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abandon

  • Méditation - L'abandon filial

    « comme un petit enfant contre sa mère,
    comme un petit enfant, telle est mon âme en moi. »
    (Ps 131,2)

    « L'abandon n'est pas l'obéissance qui suppose une soumission, un renoncement de la volonté. Quelque simple, docile, joyeuse même que soit l'obéissance, elle ne revêtira jamais le caractère suave de l'abandon. Il y a entre l'un et l'autre une différence aussi grande que celle qui existe entre la charité et la justice.
    Il n'est pas la résignation, car celle-ci est la soumission laborieuse, qui ne subsiste qu'en raison d'une nécessité, d'un cas de force majeure et porte en elle l'idée d'une volonté qui se laisse dominer, en regardant peut-être avec amour la main qui la broie, mais dont la traduction parfaite se résume dans le "fiat !"
    Il n'est pas la simple acceptation, le "oui, mon Dieu !" dit sincèrement à chaque manifestation des désirs divins.
    Il dépasse la conformité à la volonté divine parce que, à cette volonté il se livre non pas seulement avec ce qu'on nomme la sainte indifférence, ni même avec complaisance : il y ajoute cette attirance irraisonnée et invincible, fruit des relations intimes de deux êtres faits l'un pour l'autre, qui porte le beau nom de sentiment filial.
    C'est l'instinct qui presse l'enfant de se livrer aux bras de sa mère où il se tient heureux et sans souci des mouvements de celle qui le porte. »

    H. Blaise, Au désert avec Jésus-Christ - Lectures pour la Sainte Quarantaine, E. Drioton, Nancy, 1912.

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    Pino Daeni (1939-2010), Mother and child

  • Méditation - paisible abandon en Dieu

    « Je vous recommande très instamment une chose plus particulière encore, c'est de conserver votre âme dans la douceur et la paix devant Dieu ; je veux parler de la paix et de la douceur de Dieu, et non de l'insensibilité et de l'indifférence. Tenez votre âme pure et nette de toute chose créée ; oubliez-vous vous-mêmes ; modérez-vous en toutes choses et en toutes circonstances ; appliquez-vous doucement et paisiblement à conserver vos âmes dans cette nudité et ce dépouillement universels, dans cette modération intérieure et cette liberté douce, tranquille et recueillie, dans cette paix, ce repos, cet abandon devant Dieu, votre souverain Seigneur et très aimable et très cher Père. Attendez tout de sa main ; mettez-vous simplement à sa divine disposition, pour qu'il fasse de vous absolument et définitivement ce que bon lui semblera ; soyez toujours contents, tranquilles, pleins de joie et d'actions de grâces, sur ce qu'il lui plaira de vous donner et de ne pas vous donner. Qu'il vous prenne et vous attire fortement ou qu'il semble vous laisser, qu'il vous précède ou qu'il suive, qu'il vous conduise par la main ou qu'il fasse semblant de vous laisser aller seuls (je dis qu'il fasse semblant : car que deviendriez-vous s'il vous laissait réellement ?) ; qu'il agisse en vous d'une manière sensible ou qu'il se cache ; qu'il vous fasse triompher hautement de tous vos défauts ou qu'il vous laisse ramper dans vos misères ; qu'il vous tienne dans la paix ou qu'il permette que vous soyez assaillis de troubles, de tentations ou d'inquiétudes, tout cela doit vous être égal, parce que vous ne devez fixer votre âme qu'en lui et son très saint et très amoureux bon plaisir.

    Tenez-vous donc toujours tranquilles, doux et paisibles au milieu de tant de différents états, et non seulement paisibles, mais pleins de joie et d'actions de grâces de ce que votre Père et votre souverain et bien-aimé Maître fait sa volonté en vous, selon toute la plénitude de sa sagesse et de son amour. »

    Vénérable François Libermann (1802-1852), Lettre à un groupe de séminaristes (Rennes, 3 octobre 1837), in "Lettres spirituelles", choix des textes du R.P. L. Vogel, DDB.
    Ecrits du Père Libermann

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  • Méditation - Bienveillante Présence, Amour Vivifiant

    « Mon frère, l'amour de Dieu t'est toujours présent : laisse-toi vivifier par Lui, diriger par sa Sagesse, sous l'impulsion de son Esprit sanctificateur. A toi la coopération, l'adaptation ; à Lui, l'action principale, la direction suprême.
    Oh ! avant tout, par-dessus toutes choses, sois bien convaincu que de Dieu seul vient la sainteté.
    Ne le crois pas seulement d'une manière abstraite, théorique, sois pénétré de cette réalité jusqu'au fond de l'âme.
    Que ta foi en ses mystérieuses opérations ne soit pas seulement une conviction de tête, mais tiens-en compte pratiquement, en t'unissant à Lui.
    Surtout ne viens-en jamais à estimer les choses uniquement d'après l'agitation, l'effort extérieur, ou même le succès.
    Non, ce n'est pas dans le déploiement de la vigueur naturelle que Dieu se plaît. Il aime "ceux qui le craignent et qui espèrent en sa bonté." (Ps CXLVI, 12)
    Plus tu auras conscience de cette prépondérance de son action sur la tienne et moins tu seras inquiet de toi-même, de ta valeur, de l'appréciation des autres hommes ; tu demeureras davantage dans la dépendance de son amour ; la physionomie de ta vie spirituelle sera une humble confiance, un paisible abandon.
    Le monde entier ne peut donner une paix semblable à celle que Dieu procure à l'âme qui s'abandonne sans restriction à cette influence toute d'amour.
    Tout enveloppé, tout pénétré de cette bienveillance toujours active, tu es la demeure de Dieu.
    Oh ! puisse-tu demeurer en Lui d'une manière constante, d'une manière intense !
    Alors sa vertu t'élève, te grandit, te purifie, te sanctifie. »

    Dom Idesbald van Houtryve, La vie dans la Paix (Tome I, L. I chap. 7), Éditions de l'Abbaye du Mont César, Louvain, 1944.

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  • Méditation - découragement

    « Il est encore une tristesse que nous ne devons pas laisser pénétrer dans notre âme, une tristesse plus profonde et plus dangereuse que toute autre, sans doute, parce qu'elle est plus intime. C'est le découragement. Vous n'ignorez pas que la purification de l'âme s'opère par une série d'épreuves intérieures ou extérieures, qui sont d'autant plus bienfaisantes qu'elles sont supportées avec plus de courage. Comment supporter une épreuve de façon à ce que nous en sortions plus purs, plus forts, plus unis à Dieu ? En ne la laissant pas pénétrer jusqu'au fond de notre âme : en lui disant non. Non ! amertumes, scrupules écrasants, doutes sur ma prédestination, fatigue spirituelle, dégoût, écœurements, lassitudes, ténèbres, obscurités, purgatoires et enfers intérieurs, non ! vous ne ferez pas reculer ma confiance. Je ne sens plus rien, je ne vois plus rien, mais je veux quand même croire et espérer en Dieu. Je resterai fidèle à ma vocation et à mon idéal de dévouement et d'abandon à Dieu, quand bien même la tempête spirituelle soufflerait dix fois plus fort. Je connais des âmes qui, pendant des années, ont lutté de cette façon contre le doute, le scrupule et l'angoisse, qui se sont forgé ainsi une trempe d'acier et qui, aujourd'hui, dans la joie de l'union profonde et continue avec Dieu, bénissent ces années de tourments qui semblaient ne devoir jamais finir et les ont préparées et mûries pour la béatitude présente. »

    Un Chartreux, Écoles de silence, Parole et Silence, 2001.

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  • Méditation - « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi M'as-tu abandonné ? » (Mat XXVII, 46)

    « Jésus avait dit aux Apôtres, lors de la dernière Cène : « Voici venir l'heure... où vous serez dispersés... et Me laisserez seul. Mais non, Je ne suis pas seul, le Père est avec Moi. » (Jn XVI, 32). L'union avec le Père est tout pour Jésus : c'est sa vie et sa force, son réconfort et sa joie : si les hommes L'abandonnent, le Père est toujours avec Lui et cela Lui suffit. Cela nous fait mieux comprendre l'intensité de sa souffrance lorsque, au cours de la Passion, le Père se retire de Lui. Et cependant, même dans son agonie et sa mort sur la Croix, Jésus est toujours Dieu et, comme tel, toujours indissolublement uni au Père. Mais Il a pris sur Lui le lourd fardeau de nos péchés qui se dressent, comme une barrière de division morale, entre Lui et le Père. Bien qu'unie personnellement au Verbe, son Humanité se trouve, par miracle, privée de tout réconfort et soutien divin et sent, par contre, peser sur elle, toute la malédiction due au péché : « le Christ - dit Saint Paul aux Galates - nous a rachetés de la malédiction... devenu lui-même malédiction pour nous » (III, 13). Nous touchons ici le fond de l'abîme de la Passion de Jésus, les amertumes les plus atroces qu'Il a embrassées pour notre salut. Et toutefois, même au sein des plus cruels tourments, la plainte de Jésus est en parfaite harmonie avec l'abandon total : « Père, Je remets mon esprit entre tes mains » (Lc XXIII, 46). Ainsi Jésus, qui a voulu goûter jusqu'au bout combien il était amer pour l'homme de souffrir et de mourir, nous apprend à surmonter les troubles et les angoisses que la douleur et la mort suscitent en nous, par des actes de pleine soumission à la volonté divine et d'abandon confiant entre ses mains. »

    P. Bruno Vercruysse s.j., Nouvelles méditations pratiques pour tous les jours de l'année Tome I (Vendredi Saint), Braine-le-Comte - Paris, Charles Lelong - Jouby et Roger, 1874.

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    « L'agonie et la Croix ne sont pas des événements clos et pétrifiés. Pascal disait déjà : « Jésus est en agonie jusqu'à la fin du monde, il ne faut pas le laisser seul. » Oui, le Christ revit sa Passion glorieuse à travers tous les membres de l'humanité. Tant qu'un homme souffrira, en quelque lieu que ce soit, l'agonie de Jésus fera revivre la Croix pour que s'accomplisse la Rédemption. Tu n'es pas seul, quand tu accompagnes Jésus à Gethsémani et au Calvaire ; tu communies à tout l'univers et à tous tes frères. Ta souffrance n'est pas ressentie d'abord comme une souffrance individuelle, c'est la communion à une immense souffrance, immense dans l'espace et le temps. C'est celle de toute l'humanité et, plus encore, c'est celle de tout l'univers animé et inanimé.
    [...]
    Oui, l'expérience chrétienne comporte un élément douloureux, elle est communion à l'angoisse de la condition humaine. Et cet élément n'est pas superficiel, il est en toi-même : « Nous gémissons en nous-mêmes. » Avec tous tes frères, tu t'interroges, tu te débats et souvent, tu fais l'expérience de la mort. A l'oraison, laisse monter cette longue plainte, rappelle-toi ces visages et ces situations où l'homme agonise et meurt. Au cœur du monde, tu retrouves vraiment la Croix de Jésus.
    [...]
    Tu enfantes chaque jour ton être de fils de Dieu. Ton corps lui-même, tes puissances vitales qui te relient à l'humanité et au cosmos, doivent encore participer à cette filiation : « Ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous savons que nous le verrons tel qu'il est » (1 Jn 3, 2). L'Esprit de Dieu doit encore envahir toutes les zones de ton être de baptisé, et le monde entier. Le salut total, en plénitude, est à venir. Tu es tendu vers cet homme nouveau que tu enfantes chaque jour dans la douleur. Ton gémissement est analogue à celui du Christ à l'agonie et à la Croix, livrant son corps à la souffrance avec angoisse, mais c'est une souffrance exaltante qui porte en germe la victoire de la résurrection. »

    P. Jean Lafrance (1931-1991), Prie ton Père dans le secret (III, 45), Abbaye Ste Scholastique, Dourgne, 1978.

  • Méditation - Au plus profond de nous...

    « Prier, c'est percevoir notre réalité la plus profonde, ce point précis de notre être où, inconsciemment, insensiblement, sans jamais l'avoir vu, nous aboutissons à Dieu, nous nous écoulons en Dieu, nous touchons Dieu ; où, à chaque instant, tandis qu'il ne cesse de nous créer, nous sommes touchés par lui...
    "Je suis loin de toi, alors que toi, douce source
    de tout ce qui est vie,
    ou de tout ce qui fait vivre,
    tu m'as, toi, le prochain le plus proche de moi,
    et que tu m'envoies, ô soleil bien-aimé,
    en mon tréfonds le plus profond
    ton feu dévorant qui transperce tout."

    (Abbé Guido Gezelle - 1830-1899) ...
    Il s'agit d'apprendre progressivement à s'abandonner en profondeur. Notre projet personnel de prière doit, insensiblement mais sûrement, être relayé par l'action de Dieu en personne et en quelque sorte se perdre en elle. A Dieu maintenant de prendre l'initiative. A nous de le laisser agir. A nous aussi de nous livrer à son action en nous...
    La prière à laquelle il nous invite maintenant est sa prière à lui. Elle est pure grâce. Nous n'avons aucune prise sur elle. Le seul geste qui nous reste est d'ouvrir nos mains et notre cœur, afin que la prière en jaillisse comme un don du Seigneur, là où il veut bien nous la donner. »

    Dom André Louf (1929-2010), Au gré de sa grâce - Propos sur la prière, Desclée de Brouwer, Paris, 1989.

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  • 1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    Totale confiance

    « Retenons bien l'exemple de la foi de Marie. Nous aimerions peut-être, dans notre obéissance de foi, mesurer, réserver, compter, alors que Dieu demande tout. Nous aimerions amener Dieu à suivre notre cheminement, notre manière de donner, alors qu'il attend notre disponibilité absolue. Quand Marie dit « oui » à l'Annonciation, elle ne prévoit pas qu'au détour de la route, Dieu lui demandera de donner ce qu'elle n'a pas prévu, de livrer sa vie sur un plan auquel elle n'a pas pensé. Mais comme elle adhère de tout son être à Dieu, elle peut vraiment donner toute sa substance, en un mot, se livrer.
    [...]
    La foi de Marie ne fut pas une foi facile ; elle porte loin ! Cela peut nous faire trembler quelquefois, parce que nous aimerions presque dire à Dieu : « Oh ! je voudrais bien aller jusque là, mais pas plus loin ; je veux bien donner ça, mais pas autre chose ! » Alors que c'est cela qu'il attend de nous et qu'il demande ; oh ! discrètement, car on peut toujours refuser, tant il est vrai que nous avons à apprendre comme Marie, dans l'obéissance de notre foi, à nous laisser guider par la main de Dieu lui-même.
    [...]
    Vivre intensément chaque moment, c'est une part de vie, c'est notre vie dans la vie divine. C'est ce qui nous est demandé maintenant ; par notre adhésion totale à cet instant même, nous disons « oui » à Dieu, et nous n'avons rien de mieux à faire. Puiser dans cette grâce de l'instant présent, c'est puiser à la source de la vie, et offrir à Dieu un espace de liberté pour qu'il puisse « s'incarner » en nous. Que Marie nous apprenne à ne penser ni avant, ni après, maintenant, cela suffit ! »

    P. Jean Lafrance (1931-1991), La puissance de la prière (chap. IV : Marie méditait dans son cœur, 4, b), Abbaye Ste-Scholastique, Dourgne, 1978.

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  • Méditation - Pure beauté

    « Pensons à l'amour paisible et pourtant déchirant, presque insoutenable, que nous ressentons quand nous regardons dormir un enfant. Comment pareille beauté est-elle possible ? Comment, à travers la chair d'un homme et d'une femme, Dieu a-t-il pu créer cette beauté ni charnelle ni spirituelle, mais totale, cette beauté au-delà de toute atteinte et qui se délivre dans un abandon concentré, car l'enfant dort comme seuls les saints savent prier ? Plus tard, dans l'adolescent, dans l'adulte, la beauté se dissociera, le ciel et la terre s'opposeront. il faudra pour les réconcilier de très longs combats. Mais maintenant, tout est donné, c'est vraiment un visage d'éternité qui fleurit doucement sur le sombre, comme un nénuphar sur les eaux. L'homme rejoindra peut-être un jour ce premier visage. Quand un homme vient de mourir, souvent Dieu lui rend son visage d'enfant endormi. Quand un homme sait mourir à lui-même pour renaître en Christ, il retrouve ce même visage, les enfants et les bêtes sauvages vont vers lui. Mais alors ses yeux sont ouverts. »

    Olivier Clément (1921-2009), Questions sur l'homme, Stock, Paris, 1972.

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  • Méditation - L'Abandon à la Providence divine

    « Vous voulez que je vous indique la voie la plus courte pour arriver à la perfection ?... La voici : c'est l'abandon, oui, l'abandon entier, absolu ; c'est là le comble et le résumé de la perfection, parce que la perfection consiste dans le pur amour, et que l'exercice du pur amour consiste dans l'abandon. »

    P. de Caussade s.j. (1675-1751), L'Abandon à la Providence divine, Collection Christus n°22, Desclée de Brouwer, Paris, 1966.

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    « Si vous ne devenez pas comme de petits enfants... » (Mt 18,3)

  • GPA : « Si on voulait fabriquer de la souffrance et de la pathologie, on ne s’y prendrait pas autrement… », estime Catherine Dolto

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    « Organiser l’abandon d’un enfant pour des raisons commerciales est une pratique barbare qui va faire basculer l’humanité dans l’inconnu ». Pour Catherine Dolto, médecin et haptothérapeute, « la commercialisation de l’enfantement n’est pas un progrès technique, mais bien une dérive éthique. Il est troublant de constater que l’abolition de l’esclavage est unanimement reconnue comme un progrès, alors que la location du corps d’une femme ne semble pas être perçue comme une régression ».

    Dans une interview accordée à Famille Chrétienne, la fille de Françoise Dolto prend vivement position contre la GPA : «  Il y a un lien étroit entre la manière dont une société encadre la gestation et la petite enfance et l’évolution que les enfants ainsi traités feront subir à leur cadre social. Ne pas prendre soin des nouveaux arrivants, c’est préparer la barbarie à venir ».

    Pour elle, nous risquons « de sombrer dans le chaos ». Ce qui « est déjà le cas lorsqu’une mère porte l’enfant de son propre fils, lui-même homosexuel, comme cela s’est produit récemment en Angleterre. En effet, nos sociétés humaines sont marquées par des interdits. Celui de l’inceste est partagé par toutes ». Elle met en garde : « Il ne faudra pas s’étonner si nos sociétés produisent de plus en plus de violence, puisque les grands interdits ont comme fonction de la canaliser ».

    L’oubli manifeste de l’enfant dans ces pratiques est une négation des « soixante-dix dernières années de découvertes scientifiques dans le domaine de la vie prénatale », déplore la praticienne. « Un enfant in utero se constitue dans le concert polysensuel offert par ses parents  : la voix de son père, le bruit du cœur de sa mère, le goût de ce qu’elle mange, ses sentiments, ce qu’elle éprouve quand d’autres s’approchent, tout passe la barrière du giron maternelle et devient potentiellement important. Jusqu’à modifier le patrimoine génétique de l’enfant comme l’atteste l’épigénétique qui étudie les influences environnementales sur le génome ».

    Elle explique que « GPA ou non, la naissance sera toujours un passage difficile : l’enfant expérimente la dépendance et subit des rafales de premières fois » et elle ajoute « dans le cas d’une GPA, l’enfant est arraché de sa ‘planète mère’ qui est sa sécurité. Il doit d’un moment à l’autre s’adapter à des inconnus. Quel choc pour lui ! Les failles sont là, souterraines mais réelles, qui s’ouvriront un jour ou l’autre ». Pour cette femme aguerrie, « si on voulait fabriquer de la souffrance et de la pathologie, on ne s’y prendrait pas autrement… ».

    Comparée au sort des enfants né sous X et adoptés, elle considère que la GPA « consiste à programmer un malheur pour s’approprier un enfant. Je ne sais pas ce que l’on dira à ceux nés d’une GPA », poursuit-elle, « il faudra trouver des termes qui ne soient pas trop désespérants pour leur présenter la situation ». Elle regrette que « les valeurs de commerce ont remplacé celles d’humanité » et s’inquiète « que notre époque [ait] une éthique qui ne [soit] pas au niveau de nos possibilités techniques ».

    Pour aller plus loin :

    GPA : « On ne peut pas remplacer une souffrance d’adulte par une souffrance d’enfant »

    Sources : Gènéthique.org -  Famille Chrétienne, Benjamin Coste (28/04/2018) - Catherine Dolto : «Avec la GPA, nous programmons le malheur d’un enfant»
  • Méditation - confiance, confiance, confiance... (toujours !)

    « Que Jésus règne à jamais en souverain Maître dans votre âme. Soyez docile et souple entre ses mains. Vous savez ce qu'il faut pour cela : se tenir en paix et en tout repos ; ne s'inquiéter jamais et ne se troubler de rien ; oublier le passé ; vivre comme s'il n'existait pas d'avenir ; vivre pour Jésus dans le moment qu'on vit, ou plutôt vivre comme si l'on n'avait pas de vie en soi, mais laisser Jésus vivre à son aise ; marcher ainsi, en toute circonstance et rencontre, sans crainte et sans souci, comme cela convient aux enfants de Jésus et de Marie ; ne penser jamais à soi volontairement ; abandonner le soin de notre âme à Jésus seul [...] elle lui appartient ; c'est donc à lui à en avoir soin, puisqu'elle est sa propriété.

    Ne craignez pas tant le jugement d'un si doux Maître. Généralement, bannissez toute crainte et remplacez ce sentiment par l'amour : en tout cela agissez doucement, suavement, posément, sans vivacité, sans emportement ; faites le mort quand besoin est, marchant ainsi en toute suavité, abandon et pleine confiance. Le temps de cet exil se terminera, et Jésus sera à nous et nous à lui. Alors chacune de nos tribulations sera pour nous une couronne de gloire, que nous mettrons sur la tête de Jésus ; car toute gloire lui appartient à lui seul. »

    Vénérable François Libermann (1802-1852), Lettres spirituelles du vénérable Libermann Tome I, (Lettre à un séminariste, 1839), Paris, Librairie Poussielgue Frères, s.d.

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  • Méditation - L'expérience de l'imperfection

    « Marchez toujours, au nom de Dieu, quoiqu'il vous semble que vous n'ayez pas la force ni le courage de mettre un pied devant l'autre. Tant mieux que le courage humain vous manque ! L'abandon à Dieu ne vous manquera pas dans votre impuissance. Saint Paul s'écrie : C'est quand je suis faible que je suis fort. (1) Et quand il demande à être délivré de sa faiblesse, Dieu lui répond : C'est dans l'infirmité que la vertu se perfectionne. Laissez-vous donc perfectionner par l'expérience de votre imperfection, et par un humble recours à celui qui est la force des faibles. »

    (1) II Cor. XII, 9-10.

    Fénelon (1651-1715), Extrait de la Lettre 98, in "Œuvres" Tome premier (Lettres), Paris, Chez Lefèvre, Libraire-Editeur, 1835.

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    Graig Gladstone (Watkin Path), Mont Snowdon (Pays de Galles)
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  • 1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    « Soyez simples comme des colombes » (Mt 10, 16)

    « Le Sauveur : Comprenez la sainte liberté et simplicité avec lesquelles vous devez vivre avec moi. Je ne demande pas une tension pénible de l'esprit pour être attentif à penser à moi à tout instant. Lorsque vous aurez passé quelque temps sans me produire d'actes d'amour, au lieu de vous désespérer et de croire que vous ne pourrez jamais faire ce que j'attends de vous, venez à moi simplement. Dites-moi avec une tendresse pleine d'abandon, que vous m'aimez ; demandez-moi pardon de m'avoir oublié et n'y pensez plus. Agissez de même dans ces mille petites faiblesses dont vos journées sont remplies. Ne vous désolez pas de n'avoir pas fait mieux que vous ne pouvez. Offrez-moi tous les petits sacrifices que vous voudrez, mais gardez-vous bien de passer votre temps à compter tout ce que vous faites. Les petits sacrifices que je demande doivent m'être offerts spontanément : Dieu aime celui qui donne joyeusement (1).

    Parlez-moi comme un ami parle à son ami, un enfant à sa mère. « Je ne vous appelle plus des serviteurs, mais des amis » (2), disais-je à mes disciples. « Vous avez reçu l'esprit d'adoption des enfants », vous dit S. Paul (3). Imaginez-vous que vous êtes un enfant admis près de moi à Nazareth et comportez-vous avec moi comme vous feriez si cette imagination était une réalité. Mon Cœur fait ses délices de ces épanchements plein de candeur et de simplicité : Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes (4).

    [...] Si vous êtes fidèles à cet abandon plein de simplicité, lors même que vous ne sentiriez pas ma présence, je serai en vous. « J'aime ceux qui m'aiment. » (5) « Si quelqu'un m'aime, mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure. » (6)
    Je veux jouir du cœur de mes amis, c'est dans leur affection que mon Cœur trouve son bonheur, et si même je ne leur fais pas sentir ma présence, je suis avec eux et ils font ma joie quand ils m'aiment.
    ............
    [...] Examinez-vous maintenant sur votre manière d'agir avec moi. Êtes-vous venu à moi habituellement avec simplicité ? Avez-vous été pour moi ce qu'un ami est pour son ami ?
    ............
    Pardonnez-moi, Seigneur, d'avoir si peu pratiqué jusqu'ici cette simplicité que votre divin Cœur aime tant et que vous avez recommandée de tant de manières à vos disciples. Je veux commencer aujourd'hui à aller à vous en toutes circonstances avec simplicité, pour vous dire que je vous aime, pour vous demander pardon de mes sottises, pour vous demander vos lumières, vos conseils et votre secours. »

    1. "Hilarem datorem diligit Deus", II Cor. 9, 7. - 2. Jn 15, 15. - 3. Rm 8, 15. - 4. "Deliciae meae esse cum filiis hominum", Prov. 8, 31. - 5. Prov. 8, 17. - 6. Jn 14, 25.

    P. Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur - Méditations pour tous les jours de l'année, Tome I (10 janvier), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1910).

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  • Méditation - Du saint abandon à Dieu

    « Voulons-nous être heureux, acceptons les dispositions de la Providence, en parfaite union avec la divine volonté, sans regarder si elles sont, ou non, de notre goût. « Quand sera-ce, demandait la sainte mère de Chantal, que nous goûterons la douceur de la divine volonté dans tous les événements et accidents de notre vie, en n'y considérant que le bon plaisir divin, lequel bien certainement, nous envoie les adversités et les prospérités avec un égal amour et pour notre plus grand avantage ? Quand sera-ce que nous nous abandonnerons tout à fait entre les bras de notre très aimant Père céleste, de telle sorte que, lui laissant le soin de nos personnes et de nos intérêts, nous nous réservions uniquement celui de le satisfaire en tout ? » Les amis de saint Vincent de Paul disaient de lui pendant sa vie : « Monsieur Vincent est toujours Vincent. » Ils voulaient dire qu'en toute rencontre favorable ou fâcheuse, on voyait le saint toujours égal à lui-même, le visage serein, son complet abandon à Dieu le mettant au-dessus de toute crainte et ne lui laissant d'autre volonté que le plaisir de Dieu. Sainte Thérèse nous montre ce saint abandonnement comme la source « de cette liberté d'esprit qui se rencontre dans les parfaits, et où se trouve renfermée toute la félicité que l'on peut souhaiter en cette vie. Les âmes qui l'ont en partage ne craignent ni ne désirent aucune chose sur la terre, elles possèdent tout en ne voulant rien (1). » »

    (1) Fondat. chap. 5.

    St Alphonse de Liguori (1696-1787), La pratique de l'amour envers Jésus-Christ (Chap. XIII, 7), Trad. F. Lupy, Bureaux de l'Apôtre du Foyer, Saint-Étienne, 1991.

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  • Méditation - Apprentissage de l'abandon en l'Amour de Dieu

    « Ce que [notre âme] doit apprendre d'abord, l'essentielle leçon à laquelle aboutiront toutes les autres, c'est qu'elle est conduite, c'est qu'elle est entre les mains d'un amour qui veille sur elle, qui a sur elle un dessein d'infinie bienveillance auquel il se faut prêter avec souplesse, et confiance.
    Qu'elle s'habitue à deviner partout la présence de cet amour. En tout ce qu'elle rencontre en son chemin, elle peut, elle doit le reconnaître, venant à elle, venant au devant d'elle, la devançant toujours. C'est lui qui fait le premier pas, qui l'invite, par une prévenance infiniment gratuite. Et la réponse qu'attend cet amour est une confiance totale et sans ombre, qui se fait toute soumission, souplesse entre ces mains dans lesquelles elle se sent tenue. Cette réponse, d'ailleurs, Dieu ne se contente pas de l'attendre : il la sollicite, il l'éveille par une inspiration de sa grâce, il l'affermit, la soutient par une inclination secrète et forte à la fois. Plus cette âme s'abandonne, plus elle se livre à cette grâce qui prend possession d'elle-même, qui la fait toujours plus soumise, plus abandonnée, plus confiante.

    Plus une âme se laisse ainsi, simplement, conduire par Dieu à travers tous les événements parmi lesquels il la fait passer, plus elle prend conscience d'être entre les mains d'un amour qui veille sur elle avec incessante sollicitude. Elle se sent gardée par cet amour à qui elle s'est donnée.
    Elle devient elle-même, jusqu'en son plus intime, conscience d'appartenir à cet amour, de dépendre entièrement de lui.
    Et la perfection - la vraie perfection surnaturelle - est toute en cette attitude devant Dieu, en cette pureté de notre relation d'amour avec lui, faite de ce sentiment de totale dépendance, d'entière appartenance, par lequel on entre de plus en plus dans la profondeur de ce mystère de don, de totale gratuité qu'est le mystère de la divine charité. »

    Dom Georges Lefebvre, Moine de Ligugé, Vie et Prière, Desclée de Brouwer, Paris, 1958.

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  • 1er Vendredi du mois dédié au Sacré Coeur de Jésus

    Acte d'abandon au divin Cœur de Jésus

    « Sacré Cœur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c'est la seule voie par où l'on peut entrer en vous ; faites en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de vous ; enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour, duquel vous m'avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de vous plaire et une grande impuissance d'en venir à bout sans une lumière et un secours très particulier que je ne puis attendre que de vous. Faites en moi votre volonté, Seigneur ; je m'y oppose, et je le sens bien ; mais je voudrais bien ne pas m'y opposer. C'est à vous à tout faire, divin Cœur de Jésus ; vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification, si je me fais saint ; cela me paraît plus clair que le jour ; mais ce sera pour vous une grande gloire, et c'est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Ainsi soit-il. »

    St Claude la Colombière, Acte d'abandon au divin Cœur, in "Notice sur le Serviteur de Dieu le R. Père Claude de La Colombière de la Compagnie de Jésus" par le P. Pierre-Xavier Pouplard, Lyon, Librairie Ecclésiastique et Classique de Briday, 1875.

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  • Méditation - malgré les chutes, demeurer fidèle

    « C'est l'Esprit Saint qui nous donne le courage de persévérer dans notre combat lorsqu'à la suite de plusieurs chutes nous sommes terriblement tentés d'abandonner la lutte. C'est lui qui nous donne de récidiver dans nos résolutions quand nous avons récidivé dans le péché.
    « Dieu seul a des fidélités sans faille, écrit Pierre Guilbert ; toi, comme tout homme, tu n'as que les fidélités de tes recommencements, sois fidèle ainsi (1). »
    Rappelons-nous la parole intérieure qu'avait reçue du Seigneur le starets Silouane : « Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas ! »
    C'est en effet lorsque nous avons la terrible impression d'être bien pauvres aux yeux du Seigneur, qu'il nous faut redoubler de confiance. Nous devons alors persévérer dans notre prière de pauvre, alors que nous avons la sensation qu'elle ne sert strictement à rien. C'est le moment de redire comme une véritable litanie : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ! » Sans nous en rendre compte, le Seigneur ranime alors dans notre cœur la vertu d'espérance.
    Cette espérance, nous devons également la développer quand le Seigneur semble faire la sourde oreille à l'une de nos supplications en faveur d'un pécheur dont nous souhaitons la conversion. Il est en effet capable de transfigurer les cœurs les plus endurcis, de transmuter de l'ordure en or pur ! »

    1. Pierre Guilbert, La prière retrouvée, Nouvelle Cité, 1981, p.63.

    Pierre Descouvemont, Gagner le combat spirituel (II, 8, 5), Éditions de l'Emmanuel, Paris, 2006.

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  • Méditation - Total abandon en la volonté divine

    « Saint François de Sales expose trois lois de la vie spirituelle : la première est de faire tout pour Dieu et rien pour soi ; la seconde de ne jamais rien rabattre de son exactitude à tous ses devoirs au milieu des maux de cette vie ; la troisième de bénir Dieu dans l'adversité comme dans la prospérité. Le saint évêque recommande ensuite de s'abandonner entièrement à Dieu : « Les saints qui sont au ciel ont une telle union avec la volonté de Dieu, que, s'il y avait un peu plus du bon plaisir de Dieu à ce qu'ils allassent en enfer, ils quitteraient à l'instant le paradis pour y aller. Nous devons de même en toute occasion nous laisser conduire à la volonté de Dieu, sans nous préoccuper des conséquences nuisibles ou favorables qui en découleront, assurés que nous sommes, que rien ne saurait nous être envoyés de ce cœur paternel, dont il ne nous fasse tirer profit, si nous avons confiance en lui ». »

    Mgr Paul Guérin (1830-1908), Vie de Saint François de Sales, in "Les Petits Bollandistes. Vie des Saints", Tome XIV, Paris, Bloud et Barral, 1886 (pp.532-533). Citation relevée par le Bx Charles de Foucauld en 1897 (Notes détachées 76, in "Voyageur dans la nuit", nouvelle cité, Paris, 1979).

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  • Méditation - Voulons-nous devenir saints ?

    « La sainteté consiste à accomplir d'un cœur joyeux la volonté de Dieu... Le premier pas vers la sainteté est la volonté de devenir saint. A travers une volonté ferme et droite, nous aimons Dieu, nous choisissons Dieu, nous nous hâtons vers Dieu, nous L'atteignons, nous L'avons. La sainteté n'est pas un luxe réservé au petit nombre, mais simple devoir pour vous et moi ; aussi, soyons saints comme notre Père aux cieux est saint. Saint Thomas disait : « La sainteté n'est rien d'autre qu'une ferme résolution » - l'acte héroïque d'une âme qui s'abandonne à Dieu.
    Notre progrès dans la sainteté dépend de Dieu et de nous, de la grâce de Dieu et de notre volonté de devenir saint. Nous devons avoir la vivante et authentique détermination d'atteindre la sainteté. « Je serai un saint » veut dire : je me dépouillerai moi-même de tout ce qui n'est pas Dieu, je viderai mon cœur de toutes les choses créées, je vivrai dans la pauvreté et le détachement, je renoncerai à ma volonté, à mes penchants, à mes caprices et à mes fantaisies, et ferai de moi une esclave volontaire, soumise à la volonté de Dieu.
    Rien ne peut nous rendre saints, excepté la présence de Dieu... Et pour moi la présence de Dieu réside dans la fidélité à de petites choses.
    Nous pouvons ne pas accomplir de grandes choses - juste des petites, avec grand amour. Les Sœurs font des petites choses : aider les enfants, visiter les personnes solitaires, les malades, les indésirables. Quand quelqu'un me dit que les Sœurs n'ont entrepris aucun grand travail, qu'elles font tranquillement de petites choses, je réponds que même si elles n'aidaient qu'une seule personne, cela suffirait. Jésus serait mort pour une seule personne, pour un seul pécheur.
    Nous devons devenir saints, non parce que nous voulons nous sentir saints, mais parce que le Christ doit être capable de vivre pleinement Sa vie en nous. Nous devons être tout amour, toute foi, toute pureté... Je prie que chacun de vous soit saint, et ainsi répande l'amour de Dieu partout où il va. Que Sa lumière de vérité soit dans la vie de chaque personne, de façon à ce que Dieu puisse continuer à aimer le monde à travers vous et moi. »

    Bse Mère Teresa (1910-1997), L'amour, un fruit toujours de saison, Éd. du Roseau, Canada, 1986.

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  • Méditation - Dans les aridités

    « Dans les aridités, ne vous découragez jamais. Recevez de la main de Dieu Notre Seigneur cet état d'impuissance (car cette épreuve, surtout avec la bonne volonté que vous avez, est un bienfait de la bonté paternelle de Dieu) ; avec humilité, songeant que de vous-même vous n'êtes rien, vous ne pouvez rien ; avec patience, supportant cet état pénible, aidée de la grâce et voulant le supporter tant qu'il plaira à la divine Volonté ; enfin, avec une entière confiance que Notre Seigneur vous envoie tout cela pour votre bien, que ce bon Maître n'est pas mécontent de vous, qu'il demeure toujours avec vous, pour vous défendre et vous soutenir, selon le besoin, et qu'il vous fera sentir de nouveau sa sainte présence, lorsque sa divine et bien aimante Sagesse le jugera meilleur pour sa gloire et pour votre bien spirituel.

    Contentez-vous donc alors de faire de grands actes de foi, d'espérance, de charité, d'humilité, de patience, d'abandon total de tout vous-même et de toutes choses à la douce Providence de Notre-Seigneur. - Vous pourriez encore renouveler vos saints vœux, ou bien simplement vous tenir en la présence de Dieu, attendant avec une résignation amoureuse l'heure de sa visite.

    Terminer par la résolution, ferme quoique sèche : 1° de ne commettre aucune faute délibérée avec le secours de la grâce ; 2° de bien observer toutes vos règles ; 3° de bien remplir vos emplois et faire toutes choses, en vue seulement de plaire à Notre-Seigneur et de le glorifier ; 4° enfin de ne rien laisser paraître de votre désolation mais d'aller quand même et toujours. »

    P. Paul Ginhac s.j. (1824-1895), Extrait d'une Lettre à la Mère Marie de Saint Ignace (c. 1871), in "Choix de Lettres de Direction" (CXIV), Apostolat de la Prière, Toulouse, 1927.

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