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béatitudes

  • Méditation - Un coeur pauvre pour aimer

    « Si souvent on nous a répété que nous devions faire des efforts pour aimer les autres ou vaincre une antipathie, que nous en sommes venus à croire que l'amour du prochain dépendait de notre bonne volonté. Certes, l'amour fraternel requiert notre activité, mais celle-ci est accueillie dans les profondeurs de notre cœur où l'amour est répandu. Il en va de l'amour du prochain comme de la prière ; tant que nous essaierons de le produire au dehors de nous par les seuls efforts de l'intelligence ou de la volonté, nous échouerons lamentablement. Cet amour n'est pas une vertu morale. Avant d'aimer Dieu et ses frères, il faut vivre cette réalité : Dieu m'aime. C'est donc un amour reçu, c'est la vie du Ressuscité répandue en nos cœurs. La charité est toujours le fruit de la Pâque du Christ. On comprend alors qu'un cœur, un corps, entièrement pénétrés de la vie de l'Esprit connaissent, en même temps que la prière continuelle, un véritable amour du prochain.

    À strictement parler, on ne fait pas d'effort pour la charité, on y risquerait bien des illusions sentimentales ou volontaristes... Mais vivant désapproprié, pauvre et désarmé, on est naturellement donné. C'est pourquoi le Christ insiste tant sur les Béatitudes, et surtout sur la pauvreté : un cœur pauvre sait accueillir l'amour et en donner. Le patriarche Athénagoras (*), qui était un homme de prière, était aussi un être de relation, capable de manifester à ses frères la tendresse de Dieu. Il disait au sujet de la pauvreté comme condition à l'amour :

    « Il faut mener la guerre la plus dure, qui est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer.
    J'ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais maintenant, je suis désarmé. Je n'ai plus peur de rien car l'amour chasse la peur.
    Je suis désarmé de la volonté d'avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres.
    Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J'accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l'on m'en présente de meilleurs, ou plutôt non pas meilleurs, mais bons, j'accepte sans regrets. J'ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, réel, vrai, est toujours pour moi le meilleur.
    C'est pourquoi je n'ai plus peur. Quand on n'a plus rien, on n'a plus peur.
    Si l'on se désarme, si l'on se dépossède, si on s'ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors lui efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible ». »

    P. Jean Lafrance (1931-1991), La prière du cœur (V, 1), Abbaye Ste Scholastique, Dourgne, 1978.
    Texte intégral en ligne (pdf)

    (*) : Athénagoras Ier de Constantinople (1886-1972), patriarche de Constantinople du 1er novembre 1948 au 7 juillet 1972. Sa rencontre avec le pape Paul VI à Jérusalem en 1964 conduisit à la levée mutuelle des Bulles d'excommunication auxquelles avait aboutit le Grand Schisme de 1054.

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  • Angélus du dimanche 17 février 2019

    Avant de réciter l’Angélus place Saint-Pierre de Rome, le Pape François a livré une méditation sur les Béatitudes de l'évangile du jour selon saint Luc (cf. Lc 6, 17-20-26), ce dimanche 17 février 2019. Il a mis en garde contre « les professionnels de l’illusion » et l’esprit du monde.

    Compte rendu à lire sur Vatican News.

    Texte intégral des paroles du Pape traduites en français sur Zenit.org.

  • Méditation : la grâce d'aujourd'hui

    « Parce que le Christ t'a saisi en te faisant confidence de son application à plaire au Père en tout, c'est par là que tu voudras le saisir à ton tour.
    Il veut que sa joie devienne ta joie, sa joie de Fils et de Sauveur.
    A cette lumière, tu t'attacheras aux Béatitudes pour y recevoir cette joie.
    Pourtant, ne te laisse pas griser par les sommets ; c'est le pas d'aujourd'hui qui t'est demandé ; la fidélité à la grâce de maintenant est seule capable de te préparer à recevoir la grâce de demain.
    Surtout, ne l'oublie jamais, c'est Dieu qui mène à Dieu. Il n'y a pas de milieu entre « beaucoup de fruit » si tu reçois la sève de la vigne et le « rien » absolu si tu t'y soustrais. (*)
    C'est dans un regard intérieur, dans un désir d'identification à lui et dans une humble confiance qui t'ouvre à son action que se fera pour toi, jour après jour, pas à pas, dans la reprise après la négligence, dans l'humble recommencement après la défaillance, cette réalisation en toi de son désir : que l'amour dont il est aimé soit en toi et lui en toi. Le très peu qui t'est possible est l'aliment du grand amour auquel tu es appelé. »

    Cf. Jn XV, 5 : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits : car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. »

    P. Joseph-Marie Perrin (1905-2002), aujourd'hui l'Evangile de l'Amour (II, III), Cerf, Paris, 1980.
    Autres méditations du même auteur, aux 04 avril 2012 - 9 janvier 2013 - 18 mai 2014.

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  • Audience générale de ce mercredi 6 août 2014

    Le Pape François appelle à s'appuyer sur les Béatitudes

    Le Pape François a repris ce matin ses traditionnelles audiences générales du mercredi, après une pause en juillet. L’audience ne s’est pas tenue place Saint-Pierre en raison de la forte chaleur mais dans le cadre plus restreint, et plus frais, de la salle Paul VI.

    François s’est intéressé ce matin à la nouvelle Alliance de Dieu et des hommes qu’a permis Jésus par le don de sa propre vie. Une nouvelle Alliance qui n’annule pas l’Ancienne Alliance du temps de Moïse, mais l’accomplit.

    Le Pape a commencé par évoquer une figure très significative, qui fait le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament : celle de Jean-Baptiste. « C’est lui le précurseur, celui qui prépare la venue du Seigneur, en prédisposant le peuple à la conversion du cœur et l’accueil de la consolation de Dieu, désormais proche. C’est lui qui fait le lien entre les prophéties et leur réalisation en Jésus-Christ. Il nous indique Jésus, nous invite à le suivre, et nous dit sans demi-mesure que ceci requiert humilité, pénitence et conversion. »

    Et ce chemin se vit en pleine continuité avec l'Ancien Testament : « Comme Moïse avait manifesté l’Alliance avec Dieu avec la force de la loi reçue au Sinaï, ainsi Jésus, sur une colline des rives du lac de Galilée, propose à ses disciples et à la foule un enseignement nouveau qui commence avec les Béatitudes. Moïse donne la loi sur le Sinaï et Jésus donne les Béatitudes. Les Béatitudes sont la voie que Dieu indique comme réponse au désir de bonheur inscrit dans l’homme, et perfectionné dans les commandements de l’ancienne alliance. »

    Les Béatitudes, commandements de la Nouvelle Alliance

    « Nous sommes habitués à entendre les 10 commandements mais pas les Béatitudes. Je vous invite donc à vous en souvenir, à les imprimer dans votre cœur, en les répétant après moi. » Ainsi a-t-il déroulé les Béatitudes, les unes après les autres :

    Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.

    Heureux les affligés, car ils seront consolés.

    Heureux les doux, car ils posséderont la terre.

    Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.

    Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

    Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

    Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

    Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.

    Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

    Relire les Béatitudes au quotidien, et les vivre

    Comme il le rappelle souvent, le Pape François a demandé aux fidèles de garder toujours sur eux un petit exemplaire des Évangiles. « Rappelez-vous que vous devez toujours avoir sur vous un petit Évangile. Relisez le passage des Béatitudes ! Vous promettez de le faire ? a-t-il lancé à la foule. Aujourd’hui, votre mission c’est de lire les chapitres 5 et 25 de Matthieu, dans ces paroles sont portées toute la nouveauté apportée par Jésus. En effet les Béatitudes sont comme le portrait de Jésus, sa forme de vie, et sont sa voie vers le bonheur, que nous pouvons aussi atteindre avec la grâce que Dieu nous donne. Ainsi en lisant les Béatitudes vous saurez comment mener votre vie chrétienne, vous verrez, c’est très simple ! »

    « Jésus nous donne aussi le « protocole » sur lequel nous serons jugés. C’est celui que nous trouvons dans le chapitre 25 de l’Évangile selon Saint Matthieu. Nous n’aurons pas de titres ni de privilèges. Le Seigneur nous reconnaitra si nous le reconnaissons dans le pauvre, dans l’affamé, dans celui qui est indigent ou marginalisé, dans celui qui souffre et est seul. Ceci est un des critères fondamentaux dans notre vie chrétienne, sur lequel Jésus nous invite à nous mesurer chaque jour. »

    Appels pour le Moyen-Orient et la Chine

    S’adressant aux pèlerins de langue arabe, sans citer explicitement les crises en cours, le Pape a appelé à prier « pour la paix au Moyen-Orient. » Il s’est aussi exprimé plus longuement, sur le séisme du 2 août dernier en Chine, qui a fait au moins 589 morts dans la province montagneuse du Yunnan : « J’exprime ma proximité aux populations de la province chinoise du Yunnan, frappée dimanche dernier par un tremblement de terre qui a provoqué de nombreuses victimes et de grands dommages. Je prie pour les défunts et pour leur famille, pour les blessés et pour ceux qui ont perdu leur maison. Que le Seigneur donne réconfort, espérance et solidarité dans l’épreuve. »

    Hommage à Paul VI

    36 ans jour pour jour après la mort de Paul VI, survenue le 6 août 1978, François, très applaudi notamment par les pèlerins italiens, a aussi rendu hommage à son prédécesseur, qu'il béatifiera le 19 octobre prochain. « Nous nous souvenons de lui avec affection et admiration, considérant comment il avait vécu en se dédiant totalement au service de l’Église, qu’il aimait de tout son être. Que son exemple de fidèle serviteur du Christ et de l’Évangile soit un encouragement et une stimulation pour nous tous ! »

    Source : Radio Vatican.


    Résumé :

    « Chers frères et sœurs, dans les précédentes catéchèses nous avons vu que l’Église constitue un peuple, préparé avec patience et amour par Dieu et auquel nous sommes tous appelés à appartenir. Ce peuple est aussi un peuple nouveau qui se fonde sur une nouvelle Alliance établie par le Seigneur Jésus. Jean Baptiste a préparé ce peuple à la venue du Seigneur, en le prédisposant à la conversion du cœur et à l’accueil de la consolation de Dieu. Par ailleurs, toute la nouveauté apportée par Jésus se trouve dans les Béatitudes ; elles sont le chemin du vrai bonheur, que nous pouvons parcourir avec la grâce que le Seigneur nous donne. De plus, dans le chapitre 25 de l’évangile de Matthieu, Jésus nous donne les normes sur lesquelles nous serons jugés. Le Seigneur nous reconnaîtra si nous le reconnaissons dans le pauvre, dans celui qui souffre, qui est mis de côté. C’est l’un des critères fondamentaux de notre vie chrétienne sur lequel Jésus nous invite à nous mesurer chaque jour. »

    « Soyez les bienvenus, chers amis de langue française ! En cette fête de la Transfiguration du Seigneur, que votre cœur soit rempli de joie et de lumière en reconnaissant la miséricorde de Dieu pour vous ! Que cette joie et cette lumière transparaissent dans toute votre vie pour être des témoins crédibles de l’amour de Dieu pour toutes les personnes que vous rencontrerez ! Bon séjour à Rome ! Que Dieu vous bénisse ! »

    Source et texte intégral en italien sur le site internet du Vatican.

  • "Aimer c'est tout donner"

    R. Aimer, c'est tout donner
    Aimer, c'est tout donner
    Aimer, c'est tout donner
    et se donner soi-même.

    1. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges,
    Si je n'ai pas l'Amour, je suis comme l'airain qui sonne
    ou la cymbale qui retentit.

    2. Si je prophétisais et connaissais tous les mystères,
    Si j'avais la foi à transporter les montagnes,
    sans l'Amour je ne suis rien.

    3. Quand je distribuerais ce que je possède en aumônes,
    Et si je livrais mon corps à brûler dans les flammes,
    cela ne me sert de rien.

    Poème de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, interprété par Sylvie Buisset et la Communauté des Béatitudes. Chanson extraite de l'album "Aimer, c'est tout donner", disponible chez Béatitudes Musique.

  • Méditation : ténèbres et lumière

    « La vérité, c'est que toute appréciation sincère repose sur un certain mystère d'humilité, presque d'obscurité. L'homme qui a dit : "Bienheureux celui qui ne s'attend à rien, parce qu'il ne sera pas déçu", exprime la béatitude d'une manière imparfaite et mensongère. La vérité est celle-ci : bienheureux celui qui ne s'attend à rien, parce qu'il sera magnifiquement surpris. Celui qui ne s'attend à rien voit les roses plus rouges que le commun des hommes ne les voit, l'herbe plus verte et le soleil plus éblouissant. Bienheureux celui qui ne s'attend à rien parce qu'il possèdera les cités et les montagnes. Bienheureux celui qui est doux parce qu'il héritera la terre. Tant que nous ne concevons pas que les choses pourraient ne pas être, nous ne pouvons pas concevoir qu'elles soient. Tant que nous n'avons pas vu l'arrière-plan des ténèbres, nous ne pouvons admirer la lumière comme une chose unique et créée. Dès que nous avons vu ces ténèbres, toute lumière est claire, soudaine, aveuglante et divine. Tant que nous ne nous sommes pas représenté le néant, nous n'apprécierons pas à sa valeur la victoire de Dieu et nous ne pouvons concevoir aucun des trophées de son ancienne guerre. La vérité a un million de jeux fantasques, l'un d'eux est que nous ne savons rien tant que nous ne sommes pas au point de ne rien savoir. »

    Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), Hérétiques, Trad. Jenny S. Bradley, Librairie Plon, coll. "Le Roseau d'Or", Paris, 1930.

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  • Angélus de cette fête de la Toussaint

    La sainteté, "la victoire de l'amour sur l'égoïsme et sur la mort"

    Ce jeudi 1er novembre, l'Eglise célèbre la Toussaint, honorant ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ. « Cette fête évoque la double dimension de l’Eglise : le chemin historique sur la terre et celle qui célèbre la Jérusalem céleste, le ciel, l’éternité ». Face à des milliers de fidèles réunis pour la prière de l’Angélus ce jeudi midi place Saint-Pierre, le Pape a expliqué que « la communion des Saints est une réalité qui commence ici sur la terre pour s’accomplir dans le Ciel. »
    Sur terre, l’Eglise est le début de mystère de communion qui unit l'humanité, un mystère totalement centré sur Jésus Christ. Citant l'Evangile de Jean, Benoît XVI a rappelé que le Christ est mort « pour réunir les fils de dieux éparpillés », instaurant une « dynamique nouvelle », « un mouvement qui conduit l’humanité vers Dieu, vers l’unité et la paix dans son sens profond ». Etre chrétien, et faire partie de l’Eglise signifie s’ouvrir à cette communion, être « comme une graine mise en terre, qui meurt et germe vers le Ciel. »

    Suivre l’Evangile ne signifie pas renoncer à sa personnalité, au contraire

    Les Saints, ceux proclamés par l’Eglise, mais aussi tous ceux que seul Dieu connait, ont vécu intensément cette dynamique. En chacun d’eux, et chacun à sa manière, le Christ s’est rendu présent, grâce à son Esprit opérant à travers la Parole et les sacrements.
    « L’homme uni au Christ, dans l’Eglise, n’annule pas sa personnalité, mais l’ouvre, la transforme avec la force de l’amour pour lui donner, déjà sur la terre, une dimension éternelle. Le Christ nous ouvre à la communion avec tous les membres de son corps mystique qui est l’Eglise, une communion qui est parfaite dans le Ciel, où n’existe aucun isolement, aucune concurrence ou séparation. »
    Avec cette fête, explique le Pape, « nous avons un avant-goût de la beauté de cette ouverture totale », où nous sommes certains de pouvoir atteindre Dieu dans l’autre, et l’autre dans Dieu. Dans la sainteté, « nous voyons la victoire de l’amour sur l’égoïsme et sur la mort. » Ainsi, « seule la foi dans la vie éternelle nous fait aimer vraiment l’histoire et le présent, mais sans acharnement, avec la liberté du pèlerin qui aime la terre parce qu’il a le cœur dans le Ciel. »

    Message aux pèlerins francophones :

    « Chers pèlerins francophones, aujourd’hui nous célébrons la multitude des saints qui sont auprès de Dieu. La sainteté que l’Église honore en eux a le visage des béatitudes proclamées par Jésus. Dans leur vie, ils ont reflété la lumière du Ressuscité. En suivant leur exemple de fidélité à l’amour du Christ, marchons nous aussi vers la joie du royaume où Dieu essuiera toute larme de nos yeux et où nous le verrons ! Confions-nous à la Vierge Marie, Reine de tous les saints. Bonne fête de la Toussaint à vous tous et à vos familles ! »

    Source : Radio Vatican.

  • 1er novembre : Méditation

    « La solennité de ce jour nous apprend ce que c'est qu'être un saint

    Notre lâcheté, ingénieuse à se faire illusion, voudrait nous persuader qu'il est, pour aller au ciel, une voie commode, où l'on peut ne point se gêner et vivre à son aise, fuir la croix et se satisfaire en tout ce qui n'est pas évidemment péché mortel, suivre la volonté propre et ses caprices, l'amour-propre et sa vanité ; mais, en ce jour, interrogeons les saints et demandons-leur s'il en est un seul qui se soit sauvé par cette voie. Ils nous répondront avec l'évangile qui se lit solennellement aujourd'hui, dans l'assemblée des fidèles, comme une protestation contre ce système de morale relâchée. Que nous dit cet évangile, si ce n'est que les bienheureux, ou les saints, ce sont les humbles, pauvres et détachés de tout ; ce sont les coeurs doux, qui souffrent tout de tout le monde, sans rien faire souffrir à personne, rendent le bien pour le mal, la louange pour le blâme, l'amour pour la haine ; ce sont les éprouvés, qui coulent leurs jours dans l'affliction et les larmes, loin des joies du monde ; ce sont les zélés pour leur propre perfection, qui ont faim et soif d'une justice toujours plus grande ; ce sont les miséricordieux, qui compatissent à toutes les peines de leurs frères et prennent en pitié leurs défauts avec toutes les misères humaines ; ce sont les coeurs purs, qui ont horreur des moindres taches ; ce sont les pacifiques, qui ne laissent point les passions troubler la paix de leur âme et vivent en paix avec tout le monde ; ce sont les persécutés, qui supportent sans trouble l'insulte et la calomnie. Voilà les saints au jugement de Jésus-Christ et de l'Evangile. Trouvons-nous place en ce portrait pour la lâcheté, la tiédeur, la vie commode et sans gêne ?
    [...]
    Je dois donc me convertir, car je suis bien loin d'être un saint. Où est en moi l'humilité des saints, leur douceur, leur patience, leur vie de foi ? Miséricorde, Seigneur, Miséricorde ! La fête de ce jour me rappelle que je dois être un saint, et je veux le devenir. »

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint-Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année Tome III, Paris, Victor Lecoffre, 1886 (19e édition revue, corrigée, augmentée).

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    Frise de l'église St-Vincent-de-Paul à Paris (détail)
    réalisée par Hippolyte Flandrin (1809-1864) :
    Procession des Saints s'avançant vers le Sanctuaire

  • 6 juillet : Toute l'année avec les Pères de l'Eglise

    « "Heureux les miséricordieux, dit le Seigneur, ils obtiendront miséricorde." (Mt 5,7) La miséricorde n'est pas la moindre des béatitudes : "Heureux qui comprend le pauvre et le faible", et aussi : "L'homme bon compatit et partage", ailleurs encore : "Tout le jour, le juste a pitié, il prête" (Ps 71,13;111,5;36,26). Faisons nôtre donc cette béatitude : sachons comprendre, soyons bons.
    Même la nuit ne doit pas arrêter ta miséricorde ; "ne dis pas : Reviens demain matin et je te donnerai" (Pr 3,28). Qu'il n'y ait pas d'hésitation entre ta première réaction et ta générosité... "Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri" (Is 58,7) et fais-le de bon coeur. "Celui qui exerce la miséricorde, dit saint Paul, qu'il le fasse avec joie" (Rm 12,8). Ton mérite est doublé par ton empressement ; un don fait avec chagrin et par contrainte n'a ni grâce ni éclat. C'est avec un coeur en fête, non en se lamentant, qu'il faut faire le bien… "Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement" (Is 58,8). Y a-t-il quelqu'un qui ne désire pas la lumière et la guérison ?…

    C'est pourquoi, serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers (Ga 4,7), tant que nous en avons l'occasion, visitons le Christ, nourrissons le Christ, habillons le Christ, recueillons le Christ, honorons le Christ (cf Mt 25,31s). Non seulement en l'invitant à table, comme quelques-uns l'ont fait, ou en le couvrant de parfums, comme Marie Madeleine, ou en participant à sa sépulture, comme Nicodème... Ni avec l'or, l'encens et la myrrhe, comme les mages… Le Seigneur de l'univers "veut la miséricorde et non le sacrifice" (Mt 9,13), notre compassion plutôt que "des milliers d'agneaux engraissés" (Mi 6,7).

    Présentons-lui donc notre miséricorde par les mains de ces malheureux gisant aujourd'hui sur le sol, afin que, le jour où nous partirons d'ici, ils nous "introduisent aux demeures éternelles" (Lc 16,9), dans le Christ lui-même, notre Seigneur. »

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390), 14ème Homélie sur l’amour des pauvres, 38.40 (trad. Bréviaire rev.)