où tu t'ouvres ou tu te fermes à Dieu. Ton cœur, c'est la source même de ta personnalité consciente, intelligente et libre, et surtout le lieu où tu es habité par la présence de l'Esprit. Descends toujours plus profond dans ces abîmes de silence, où tu communies à la vie même de la Trinité.

    Trop souvent tu penses que prier, c'est développer devant Dieu de belles considérations intellectuelles. Détrompe-toi, Dieu n'a pas besoin de tes idées, il en a d'infiniment plus belles que toi. De même, ta prière ne peut consister en des sentiments ou des résolutions morales. Il te faut prier avec ton cœur, avec ton être tout entier. Prier c'est, avant tout, être en face de Dieu sous son regard. Si ton cœur est avec Dieu, le reste suivra, et tu sauras que lui dire et que faire.
    [...]
    Apprends à te tenir là, en face du Père, dans le silence de tout ton être, et surtout dans la conscience de son amour. A quoi bon parler pour lui dire ce qu'il sait et voit bien mieux que toi ? Viens simplement à l'oraison, avec le désir véhément et pacifié d'être là avec Dieu, pour Dieu, en présence de Dieu. Assieds-toi aux pieds du Seigneur, ouvre-lui largement ton cœur et tes mains, pour accueillir le don de sa présence amoureuse. Il ne t'est pas demandé d'élaborer des méditations rationnelles, ou d'adopter des comportements, mais simplement cette conscience de la présence et de l'amitié de Jésus-Christ.
    [...]
    Si tu exposes ton être profond au soleil de l'amour de Dieu, dans une cure de prière, tu purifieras l'air que tu respires, et tu retrouveras une paix profonde. N'oublie jamais que les hommes qui prient sont les poumons de l'humanité. Si la prière venait à disparaître de ta vie et de celle de tes frères, nous serions tous menacés d'asphyxie. »

    P. Jean Lafrance (1931-1991), Prie ton Père dans le secret (IV), Abbaye Ste Scholastique, Dourgne, 1978.

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