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persévérance

  • Méditation - Ecole de contemplation

    « Quand l'âme ne fait que débuter dans la voie de l'amour, sa contemplation est encore grossière et rudimentaire, elle ne goûte pas tout de suite les joies de la contemplation véritable... Et quand elle commencera à entrer sérieusement dans cette contemplation des choses éternelles (Dieu et les choses divines), elle aura d'autant plus de peine à en éprouver les douceurs qu'elle sera moins attentive à leur merveilleuse beauté ; car comment se délecter de merveilles qu'on ne voit pas. De plus, à ses débuts dans la contemplation, elle mettra d'autant plus de temps à s'y élever qu'elle sera plus lente à rejeter les ténèbres qui enveloppent les créatures humaines. En effet, tant qu'elle n'aura pas renoncé aux sollicitudes mondaines, elle aura dans les yeux une poussière qui l'empêchera de voir. Avant tout donc, qu'elle se débarrasse de cette poussière, puis qu'elle fortifie sa vue : elle rejettera la poussière quand elle éloignera de son esprit toutes les images des choses corporelles, elle fortifiera sa vue quand par une méditation assidue elle tournera son attention vers ce qui est éternel. Quand elle se sera de la sorte pendant longtemps habituée à demeurer dans ces régions supérieures, sa persévérance lui vaudra d'être purifiée davantage ; ainsi purifiée, elle verra plus clairement les biens éternels, et, découvrant leurs splendeurs, elle en éprouvera une joie plus vive. [...] Celui qui désire la contemplation voudrait jouir aussitôt des joies surabondantes qu'elle procure, mais l'auteur de ce don, l'Esprit-Saint, ne l'accorde pas si vite ; elle perdrait de son prix si elle était si facile à obtenir ; la jouissance, du reste, en sera d'autant plus douce, et on veillera à garder ce trésor d'autant plus soigneusement, qu'on aura eu plus de peine à l'acquérir. »

    St Grégoire le Grand (540-604), Commentaire sur le Premier Livre des Rois, ch. II n°4 (Cf. SC 391).
    Cité in Abbé A. Saudreau, La vie d'union à Dieu et les moyens d'y arriver d'après les Grands Maîtres de la Spiritualité (n°117), Angers - Paris, Germain & G. Grassin - Charles Amat, 1900.

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  • Méditation - Indispensable persévérance

    « S'élancer n'est rien, durer, c'est tout. On ne vit que de patience avec soi-même. »

    Abbé Henri Huvelin (1838-1910), in Lucienne Portier, "Un précurseur l'abbé Huvelin", Le Cerf, Paris, 1979.

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  • Méditation - L'adoration des mages

    « Si nous lisons attentivement le récit de l'Évangéliste, nous remarquons que la fidélité des mages à l'appel divin a été parfaite : elle a été prompte, généreuse, fervente, persévérante, qualités que doit avoir la nôtre aux inspirations de la grâce.

    I* Elle a été prompte. — A peine ont-ils vu l'étoile miraculeuse qu'ils partent sans hésiter, sans remettre au lendemain. Nous avons vu son étoile, disent-ils, et nous sommes venus : Vidimus et venimus. Nul intervalle pour eux entre voir et se mettre en marche, c'est-à-dire entre sentir la vérité et s'y rendre, connaître le devoir et le remplir, discerner le bien et le faire. Chez eux, la foi passe d'abord en conviction, le désir se change en résolution et le projet en pratique. En un mot, la grâce ne distingue point en eux le temps de ses attaques, les heures de ses combats et le moment de sa victoire ; tout à la fois, elle vient, elle frappe, elle triomphe : « Nous avons vu et nous sommes venus. » Suivons-nous avec la même promptitude les inspirations de Dieu, les bons exemples qui nous sont donnés ? Ne renvoyons-nous pas à plus tard la réforme de nos mœurs, la correction de nos défauts, formant de beaux projets sans les exécuter ? Xe nous arrêtons-nous pas en chemin, arrêtés souvent par des puérilités ?

    2° Généreuse. — La droiture de leurs cœurs les met au-dessus des incertitudes de l'entreprise, des répugnances de la nature et de la crainte des hommes. Rien n'arrête ces généreux pèlerins : ni la longueur, ni les hasards et les périls de la route, ni la disparition de l'étoile à Jérusalem, ni le respect humain des grands et la jalousie ombrageuse d'Hérode. Oh ! quand on aime et qu'on est tout à Dieu, on va toujours en avant. Ainsi agit l'âme généreuse, elle ne connaît pas d'obstacles, elle sait se gêner, se priver et souffrir, faire son devoir et laisser dire. Elle ne voit que Dieu, ne connaît que lui, s'inquiète peu du reste.

    3° Fervente et persévérante. — Les anges seuls qui les accompagnaient pourraient nous dire avec quelle ferveur ils firent ce voyage, comme ils s'animaient l'un l'autre, comme ils devançaient par leurs saints désirs le moment de se prosterner devant le Dieu nouveau-né, comme, durant l'absence de l'étoile, ils conservèrent leur courage ; belle image des âmes ferventes, qui persévèrent malgré les épreuves, qui restent fermes au milieu de l'isolement et des sécheresses ? Qui pourrait exprimer enfin, à la réapparition de l'étoile chérie, la joie et l'embrasement de leurs cœurs ! Est-ce ainsi que nous accueillons la grâce, lorsque sa lumière vient à nous ? Sachons donc mieux l'apprécier à l'avenir. Mais voici nos illustres voyageurs à la crèche de Bethléem. Là, loin de perdre leur ferveur à la vue d'un lieu si pauvre, d'une si pauvre femme, de si pauvres langes, ils sont, au contraire, saisis d'admiration devant tant de grandeur abaissée, tant de splendeurs cachées, tant de majesté rapetissée, et, se prosternant, ils adorent.

    Que de pieux hommages renfermés dans cette adoration ! que de respect, d'amour et de reconnaissance, de joie, de louanges et d'offrandes ! Quels modèles pour nous tous dans nos oraisons et nos visites au très saint Sacrement de l'autel ! Non moins heureux que les mages, ne possédons-nous pas toujours dans l'église Jésus et Marie, sa Mère ? Ainsi que dans la crèche, Jésus n'est-il pas comme anéanti dans les tabernacles ? Apportons-lui donc, désormais, un esprit plus recueilli, un cœur plus humble et plus aimant. »

    Abbé M.J.G. Debeney, Petites homélies sur l’Évangile des dimanches et des principales fêtes de l'année liturgique (Fête de l’Épiphanie ou des Rois, 1er Point), Deuxième édition, Vanves - Paris, Vic et Amat, 1901

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    Charles-André van Loo (1705-1765), L'Adoration des Mages
    Los Angeles County Museum of Art

    (Crédit photo)

  • Méditation - Préparation à la Pentecôte

    « Considérez combien il est nécessaire de se bien disposer à recevoir le Saint Esprit dans cette Fête prochaine. 1. Parce que faute de préparation, l'on se prive des grâces que Dieu communique ce jour-là plus abondamment qu'aux autres. 2. Parce qu'en ce jour les hommes ont été faits les enfants adoptifs de Dieu, par le moyen de la grâce et de la charité que le Saint Esprit a répandues dans les cœurs. Dignité si grande, que Saint Jean ne pouvant l'exprimer, se contente de dire avec étonnement : Videte qualem charitatem dedit nobis Pater, ut filii Dei nominemur et fimus, I Joan. 3,1 (1). 3. Parce que cette Fête est comme l'anniversaire de la naissance de l’Église, dont nous sommes les membres ; la Loi chrétienne ayant commencé d'y être publiée, et d'obliger ceux à qui elle fut annoncée. Enfin, parce que celui que nous avons à recevoir, est un Dieu. Neque enim homini preparatur habitatio, sed Deo, 1 Paral. 29,1. (2).

    Considérez quelles préparations firent les Apôtres pour recevoir le Saint Esprit. Saint Luc nous apprend dans leurs Actes, qu'étant tous assemblés avec les disciples dans le Cénacle, ils y demeurèrent enfermés avec la Sainte Vierge, persévérant dans une oraison continuelle. Et cum introissent in caenaculum, ascenderunt ubi manebant Petrus et Joannes, etc. Hi omnes erant perseverantes unanimiter in oratione cum mulieribus, et Maria matre Jesu, et fratribus ejus, Act. 1,13-14 (3). Paroles dans lesquelles nous sont marqués trois excellentes dispositions. La première est le recueillement qui les retire des promenades et des visites de la ville, en les enfermant dans leur maison ; qui les retire même des allées et venues qu'ils pourraient faire dans la maison en les enfermant dans une chambre ; enfin qui les dégage des pensées inutiles et de l'affection de toutes les choses créées, et les fait rentrer en eux-mêmes, pour ne penser qu'à Dieu et à eux-mêmes. La seconde, c'est l'union fraternelle qui les unit de cœur aussi étroitement, comme ils l'étaient de maison et de chambre, en sorte qu'on peut déjà dire de ces premiers Chrétiens ce qu'on dit après des autres : Multitudinis credentium erat unum et anima una, Act. 4,31 (4). La troisième, c'est la prière fervente et continuelle qu'ils adressent au ciel, encore qu'ils ne doutassent pas de la promesse qui leur avait été faite.

    Considérez, suivant ce modèle, que pour recevoir le Saint Esprit, il faut de notre part apporter ces trois dispositions que pratiquèrent les Apôtres. La première, la retraite, parce qu'on ne peut se rendre capable d'être reçu en la familiarité de Dieu, qu'en se retirant des affaires du monde. La seconde, l'union et la charité qui fait que nous ne voulons faire tort à personne, mais au contraire que nous faisons du bien à tous autant que nous le pouvons. La troisième, c'est la prière ; car encore que Dieu soit assez bon pour nous donner le Saint Esprit sans le demander, et que par tous nos efforts nous ne le puissions mériter, néanmoins il veut que nous le demandions, mais que nous le demandions avec instance et persévérance, au matin, sur le midi et au soir, au commencement, au progrès et à la fin de nos actions.

    Voyez maintenant comment vous pouvez pratiquer cette retraite, ou en vous retirant effectivement quelques jours de la semaine, pour penser un peu plus sérieusement à vous-même ; ou en retranchant quelques entretiens moins nécessaires, en parlant et conversant moins que vous ne faites ; ou enfin, s'il faut toujours agir, tâchant d'agir avec moins d'empressement et d'attache naturelle. Regardez ensuite si vous avez cette union de charité avec tout le monde ; si vous n'avez point d'envie, de jalousie, ni d'aversion contre personne ; et enfin quelle prière vous avez dessein de faire. Vous n'en sauriez trouver de plus belle que celle dont se sert l’Église en ce temps, Veni Creator, ou Veni Sancte Spiritus. Servez-vous-en, et outre cela adressez souvent vos vœux au ciel, par de fréquentes et courtes aspirations. »

    1. 1ère Lettre de Saint Jean : "Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes."
    2. 1er Livre des Chroniques : "Ce n'est pas pour un homme, mais pour Dieu même, que nous voulons préparer une maison."
    3. Actes des Apôtres : "À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean... Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères."
    4. Actes des Apôtres : "La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme."

    P. Matthieu Beuvelet (1622?-1657), Méditations sur les principales vérités chrétiennes et ecclésiastiques, Tome I, Méditation pour l'Octave de l'Ascension, A Paris, Chez George & Louis Josse, 1690.

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    Duccio di Buoninsegna, 1308-11, La Pentecôte
    Panneau de la face postérieure de la Maestà
    Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption (Santa Maria Assunta), Sienne

  • Audience générale de ce mercredi 22 mars 2017

    La persévérance et la consolation sont deux attitudes importantes de notre vie qu’il faut mettre en relation avec l’espérance. Le Pape François, lors de l’audience générale place Saint-Pierre, ce mercredi 22 mars 2017, a poursuivi son cycle de catéchèses consacré à l’espérance chrétienne en s’intéressant à la signification la plus profonde de ces deux attitudes et à la manière dont elles mettent en lumière la réalité de l’espérance.

    Compte rendu de Xavier Sartre à lire / écouter sur Radio Vatican.

    Texte intégral de la catéchèse traduite en français sur Zenit.org.

    Résumé en français :

    « Frères et sœurs, aujourd’hui je voudrais aborder deux attitudes importantes pour notre vie chrétienne : la persévérance qui est la capacité de demeurer fidèles, même quand nous sommes tentés de juger négativement et de tout abandonner ; et le réconfort – ou la consolation – qui est la grâce de savoir accueillir en toute situation la présence et l’action compatissante de Dieu. Saint Paul nous dit que persévérance et réconfort nous sont transmis particulièrement par les Écritures. En effet, la Parole de Dieu nous conduit à tourner notre regard vers Jésus pour lui ressembler toujours davantage et elle nous révèle que le Seigneur demeure inlassablement fidèle à son amour pour nous. Celui qui en fait l’expérience dans sa vie est en mesure de demeurer proche de ses frères plus faibles et de se charger de leurs fragilités, devenant ainsi un semeur d’espérance. En effet, la Parole de Dieu nourrit une espérance qui se traduit concrètement par le partage et le service réciproque. Et tous nous avons besoin d’être chargés sur les épaules du Bon Pasteur et de nous sentir enveloppés de son regard tendre et prévenant. »

    « Je suis heureux d’accueillir les pèlerins de langue française, en particulier les responsables de l’enseignement catholique du diocèse de Pontoise, avec l’Évêque Mgr Stanislas Lalanne, les fidèles venus de Belgique et de France ainsi que la communauté du Congo-Brazzaville d’Italie. Je vous invite à remercier Dieu pour le don de sa Parole, afin de devenir toujours plus conscients que notre espérance se fonde sur la fidélité de son amour. Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

  • Prière à Marie dans les difficultés actuelles

    « Ô Marie, Mère de la divine grâce, Secours des chrétiens, venez en aide au peuple qui crie vers vous. Aux âmes qui vous sont dévouées et qui craignent Dieu, daignez obtenir le don de la persévérance et de la fermeté dans la vraie foi et dans l'observance fidèle des commandements. Ramenez à Dieu - vous le pouvez - ceux qui se sont éloignés de lui, en sorte qu'ils se soumettent de bonne grâce aux préceptes divins.
    Obtenez à nos prêtres cette abondance de lumière et de force qui leur assure une vie sainte et les enflamme de zèle pour le salut des âmes.
    Montrez-vous envers les enfants et les jeunes gens une Mère empressée, afin que, purs d'esprit et de corps, ils puissent, durant les années de la croissance, s'élever à la perfection de l'homme chrétien.
    A ceux enfin sur qui pèse la responsabilité de la direction des affaires publiques, daignez accorder des temps plus tranquilles, une vision claire et la force dans l'action.
    Ô Marie, préservez vos fidèles du péché et des afflictions spirituelles. Donnez aux prisonniers la libération, réconfortez les sans-patrie et les sans-toit, comme aussi tous les pauvres et les nécessiteux. Laissez tomber de vos mains secourables et de votre Cœur maternel les grâces qui réjouiront l'âme de vos enfants et les stimuleront à vous invoquer avec une confiance sans cesse grandissante. »

    D'après le Message radiophonique de S.S. Pie XII pour le Congrès marial de Maastricht, A.A.S. 7 octobre 1947, p.458 - In P. J.-B. Gossellin s.j., Sujets d'oraison pour tous les jours de l'année, Tome II (Épreuves de Marie et de Joseph), 3e édition, Apostolat de la Prière, Toulouse, 1950.

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  • Méditation - « Âmes découragées, relevez-vous ! »

    « Quel que soit le passé de votre âme, son avenir peut être délivré du mal. Ne dites pas que vous êtes engagé dans la plus stérile des luttes, et que, depuis un quart de siècle, peut-être un demi-siècle, votre vie est semblable à la vie de la terre, où le jour succède à la nuit, la nuit au jour ; que de même en votre âme, les retours de la grâce ont beau succéder au péché, le péché à son tour surmonte la grâce, et, comme par une vicissitude fatale, vous tient sous une chaîne invisible qui se relâche parfois, mais qui, ce semble, ne se brise pas. Ne dites pas que vous mourrez nécessairement ainsi, en essayant en vain de remplir le vase qui se vide, ou d'élever sur le saint édifice la pierre qui retombe toujours au moment où elle allait atteindre sa hauteur. Ne dites pas que toutes les autres grâces vous sont données, mais que la persévérance seule vous est refusée, et par suite le progrès dans le bien, et la croissance en Dieu, et l'espoir de la vie éternelle. O âme découragée par de continuelles défaites, relevez-vous ; la Vierge puissante peut tout. Elle qui répond parfaitement à la grâce, qui n'a jamais manqué à aucune grâce, peut changer toute l'issue d'un combat où vous paraissez reculer depuis longtemps. Encore un généreux effort pour vous attacher à la Mère du salut, pour devenir vous-même mère de votre salut et pour le mériter, car il le faut ; encore un généreux effort, et certainement vous allez vaincre ! Vous viviez dans la honte habituelle de plaies invétérées, de chutes toujours renouvelées ; vous allez vivre dans la gloire du triomphe. »

    Alphonse Gratry (1805-1872), Le Mois de Marie de l'Immaculée Conception (XVIIIe méditation), Paris, Charles Douniol / Jacques Lecoffre et Cie, 1866.

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    Enric Monserday Vidal (1850-1926), Vierge à l'Enfant
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  • Méditation - Cultivons la piété

    « Entre la foi religieuse et la charité des bonnes œuvres, qui, sous l'impulsion de la foi, révèle toute la bonté du cœur, entre ces deux puissances d'une trinité sainte aussi, il y a un élément auquel il faut faire place, un élément qui n'est ni la foi raisonnée, ni la charité extérieure, mais le foyer des deux autres, leur source, leur mobile et leur récompense : c'est la piété, qui rend Dieu sensible au coeur et concentre en elle-même son immense amour. Il y a aussi du temps, des soins, de l'ardeur à donner au développement de cette faculté aimante, qui a, comme toutes les autres, ses différents degrés de croissance, ses phases et son expression exclusive, la prière. [...] En tout, comme c'est dans la piété qu'il faut reconnaître le moteur le plus agissant, la puissance qui crée, qui inspire et qui régularise, c'est son accroissement qu'il importe de poursuivre. A mesure que la vie avance, tout y devient difficile : les besoins sont plus grands, plus compliqués, les ressources moindres ; la patience, la persévérance, le courage, la confiance y sont mis à l'épreuve sous des conditions tellement redoutables quelquefois, que, plus jeune, on n'aurait pu même en soutenir la pensée. Comment affronterait-on de si grands dangers qui menacent tout ce qui vit, et bien plus encore ceux qui marchent dans la voie étroite, si l'on ne sentait vivre au fond de soi-même celui qui nous encourage et nous défend ! »

    Madame Sophie Swetchine (1782-1857), extraits de la Lettre du 15 juillet 1838 au Vicomte Armand de Melun (1807-1877), in "Lettres de Madame Swetchine" publiées par le Comte Alfred de Falloux, Troisième édition, Tome II, Paris, A. Vaton, 1864.

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  • Méditation - « Veillez, et priez »

    « Si l'homme, corrompu comme il est, a de la peine à embrasser le bien, il en a bien davantage à y persévérer. Outre qu'il a tout à craindre de sa faiblesse et de son inconstance, il rencontre tant d'obstacles, il y a tant d'assauts à soutenir, tant de pièges à éviter, qu'il ne faut pas être surpris s'il lui arrive de retourner en arrière, et de se démentir après les plus beaux commencements. [...]
    Cependant, ce n'est pas le commencement, dit saint Jérôme, qui décide de tout pour les chrétiens, mais la fin : Judas a bien commencé, et il a mal fini ; Paul au contraire a bien fini, après avoir mal commencé. Ce n'est pas qu'il n'importe infiniment de bien commencer ; il y a longtemps qu'on a dit avec raison que c'est la moitié de l'entreprise ; mais de quoi sert le plus heureux début, s'il n'est pas soutenu jusqu'au bout ? De quoi sert-il de s'élancer avec rapidité dans la carrière, si les forces et le courage manquent, avant qu'on touche au terme ? Le tout est de parvenir à ce terme : il n'y a pas de couronne à espérer sans cela.
    [...]
    Ô mon Sauveur ! c'est avec raison que vous avez dit : Celui qui aura persévéré jusqu'à la fin sera sauvé, pour nous faire entendre qu'en effet notre persévérance est notre ouvrage. Oui, votre grâce m'est toujours offerte pour cela, et vous ne manquez à rien de ce que vous devez faire de votre côté. Il est vrai que le moment qui terminera mes jours est entre vos mains : j'ignore quand il viendra et en quel état il me trouvera ; mai si je regarde chaque moment comme si c'était le dernier, il est en mon pouvoir de me tenir toujours prêt et d'attendre sans crainte le moment décisif pour mon éternité.
    Faites donc, ô mon Dieu ! que je veille, et que jamais le sommeil ne me surprenne ; faites que je vous ouvre, et que je vous reçoive avec joie, à l'heure où vous frapperez à ma porte, afin que, trouvant tout en bon état dans mon âme, vous puissiez me dire : Courage, bon serviteur ; parce que tu as été fidèle, entre dans la joie de ton maître. Ainsi soit-il ! »

    P. Jean-Nicolas Grou s.j. (1731-1803), L’École de Jésus-Christ Tome second (Quarante-troisième leçon), Société Saint-Augustin, Lille & Retaux-Bray, Paris, s.d. [1885] (Quatrième édition).

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    (Crédit photo)

  • Méditation - Heureux les hommes de miséricorde !

    « Nous avons tous un besoin extrême des miséricordes du Seigneur, et pour cette vie et pour l'autre. C'est sa providence miséricordieuse qui, par rapport aux élus, arrange les événements de telle façon qu'ils arrivent sûrement à leur fin dernière. C'est par une pure miséricorde que Dieu nous pardonne nos péchés, autant de fois que nous revenons à lui avec un humble repentir. C'est par une attention pleine de miséricorde, qu'il nous préserve d'une foule de tentations, où notre faiblesse succomberait. Toutes les grâces personnelles, connues ou inconnues, qu'il ne cesse de nous faire malgré nos infidélités, sont autant d'effets de sa miséricorde. C'est à elle que nous devons la grâce spéciale qui nous assure la persévérance et qui nous prépare à la sainte mort ; qui tranche le fil de nos jours au moment que nous sommes en bon état. Enfin, c'est elle qui couronne et récompense nos bonnes œuvres, et, si Dieu y est engagé par sa justice, ce n'est pas qu'il nous la doive, mais il se la doit à lui-même, en conséquence de ses promesses toutes gratuites. Hélas ! que sont nos bonnes œuvres en elles-mêmes ? Et quel jugement Dieu en porterait-il, s'il les examinait avec rigueur ? Malheur à la vie la plus louable, s'écriait saint Augustin, si vous la discutez, sans égard à votre miséricorde ! Cette miséricorde qui, selon l’Écriture, est au-dessus de toutes les œuvres de Dieu, nous accompagne donc depuis la naissance jusqu'au dernier soupir. [...]

    Or, il est de la nature de la miséricorde d'être gratuite ; ce n'est point une dette, mais un bienfait pur ; et le bienfaiteur est en droit de l'attacher à telle condition qui lui plaît. Jésus-Christ nous déclare ici, et en quantité d'endroits de son Évangile, que Dieu fera miséricorde à ceux qui auront fait miséricorde au prochain, qui auront eu pour lui un cœur charitable et compatissant, qui l'auront assisté, au moins par leurs désirs et par leurs prières, dans ses nécessités corporelles et spirituelles : Heureux donc, par rapport à la vie éternelle, les hommes de miséricorde ! »

    P. Jean-Nicolas Grou s.j. (1731-1803), L’École de Jésus-Christ, Tome premier (Treizième leçon), Société Saint-Augustin, Lille & Retaux-Bray, Paris, s.d. [1885] (Quatrième édition).

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    Gainsborough Dupont, La Charité soulageant la misère (détail)
    Digital image courtesy of Indianapolis Museum of Art

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  • Méditation - Persévérance dans notre dévotion à Marie

    « Plusieurs fois déjà, âmes chrétiennes, vous avez célébré le mois béni de Marie ; et toujours pendant ce temps vous vous êtes montrées recueillies et ferventes ; toujours, au pied des autels de la Vierge, vos chants ont été joyeux et vos prières bien sincères... Pourquoi donc n'avez-vous pas retiré plus de fruits de ces saints et nombreux exercices ? Pourquoi vos résolutions ont-elles si peu duré jusqu'ici ? Pourquoi le lendemain des jours de mai a-t-on retrouvé les mêmes défauts, les mêmes passions ? Pourquoi n'êtes-vous pas devenues plus dociles à la grâce, plus humbles, plus pures, plus charitables, plus appliquées à tous vos devoirs ? C'est pour une seule cause ; et vous devez la pressentir. C'est parce que vous avez manqué de persévérance dans la dévotion à votre mère du ciel. Ne cherchez point ailleurs la source de vos faiblesses, de vos misères, de vos rechutes.

    Ce n'est donc pas assez de fêter pieusement le mois consacré à la Vierge des vierges ; non ce n'est point assez. Il faut continuer à honorer et à invoquer cette mère clémente, et faire ainsi de tous les mois de l'année des souvenirs du mois de Marie. Alors il y aura vraiment persévérance ; alors vous ne perdrez plus, en un instant, tout ce que vous aviez acquis de piété durant la longue solennité de mai ; et l'on verra se traduire dans votre conduite journalière les bons sentiments que vous aurez puisés dans le cœur de la Mère du Sauveur.
    [...]
    Que Marie soit donc, après Jésus, et immédiatement après lui, l'objet constant de vos pensées et de votre amour. Que tout en vous soit à elle et pour elle ; et évitez jusqu'à l'ombre de ce qui pourrait affliger la meilleure et la plus tendre des mères. [...]

    O Marie ! ô vous qui êtes ma vie, ma joie, ma douce espérance, je viens en ce moment solennel me prosterner à vos pieds, pour vous remercier avec effusion de tout ce que vous avez fait pour moi durant ces jours de salut ; des faveurs que vous m'avez accordées, des sentiments de contrition et d'amour que vous avez mis dans mon cœur, des résolutions salutaires que vous m'avez suggérées ; en un mot, de tout ce que je sens en moi de force pour le bien et la vertu. Dès cet instant, ô tendre mère, j'en fais la promesse sacrée, je ne vous affligerai plus par mes fautes ; par mon orgueil, ma vanité, mon amour du monde et de ma propre personne. Je mettrai au contraire, mes soins, mon étude, mon bonheur et ma gloire, à vous réjouir, à vous consoler, à vous dédommager de mes résistances passées, et à vous faire amende honorable pour tous les outrages que votre cœur endure de la part de tant de chrétiens et de chrétiennes que vous aviez adoptées comme vos enfants, mais qui vous laissent et vous méprisent pour écouter l'esprit de mensonge et courir après toutes les folies mondaines.
    [...]
    Louange, honneur et gloire à la Reine conçue sans péché, à la Vierge fidèle, à la Mère tout aimable !
    [...]

    Qu'elle soit avec Jésus « le principe, la vie et le but de nos fêtes ! »
    Tu festi nostri principium, tu medium, tu finis (2).
           AVE MARIA ! »

    1. Eccli. L, 6, 7 et 8. - 2. S. Methodius, In festo Purificat. B. M. Virg..

    Abbé Jean-Augustin Guyard, Marie Reine et Mère des Saints (Dernier jour de Mai, persévérance dans le service de Marie), Paris, Tolra et Haton, 1861.

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    Peter Paul Rubens (1577–1640), Le couronnement de la Vierge
    Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
    (Crédit photo)

  • Méditation : de la douceur

    « Ce respect et cette patience que nous devons garder, à l'exemple de Marie, à l'exemple de Dieu, dans nos relations avec les créatures, nous en avons besoin aussi avec nous-mêmes. Il faut beaucoup de patience avec son âme, sans même parler du corps : le plus grand déploiement d'énergie naturelle ne nous donnera pas d'ajouter une coudée à notre taille, c'est Notre-Seigneur qui nous le dit, et l'on ne change pas grand-chose au caractère toujours assez vilain, dont on est doué par la naissance et l'éducation. Mais celui qui reconnaît franchement ce qu'il est, qui par là-même perd la tentation de critiquer les autres, et qui ne cesse pas malgré cet aveu de recommencer chaque jour son effort, les yeux fermés sur le résultat, ne persévérant que POUR Dieu et ne comptant que sur sa bonté - celui-là fait plus que s'améliorer ; il SE LAISSE et SE LIVRE à Dieu, à qui l'humilité dans l'amour rend plus de gloire que toute réussite. Chacun doit respecter son âme, fille et fiancée de Dieu ; il doit accueillir l'action en elle de l'Esprit Saint, selon le mode qu'il plaît à celui-ci. L'âme est si délicate que Dieu seul peut la toucher.

    Demandons à la Très Sainte Vierge de nous communiquer sa douceur : c'est elle qui nous réserve à Dieu et nous rend chastes au sens le plus élevé, c'est-à-dire libres de toute résistance et prêts pour la venue de l’Époux. »

    Un Chartreux (Dom Jean-Baptiste Porion, † 1987), Amour et Silence, Seuil, Paris, 1951.

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  • Méditation : Nous devons persévérer longuement dans la prière

    « Voulez-vous que toutes vos prières soient infailliblement efficaces ? Voulez-vous forcer Dieu à satisfaire tous vos désirs ? Je dis d'abord qu'il ne faut jamais se lasser de prier...
    Écoutez, âmes chrétiennes, un sentiment que je voudrais pouvoir graver dans tous vos cœurs. Quand on a véritablement conçu jusqu'où s'étend la bonté de Dieu, on ne se croit jamais rebuté, on ne saurait croire qu'il veuille nous ôter toute espérance. Pour moi j'avoue que plus je vois que Dieu me fait demander une grâce, plus je sens croître en moi le désir de l'obtenir : je ne crois jamais que ma prière est rejetée que quand je m'aperçois que j'ai cessé de prier ; lorsqu'après un an de prière, je me trouve autant de ferveur à demander que j'en avais en commençant, je ne doute plus de l'accomplissement de mes désirs, et bien loin de perdre courage après tant de délais, je crois avoir lieu de me réjouir, parce que je suis persuadé que je serai plus pleinement satisfait qu'on m'aura laissé prier plus longtemps...
    En effet, la conversion d'Augustin ne fut accordée à sainte Monique qu'après seize ans de larmes ; mais aussi ce fut une conversion entière, une conversion incomparablement plus parfaite qu'elle ne l'avait demandée. Tous ses désirs se terminaient à voir l'incontinence de ce jeune homme réduite dans les bornes du mariage ; et elle eut le plaisir de lui voir embrasser les conseils les plus relevés de la chasteté évangélique. Elle avait seulement souhaité qu'il fût chrétien, et elle le vit élevé au sacerdoce, à la dignité d'évêque. Enfin elle ne demandait à Dieu que de le voir sortir de l'hérésie, et Dieu en fit la colonne de son Église, et le fléau des hérétiques de son temps. Si, après un ou deux ans de prières, cette pieuse mère se fût rebutée ; si, après dix ou douze ans, voyant que le mal croissait tous les jours, que ce malheureux fils s'engageait encore en de nouvelles erreurs, en de nouvelles débauches, qu'à l'impureté il avait ajouté l'avarice et l'ambition ; si alors elle eût tout abandonné par désespoir, quelle aurait été son illusion, quel tort n'aurait-elle pas fait à son fils, de quelle consolation ne se serait-elle pas privée elle-même, de quel trésor n'aurait-elle pas frustré son siècle et tous les siècles à venir ? »

    P. Edouard de Lehen s.j. (1807-1867), La Voie de la Paix intérieure dédiée à Notre-Dame de la Paix (Troisième Partie, Chap. V, Art. I), Nouvelle édition, Paris, René Haton, 1883 (1ère éd. Paris, 1855).

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    Ste Monique et St Augustin
    (Crédit photo)

  • Méditation : Devenir saint

    « Moi, être un saint ! n'est-ce pas là une entreprise au-dessus de mes forces ? nous dira notre faiblesse. Non, répondent en ce jour, par leurs exemples, tous les saints du ciel. Nous voyons, en effet, parmi eux des saints de tout âge, de toute condition et de tout sexe. Or ce qu'ils ont pu, pourquoi ne le pourrais-je pas (1) ? Tant de chrétiens dans le monde se sont conservés purs parmi tous les dangers de la séduction, recueillis parmi les dissipations et le tumulte, pauvres et détachés parmi les richesses, mortifiés parmi les occasions de jouissance ! Pourquoi ne pourrais-je pas, dans des conditions meilleures, faire ce qu'ils ont fait dans une position plus difficile (2) ? - Il n'y a point ici à dire : J'ai des passions qui m'entraînent, des tentations qui me sollicitent. Les saints en ont eu aussi, et de plus violentes, et ils en ont triomphé. Pourquoi ne pourrais-je pas en triompher comme eux ? - Il n'y a point à dire : Le sérieux de la sainteté, la monotonie du devoir m'ennuient ; je n'y puis tenir. Est-ce que les saints n'ont pas, eux aussi, éprouvé ces ennuis, ces dégoûts ? Ils les ont supportés, et plus longtemps que moi ; et maintenant qu'ils sont au ciel, comme ils s'en savent bon gré ! comme ils comprennent qu'ils ont bien fait ! - Mais ma faiblesse me fait peur ; je crains de ne pouvoir persévérer. Hélas ! les saints étaient faibles comme moi ; la grâce les a soutenus. Pourquoi n'espérerais-je pas qu'elle me soutiendra comme eux ? C'est ainsi que tout prétexte est confondu, toute excuse tombe devant ce seul mot de saint Augustin : Ne puis-je pas ce que d'autres ont pu ? (3) »

    1, 2 & 3. Quod isti et istae, cur non ego ? : Ce que ceux-ci et celles-là ont fait, pourquoi ne le ferais-je pas ? (St Augustin, Confessions, Livre VIII).

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année (Tome III, 1er novembre, Fête de tous les saints, III), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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    Fra Angelico (v.1400-1455)
    Retable de l'église du couvent San Domenico à Fiesole (Italie)

  • Méditation : Toujours tendre à la perfection

    « Qu'importe la longueur de la voie de la perfection ! La fin elle-même est si noble, si divine, que l'âme ne peut commencer à y aspirer trop tôt, ni prendre trop de peine pour l'atteindre. En vérité, le désir même et la poursuite sérieuse d'un but aussi céleste procure à l'âme d'immenses grâces et la met dans une voie de salut très assurée, bien qu'elle ne doive jamais l'atteindre parfaitement en cette vie. Personne n'est donc trop âgé, ou trop affligé de mauvaises habitudes invétérées, pour être dispensé du devoir de tendre à la perfection, et de la poursuivre avec persévérance, assuré qu'au moins après la mort il sera récompensé de ses bons désirs et de ses efforts [...]. Il suffit de s'engager dans la voie et de correspondre aux talents reçus. Quel que soit alors le degré spirituel au moment de la mort, on meurt selon la volonté et l'ordre de Dieu. Il faut s'y résigner et l'on sera, par conséquent, très heureux. Si, au contraire, désespéré d'atteindre la perfection, on se reposait et si l'on ne faisait, pour ainsi dire, rien, se contentant des observances solennelles extérieures, on aurait à rendre compte à Dieu de sa négligence [...]. L'âme est, on le sait, un pur esprit, toujours en activité ; il est impossible pour elle de cesser d'agir et de désirer. Si donc ses opérations et ses désirs ne sont pas orientés vers la fin véritable, ils s'égareront, et, si elle ne s'efforce pas constamment de sortir de la nature, elle s'enfoncera de plus en plus. »

    Dom Augustin Baker, La Sainte Sapience ou les voies de la prière contemplative, Tome I (Ferme résolution, 6), Éditions d'Histoire et d'Art, Librairie Plon, Paris, 1954.

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  • Méditation : Comment persévérer ?

    « Vous voulez persévérer, mais le pouvez-vous ? Certainement vous le pouvez, dès qu'il ne dépend que de vous d'en prendre les moyens. Quels sont-ils ?
    Le premier de tous, c'est la prière. La persévérance est la plus grande et la plus précieuse de toutes les grâces ; mais Dieu l'accorde, comme toutes les autres, à ceux qui la demandent avec humilité et confiance : Petite, et dabitur vobis... (1 : Mt VIII, 7 ; Lc XI, 9).
    Le second moyen, c'est la fréquentation des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Prenez souvent conseil de celui que Notre-Seigneur a établi le guide de votre âme, et vous ne serez pas exposé à faire fausse route. Nourrissez-vous souvent du pain des forts, et vous ne faiblirez pas devant vos ennemis...
    Un troisième moyen, c'est de veiller autour de vous pour ne pas vous laisser surprendre : Vigilate (2 : Mc XIII, 37), et de fuir les occasions dangereuses. Celui qui ne veut pas se précipiter, évite le bord des abîmes...
    Comme quatrième moyen, appliquez-vous à la pratique des bonnes œuvres. Les soins, l'application, les sacrifices qu'elles exigeront de votre part, vous protègeront contre les séductions du monde et l'entraînement des passions...
    Ajoutez enfin, pour vous assurer la grâce de la persévérance, une tendre dévotion à la très sainte Vierge. Quel bonheur j'éprouve à vous répéter avec saint Bernard, qu'un vrai serviteur de Marie ne saurait périr ! Elle est la mère de Jésus, et elle a tout pouvoir sur son cœur ; elle est notre mère, et il n'est rien qu'elle ne sollicite plus ardemment pour ses enfants que la persévérance. Soyez dévoués à cette mère toute bonne et toute compatissante, et elle vous conduira heureusement au port du salut éternel. »

    1. Demandez, et l'on vous donnera. - 2. Veillez.

    M. H.-C.-A. Juge, Manuel de la Prédication Populaire, Tome second (ch.XXXI, III), Société Générale de Librairie Catholique, Paris - Bruxelles, 1881.

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  • Méditation : "Prier, c'est savoir se taire longtemps"

    « La prière consiste finalement à se taire pour écouter Dieu qui nous parle et pour entendre l'Esprit-Saint qui parle en nous. Je crois important de dire que nous ne savons pas et nous ne pouvons pas prier seuls : c'est l'Esprit-Saint qui prie en nous et pour nous. Saint Paul nous dit : « L'Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfant de Dieu. » Il poursuit : « Pareillement, l'Esprit vient au secours de notre faiblesse. Car nous ne savons que demander pour prier comme il faut. Mais l'Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables. Celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l'Esprit-Saint » (Rm 8, 16.26).

    Bien sûr, il ne fait aucun doute que les hommes doivent parler à Dieu ; mais la véritable prière laisse Dieu libre libre de venir à nous selon sa volonté. Nous devons savoir l'attendre dans le silence. Il faut durer dans le silence, dans l'abandon et dans la confiance. Prier, c'est savoir se taire longtemps ; nous sommes si souvent sourds, distraits par nos paroles... Hélas, il n'est pas évident que nous sachions écouter l'Esprit-Saint qui prie en nous. Plus nous persévérons dans le silence, plus nous aurons la chance d'écouter le murmure de Dieu. Souvenons-nous que le prophète Elie est resté longtemps caché dans une grotte avant d'entendre le doux murmure du Ciel. Oui, je le redis, la prière consiste d'abord à rester longtemps silencieux. Il nous faut souvent nous blottir auprès de la Vierge du silence pour lui demander de nous obtenir la grâce du silence de l'amour et de la virginité intérieure, c'est-à-dire une pureté de cœur et une disponibilité à l'écoute qui bannit toute présence qui n'est pas celle de Dieu. L'Esprit-Saint est en nous, mais nous sommes souvent remplis d'orchestres qui couvrent sa voix... »

    « Dieu ne se communique jamais pleinement qu'à un cœur qui ressemblerait à la lumière pure d'un matin d'été fort de belles promesses. »

    Cardinal Robert Sarah, Dieu ou rien - Entretien sur la foi (ch. VII), Fayard, 2015.

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  • Méditations de la Semaine Sainte - Le deuil de Marie et des apôtres et l'épreuve de Madeleine

    « Madeleine nous donne un grand exemple de fidélité et de persévérance dans l'amour de Notre Seigneur. Elle n'a pas de repos, elle ne peut vivre loin de son Bien-Aimé. Il lui faut son Dieu, elle le cherchera. Son trésor est au sépulcre, là aussi est son cœur. Les épreuves n'ont pas éteint les flammes de son amour : Aquae multae non potuerunt extinguere caritatem. (Cant. 8.)
    Son amour s'est purifié dans le creuset des souffrances. Il faut que sa fidélité redouble : son Bien-Aimé a été si souvent trahi, abandonné ! Il faut que son dévouement soit vraiment réparateur. Aussitôt que la loi de Dieu le permet, elle sort avec les deux autres Marie pour acheter des parfums (Marc 16, 1.) Par modestie, elle ne sort pas seule. Elle consulte Pierre, Jean et Marie, comme elle ira leur rendre compte quand elle aura trouvé le tombeau vide. L'obéissance à l’Église et l'union à Marie sont les marques du véritable esprit de Dieu. Après l'achat des parfums, Madeleine fait une visite au sépulcre avec une seule compagne : Vespere autem sabbati, venit cum altera Maria videre sepulcrum. (Matt. 28, 1.) Elle prend le chemin du Calvaire, il fait sombre, elle revoit en esprit toutes les scènes du vendredi. Elle a peur de fouler aux pieds le précieux sang. La croix est encore là, elle est effrayante au milieu des ombres de la nuit. Le sépulcre est solitaire, les gardes sommeillent. Marie s'assied et pleure. L'heure de la consolation n'est pas venue. Notre-Seigneur la laisse dans ses angoisses et cependant il fortifie son courage. Elle retourne dans la maison de douleur, elle n'a pas trouvé son Bien-Aimé : Per noctem quaesivi quem diligit anima mea. Quaesivi et non inveni. (Cant. 3, 2) - Quand nous avons perdu la présence de Notre-Seigneur, cherchons-le assidûment comme Madeleine.

    Résolutions - Marie, Jean, Madeleine et les saintes femmes sont nos modèles dans cette journée de compassion et de réparation. Ils sont les seuls amis fidèles du Cœur de Jésus. Je m'unirai à eux aujourd'hui et tous les jours. Je chercherai mon Jésus comme Madeleine, toutes les fois que j'aurai perdu sa présence sensible. Je ne me découragerai jamais dans ma foi, ma confiance et mon amour. »

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (Samedi Saint), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909).

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    La garde du tombeau, James Tissot (1836-1902)

  • Méditation : de l'assiduité dans la prière

    « Aux premiers moments de chaque jour, disait le Prophète Roi, j'irai me présenter devant vous, Seigneur, pour implorer vos miséricordes. Là je considèrerai que vous êtes un Dieu saint, qui hait infiniment l'iniquité. (Ps 5, 5 ?)
    Que n'ai-je toujours suivi l'exemple de ce saint Roi, ô mon Dieu ! Sous prétexte de satisfaire à de prétendus besoins du corps, souvent je me suis lâchement abandonné au sommeil ; et je me suis privé par là les jours entiers de la nourriture spirituelle que je devais à mon âme, et qu'elle aurait trouvée dans la prière.
    Hélas ! Seigneur, j'éprouve à toute heure ma faiblesse pour le bien, et je m'en plains ; c'est de moi seul que je dois me plaindre. J'envie la force et le courage des saintes âmes pour pratiquer la vertu : c'est le pain de l'oraison qui les leur donne ; que n’imitè-je leur assiduité et leur confiance à s'en nourrir chaque jour dans la prière, et à prévenir pour cela toute autre occupation qui pourrait les en distraire ?
    Les vertus sont les seules richesses de l'homme chrétien : quelle plus grande indigence que la mienne ! mais à qui tient-il, ô mon Dieu, que je ne sois riche ? Ces richesses ne sont pas celles que le hasard donne : elles doivent être le fruit de mes efforts pour seconder la grâce ; et je suis dans une langueur extrême, faute de vouloir prendre la divine nourriture qui me doit fortifier.
    Il est vrai que j'ai souvent du dégoût pour cette divine nourriture : mais c'est faute de la prendre que je m'en suis dégoûté. Le mondain qui cherche la nourriture dans les plaisirs du siècle, ne trouve que du dégoût dans l'usage qu'il en fait. Il arrive tout le contraire à vos serviteurs, ô mon Dieu, qui se nourrissent de la prière : Votre conversation n'a rien d'amer (Sap. 8, 16), l'usage ne fait qu'en augmenter le goût. »

    P. Paul Segneri (1624-1694) s.j., La manne céleste de l'âme, ou Méditations sur des passages choisis de l’Écriture Sainte, pour tous les jours de l'année, Tome II (Juillet Ier jour, Entretien), Traduit de l'italien, A Bruxelles, Chez Simon T'Serstevens, 1714.

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  • Méditation : "approche-toi de Dieu avec un cœur d'enfant"

    « Ô toi, le plus petit des hommes, veux-tu trouver la vie ? Garde en toi la foi et l'humilité. En ces vertus tu trouveras la compassion, le secours, les paroles que Dieu déposera dans ton cœur.
    Tu trouveras aussi Celui qui te garde et demeure, secrètement et concrètement, auprès de toi.

    Veux-tu découvrir les fruits de cette vie ? Marche sur la voie de la simplicité. Devant Dieu, n'aie pas la prétention de connaître quoi que ce soit. La foi suit la simplicité, mais la présomption suit la subtilité de la connaissance et les détours de la pensée ; elle éloigne de Dieu.

    Quand tu te présentes à Dieu dans la prière, sois dans ta pensée comme la fourmi, comme ce qui rampe sur la terre, comme un ver, comme un enfant qui balbutie. Ne dis rien devant lui que tu prétendrais savoir. Mais approche-toi de Dieu avec un cœur d'enfant. Va à sa rencontre comme l'objet de sa sollicitude, de cette sollicitude avec laquelle les pères veillent sur leurs tout petits enfants. Ne dit-on pas que le Seigneur a une attention toute spéciale pour les petits enfants ?

    Prie donc sans nonchalance, supplie de tout ton cœur, demande ardemment, jusqu'à ce que tu reçoives. Ne t'accorde aucun répit. Tu seras exaucé si préalablement tu te fais violence avec toute ta foi pour confier à Dieu ton souci et pour substituer à ta prévoyance la providence divine. Quand il verra ta bonne volonté, quand il verra qu'en toute pureté de cœur tu t'es confié à lui plus qu'à toi-même et que tu t'es fait violence pour espérer en lui plus qu'en toi-même, il te communiquera une puissance que tu ne connaissais pas. C'est, à n'en pas douter, la puissance de Celui qui est avec toi jusqu'à faire sentir sa présence en chacun de tes sens. »

    Isaac de Ninive, dix-neuvième discours ascétique, in Touraille p. 128-129.

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