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temps

  • Méditation - Un bon emploi du temps

    « Qu'est-ce donc que cette fête à laquelle Notre Seigneur nous dit de monter et dont le temps est à tout instant ? La fête la plus élevée et la plus vraie, la fête suprême, est la fête de la vie éternelle, c'est-à-dire l'éternelle félicité où nous serons vraiment en face de Dieu. Cela, nous ne pouvons pas l'avoir ici-bas ; mais la fête que nous pouvons avoir, c'est un avant-goût de celle-là, une expérience de la présence de Dieu dans l'esprit par la jouissance intérieure que nous en donne un sentiment tout intime. Le temps qui est toujours nôtre, c'est celui de chercher Dieu et de poursuivre le sentiment de sa présence dans toutes nos œuvres, notre vie, notre vouloir et notre amour. C'est ainsi que nous devons nous élever au-dessus de nous-mêmes et de tout ce qui n'est pas Dieu, en voulant et n'aimant que lui seul, en toute pureté, et rien autre chose. Ce temps est de tous les instants.

    [...] Dieu est toujours là présent, et même si nous ne le sentons pas il est cependant secrètement entré pour la fête. Où Dieu est, là il y a en vérité jour de fête ; il ne peut manquer, ni s'abstenir d'être là, où l'appelle une intention loyale et où l'on ne cherche que lui seul ; il doit de toute nécessité être là. Il y est peut-être de manière cachée, mais il y est. »

    Jean Tauler (v.1300-1361), Extraits du Sermon XII, Les Éditions du Cerf, Sagesses Chrétiennes, Paris, 1991.

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  • Préparons notre Carême - 1. Ne perdons pas notre temps !

    « Prenons garde à nous-mêmes, frères, soyons vigilants, tant que nous avons le temps. Pourquoi nous négliger ? Faisons quelque bien, pour trouver du secours au temps de l'épreuve. Pourquoi gâcher notre vie ? Nous entendons tant d'instructions : peu nous importe, nous les méprisons. Sous nos yeux nos frères nous sont enlevés, et nous n'y prêtons pas attention, tout en sachant que nous aussi, nous approchons peu à peu de la mort. [...] Nous voyons sans frayeur que nous perdons le temps. Comment ne nous rappelons-nous pas ce mot du vieillard : « Celui qui perd de l'or ou de l'argent, peut en retrouver, mais celui qui perd du temps, n'en retrouvera pas. (1) » De fait nous chercherons, sans la trouver, une seule heure de ce temps. Combien désirent entendre une parole de Dieu et ne le peuvent ? Et nous qui les entendons si souvent, nous les méprisons et ne sortons pas de notre torpeur. Dieu sait si je suis stupéfait de l'insensibilité de nos âmes. Nous pouvons être sauvés et nous ne le voulons pas. Nous pouvons en effet arracher nos passions tant qu'elles sont jeunes, mais nous n'en avons point souci. Nous les laissons se durcir en nous jusqu'au dernier degré du mal. Je vous l'ai dit souvent, autre chose est de déraciner une plante qu'on arrache d'un seul coup, autre chose de déraciner un grand arbre (2). »

    1. Apopht. Nau 265 : ROC 1909, p. 369 (cf. PL 73, 939 A). - 2. Cf. Barsanuphe, Nic. 552 ; S. Jean Chrysostome, Hom. 11 in 1 Cor., n°5 (PG 61, 93).

    Dorothée de Gaza (VIème s.), Instruction XI, 114, in "Œuvres spirituelles", SC 92, Éditions du Cerf, Paris, 1963.

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  • Dimanche 12 février 2017

    Dimanche de la Septuagésime
     
    Commentaire de l'Evangile du Dimanche
    (Abbaye Sainte-Madeleine, Le Barroux)
     
    (6ème dimanche du Temps Ordinaire)
     
    (du dimanche de la Septuagésime au mercredi des Cendres)
     
    « Ô mon Dieu et mon Seigneur, mon unique espérance, ayez pitié de moi. Venez à mon aide, de peur que, fatigué par les labeurs de cette vie, découragé par ses contrariétés et lassé par ses souffrances, je ne m'arrête sur le chemin, je ne veuille plus avancer, et refuse d'espérer et de vous chercher.
    C'est à vous que j'appartiens par tout mon être et par votre Sang, je veux vous appartenir par le choix de ma volonté.
    Mais vous me connaissez, vous connaissez mes faiblesses : purifiez mon âme par vos larmes, fortifiez-moi par vos fatigues, soutenez-moi par vos souffrances.
    C'est vous uniquement que je veux aimer, c'est vous seulement que je veux chercher. Vous m'en avez donné l'espérance dès cette vie, je veux l'espérer encore et pour toujours. »

    D'après le Cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629), in "Missel quotidien complet pour la forme extraordinaire du rite romain", Edition entièrement nouvelle par les moines bénédictins de l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, Editions Sainte-Madeleine, Le Barroux, 2013.

  • Méditation - Faisons fructifier notre temps

    « Seigneur, si je parcours du regard cette année écoulée, année que votre divine providence m'avait accordée pour augmenter en moi votre amour, je ne puis que me lamenter quand je constate une nouvelle fois combien je Vous ai peu aimé, ô mon Dieu ! Comme j'ai mal employé mon temps !

    Ô comme mes désirs ont tardé à s'enflammer, et comme Vous avez commencé de bonne heure, ô Seigneur, à m'amener à Vous et à m'appeler, pour que je me consacre à Vous tout entière ! Est-ce que, par hasard, ô Seigneur, vous abandonneriez le misérable, ou bien éloigneriez-Vous le pauvre mendiant quand il veut se rapprocher de Vous ? Est-ce que, par hasard, ô Seigneur, il y aurait des limites à vos grandeurs et à la magnificence de vos œuvres ? Ô mon Dieu et ma Miséricorde, comme il Vous serait facile de manifester aujourd'hui en votre servante les trésors de votre amour ! Vous êtes tout-puissant, ô grand Dieu ! Montrez donc maintenant si mon âme se comprend bien, quand elle considère le temps qu'elle a perdu, et affirme que vous pouvez en un instant le lui faire regagner. Mais il semble que je déraisonne, car le temps perdu ne saurait, dit-on, se recouvrer.

    Mais béni soit mon Dieu ! ô Seigneur, je confesse votre grand pouvoir. Si Vous êtes tout-puissant et Vous l'êtes certainement, qu'y a-t-il d'impossible à Celui qui peut tout ?

    « Vous le savez bien, ô mon Dieu, malgré toutes mes misères, je n'ai jamais cessé de reconnaître la grandeur de votre pouvoir et de votre miséricorde. En cela, je ne Vous ai point offensé ; ô Seigneur, que ce me soit un titre auprès de Votre bonté ! Réparez donc, mon Dieu, le temps que j'ai perdu, donnez-moi votre grâce pour le présent et pour l'avenir, afin que je paraisse devant Vous revêtue de la robe nuptiale. Si Vous le voulez, Vous le pouvez » (Thérèse de Jésus, Exclamations IV). »

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine, Intimité Divine Tome I (31 décembre, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Librairie du Carmel, 1963.

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  • Dimanche 24 janvier 2016

    Dimanche de la Septuagésime
     
     
    Au nouveau calendrier : 3ème dimanche du Temps Ordinaire
     
    Le Temps de la Septuagésime

    Le temps de la Septuagésime est la période de trois semaines qui précède l'ouverture du carême. Aux premiers siècles du christianisme, le temps de la préparation pascale consistait uniquement dans les quarante jours du carême. Mais, comme, en Orient, on ne jeûnait pas le samedi et le dimanche, le début du carême fut anticipé d'un certain nombre de jours. L'Église romaine, qui observait l'usage de jeûner le samedi, n'avait pas les mêmes motifs d'avancer le temps des privations. Néanmoins, par déférence pour l'Église grecque, elle fit aussi précéder la sainte Quarantaine de trois semaines environ, qui, sans comporter l'obligation du jeûne, devaient être consacrées à se recueillir et à se préparer par une pénitence moins rigoureuse.

    Les trois dimanches qui les ouvrent sont appelés dimanches de la Septuagésime, de la Sexagésime et de la Quinquagésime, parce que le premier dimanche de carême portant le nom de Quadragésime (carême est un dérivé et un abrégé de ce mot), on est remonté en rétrogradant. Ces dénominations signifient donc qu'à partir de ces dimanches, il y a environ 70, 60 et 50 jours jusqu'à la fête de Pâques. Il n'y faut pas chercher un compte exact de jours.

    Source et remarques de l'abbé Migne (1863) et du Chanoine Robert Lesage (Cérémoniaire de Paris, 1952).

  • Méditation sur l'année écoulée

    « - La brièveté du temps. La plus longue suite des jours, lorsqu'ils sont écoulés, n'est plus rien. Qu'est-ce que l'année qui vient de finir ? Qu'est-ce que tout le temps que nous avons vécu ?... Qu'est-ce que tout le temps qu'a duré le monde ? Tout cela est passé, et dans un temps passé, un siècle, un an, huit jours, un jour, sont la même chose. Le temps à venir n'est pas d'une autre nature. L'année qui commence, le temps qui nous restera à vivre, tout celui que doit durer le monde, passera, et quand il sera passé, il ne sera plus rien ; mais l’Éternité ne passe point. O insensés que nous sommes de nous attacher aux biens du temps qui sont si peu durables, et de ne pas soupirer pour les biens spirituels.

    - L'incertitude du temps. Combien y en a-t-il eu de tout âge, de toute condition, de toute complexion, qui ont vu commencer l'année dernière, et qui ne l'ont pas vu finir ? Il en sera de même de celle-ci ; peut-être serons-nous du nombre de ceux qui n'en verront pas la fin ; nous n'y avons pas un jour, un moment d'assuré. Commençons-la donc comme si elle devait être la dernière pour nous.

    - L'emploi du temps. La manière dont nous aurons employé le temps décidera de notre sort dans l’Éternité. Examinons comment nous avons employé l'année qui vient de s'écouler. Si nous ne sommes pas tombés dans les plus grands désordres, remercions-en Dieu ; mais au moins, avouons-le, quelle lâcheté au service du Seigneur, quelle dissipation dans la prière, quelle négligence dans l'usage des Sacrements, que de défauts dans toutes nos actions ! Combien de fautes que nous aurions pu éviter, de bonnes œuvres que nous aurions pu faire, d'occasions de pratiquer la vertu, d'exercer la charité, la patience, le zèle, l'humilité, la mortification que nous avons perdues ! Pleurons amèrement de si grandes pertes, et demandons-en pardon à Dieu. Voici une nouvelle année qu'il nous donne pour les réparer : ah ! s'il l'accordait aux âmes réprouvées, s'il l'accordait même aux âmes du Purgatoire, comment l'emploieraient-elles ?

    - La fin du temps. A la fin du temps il ne reste plus rien des peines et des plaisirs que l'on a eus dans le temps. Le pénitent et le voluptueux parvenus à leur dernière heure se trouvent égaux, en ce que les mortifications de l'un et les délices de l'autre sont également évanouies ; il ne leur reste que leurs œuvres ; c'est-à-dire, leurs mérites ou leurs démérites. Quels regrets pour l'un ! Quelle consolation pour l'autre ! Quelle satisfaction ne ressentirions-nous pas nous-mêmes aujourd'hui si nous avions passé l'année dernière dans la sainteté et dans la ferveur ! Il ne nous resterait rien de la peine que nous aurions prise ; et que nous reste-t-il des plaisirs qui nous ont détournés de Dieu ? Regrettons un temps si précieux et si mal employé. Remercions Dieu de ce qu'il nous a conservés jusqu'à ce moment, et de ce que la fin du temps n'est pas encore venue pour nous : mais songeons que nous y touchons. Quels seront alors nos sentiments ? Ce que nous voudrions avoir fait alors ne dépendra plus de nous, mais il en dépend maintenant. Soyons donc prudents, et profitons d'un avis qui sera peut-être lui-même le dernier que nous recevrons. »

    P. Bonaventure Giraudeau s.j. (1697-1774), L’Évangile médité Tome I (Chap. XII, Troisième Point : Du premier jour de l'an), Revu et corrigé par M. l'Abbé L. Duquesne, Nouvelle édition, Tournay, Chez J. Casterman Aîné, 1826.

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  • Méditation : « Que fais-tu de ta vie ? »

    « Telle est la première règle de ceux qui agissent :
    crois en Dieu
    comme si tout le cours des choses dépendait de toi,
    en rien de Dieu.
    Cependant mets tout en œuvre en elles,
    comme si rien ne devait être fait par toi,
    et tout de Dieu seul. » (*)

    Maxime extraite des Scintillae Ignatianae (1705) de Gábor Hevenesi (1656-1715), jésuite hongrois.


    « « Qu'as-tu fait de ta vie ? » voilà ce que Dieu me demandera. « Que fais-tu de ta vie ? » voilà ce qu'à toute heure me demande ma conscience. La question se pose aussi dans les termes suivants : « Ta vie est-elle manquée ? ou bien ta vie est-elle réussie ? » et non point suivant les jugements du monde, mais suivant les jugements de Dieu. Or, aux yeux de Dieu, est manquée toute vie qui se traîne dans la souillure, toute vie qui ne progresse pas dans le bien, toute vie qui ne porte aucun fruit de salut pour les autres ; est réussie, au contraire, toute vie qui a lutté pour se déprendre de la fange, toute vie qui s'est élevée vers plus de dignité par le travail moral, toute vie qui s'est dépensée et s'est rendue utile par le dévouement. Qui ne gémirait d'avoir manqué sa vie ? Qui n'ambitionnerait de réussir sa vie devant sa conscience et devant Dieu ?
    Or l'expérience journalière montre que le succès ou l'échec de la vie dépend moins de la grâce de Dieu qui est donnée à tous dans la mesure qui convient, que de la volonté, qui existe chez quelques-uns et qui manque chez le plus grand nombre.
    En effet, si je considère les hommes dont la vie a réussi au sens le plus chrétien du mot, qui ont fait de leur vie quelque chose de pur, de noble et d'utile, je découvre sans peine chez eux tous les éléments de la volonté : ils ont de bonne heure résolu d'être bons, et ils en ont pris les moyens. Ils ne se sont pas laissés gouverner par les circonstances ; mais ils ont adapté les circonstances à la réalisation de leur plan de vie. Ils n'ont pas été sans passion ; mais ils ont triomphé de leurs passions. La tentation s'est rencontrée sur leur chemin ; mais ils ont vaincu la tentation. Ils ne pouvaient pas, sans travail, se créer une carrière ; ils ont accepté et vaillamment porté le labeur. Quand ils se sont sentis inférieurs à leur tâche, ils ont invoqué le Dieu qui soutient les mains débiles. Ils ont été des hommes décidés, agissants, persévérants : leur volonté leur a valu le succès.
    Si, au contraire, j'observe quels sont les hommes dont la vie a échoué, dont l'existence a été sans honneur ou sans portée, sans joie et sans fruit, basse ou banale et stérile, il est évident que ce n'est pas la grâce de Dieu qui leur a fait défaut, mais la volonté qui leur a manqué. Ou bien ils n'ont jamais su vouloir ; ou bien, s'ils ont eu de bons mouvements, ils ne les ont pas suivis ou n'y ont pas persévéré. Les uns, timides ou lâches, n'ont jamais osé regarder en face les difficultés et se sont couchés devant toute barrière à franchir. D'autres, violents ou impressionnables par nature, n'ont jamais dompté leurs emportements ou leurs susceptibilités, et ont été perdus par les dispositions même qui pouvaient les sauver. D'autres enfin, ternes, apathiques, au lieu de secouer la langueur de leur tempérament, se sont endormis dans une paresseuse inertie. Tous ont été sollicités au bien par la grâce de Dieu ; mais cette grâce exigeait d'eux des efforts de volonté ; faute de volonté, leur vie s'est dévoyée ou annihilée. »

    J. Guibert, Retraite spirituelle, Douzième méditation (II), Paris, Librairie Vve Ch. Poussielgue, 1909.

    (*) : Maxime souvent déformée en "Agis comme si tout dépendait de toi, prie comme si tout dépendait de Dieu" et faussement attribuée à St Ignace de Loyola, y compris par Pedro de Ribadeneira, in "La vie de saint Ignace de Loyola" (Cf. Angélus de Benoît XVI du Dimanche 17 juin 2012).

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  • Méditation : s'accommoder au temps ?

    « On ose dire qu'il faut s'accommoder au temps, comme si l'Esprit de Jésus-Christ et les règles de l’Évangile devaient changer avec le temps, et être asservis aux sentiments et aux affections des hommes. Au lieu que l'on doit travailler au contraire à rendre tous les temps conformes aux ordonnances de l’Église, et à réformer tout ce qui s'y trouve défectueux, par la rectitude immuable de l'esprit évangélique et apostolique. Car c'est la chair et le sang et non pas l'Esprit de Dieu qui a fait que notre siècle est devenu incapable de cette vertu si pure et si simple des anciens Pères. C'est l'esprit humain qui, voulant satisfaire ses désirs, trouve toujours mille défenseurs et des raisons apparentes pour se couvrir et se défendre. Mais les paroles de Dieu et les règles des saints demeurent toujours fermes. Elles n'ont pas été établies pour changer avec le temps, mais pour être inviolables et immuables en tous temps, et pour se soumettre et s'assujettir tous les temps. »

    St Charles Borromée (1538-1584).

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    St Charles Borromée
    Tableau d'Orazio Borgianni (1612), Église Saint-Charles-des-Quatre-Fontaines à Rome

  • Méditation : le 31 décembre...

    « Le jour d'aujourd'hui parle pour moi ; voilà que nous sommes à la fin de cette année qui s'en va engloutir dans le néant, où tant d'autres se sont abîmées.

    Le temps passe, les années finissent, et nous passons et finissons avec elles ; mais il faut faire de fortes et absolues résolutions, que, si Notre-Seigneur nous donne l'année qui vient, nous l'emploierons mieux que ces autres passées. Cheminons d'un pas nouveau à son service divin et à notre perfection ; prenons donc de grands courages pour travailler tout de bon à la ruine de nous-mêmes, afin que cette année prochaine ne s'aille derechef abîmer dans son gouffre, et que, cependant, nous ne demeurions toujours dans nos imperfections, misères et iniquités. [...]

    Car ce n'est rien de commencer des années, si nous ne commençons de mettre la main à la besogne ; autrement nous serons tout étonnées, que nous verrons le temps couler, et nous avec lui, sans aucun profit pour notre âme. Je désire bien que cela ne soit pas, mais que vous considériez comme le temps s'en va. La figure de ce monde passe ; rien n'y est permanent et durable que la parole de Dieu ; le ciel et la terre, et tout ce qui se trouve en iceux, passe et s'évanouit de nos yeux. Que faire donc, parmi ces vicissitudes ? Ce que dit le bon David : Fais bien et espère en Dieu. Faisons le mieux notre devoir qu'il nous sera possible ; employons le temps que Dieu nous donne, avec grand soin, puis, espérons en sa souveraine miséricorde ; mais souvenons-nous de faire bien, car notre fin s'approche : nous vieillissons et approchons journellement de notre mort, à mesure que nos jours, les mois, les ans s'écoulent, et que tout prend fin. [...] Car, je vous assure, que c'est une sainte et salutaire cogitation que celle de notre fin, qui nous fait opérer plusieurs bonnes œuvres et fuir beaucoup de mal. [...]

    Or sus, commençons donc l'année au nom de Notre-Seigneur mais avec des efficaces résolutions de commencer à le servir fidèlement, selon notre petit pouvoir ; car il ne veut que ce que nous pouvons, mais cela il le veut : soyons soigneuses de le lui donner, faisant bien, puis espérant et nous confiant en son infinie miséricorde. »

    Sainte Jeanne-Françoise de Frémyot de Chantal (1572-1641), Exhortation VI pour le dernier samedi de 1629 (Exhortations pour quelques fêtes et principaux temps de l'année), in "Sa vie et ses œuvres", Tome 2, Œuvres diverses (Petit livret - Questions de sainte de Chantal ; réponses de saint François de Sales - Papiers intimes - Exhortations - Entretiens - Instructions), Paris, E. Plon & Cie, 1875.
    Édition authentique publiée par les soins des religieuses du premier monastère de la Visitation d'Annecy.
    Les 8 volumes peuvent être consultés et/ou téléchargés ici (Bibliothèque Sainte-Geneviève).

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  • Méditation : un temps pour prier

    « Les premiers Pères et toute la tradition orthodoxe nous enseignent que nous devons nous concentrer, par un effort de volonté, sur les mots de la prière que nous prononçons. Nous devons articuler attentivement les mots, objectivement, sans chercher à créer une sorte d'état émotionnel, et nous devons laisser à Dieu le soin d'éveiller en nous la réaction dont nous sommes capables.

    Saint Jean Climaque nous indique une façon simple d'apprendre à nous concentrer. Il nous dît : choisissez une prière, que ce soit le Notre Père ou toute autre, mettez-vous en présence de Dieu, prenez conscience de l'endroit où vous êtes et de ce que vous êtes en train de faire, et prononcez attentivement les mots de la prière. Après un certain temps, vous vous apercevrez que vos pensées se sont mises à errer ; recommencez alors la prière aux derniers mots, à la dernière phrase que vous avez prononcés avec attention. Vous aurez peut-être à faire cela dix, vingt ou cinquante fois ; il se pourrait que dans le laps de temps fixé pour votre prière, vous ne prononciez que trois phrases, trois demandes, et soyez incapables d'aller plus loin ; mais dans ce combat vous aurez réussi à vous concentrer sur les mots, de sorte que vous apportez à Dieu, sérieusement, sobrement, respectueusement, des paroles de prière dont vous êtes conscients et non une offrande qui ne serait pas vôtre parce qu'elle ne serait plus consciente.

    Jean Climaque nous conseille aussi de lire la prière de notre choix sans hâte, sur un mode monotone, assez lentement pour avoir le temps de porter attention aux mots mais pas au point d'en faire un exercice ennuyeux et de ne jamais y chercher une expérience affective car notre but est d'établir une relation avec Dieu. Lorsque nous nous approchons de Dieu, nous ne devrions jamais faire du sentiment ; pour prier il faut se mettre en état de prière, le reste dépend de Dieu.

    Dans cette sorte d'entraînement, un temps déterminé est réservé pour la prière, et si la prière est attentive, la durée que vous vous êtes fixée importe peu. Si, au contraire, vous vous étiez donné pour règle de lire trois pages, et qu'au bout d'une demi-heure vous vous aperceviez que vous en êtes toujours aux douze premiers mots, vous éprouverez évidemment un sentiment de découragement ; c'est pourquoi, il vaut mieux fixer une règle de durée et s'y tenir. Vous savez de combien de temps vous disposez et vous avez le texte sur lequel vous désirez prier ; si vous vous efforcez sérieusement, très vite vous vous apercevrez que votre attention devient docile, parce que l'attention est beaucoup plus dépendante de la volonté que nous ne l'imaginons, et lorsqu'il est absolument certain que, quelles que soient les tentatives d'échappatoire, ce sera vingt minutes et pas un quart d'heure, il ne reste plus qu'à persévérer.

    Saint Jean Climaque a formé des douzaines de moines par cette formule toute simple : une limite de temps et une attention sans pitié, un point c'est tout. »

    Métropolite Anthony Bloom (Anthony de Sourozh, 1914-2003), Prière vivante (ch. IV), Trad. Jacques Mignon, Ed. du Cerf, Paris, 1972.

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    St Jean Climaque

  • Méditation : paix de l'âme et humilité

    « Rejetez de votre esprit tout ce qui peut l'élever ou l'abaisser, le troubler ou l'inquiéter ; travaillez doucement à lui acquérir ou à lui conserver sa tranquillité ; car Jésus-Christ a dit : Bienheureux sont les pacifiques ; apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur. Ne doutez pas que Dieu ne couronne ce travail, et qu'il ne fasse dans votre âme une maison de délices ; tout ce qu'il demande de vous, est qu'autant de fois que les mouvements des sens et des passions vous agiteront, vous preniez à tâche de rabaisser ces fumées, de calmer et d'apaiser ces tourbillons, et de redonner la paix à vos actions.
    Comme une maison ne se bâtit pas en un jour, aussi l'acquisition de ce trésor intérieur n'est pas une entreprise de peu de temps.
    Mais la perfection de cette oeuvre désire deux choses essentielles : l'une, que ce soit Dieu même qui s'édifie sa demeure au-dedans ; l'autre, que ce bâtiment ait pour fondement l'humilité. »

    Jean de Bonilla, Traité de la Paix de l'âme, ch. III, Ed. Perisse Frères, 1860.
    Un résumé de ce très beau Traité (au format pdf) peut être téléchargé ICI.

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  • Méditation : Supplique pour accéder au bon usage de l'oeuvre

    « Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que Tu me donnes pour travailler, et à bien l'employer sans rien en perdre. Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
    Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l'œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement. Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

    Aide-moi au départ de l'ouvrage là où je suis le plus faible. Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l'attention, et surtout comble Toi-même les vides de mon œuvre. Seigneur, dans tout labeur de mes mains, laisse une grâce de Toi pour parler aux autres, et un défaut de moi pour parler à moi-même.

    Garde en moi l'espérance de la perfection, sans quoi je me perdrais d'orgueil. Purifie mon regard : quand je fais mal, il n'est pas sûr que ce soit mal et quand je fais bien, il n'est pas sûr que ce soit bien.
    Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain, sauf là où il y a travail, et que tout travail est vide, sauf là où il y a amour, et tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi.

    Seigneur, enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces. Rappelle-moi que l'ouvrage de mes mains t'appartient et qu'il m'appartient de te le rendre en te l'offrant. Que si je le fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l'automne. Que si je le fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l'herbe je fanerai au soir. Mais si je le fais pour l'amour du bien, je demeurerai dans le bien.
    Et le temps de faire bien et à ta gloire, c'est tout de suite.

    Amen. »

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  • Méditation : patience et humilité...

    « Temps et patience. Patience avec ce que Dieu nous envoie ; patience avec nous-mêmes ; patience avec le prochain. La patience est souffrance (...). Humilie-toi devant Dieu et devant les hommes, car Dieu parle à celui qui s'abaisse. Aime le silence, car une parole abondante n'est pas exempte de faute. Souviens-toi que tout regorge de bien pour ceux qui aiment sincèrement Dieu. Si David n'avait pas péché, il n'aurait pas acquis une si profonde humilité, et Marie-Madeleine n'aurait pas tant aimé le Christ. »

    Saint Pio de Pietrelcina (1887-1968) à l'une de ses filles spirituelles, in Antonio Socci, Le secret de Padre Pio, Pierre Téqui éditeur, 2013.

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  • Méditation : l'usage du temps (la lecture)

    « L'usage du temps... voilà une autre grande difficulté de la vie spirituelle. Si nous pouvions bien voir la différence du voeu de sainte Thérèse, de faire toujours ce qu'il y a de plus parfait, et de celui de saint Alphonse, de ne jamais perdre un instant, c'est ce dernier qui nous effraierait le plus ; et parmi les merveilles des quatre-vingt-huit ans de saint André Avellin, la plus étonnante est de n'avoir jamais laissé un seul moment passer oisif et inaperçu. Il y a dans cette pensée de quoi effaroucher la foi, et nous pouvons douter sérieusement que même les saints puissent tenir si constamment leur attention fixée sur Dieu ; mais, n'ayant nulle expérience de la sainteté, nous ne pouvons nous prononcer sur ce qui les regarde. Quant à nous, ce serait une présomption de vouloir l'essayer : et cependant, presque dans toutes nos journées, il y aura des intervalles qui seront vraisemblablement remplis par des inutilités ; ces inutilités sont fort innocentes, mais malheureusement combien l'esprit s'y évapore ! C'est alors qu'une lecture bien choisie, même sur un sujet tout séculier (pour ne point parler de notre lecture spirituelle régulière qui nous met plus sérieusement et plus directement en rapport avec Dieu), viendra fort à propos, non seulement pour nous faire éviter le mal, mais encore pour nous procurer un bien positif.

    Ce passe-temps prend possession de l'âme, l'occupe et y met garnison de pensées plus ou moins directement divines, empêchant par là l'esprit du mal, qui est toujours en alerte, de pouvoir s'y insinuer. Il y a de nos jours, dans l'atmosphère qui nous environne, deux influences dont la contagion est très nuisible à la vie spirituelle : la multiplicité d'intérêts et la succession rapide des objets. Il est triste de voir combien ces deux choses réussissent à chasser Dieu de nos âmes en empiétant ligne par ligne ; de sorte que l'occupation à des sujets religieux est devenue pour nos esprits une chose importante en dévotion, surtout pour ceux qui, vivant dans le monde, sont obligés d'entendre le fracas et de voir les révolutions effrayantes de cette espèce de machine divine qui a brisé son frein. Je n'ai pas besoin d'insister là-dessus, mais il serait difficile d'exagérer le danger ; car on peut dire que ce qui s'empare de toutes nos pensées est maître de nous. Il est donc nécessaire d'avoir du goût pour la lecture, à cause des périls et des moeurs de notre temps. »

    R.P. Frederick William Faber (1814-1863), Conférences spirituelles, Bray et Retaux, Paris, 1872 (6e éd.).

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  • Ce dimanche 16 décembre : Benoît XVI en la Paroisse romaine de Saint Patrice à Colle Prenestino

    L'Avent, temps de joie pour se préparer à la venue du Seigneur

    Dans quelques jours sera célébré Noel, fête de la venue de Dieu qui s’est fait enfant pour partager notre condition humaine. Il n’est plus un Dieu lointain mais un Dieu avec nous, parmi nous, proche de nous.

    Réjouissons-nous, demande Benoît XVI, de cette proximité, de cette présence et essayons de comprendre toujours plus et mieux sa réalité et sa bonté. Comme le rappelle Saint Paul dans l’une de ses lettres, rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu qui s’est manifesté par le Christ. Seul le péché instaure une distance avec lui. Mais même si nous décidons de nous éloigner, le Seigneur continue de nous aimer, d’être proche de nous par sa miséricorde, de nous pardonner et de nous envelopper de son amour.

    L’Evangile de ce dimanche, explique Benoît XVI, nous enjoint d’être attentifs à notre conduite de vie pour nous préparer à accueillir le Seigneur. A ceux qui demandaient à Saint Jean-Baptiste ce qu’il fallait faire pour être prêts à la venue du Messie, ce dernier répondait que Dieu ne demande rien d’extraordinaire mais que chacun vive selon des critères de justice et de solidarité.

    C’est à cela que doit être dédié le temps de l’Avent. Réitérer avec courage et persévérance, notre volonté de vivre avec cohérence notre vie chrétienne. En suivant Dieu, malgré nos faiblesses et nos difficultés, nous serons récompensés par son amour et la paix qu’il instillera dans nos cœurs.

    Résumés de son homélie et de son message lors de l'Angelus sur Radio Vatican.

  • Audience générale de ce mercredi 12 décembre 2012

    Dans l'attente de la venue de Jésus

    Le Saint-Père a consacré sa catéchèse de l'audience générale au point culminant de la Révélation qu'est la venue de Jésus au monde. Dans le cadre de l'Année de la foi, il a renouvelé son encouragement à renforcer l'approche de la Bible et à prêter plus d'attention aux lectures de la messe, car ce sont des aliments fondamentaux de notre foi. "En lisant l'Ancien Testament, on suit les interventions de Dieu dans l'histoire du peuple qu'il avait choisi et avec lequel il avait fait alliance. Devenus mémoire, ces événements forment l'histoire du salut qui se maintient dans la mémoire d'Israël" dans la célébration de la Pâque. "Dans le temps, rappeler ce que Dieu a fait est devenu un impératif pour le peuple d'Israël", qui en célébrant les évènements passés les a, "jour après jour rendus présents de façon permanente", Israël n'a cessé de voir dans "l'Exode l'évènement central de son histoire, lorsque Dieu a révélé sa toute puissance, libérant les hébreux de l'esclavage égyptien afin qu'ils puissent gagner la Terre Promise et l'adorer comme le seul et véritable Seigneur. Israël ne s'est pas mis en route pour être un peuple comme les autres mais pour servir Dieu...et témoigner de lui parmi les peuples du monde. La célébration de cet événement le rend actuel afin que l'oeuvre de Dieu ne soit pas oubliée... Dieu se révèle lui même dans la création, mais également en entrant dans l'histoire, dans l'histoire d'un petit peuple sans véritables force et importance. Et cette révélation culmine en Jésus-Christ, le Logos, la Parole créatrice qui est à l'origine du monde. Incarné, Dieu a montré son visage à l'humanité".

    Le Catéchisme de l'Eglise, a poursuivi Benoît XVI, "résume les étapes de la Révélation : dès le début Dieu a invité l'homme à être en communion avec lui, même lorsqu'en désobéissant ce dernier a perdu son amitié. Malgré cela, Dieu ne l'a jamais abandonné à la domination de la mort, lui offrant chaque fois son alliance". Le Catéchisme évoque ensuite le déluge et Noé, l'appel d'Abraham à sortir de son pays pour devenir le père d'une multitude de peuples. "C'est dans l'Exode que Dieu choisit Israël, avec l'alliance au Sinaï et les tables de la Loi remises à Moïse, afin d'être reconnu et servi comme le Dieu unique et vivant. Avec les prophètes il guida Israël dans l'espérance du salut...qui se réalisera dans le Christ, son Fils fait homme... A la fin, il ne s'agissait pas d'attendre un roi, un fils de David, mais le Fils de l'Homme, salut pour tous les peuples... Ainsi le projet de Dieu s'est élargi en s'ouvrant au mystère du Christ, le Roi de l'univers. C'est en lui que se réalise finalement la plénitude du salut, ce dessein bienveillant de Dieu... Tous ces événements sont les étapes du grand dessein d'amour dont témoignent l'Ancien et le Nouveau Testament, un dessein unique de salut qui s'adresse à l'humanité tout entière, révélé et mis en oeuvre progressivement... Le temps liturgique de l'Avent nous prépare à Noël. Le terme, qui signifie venue et présence, indiquait jadis l'arrivée du souverain dans une province. Pour les chrétiens il indique une réalité déconcertante, le fait que Dieu se soit penché sur l'homme, qu'il ait passé alliance avec lui en entrant dans l'histoire d'un peuple. Il est le Roi descendu dans la pauvre province qu'est la terre. En revêtant notre chair il est devenu un de nous. L'Avent nous invite à reprendre le chemin de cette présence, à comprendre qu'il n'est pas absent du monde, qu'il ne nous a pas abandonné, mais qu'il vient vers nous de diverses manières que nous devons apprendre à discerner. Dans un monde souvent superficiel et distrait, nous devons faire briller dans nos vies la lumière de Bethléem, par notre foi comme par notre charité".

    Message adressé aux pèlerins francophones :

    « Chers frères et sœurs, les Saintes Écritures sont le lieu privilégié pour découvrir les grandes étapes de la Révélation de Dieu. Dans l’Ancien Testament, le Peuple de l’Alliance célèbre les interventions de Dieu comme des événements salvifiques. Sa foi est alimentée par la découverte et par la vive mémoire de Dieu, toujours fidèle et miséricordieux. Israël se distingue des autres peuples en servant Dieu par le culte et la vie, en témoignant de lui comme celui qui se révèle dans son histoire. Cette révélation culmine dans l’incarnation de la Parole créatrice qui est à l’origine du monde : Jésus Christ, le sommet du dessein de bienveillance de Dieu. Sa personne illumine l’Ancien Testament et toute l’histoire du salut. L’histoire est désormais le temps de la présence de Dieu qui manifeste son visage en Jésus et demande à l’homme de le reconnaître et de le suivre. En lui, se réalise la nouvelle Alliance destinée à tous les hommes, le grand dessein d’amour témoigné dans l’Ancien et le Nouveau Testament. L’Avent nous invite à parcourir de nouveau l’itinéraire de la présence de Dieu dans l’histoire de l’humanité. Il nous rappelle que Dieu n’est pas absent du monde et ne nous abandonne pas à nous-mêmes. Du ciel, il s’est penché sur nous. Il vient nous rencontrer. Témoignons de sa présence et faisons resplendir dans notre vie la lumière qui a illuminé la grotte de Bethleem.
    Je salue avec joie les pèlerins francophones ! En cette année de la foi, je vous invite à prendre en main la Bible pour la lire et la méditer. Prêtez aussi une plus grande attention aux lectures du dimanche, pour nourrir votre foi et rester fidèle à l’Alliance que Dieu scelle avec chaque baptisé ! Bon pèlerinage ! »

    Sources : Vatican Information Service (VIS Archive 01 - 12.12.12) et Radio Vatican

  • Méditation : demeures de Dieu, temples de l'Esprit-Saint

    « Âme fidèle, hâtez-vous donc de préparer votre coeur pour l'Epoux, afin qu'il daigne venir et habiter en vous.
    Car il a dit : "Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre demeure." (Jn XIV,23) Laissez donc entrer Jésus en vous, et n'y laissez entrer que lui.
    Lorsque vous posséderez Jésus, vous serez riche, et lui seul vous suffit. Il veillera sur vous, il prendra de vous un soin fidèle en toutes choses, de sorte que vous n'aurez plus besoin de rien attendre des hommes.
    Car les hommes changent vite, et vous manquent tout d'un coup ; mais "Jésus-Christ demeure éternellement" (Jn XII,34) ; inébranlable dans sa constance, il est près de vous jusqu'à la fin.
    On ne doit guère compter sur un homme fragile et mortel, encore bien qu'il nous soit utile, et que vous soyez chers l'un à l'autre, et il n'y a pas lieu de s'attrister beaucoup, si quelquefois il vous traverse et s'élève contre vous.
    Ceux qui sont aujourd'hui pour vous pourront demain être contre vous, et réciproquement : les hommes changent comme le vent.
    Mettez en Dieu toute votre confiance ; qu'il soit votre crainte et votre amour : il répondra pour vous, et il fera ce qui est le meilleur.
    "Vous n'aurez point ici de demeure stable" (He XIII,14) : en quelque lieu que vous soyez, vous êtes étranger et voyageur ; et vous n'aurez jamais de repos que vous ne soyez uni intimement à Jésus-Christ.
    Que cherchez-vous autour de vous ? Ce n'est pas ici le lieu de votre repos.
    Votre demeure doit être dans le ciel, et vous ne devez rechercher toutes les choses de la terre que comme en passant.
    Tout passe : et vous passez avec tout le reste.
    Prenez garde de vous attacher à quoi que ce soit, de peur d'en devenir l'esclave, et de vous perdre.
    Que sans cesse votre première pensée monte vers le Très-Haut, et votre prière vers Jésus-Christ.
    Si vous ne savez pas encore vous élever aux contemplations célestes, reposez-vous dans la Passion du Sauveur, et aimez à demeurer dans ses plaies sacrées.
    Car si vous vous réfugiez avec amour dans ces plaies et ces précieux stigmates, vous sentirez une grande force au temps de la tribulation ; vous vous inquiéterez peu du mépris des hommes, et vous supporterez aisément les paroles médisantes. »

    Imitation de Jésus-Christ, Livre II, ch. I (2-4), Trad. Abbé de Lamennais, Tours, Mame, 1877.

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  • Le sens du temps de l'Avent par Benoit XVI

    « La signification de l'expression "avent" comprend donc également celle de visitatio, qui veut dire simplement et précisément "visite" ; dans ce cas, il s'agit d'une visite de Dieu : Il entre dans ma vie et veut s'adresser à moi. Nous faisons tous l'expérience, dans notre existence quotidienne, d'avoir peu de temps pour le Seigneur et peu de temps également pour nous. On finit par être absorbé par ce qu'il faut "faire". N'est-il pas vrai que souvent, c'est précisément l'activité qui s'empare de nous, la société et ses multiples intérêts qui monopolisent notre attention ? N'est-il pas vrai que l'on consacre beaucoup de temps au divertissement et aux distractions en tout genre ? Parfois, les choses nous "submergent". L'Avent, ce temps liturgique fort que nous commençons, nous invite à nous arrêter en silence pour comprendre une présence. C'est une invitation à comprendre que chaque événement de la journée est un signe que Dieu nous adresse, un signe de l'attention qu'il a pour chacun de nous. Combien de fois Dieu nous fait percevoir un signe de son amour! Tenir, en quelque sorte, un "journal intérieur" de cet amour serait un devoir beau et salutaire pour notre vie ! L'Avent nous invite et nous encourage à contempler le Seigneur présent. La certitude de sa présence ne devrait-elle pas nous aider à voir le monde avec des yeux différents ? Ne devrait-elle pas nous aider à considérer toute notre existence comme une "visite", comme une façon dont Il peut venir à nous et devenir proche de nous, en toute situation ?

    Un autre élément fondamental de l'Avent est l'attente, une attente qui est dans le même temps espérance. L'Avent nous pousse à comprendre le sens du temps et de l'histoire comme "kairós", comme occasion favorable pour notre salut. Jésus a illustré cette réalité mystérieuse dans de nombreuses paraboles : dans le récit des serviteurs invités à attendre le retour du maître ; dans la parabole des vierges qui attendent l'époux ; ou dans celle de la semence et de la moisson. L'homme, au cours de sa vie, est en attente permanente : quand il est enfant, il veut grandir ; adulte, il tend à la réalisation et au succès; en avançant en âge, il aspire à un repos mérité. Mais arrive le temps où il découvre qu'il a trop peu espéré, au-delà de la profession ou de la position sociale, il ne lui reste rien d'autre à espérer. L'espérance marque le chemin de l'humanité, mais pour les chrétiens, elle est animée par une certitude : le Seigneur est présent tout au long de notre vie, il nous accompagne et un jour, il essuiera aussi nos larmes. Un jour, bientôt, tout trouvera son accomplissement dans le Royaume de Dieu, Royaume de justice et de paix.

    Mais il y a des manières très différentes d'attendre. Si le temps n'est pas rempli par un présent doté de sens, l'attente risque de devenir insupportable ; si on attend quelque chose, mais que pour le moment il n'y a rien, c'est-à-dire que si le présent reste vide, chaque instant qui passe apparaît exagérément long, et l'attente se transforme en un poids trop lourd, parce que l'avenir reste tout à fait incertain. Lorsqu'en revanche, le temps prend du sens, et en tout instant nous percevons quelque chose de spécifique et de valable, alors la joie de l'attente rend le présent plus précieux. Chers frères et sœurs, vivons intensément le présent où nous arrivent déjà les dons du Seigneur, vivons-le projetés vers l'avenir, un avenir chargé d'espérance. L'Avent chrétien devient de cette manière une occasion pour réveiller en nous le sens véritable de l'attente, en revenant au cœur de notre foi qui est le mystère du Christ, le Messie attendu pendant de longs siècles et né dans la pauvreté de Bethléem. En venant parmi nous, il nous a rendu et continue de nous offrir le don de son amour et de son salut. Présent parmi nous, il nous parle de différentes manières : dans l'Ecriture Sainte, dans l'année liturgique, dans les saints, dans les événements de la vie quotidienne, dans toute la création, qui change d'aspect selon que derrière elle Il est présent ou qu'elle est embrumée par le brouillard d'une origine incertaine et d'un avenir incertain. A notre tour, nous pouvons lui adresser la parole, lui présenter les souffrances qui nous affligent, l'impatience, les questions qui jaillissent de notre cœur. Soyons certains qu'il nous écoute toujours ! Et si Jésus est présent, il n'existe plus aucun temps vide et privé de sens. Si Il est présent, nous pouvons continuer à espérer même lorsque les autres ne peuvent plus nous assurer aucun soutien, même lorsque le présent devient difficile.

    Chers amis, l'Avent est le temps de la présence et de l'attente de l'éternité. Précisément pour cette raison, c'est, de manière particulière, le temps de la joie, d'une joie intériorisée, qu'aucune souffrance ne peut effacer. La joie du fait que Dieu s'est fait enfant. Cette joie, présente en nous de manière invisible, nous encourage à aller de l'avant avec confiance. La Vierge Marie est le modèle et le soutien de cette joie intime, au moyen de laquelle nous a été donné l'Enfant Jésus. Puisse-t-elle nous obtenir, fidèle disciple de son Fils, la grâce de vivre ce temps liturgique vigilants et actifs dans l'attente. Amen ! »

    Benoit XVI, extrait de l'homélie de la célébration des premières vêpres de l'Avent, 28 novembre 2009.
    © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana

    Source et texte intégral : Site internet du Vatican.

  • 14 novembre : Méditation

    « On trouve toujours du temps pour ce que l'on considère comme indispensable. On n'en trouve pas pour prendre certaines précautions d'hygiène quand on est très bien portant ; mais, du jour où l'on est malade et où l'on souffre, on en trouve pour aller attendre chez un médecin, interrompre son activité et suivre un traitement.
    Quand nous serons fortement convaincus du caractère primordial de l'oraison mentale pour une vie chrétienne, même dans le monde, nous inventerons facilement le moyen de lui consacrer, tous les jours, quelques instants.
    La vie d'un vrai catholique doit être sagement répartie. Que de longs quarts d'heure on accorde à des conversations, même d'apostolat, qui pourraient être réduites..., à l'audition de la T.S.F. [ou de la télévision], à toutes sortes de spectacles, à la lecture de revues ou de livres inutiles ! Il est certain qu'un chrétien et une chrétienne doivent avoir une existence autrement organisée que celle des indifférents.
    La solution d'un grand nombre de problèmes vitaux pour nos contemporains est dans une tout autre distribution de leurs horaires. C'est aux croyants d'entraîner le monde à une conception mieux hiérarchisée des activités humaines. L'univers doit pratiquer cette ascèse, s'il veut se renouveler. Toute vraie rénovation se fait par en haut et en assurant ce qui est principal. »

    Mgr Paul Richaud (1887-1968), Archevêque de Bordeaux (nommé Cardinal le 15 décembre 1958), L'Oraison mentale pour tous, Apostolat de la prière, Toulouse, 1955.

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  • 18 septembre : Méditation

    « Ta sanctification est l'oeuvre de chaque jour, du moment présent. C'est l'heure d'aujourd'hui, en ce moment, non demain, non dans un instant.
    Laisse le passé à la Miséricorde divine ; abandonne l'avenir à la Sagesse ; contente-toi de t'adapter à la manifestation présente de l'Amour divin sous quelque forme qu'il se présente.
    C'est maintenant, maintenant que tu dois t'armer de courage, de virilité, de générosité calme et tranquille ; n'attends pas demain ; le moment qui suit ne t'appartient pas.
    [...]
    C'est en cet endroit, et non en tel autre, qu'il faut gravir la montagne, aussi rude que te semble le sentier. C'est ici, ce n'est pas là, quoi qu'en dise ton sentiment, malgré les apparences qui semblent te rendre l'ascension impossible ou difficile. Ah ! Tu crois que les difficultés disparaîtront quand tu auras fui l'endroit présent ? Non, non, mon frère, n'obéis pas à ces suggestions dangereuses, à ce mirage séducteur.
    Pourquoi désirer immodérément ce qui n'est pas encore ?
    Pourquoi rêver à des situations qui ne sont pas la réalité présente ? Pourquoi précipiter ton action ? Pourquoi éparpiller tes forces ?
    C'est en la circonstance présente, et non en la suivante, que tu dois secouer ta léthargie, te renoncer, accomplir ton devoir.
    Tout est disposé par Dieu pour t'élever au-dessus de toi-même, quoi qu'il puisse te paraître.
    Ainsi la maladie ou la santé, les déboires ou la prospérité, la ruine ou la fortune, la perte de tes proches ou la société de tes amis, l'abandon et la malveillance ou l'amitié et l'estime, l'oppression injuste ou la domination paternelle, le labeur pénible ou le travail joyeux, le repos ou le mouvement extérieur, tout, tout peut contribuer à te libérer, te sauver, te vivifier, te sanctifier. »

    Dom Idesbald van Houtryve (1769-1837), La vie dans la paix (T. I, L. VII ch. IV), Editions de l'Abbaye du Mont Cesar, Louvain (Belgique), 1944.

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