Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

poème

  • Poème - Rien n'est vrai que d'aimer...

    « Rien n’est vrai que d’aimer… Mon âme, épuise-toi,
    Coule du puits sans fond que Jésus te révèle,
    Comme un flot que toujours sa source renouvelle,
    Et déborde, poussée en tous sens hors de moi.

    Quels usages prudents te serviront de digue ?
    Donne tout ! Donne plus et sans savoir combien.
    Ne crains pas de manquer d'amour, ne garde rien
    Dans tes mains follement ouvertes de prodigue.

    Qu'aimeras-tu ? Quel temps perdrons-nous à ce choix ?
    Aime tout ! Tout t'est bon. Sois aveugle, mais aime !
    Le plus près, le plus loin, chacun plus que toi-même
    Et, comment ce miracle, ô Dieu, tous à la fois.

    Celui qui t'est pareil, celui qui t'est contraire.
    Et n'aime rien uniquement pour sa beauté :
    L'enchantement des yeux leur est trop vite ôté,
    Du charme d'aujourd'hui demain te vient distraire.

    N'aime rien pour ses pleurs : les larmes n'ont qu'un jour ;
    N'aime rien pour son chant : les hymnes n'ont qu'une heure...
    Ô mon âme qui veux que ton amour demeure,
    Aime tout ce qui fuit pour l'amour de l'amour.

    Aime tout ce qui fuit sur la terre où tu passes,
    Le long de ton chemin aveugle et sans arrêts :
    Les herbes des fossés, les bêtes des forêts,
    Les matins et les soirs, les pays, les espaces.

    Aime, l'enthousiasme est fort comme la mer
    Qui d'un seul mouvement emporte les navires.
    Laisse aller tes destins au fil de ses délires
    Sans goûter si le flot qui te pousse est amer.

    Rien n'est vrai que d'aimer, mon âme, et d'être dupe.
    Si tu cherches un cœur où reposer ton front
    Et si tu te sens lasse au bout de quelque affront,
    Qu'est-ce que cet amour que son gain préoccupe ?

    Ô préteuse sans fin de biens jamais rendus,
    Laisse abuser chacun de ta folle abondance,
    Tant que jetés au vent de l'amour sans prudence,
    Ta paix, tes jours, ta force et ton cœur soient perdus.
    [...]

    Rien n'est vrai que d'aimer et que d'aimer toujours !
    Tes aimés passeront mais ton amour demeure
    Malgré les renouveaux qui te changent de leurre
    Et les petites morts des petites amours.

    Et tant qu'il y aura des vivants d'heure en heure
    Menant leur sort à la rencontre de ton sort,
    Ou t'ayant devancée au delà de la mort...
    Toi-même, disparais, mais ton amour demeure !

    Mon amour ! Mon amour ! quand ce cœur arrêté
    Ne te contiendra plus... à ta source première,
    A Jésus remontant d'un grand jet de lumière,
    Mon amour, sois mon Dieu toute l'éternité ! »

    Marie Noël (1883-1967), Les chansons et les heures, « À tierce » (extraits)
    Les Éditions G. Crès et Cie, Paris, 1928.

    Marie Noël,poésie,poème,aimer,amour,Jésus

    (Crédit photo)

  • Poème - Annonciation

    « La Vierge Marie a fermé les yeux
    Et voilé son cœur de ses deux paupières
    pour ne plus rien voir, pour entendre mieux
    Un souffle qui fait trembler ses prières...

    Un frisson le long du petit jardin
    A couru... Qui vient ? La feuille nouvelle ?
    Qui passe ?... Un oiseau sort du ciel. Soudain,
    La graine des champs les sent partir d'elle.

    Le vent sur le toit vient de rencontrer
    Dessus, un oiseau que l'azur apporte.
    Qui vole ?... Le ciel a poussé la porte,
    La porte a chanté, un Ange est entré.

    Un Ange a parlé tout bas dans la chambre.
    Toi seule, ô Marie, entends ce qu'il dit,
    Toi seule dans l'ombre et le Paradis.
    Il a semé Dieu tout grand dans tes membres.

    Je ne l'ai pas vu. Mais en s'en allant,
    - J'étais sur le pas ému de la porte -
    Il a laissé choir dans mon coeur tremblant
    Un grain murmurant du Verbe qu'il porte.

    Il a fait tomber à la place en moi
    La plus ignorée et la plus profonde,
    Un mot où palpite on ne sait quoi,
    Un mot dans mon sein pour le mettre au monde.

    Ah ! comment un mot sortira-t-il bien
    De moi que voilà qui suis peu savante ?
    Mais le Saint-Esprit - je suis sa servante -
    S'Il veut qu'il me naisse y mettra du sien.

    ......................................

    La Vierge Marie est dans son bonheur.
    La Vierge Marie est là qui se noie
    Dans le miel de Dieu. L'épine est en fleur
    Autour du jardin, autour de ma joie.

    Il y a dans toi, Vierge, un petit Roi,
    Ton petit enfant, un Dieu ! Trois ensemble !
    Et nul ne s'en doute. Il y a dans moi
    Un petit oiseau dont le duvet tremble... »

    Marie Noël (1883-1967), Le Rosaire des joies ("Annonciation", extrait), Crès, 1930.

    poésie,poème,Marie Noël,Annonciation,Vierge,Marie,ange,Gabriel,Saint-Esprit,enfant

    Fra Angelico (v.1395–1455), Annonciation faite à Marie
    Musée du Prado de Madrid (Espagne)

  • Poème - Épiphanie

    « Il était trois grands rois jadis
    Qu'une étoile du Paradis
    Un soir mena jusqu'au lieu-dit
    Où le Seigneur était petit.

    Ils partirent pour voir l'Enfant,
    Montés sur leurs trois éléphants.
    Un nègre en pantalons bouffants
    Jouait de la flûte devant.

    Derrière allaient deux nains jumeaux
    En balançant de grands plumeaux...
    Ils traversèrent les hameaux,
    Suivis de trente-trois chameaux.

    Ils passèrent de bourg en bourg,
    précédés de quatre tambours,
    S'interrogeant aux carrefours
    De peur de marcher à rebours.

    Mais à l’Étable droit conduits,
    Ils arrivèrent à minuit
    Non sans faire quelque grand bruit...
    Saint Joseph entrebâilla l'huis.

    Ceints de pourpre qui resplendit,
    Ils entrèrent. La Vierge dit :
    "Prenez garde, sires hardis,
    De faire peur à mon petit".

    Mais les trois rois, très bas, très doux,
    Baissant le front, ployant le cou,
    Se prosternèrent tout d'un coup
    Disant : "Ayez pitié de nous".

    Et dans leurs trésors ayant pris,
    Ils offrirent à Jésus-Christ
    L'or, l'encens, la myrrhe prescrits
    Plus un don qui n'est pas écrit :

    La galette dorée au lait
    Où leurs reines dans leurs palais
    Ont pétri farine, œufs, sel et
    La fève sans dire où elle est.

    Lors tout riant le petit Dieu
    De les voir si beaux, si pieux,
    Leur fourra son doigt dans les yeux
    Et tira la barbe au plus vieux.

    Et le vieux roi barbu savant,
    Et grave, et triste bien souvent
    D'avoir souffert à tous les vents
    Aussitôt redevint enfant.

    Et quoique ayant eu des malheurs
    Après - tous les rois ont les leurs -
    Ce sire, malgré maux et pleurs,
    Mourut à cent ans l'âme en fleur.

    Veuille, ô Jésus, nous qu'ont raidis
    Le temps passé, les ans partis,
    Comme lui nous garder petits
    Jusqu'aux portes du Paradis. »

    Marie Noël (1883-1967), Les chansons et les heures,
    Paris, Éditions G. Crès et Cie, 1928.

    adoration-des-mages_vanloo_2a.jpg

    Charles-André van Loo (1705-1765), L'Adoration des Mages
    Los Angeles County Museum of Art

    (Crédit photo)

  • Zdenek Fibich (1850-1900) : Poème pour violon et piano

    Pep Serdà, piano et violon

  • Méditation - Poésie : La Messe Réparatrice

    « Pour la première fois, au doux festin de l'ange,
    Un bon petit enfant était venu s'asseoir ;
    Mais, hélas ! son bonheur ne fut pas sans mélange,
           On le vit triste tout le soir.

    Il était allé seul, sans son père et sa mère,
    A la Table de Dieu, comme un pauvre orphelin :
           C'était pour lui douleur amère !
    Il les avait priés, suppliés, mais en vain.

    Ils ne vont même pas le Dimanche à la Messe.
    Mais à ce cœur bien pur Jésus avait parlé ;
    Et l'enfant avait fait une intime promesse
           Qui l'avait un peu consolé :

    Deux fois dans la semaine, à l'auguste Mystère
           Il viendra : c'est son vœu ;
    Une fois pour son père, une fois pour sa mère,
           Et priera le bon Dieu !

    La mère a remarqué l'heure de ses sorties ;
           Elle observe le cher enfant,
    Le suit jusqu'à l'église et l'aperçoit priant
           Avec des ardeurs infinies.

    Troublée, elle l'attend au portail du Lieu Saint ;
    Et voyant quelques pleurs perler sur son visage :
    - Qu'as-tu donc, ô mon fils ? Du chagrin à ton âge ?
    Dépose ton secret dans un cœur qui te plaint.

    Il se jette en ses bras : - Mère, plus de souffrance !
    Aux pieds du bon Jésus j'ai pleuré d'espérance ;
    Je vais dire pour qui j'étais à genoux :
    Hier, c'était pour mon père ; aujourd'hui, c'est pour vous.

           Dans cette classe populaire
    Les bons cœurs, croyez-le, ne sont pas peu nombreux.
    Le dimanche suivant on vit au sanctuaire
           Un adolescent bien heureux :
    Il avait près de lui, recueillis et pieux,
           Et son père et sa mère. »

    V.N.P., in "La Divine Hostie",
    Bulletin mensuel de l'Archiconfrérie de la Messe Réparatrice,
    Mars 1888 à Décembre 1891, Publié à Bonlieu (Drôme), novembre 1890.

    poeme,poesie,enfant,ange,messe,réparatrice,père,mère,mystère,espérance,voeu

    (Gravure d'après le tableau de Reynolds)

  • Méditation - Poème : "Redonnez-moi, Seigneur..."

    « Seigneur, vous écoutez la plus humble prière,
    Et le cri de l'insecte et celui de l'oiseau,
    Et cet agneau perdu qui demande sa mère,
    Et cette herbe séchée à qui manque un peu d'eau.

    Votre nom prononcé rafraîchit la pensée ;
    Il rayonne dans l'ombre où je m'enveloppais.
    Toute larme pieuse, à vos genoux versée,
    Est, pour un cœur souffrant, le baume de la paix.

    Vous m'entendrez, Seigneur, car je pleure et j'espère !
    J'élève à vous mon cœur par le monde abattu.
    J'espère ! et votre loi, tendre comme une mère,
    De la douce espérance a fait une vertu.

    Redonnez-moi, Seigneur, la vie et le courage ;
    Que j'aille en vous servant jusqu'à la fin du jour ;
    Dissipez des erreurs le stérile nuage
    Au rayon de la foi rallumé par l'amour.

    L'orgueil ferme le cœur aux innocentes joies
    Et tient la porte ouverte à l'ennui triomphant.
    Donnez-moi, pour marcher humblement dans vos voies,
    La raison du vieillard et la foi de l'enfant.

    Alors, Seigneur, alors, mon âme calme et forte
    Souffrira, sans colère et sans fougueux transports
    Le mal que chaque jour et chaque nuit apporte
           A cette argile de mon corps.

           1852. »

    Victor de Laprade (1812-1883), Extrait de Les œuvres de la foi (V)
    "Œuvres poétiques de Victor de Laprade. Poèmes évangéliques", Paris, Alphonse Lemerre, s.d. (v.1875)
    Texte intégral en ligne sur Wikisource.

    Victor de Laprade,oeuvres,foi,poésie,poème,Seigneur,prière

  • Siegmund von Hausegger (1872-1948) : Natursinfonie (1911)

    Finale sur le poème de Goethe Proömium
    WDR Rundfunkchor Köln / WDR Sinfonieorchester Köln - Dir. Ari Rasilainen

  • Automne

    L’automne

    Voici venu le froid radieux de septembre :
    Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;
    Mais la maison a l’air sévère, ce matin,
    Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.

    Comme toutes les voix de l’été se sont tues !
    Pourquoi ne met-on pas de mantes aux statues ?
    Tout est transi, tout tremble et tout a peur ; je crois
    Que la bise grelotte et que l’eau même a froid.

    Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;
    Elles voudraient aller où les oiseaux s’envolent,
    Mais le vent les reprend et barre leur chemin
    Elles iront mourir sur les étangs demain.

    Le silence est léger et calme ; par minute
    Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
    Et puis tout redevient encor silencieux,
    Et l’Amour qui jouait sous la bonté des cieux

    S’en revient pour chauffer devant le feu qui flambe
    Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes,
    Et la vieille maison qu’il va transfigurer
    Tressaille et s’attendrit de le sentir entrer.

    Comtesse Anna-Élisabeth de Noailles (1876-1933), Le coeur innombrable

    sandford-robinson-gifford.jpg

    Autumn in the Catskills
    Sanford Robinson Gifford (1823-1880)

  • Méditations - Prières : St Grégoire de Nazianze

    Prière du matin
     
    « Voici l’aurore
    Voici mes mains
    Ô mon Dieu
    Je te les donne.

    Les œuvres de la nuit
    Ne pas les faire miennes
    Ne pas y consentir.

    Mon désir, cette journée
    Te l’offrir sans réserve
    Rester inébranlable
    Libre de tout péché.

    Je rougis, à mon âge
    Être encore mauvais
    Et partager ta table.

    Vois mon désir
    Ô mon Christ
    Avec toi
    Le chemin est aisé. »

    St Grégoire de Nazianze
    Extrait des Poèmes sur sa vie (PG 37, 1284, trad. L. Fritz).

     Saint_Gregoire_de_Nazianze_1a.jpg

    Hymne du soir
     
    « Nous Te bénissons maintenant,
    ô mon Christ, Verbe de Dieu,
    Lumière de la Lumière sans commencement,
    dispensateur de l'Esprit.
    Nous Te bénissons, triple lumière
    de la gloire indivise.
    Tu as vaincu les ténèbres
    et produit la lumière
    afin de tout créer en elle.
    Tu as donné consistance à la matière
    en y façonnant le visage du monde
    et la forme de sa beauté.
    Tu as éclairé l'esprit de l'homme
    en lui donnant raison et sagesse.
    Partout se retrouve
    le reflet de la lumière éternelle,
    pour que, dans la lumière,
    l'homme découvre la splendeur
    et tout entier devienne lumière.
    Tu as éclairé le ciel
    de lumière diaprées.
    A la nuit et au jour,
    Tu as commandé d'alterner en paix,
    leur donnant comme règle
    une fraternelle amitié.
    La nuit met un terme
    aux labeurs de notre corps,
    le jour nous éveille au travail,
    aux affaires qui nous préoccupent.
    Mais nous fuyons les ténèbres,
    vers le Jour sans déclin nous nous hâtons,
    vers le Jour qui jamais ne connaîtra
    la tristesse du crépuscule.
    Accorde à mes paupières
    un sommeil léger,
    pour que ma voix
    ne reste pas longtemps muette.
    Ta Création veillera
    pour psalmodier avec les Anges.
    Que mon sommeil toujours
    soit habité de Ta présence.
    Que la nuit ne retienne rien
    des souillures du jour passé.
    Que les folies de la nuit
    ne viennent point peupler mes songes.
    Même séparé du corps,
    l'esprit, ô Dieu, Te chante :
    Père et Fils
    et Saint-Esprit,
    à Toi honneur, gloire et puissance,
    dans les siècles des siècles.
    Amen. »

    St Grégoire de Nazianze
    Poèmes Dogmatiques, Patrologie Grecque PG 37, 311-314.
  • Ernest Chausson (1855-1899) : Poème pour violon et orchestre, op. 25

    Orchestre National de Lorraine - Dir. Jacques Mercier (Metz, 2004)
    Olivier Charlier, violon

  • Salve, sancta Parens

  • Méditation - Poésie : "Je ne veux plus aimer que ma mère Marie"

    « Je ne veux plus aimer que ma mère Marie.
    Tous les autres amours sont de commandement
    Nécessaires qu'ils sont, ma mère seulement
    Pourra les allumer aux cœurs qui l'ont chérie.

    C'est pour Elle qu'il faut chérir mes ennemis,
    C'est par Elle que j'ai voué ce sacrifice,
    Et la douceur de cœur et le zèle au service,
    Comme je la priais, Elle les a permis.

    Et comme j'étais faible et bien méchant encore,
    Aux mains lâches, les yeux éblouis des chemins,
    Elle baissa mes yeux et me joignit les mains,
    Et m'enseigna les mots par lesquels on adore.

    C'est par Elle que j'ai voulu de ces chagrins,
    C'est pour Elle que j'ai mon cœur dans les Cinq Plaies,
    Et tous ces bons efforts vers les croix et les claies,
    Comme je l'invoquais, Elle en ceignit mes reins.

    Je ne veux plus penser qu'à ma mère Marie,
    Siège de la Sagesse, et source des pardons,
    Mère de France aussi, de qui nous attendons
    Inébranlablement l'honneur de la Patrie.

    Marie Immaculée, amour essentiel,
    Logique de la foi cordiale et vivace,
    En vous aimant qu'est-il de bon que je ne fasse,
    En vous aimant du seul amour, Porte du ciel ? »

    Paul Marie Verlaine (1844-1896), Sagesse, II, Messein.

    Autres poésies dédiées à la Vierge Marie

    Verlaine,sagesse,Je ne veux plus aimer que ma mère Marie,

  • Méditation - Poésie : La Louange des Clochers

    « Vous nous faites un don encor plus salutaire :
    Sans vous, ô bons clochers, combien de pauvres gens
    Vivraient le front toujours abaissé vers la terre,
    Limitant leurs désirs aux bornes de leurs champs.

    Asservis aux labeurs que la glèbe réclame,
    Portant leurs jours ainsi qu'un éternel fardeau,
    Sans vous, hélas ! combien désapprendraient leur âme
    Et que leurs yeux sont faits pour regarder en haut !

    Mais votre voix s'élève, et, trois fois la journée,
    Elle rappelle à ceux qui peinent pour le pain
    Que la tâche ici-bas saintement terminée
    Reçoit, dans l'autre vie, un salaire divin.

    Ainsi vous conservez à ceux dont les mains rudes
    Dirigent la charrue et tiennent l'aiguillon
    L'instinct de l'invisible et la saine habitude
    De relever la tête au bout de leur sillon.

    Si le peuple des champs garde sous ses paupières
    Une clarté qui fait la beauté de ses yeux,
    C'est qu'à son horizon vous restez en prière
    Et que vous ne cessez de lui parler de Dieu. »

    Louis Mercier, Les Pierres sacrées, Paris, Calmann-Lévy, 1922 (1ère éd. Lyon, Lardanchet, 1920).

    Louis Mercier,Les Pierres sacrées,La Louange des Clochers,1920,poésie,poème,clocher,prière,Dieu

    (Source et crédit photo : Village de Méré)

  • "Aimer c'est tout donner"

    R. Aimer, c'est tout donner
    Aimer, c'est tout donner
    Aimer, c'est tout donner
    et se donner soi-même.

    1. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges,
    Si je n'ai pas l'Amour, je suis comme l'airain qui sonne
    ou la cymbale qui retentit.

    2. Si je prophétisais et connaissais tous les mystères,
    Si j'avais la foi à transporter les montagnes,
    sans l'Amour je ne suis rien.

    3. Quand je distribuerais ce que je possède en aumônes,
    Et si je livrais mon corps à brûler dans les flammes,
    cela ne me sert de rien.

    Poème de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, interprété par Sylvie Buisset et la Communauté des Béatitudes. Chanson extraite de l'album "Aimer, c'est tout donner", disponible chez Béatitudes Musique.

  • Méditation : le chapelet

    « Récite ton chapelet, dit Dieu,

    Cette prière-là, je te le dis
    est un rayon de l’Évangile :
    on ne me le changera pas.

    Ce que j'aime dans le chapelet, dit Dieu,
    c'est qu'il est simple et qu'il est humble.
    Comme fut mon Fils.
    Comme fut sa Mère.

    Va, mon fils, dis ton chapelet de ton mieux.
    Il ne t'empêchera jamais de suivre la sainte liturgie que j'ai donné à mon Église,
    qui est le plus belle des prières, la plus grande,
    quand elle est faite d'un cœur simple,
    et qu'elle ne veut que ma louange,
    c'est à dire l'Eucharistie.

    Récite ton chapelet : tu trouveras à tes côtés
    toute la compagnie rassemblée en l’Évangile :
    la pauvre veuve qui n'a pas fait d'études,
    le publicain repentant qui ne sait plus son catéchisme,
    la pécheresse effrayée qu'on voudrait accabler,
    tous les éclopés que leur foi a sauvés,
    et les bons vieux bergers, comme ceux de Bethléem,
    qui découvrent mon Fils et sa Mère...

    Récite ton chapelet, dit Dieu,
    et ne crains surtout pas les ritournelles,
    car je vous connais bien,
    vous avez souvent la tête creuse,
    et la pensée qui tourne à vide.

    Mais si vous voulez que je vous accorde de moudre le bon grain de l'Esprit,
    vous devez vous prendre en patience vous-même,
    comme je le fais,
    il faut que votre prière du chapelet, tourne, tourne et retourne,
    comme font entre vos doigts les grains du chapelet.

    Et quand je le voudrai, je vous l'assure,
    vous recevrez la bonne nourriture,
    qui affermit le cœur et rassure l'âme.

    Allons, allons dit Dieu, récitez votre chapelet
    et gardez l'esprit en paix.

    Cette prière-la, je te le dis,
    est un rayon de l’Évangile,
    à travers les mystères joyeux,
    les mystères douloureux,
    les mystères glorieux,

    Cette prière-la, est un rayon de l’Évangile,
    on ne me la changera jamais, dit Dieu. »

    Charles Péguy (1873-1914).

    praying-rosary-a.jpg

  • Méditation - Poème à Saint Antoine de Padoue

    « Antoine est grand ! Pour croire à sa puissance
    Demandez-vous des miracles nombreux ?
    Que dans vos coeurs règne la confiance...
    Sa vie est riche en faits miraculeux. (*)

           Saint de Padoue,
           Cher au Seigneur,
           Du peuple qui vous loue
           Soyez le protecteur.

    Sa voix suspend les lois de la nature,
    Par maint prodige, il terrasse l'erreur,
    Et, des démons dévoilant l'imposture,
    Confond l'enfer qui frémit de terreur.

    Domptant la mer, il commande aux tempêtes,
    loin de son peuple il chasse les fléaux ;
    Au trépas même arrachant ses conquêtes,
    Il fait sortir les morts de leurs tombeaux.

    Ah ! qu'on lui doit de grâces précieuses !
    Combien par lui de malades sauvés !
    De fers brisés, de familles heureuses,
    De maux guéris et d'objets retrouvés !

    Pour te louer, je viens avec les anges,
    Chanter ta gloire, exalter tes vertus ;
    A toi nos coeurs, nos voeux et nos louanges,
    O si doux saint que caresse Jésus !

    Reviens, grand saint, reviens dans notre France,
    Ce beau pays de tes nobles aïeux ;
    Rends-lui la foi, l'amour et l'espérance,
    Il est si cher à la Reine des cieux. »

    In La Voix de Saint Antoine, bulletin mensuel de la "Pieuse Union de Saint Antoine de Padoue", 2ème année, Février 1896.

    N.B. : Ce cantique a été chanté pour la première fois dans l'église de Notre-Dame de Beaune (sur l'air de "Pitié, mon Dieu !...").

    (*) : Les miracles de Saint Antoine en la Basilique Saint-Antoine à Padoue (Piazza del Santo, 11 - 35123 Padova)

    Saint_Antoine_miracle-a.jpg

    St Antoine de Padoue - Miracle de la mule à genoux devant l'Eucharistie

  • Méditation - Poésie : "L'Hôte divin"

    "J'entrerai chez lui et je souperai avec lui" Apocalypse IV - 20

    Ainsi, ce serait vrai, mon Dieu, cette promesse ?
    Quand le coeur épuisé sombre dans la détresse
    Vous seriez cet ami qui s'en vient, vers le soir,
    Et vous consentiriez, Seigneur, à vous asseoir
    En mon logis désert, auprès de cette table ?
    J'entendrais votre voix, suave, délectable,
    Me dire avec l'accent de l'Amour souverain
    Ces mots que l'on attend toute une vie en vain !
    Et nous partagerions, seul à seul, et sans hâte
    L'adorable repas ?...
                                     Votre main délicate
    Effleurerait ma main, silencieusement,
    Cependant que la nuit tomberait doucement
    Et que vos yeux divins plongeraient en mon âme
    Un grand regard d'amour me brûlant de sa flamme,
    Pour que je puisse enfin, d'un coeur qui se soumet
    Mettre à vos pieds, Seigneur, tout mon être à jamais !

    Puisque vous l'avez dit, mon Dieu, je veux le croire,
    Vos promesses, jamais ne seront illusoires !
    Venez, mon Dieu, venez, puisque je vous attends
    Avec une âme avide et depuis si longtemps !

    Tout est bien prêt ! J'ai mis, pour cette insigne agape,
    L'eau pure avec le pain, sur ma plus belle nappe
    Et, pour que ce festin nous réjouisse mieux,
    Ma précieuse coupe est pleine de vin vieux
    Et des fruits savoureux remplissent les corbeilles !
    Et puis, voici le miel de mes blondes abeilles !

    Près des flambeaux d'argent que vous allumerez
    De célestes parfums, comme vous les aimez,
    Embaumeront le soir... et d'idéales roses,
    En mon jardin secret, pour vous seront écloses !...

    Seigneur, ne tardez pas, mon âme se languit !
    N'ai-je pas entendu votre pas dans la nuit
    S'approcher lentement de ma demeure, ô Maître !
    Oui, c'est bien Vous ! Déjà, je crois voir apparaître
    Votre blanche tunique au détour du chemin
    Qui s'illumine enfin de ce halo divin
    Dont la mauve lueur inonde l'ombre verte !

    Entrez, Seigneur, entrez ! La porte est entr'ouverte...

    Marlène Grunère, L'Or du silence.
    (Source)

    poésie,poème,l'hôte divin,Jésus,maison,demeure,porte,souper,union,coeur,âme

    (Crédit photo)

  • "Moi si j’avais commis" - Interprétation de la Communauté des Béatitudes

    Moi si j'avais commis tous les crimes possibles
    Je garderais toujours la même confiance
    Car je sais bien que cette multitude d'offenses
    N'est qu'une goutte d'eau dans un brasier ardent.

    Oui, j'ai besoin d'un coeur, tout brûlant de tendresse
    Qui reste mon appui et sans aucun retour
    Qui aime tout en moi et même ma faiblesse
    Et ne me quitte pas, ni la nuit ni le jour.

    Non, je n'ai pu trouver nulle autre créature
    Qui m'aimât à ce point et sans jamais mourir,
    Car il me faut un Dieu qui prenne ma nature
    Qui devienne mon frère et qui puisse souffrir.

    Je ne sais que trop bien que toutes nos justices
    N'ont devant ton regard pas la moindre valeur
    Et pour donner du prix à tous mes sacrifices
    Oui je veux les jeter jusqu'en ton divin Coeur.

    Non, tu n'as pas trouvé créature sans tache
    Au milieu des éclairs, tu nous donnas ta Loi
    Et dans ton Coeur sacré, Ô Jésus, je me cache
    Non je ne tremble pas car ma vertu c'est Toi.

    Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face
    Qui a Jésus a tout - Prières et poésies (Cerf, 2009)

  • "Vivre d'Amour" (Poème de Sainte Thérèse de Lisieux), chanté par Sylvie Buisset

    Vivre d'Amour !...
    (Air du cant. - Il est à moi.)

    Montage de 2 versions différentes, la 1ère, en solo (album "Rien que pour aujourd'hui" http://goo.gl/UAdm8), la 2e version en choeur.

    N.B. : seuls les couplets de gauche sont interprétés ici.

    Au soir d'Amour, parlant sans parabole
    Jésus disait : « Si quelqu'un veut m'aimer
    « Toute sa vie, qu'il garde ma Parole
    « Mon Père et moi viendrons le visiter.
    « Et de son cœur faisant notre demeure
    « Venant à lui nous l'aimerons toujours !...
    « Rempli de paix, nous voulons qu'il demeure
    « En notre Amour !... »

        Vivre d'Amour, c'est te garder Toi-Même,
        Verbe incréé ! Parole de mon Dieu,
        Ah ! tu le sais, Divin Jésus, je t'aime
        L'Esprit d'Amour m'embrase de son feu
        C'est en t'aimant que j'attire le Père
        Mon faible cœur le garde sans retour.
        O Trinité ! vous êtes Prisonnière
        De mon Amour !...

    Vivre d'Amour, c'est vivre de ta vie,
    Roi glorieux, délices des élus.
    Tu vis pour moi, caché dans une hostie
    Je veux pour toi me cacher, ô Jésus !
    A des amants, il faut la solitude
    Un cœur à cœur qui dure nuit et jour
    Ton seul regard fait ma béatitude
    Je vis d'Amour !...

        Vivre d'Amour, ce n'est pas sur la terre
        Fixer sa tente au sommet du Thabor.
        Avec Jésus, c'est gravir le Calvaire,
        C'est regarder la Croix comme un trésor !...
        Au Ciel je dois vivre de jouissance
        Alors l'épreuve aura fui pour toujours
        Mais exilée je veux dans la souffrance
        Vivre d'Amour.

        Vivre d'Amour, c'est donner sans mesure
        Sans réclamer de salaire ici-bas
        Ah ! sans compter je donne étant bien sûre
        Que lorsqu'on aime, on ne calcule pas !...
        Au Cœur Divin, débordant de tendresse
        J'ai tout donné... légèrement je cours
        Je n'ai plus rien que ma seule richesse
        Vivre d'Amour.

    Vivre d'Amour, c'est bannir toute crainte,
    Tout souvenir des fautes du passé.
    De mes péchés je ne vois nulle empreinte,
    En un instant l'Amour a tout brûlé...
    Flamme divine, ô très douce Fournaise !
    En ton foyer je fixe mon séjour
    C'est en tes feux que je chante à mon aise :
    « Je vis d'Amour !... »

    Vivre d'Amour, c'est garder en soi-même
    Un grand trésor en un vase mortel
    Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême
    Ah ! je suis loin d'être un ange du ciel !...
    Mais si je tombe à chaque heure qui passe
    Me relevant tu viens à mon secours
    A chaque instant tu me donnes ta grâce,
    Je vis d'Amour.

        Vivre d'Amour, c'est naviguer sans cesse,
        Semant la paix, la joie dans tous les cœurs
        Pilote Aimé, la Charité me presse
        Car je te vois dans les âmes mes sœurs
        La Charité, voilà ma seule étoile
        A sa clarté je vogue sans détour
        J'ai ma devise écrite sur ma voile :
        « Vivre d'Amour. »

        Vivre d'Amour, lorsque Jésus sommeille,
        C'est le repos sur les flots orageux.
        Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t'éveille
        J'attends en paix le rivage des cieux...
        La Foi bientôt déchirera son voile
        Mon Espérance est de te voir un jour
        La Charité enfle et pousse ma voile,
        Je vis d'Amour !...

        Vivre d'Amour, c'est, ô mon Divin Maître
        Te supplier de répandre tes Feux
        En l'âme sainte et sacrée de ton Prêtre
        Qu'il soit plus pur qu'un séraphin des cieux !...
        Ah ! glorifie ton Eglise Immortelle,
        A mes soupirs, Jésus, ne sois pas sourd.
        Moi son enfant, je m'immole pour elle,
        Je vis d'Amour.

    Vivre d'Amour, c'est essuyer ta Face
    C'est obtenir des pécheurs le pardon
    O Dieu d'Amour ! qu'ils rentrent dans ta grâce
    Et qu'à jamais ils bénissent ton Nom...
    Jusqu'à mon cœur retentit le blasphème
    Pour l'effacer, je veux chanter toujours :
    « Ton Nom Sacré, je l'adore et je l'Aime,
    Je vis d'Amour !... »

        Vivre d'Amour, c'est imiter Marie,
        Baignant de pleurs, de parfums précieux,
        Tes pieds divins, qu'elle baise ravie
        Les essuyant avec ses longs cheveux...
        Puis se levant, elle brise le vase
        Ton Doux Visage elle embaume à son tour.
        Moi, le parfum dont j'embaume ta Face
        C'est mon Amour !...

    « Vivre d'Amour, quelle étrange folie ! »
    Me dit le monde, « Ah ! cessez de chanter,
    « Ne perdez pas vos parfums, votre vie,
    « Utilement sachez les employer !... »
    T'aimer, Jésus, quelle perte féconde !...
    Tous mes parfums sont à toi sans retour,
    Je veux chanter en sortant de ce monde :
    « Je meurs d'Amour ! »

        Mourir d'Amour, c'est un bien doux martyre
        Et c'est celui que je voudrais souffrir.
        O Chérubins ! accordez votre lyre,
        Car je le sens, mon exil va finir !...
        Flamme d'Amour, consume-moi sans trêve,
        Vie d'un instant, ton fardeau m'est bien lourd !
        Divin Jésus, réalise mon rêve :
        Mourir d'Amour !...

        Mourir d'Amour, voilà mon espérance
        Quand je verrai se briser mes liens
        Mon Dieu sera ma Grande Récompense
        Je ne veux point posséder d'autres biens.
        De son Amour je suis embrasée
        Je veux Le voir, m'unir à Lui toujours
        Voilà mon ciel... voilà ma destinée :
        Vivre d'Amour !!!...

    Source : Oeuvres complètes, Poésies, PN 17, Editions du Cerf.