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  • Méditation - « pourquoi restez-vous là à regarder au ciel ? » (Act. 1, 11)

    « En montant aux cieux, le Christ ne nous a pas abandonnés. Il a dit de lui-même : « Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde. » (Mt 28,20) Il est vraiment « Emmanuel », « Dieu avec nous », selon le nom qui lui est donné avant sa naissance (Mt 1,23). L'Ascension est, non pas un départ, mais une présence plus profonde. Cela se comprend. Dieu est plus proche de nous que nous-mêmes. Il est la source de notre existence et de notre être. Son désir est de faire en nous sa demeure. Dire de Jésus qu'il est dans la gloire de Dieu, c'est dire qu'il est avec nous et en nous.

    Le ciel où est entré le Christ n'est pas seulement pour plus tard. Il est pour maintenant. Nous pouvons vivre avec le Christ et de lui maintenant, grâce à l'Esprit Saint qu'il promet à ses disciples avant de les quitter. Sans déserter notre monde, nous pouvons être chez Dieu avec le Christ. Le ciel ne commence pas quand nous quittons la terre. Il commence quand nous vivons avec le Christ sur la terre. Croire à l'Ascension, c'est vivre les espoirs et les déceptions, le bonheur et la souffrance, le travail et le repos, le mariage et le célibat, la vie personnelle et la vie sociale, avec le Christ qui nous unit au Père dans le Saint-Esprit. Vivre au ciel, c'est prier avec le Christ, être uni à lui par les sacrements en particulier l'Eucharistie, nous accueillir les uns les autres en lui, nous rendre service, nous réconcilier et faire un monde nouveau avec lui. »

    Mgr Raymond Bouchex (1927-2010), Il est la Résurrection et la Vie - Le Mystère de Pâques, Éditions Parole et Silence, Paris, 2006.

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    Giotto di Bondone (1267-1337), Fresque de l'Ascension
    Chapelle des Scrovegni, Padoue (Italie)

    (Crédit photo)

  • Méditation - De la vie des sens à la vie surnaturelle

    « Il y a trois vies au choix de l'homme : la vie des sens, qui est la vie animale ; - la vie de la raison, dont la fin est l'honneur et la sagesse de la terre ; - la vie de foi, qui est la vie surnaturelle, la vie du juste : Justus autem ex fide vivit (1).
    [...]
    La perfection de la vie surnaturelle, c'est de vivre en Dieu.
    Il faut à l'homme un centre de vie dans lequel il se repose, se fortifie, se réjouisse, s'anime à de plus grandes choses.
    L'homme des sens vit de sensations ; l'homme naturel vit dans les biens naturels ; mais le juste vit en Dieu.
    Jésus-Christ a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et je demeure en lui. » (2)
    Saint Paul a dit : « Celui qui est uni à Dieu ne fait avec lui qu'un esprit. » (3)
    On reconnaît que Dieu est le centre d'une âme, quand la vérité de Dieu fait sa joie ; quand la volonté de Dieu fait son bonheur ; quand l'amour de Dieu est l'inspirateur, le grand moteur, la grande vertu de sa vie. - Alors Dieu règne en cette âme. « Anima justi est Dei, dit saint Grégoire ; l'âme du juste est la demeure de Dieu. »
    Où sont les pensées, les désirs, les plaisirs de mon coeur, là est mon trésor... »

    1. Rom. I, 17 & Heb. X, 38 : "Celui qui est juste par la foi, vivra". - 2. Jn. VI, 57. - 3. I Cor. VI, 17.

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Troisième Série, Retraites aux pieds de Jésus-Eucharistie (Troisième Retraite, Deuxième jour, IIe méditation), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1926 (treizième édition).

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    Carl Heinrich Bloch (1834-1890), Le Consolateur

  • Prière de St François : Salutation à la Bienheureuse Vierge

    « Je vous salue, ô sainte dame, reine très sainte, Marie, Mère de Dieu, toujours Vierge, choisie du haut du ciel par le Père très saint, consacrée par lui et par son très saint Fils bien-aimé et par l'Esprit consolateur, vous en qui ont été et sont toute plénitude de la grâce et tout bien. Je vous salue, ô palais de Dieu. Je vous salue, son tabernacle. Je vous salue, sa demeure. Je vous salue, son vêtement. Je vous salue, sa servante. Je vous salue, sa mère, et vous toutes, ô saintes vertus, qui, par la grâce et l'illumination du Saint-Esprit, êtes répandues dans les cœurs des fidèles, pour, d'infidèles qu'ils sont, les rendre fidèles à Dieu. »

    St François d'Assise (fêté ce jour), in "Œuvres de Saint François d'Assise" (Quatrième partie, XVII), Traduction, Introduction et Notes par Alexandre Masseron, Éditions Albin Michel, Paris, 1959.

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  • Méditation - « Là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur » (Mt 6, 21)

    « Marcher en présence de Dieu :
    Se le rappeler à toute heure :
    Il ne nous quitte en aucun lieu :
    Le cœur du Juste est sa demeure. »

    « Plus l'esprit et le cœur seront libres, plus on aura de facilité à se tenir en la présence de Dieu ; parce que Dieu est toujours la première chose qui se présente à l'un et à 1'autre, lorsqu'ils sont vides de toute autre chose.
    Les moyens particuliers sont d'avoir habituellement sous les yeux des objets pieux, qui rappellent à Dieu, tels que le Crucifix, des images ou des tableaux de dévotion, des sentences prises de l’Écriture ou des Pères. L'esprit se prend par les sens, et rien n'est plus capable de fixer l'imagination, ou de la ramener. De faire souvent le signe de la croix, selon l'usage des premiers Chrétiens, qui, au rapport de Tertullien, commençaient par là toutes leurs actions, même les plus indifférentes ; de savoir par cœur un certain nombre d'aspirations tirées des Psaumes, ou d'autres endroits des Livres saints, et d'en faire usage dans le cours de la journée. Pour peu qu'on s'y astreigne dans les commencements, l'habitude en deviendra douce et facile, soit qu'on soit seul ou en compagnie. Si l'on fait chaque jour la méditation, l'on peut se nourrir le long du jour de la pensée ou de l'affection dont on aura été plus vivement touché. On peut aussi s'imprimer fortement dans l'esprit quelque grande vérité, quelque sentence, ou se proposer de la ruminer pendant quelque temps, jusqu'à ce qu'on en soit bien pénétré, et passer ensuite à une autre. Chacun peut imaginer, à cet égard, différentes pratiques, les suivre et les changer selon son goût et le profit qu'il en retire.
    Mais le grand moyen d'acquérir la présence continuelle de Dieu, est de s'occuper beaucoup de Jésus-Christ et de ses mystères, surtout de celui de sa passion. Les diverses représentations de ses souffrances frappent vivement l'imagination ; l'esprit y trouve une matière inépuisable de solides et saintes réflexions ; le cœur en est touché, attendri, excité à tous les sentiments qui nourrissent la dévotion. »

    Abbé Jean-Nicolas Grou s.j. (1731-1803), Maximes de la vie spirituelle, avec des explications (IVe Maxime), A Paris, Chez Belin, 1789.

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    James Tissot (1836-1902), La flagellation, de face

  • Méditation - Prière à la très Sainte Vierge Marie

    « Pour nous mener au salut, ton assistance est puissante, ô Mère de Dieu, et n’a pas besoin d’autre recommandation auprès de Dieu. Tu es en toute vérité la Mère de la Vie, tu es le ferment grâce auquel Adam fut modelé à nouveau, tu es la délivrance de l’opprobre qui pesait sur Ève. Elle fut mère de la poussière, toi, de la Lumière. De son sein naquit la corruption ; de tes entrailles, l’incorruptibilité. Elle fut l’installation à demeure de la mort, toi, la délivrance de la mort. Elle est l’affaissement des paupières, toi, la gloire sans déclin des yeux ouverts. Sa postérité, c’est la tristesse, ton Fils, la joie de l’univers. Elle, parce qu’elle était poussière, est retournée en poussière ; toi, tu as enfanté pour nous la Vie et tu es remontée vers la vie, cette vie que tu as pu donner aux hommes même après ta mort. Si tu n’étais pas venue nous guider, personne ne serait parfaitement spirituel, personne ne pourrait adorer Dieu dans l’Esprit. Car l’homme est devenu spirituel lorsque tu es devenue la demeure du Saint-Esprit. Personne n’est empli de la connaissance de Dieu sinon grâce à toi, ô Toute Sainte ; personne n’est sauvé sinon grâce à toi, Mère de Dieu ; personne n’échappe aux dangers sinon grâce à toi, Vierge-Mère ; personne n’est racheté sinon grâce à toi, Mère du Seigneur ; personne ne reçoit les faveurs de la miséricorde divine sinon grâce à toi, Demeure de Dieu. Est-il, en effet, quelqu’un qui combatte avec autant de vigueur pour les pécheurs, qui prenne en main avec autant de zèle la cause des rebelles, jusqu’à se porter caution pour eux ? C’est à bon droit que celui qui est affligé se réfugie près de toi, que le malade s’attache à toi, que le persécuté t’oppose à ses adversaires comme un bouclier. C’est la raison pour laquelle ce peuple chrétien, ton peuple, conscient de ses intérêts, s’en remet à toi en toute hardiesse pour transmettre à Dieu ses demandes. Et il espère fermement que tu exauceras ses prières, ô Toute Sainte, car il a fait l’expérience de tes innombrables bontés envers lui, et sait qu’en te suppliant sans relâche, il obtiendra ce qu’il demande. Ainsi soit-il. »

    St Germain de Constantinople (635-733).
    Catéchèse de Benoît XVI sur Saint Germain de Constantinople, le 29 avril 2009.

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  • Mois de Marie - Vingt et unième jour

    Vingt et unième jour

    Maison d’or, priez pour nous.
     
    Maison d’or : oui, vous fûtes, Vierge sainte, la maison que le Seigneur prépara pour être, durant neuf mois, la demeure de son Fils, Dieu fait homme. Il fallait donc que ce fût une maison d’or par la charité, la plus précieuse des vertus, charité toujours pure, toujours ardente, toujours efficace dont vous fûtes animée. Obtenez-nous la grâce de préparer en nous une demeure agréable au Seigneur, par une charité conforme à la vôtre.

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  • Méditation : la demeure de Dieu...

    « Il y a deux endroits où Dieu demeure comme en son propre domicile, et qui sont destinés et choisis pour être ses deux habitations principales. L'un est le ciel, l'autre, sur la terre, est la maison des prédestinés et des humbles, où il est présent par sa grâce, et par les opérations les plus divines de son Esprit, qui rétablit l'ancien Paradis dans leurs déserts. En un mot, il est chez vous, âme dévote, l'inséparable et l'unique fidèle entre les amis.
    Les autres amis ont des heures de séparation ; il n'y en a point pour lui : tous les temps sont propres à son saint amour. Quand le soleil se retire, il ne se retire pas, dit Salomon. Il se trouve les soirs à votre chevet, pour vous entretenir durant le silence de la nuit par de secrètes inspirations, et pour vous aider à vous endormir saintement parmi les douceurs et les plaisirs célestes de cette conversation intérieure.
    Il s'y trouve aussi les matins, pour entendre de votre bouche quelque mot de confiance, et pour être le dépositaire de vos premiers soins de chaque jour.
    Non assurément, âme dévote, il n'est pas loin : il est où vous êtes ; et il n'y a rien au monde qui soit si près de vous que l'est cet Amant inséparable. Mais au moins n'oubliez pas qu'il y est, comme la plupart des hommes l'oublient, et ne laissez point passer les heures et les jours sans le regarder, et sans penser à lui, ou sans lui dire aucun mot. »

    Michel Boutault s.j. (1604-1689), Méthode pour converser avec Dieu (extraits II-IV), Nouvelle éd., Paris, Ch. Amat, 1899.
    (Texte intégral)

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  • Méditation : "nous ferons en lui notre demeure"

    « 1. Le royaume de Dieu est au-dedans de vous, dit le Seigneur (Lc 17,21). Revenez à Dieu de tout votre cœur (Jl 2,12), laissez là ce misérable monde, et votre âme trouvera le repos.
    Apprenez à mépriser les choses extérieures et à vous donner aux intérieures, et vous verrez le royaume de Dieu venir en vous. Car le royaume de Dieu est paix et joie (Rm 14,17) dans l'Esprit Saint, ce qui n'est pas donné aux impies.
    Jésus-Christ viendra à vous et il vous remplira de ses consolations, si vous lui préparez au-dedans de vous une demeure digne de lui.
    Toute sa gloire et toute sa beauté est intérieure (Ps 44,14) ; c'est dans le secret du cœur qu'il se plaît.
    Il visite souvent l'homme intérieur et ses entretiens sont doux, ses consolations ravissantes ; sa paix est inépuisable, et sa familiarité incompréhensible.

    2. Âme fidèle, hâtez-vous donc de préparer votre cœur pour l'époux, afin qu'il daigne venir et habiter en vous.
    Car il a dit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure (Jn 14,23).
    Laissez donc entrer Jésus en vous, et n'y laissez entrer que lui.
    Lorsque vous posséderez Jésus, vous serez riche et lui seul vous suffit. Il veillera sur vous, il prendra de vous un soin fidèle en toutes choses, de sorte que vous n'aurez plus besoin de rien attendre des hommes.
    Car les hommes changent vite et vous manquent tout d'un coup ; mais Jésus-Christ demeure éternellement (Jn 12,34) : inébranlable dans sa constance, il est près de vous jusqu'à la fin. »

    Imitation de Jésus-Christ, Livre II ch. I, Traduction de Lamennais.
    Texte intégral ici (html) ou ici (pdf).

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    Gravure des frères Wierix, fin XVIe siècle

  • Méditation : paix de l'âme et humilité

    « Rejetez de votre esprit tout ce qui peut l'élever ou l'abaisser, le troubler ou l'inquiéter ; travaillez doucement à lui acquérir ou à lui conserver sa tranquillité ; car Jésus-Christ a dit : Bienheureux sont les pacifiques ; apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur. Ne doutez pas que Dieu ne couronne ce travail, et qu'il ne fasse dans votre âme une maison de délices ; tout ce qu'il demande de vous, est qu'autant de fois que les mouvements des sens et des passions vous agiteront, vous preniez à tâche de rabaisser ces fumées, de calmer et d'apaiser ces tourbillons, et de redonner la paix à vos actions.
    Comme une maison ne se bâtit pas en un jour, aussi l'acquisition de ce trésor intérieur n'est pas une entreprise de peu de temps.
    Mais la perfection de cette oeuvre désire deux choses essentielles : l'une, que ce soit Dieu même qui s'édifie sa demeure au-dedans ; l'autre, que ce bâtiment ait pour fondement l'humilité. »

    Jean de Bonilla, Traité de la Paix de l'âme, ch. III, Ed. Perisse Frères, 1860.
    Un résumé de ce très beau Traité (au format pdf) peut être téléchargé ICI.

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  • Méditation - Poésie : "L'Hôte divin"

    "J'entrerai chez lui et je souperai avec lui" Apocalypse IV - 20

    Ainsi, ce serait vrai, mon Dieu, cette promesse ?
    Quand le coeur épuisé sombre dans la détresse
    Vous seriez cet ami qui s'en vient, vers le soir,
    Et vous consentiriez, Seigneur, à vous asseoir
    En mon logis désert, auprès de cette table ?
    J'entendrais votre voix, suave, délectable,
    Me dire avec l'accent de l'Amour souverain
    Ces mots que l'on attend toute une vie en vain !
    Et nous partagerions, seul à seul, et sans hâte
    L'adorable repas ?...
                                     Votre main délicate
    Effleurerait ma main, silencieusement,
    Cependant que la nuit tomberait doucement
    Et que vos yeux divins plongeraient en mon âme
    Un grand regard d'amour me brûlant de sa flamme,
    Pour que je puisse enfin, d'un coeur qui se soumet
    Mettre à vos pieds, Seigneur, tout mon être à jamais !

    Puisque vous l'avez dit, mon Dieu, je veux le croire,
    Vos promesses, jamais ne seront illusoires !
    Venez, mon Dieu, venez, puisque je vous attends
    Avec une âme avide et depuis si longtemps !

    Tout est bien prêt ! J'ai mis, pour cette insigne agape,
    L'eau pure avec le pain, sur ma plus belle nappe
    Et, pour que ce festin nous réjouisse mieux,
    Ma précieuse coupe est pleine de vin vieux
    Et des fruits savoureux remplissent les corbeilles !
    Et puis, voici le miel de mes blondes abeilles !

    Près des flambeaux d'argent que vous allumerez
    De célestes parfums, comme vous les aimez,
    Embaumeront le soir... et d'idéales roses,
    En mon jardin secret, pour vous seront écloses !...

    Seigneur, ne tardez pas, mon âme se languit !
    N'ai-je pas entendu votre pas dans la nuit
    S'approcher lentement de ma demeure, ô Maître !
    Oui, c'est bien Vous ! Déjà, je crois voir apparaître
    Votre blanche tunique au détour du chemin
    Qui s'illumine enfin de ce halo divin
    Dont la mauve lueur inonde l'ombre verte !

    Entrez, Seigneur, entrez ! La porte est entr'ouverte...

    Marlène Grunère, L'Or du silence.
    (Source)

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    (Crédit photo)

  • Méditation : demeures de Dieu, temples de l'Esprit-Saint

    « Âme fidèle, hâtez-vous donc de préparer votre coeur pour l'Epoux, afin qu'il daigne venir et habiter en vous.
    Car il a dit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure." (Jn XIV,23) Laissez donc entrer Jésus en vous, et n'y laissez entrer que lui.
    Lorsque vous posséderez Jésus, vous serez riche, et lui seul vous suffit. Il veillera sur vous, il prendra de vous un soin fidèle en toutes choses, de sorte que vous n'aurez plus besoin de rien attendre des hommes.
    Car les hommes changent vite, et vous manquent tout d'un coup ; mais "Jésus-Christ demeure éternellement" (Jn XII,34) ; inébranlable dans sa constance, il est près de vous jusqu'à la fin.
    On ne doit guère compter sur un homme fragile et mortel, encore bien qu'il nous soit utile, et que vous soyez chers l'un à l'autre, et il n'y a pas lieu de s'attrister beaucoup, si quelquefois il vous traverse et s'élève contre vous.
    Ceux qui sont aujourd'hui pour vous pourront demain être contre vous, et réciproquement : les hommes changent comme le vent.
    Mettez en Dieu toute votre confiance ; qu'il soit votre crainte et votre amour : il répondra pour vous, et il fera ce qui est le meilleur.
    "Vous n'aurez point ici de demeure stable" (He XIII,14) : en quelque lieu que vous soyez, vous êtes étranger et voyageur ; et vous n'aurez jamais de repos que vous ne soyez uni intimement à Jésus-Christ.
    Que cherchez-vous autour de vous ? Ce n'est pas ici le lieu de votre repos.
    Votre demeure doit être dans le ciel, et vous ne devez rechercher toutes les choses de la terre que comme en passant.
    Tout passe : et vous passez avec tout le reste.
    Prenez garde de vous attacher à quoi que ce soit, de peur d'en devenir l'esclave, et de vous perdre.
    Que sans cesse votre première pensée monte vers le Très-Haut, et votre prière vers Jésus-Christ.
    Si vous ne savez pas encore vous élever aux contemplations célestes, reposez-vous dans la Passion du Sauveur, et aimez à demeurer dans ses plaies sacrées.
    Car si vous vous réfugiez avec amour dans ces plaies et ces précieux stigmates, vous sentirez une grande force au temps de la tribulation ; vous vous inquiéterez peu du mépris des hommes, et vous supporterez aisément les paroles médisantes. »

    Imitation de Jésus-Christ, Livre II, ch. I (2-4), Trad. Abbé de Lamennais, Tours, Mame, 1877.

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  • 3 octobre : Méditation

    « "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera, et nous viendront à lui, et nous ferons notre demeure en lui" (Jn 14,23); Bon Dieu, que cette demeure est spirituelle ! En elle le Père et le Fils s'aiment réciproquement dans l'homme, et en s'aimant ils aiment l'homme. Car que veulent dire ces paroles : "et mon Père l'aimera" ? Est-ce simplement la grâce sanctifiante qui est cet amour ? Mais la grâce n'est qu'une participation de la divine charité. Et il y a ici de plus une cohabitation du Père et du Fils. Sont-ce des dons du Saint-Esprit ? Mais les dons sont inférieurs à la grâce sanctifiante, et ils n'en sont que les émanations et les ruisseaux. Certes, Philotée, il y a quelque plus grand trésor qui est caché sous ces paroles, lequel, bien qu'il soit pour tous les justes, n'est pas nénmoins aperçu de tous les justes. C'est Dieu le Père qui réside dans l'âme du juste d'une manière singulière, qui engendre son Fils et qui, avec son Fils, produit le Saint Esprit dans la créature comme dans un sein nouveau. De lui la Sagesse à dit : "Je trouve mes délices à être avec les enfants des hommes" (Pr 8,31), parce que je suis produit en eux d'une nouvelle manière et que, par cette production, je leur suis communiqué très intimement, de sorte que ce que mon Père fait dans l'éternité en m'engendrant, se renouvelle dans le temps en chaque homme qui a le bonheur de me posséder.
    Comme donc dans la Trinité il n'y a rien d'humain, mais que Dieu est plus que bon, plus que saint et au-dessus de toutes choses, dans la nouvelle communication de la Trinité, il ne faut rien mêler d'humain ni de corporel et il faut être Dieu dans l'homme, par proportion, tout ce qu'il est en lui-même, passant ainsi de l'humanité de Jésus à sa très pure divinité.
    O commerce admirable, où l'humanité de Jésus nous amène avec lui-même la Divinité, et où la divinité demeure pure sans être obscurcie par l'humanité ! On peut dire à peu près de cette opération ce qui s'est dit de l'Incarnation. O merveilleux mystère ! qui se passe dans l'âme d'un Juste ! Jésus-Christ réside en elle, Dieu et Homme, Dieu demeure ce qu'il est et il y prend ce qu'il n'est pas, ne souffrant ni mélange ni division. »

    François Malaval (1627-1719), La belle ténèbre - Pratique facile pour élever l'âme à la contemplation (Second dialogue, Entretien V), Jérôme Millon, Grenoble, 1993.

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  • 18 août : Méditation

    « L'habitation trinitaire en nous, le fait que nous puissions devenir temple et accueillir au plus profond de l'être l'échange d'amour du Père et du Fils sous la motion transformante de leur Esprit commun, c'est la vérité stupéfiante de la foi, ce qui ne saurait monter au coeur de l'homme et que d'aucune manière il ne saurait se donner ni même désirer.
    Dieu veut faire en nous sa demeure. Il veut que nous soyons son temple. Nous le sommes déjà comme créature dans la mesure où toute notre existence dépend de Lui et s'enracine à chaque seconde dans sa vie surabondante, sans jamais pouvoir se déployer hors de Lui. Mais le projet d'amour de notre Dieu va infiniment au-delà. Et le Christ, Fils unique et bien-aimé, en même temps qu'Il nous révèle que Dieu est Trinité, mystérieux et constituant échange d'amour, en même temps le Christ nous révèle notre adoption trinitaire. "Je reviendrai vous prendre avec moi, et là où je suis, vous serez vous aussi."
    Le mystère de l'incroyable volonté d'amour de notre Dieu est celui-ci : que la Trinité même habite en notre âme et y vive son mystère intime. Ainsi l'échange d'amour qui fait toute la beauté de Dieu ne nous est plus extérieur, nous ne le contemplons plus comme un "en face", mais, si nous le voulons et l'acceptons, il se vit en l'âme même et devient sa propre vie. Et si nous avons dit que Dieu, dans son mystère intime est vie surabondante, échange permanent et intarissable d'amour donné et d'amour rendu, c'est en considérant cette vie dans l'âme, ce mouvement incessant à l'oeuvre en nous-même, que nous devons comprendre la vie trinitaire, en la voyant se vivre au plus profond de notre coeur de baptisé.
    Dieu veut vivre en chacun de nous son échange d'amour, et le baptême nous a vraiment introduit dans ce mouvement trinitaire où nous sommes de plus en plus invité à prendre place et à jouer notre note, à toute la mesure de notre foi et de notre acceptation. »

    Philippe Ferlay, Paix et Silence - Au désert avec Elisabeth de la Trinité, Collection "Epiphanie", Cerf, Paris, 1982.

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  • Juin : mois du Sacré-Coeur - 2ème jour

    Deuxième jour : La demeure

    Puisque nous sommes parvenus au Cœur très doux de Jésus, et qu’il fait bon y demeurer, ne nous en laissons pas arracher, car il a été écrit de lui : « Ceux qui se retirent de vous seront écrits sur la terre. » Mais qu’en sera-t-il de ceux qui s’en approchent ? Apprenez-le-nous vous-même. Vous disiez à ceux qui s’approchaient de vous : Réjouissez-vous, parce que vos noms sont écrits au ciel. Approchons-nous donc de lui et nous tressaillirons et nous nous réjouirons en vous au souvenir de votre Cœur. Ah ! qu’il est bon et doux d’habiter dans ce Cœur ! Je veux tout donner, toutes les pensées et toutes les affections de mon âme en échange de ce Cœur, jetant en lui toutes mes préoccupations, sachant que sûrement il prendra soin de moi. Dans ce temple, dans ce Saint des saints, devant cette Arche du testament, j’adorerai et je louerai le nom du Seigneur, disant avec David : J’ai trouvé mon Cœur pour prier mon Dieu. Et moi j’ai trouvé le Cœur de mon Roi, de mon frère, de mon tendre ami Jésus. Et je ne l’adorerais point ! Après avoir trouvé ce Cœur, qui est le vôtre et qui est le mien, ô très doux Jésus, je vous prierai, vous qui êtes mon Dieu. Admettez seulement mes prières dans ce sanctuaire de l’exaudition ; ou plutôt attirez-moi tout entier dans votre Cœur.
    Saint Bernard (1090-1153)

    Exemple : Notre-Seigneur fait entrer Sainte Gertrude dans son Cœur
    Sainte Gertrude est l’une des saintes qui ont le plus aimé le Sacré Cœur. Le lecteur pieux, en ouvrant ses œuvres, est ravi et charmé d’y trouver sans cesse le nom du divin Cœur de Jésus dont la Sainte semble avoir voulu marquer et consacrer chacune des pages de ses révélations.
    Nous y lisons, au chapitre 58 du 4e livre, que le Seigneur l’introduisit en un lieu admirable au-dessus de toute expression : c’était le Cœur de Jésus lui-même, disposé en forme de demeure. Lorsqu’elle y fut entrée, il lui sembla qu’elle allait défaillir sous l’influence des délices qui l’inondaient, et elle dit au Seigneur : « Mon Seigneur, quand vous n’auriez introduit mon âme qu’en une place que vos pieds auraient foulée, ce serait bien assez pour moi ; mais que puis-je essayer pour répondre à l’étonnante faveur que vous m’accordez en ce moment ? » Le Seigneur lui répondit : « Puisque tu cherches habituellement à m’offrir la partie la plus noble de ton être, c’est-à-dire ton cœur, j’ai jugé que, pour te complaire, je devais t’offrir aussi le mien ; car je suis le Dieu qui se fait pour toi tout en toutes choses : vertu, vie, science, nourriture, vêtement, en un mot, tout ce qu’une âme aimante peut désirer. » Elle dit alors : « Si mon cœur s’est mis en quelque point d’accord avec vous, Seigneur, c’était encore votre don. » Le Seigneur reprit : « Il est de ma nature que, lorsque j’ai prévenu une âme des bénédictions de ma douceur, je continue à lui prodiguer des bénédictions nouvelles ; et si elle se prête au bon plaisir de mon Cœur, il devient nécessaire que je me conforme aux désirs du sien. »

    Page d’histoire :
    Un des propagateurs de la dévotion au Sacré Cœur, Saint Jean Eudes, se sentant appelé de bonne heure à la vie religieuse, entra dans la Congrégation de l’Oratoire, mais en sortit bientôt pour fonder une Société toute dévouée aux Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. Il était persuadé qu’il n’y avait pas de meilleur moyen d’inspirer une piété solide et d’entretenir une ferveur durable que la dévotion à ces divins Cœurs. Aussi prêchait-il partout cette double dévotion qu’il a étendue beaucoup. – En 1672, deux ans avant que Sainte Marguerite-Marie eût ses révélations, il établit une fête du Sacré Cœur de Jésus dans sa Congrégation ; il y avait déjà treize ans qu’il avait composé une messe et un office particuliers où tout est plein d’une douce onction et qui furent approuvés de Rome en 1862. Son ouvrage intitulé : Le Livre du Cœur admirable contient un traité complet sur le Cœur de Jésus. C’est comme le testament du glorieux apôtre du Sacré Cœur.

    ☞   Des précisions dans notre dossier dédié au Sacré-Cœur, concernant la célébration de cette première fête du Cœur de Jésus – voir l’année 1672

    Bouquet spirituel :
    Ô mon âme, si tu savais combien le Cœur de Jésus est doux ! Entres-y, et, quand tu y seras, puisses-tu fermer sur toi les portes de ses blessures, afin qu’il te soit impossible d’en sortir.
    Saint Bonaventure (1217-1274)

    Ô Cœur ouvert du Rédempteur ! Ô bienheureuse demeure des âmes éprises de votre amour ! Ah ! ne refusez pas de recevoir aussi mon âme !
    Saint Alphonse de Liguori (1696-1787)

    Pratique :
    Réciter chaque jour quelque prière au Sacré Cœur.

    Oraison jaculatoire :
    Cœur sacré de Jésus, ayez pitié de nous.

     

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    "Mois du Sacré Cœur - à l’usage des personnes occupées", par Franc, Maison de la Bonne Presse, 1901.
    Nihil Obstat Lutetiae Parisiorum, die 7 maii 1901. Franc. Picard
    Imprimatur Lutetiae Parisiorum, die 9 maii 1901. E. Thomas, Vic. Gen.
    et
    "Mois du Sacré Cœur – Tiré des écrits des Saints, des Pères et des auteurs ascétiques", par le P. Vincent Jeanroy, Paris, Bayard, 1900 (nlle édition).
    Imprimatur Luxemburgi, in festo Ascensionis, 1896. + Joannes-Josephus, Epis. Luxemburgensis.
    Parisiis, die 13 junii 1900. E. Thomas, Vic. Gen.