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Méditations

  • Méditation - Recueillement intérieur

    « Comment pratiquer le recueillement intérieur ?
    1° Il faut d'abord en demander la grâce à Dieu ;
    2° Ensuite, avant d'agir, se recueillir intérieurement en Jésus pour consulter sa sainte volonté, son esprit, son bon plaisir ; lui demander la grâce de l'action ; le prier d'agir avec nous ;
    3° Agir dans le calme et la paix. - Quand on est troublé, agité, commencer avant tout par se pacifier, se recueillir dans le silence ;
    4° S'exercer habituellement à la présence de Dieu en nous ;
    5° Dans les peines intérieures ou extérieures, commencer par consentir intérieurement à la volonté de Dieu sur nous ;
    6° Dans les tentations, les combattre par un acte intérieur, un regard sur Jésus pour lui dire : « Vous savez que je vous aime et vous aimerai jusqu'à la mort ! » C'est le regard de l'amour indigné contre Satan, et une protestation d'amour au Bien-Aimé ;
    7° Dans les désolations et abandons intérieurs, pas d'agitation, pas d'inquiétude ni trop de moyens extérieurs de soulagement ; - mais un acte d'abandon avec Jésus abandonné sur la croix. - C'est là l'acte le plus parfait de l'amour ; c'est le dernier acte que Jésus ait fait pour notre amour, afin de nous tenir toujours compagnie. »

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Troisième Série, Retraites aux pieds de Jésus-Eucharistie (Première Retraite de Sept jours, Quatrième jour), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1912 (dixième édition).

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    The golden lagoon, par (c) Maurizio Fecchio - Copyright © Maurizio51
    Photo reproduite avec la sympathique autorisation de son auteur
    Les magnifiques albums de Maurizio Fecchio sont en ligne sur Flickr et sur sa page Facebook.

  • Méditation - Le Coeur Sacré de Jésus au Très Saint Sacrement

    « S'il est bon d'aimer les images du Sacré Cœur, ses statues, ses scapulaires, les différents emblèmes qui le représentent, il est meilleur encore d'aimer la réalité vivante, ce divin Cœur lui-même. Or le Cœur de Jésus ne se trouve ni dans les livres, ni sur le papier, ni sur la toile, il est dans sa poitrine, sous l'hostie qui le dérobe à vos yeux. C'est là qu'il faut le chercher avant tout, parce qu'en définitive c'est là seulement que vous pourrez le trouver. [...]

    « Mais voici cependant ce qui me cause une espèce de supplice qui me fut plus sensible que toutes les autres peines dont j'ai parlé : c'est lorsque cet aimable Cœur me fut présenté avec ces paroles : J'ai une soif ardente d'être honoré des hommes dans le Saint Sacrement et je ne trouve presque personne qui s'efforce selon mon désir de me désaltérer, usant avec moi de quelque retour. »
    (Vie de la bienheureuse Marguerite-Marie)

    Aussi la bienheureuse Marguerite-Marie nous a-t-elle laissé l'exemple de la plus constante, de la plus aimante dévotion à la sainte Eucharistie : « Son cœur était comme une lampe devant le Saint Sacrement. » [...] A l'exemple de la Bienheureuse, cherchez le Cœur de Jésus dans son Eucharistie, et votre amour ne restera plus longtemps une plaisanterie ni une affectation. Surnaturellement réconforté par Celui qui peut le rendre capable de tout, il essayera de rivaliser de générosité avec le Cœur même de son Dieu.

    Vous m'avez aimé, Jésus, je vous aimerai ; votre charité me presse : la mienne vous pressera bientôt ; vous m'avez aimé passionnément, je serai passionné d'amour pour vous ; vous m'avez aimé jusqu'à la folie de la Croix et du Tabernacle : je vous aimerai éperdument, d'une manière insensée aux regards du siècle. Vous m'avez aimé et vous vous êtes livré pour moi, je vous aimerai et je me livrerai pour vous. [...]

    Daigne le bon Maître, touché de vos protestations d'amour, vous répondre comme à la bienheureuse Marguerite-Marie : « J'ai choisi ton âme pour m'être un ciel de repos sur la terre et ton cœur sera un trône de délices à mon divin amour. » »

    La Bonté du Sacré Cœur de Jésus. Directoire dédié aux pèlerins de Paray-le-Monial et de Montmartre et à tous les amis du Sacré Cœur (Chap. VI, Article III, III), Approuvé par Monseigneur l’Évêque d'Autun, Lyon, Emmanuel Vitte - Paris, Jules Vic et Amat, 1892.

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    « Sacré Cœur de Jésus,
    Apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c’est la seule voie par où l’on peut entrer en Vous. Puisque tout ce que je ferai à l’avenir sera à Vous, faites en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de Vous ; enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour, duquel Vous m’avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de Vous plaire, et une plus grande impuissance d’en venir à bout sans une lumière et un secours très particuliers que je ne puis attendre que de Vous. Faites en moi votre volonté, Seigneur ; je m’y oppose, je le sens bien, mais je voudrais bien ne pas m’y opposer : c’est à Vous à tout faire, divin Cœur de Jésus-Christ, Vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification, si je me fais saint ; cela me paraît plus clair que le jour ; mais ce sera pour Vous une grande gloire, et c’est pour cela seulement que je veux désirer la perfection.
    Ainsi soit-il. »

    St Claude La Colombière.

  • Méditation - Dieu seul suffit

    « I. Grand Dieu, Père des lumières, principe de sagesse et de bonté, faites-moi la grâce de connaître ce qui vous est le plus agréable, de l'estimer avec plaisir, de le souhaiter avec ardeur, de le rechercher avec soin, et de l'accomplir avec amour.

    II. Etre immuable, affermissez mon cœur contre les secousses violentes des passions, de telle sorte que ni l'affliction, ni le plaisir ne le puissent ébranler de son assiette ; remplissez-le, et environnez-le de vous-même, de manière que non seulement il n'y ait point en lui de vide pour la créature, mais que rien même ne puisse passer jusqu'à lui, que par vous, c'est-à-dire qu'il n'aime rien, que par rapport à vous, et selon vous.

    III. Faites, mon Sauveur, que rien ne soit capable de me contenter, que ce qui certainement me conduit à vous ; que rien ne soit capable de me causer de la douleur, que ce qui malheureusement me sépare de vous ; et que je ne reconnaisse pour principe de mes actions, et pour règle de ma conduite, que le seul désir de vous plaire, ou la seule crainte de vous être désagréable.

    IV. Détachez-moi, mon Dieu, de tout ce qui ne contribue pas immédiatement à mon salut, et me rendez ennuyeuses et importunes toutes les joies et toutes les satisfactions qui m'arriveront sur la terre, et qui ne procèderont point de vous, ou qui ne se termineront point à vous ; afin que je ne goûte point d'autre plaisir que celui qui se trouve dans l'accomplissement de votre volonté.

    V. Disposez, Seigneur, en Souverain, de tout ce qui me regarde, et ne m'abandonnez point à moi-même ; réglez mes actions, et déterminez-moi à ce que je dois faire, par vos inspirations, et par les conseils des personnes qui me conduisent, afin qu'en tout soumis à vos ordres, et soutenu par la force de votre bras, je puisse dignement m'acquitter pour votre gloire, pour mon salut, et pour l'édification de mon prochain, de la charge que vous m'avez imposée, et de l'état où il vous a plu m'appeler.

    VI. Donnez-moi, Seigneur, un cœur docile, et qui reçoive facilement toutes les impressions de votre grâce ; qu'il soit pour elle comme de la cire molle à l'égard du cachet, mais qu'il ne laisse rien effacer des traits qu'elle lui aura une fois imprimés ; rendez ce même cœur flexible à tous vos mouvements, ne permettez pas qu'il regimbe contre l'aiguillon ; et si je suis jamais assez malheureux pour m'échapper et me dérober à votre conduite, faites-moi la grâce que je revienne de mon égarement.

    VII. Conservez-moi, Seigneur, une santé saine de corps et d'esprit. Délivrez-moi du poids des richesses, et de l'incommodité de la pauvreté, me donnant seulement ce que vous avez voulu qui fut nécessaire à la condition où vous m'avez mis ; surtout, Seigneur, que j'aie une application continuelle à vous aimer et à vous servir, une sagesse éclairée pour vous rechercher, une persévérance fidèle pour vous attendre, et une confiance assurée de vous trouver un jour dans le Ciel, après avoir exécuté vos lois sur la terre.

    VIII. Octroyez-moi, grand Dieu, par votre bonté ordinaire et continuelle, les dons spirituels d'obéissance sans contradiction, de pauvreté sans répugnance, de chasteté sans corruption, de patience sans murmure, d'humilité sans feinte, de gaîté sans dissolution, de tristesse sans abattement, de parfaite crainte de vous, mon Dieu, sans désespoir, de sincérité en mes paroles sans ambiguïté, et la grâce de faire toujours le bien sans vanité ni dissimulation, exerçant la charité due à mon prochain, et l'édifiant par mes paroles et par le bon exemple.

    IX. Et surtout, mon Dieu, élevez mes pensées, et toutes les facultés de mon âme vers vous, et faites qu'ayant sans cesse devant les yeux les travaux, les peines et les douleurs cruelles que votre amour infini vous a fait souffrir, pour me racheter de la mort éternelle, je puisse être excité par ce vif et continuel souvenir, à m'attacher inséparablement à vous, et à faire votre divine volonté, à reconnaître l'énormité de mes péchés, et à les avoir en une telle horreur, que j'en fasse une salutaire pénitence, et que je forme une ferme résolution de m'en corriger.

    X. Enfin, mon Dieu, accordez-moi la grâce de faire un saint usage des biens temporels que vous m'avez départis ; fournissez-moi, mon Dieu, les occasions de les employer de telle sorte pour votre service et pour votre gloire, qu'ils me servent de moyens pour parvenir à l'éternelle félicité dont jouissent et jouiront vos Élus dans la durée des siècles. Ainsi soit-il. »

    V.C.P., Exercice spirituel contenant la manière d'employer toutes les heures du jour au Service de Dieu, Prière contenant dix demandes particulières, dont chacun peut se servir selon sa condition, A Paris, Chez Théodore de Hansy, 1760.

    NB : Sans que cela ait pu être vérifié, le pseud. V. C. P. désigne peut-être Louis Cousin (1627-1707) pour l'initiale "C" et Paul Pellisson-Fontanier (1624-1693), pour l'initiale "P". Par ailleurs, ces deux auteurs sont explicitement mentionnés comme ayant révisé l'édition de ce texte, ainsi que l'indique l'avis au lecteur de l'éd. de Paris, Jacques Collombat, 1719-1720. (Source : data.bnf.fr)

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  • Méditation - Aimons le Très Saint Sacrement avec passion !

    « Une âme qui aime ainsi, n'a qu'une puissance, qu'une vie : Notre-Seigneur au Très Saint Sacrement. - Il est là !... Elle vit sous le coup de cette pensée. - Il est là !... Il y a correspondance alors, il y a société de vie.
    Ah ! pourquoi donc ne pas en arriver là ? On retourne à plus de dix-huit siècles en arrière pour chercher des exemples de vertu dans la vie mortelle de Notre-Seigneur !
    Mais Notre-Seigneur pourrait nous dire : « Vous m'avez aimé au Calvaire, parce que j'y efface vos péchés ; vous m'avez aimé à la Crèche, parce que j'y suis doux et aimable ; pourquoi donc ne m'avez-vous pas aimé au Saint Sacrement, où je suis toujours avec vous ? Vous n'aviez qu'à venir. J'étais là, à côté de vous ! »
    Ah ! Au jugement, ce ne sont pas tant nos péchés qui nous effraieront et qui nous seront le plus reprochés ; ils sont pardonnés sans retour. Mais Notre-Seigneur nous reprochera son amour.
    Vous m'avez aimé moins que les créatures ! Vous n'avez pas fait de moi le bonheur de votre vie ! Vous m'avez aimé juste assez pour ne pas m'offenser mortellement ; pas assez pour vivre de moi !

    Mais nous pourrions dire : Sommes-nous donc obligés d'aimer ainsi ?
    Je sais bien que le précepte d'aimer ainsi n'est pas écrit ; il n'y en a pas besoin ! Rien ne le dit, tout le crie : la loi en est dans notre cœur.
    Oui, ce qui m'effraie, c'est que les chrétiens penseront volontiers et sérieusement à tous les mystères, se dévoueront au culte de quelque saint : et à Notre-Seigneur au Très Saint Sacrement, non !
    Mais pourquoi, pourquoi ? Ah ! c'est qu'on ne peut regarder attentivement le Très Saint Sacrement sans dire : Il faut que je l'aime, que j'aille le visiter ; je ne puis le laisser seul ; il m'aime trop !
    Pour le reste, c'est loin, c'est de l'histoire : ça ne prend pas ainsi le cœur ; on admire surtout ; mais ici, il faut se donner, il faut demeurer, il faut vivre en Notre-Seigneur !
    L'Eucharistie est la plus noble aspiration de notre cœur : aimons-la donc avec passion !

    On dit : Mais c'est de l'exagération, tout cela.
    Mais l'amour n'est que de l'exagération ! Exagérer, c'est dépasser la loi ; eh bien ! l'amour doit exagérer !
    L'amour que nous témoigne Notre-Seigneur en demeurant avec nous sans honneurs, sans serviteurs, n'est-il pas exagéré aussi ?
    Celui qui ne veut s'en tenir qu'à ce qu'il doit absolument, n'aime pas. - On n'aime que lorsqu'on sent en soi la passion de l'amour.
    Et vous aurez la passion de l'Eucharistie quand Notre-Seigneur au Très Saint Sacrement sera votre pensée habituelle ; quand votre bonheur sera de venir à ses pieds ; votre désir constant, de lui faire plaisir.

    Allons ! entrons en Notre-Seigneur ! Aimons-le un peu pour lui ; sachons nous oublier et nous donner à ce bon Sauveur ! Immolons-nous donc un peu ! Voyez ces cierges, cette lampe, qui se consument sans rien laisser, sans rien se réserver.
    Pourquoi ne serions-nous pas, pour Notre-Seigneur, un holocauste dont il ne resterait rien ?
    Non, ne vivons plus : que Jésus-Hostie vive seul en nous ! Il nous aime tant ! »

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Première Série, La Présence réelle (Aimons le Très Saint Sacrement, V), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1928 (seizième édition).

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  • Méditation - « Venite adoremus ! »

    « Saint Paul nous dit qu'étant à Athènes, il trouva écrit sur un autel : « Au Dieu inconnu ». Je pourrais bien, hélas ! vous dire le contraire : je vais vous annoncer un Dieu que vous n'adorez pas et que vous savez être votre Dieu. Combien de chrétiens sont embarrassés de leur temps, et qui ne daignent pas seulement venir, quelques petits moments, visiter leur Sauveur. Oh ! quelle honte pour nous ! Arrive-t-il quelque nouveauté, l'on quitte tout et l'on court. Pour notre Dieu, nous le fuyons, le temps nous dure en sa sainte présence ! Oh ! quelle différence entre les premiers fidèles et nous ! Ils passaient des jours et des nuits entières dans les églises à chanter les louanges du Seigneur ou à pleurer leurs péchés ; mais aujourd'hui, ce n'est plus de même. Jésus est délaissé, abandonné » dans le Sacrement de son amour (1). Méditons quelques-uns des motifs que nous avons de le visiter.

    « Si nous aimions bien le bon Dieu, nous nous ferions une joie et un bonheur de venir passer quelques instants » auprès de lui « pour l'adorer et tenir compagnie à un si bon ami (2). »

    « Il est là dans le tabernacle... que fait-il, ce bon Jésus, dans le Sacrement de son amour ? Il nous aime. »

    « Si vous passez devant une église, entrez-y donc pour le saluer : pourrait-on passer à la porte d'un ami sans lui dire bonjour ? Et Notre-Seigneur est un ami qui nous a fait tant de bien ! Ce serait être ingrat que de ne pas lui faire visite (3). »

    « Venez lui témoigner votre amour. Il vous dira : Mon fils, donne-moi ton cœur. » Oh ! ouvrez alors le vôtre, dilatez-le, rendez-lui amour pour amour (4)

    « Il est là, dans le Sacrement de son amour, qui soupire et intercède auprès du Père pour les pécheurs et il demande qu'on le prie pour leur conversion. Il est si bon qu'il sort de son Cœur une transpiration d'amour et de miséricorde pour noyer les péchés du monde (5). »

    « Oh ! combien un petit quart d'heure que nous dérobons à nos occupations, à quelques inutilités, pour venir le consoler, lui est agréable ! Lorsqu'il voit venir avec empressement les âmes pures, il leur sourit. Elles viennent avec cette simplicité qui lui plaît tant, lui demander pardon des insultes de tant d'ingrats... (6) Venons donc, nous aussi, compatir à ses douleurs ! Ceux qui auront, à cause de lui, répandu des larmes sur la terre, se réjouiront dans le Ciel (7). »

    1. Sermons, II, 131. - 2. Id., 137, 138. - 3. Catherine, 42. - 4. Instruct. de onze heures, 73. - 5. Esprit, 128. - 6. Esprit, 128, 130. - 7. Instruct. de onze heures, 74.

    St Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, in Mgr H. Convert "Méditations Eucharistiques extraites des Écrits et des Catéchismes de Saint Jean-Marie Vianney" (XXe Méditation, extraits), Emmanuel Vitte, Lyon - Paris, 1921.

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  • Méditation - Tout à Dieu, avec St Antoine de Padoue

    « « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. » « Ton Dieu » est-il dit. C'est une raison pour l'aimer davantage, car nous aimons bien plus ce qui est à nous que ce qui nous est étranger. Certes, le Seigneur ton Dieu mérite d'être aimé. Il s'est fait ton serviteur pour que tu lui appartiennes et que tu ne rougisses pas de le servir... Trente années, ton Dieu s'est fait ton serviteur à cause de tes péchés, pour t'arracher à la servitude du diable. Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu. Lui qui t'a fait, il s'est fait ton serviteur à cause de toi ; il s'est donné tout entier à toi, afin que tu te donnes à toi-même ; sa seconde œuvre, alors que tu étais malheureux, fut de refaire ton bonheur, de se donner à toi pour te rendre à toi-même.

    Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu « de tout ton cœur ». Tout : tu ne peux garder pour toi aucune partie de toi. Il veut l'offrande de tout toi-même. Il t'a racheté tout entier de tout lui-même, pour te posséder lui seul, toi tout entier. Tu aimeras donc le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur. Ne va pas, comme Ananie et Saphire, garder pour toi une partie de toi-même ; car alors, comme eux, tu périrais tout entier (1). Aime donc totalement et non en partie. Car Dieu n'a pas de parties ; il est tout entier partout. Il ne veut pas de partage en ton être, lui qui est tout entier en son Être. Si tu te réserves une partie de toi-même, tu es à toi et non point à lui. Veux-tu donc tout posséder ? Donne-lui ce que tu es, et il te donnera ce qu'il est ; tu n'auras plus rien de toi ; mais tu auras tout lui-même avec tout toi-même. »

    1. Ac 5,1s.

    St Antoine de Padoue (v. 1195-1231), Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints, in "Mystiques franciscains Florilège", Textes choisis et présentés par Ivan Gobry, Éditions Franciscaines, 1959.
    Réédition Paris, Artège, 2013.

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  • Méditation - Le mystère de la Très Sainte Trinité

    « Quand je considère en moi-même l'éternelle félicité que notre Dieu nous a préparée ; quand je songe que nous verrons sans obscurité tout ce que nous croyons sur la terre, que cette lumière inaccessible nous sera ouverte, et que la Trinité adorable nous découvrira ses secrets ; que là nous verrons le vrai Fils de Dieu sortant éternellement du sein de son Père, et demeurant éternellement dans le sein du Père ; que nous verrons le Saint-Esprit, ce torrent de flammes, procéder des embrassements mutuels que se donnent le Père et le Fils, ou plutôt qui est lui-même l'embrassement, l'amour et le baiser du Père et du Fils ; que nous verrons cette unité si inviolable que le nombre n'y peut apporter de division, et ce nombre si bien ordonné que l'unité n'y met pas de confusion ; mon âme est ravie, chrétiens, de l'espérance d'un si beau spectacle, et je ne puis que m'écrier avec le Prophète : « Que vos tabernacles sont beaux, ô Dieu des armées ! mon cœur languit et soupire après la maison du Seigneur. » (1) »

    1. Psal. LXXXIII, 1.

    J.-B. Bossuet (1627-1704), Introduction au Sermon pour le jour de la Très Sainte Trinité (prêché vers 1659), in "Œuvres complètes de Bossuet" Tome 10, Paris, Librairie de Louis Vivès, Éditeur, 1863.
    Texte intégral à l'Abbaye Saint-Benoît.

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    Vicente López Y Portaña (1772-1850) : L'adoration de la Sainte Trinité
    Collection privée

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  • Méditation - Ce que demande de nous la conduite de l'Esprit de Dieu

    « Il faut : 1° l'attention pour entendre sa voix ; 2° la générosité pour lui obéir.

    - L'attention pour entendre sa voix nous est enseignée par ces mots de l'Imitation : Heureux les yeux de l'âme, qui, fermés aux choses du dehors, sont attentifs aux choses du dedans. Heureuses les oreilles qui, au lieu d'écouter le bruit extérieur, écoutent la vérité qui les enseigne à l'intérieur (1). C'est-à-dire qu'il faut retirer son âme de la dissipation, de la légèreté, du tumulte des créatures et des pensées inutiles, des passions qui agitent et des imaginations qui égarent ; il faut veiller sur soi, pour ne point troubler l'opération de Dieu dans l'âme, ne la point empêcher, ne la point interrompre, ne la point affaiblir ; mais le laisser opérer sans obstacle comme il l'entend, et tout faire, lire, parler, travailler en grande paix intérieure, de concert avec lui. L'Esprit-Saint n'agit point dans le trouble (2) ; car pourquoi parlerait-il à qui n'écoute pas ? Pour parler à l'âme, l'Esprit de Dieu veut la trouver calme, recueillie, attentive à écouter dans le silence intérieur de toutes ses puissances, prosternées en quelque sorte devant lui comme Marie, sœur de Lazare, aux pieds de Jésus, pour recevoir avec un religieux respect toutes ses bonnes inspirations, et lui dire comme Samuel : Parlez, Seigneur, votre serviteur vous écoute (3), ou comme David : J'écouterai ce que dira au-dedans de moi le Seigneur mon Dieu (4).

    - 2° A l'attention il faut joindre la générosité. L'Esprit-Saint laisse à leur faiblesse les âmes lâches et pusillanimes, qui, tendres sur elles-mêmes jusqu'à ne pas vouloir sacrifier une volonté, résistent à ses inspirations. Que servirait sa direction à qui ne veut pas la suivre ? Il lui faut des âmes fortes et généreuses, qui sans hésitation obéissent à sa voix, quoi qu'il en coûte ; des âmes qui, comme ces bons serviteurs et ces servantes dont parle David, ont continuellement les yeux attachés sur les mains de leur maître pour courir au moindre signe, ou comme ces animaux mystérieux d'Ezéchiel, qui vont partout où l'Esprit de Dieu les appelle (5) ; et, quand il en trouve de la sorte, oh ! que de progrès rapides il leur fait faire dans les routes de la perfection !

    - Où sont en nous et ce recueillement et cette générosité ? »

    1. III Imit., I, 1. - 2. III Reg., XIX, 11. - 3. I Reg., III, 9. - 4. Ps. LXXXIV, 9. - 5. Ezech., I, 12.

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année (Jeudi de la Pentecôte, second point), 19e édition revue, corrigée, augmentée, Tome 2, Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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  • Méditation - Importance de la visite du Saint-Esprit

    « Le Saint-Esprit est notre véritable Instituteur, parce qu'il est le Maître des âmes. Les instituteurs de la terre ne parlent qu'aux sens ; mais le Saint-Esprit parle à l'âme. Il en bannit toute idée grossière, toute attache aux biens périssables, tout obstacle au règne de la grâce ; il donne l'intelligence et le goût des vérités révélées. Éclairés de sa lumière, les apôtres, auparavant si lents à saisir les vérités relatives au salut, ne trouvèrent plus rien d'obscur dans l’Écriture Sainte. Ils reconnurent la bonté infinie et les autres attributs de Dieu ; les grands mystères de la religion leur furent développés ; et de simples pécheurs, qui naguère ne connaissaient que leurs filets et leurs barques, ils deviennent tout à coup des maîtres consommés dans la science la plus relevée. Des hommes sans lettres réduisent au silence les savants et les sages de toutes les nations ; ils confondent les philosophes par leur éloquence et le zèle éclairé qui les anime, et auquel rien ne peut résister.

    Le même Esprit nous est donné suivant les besoins particuliers de nos âmes. Pourquoi voyons-nous donc tant de chrétiens s'aveugler volontairement et marcher dans les ténèbres, connaître si imparfaitement leurs devoirs, faire tant de chutes, avoir des idées si superficielles des mystères de la foi, être si peu touchés de leurs besoins spirituels, de leurs désordres et des dangers auxquels ils sont exposés ? La raison en est bien simple : c'est qu'ils ne se préparent point à recevoir sa lumière et ses inspirations.

    Le point le plus essentiel de cette préparation est le renoncement sincère aux choses terrestres. Pour être frappé de la lumière céleste et bien concevoir les vérités du salut, il faut avoir les yeux fermés au monde, y vivre comme si on n'y vivait pas, remplir ses devoirs avec l'exactitude d'un chargé d'affaires qui veut rendre un compte détaillé de sa gestion, et qui se tient en garde contre les pièges qu'on pourrait lui tendre. La méditation des choses saintes, la prière fervente et la pratique des vertus chrétiennes, sont les autres moyens que nous devons employer pour préparer notre entendement à recevoir les rayons de la lumière divine par la visite du Saint-Esprit. »

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome III (Saint jour de la Pentecôte, Méditation), Desclée de Brouwer & Cie, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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  • Mois de juin, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    Acte de consécration

    « Ô Jésus, Fils éternel du Père, Fils dans le temps de la Bienheureuse Vierge Marie, Sauveur et Rédempteur des hommes, nous voici prosternés devant Vous, prêts à renouveler, en face du Ciel et de la terre, notre consécration à votre divin Cœur.

    Nous adorons, ô Jésus, votre Cœur Sacré, indissolublement uni à la divinité. Nous le vénérons et l'aimons comme le sanctuaire et le centre de votre zèle ardent pour la gloire de votre Père, de votre amour sans bornes pour nous. Du plus profond de notre être nous faisons monter vers Vous notre reconnaissance pour les trésors de grâces que de votre Cœur divinement aimant, Vous déversez sur le monde, sur nous en particulier appelés, quoique indignes, à faire partie de la partie choisie de votre Église. C'est pénétrés de ces sentiments et tout remplis de confusion et de regret à la pensée de nos innombrables ingratitudes, que, confiants en votre infinie miséricorde, nous venons en ce jour déposer à vos pieds l'offrande de tout notre être.

    Par l'exercice assidu de l'oraison et de la contemplation de vos grandeurs et de vos amabilités infinies, nous voulons tendre sans cesse à une plus parfaite union avec Vous ; et après avoir largement puisé nous-mêmes aux sources de salut qui jaillissent de votre Cœur Sacré, nous nous efforcerons d'en communiquer les trésors aux âmes de nos frères, y mettant tout le zèle dont nous sommes capables. Vous aimer, ô très aimable Sauveur et Vous faire aimer, voilà à quoi nous voulons désormais employer toutes nos forces.

    Aidez-nous, ô Jésus, de votre grâce. Prenez nos cœurs, changez-les, purifiez-les, pour les rendre dignes de Vous ; rendez-les doux, humbles, patients, fidèles et généreux comme le vôtre ; mettez-y la ferveur de votre charité, afin que nous nous aimions les uns les autres comme Vous nous avez aimés. Détachez nos cœurs de toute affection terrestre, qu'ils soient tout entiers à Vous seul, à la vie, à la mort, et pour toute l'éternité. Ainsi soit-il. »

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome III (Fête du Sacré-Cœur, Contemplation), Desclée de Brouwer & Cie, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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  • Méditation - Préparation à la Pentecôte

    « Considérez combien il est nécessaire de se bien disposer à recevoir le Saint Esprit dans cette Fête prochaine. 1. Parce que faute de préparation, l'on se prive des grâces que Dieu communique ce jour-là plus abondamment qu'aux autres. 2. Parce qu'en ce jour les hommes ont été faits les enfants adoptifs de Dieu, par le moyen de la grâce et de la charité que le Saint Esprit a répandues dans les cœurs. Dignité si grande, que Saint Jean ne pouvant l'exprimer, se contente de dire avec étonnement : Videte qualem charitatem dedit nobis Pater, ut filii Dei nominemur et fimus, I Joan. 3,1 (1). 3. Parce que cette Fête est comme l'anniversaire de la naissance de l’Église, dont nous sommes les membres ; la Loi chrétienne ayant commencé d'y être publiée, et d'obliger ceux à qui elle fut annoncée. Enfin, parce que celui que nous avons à recevoir, est un Dieu. Neque enim homini preparatur habitatio, sed Deo, 1 Paral. 29,1. (2).

    Considérez quelles préparations firent les Apôtres pour recevoir le Saint Esprit. Saint Luc nous apprend dans leurs Actes, qu'étant tous assemblés avec les disciples dans le Cénacle, ils y demeurèrent enfermés avec la Sainte Vierge, persévérant dans une oraison continuelle. Et cum introissent in caenaculum, ascenderunt ubi manebant Petrus et Joannes, etc. Hi omnes erant perseverantes unanimiter in oratione cum mulieribus, et Maria matre Jesu, et fratribus ejus, Act. 1,13-14 (3). Paroles dans lesquelles nous sont marqués trois excellentes dispositions. La première est le recueillement qui les retire des promenades et des visites de la ville, en les enfermant dans leur maison ; qui les retire même des allées et venues qu'ils pourraient faire dans la maison en les enfermant dans une chambre ; enfin qui les dégage des pensées inutiles et de l'affection de toutes les choses créées, et les fait rentrer en eux-mêmes, pour ne penser qu'à Dieu et à eux-mêmes. La seconde, c'est l'union fraternelle qui les unit de cœur aussi étroitement, comme ils l'étaient de maison et de chambre, en sorte qu'on peut déjà dire de ces premiers Chrétiens ce qu'on dit après des autres : Multitudinis credentium erat unum et anima una, Act. 4,31 (4). La troisième, c'est la prière fervente et continuelle qu'ils adressent au ciel, encore qu'ils ne doutassent pas de la promesse qui leur avait été faite.

    Considérez, suivant ce modèle, que pour recevoir le Saint Esprit, il faut de notre part apporter ces trois dispositions que pratiquèrent les Apôtres. La première, la retraite, parce qu'on ne peut se rendre capable d'être reçu en la familiarité de Dieu, qu'en se retirant des affaires du monde. La seconde, l'union et la charité qui fait que nous ne voulons faire tort à personne, mais au contraire que nous faisons du bien à tous autant que nous le pouvons. La troisième, c'est la prière ; car encore que Dieu soit assez bon pour nous donner le Saint Esprit sans le demander, et que par tous nos efforts nous ne le puissions mériter, néanmoins il veut que nous le demandions, mais que nous le demandions avec instance et persévérance, au matin, sur le midi et au soir, au commencement, au progrès et à la fin de nos actions.

    Voyez maintenant comment vous pouvez pratiquer cette retraite, ou en vous retirant effectivement quelques jours de la semaine, pour penser un peu plus sérieusement à vous-même ; ou en retranchant quelques entretiens moins nécessaires, en parlant et conversant moins que vous ne faites ; ou enfin, s'il faut toujours agir, tâchant d'agir avec moins d'empressement et d'attache naturelle. Regardez ensuite si vous avez cette union de charité avec tout le monde ; si vous n'avez point d'envie, de jalousie, ni d'aversion contre personne ; et enfin quelle prière vous avez dessein de faire. Vous n'en sauriez trouver de plus belle que celle dont se sert l’Église en ce temps, Veni Creator, ou Veni Sancte Spiritus. Servez-vous-en, et outre cela adressez souvent vos vœux au ciel, par de fréquentes et courtes aspirations. »

    1. 1ère Lettre de Saint Jean : "Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes."
    2. 1er Livre des Chroniques : "Ce n'est pas pour un homme, mais pour Dieu même, que nous voulons préparer une maison."
    3. Actes des Apôtres : "À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean... Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères."
    4. Actes des Apôtres : "La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme."

    P. Matthieu Beuvelet (1622?-1657), Méditations sur les principales vérités chrétiennes et ecclésiastiques, Tome I, Méditation pour l'Octave de l'Ascension, A Paris, Chez George & Louis Josse, 1690.

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    Duccio di Buoninsegna, 1308-11, La Pentecôte
    Panneau de la face postérieure de la Maestà
    Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption (Santa Maria Assunta), Sienne

  • Méditation - L'Ascension de Jésus-Christ, joie pour le Ciel et pour la terre

    « Le Prophète David, rempli de l'Esprit de Dieu, et contemplant la bienheureuse Ascension de Jésus-Christ, exhorte tout le monde à célébrer son triomphe avec des transports d'allégresse et de joie ; il s'écrie : Toutes les nations, battez des mains en signe d'applaudissement ; louez Dieu, et poussez des cris de joie : Dieu est monté au milieu des acclamations. (1)

    Qui doute, dit Saint Bernard, de l'immense joie qu'éprouvèrent les disciples, en voyant le Sauveur pénétrer comme Homme dans les régions célestes ? N'en pouvant contenir les transports, ils avaient leur esprit et leur cœur dirigés à la fois vers le Ciel : par les chants de leur allégresse, ils félicitaient ce Divin Maître dans le triomphe de son départ. Le Ciel, sans nul doute, tressaillit lui aussi : tous les Chœurs des Anges se portèrent à la rencontre de leur Seigneur, revêtu de notre chair et couvert de sa pourpre et l'accueillant avec bonheur dans son triomphe souverain. Que si à l'arrivée de l'âme d'un juste ou d'un martyr, toute la multitude des Anges est dans le bonheur, quels, pensez-vous, que furent leurs transports à l'approche de leur incomparable Chef ?

    L'intelligence humaine succombant donc sous la grandeur de cette joie et des cantiques de cette allégresse, réjouissons-nous, nous aussi, tressaillons dans le Saint-Esprit de ce qu'une portion de notre chair se trouve fort excellemment placée en la Personne du très doux Seigneur, sur le Trône élevé à la Sainte Trinité, appliquant l'attention de notre esprit, autant que nous le pouvons, à notre Sauveur, en Lui et après Lui, Le suppliant de daigner nous tirer après Lui.

    Oh ! soyez béni ! s'écrie Sainte Thérèse. Oh ! soyez, mon Dieu, à jamais béni ! Que toutes les créatures, Seigneur, vous louent, et que leurs louanges soient éternelles comme vous ! Réjouis-toi, mon âme, de ce qu'il se trouve quelqu'un qui aime ton Dieu, comme il le mérite. Réjouis-toi de ce qu'il se trouve quelqu'un qui connaisse sa bonté et son excellence. Rends-lui grâces, de ce qu'il nous a donné sur la terre quelqu'un qui le connaisse, comme le connaît son Fils unique. (Ste Thérèse, Exclamations, VII) »

    1. Catéchisme du Concile de Trente. Traduction nouvelle avec des notes par M. l'Abbé Doney (Première Partie, Chap. 7), A Paris, Chez Gauthier Frères et Cie, 1826.

    Père Alphonse de la Mère des Douleurs, Pratique journalière de l'oraison et de la contemplation divine d'après la méthode de Sainte Thérèse et de Saint Jean de la Croix, Tome III (Fête de l'Ascension, Contemplation), Desclée de Brouwer & Cie, Lille - Paris - Bruges, 1917.

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    Giotto di Bondone (v.1266-1337), L'Ascension
    Fresque de la Chapelle des Scrovegni, Padoue (Italie)

    (Crédit photo)

  • Méditation - Lundi des Rogations

    « L'origine des Rogations ou des trois jours de prières publiques et d'abstinence qui précèdent immédiatement l'Ascension, remonte à Saint Mamert, évêque de Vienne en Dauphiné, au cinquième siècle. Depuis que les Bourguignons avaient envahi cette partie de la Gaule Viennoise, il ne s'était point passé d'année où le pays n'eût été affligé de grandes calamités, regardées comme des châtiments du ciel. La désolation était générale. L'année 470 fut surtout fatale pour la ville de Vienne. Ce fut alors que le saint évêque, pour fléchir la divine justice, fit vœu d'établir tous les ans des Rogations (*) ou prières publiques et des processions [litanie mineure], dans son diocèse. Le peuple ratifia le vœu de son pasteur. Celui-ci fixa les Rogations aux trois jours qui précèdent l'Ascension, prescrivit le jeûne et indiqua pour stations ou termes de la procession trois églises hors de l'enceinte de la ville. Les Rogations eurent le plus heureux résultat : les fléaux cessèrent. Les autres évêques des Gaules les adoptèrent successivement dans leurs diocèses ; et le pape Léon III, sur la fin du huitième siècle, les rendit obligatoires pour toute l’Église latine. Mais en considération du temps pascal il supprima le jeûne et ne conserva que l'abstinence. »

    Père Bruno Vercruysse, Nouvelles méditations pratiques pour tous les jours de l'année..., Braine-le-Comte - Paris, Charles Lelong - Jouby et Roger, 1874.

    (*) : du latin rogo,avi,atum,are : I. interroger, questionner. II. chercher à obtenir en priant, prier, solliciter, faire une requête - rogatio,onis : action de demander, demande, question ; prière, sollicitation, requête.

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  • Méditation - Prière au Père des miséricordes

    « Dieu tout-puissant, Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Vous qui êtes clément, usez envers moi de miséricorde, car je Vous offre pieusement ce que je pourrais trouver de plus précieux ; tout ce qu'il me fut donné de trouver de plus cher pour Vous, je Vous le présente en suppliant. Il ne me reste rien que je n'aie offert à votre Majesté ; il ne me reste rien, désormais, à ajouter, puisque je Vous ai envoyé mon espérance, mon avocat, votre Fils bien-aimé. J'ai envoyé votre glorieux Fils comme Médiateur entre Vous et moi, je Vous L'ai envoyé comme intercesseur par lequel j'espère obtenir le pardon. Je Vous ai envoyé ce Verbe que Vous avez donné pour réparer mes fautes, et je Vous expose la Passion que votre très saint Fils a endurée pour moi. Telle est la sainte victime que je Vous offre pour Vous apaiser, afin que Vous me soyez propice. Mon injustice est grande, en vérité, mais bien plus grande est la justice de mon Sauveur. Autant Dieu est supérieur à l'homme, autant ma malice est inférieure à sa bonté, tant en qualité qu'en quantité.

    Quelle faute l'homme pourrait-il avoir commise qui n'ait été expiée par le Fils de Dieu fait Homme ? Quel est l'orgueil qui puisse se gonfler assez démesurément, pour n'être pas abattu par tant d'humilité ? En vérité, ô mon Dieu, si l'on pesait les délits de l'homme pécheur, et la grâce du Dieu Rédempteur, on trouverait que la différence égale non seulement la distance de l'orient à l'occident, mais celle qui sépare l'enfer du plus haut des cieux. Créateur excellent de la lumière, ah ! par les douleurs immenses de votre Fils bien-aimé, pardonnez-moi mes péchés ! Faites, ô Seigneur, que sa piété vainque mon impiété ; que sa modestie paye pour ma perversité ; que mon irascibilité soit dominée par sa mansuétude. Puisse son humilité détruire mon orgueil, sa patience, mon impatience, sa bénignité, ma dureté, son obéissance, ma désobéissance, sa tranquillité, mon inquiétude, sa douceur, mon amertume ! Que sa charité efface ma cruauté ! (St Augustin) »

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine O.C.D., Intimité Divine - Méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l'année, Tome I (5e Dimanche après Pâques, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Alost (Belgique) - Librairie du Carmel, Paris, 5ème éd., 1963 (1ère éd. 1955).

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  • Méditation - « Mon enfant, tu dois prier »

    « Pourquoi es-tu sur terre, mon enfant ? n'est-ce pas, avant tout, pour connaître ton Dieu, l'aimer et le servir, et acquérir ainsi la vie éternelle ? Or, la prière n'est autre chose que la pratique de tout cela : dès que tu connais Dieu, n'est-il pas absolument nécessaire que tu l'adores ? Dès que tu connais Jésus et ses miséricordes infinies, n'est-il pas nécessaire que tu l'aimes ? Or, c'est en priant que tu adores, que tu aimes et que tu sers, comme tu le dois, ton Dieu et ton Sauveur.
    [...]
    En second lieu, cher petit enfant, tu dois prier parce que le bon Dieu veut absolument que tu le pries ; il te l'ordonne, si bien que, sans la prière, il n'y a pas de salut pour toi. Te recevrait-on dans le palais d'un prince, si tu te présentais tout nu ou en chemise ? On te mettrait à la porte comme un insolent ou même comme un fou, n'est-il pas vrai ? La prière est le beau vêtement de tous les enfants de Dieu ; c'est la livrée royale sans laquelle on ne peut entrer dans le palais éternel du grand Roi, dans le Paradis du bon Dieu.
    [...]
    En nous commandant de prier, le bon Dieu nous oblige à nous rappeler sans cesse que nous dépendons de lui, que sans lui nous ne sommes rien et ne pouvons rien : ce qui est très important pour éviter l'orgueil. Notre-Seigneur, qui veut que nous soyons toujours humbles, met la prière comme la condition indispensable de toutes les grâces. Il pourrait nous les donner sans que nous les lui demandions ; mais il ne le veut pas, afin de nous obliger à reconnaître que tout vient de lui. Pour que la porte s'ouvre, il faut tirer la sonnette ; sans cela on reste dehors. Or, la sonnette, c'est la prière. Jésus ouvre à celui qui prie.

    Mon enfant, tu dois prier, parce que tu es chrétien, et que ton Sauveur Jésus veut que tu pries avec lui. Tu sais que, par sa grâce, il habite dans ton petit cœur ; et il veut que ce cœur soit comme un oratoire d'où la prière s'élève sans cesse vers le ciel. Il prie en toi, avec toi et pour toi : il veut que tu lui tiennes compagnie ; il veut que ta prière s'unisse à sa très sainte prière, comme une petite lumière rapprochée d'une grande se fond avec elle pour ne plus faire qu'une seule et même lumière. [...] Prie donc, uni à Jésus, le maître et le modèle de la prière. Ne le laisse pas prier seul en toi ; ne sois pas comme les pierres insensibles de nos églises qui possèdent sans le savoir le grand trésor du ciel, Jésus-Christ.
    Tu es chrétien : donc tu dois prier ; donc tu dois être un enfant de prière. »

    Mgr de Ségur (1820-1881), La piété enseignée aux enfants (Seconde Partie, Livre premier, III), Paris, Librairie Saint-Joseph, Tolra, 1885 (Seizième édition).

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  • Méditation - Prière au Saint Esprit

    « Ah ! Verbe éternel, dites-moi, je Vous prie, qu'elle est la cause qui empêche le Saint-Esprit d'accomplir dans l'âme son œuvre tout entière ? Vous me dites que le premier empêchement est la malice ; un autre, la volonté personnelle de ceux qui veulent Vous servir, mais à leur façon. Nous voulons bien votre Esprit, mais de la manière qui nous plaît, et par là même, nous nous rendons incapables de Le recevoir. D'autres fois, cet empêchement est la tiédeur : il nous semble que nous Vous servons, alors que nous ne nous rendons pas compte que nous ne servons que nous-mêmes. Mais Vous, ô Seigneur, voulez être servi sans amour-propre, avec sincérité et humilité. Ainsi, votre Esprit ne se repose qu'en l'âme qui se trouve plongée dans l'humilité. Mais hélas ! Verbe très aimant, je voudrais savoir ce qu'il me faut faire contre ces empêchements, car à quoi me servirait-il de les avoir compris, si je n'en connaissais le remède ? Voici, le remède à la malice est l'intention droite et simple ; le remède à la volonté personnelle est de ne vouloir que ce que Vous voulez. Le remède à la tiédeur est l'ardeur de la charité qui, semblable au feu, descend dans les cœurs et brûle toute tiédeur. » (Ste Marie-Madeleine de Pazzi)

    « Venez, ô Esprit Saint, sanctifiez-moi ! Venez, ô Esprit de vérité, remplissez-moi ! Votre divine sagesse m'établira dans la vérité. Je me sens assoiffée de vérité et voudrais qu'elle règne dans mon esprit, mes paroles, mes affections, mes actions, évitant tout ce qui lui est opposé, non seulement le mensonge, mais aussi la dissimulation, les duplicités, les manques de sincérité avec moi-même.
    Venez, ô Esprit de paix, donnez-moi la paix ! Cette paix profonde qui dilate l'âme, la rend apte à vos opérations, qui calme et domine tout le sensible et même la partie supérieure de l'âme. Venez, ô Esprit de charité, embrasez-moi et faites que je sois tellement enflammée de votre amour que je puisse le répandre sur les âmes que je voudrais toutes porter vers Vous ! Oh ! transformez-moi en amour ; ainsi seulement je pourrai répondre pleinement à votre appel et être utile à l’Église. » (Sr Carmela du St-Esprit)

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine O.C.D., Intimité Divine - Méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l'année, Tome I (4e Dimanche après Pâques, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Alost (Belgique) - Librairie du Carmel, Paris, 5ème éd., 1963 (1ère éd. 1955).

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  • Litanies de l'humilité

    V/. O Jésus, doux et humble de cœur,
    R/. Rendez mon cœur semblable au vôtre.

    De ma volonté propre, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être estimé, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être affectionné, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être recherché, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être honoré, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être loué, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être préféré, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être consulté, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être approuvé, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d ‘être compris, délivrez-moi, Seigneur
    Du désir d’être visité, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être humilié, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être méprisé, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être rebuté, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être calomnié, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être oublié, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être raillé, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être soupçonné, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être injurié, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être abandonné, délivrez-moi, Seigneur
    De la crainte d’être refusé, délivrez-moi, Seigneur

    Que d’autres soient plus aimés que moi,
       Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
    Que d’autres soient plus estimés que moi,
       Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
    Que d’autres grandissent dans l’opinion et que je diminue,
       Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
    Que d’autres soient loués et que je sois oublié,
       Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
    Que d’autres soient employés et que je sois mis de côté,
       Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
    Que d’autres soient préférés en tout,
       Accordez-moi, Seigneur, de le désirer
    Que d’autres soient plus saints que moi,
    Pourvu que je le sois autant que je puis l’être,
       Accordez-moi, Seigneur, de le désirer

    D’être inconnu et pauvre,
       Seigneur, je veux me réjouir,
    D’être dépourvu des perfections naturelles du corps et de l’esprit,
       Seigneur, je veux me réjouir,
    Qu’on ne pense pas à moi,
       Seigneur, je veux me réjouir,
    Qu’on m’occupe aux emplois les plus bas,
       Seigneur, je veux me réjouir,
    Qu’on ne daigne même pas se servir de moi,
       Seigneur, je veux me réjouir,
    Qu’on ne me demande jamais mon avis,
       Seigneur, je veux me réjouir,
    Qu’on me laisse à la dernière place,
       Seigneur, je veux me réjouir,
    Qu’on ne me fasse jamais de compliment,
       Seigneur, je veux me réjouir,
    Qu’on me blâme à temps et à contretemps,
       Seigneur, je veux me réjouir,

    V/. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice,
    R/. Car le Royaume des Cieux est à eux.

    Prions
    Mon Dieu, je ne suis que cendre et poussière. Réprimez les mouvements d’orgueil qui s’élèvent dans mon âme. Apprenez-moi à me mépriser moi-même, vous qui résistez aux superbes et qui donnez votre grâce aux humbles. Par Jésus, doux et humble de Cœur. Ainsi soit-il.

    Cardinal Rafael Merry del Val (1865-1930), secrétaire d’État de St Pie X.
    (Ces litanies étaient récitées chaque jour par le Cardinal Merry del Val après la célébration de la Sainte Messe)

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  • 1er Vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    Acte de consécration

    « Seigneur Jésus, vous qui, par charité pour les hommes, demeurez nuit et jour dans le Tabernacle, plein de miséricorde et d'amour, attendant, appelant et accueillant tous ceux qui viennent vous visiter, je vous adore et vous rends grâce.
    Cœur de Jésus, je vous aime de tout mon cœur ; je me repens d'avoir par le passé tant de fois déplu à votre bonté infinie. Je prends la résolution, moyennant votre grâce, de ne plus vous contrister à l'avenir ; et, tout misérable que je suis, je me consacre en ce moment à vous. Je vous donne, avec un entier renoncement, toute ma volonté, toutes mes affections, tous mes désirs, et tout ce qui m'appartient. Désormais, faites de moi et de ce qui est à moi tout ce qu'il vous plaît. Je ne vous demande et ne veux que votre saint amour, la persévérance finale et l'accomplissement parfait de votre volonté. Enfin, j'unis, ô mon Sauveur, toutes mes affections aux affections de votre Cœur plein de tendresse ; et ainsi unies, je les offre à votre Père éternel, le priant en votre nom de les accepter et de les exaucer pour l'amour de vous. »

    Protestation d'amour au Sacré-Cœur, in "Manuel des Associations du Sacré-Cœur à l'usage de la jeunesse. Guide pratique de la dévotion au Cœur de Jésus", Maison Saint-Joseph, Lille - Œuvre de St Charles, Grammont (Belgique), 1902.

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  • Mois de mai, mois de Marie

    « Ô Mère très douce, vous m'appelez et me dites : Si quelqu'un est petit, qu'il vienne à moi. Les enfants ont toujours sur les lèvres le nom de leur mère, et ils l'appellent à chaque danger, frayeur ou difficulté. Ô très douce Mère, ô Mère très aimante, vous désirez que, pareil au petit enfant, je vous appelle toujours, que j'aie sans cesse recours à vous... Permettez donc que je vous invoque continuellement et vous dise : Ô ma Mère, Mère très aimable ! Ce nom me console entièrement, m'attendrit, me rappelle l'obligation que j'ai de vous aimer. Ce nom me porte à me confier à vous. Ma Mère, c'est ainsi que je vous appelle et veux vous appeler toujours. Après Dieu, vous êtes mon espérance, mon refuge, mon amour en cette vallée de larmes. Ô ma douce Reine et Mère, ravissez les cœurs de vos enfants par l'amour que vous leur témoignez. Ravissez également, je vous en prie, mon pauvre cœur qui désire tellement vous aimer. [...] Je veux vous aimer, ô très douce Mère, mais je crains, en même temps, de ne pas bien vous aimer, car j'entends dire que l'amour rend les amants semblables aux personnes aimées... Or, je me vois si dissemblable de vous ! Serait-ce donc un signe que je ne vous aime pas ? Vous êtes si pure, et moi si impur ! Si humble, et moi si orgueilleux ! Si sainte, et moi si unique ! Mais puisque vous m'aimez, rendez-moi semblable à vous ; c'est là ce que vous devez faire, ô Marie. Vous avez la puissance de changer les cœurs, prenez donc le mien et transformez-le. Montrez au monde combien est grand votre pouvoir en faveur de ceux que vous aimez ! Sanctifiez-moi et faites que je sois votre digne fils. » (cf. St Alphonse)

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine O.C.D., Intimité Divine - Méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l'année, Tome I (Lundi des Rogations, VIe mariale, méditation), Monastère des Carmélites Déchaussées, Alost (Belgique) - Librairie du Carmel, Paris, 5ème éd., 1963 (1ère éd. 1955).

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    Vitrail de l'église de la Transfiguration à New-York (USA)

  • Méditation - St Joseph, artisan

    « La Fête de Saint Joseph, de Joseph l'Ouvrier... La Fête de l'Artisan, du Père nourricier de Jésus, le Fils de l'Artisan, à qui, comme à Marie sa propre Mère, il était soumis.

    Après Jésus et Marie, il n'est pas de plus Saint que Joseph. Et ce Saint par excellence, c'est un ouvrier, un artisan, un peineur, qui travaille et gagne sa vie à la sueur de son front. Or à ce travail pénible, à ce labeur écrasant, le péché a condamné les hommes : personne, qui que ce soit, n'a reçu le privilège de se croiser les bras, ou de tourner les pouces. L'ordre fut formel : « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes à la terre, dont tu as été tiré : car tu es poussière et tu retourneras en poussière ». Le travail apparaît ici comme un châtiment. Hélas ! A certaines heures de l'existence, aujourd'hui peut-être, plus que jamais, ne le ressent-il pas ?

    Mais n'oublions-nous pas trop, que ce même travail est une grâce singulière qui, en devenant notre pénitence, nous purifie, nous sanctifie et nous rapproche de ce Dieu qui nous y condamnait ?

    Le travail nous ennoblit. Tout paresseux est un voleur, un parasite qui suce le sang d'autrui. Ce n'est plus qu'un figuier, celui qu'a maudit Jésus-Christ.

    Au contraire, qui travaille en cherchant Dieu, c'est-à-dire qui peine au labeur quotidien, mais avec foi, simplicité, diligence, constance et bonne humeur, en esprit de pénitence et de componction, dans le désir de plaire à Dieu seul, en accomplissant son devoir d'état, expression parfaite de la volonté divine sur lui, celui-là est vraiment le disciple de Jésus, Fils de l'Artisan Joseph : il est à l'atelier où, dans l'obscurité de la plus humble des échoppes, ce dernier, sous le regard du Seigneur du ciel et de la terre, le Saint Ouvrier nous apprenait le secret du bonheur, comment on honore le Créateur en lui prêtant nos mains, comment on s'honore soi-même en gagnant sa vie et celle des autres à la sueur de son visage.

    Chaque matin, en invoquant Saint Joseph Ouvrier, reprenons notre tâche, si dure soit-elle, manœuvrons l'instrument de travail que chacun possède : tous ont leur rabots divers, au foyer ou ailleurs ; la plume elle-même n'en est pas le moins lourd. Courage !... A l'atelier de Saint Joseph, nous avons, tous, à nous former... »

    Dom Eugène Vandeur (1875-1967), Élévations sur la Messe de chaque jour, Temps Pascal, Pentecôte (Saint Joseph, Époux de la B.V. Marie, Ouvrier), Éditions de Maredsous, Namur, 1956.

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