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  • Méditation - De certaines apparences trompeuses

    « Chacun peint la dévotion selon sa passion et fantaisie. Celui qui est adonné au jeûne se tiendra pour bien dévot pourvu qu’il jeûne, quoique son cœur soit plein de rancune ; et n’osant point tremper sa langue dedans le vin ni même dans l’eau, par sobriété, ne se feindra point de la plonger dedans le sang du prochain par la médisance et calomnie. Un autre s’estimera dévot parce qu’il dit une grande multitude d’oraisons tous les jours, quoiqu’après cela sa langue se fonde toute en paroles fâcheuses, arrogantes et injurieuses parmi ses domestiques et voisins. L’autre tire fort volontiers l’aumône de sa bourse pour la donner aux pauvres, mais il ne peut tirer la douceur de son cœur pour pardonner à ses ennemis ; l’autre pardonnera à ses ennemis, mais de tenir raison à ses créanciers, jamais qu’à vive force de justice. Tous ces gens-là sont vulgairement tenus pour dévots, et ne le sont pourtant nullement. [...] ainsi beaucoup de personnes se couvrent de certaines actions extérieures appartenant à la sainte dévotion, et le monde croit que ce soient gens vraiment dévots et spirituels ; mais en vérité ce ne sont que des statues et fantômes de dévotion.

    La vraie et vivante dévotion, ô Philothée, présuppose l’amour de Dieu, mais elle n’est autre chose qu’un vrai amour de Dieu ; mais non pas toutefois un amour tel quel : car, en tant que l’amour divin embellit notre âme, il s’appelle grâce, nous rendant agréables à sa divine Majesté ; en tant qu’il nous donne la force de bien faire, il s’appelle charité ; mais quand il est parvenu jusques au degré de perfection auquel il ne nous fait pas seulement bien faire, mais nous fait opérer soigneusement, fréquemment et promptement, alors il s’appelle dévotion. »

    St François de Sales, Introduction à la vie dévote (Chap.I, 1), in "Œuvres", Éditions Gallimard, 1969.

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    (Crédit photo)

  • Juin 2017 : célébrons ensemble le Cœur de Jésus

    Avec le Secrétariat des Œuvres du Sacré-Cœur

    Pèlerins du monde entier et priants de tout horizon, le Secrétariat des Œuvres du Sacré-Cœur veut s'unir par la prière avec vous et avec ceux qui feront en ce mois de juin 2017 un acte de confiance au Cœur de Jésus. Le Christ nous appelle en nous disant : « venez à moi, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 28-29). Du cœur très aimant de Jésus procèdent tous les sacrements, mais surtout le plus grand de tous : l'Eucharistie, le sacrement d'amour par lequel Jésus veut être le compagnon de notre vie, la nourriture de nos âmes, sacrifice d'une valeur infinie. « Voici le Cœur qui a tant aimé les hommes qu'il n'a rien épargné, afin de leur témoigner son amour » dit Jésus à sainte Marguerite-Marie, à Paray le Monial. Dans le cadre de la Nouvelle Évangélisation, notre mission de chrétiens est de porter haut et fort la Parole de Dieu et de partager notre foi.

    fete_du_coeur_de_jesus_2017.jpgLa Fête du Cœur de Jésus est la fête de l'Amour de Dieu pour chacun de nous. Restons fidèles et rendons-Lui son amour par la prière, l'oraison, et quand cela est possible la participation aux célébrations liturgiques le 23 juin 2017 en paroisse - seul, avec des amis ou en famille.

    Le Secrétariat des Œuvres du Sacré-Cœur est en union de prière avec vous en ce mois béni, la communauté prie pour vous et pour vos proches. Vous avez la possibilité de commander des feuillets de prière et des affiches dédiés à la Fête du Cœur de Jésus, en cliquant ICI.

    Rdv sur le site du Secrétariat où vous trouverez aussi des centaines de prières qui vous soutiendront dans votre cœur à cœur avec Jésus, dans votre recherche de paix et d'amour, et dans vos besoins de réconfort en Dieu.

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    Bon de commande
    (feuillets-prière et affiches pour la Fête du Cœur de Jésus 2017, livrets de prière, objets religieux...)

  • Méditation - Devenir saints : l'essentielle intériorité

    « Il ne faut jamais rester au seuil de son âme : il faut entrer à l'intérieur, y descendre, y réfléchir, y méditer, y travailler, et s'y laisser travailler. »
    Marthe Robin (1902-1981)

    « Certaines gens qui prennent la vie spirituelle au sérieux gaspillent tous leurs efforts à élever l'échafaudage, à le rendre de plus en plus solide et durable sans s'occuper de l'édifice lui-même. Ils agissent ainsi par une sorte de crainte inconsciente des véritables responsabilités de la vie chrétienne qui sont solitaires et intérieures, difficiles à exprimer même indirectement, et presque impossibles à communiquer à qui que ce soit. [...]

    Le travail le plus important, le plus authentique et le plus durable du chrétien s'accomplit dans les profondeurs de son âme. Il est invisible à tous, même à celui en qui il s'opère. Dieu seul le voit. Ce travail est d'ailleurs moins une question de fidélité à des idéaux généraux connus qu'à la foi : c'est l'acte intérieur, angoissé, presque désespérément solitaire, par lequel nous affirmons notre soumission totale à Dieu en saisissant Sa parole et la révélation de Sa volonté dans les profondeurs de notre être, et en obéissant à l'autorité qui Le représente.

    [...] Notre foi est alors un don total au Christ en qui nous plaçons toute notre espérance et par lequel nous attendons toute force et toute sainteté de Son amour miséricordieux. »

    Thomas Merton (1915-1968), Vie et Sainteté (chap. III), Traduit par Marie Tadié, Aux Éditions du Seuil, Paris, 1966.

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    (Crédit photo)

  • Méditation - Jeûne, pénitence et changement de vie

    « Suffit-il du jeûne et des signes extérieurs de la pénitence ? Non, non, mais il faut changer de vie. En voulez-vous une preuve. Écoutez ce que dit le Prophète. Après avoir parlé de la colère de Dieu et du jeûne des Ninivites, il nous apprend que Dieu leur pardonna, et nous en dit le motif. Dieu vit leurs œuvres (Jon. 111, 10), dit-il. Et quelles œuvres ? Leurs jeûnes ? Leurs habits de pénitence ? Rien de tout cela ; il n'en est pas même fait mention. Tous, dit le Prophète, abandonnèrent leurs voies perverses, et le Seigneur se repentit de les avoir menacés de si grandes calamités. Vous le voyez, ce n'est pas le jeûne qui les arrache au danger ; c'est le changement de vie qui apaise le Seigneur et le leur rend favorable. Si je vous dis ces choses, ce n'est point pour vous faire mépriser le jeûne, mais bien pour vous porter à l'estimer davantage. Ce qui relève le jeûne, ce n'est pas l'abstinence de nourriture, mais la fuite du péché. Ne voir dans le jeûne qu'une privation de nourriture, c'est lui faire outrage. Si vous jeûnez vraiment, montrez-le par vos œuvres ! Quelles seront ces œuvres, me demandez-vous ? Si vous voyez un pauvre, ayez pitié de lui ; si vous voyez votre ennemi, réconciliez-vous avec lui ; si votre ami accomplit une action digne d'éloge, ne lui portez point envie ; si vos yeux aperçoivent une belle femme, ne vous arrêtez point. Ce n'est pas seulement notre bouche qui doit jeûner, mais nos yeux, nos oreilles, nos pieds, nos mains, tous nos membres. Que nos mains jeûnent, c'est-à-dire qu'elles soient pures de toute rapine et de toute avarice. Que nos pieds jeûnent, c'est-à-dire qu'ils s'abstiennent de courir à des spectacles illicites. Que nos yeux jeûnent, c'est-à-dire qu'ils s'habituent à ne jamais lancer de regards immodestes, à ne jamais se fixer avec curiosité sur des objets dangereux. Les yeux vivent de spectacles ; s'ils sont illégitimes et défendus, le jeûne en souffre et le salut de l'âme est en péril : légitimes et permis, ils sont un ornement du jeûne. Ne serait-il pas absurde en effet de se priver d'une nourriture d'ailleurs permise, et de rassasier cependant ses yeux d'un aliment qui leur est interdit ? Vous ne mangez point de viande ? Eh bien ! ne vous nourrissez point d'impureté par vos yeux. Que les oreilles jeûnent aussi ; et leur jeûne consiste à n'écouter ni médisances ni calomnies. Vous ne prêterez point l'oreille aux vains discours (Exod. XXIII, 1), dit la sainte Écriture.

    Que la bouche jeûne, en s'abstenant de toute parole déshonnête et injurieuse. A quoi bon nous priver de la chair des oiseaux et des poissons, si nous déchirons, si nous dévorons nos frères ? Le médisant dévore la chair de son frère, il déchire la chair du prochain. Et c'est pourquoi saint Paul dit cette parole terrible : Si vous vous déchirez et si vous vous dévorez les uns les autres, ne voyez-vous pas que vous allez vous faire mourir les uns les autres (Gal V, 15) ? Vos dents ne se sont point enfoncées dans la chair, mais votre médisance, votre soupçon, s'est enfoncé dans les âmes, vous les avez blessées ; vous les avez accablées de mille maux, la vôtre, celle qui vous écoute et beaucoup d'autres. Celui qui vous entend médire, ne l'avez-vous point rendu pire qu'il n'était ? Pécheur, il péchera plus facilement encore, depuis qu'il a rencontré son pareil ; juste, les péchés d'autrui lui donneront de l'arrogance et de l'orgueil, et il aura de lui-même une haute opinion. Bien plus, c'est l’Église tout entière que vous avez blessée. Ceux qui vous écoutent, ce n'est pas à un seul qu'ils imputent les fautes dont vous parlez, mais à tout le peuple chrétien. »

    St Jean Chrysostome, Troisième Homélie sur les statues (4-5). Œuvres complètes Tome II, Traduites pour la première fois sous la direction de M. Jeannin, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.
    (Texte intégral)

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    Le Prophète Jonas et les Ninivites
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  • 1er vendredi du mois, dédié au Sacré-Coeur de Jésus

    Connaissez-vous cette revue ?

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    Unique par son contenu spirituel, cette publication, éditée par le Secrétariat des Œuvres du Sacré-Cœur et publiée depuis 1912, poursuit la mission que le Christ assigne à tous ceux qui œuvrent pour instaurer la « civilisation de l’Amour ».

    Cette revue trimestrielle de 42 pages aborde les thèmes de l’année liturgique, avec de nombreux témoignages, des présentations de visages d’Église d’hier et d’aujourd’hui (Edmond Michelet, Henri Quinson, Maïte Roche, Père Caffarel…), des prières, des biographies (Marcel Van, Claire de Castelbajac, Cardinal Newman…), des articles pour les familles, de l’actualité ecclésiale, etc.

    Vous pouvez découvrir un numéro de la revue en cliquant ci-dessous :
    Le Coeur de Jésus Source de L'Amour

    ou en vous adressant directement au
    Secrétariat des Œuvres du Sacré-Cœur
    9 rue Chervier
    71600 Paray le Monial
    Tél : 03 85 81 15 04
    Mail : contact@secretariatdesoeuvresdusacrecoeur.org
  • Audience générale du mercredi 30 novembre 2016

    Le Pape François a achevé, ce mercredi 30 novembre 2016 lors de l’audience générale, son cycle de catéchèse consacré aux œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles. Parmi ces œuvres, a-t-il souligné, se trouve le devoir « d’ensevelir les morts et de prier pour les vivants et les défunts ».

    Compte rendu de Xavier Sartre à lire / écouter sur Radio Vatican.

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

  • Audience générale de ce mercredi 16 novembre 2016

    En direct sur KTO

    Texte intégral de la catéchèse du Pape sur Zenit.org.

    Résumé en français :

    « Frères et sœurs, supportez patiemment les personnes importunes ! C’est une œuvre de miséricorde que nous ne mettons peut-être pas en pratique comme nous le devrions ! Nous pourrions faire notre examen de conscience pour savoir si nous aussi, parfois, nous ne sommes pas importuns pour autrui. Il est facile de montrer du doigt les défauts et les manques des autres. Mais nous devrions apprendre à nous mettre à leur place. Regardons Jésus : quelle patience il a dû avoir au cours des trois années de sa vie publique ! Deux autres œuvres de miséricorde peuvent s’y joindre : avertir les pécheurs et enseigner les ignorants. Aider les personnes à grandir dans la foi et dans la vie est un bel engagement. Accompagner dans la recherche de l’essentiel est beau et important parce que cela nous fait partager la joie de goûter le sens de la vie. Enseigner à découvrir ce que le Seigneur veut de nous et comment nous pouvons y correspondre signifie mettre sur le chemin pour grandir dans sa vocation propre, le chemin de la vraie joie. Cela ne nous rend pas supérieurs aux autres, mais nous oblige plutôt à vérifier si nous sommes cohérents avec ce que nous demandons aux autres. »

    « Je suis heureux d’accueillir les pèlerins de langue française, en particulier les membres de l’Œuvre d’Orient, les prêtres de l’Union Apostolique du Clergé et du diocèse d’Agen, avec l’évêque Mgr Herbreteau, ainsi que les pèlerins venus de France, de Belgique et de République Démocratique du Congo.
    En cette Année Jubilaire qui s’achève, je vous invite à ne pas fermer les portes de la miséricorde de votre cœur, mais à être toujours plus patients, humbles et simples dans l’accueil de vos frères et de vos sœurs.
    Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

  • Audience générale de ce mercredi 09 novembre 2016

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

    Résumé en français :

    « Frères et sœurs, la vie de Jésus a été faite de rencontres où les malades ont une place particulière. Pour cette raison, nous trouvons dans les œuvres de miséricorde la visite des malades mais aussi des prisonniers. En effet, les malades et les prisonniers sont dans une situation qui limite leur liberté. Or, Jésus nous offre la liberté qui provient de la rencontre avec lui et du sens nouveau qu’elle apporte à notre condition personnelle. Avec les œuvres de miséricorde, il nous invite à un geste d’une grande humanité : le partage. Un sourire, une caresse, une poignée de main sont des gestes simples mais tellement importants pour ceux qui se sentent abandonnés. Ne laissons pas seules les personnes malades! De la même manière, avec la visite des prisonniers, Jésus nous invite à ne pas nous faire juges des autres mais à tout faire pour rendre leur dignité à ceux qui en sont privés à cause du mal qu’ils ont fait. Alors, pensons à ceux qui ont besoin de proximité et de tendresse, de se sentir accueillis et aimés. N’oublions pas que Jésus et les apôtres ont fait l’expérience de la prison et de la souffrance. Et, ne tombons pas dans l’indifférence mais sentons-nous interpelés pour rendre la joie et la dignité à ceux qui les ont perdues. »

    « Je suis heureux de saluer les pèlerins de langue française, en particulier le collège Fénelon Sainte-Marie de Paris et tous les jeunes ainsi que les fidèles de divers diocèses et institutions. En cette Année de la Miséricorde, devenons des instruments de la miséricorde du Seigneur qui accomplit des merveilles, en nous faisant proches des malades et en visitant les prisonniers. Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

  • Fête de Sainte Marguerite-Marie sous les fleurs à Paray-le-Monial

    paray-fleurs-1a.jpgLa Cité du Cœur de Jésus a été ornée de mille fleurs afin de fêter Sainte Marguerite-Marie le 16 octobre. Temps de retraite, processions, louanges, enseignements et « journée famille » ont été animés par les Chapelains.

    Cher(e) Ami(e) dans le Christ, que vous soyez en France, dans les îles ou à l'autre bout du monde, nous prions pour vous. Avec joie, nous avons pris des photos à votre intention.
    Nous en profitons pour vous annoncer que vous pouvez parcourir dès à présent en ligne un exemplaire de la revue, et si vous souhaitez soutenir notre mission - Faire connaître et faire aimer le Cœur de Jésus - en vous abonnant, n'hésitez pas à nous contacter. Chaque courrier ou chaque appel de votre part est traité par une religieuse de Paray le Monial.
    Vous retrouverez les bons moments de la fête de Sainte Marguerite Marie en cliquant ICI.

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    Le Secrétariat des Œuvres du Sacré-Cœur.

  • Audience générale de ce mercredi 19 octobre 2016

    Ce mercredi 19 octobre, à l’occasion de l’audience générale, le Pape a encouragé les pèlerins rassemblés place Saint-Pierre, à faire face à la réalité, sans déléguer à d’autres le soin d’aider les personnes dans le besoin. Lors de sa catéchèse, il a demandé aux fidèles d’apporter leur aide aux pauvres qui se trouvent sur leur chemin.

    Les précisions de Marie Duhamel à lire / écouter sur Radio Vatican.

    Texte intégral de la catéchèse traduite en français sur Zenit.org.

    Résumé :

    « Frères et sœurs, une des conséquences de ce qu’on appelle le « bien être » est de conduire les personnes à se replier sur soi, les rendant insensibles aux besoins d’autrui. Parmi les œuvres de miséricorde se trouve le devoir de donner à manger à celui qui a faim et à boire à celui qui a soif. Il est certes important de participer aux campagnes de solidarité qui nous sont proposées. Cependant, cette forme de charité ne nous implique pas directement, comme lorsque nous rencontrons dans la rue une personne dans le besoin ou qu’un pauvre frappe à notre porte. Quelle est alors ma réaction ? Est-ce que je détourne le regard ou bien est-ce que je m’intéresse à son état et prend le temps de lui parler ? Si elle n’est pas suivie par les œuvres notre foi est morte. Alors que, chaque jour, à côté de l’abondance et du gaspillage se répète l’expérience de ceux qui ont faim, nous ne pouvons pas déléguer à d’autres : ce pauvre que je rencontre a besoin de moi, de mon aide, de ma parole et de mon engagement. »

    « Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier les prêtres du diocèse d’Orléans accompagné par Monseigneur Jacques Blaquart, et les autres personnes venus de France, de Suisse et de Belgique.
    Chers frères, le peu que nous avons, si nous le remettons dans les mains de Jésus en le partageant aux autres avec foi, devient une richesse surabondante. Par notre générosité n’ayons pas peur d’être, pour nos frères, la révélation de la miséricorde du Père.
    Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

  • Méditation - L'âme humaine, décrite par Ste Hildegarde de Bingen

    « L'âme est présente dans le corps comme un vent dont on ne voit ni n'entend le souffle. Aérienne, elle déploie son souffle, à la manière du vent, ses soupirs et ses pensées ; son humidité, véhicule de ses bonnes intentions envers Dieu, l'assimile à la rosée. Comme l'éclat du soleil qui illumine le monde entier et qui ne faiblit jamais, l'âme est tout entière présente dans la petite forme de l'homme. Ses pensées lui permettent de s'envoler dans toutes les directions : les œuvres saintes l'élèvent vers les étoiles par la louange de Dieu, les œuvres mauvaises des péchés la précipitent dans les ténèbres.

    L'âme raisonnable profère de multiples paroles qui résonnent comme l'arbre multiplie ses rameaux, et, de la même façon que les rameaux proviennent de l'arbre, les énergies de l'homme jaillissent de l'âme. Ses œuvres, quelles qu'elles soient, réalisées de concert avec l'homme, ressemblent aux fruits d'un arbre. [...]

    L'âme, tant qu'elle est dans le corps, sent Dieu parce qu'elle vient de Dieu, mais tant qu'elle accomplit sa tâche dans les créatures, elle ne voit pas Dieu. Lorsqu'elle aura quitté l'atelier de son corps et lorsqu'elle sera confrontée à Dieu, elle connaîtra sa nature et ses anciennes dépendances corporelles. [...] Elle attend donc avec avidité ce dernier jour du monde, car elle a perdu ce vêtement qu'elle aime et qui est son propre corps. Quand elle l'aura recouvré, elle verra avec les anges la face glorieuse de Dieu. [...] "L'homme est le vêtement que revêt mon Fils en sa royale puissance afin d'apparaître Dieu de toute création et vie de la vie." [...] Dans la forme de l'homme, c'est la totalité de Son œuvre que Dieu a consignée. »

    Ste Hildegarde de Bingen (fêtée ce jour), Le Livre des Œuvres divines, Quatrième vision, Trad. Bernard Gorceix (Albin Michel, coll Spiritualités vivantes, 1982), in Régine Pernoud, "Hildegarde de Bingen", Éditions du Rocher, 1995.

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    L'Homme universel, 'Liber Divinorum Operum' de Ste Hildegarde de Bingen, 1165.
    (Crédit photo)

  • Méditation - Heureux les hommes de miséricorde !

    « Nous avons tous un besoin extrême des miséricordes du Seigneur, et pour cette vie et pour l'autre. C'est sa providence miséricordieuse qui, par rapport aux élus, arrange les événements de telle façon qu'ils arrivent sûrement à leur fin dernière. C'est par une pure miséricorde que Dieu nous pardonne nos péchés, autant de fois que nous revenons à lui avec un humble repentir. C'est par une attention pleine de miséricorde, qu'il nous préserve d'une foule de tentations, où notre faiblesse succomberait. Toutes les grâces personnelles, connues ou inconnues, qu'il ne cesse de nous faire malgré nos infidélités, sont autant d'effets de sa miséricorde. C'est à elle que nous devons la grâce spéciale qui nous assure la persévérance et qui nous prépare à la sainte mort ; qui tranche le fil de nos jours au moment que nous sommes en bon état. Enfin, c'est elle qui couronne et récompense nos bonnes œuvres, et, si Dieu y est engagé par sa justice, ce n'est pas qu'il nous la doive, mais il se la doit à lui-même, en conséquence de ses promesses toutes gratuites. Hélas ! que sont nos bonnes œuvres en elles-mêmes ? Et quel jugement Dieu en porterait-il, s'il les examinait avec rigueur ? Malheur à la vie la plus louable, s'écriait saint Augustin, si vous la discutez, sans égard à votre miséricorde ! Cette miséricorde qui, selon l’Écriture, est au-dessus de toutes les œuvres de Dieu, nous accompagne donc depuis la naissance jusqu'au dernier soupir. [...]

    Or, il est de la nature de la miséricorde d'être gratuite ; ce n'est point une dette, mais un bienfait pur ; et le bienfaiteur est en droit de l'attacher à telle condition qui lui plaît. Jésus-Christ nous déclare ici, et en quantité d'endroits de son Évangile, que Dieu fera miséricorde à ceux qui auront fait miséricorde au prochain, qui auront eu pour lui un cœur charitable et compatissant, qui l'auront assisté, au moins par leurs désirs et par leurs prières, dans ses nécessités corporelles et spirituelles : Heureux donc, par rapport à la vie éternelle, les hommes de miséricorde ! »

    P. Jean-Nicolas Grou s.j. (1731-1803), L’École de Jésus-Christ, Tome premier (Treizième leçon), Société Saint-Augustin, Lille & Retaux-Bray, Paris, s.d. [1885] (Quatrième édition).

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    Gainsborough Dupont, La Charité soulageant la misère (détail)
    Digital image courtesy of Indianapolis Museum of Art

    (Crédit photo)

  • Méditation - Poème : "Redonnez-moi, Seigneur..."

    « Seigneur, vous écoutez la plus humble prière,
    Et le cri de l'insecte et celui de l'oiseau,
    Et cet agneau perdu qui demande sa mère,
    Et cette herbe séchée à qui manque un peu d'eau.

    Votre nom prononcé rafraîchit la pensée ;
    Il rayonne dans l'ombre où je m'enveloppais.
    Toute larme pieuse, à vos genoux versée,
    Est, pour un cœur souffrant, le baume de la paix.

    Vous m'entendrez, Seigneur, car je pleure et j'espère !
    J'élève à vous mon cœur par le monde abattu.
    J'espère ! et votre loi, tendre comme une mère,
    De la douce espérance a fait une vertu.

    Redonnez-moi, Seigneur, la vie et le courage ;
    Que j'aille en vous servant jusqu'à la fin du jour ;
    Dissipez des erreurs le stérile nuage
    Au rayon de la foi rallumé par l'amour.

    L'orgueil ferme le cœur aux innocentes joies
    Et tient la porte ouverte à l'ennui triomphant.
    Donnez-moi, pour marcher humblement dans vos voies,
    La raison du vieillard et la foi de l'enfant.

    Alors, Seigneur, alors, mon âme calme et forte
    Souffrira, sans colère et sans fougueux transports
    Le mal que chaque jour et chaque nuit apporte
           A cette argile de mon corps.

           1852. »

    Victor de Laprade (1812-1883), Extrait de Les œuvres de la foi (V)
    "Œuvres poétiques de Victor de Laprade. Poèmes évangéliques", Paris, Alphonse Lemerre, s.d. (v.1875)
    Texte intégral en ligne sur Wikisource.

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  • Méditation - "Seigneur, qui habitera dans ta demeure ?"

    « Levons-nous donc, enfin, à la voix de l'Écriture qui nous stimule en disant : Voici l'heure pour nous de sortir du sommeil. Les yeux ouverts à la lumière de Dieu et les oreilles attentives, écoutons cet avertissement divin que nous adresse chaque jour la voix qui nous crie : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'allez pas endurcir vos cœurs ; et encore : Que celui qui a des oreilles pour entendre écoute ce que l'Esprit dit aux Églises. Et que dit-il ? Venez, mes fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent.

    Le Seigneur, se cherchant un ouvrier dans la multitude du peuple, adresse à tous cet appel : Quel est l'homme qui veut la vie, et désire connaître des jours heureux ? Que si, à cette demande, tu réponds : « C'est moi », Dieu te dit alors : Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et que tes lèvres ne profèrent pas de paroles trompeuses. Détourne-toi du mal et fais le bien ; cherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux seront sur vous et mes oreilles attentives à vos prières ; et avant même que vous m'invoquiez je dirai : « Me voici ». Quoi de plus doux pour nous, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voici que, dans sa bonté, le Seigneur lui-même nous montre le chemin de la vie.

    Que la foi et la pratique des bonnes œuvres nous disposent donc, comme une ceinture autour des reins, à marcher en avant par les sentiers que nous trace l’Évangile, afin que nous méritions de voir celui qui nous a appelés dans son Royaume. Si nous voulons habiter dans sa demeure royale, il faut courir par la pratique des bonnes œuvres, faute de quoi, nous ne pourrions y parvenir. Mais interrogeons donc le Seigneur, en lui disant avec le Prophète : Seigneur, qui habitera dans ta demeure ? Qui se reposera sur ta montagne sainte ? Après cette interrogation, mes frères, écoutons le Seigneur qui nous répond, et nous montre la voie qui donne accès à cette demeure, disant : C'est celui qui marche sans tache et accomplit la justice, celui qui dit la vérité du fond de son cœur, qui n'a pas prononcé de paroles trompeuses, qui n'a pas fait de mal à son prochain, ni pris part aux discours injurieux contre lui. C'est celui qui, sollicité par le diable malin, le repousse, lui et ses suggestions, loin des regards de son cœur, le met à néant, saisit les premiers rejetons de la pensée diabolique et les brise contre le Christ. Ce sont ceux qui, craignant le Seigneur, ne s'enorgueillissent pas de leur bonne observance : estimant au contraire que le bien qui se trouve en eux ne procède pas d'eux-mêmes, mais est accompli par le Seigneur, ils le glorifient de ce qu'il opère en eux, et lui disent avec le Prophète : Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton Nom donne la gloire. De même, l'apôtre Paul ne s'est rien attribué du succès de sa prédication, lorsqu’il dit : C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis. Et il dit encore : Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur.

    C’est pourquoi le Seigneur dit dans l'Évangile : Celui qui écoute mes paroles et les accomplit, je le comparerai à un homme sage qui a bâti sa maison sur la roc. Les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, mais elle n'est pas tombée, car elle était fondée sur le roc. Cela dit, le Seigneur attend de nous que nous répondions chaque jour par nos œuvres à ces saints avertissements. C'est pour l'amendement de nos fautes que les jours de cette vie nous sont prolongés, ainsi que le dit l'Apôtre : Ignores-tu que la patience de Dieu t’invite à la pénitence ? Car notre miséricordieux Seigneur dit aussi : Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive.
    Lors donc, mes frères, que nous avons interrogé le Seigneur sur celui qui habitera dans sa demeure, nous avons appris les conditions requises pour y habiter ; c'est donc à nous de remplir les obligations qui incombent à cet habitant. Il nous faut donc préparer nos cœurs et nos corps à militer sous la sainte obéissance aux commandements. Quant à ce qui semble dépasser nos forces, prions le Seigneur d'ordonner à sa grâce de nous porter secours. D'autre part, désireux d'échapper aux peines de l'enfer, et de parvenir à la vie éternelle, tandis qu'il en est encore temps, que nous sommes en ce corps, et que nous pouvons accomplir cela à la lumière de cette vie, courons et faisons, dès ce moment, ce qui nous sera profitable pour toujours. »

    Règle de Saint Benoît, Prologue (8-44).

    La Règle de Saint Benoît peut être consultée (et téléchargée) sur les sites web de nombreuses abbayes bénédictines, telles :
    Abbaye Notre Dame de Ganagobie
    Abbaye Saint-Pierre de Solesmes
    Abbaye du Mont des Cats
    Abbaye d'En Calcat ...
    ou encore ICI (latin / français).

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    Hermann Nigg (1849-1928), Saint Benoît rédigeant la règle (1926)
    église de l'abbaye de la Sainte-Croix, près de Baden bei Wien, Basse-Autriche
    (Crédit photo)

  • Audience jubilaire de ce jeudi 30 juin 2016

    Un air de fanfare place saint-Pierre…  Plus de 15 000 fidèles ont pris part ce jeudi 30 juin 2016 à une nouvelle audience jubilaire organisé dans le cadre de l’Année sainte de la Miséricorde, exceptionnellement un jeudi, avant la pause estivale. Devant la foule, le Pape a rendu grâce à Dieu pour son déplacement le week-end dernier en Arménie, la première nation à avoir embrassé la foi chrétienne ; « un peuple qui tout au long de son histoire  a témoigné de sa foi par le martyre ».

    Dans sa catéchèse, le Pape a par ailleurs proposé un «sérieux» examen de conscience aux fidèles. « La miséricorde n’est pas un mot abstrait mais un style de vie » que « je choisis » et qui requiert des actions concrètes, a-t-il rappelé.

    Le compte rendu de Marie Duhamel à lire / écouter sur Radio Vatican.

    Il s’agissait de la dernière audience avant l'été. Comme les années précédentes le Pape allège son emploi du temps, jusqu'à son voyage en Pologne à l'occasion des 31ème JMJ de Cracovie du 26 au 31 juillet.

    Résumé :

    « L’Evangile que nous venons d’entendre (cf. Mt 25,31-46) nous invite à un sérieux examen de conscience. Une chose est de parler de la miséricorde, une autre est de la pratiquer. Il nous est demandé de prendre conscience de la souffrance d’autrui, de se laisser toucher pour lui venir en aide. Autrement notre cœur devient insensible et notre vie stérile. Celui qui a fait l’expérience de la miséricorde du Père ne peut pas rester indifférent aux nécessités des frères. L’enseignement de Jésus est clair : la miséricorde n’est pas une théorie mais un témoignage concret. »

    Le Saint-Père a ensuite évoqué son voyage en Arménie : « Je suis heureux d’avoir visité la première nation ayant embrassé le christianisme, ce peuple qui a, dans sa longue histoire, témoigné de sa foi par le martyre. Nous sommes appelés à renforcer nos liens de communion fraternelle pour rendre témoignage à l’Evangile du Christ. Je me rendrai bientôt dans deux autre pays de la région du Caucase pour valoriser les racines chrétiennes qui s’y trouvent, et pour y encourager les chemins de paix. »

    « Je salue cordialement les pèlerins de langue française, en particulier le Séminaire patriarcal maronite de Ghazir, et les pèlerins venus du Bénin, de République Démocratique du Congo et de France.
    Ne laissons pas la culture du bien-être affaiblir notre sensibilité aux souffrances des frères. Soyons toujours vigilants pour découvrir leurs besoins, et généreux pour les secourir. Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

    Texte intégral original en italien sur le site internet du Vatican.

  • Méditation sur l'année écoulée

    « - La brièveté du temps. La plus longue suite des jours, lorsqu'ils sont écoulés, n'est plus rien. Qu'est-ce que l'année qui vient de finir ? Qu'est-ce que tout le temps que nous avons vécu ?... Qu'est-ce que tout le temps qu'a duré le monde ? Tout cela est passé, et dans un temps passé, un siècle, un an, huit jours, un jour, sont la même chose. Le temps à venir n'est pas d'une autre nature. L'année qui commence, le temps qui nous restera à vivre, tout celui que doit durer le monde, passera, et quand il sera passé, il ne sera plus rien ; mais l’Éternité ne passe point. O insensés que nous sommes de nous attacher aux biens du temps qui sont si peu durables, et de ne pas soupirer pour les biens spirituels.

    - L'incertitude du temps. Combien y en a-t-il eu de tout âge, de toute condition, de toute complexion, qui ont vu commencer l'année dernière, et qui ne l'ont pas vu finir ? Il en sera de même de celle-ci ; peut-être serons-nous du nombre de ceux qui n'en verront pas la fin ; nous n'y avons pas un jour, un moment d'assuré. Commençons-la donc comme si elle devait être la dernière pour nous.

    - L'emploi du temps. La manière dont nous aurons employé le temps décidera de notre sort dans l’Éternité. Examinons comment nous avons employé l'année qui vient de s'écouler. Si nous ne sommes pas tombés dans les plus grands désordres, remercions-en Dieu ; mais au moins, avouons-le, quelle lâcheté au service du Seigneur, quelle dissipation dans la prière, quelle négligence dans l'usage des Sacrements, que de défauts dans toutes nos actions ! Combien de fautes que nous aurions pu éviter, de bonnes œuvres que nous aurions pu faire, d'occasions de pratiquer la vertu, d'exercer la charité, la patience, le zèle, l'humilité, la mortification que nous avons perdues ! Pleurons amèrement de si grandes pertes, et demandons-en pardon à Dieu. Voici une nouvelle année qu'il nous donne pour les réparer : ah ! s'il l'accordait aux âmes réprouvées, s'il l'accordait même aux âmes du Purgatoire, comment l'emploieraient-elles ?

    - La fin du temps. A la fin du temps il ne reste plus rien des peines et des plaisirs que l'on a eus dans le temps. Le pénitent et le voluptueux parvenus à leur dernière heure se trouvent égaux, en ce que les mortifications de l'un et les délices de l'autre sont également évanouies ; il ne leur reste que leurs œuvres ; c'est-à-dire, leurs mérites ou leurs démérites. Quels regrets pour l'un ! Quelle consolation pour l'autre ! Quelle satisfaction ne ressentirions-nous pas nous-mêmes aujourd'hui si nous avions passé l'année dernière dans la sainteté et dans la ferveur ! Il ne nous resterait rien de la peine que nous aurions prise ; et que nous reste-t-il des plaisirs qui nous ont détournés de Dieu ? Regrettons un temps si précieux et si mal employé. Remercions Dieu de ce qu'il nous a conservés jusqu'à ce moment, et de ce que la fin du temps n'est pas encore venue pour nous : mais songeons que nous y touchons. Quels seront alors nos sentiments ? Ce que nous voudrions avoir fait alors ne dépendra plus de nous, mais il en dépend maintenant. Soyons donc prudents, et profitons d'un avis qui sera peut-être lui-même le dernier que nous recevrons. »

    P. Bonaventure Giraudeau s.j. (1697-1774), L’Évangile médité Tome I (Chap. XII, Troisième Point : Du premier jour de l'an), Revu et corrigé par M. l'Abbé L. Duquesne, Nouvelle édition, Tournay, Chez J. Casterman Aîné, 1826.

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  • Méditation : Apostolat et vie intérieure

    « O Jésus, faites-moi bien comprendre que les plus belles œuvres d'apostolat ne sont que vaine agitation, si elles ne dérivent pas d'une vie intérieure profonde. Vous seul êtes la vraie vigne où circule la sève divine de la grâce, donc seul le sarment greffé sur Vous peut la communiquer aux âmes en produisant pour elles des fruits de grâce. Quelle illusion si, me laissant prendre par des œuvres urgentes, je m'y lance tête baissée, en négligeant d'alimenter, de consolider mon union avec Vous ! Cependant, par ces doux avertissements que Vous avez imprimés au plus profond de mon âme, Vous ne cessez de me rappeler : « Sans Moi, vous ne pouvez rien faire... Celui qui demeure en Moi, porte seul des fruits ». O folle agitation, ô vanité de tant de mes œuvres, entreprises d'une façon trop humaine, comme si leur fruit ne dépendait que de mon industrie et de mes capacités ! O mon Dieu, préservez-moi de tant de stupidité ! Non, je ne veux pas gaspiller ainsi mes énergies, perdre mon temps. [...] Même ceux qui ne croient pas en Vous, se consacrent à des œuvres sociales : ils ouvrent des écoles, des hôpitaux, ils impriment des livres et des journaux, font de la propagande... Ce qui doit distinguer mon activité de la leur, c'est l'esprit intérieur dont elle provient : esprit d'union avec Vous, esprit de prière, de sacrifice. Seul cet esprit a le grand pouvoir de transformer la pauvre action humaine en action surnaturelle, en apostolat. Faites, ô Seigneur, que mon action sorte d'un vigoureux sarment, solidement enté sur Vous ; faites qu'elle soit imprégnée de prière et de sacrifice. »

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine, Intimité Divine Tome I (4e semaine de l'Avent, 25, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Librairie du Carmel, 1963.

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  • Méditation : les oeuvres de miséricorde

    « Les divins commandements, bien-aimés, aussi bien que l'institution apostolique, nous ont appris que tout homme placé parmi les périls de cette vie doit chercher par l'exercice de la miséricorde la miséricorde de Dieu. Quelle espérance, en effet, pourrait relever ceux qui sont tombés, quel remède guérir les blessés, si les aumônes ne déliaient les fautes, et si les besoins des pauvres ne devenaient l'antidote des péchés ? Le Seigneur avait dit : « Heureux les miséricordieux, parce que Dieu leur fera miséricorde » (1) ; or il a montré suivant quelle règle de justice se fera tout cet examen par lequel, sa majesté présente, il doit juger le monde : une fois élucidée la seule question de la qualité de nos œuvres au regard des pauvres, tout sera prêt pour que les impies aillent brûler avec le diable et les bons régner avec le Christ. Quelles actions ne mettra-t-on pas alors sous les yeux de tous ? Quels secrets ne dévoilera-t-on pas ? Quelles consciences pourront rester cachées ? Nul alors ne se glorifiera d'avoir le cœur chaste ou d'être pur de péché (2). Mais, parce que la miséricorde sera élevée au-dessus du jugement (3) et que les dons inspirés par la clémence primeront toute rétribution exigée par la justice, la vie entière des mortels et leurs actes les plus divers seront estimés d'après une règle unique, à savoir que nulle mention de la moindre faute ne sera faite là où, de l'aveu du Créateur, se seront trouvées des œuvres de bonté. Ceux qui seront mis à gauche n'auront donc pas fait que ce qu'on leur reprochera, et ce n'est pas parce qu'on les montrera alors étrangers aux actes d'humanité qu'ils seront trouvés exempts d'autres péchés ; mais, coupables en beaucoup de choses, ils seront surtout condamnés pour n'avoir pas racheté leurs crimes par une seule aumône. Car c'est le fait d'un coeur très dur de n'être pas ému par la misère, quelle qu'elle soit, de ceux qui souffrent, et celui qui, ayant le moyen de soulager, ne secourt pas l'affligé, est aussi injuste que s'il opprimait le faible ; quel espoir dès lors restera-t-il au pécheur s'il ne fait miséricorde afin de recevoir lui-même miséricorde ?
    C'est pourquoi, bien-aimés, celui qui n'est pas bon pour les autres, est d'abord méchant pour soi-même, et il nuit à sa propre âme en ne secourant pas celle d'autrui comme il le pourrait (4). »

    1. Matth. V, 7. 2. Cf. Prov. XX, 9. 3. Jac. II, 13. 4. Ainsi saint Augustin : « Quid verius, quid justius, ut qui dare detrectat se fraudet ipse ? » : « Quoi de plus conforme à la vérité, à la justice, que celui qui refuse de donner se prive lui-même du plaisir de recevoir ? » (Sermon CCVI, in Quadragesima, II, 2. P.L., XXXVIII, 1041).

    St Léon le Grand, Sixième Sermon sur les Collectes (XI, I), in "Sermons" Tome II, Trad. Dom René Dolle, Sources Chrétiennes n°49, Éditions du Cerf, 1957.

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    Jean-Louis Bézard (1799-1881), Les Sept œuvres de miséricorde
    Eglise paroissiale de l'Invention-de-la-Sainte-Croix d'Aubusson (Creuse)

    Précisions sur ce tableau ici.

  • Angelus de ce dimanche 30 août 2015

    Ce dimanche 30 août, lors de l’Angélus, le Pape a appelé les chrétiens à la conversion et prié le Seigneur pour qu’il donne à chacun « un cœur pur, libre de toute hypocrisie, afin que nous puissions être capables de vivre selon l’esprit de la loi et atteindre son but, l’amour ».

    Le précepte des hommes, « leurs diktats » appliqués « scrupuleusement et présentés comme l’expression d’une authentique religiosité », ne doivent jamais prendre la place du commandement de Dieu. Aux pharisiens et aux scribes, protagonistes de l’Evangile de ce dimanche, qui critiquaient les disciples car ils ne suivaient pas les règles des anciens et ne se lavaient pas les mains avant le repas, Jésus répond de manière « prophétique » : eux aussi laissent de côté le commandement de Dieu, pour s’attacher à la tradition des hommes.

    « Observer de l’extérieur la loi n’est pas suffisant pour être de bons chrétiens ». Jésus les met en garde et nous met en garde, car « il existe pour nous aussi le risque de se considérer en règle ou meilleur que les autres parce que nous nous contentons de suivre les règles, les usages, même si on aime pas notre prochain, qu’on est dur de cœur et orgueilleux ». Or, précise le Pape, observer « littéralement » les préceptes est « stérile » si notre cœur ne change pas et si cela ne se traduit pas par des gestes concrets : s’ouvrir à Dieu et à sa Parole dans la prière, rechercher la justice et la paix, secourir les pauvres, les faibles et les opprimés.

    « Dans nos communautés, nos paroisses et nos quartiers, tous, nous savons combien ces personnes qui se disent catholiques et vont à la messe mais délaissent leur famille ou parlent mal des autres, font mal à l’Eglise et apportent le scandale. C’est ce que Jésus condamne parce que c’est un contre-témoignage chrétien ».

    Reprenant son commentaire de l’Evangile, le Pape revient sur la réponse du Christ aux pharisiens et aux scribes. Jésus affirme que « rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. » (V.15). Il souligne « la primauté du cœur ». Il précise : « Ce ne sont pas les choses extérieures qui font de nous des saints, mais c’est le cœur qui exprime nos intentions, nos choix et nos désirs de faire tout par amour de Dieu ». Parce que la frontière entre le mal et le bien se définit en nous, dans notre conscience, le Pape appelle à une purification et une conversion des cœurs. « Sans un cœur purifié, nous n’aurons jamais les mains vraiment propres et nos lèvres ne prononceront jamais des paroles sincères d’amour de miséricorde et de pardon ».

    Le Pape invite les chrétiens à renoncer à une double vie bâtie sur l’hypocrisie. Il demande au Seigneur de « nous donner un cœur pur, libre de toute hypocrisie, afin que nous puissions être capables de vivre selon l’esprit de la loi et atteindre son but, l’amour ».

    Source : Radio Vatican.

    Le drame des migrants et le martyr des chrétiens d’Orient au cœur des pensées du Pape François

    Après la prière de l’Angélus, le Saint-Père est revenu sur ces deux dossiers en rappelant tout d’abord que samedi avait eu lieu à Harissa au Liban la béatification de « l’évêque syro-catholique Flavien Michel Melki, martyr ». Il en a profité pour faire le parallèle entre les massacres commis par les Ottomans il y a un siècle, et les persécutions dont sont victimes les chrétiens aujourd’hui, au Proche-Orient et dans d’autres régions du monde. Le nouveau bienheureux, « dans le contexte d’une terrible persécution contre les chrétiens, fut le défenseur infatigable des droits de son peuple, exhortant tout le monde à rester solides dans la foi ».

    Le Pape François a souhaité ainsi que la béatification « de cet évêque martyr console » les chrétiens d’Orient, « leur donne courage et espoir ». « Il y a plus de martyrs aujourd’hui que dans les premiers siècles » a-t-il regretté. « Mais qu’elle stimule aussi les législateurs et les gouvernants pour que la liberté religieuse soit partout assurée et qu’elle stimule la communauté internationale pour qu’elle mette fin aux violences et aux abus ».

    Le ton grave et visiblement affecté, le Pape a évoqué une autre tragédie, celles des migrants « qui ont perdu la vie dans leur terrible voyage ». « Prions en silence pour tous les migrants qui souffrent et pour tous ceux qui ont perdu la vie » a-t-il lancé à la foule avant de se recueillir en prière quelques instants. Le Pape a exprimé sa proximité au cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, présent à Rome ce dimanche, et à toute l’Eglise d’Autriche, au sujet des soixante-et-onze victimes, dont quatre enfants, trouvées morts dans un camion cette semaine sur l’autoroute reliant Vienne à Budapest.

    Le Pape François a exhorté tout le monde « à coopérer avec efficacité pour empêcher ces crimes qui offensent l’entière famille humaine ». « Confions chacune des victimes à la miséricorde de Dieu ».

    Source : Radio Vatican.

    Texte intégral traduit en français à venir sur Zenit.org.

    Texte intégral original en italien sur le site internet du Vatican.

  • Méditation : Aimer Jésus-Christ

    « Que faut-il faire pour aimer J.-C. ? L'aimer. Méditez cette réponse pour la bien comprendre et en profiter. Lorsque l'âme est dans un état de sécheresse, il faut toujours répéter à Dieu qu'on l'aime, malgré l'apparente contradiction qu'il y a entre la parole et le sentiment. On doit agir d'après la grâce et non d'après le sentiment. C'est la grâce qui fait exprimer les actes d'amour. L'absence du sentiment fait croire que l'on formule une fausseté ; toutefois on a remporté une victoire, acquis un mérite devant Dieu en obéissant à la grâce et surmontant la répugnance naturelle à ces actes.

    L'amour de J.-C. ne se prouve pas par des sentiments affectueux, mais par les œuvres. Cette doctrine n'est pas des hommes, mais de N.-S. lui-même : « Celui qui m'aime garde mes commandements. » D'abord garder les commandements en fuyant tout péché mortel ; puis en évitant tout péché véniel délibéré, et enfin en tâchant de diminuer ceux mêmes qui sont involontaires, c'est le partage de ceux qui aspirent à être parfaits. Quelle est la récompense promise à cette fidélité ? N.-S. ajoute : « Celui qui garde mes commandements m'aime ; mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure. » Ce ne sera pas une visite passagère, mais stable. Notre cœur deviendra le sanctuaire de Dieu. Voilà la récompense promise aux œuvres, à la fidélité à garder les commandements. Elle ne l'est pas au sentiment indépendant de notre volonté, qu'il ne tient pas à nous d'éprouver ; au lieu qu'il dépend de nous d'agir suivant la volonté de Dieu. »

    [P. Eusèbe Godfroy s.j.] Avis spirituels pour servir à la sanctification des âmes, Tome I (CCC), Vingt-et-unième édition, Paris, Ancienne Maison Ch. Douniol, P. Téqui, 1906 (1ère éd. 1861).

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