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lumière

  • Reprise des Audiences générales, mercredi 2 août 2017

    Après la pause estivale du mois de juillet, le Pape François a repris ce matin les audiences générales. Devant près de 7.000 pèlerins réunis en salle Paul VI dans un climat festif, le Saint-Père a poursuivi son cycle de catéchèses sur l’espérance chrétienne. Revenant sur le rite du baptême, il a exhorté les fidèles à porter la lumière du Christ dans le monde.

    Le compte-rendu de Samuel Bleynie à lire / écouter sur Radio Vatican.

    Texte intégral de la catéchèse traduite en français sur Zenit.org.

    Résumé en français :

    « Frères et sœurs, nous avons un peu perdu la sensibilité au langage du cosmos que la disposition des églises ou les anciens rites du baptême mettaient en avant : l’occident où se couche le soleil, où meurt la lumière ; l’orient, où les ténèbres sont vaincues par la lumière de l’aurore, rappel du Christ, soleil surgi d’en haut à l’horizon du monde. Mais la signification de ce langage demeure intacte. Être chrétien, c’est regarder vers la lumière, même quand le monde est enveloppé par la nuit et les ténèbres. Par la grâce du Christ reçue dans le baptême, les chrétiens sont des hommes et des femmes qui croient que Dieu est Père ; que Jésus est descendu parmi nous ; que le Saint Esprit œuvre sans cesse pour le bien de l’humanité et du monde : c’est cela la lumière, l’espérance qui nous réveille chaque matin ! Un autre très beau signe de la liturgie baptismale nous rappelle l’importance de la lumière : la remise du cierge dont la flamme est allumée au cierge pascal, signe de la lente propagation de la résurrection de Jésus dans la vie des chrétiens. Quelle grâce quand un chrétien devient vraiment « porteur de Jésus » dans le monde, surtout pour ceux qui traversent le deuil, la détresse, les ténèbres et la haine ! Si nous sommes fidèles à notre baptême, nous diffuserons la lumière de l’espérance de Dieu et nous pourrons transmettre aux générations futures des raisons de vivre. »

    « Je souhaite la bienvenue aux pèlerins de langue française, venant en particulier de France et de Haïti. Que ce temps de vacances vous permette d’être toujours plus conscients que votre baptême est une source d’espérance que vous devez transmettre autour de vous ! Que Dieu vous bénisse ! »

    Source : site internet du Vatican.

  • Prière - « Ô Christ, Lumière véritable ! »

    « Ô Vérité, lumière de mon âme, ne permettez pas que règnent sur moi les ténèbres. Vous avez permis que je m'y enfonce, et je me suis trouvé dans l'obscurité. Mais même de là, oh ! oui, même de là je Vous ai aimé. J'ai erré et je me suis souvenu de Vous. J'ai entendu votre voix, derrière moi, qui m'invitait à revenir, je l'ai entendue à grand'peine à cause du fracas soulevé par mes passions rebelles. Et voici que je reviens, brûlant et haletant à votre source. Que rien ne me retienne désormais ! Puissé-je m'y abreuver et vivre...
    Comme le cerf aspire à la fontaine, ainsi mon âme soupire vers Vous, Seigneur ! Mon âme a soif de Vous ô Dieu, source vive ; quand viendrai-je et comparaîtrai-je en votre présence ? ô source de vie, veine d'eau des vivants, quand parviendrai-je aux eaux de votre mansuétude, en cette terre déserte, escarpée et aride, afin que je voie votre puissance et votre gloire, et que ma soif s'apaise aux eaux de votre miséricorde ? J'ai soif, ô Seigneur, j'ai soif de Vous, source vive...
    Ô feu qui brûlez toujours et ne vous consumez jamais, embrasez-moi ! Ô Lumière qui resplendissez toujours et ne vous voilez jamais, illuminez-moi ! Oh ! s'il m'était donné de brûler de votre flamme, ô feu sacré ? Avec quelle douceur Vous Vous consumez, combien secrètement Vous resplendissez, qu'il est désirable d'être embrasé par Vous ! Malheur à ceux qui ne brûlent pas de votre amour ! Malheur à ceux qui ne sont pas illuminés par Vous, ô Lumière véritable, qui éclairez tout homme, ô Lumière qui remplissez le monde de vos clartés !
    Grâces Vous soient rendues, à Vous qui m'illuminez et me libérez, car Vous m'avez éclairé et je Vous ai connu. Tard je Vous ai connue, ô Vérité ancienne, tard je Vous ai connue, ô Vérité éternelle ; Vous étiez dans la lumière, et moi dans les ténèbres, et je ne Vous connaissais pas, car je ne pouvais être illuminé sans Vous ; et sans Vous, il n'existe pas de lumière ! » (Saint Augustin)

    P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine O.C.D., Intimité Divine - Méditations sur la vie intérieure pour tous les jours de l'année, Tome I (Mercredi de Pâques, Colloque), Monastère des Carmélites Déchaussées, Alost (Belgique) - Librairie du Carmel, Paris, 5ème éd., 1963 (1ère éd. 1955).

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  • Méditation - Clarté divine

    « Il est sûr qu'une clarté divine se lève sans cesse en nos âmes et les appelle à Jésus. Les scènes évangéliques sont toutes des modèles que nous avons à reproduire et à vivre plus ou moins. Notre existence terrestre est une perpétuelle invitation de Dieu à venir à Lui, et dans chacun des évènements la composant nous pouvons reconnaître un signe du ciel. Ce qui manque, c'est la foi, discernant ce signe et sachant découvrir la tendresse infinie sous les apparences créées dont elle s'enveloppe. Dieu parle toujours, mais nous ne l'entendons presque jamais.

    Pourquoi si peu d'hommes ont-ils aperçu l'étoile d'Orient ? Pourquoi si peu ont-ils entendu le chant des anges ? Parce que Dieu n'a pas fait briller pour les uns son astre miraculeux ? ou pour les autres retentir ses harmonies célestes ? Évidemment non ; Dieu s'est offert à tous et ne désire rien tant que de se donner à tous. Mais Il ne s'impose à personne. Seuls les yeux qui s'ouvrent, les cœurs qui se livrent peuvent Le contempler et L'accueillir. Et seuls s'ouvrent à ses clartés les yeux sachant, quand il faut, se fermer aux vaines lumières, comme seuls se livrent à ses tendresses les cœurs sachant se refuser aux sollicitations des créatures. Les développements de la vie se font peu à peu, par étapes successives et ces étapes sont des renoncements.

    Ces renoncements créés ne vont pas sans sacrifice. Quels efforts ont dû consentir les Rois Mages pour entreprendre le voyage les amenant aux pieds du divin Roi ? Nous ne les connaissons pas avec précision. Nous n'en devinons que quelques-uns. A coup sûr, ils ont été énormes ; on ne voyageait pas alors en train de luxe, il fallait du temps, des préparatifs compliqués, toute une organisation très lourde ; on s'exposait à des dangers. Sur la seule indication d'un astre inaccoutumé, les Mages ont affronté tout cela. Il fallait qu'à l'appel extérieur Dieu joignît des invitations intimes bien pressantes et que ce double effort de sollicitations divines rencontrât des âmes bien généreuses et bien croyantes.

    La récompense fut double, et le récit sacré a tenu à nous la décrire avec netteté. La première fut négative : elle consista à les garder des obstacles du voyage. Le grand obstacle fut le manque de foi de Jérusalem et des dirigeants juifs. A distance et avec l'habitude de lire ces récits, cela ne nous frappe plus. En fait, la surprise des Mages dut être formidable : cette naissance qui les avait mis en mouvement et pour un si grand voyage, elle n'avait pas même éveillé la curiosité des boutiquiers du pays, ni défrayé la conversation des blanchisseuses ! Indifférence complète ! Ignorance absolue à l'égard d'un évènement devant soulever toutes les âmes et transformer le monde. Il est à peine croyable que devant cet état d'esprit de Jérusalem les Mages n'aient pas rebroussé chemin.

    La seconde récompense est positive : c'est la vision de la lumière enfin accordée à une telle foi. L'étoile reparaît et se fait guide ; le ciel prend la direction effective du voyage. Alors, il n'y a plus qu'à marcher dans la clarté et la marche illuminée est très courte ; quelques heures consolées où leurs âmes sont soutenues et comme portées par la grâce, et le divin Soleil de justice se donne à contempler à ceux qui ont su Lui garder confiance, malgré toutes les difficultés, tous les retards, toutes les éclipses. Le divin Soleil ne se donne lui-même que réduit et voilé. Même à ses pieds et quand on L'a rejoint, le regard de foi seul Le découvre et s'en empare. »

    Dom Augustin Guillerand (1877-1945), Vivantes clartés (Épiphanie), Roma, Benedettine di Priscilla, 1964.

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    Domingos Sequeira (1768-1837), Adoration des Mages
    Museu Nacional de Arte Antiga, Lisbonne (Portugal)

    (Crédit photo)

  • Vendredi 6 janvier 2017

     
    « Chers frères et sœurs, laissons-nous guider par l’étoile, qui est la Parole de Dieu, suivons-la dans notre vie, en marchant avec l’Église, où la Parole a planté sa tente. Notre route sera toujours illuminée par une lumière qu’aucun autre signe ne peut nous donner. Et nous pourrons nous aussi devenir des étoiles pour les autres, reflet de cette lumière que le Christ a fait resplendir sur nous. »

    Benoît XVI, conclusion de l'homélie en la solennité de l’Épiphanie du Seigneur, 6 janvier 2011.

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  • Méditation - « On lui donna le nom de Jésus » (Mt 1, 21 ; Lc 2, 21)

    « Jésus. Tel est le Nom très saint, le seul Nom en lequel nous puissions être sauvés (1). Chaque fois que je le prononce avec foi, chaque fois que mon cœur le chante, que tout mon être l'adore, c'est mon Sauveur que j'appelle, c'est à l'Auteur de la vie éternelle que je crie, dirigeant vers Lui, dans cette attente, toutes les énergies de mon être.

    Jésus ! Voilà la Pierre d'angle de l'immense édifice du salut, du temple de ma sainteté.

    Jésus ! Tel est le Nom admirable et saint que j'adore, qui fait exulter le ciel, espérer la terre et trembler l'enfer. C'est le seul devant lequel ma foi s'agenouille, s'incline et se prosterne.

    Jésus ! Ô doux souvenir (2), le seul souvenir qui donne des joies véritables. Jésus ! Nom plus doux que le miel, plus suave que toutes choses quand il s'incarne, pour ainsi dire, et pénètre dans ma pensée.

    Jésus ! Nom en qui le repentir espère, qui est toute bonté pour qui t'implore, si bon pour qui te cherche, et surtout pour qui te trouve. Celui-là seul peut l'exprimer qui l'expérimente.

    Jésus ! Quand ton souvenir me visite et pénètre mon cœur, alors, c'est la Vérité qui l'inonde de lumière, c'est le monde qui lui apparaît en toute sa vanité ; c'est alors l'amour qui brûle dans mon âme devenue fournaise, une fournaise d'amour.

    Jésus ! Nom très doux, espoir de mon âme qui soupire après toi. Regarde mes larmes qui te cherchent, entends le cri poussé des profondeurs de mon être.

    Jésus ! Reste avec moi, ô Lumière ; car la nuit tombe et mon jour est sur son déclin. Délivre-moi de mes ténèbres, ô Jésus, rassure-moi dans ma cécité.

    Jésus ! Je t'ai goûté et je reste affamé. Je t'ai bu comme à la source de Dieu et j'ai toujours soif. Qui t'a goûté, qui s'est enivré de la sorte, ce cœur-là ne peut plus que te désirer.

    Jésus ! Ô Lumière, ô Nourriture, ô Remède céleste ! Je t'adore, Nom descendu du sein paternel, manifesté à Gabriel, révélé à Marie, à Joseph ! Toute sainteté ici-bas, n'est qu'un rayon lointain de ta fulgurance éternelle.

    Jésus ! ô Jésus ! et toujours Jésus !... »

    1. Épitre. - 2. Hymne des Vêpres.

    Dom Eugène Vandeur (1875-1967), Élévations sur la Messe de chaque jour, Noël, Épiphanie (Le Très Saint Nom de Jésus-Christ), Éditions de Maredsous, Namur, 1955.

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  • Angelus de ce 26 décembre 2016

    Les chrétiens d’aujourd’hui subissent la même cruauté que celle vécue par les martyrs des premiers siècles : c’est ce qu’a affirmé le Pape François ce lundi, lors de l’Angélus place Saint-Pierre. En ce 26 décembre, l’Église fête saint Étienne, lapidé pour avoir confessé sa foi en Jésus. Ce martyr chrétien, a assuré le Souverain Pontife, continue à être présent dans l’Histoire de l’Église, de saint Étienne jusqu’à aujourd’hui.

    Les martyrs d’aujourd’hui sont plus nombreux qu’aux premiers siècles du christianisme, assure le Pape. La cruauté qui visait alors les disciples du Christ, les chrétiens d’aujourd’hui l’éprouvent à leur tour. « Combien de nos frères et sœurs dans la foi subissent abus et violences, sont haïs à cause de Jésus ! » s’est exclamé le Pape depuis la fenêtre du palais apostolique. « Nous voulons penser à ces chrétiens persécutés, être proches d’eux avec notre affection, notre prière et nos pleurs ». Le Souverain Pontife a évoqué les chrétiens irakiens, persécutés par Daech, qui ont pu cette année fêter Noël dans leur cathédrale détruite, « un exemple de fidélité à l’Évangile ».

    « Mais pourquoi les chrétiens sont-ils persécutés » s’est interrogé le Pape avant de répondre : « le monde hait les chrétiens pour la même raison qu’il a haï le Christ », « parce qu’Il a apporté la lumière de Dieu, et que le monde préfère les ténèbres, afin de cacher ses mauvaises œuvres ». Suivre le Christ, c’est choisir sa lumière, celle qui a brillé dans la Grotte de Bethléem. Et c’est ce qu’a fait saint Étienne.

    Comme lui, les martyrs d’aujourd’hui choisissent la lumière du Christ. « Malgré les épreuves et les dangers, ils témoignent avec courage de leur appartenance au Christ », vivant l’Évangile par les actes, « ils témoignent de la charité dans la Vérité ».

    Source : Radio Vatican (BH-MA).

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

  • En préambule à cette nouvelle Année liturgique

    « Pour ce qui regarde les lectures spirituelles, voici ce qu’il faut y considérer.

    1. Ai-je un temps réglé pour en faire chaque jour ?
    2. Suis-je exact et fidèle à me rendre au temps, hors la nécessité ?
    3. Pensai-je à réduire en pratique ce que Dieu me fait connaître dans ces lectures être de sa volonté ?
    4. Dans le choix que je fais des livres m'attachai-je à ceux qui me conviennent le plus, et d'où je puis tirer plus de fruit ?
    5. Ne fais-je point ces lectures par habitude, par coutume, par une espèce de nécessité d'état, et non par un vrai désir d'en profiter ?
    6. Ne vais-je pas plutôt à beaucoup lire, qu'à lire utilement ? A satisfaire ma curiosité, plutôt qu'à m'instruire de mes devoirs ? A parcourir bien des livres, à n'en rien retenir ?
    7. Avant que de commencer ma lecture, songeai-je à demander la lumière de Dieu, m'imaginai-je en ouvrant le livre, que c'est Dieu qui va me parler pour me faire connaître ses adorables volontés ? Et quand je finis ma lecture, remerciai-je Dieu, et le priai-je d'affermir en moi les bons désirs que j'y sens ?

    Si on manque à garder tout cela, on ne doit pas s'étonner qu'après bien des lectures faites durant plusieurs années, on en ait aussi peu profité, que si on ne les avait pas faites. Quel compte néanmoins n'en faudra-t-il pas rendre à Dieu ? Qu'il sera terrible ! »

    R.P. François Le Large s.j., Retraite spirituelle ou Conduite d'une âme qui aspire à la perfection, Tome I (Troisième Jour, Méditation IV), A Lyon, Chez les Frères Bruyset, 1724.

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    (Crédit photo)

  • Poésie : Vision (extrait)

    «       ............
    Je n'ai pas de chemin, je n'ai pas de demeure
           Hors de Toi...

    Et tes saints ont raison pourtant. Il faut les croire.
           Ils font bien
    De me chasser de leur royaume et de leur gloire
           Comme un chien.

    Leur royaume... Est-ce là ce qui me fait envie ?
           O mon Dieu,
    Tu sais bien qu'il suffit d'un peu d'ombre à ma vie,
           Rien qu'un peu.

    Que je n'ai pas besoin de gloire et presque même
           Pas besoin
    De leur bonheur trop grand pour moi pourvu que j'aime
           Dans un coin.

    Qu'on les loue à jamais, qu'à jamais on m'oublie,
           A jamais,
    Puisqu'il faut que ta verge à leurs yeux m'humilie,
           Seigneur, fais !

    Je n'ai pas mérité de fixer ma prunelle
           Sur leurs cieux !
    Soit ! Éteins à jamais la lumière éternelle
           Dans mes yeux.

    Je n'ai pas mérité d'entendre leur cantique :
           A jamais,
    Soit ! jette sur mes sens un silence hermétique,
           Noir, épais.

    Mais dans ton sein garde mon cœur à tout le monde
           Bien caché,
    Comme un petit oiseau qui dans ta main profonde
           S'est niché.

    Un grésil à tes pieds tombé de quelque globe,
           Un fétu,
    Un duvet que le vent dans un pli de ta robe
           A perdu.

    Je ferai si peu d'ombre, ô Dieu, dans ta lumière
           Que bien sûr
    Les saints ne me verront pas plus qu'une poussière
           Dans l'azur.

    Mais Toi qui me verras en Toi comme une tache,
           Nuit et jour,
    Si j'offense ta vue, à son refuge arrache
           Mon amour.

    Écarte-moi du pied ou plutôt sur mon âme
           Peu à peu
    Efface mon péché. N'as-tu pas de la flamme
           Et du feu ?

    Appelle la douleur, Dis un mot, Fais un geste,
           Seigneur, fais !
    Fais-moi souffrir, nettoie en moi tout ce qui reste
           De mauvais.

    Vite, ne laisse rien en moi qui te déplaise,
           O mon Roi !
    Fais-moi vite souffrir mais viens dans la fournaise
           Avec moi. »

    Marie Noël (1883-1967), Les Chansons et les Heures (Vision, IV, strophes finales),
    Paris, Éditions G. Crès et Cie, 1928.

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  • Méditation - « Jésus-Eucharistie, ma lumière »

    « Jésus en l'Eucharistie est toujours le bon Maître qui instruit l'âme fidèle, lui révèle avec douceur sa propre misère et son néant ; - lui montre la vérité sans discussion, sans nuage, sans effort ; - lui manifeste avec amour sa sainte volonté, son bon plaisir sur elle. - Oh ! comme cette parole intérieure pénètre le plus intime de l'âme ! comme l'âme est délicieusement saisie de la beauté, de la vérité, de la présence de Jésus, de sa divinité, de sa bonté !

    C'est Madeleine aux pieds de Jésus, éclairée de sa grâce. - C'est saint Jean endormi sur le Coeur de Jésus, y puisant la science, la douceur de la sainte dilection.

    Ô Jésus, soyez ma lumière, ma nuée lumineuse dans ce désert, mon unique Maître : je n'en veux pas d'autre !

    Soyez mon unique science : hors de vous, tout n'est rien pour moi. Parlez-moi comme aux disciples d'Emmaüs : que mon cœur prenne feu en vous écoutant ! »

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Écrits et Sermons du Vénérable Pierre-Julien Eymard, Troisième Série, Retraites aux pieds de Jésus-Eucharistie (Quatrième Retraite, Sixième jour, IIIe méditation), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, s.d. (Première édition 1872).

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  • Méditation - Courage !

    Le Bx Charles de Foucauld met dans la bouche de Jésus les mots suivants :

    « Il te faut du courage en tout : car en tout, en tout bien, en toute vertu, tu as à vaincre 3 adversaires : toi, les hommes et le démon... Il te faut du courage contre toi, contre ton âme et contre ton corps, contre tes penchants mauvais et contre l'excès et l'indiscrétion dans les bons, contre tes pensées propres, ta volonté propre, contre ton cœur, contre ton esprit, il te faut du courage contre tout ton être, pour être maître de tout ton être, afin de pouvoir le soumettre tout entier à Dieu... Il te faut du courage contre les hommes, contre leurs menaces, et contre leurs séductions, contre les persécutions et contre les douceurs, contre les méchants et avec les bons et avec les saints pour supporter les mauvais traitements et pour ne pas te laisser amollir par les bons, pour être en tout avec tous ce que je veux que tu sois, pour recevoir les railleries, les contradictions, les coups, les blessures et la mort comme mon soldat fidèle, [...] pour ne pas craindre ta peine ni celle des autres mais uniquement la mienne... Il te faut du courage contre le démon, contre les terreurs, les troubles, les tentations, les séductions, les ténèbres, les fausses lumières, les épouvantes, les tristesses, les dissipations, les chimères, les fausses prudences, les imprudences, les peurs surtout (car c'est son arme habituelle... surtout avec toi qui es timide et inconstant), par lesquelles il cherchera à t'arracher à moi.

    [...] Faire tout parfaitement, ce te sera un exercice de courage continuel, un combat continuel, une victoire continuelle, et ce n'est après tout que ton devoir, que ma volonté, que « être parfait comme ton père céleste est parfait »...

    [...] Il faut du courage en tout, pour tout, sans courage aucune vertu : le courage dans toutes les vertus, le courage à faire ma volonté c'est la perfection, c'est ma volonté, c'est la consolation de mon Cœur... »

    Bx Charles de Foucauld, La dernière place, Œuvres spirituelles du Père Charles de Foucauld IX - Retraites en Terre Sainte, Tome I, nouvelle cité, Paris, 1974.

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    Gustave Doré, Abdiel et Satan (Le Paradis perdu)
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  • Méditation - L'évangélisation, devoir de tout chrétien

    « Est-ce à quelques hommes choisis et rares qu'a été dite cette parole : "Allez et enseignez" (Mt 28,19) ? L'apostolat est-il une particularité dans l'Église catholique, ou est-il une généralité ? Est-ce à ses disciples seulement que le Christ a dit : "Allez et enseignez" ? Non, l'Église tout entière est solidaire de tout ce qui se fait dans l'Église. Il y a communion de tout et en tout entre tous les membres de la famille du Christ. Dire : "Ceci est le devoir de tels chrétiens dans l'Église et n'est pas mon devoir à moi", c'est dire une parole antichrétienne. Saint Pierre, s'adressant aux premiers fidèles, leur disait : "Vous autres, vous êtes la nation sainte, la race élue, le peuple acquis à Dieu, le sacerdoce royal, afin que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière" (1P 2,9). Héritiers de la lumière par nos ancêtres, nous sommes les dispensateurs de la lumière à nos contemporains et à notre postérité.

    Ce n'est pas seulement pour vous que "le soleil de justice" (Mal 4,2) a été allumé en vous ; c'est pour qu'il éclaire tout autour de vous. Dans la nature, vos yeux mêmes n'ont pas reçu la lumière pour la garder ; ils la réfléchissent. Ils rendent votre âme au dehors, et quiconque veut communiquer avec vous regarde dans vos yeux pour y discerner la lumière qui y est, et par elle cette lumière plus éclatante qui est votre esprit. Vous rayonnez dans tout ce que vous êtes, et par conséquent, si vous avez le rayonnement naturel de vos facultés, de toutes vos puissances, combien plus devez-vous l'avoir dans l'ordre surnaturel ! »

    R.P. Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861), Sermon du 3 mai 1850, in "Sermons, instructions et allocutions", Tome II, Poussielgue Frères, Paris, 1885.

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  • Méditation - Pourquoi la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus ?

    « Pour rallumer la charité, si refroidie et presque éteinte dans les cœurs de la plupart des chrétiens, il veut leur donner un nouveau moyen, par cette dévotion, d'aimer Dieu par ce sacré Cœur, autant qu'il le désire et qu'il le mérite, et de réparer par là leurs ingratitudes. Ce Cœur divin est le trésor du ciel, dont l'or précieux nous a été donné déjà, en plusieurs manières, pour payer notre dette et acheter le ciel : c'est la dernière invention de son amour, de laquelle il ne tiendra qu'à nous de profiter. Et malheur à ceux qui ne le feront pas, ou qui ne le voudront pas faire ! Il désire qu'en nous sanctifiant, nous glorifiions ce Cœur tout amour, lequel a plus souffert que tout le reste de la sainte humanité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Dès le moment de l'Incarnation, ce Cœur sacré a été changé en une mer d'amertume, souffrant dès ce premier instant jusqu'à son dernier soupir sur la croix. Tout ce que cette sainte humanité a souffert intérieurement dans le cruel supplice de la croix, ce divin Cœur l'a ressenti continuellement. C'est pour cela que Dieu veut qu'il soit honoré par un hommage particulier, afin que les hommes lui fassent goûter autant de joie et de plaisir par leur amour et hommages, qu'ils lui ont fait sentir d'amertumes et d'angoisses par leurs peines.
    [...]
    Ce divin Cœur est une source intarissable, où il y a trois canaux qui coulent sans cesse : premièrement, de miséricorde pour les pécheurs, sur lesquels découle l'esprit de contrition et de pénitence ; le second est de sa charité, qui s'étend pour le secours de tous les misérables qui sont en quelque nécessité, et particulièrement ceux qui tendent à la perfection y trouveront, par l'entremise des saints Anges, de quoi vaincre les obstacles ; du troisième, découlent l'amour et la lumière pour les parfaits amis qu'il veut unir à lui, pour leur communiquer sa science et ses maximes, afin qu'ils se consacrent entièrement à lui procurer de la gloire, chacun en sa manière ; et la Sainte Vierge sera la spéciale protectrice de ceux-ci, pour les faire arriver à cette vie parfaite. De plus, ce divin Cœur se rendra l'asile et le port assuré, à l'heure de la mort, de tous ceux qui l'auront honoré pendant leur vie, et les défendra et protègera.
    [...]
    Enfin ce divin Cœur est un abîme de bien où les pauvres doivent abîmer leurs nécessités, un abîme de joie où il faut abîmer toutes nos tristesses, un abîme d'humiliation pour notre orgueil, un abîme de miséricorde pour les misérables, et un abîme d'amour où il nous faut abîmer toutes nos misères. »

    Ste Marguerite-Marie (fêtée ce jour), extraits de la Lettre au Père Croiset, 15 septembre 1689. In "Vie et mission de la Bienheureuse Marguerite-Marie Apôtre du Sacré-Cœur" par le R.P. Granger (Livre III ch. XII), Ligugé, Imprimerie Saint-Martin, 1893.

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  • Prière des moines du Mont Athos

    « Jésus, extase de bonté, ô excès de splendeur, gloire à toi qui fais concorder ta volonté et ta puissance !

    Jésus, amour fou en tout désirable, gloire à toi qui soutiens les mondes infinis par ta puissance !

    Jésus, toi la Voie, la Vérité, la Vie, je te rends grâce de m'avoir conduit à la vérité de tes paroles divines et vivifiantes !

    Jésus, objet suprême de la contemplation des bienheureux, je te rends grâce d'avoir jugé notre indigne nature digne de ta gloire !

    Jésus, ô Lumière au-dessus de toute lumière, je te confesse que je marche enténébré dans la ténèbre du péché !

    Jésus, toi le juge sans appel, je te confesse que jamais je n'ai été touché comme il se doit de ton amour !

    Jésus, chaleur très douce et vivifiante, réchauffe ma froideur !

    Jésus, vêtement de lumière des étoiles, habille ma nudité !

    Jésus, toi mon principe, mon milieu et ma fin, purifie mon cœur afin que je puisse te voir !

    Jésus, toi qui es en tout et par-dessus tout mon Dieu, fais-moi apparaître ta face et je serai sauvé !

    Jésus, ô l'Un au-dessus de l'intellect (*), montre-moi moi-même unifié par le retour de l'intellect et de la prière unifiée !

    Jésus, ô mystère au-dessus de l'ignorance, mets-moi au-dessus de toute réalité sensible et intelligible !

    Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi ! »

    (*) : Ce terme désigne généralement la partie la plus spirituelle de l'intelligence, la « fine pointe » de l'âme, le lieu de la conscience et de la lucidité spirituelles. Dans certains contextes, il devient presque synonyme de cœur, au sens biblique (et pascalien) de ce mot. Ne pas confondre avec l'intelligence discursive et rationnelle.

    Hiérothée Vlachos, Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière du cœur (Minuit dans le désert de la sainte Montagne), Points Sagesse Sa78, Éditions du Seuil, 1988.

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  • Méditation - « Vous êtes lumière dans le Seigneur » (Ep V, 8)

    « Qu'est-ce qu'un chrétien ? C'est une lumière (1). « Vous êtes lumière, nous crie saint Paul, lumière dans le Seigneur. La lumière créatrice a commencé de poindre dans vos âmes. (2) » Dieu est en vous à l'état d'aurore ; votre état de grâce, c'est son matin. Qu'est-ce encore qu'un chrétien ? C'est une fleur : un Dieu en fleur, disent souvent les Pères. Le Verbe est la fleur du Père, il en exhale toute la senteur (3). Ce Verbe vient à nous, entre en nous, s'unit à nous, si bien qu'il vit en nous plus que nous-mêmes. Comme il est Fils, il nous fait fils ; comme le Père le dit, il nous dit ; l'onction qui le sacre, nous sacre ; nous devenons un baume vivant, nous exhalons la vie, l'odeur vivifiante de la vie, dit saint Paul, le parfum de notre chef, la divine odeur de Jésus (4). Qu'est-ce enfin qu'un chrétien ? c'est une force. La nature nous donne des puissances ; la grâce crée en nous des vertus, et ces vertus, qui sont des forces, se résument toutes en une seule que saint Paul nomme « la force ou la vertu du Christ. (5) » Elle est sans doute en nous plus ou moins abondante, mais elle est en nous tous.

    Or, qui ne sait que, naturellement, toute force étend son action, tout parfum se fait sentir au loin, toute lumière rayonne ? C'est pourquoi, rien qu'en existant, rien qu'en apparaissant, nous tous qui avons la foi, nous pouvons et devons édifier, avancer l’œuvre divine, élever le temple, augmenter Jésus. Croyez d'abord très fermement à ce principe actif de sainteté qui est en vous par la grâce. Cette foi entretenue et sans cesse avivée, est la pratique fondamentale de l'édification chrétienne. Je puis toujours et partout faire Jésus en laissant rayonner Jésus ; et toujours et partout je puis laisser rayonner Jésus, parce que mon fond de grâce, ma vie intérieure et mon être principal, c'est Jésus lui-même. L'âme qui, sachant ces choses, s'en pénètre comme il convient, et se les dit souvent, est, comme nécessairement, un trésor d'édification à ses frères. »

    1. Saint Jean Chrysostome (fêté ce jour au nouveau calendrier) disait : « Il est plus facile au soleil de ne point rayonner qu'au chrétien de ne point resplendir. La lumière qui est dans le chrétien ne peut rester latente : on ne dérobe pas l'éclat d'une telle lampe. » In Act. Apost. homil. XX. 4. - 2. Ephes. V, 8. - 3. Totam genitoris naturae fragantiam exerit in semetipso. S. Cyrill. Alexand. Dialog. 3 de Trinit. - 4. II Cor. II, 15, 16. - 5. II Cor. XII, 9.

    Mgr Charles Gay (1814-1891), De la vie et des vertus chrétiennes considérées dans l'état religieux, Tome III (chap. XVI, II), H. Oudin Frères, Poitiers - Paris, Huitième édition, 1878.

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  • Méditation - Voulons-nous devenir saints ?

    « La sainteté consiste à accomplir d'un cœur joyeux la volonté de Dieu... Le premier pas vers la sainteté est la volonté de devenir saint. A travers une volonté ferme et droite, nous aimons Dieu, nous choisissons Dieu, nous nous hâtons vers Dieu, nous L'atteignons, nous L'avons. La sainteté n'est pas un luxe réservé au petit nombre, mais simple devoir pour vous et moi ; aussi, soyons saints comme notre Père aux cieux est saint. Saint Thomas disait : « La sainteté n'est rien d'autre qu'une ferme résolution » - l'acte héroïque d'une âme qui s'abandonne à Dieu.
    Notre progrès dans la sainteté dépend de Dieu et de nous, de la grâce de Dieu et de notre volonté de devenir saint. Nous devons avoir la vivante et authentique détermination d'atteindre la sainteté. « Je serai un saint » veut dire : je me dépouillerai moi-même de tout ce qui n'est pas Dieu, je viderai mon cœur de toutes les choses créées, je vivrai dans la pauvreté et le détachement, je renoncerai à ma volonté, à mes penchants, à mes caprices et à mes fantaisies, et ferai de moi une esclave volontaire, soumise à la volonté de Dieu.
    Rien ne peut nous rendre saints, excepté la présence de Dieu... Et pour moi la présence de Dieu réside dans la fidélité à de petites choses.
    Nous pouvons ne pas accomplir de grandes choses - juste des petites, avec grand amour. Les Sœurs font des petites choses : aider les enfants, visiter les personnes solitaires, les malades, les indésirables. Quand quelqu'un me dit que les Sœurs n'ont entrepris aucun grand travail, qu'elles font tranquillement de petites choses, je réponds que même si elles n'aidaient qu'une seule personne, cela suffirait. Jésus serait mort pour une seule personne, pour un seul pécheur.
    Nous devons devenir saints, non parce que nous voulons nous sentir saints, mais parce que le Christ doit être capable de vivre pleinement Sa vie en nous. Nous devons être tout amour, toute foi, toute pureté... Je prie que chacun de vous soit saint, et ainsi répande l'amour de Dieu partout où il va. Que Sa lumière de vérité soit dans la vie de chaque personne, de façon à ce que Dieu puisse continuer à aimer le monde à travers vous et moi. »

    Bse Mère Teresa (1910-1997), L'amour, un fruit toujours de saison, Éd. du Roseau, Canada, 1986.

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  • Méditation - « Mais priez mes enfants... »

    « La prière est une lumière, une puissance ; elle est l'action même de Dieu : celui qui prie dispose de la puissance de Dieu.
    Vous ne verrez jamais celui qui ne prie pas devenir un saint. Ne vous laissez pas prendre aux belles paroles et aux apparences. Le démon aussi peut beaucoup : il est très savant ; il se change en ange de lumière. Ne vous fiez pas à la science : elle ne fait pas le saint. La seule connaissance de la vérité est impuissante à sanctifier : il y faut l'amour. [...]
    Je vais plus loin, et je dis que les bonnes œuvres de zèle, de charité, ne sanctifient pas toutes seules. Dieu n'a pas donné ce caractère à la sainteté. Les Pharisiens observaient la loi, faisaient l'aumône, consacraient la dîme au Seigneur : le Sauveur les appelle cependant des « sépulcres blanchis ». L’Évangile nous montre que la prudence, la tempérance, le dévouement peuvent s'allier à des consciences vicieuses : témoin les Pharisiens, ils travaillaient beaucoup mais leurs œuvres ne priaient point.
    Les bonnes œuvres extérieures ne font donc pas la sainteté d'une âme, ni la pénitence, ni la mortification. Que d'hypocrisie et d'orgueil peuvent recouvrir un habit pauvre et une mine exténuée par les privations !
    Mais une âme vit de prière. - Oh ! on ne se trompe jamais à ce caractère ! On prie : dès lors on a toutes les vertus, on est un saint. Qu'est-ce que la prière, sinon la sainteté en pratique ? Toutes les vertus y trouvent leur exercice. L'humilité, qui vous fait avouer à Dieu que vous manquez de tout, que vous ne pouvez rien ; qui vous fait avouer vos péchés, lever les yeux vers Dieu et confesser que Dieu seul est saint et bon.
    Il y a là aussi l'exercice de la foi, de l'espérance et de l'amour. Quoi encore ? En priant, nous exerçons toutes les vertus morales et évangéliques.
    Quand on prie, on fait pénitence, on se mortifie : on domine l'imagination, on cloue la volonté, on enchaîne le cœur, on s'humilie. La prière est donc la sainteté même, puisqu'elle renferme l'exercice de toutes les vertus.
    Il en est qui disent : La prière, ce n'est que de la paresse ! - Eh bien ! qu'on prenne ceux qui travaillent le plus, qui se dépensent toujours avec ardeur, ils auront bien plus de peine à prier qu'ils n'en avaient à se dévouer, à se sacrifier aux œuvres de zèle. Ah ! c'est qu'il est plus doux, plus consolant pour la nature, plus facile de donner que de demander à Dieu ! Oui, la prière est à elle seule la pratique de toutes les vertus ; sans elle, rien ne vaut ni ne dure. La charité même, sans la prière, qui la féconde et la rafraîchit, la charité se dessèche comme une plante sans racine. »

    (à suivre ce mardi 2 août, en la fête de St Pierre-Julien Eymard)

    St Pierre-Julien Eymard (1811-1868), La Divine Eucharistie, extraits des Ecrits et Sermons du Bienheureux Pierre-Julien Eymard, Deuxième Série, La sainte Communion (L'esprit de prière), Société Saint-Augustin, Desclée de Brouwer & Cie, Bruges - Lille - Paris - Lyon, 1926 (seizième édition).

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  • Méditation - "Seigneur, qui habitera dans ta demeure ?"

    « Levons-nous donc, enfin, à la voix de l'Écriture qui nous stimule en disant : Voici l'heure pour nous de sortir du sommeil. Les yeux ouverts à la lumière de Dieu et les oreilles attentives, écoutons cet avertissement divin que nous adresse chaque jour la voix qui nous crie : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'allez pas endurcir vos cœurs ; et encore : Que celui qui a des oreilles pour entendre écoute ce que l'Esprit dit aux Églises. Et que dit-il ? Venez, mes fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Courez, pendant que vous avez la lumière de vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent.

    Le Seigneur, se cherchant un ouvrier dans la multitude du peuple, adresse à tous cet appel : Quel est l'homme qui veut la vie, et désire connaître des jours heureux ? Que si, à cette demande, tu réponds : « C'est moi », Dieu te dit alors : Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et que tes lèvres ne profèrent pas de paroles trompeuses. Détourne-toi du mal et fais le bien ; cherche la paix et poursuis-la. Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux seront sur vous et mes oreilles attentives à vos prières ; et avant même que vous m'invoquiez je dirai : « Me voici ». Quoi de plus doux pour nous, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voici que, dans sa bonté, le Seigneur lui-même nous montre le chemin de la vie.

    Que la foi et la pratique des bonnes œuvres nous disposent donc, comme une ceinture autour des reins, à marcher en avant par les sentiers que nous trace l’Évangile, afin que nous méritions de voir celui qui nous a appelés dans son Royaume. Si nous voulons habiter dans sa demeure royale, il faut courir par la pratique des bonnes œuvres, faute de quoi, nous ne pourrions y parvenir. Mais interrogeons donc le Seigneur, en lui disant avec le Prophète : Seigneur, qui habitera dans ta demeure ? Qui se reposera sur ta montagne sainte ? Après cette interrogation, mes frères, écoutons le Seigneur qui nous répond, et nous montre la voie qui donne accès à cette demeure, disant : C'est celui qui marche sans tache et accomplit la justice, celui qui dit la vérité du fond de son cœur, qui n'a pas prononcé de paroles trompeuses, qui n'a pas fait de mal à son prochain, ni pris part aux discours injurieux contre lui. C'est celui qui, sollicité par le diable malin, le repousse, lui et ses suggestions, loin des regards de son cœur, le met à néant, saisit les premiers rejetons de la pensée diabolique et les brise contre le Christ. Ce sont ceux qui, craignant le Seigneur, ne s'enorgueillissent pas de leur bonne observance : estimant au contraire que le bien qui se trouve en eux ne procède pas d'eux-mêmes, mais est accompli par le Seigneur, ils le glorifient de ce qu'il opère en eux, et lui disent avec le Prophète : Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton Nom donne la gloire. De même, l'apôtre Paul ne s'est rien attribué du succès de sa prédication, lorsqu’il dit : C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis. Et il dit encore : Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur.

    C’est pourquoi le Seigneur dit dans l'Évangile : Celui qui écoute mes paroles et les accomplit, je le comparerai à un homme sage qui a bâti sa maison sur la roc. Les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, mais elle n'est pas tombée, car elle était fondée sur le roc. Cela dit, le Seigneur attend de nous que nous répondions chaque jour par nos œuvres à ces saints avertissements. C'est pour l'amendement de nos fautes que les jours de cette vie nous sont prolongés, ainsi que le dit l'Apôtre : Ignores-tu que la patience de Dieu t’invite à la pénitence ? Car notre miséricordieux Seigneur dit aussi : Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive.
    Lors donc, mes frères, que nous avons interrogé le Seigneur sur celui qui habitera dans sa demeure, nous avons appris les conditions requises pour y habiter ; c'est donc à nous de remplir les obligations qui incombent à cet habitant. Il nous faut donc préparer nos cœurs et nos corps à militer sous la sainte obéissance aux commandements. Quant à ce qui semble dépasser nos forces, prions le Seigneur d'ordonner à sa grâce de nous porter secours. D'autre part, désireux d'échapper aux peines de l'enfer, et de parvenir à la vie éternelle, tandis qu'il en est encore temps, que nous sommes en ce corps, et que nous pouvons accomplir cela à la lumière de cette vie, courons et faisons, dès ce moment, ce qui nous sera profitable pour toujours. »

    Règle de Saint Benoît, Prologue (8-44).

    La Règle de Saint Benoît peut être consultée (et téléchargée) sur les sites web de nombreuses abbayes bénédictines, telles :
    Abbaye Notre Dame de Ganagobie
    Abbaye Saint-Pierre de Solesmes
    Abbaye du Mont des Cats
    Abbaye d'En Calcat ...
    ou encore ICI (latin / français).

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    Hermann Nigg (1849-1928), Saint Benoît rédigeant la règle (1926)
    église de l'abbaye de la Sainte-Croix, près de Baden bei Wien, Basse-Autriche
    (Crédit photo)

  • Méditation - Conseils en l'oraison

    « Vous me parlez de vos oraisons. Vous savez notre méthode bien simple : le Rosaire, le Chemin de la Croix et la sainte Messe. Sachez bien ces trois choses et vous saurez tout. Vous savez bien que saint Thomas et saint Bonaventure n'avaient pas d'autres livres. La Crèche, le Calvaire et le Tabernacle, voilà nos trois stations, où je veux vous laisser toujours. Que les mystères de Notre-Seigneur vous soient si familiers que vous puissiez en parler comme d'une chose qui vous est propre, comme les gens du monde savent parler de leur état et de leurs affaires. En lisant, prenez pour fondement de vos oraisons l'histoire du mystère, et étudiez chaque mot, chaque action, chaque vertu, et tâchez de les faire passer dans votre esprit, dans votre cœur et aussi dans votre conduite. Notez les choses qui vous frappent le plus, vous vous les rappellerez mieux, et plus tard cela vous servira...

    Continuez à faire votre chemin de la croix. Quand vous le faites, ne vous précipitez pas, pour être tourmenté de le finir ; mais, si quelque station vous plaît, si le Saint-Esprit vous éclaire sur un endroit de cette station, arrêtez-vous-y, goûtez la grâce de Dieu, acceptez la lumière qui vous y vient : il ne faut pas négliger les lumières et les grâces du moment. Quand même vous ne finiriez pas, cela ne fait rien ; il faut chercher la grâce et la lumière avant tout, et non pas le grand nombre des prières. »

    Bx Antoine Chevrier (1826-1879), Lettre 43 à Monsieur l'abbé Jaricot (20 mars 1868), in "Lettres du Vénérable Antoine Chevrier" Librairie Catholique Emmanuel Vitte, Lyon - Paris, 1927.

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    Eglise St François Xavier à Lavender Bay (Australie)
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  • Méditation : le Sacré-Coeur de Jésus

    « Le Sacré-Cœur est l'asile de la miséricorde et du pardon : « Les pécheurs, dit Notre-Seigneur, trouveront dans mon Cœur l'océan infini de la miséricorde. » - « Que pouvez-vous craindre d'y aller, dit Marguerite-Marie, puisqu'il vous invite à y aller ? N'est-il pas le trône de la miséricorde où les misérables sont les mieux reçus, pourvu que l'amour les présente dans l'abîme de leur misère ? » - « Le Père éternel, par un excès de miséricorde, a fait de cet or précieux une monnaie inappréciable, marquée au coin de sa divinité, afin que les hommes en puissent payer leurs dettes et négocier la grande affaire de leur salut éternel. » - « Vous demeurerez dans le Sacré-Cœur de Jésus comme un criminel qui, par les regrets et la douleur de ses fautes, désire apaiser son juge en se renfermant dans cette prison d'amour. » - « Il m'a donné à connaître que son Sacré-Cœur est le Saint des Saints, qu'il voulait qu'il fût connu à présent pour être le médiateur entre Dieu et les hommes, car il est tout puissant pour faire leur paix et pour obtenir miséricorde. »

    « Choisissez le Cœur de Notre-Seigneur, nous dit Marguerite-Marie, pour votre oratoire sacré. Entrez-y pour y faire vos prières et oraisons, afin qu'elles soient agréables à Dieu. Vous y trouverez de quoi lui rendre ce que vous lui devez. » - [...] « Ce divin Cœur est une source intarissable où il y a trois canaux qui coulent sans cesse : premièrement de miséricorde pour les pécheurs d'où découle l'esprit de contrition et de pénitence ; le second, de charité pour tous les besoins, et particulièrement pour ceux qui tendent à la perfection, qui y trouveront de quoi vaincre les obstacles ; du troisième, découlent l'amour et la lumière pour ceux qu'il veut unir à lui pour leur communiquer sa science et ses lumières. Cherchons dans ce divin Cœur tout ce dont nous aurons besoin ; ayons recours à lui en tout temps et en tout lieu. C'est un trésor caché et infini qui ne demande qu'à s'ouvrir à nous. »

    Résolutions. - Le divin Cœur est donc une douce retraite, j'y veux demeurer toujours ; c'est un asile, un refuge où je trouverai le pardon de mes fautes et la protection dans tous les périls ; c'est l'oratoire sacré où je prierai pour être toujours exaucé. »

    Vénérable Léon Dehon (1843-1925), L'année avec le Sacré-Cœur, Tome I (20 juin), Établissements Casterman, Tournai - Paris, s.d. (1909)

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  • Méditation : de la divine Providence

    « La divine Providence est universelle : tout, absolument tout est providentiel. Il faut bien nous en persuader. Nous sommes conduits par la main de Dieu, et il suffit de parcourir sa vie pour en reconnaître l'évidence. Même notre liberté n'échappe pas à la Providence : elle s'intègre dans le plan divin. Le hasard n'existe que pour nous : pour Dieu, rien n'est fortuit. Pour lui, tout est ordonné à faire des élus : Dieu suffit aux saints, et les saints suffisent à Dieu. Pratiquement, voir chacun des événements de notre vie à cette lumière.

    La Providence ne se trompe jamais. Dieu a toujours raison, en tout, même si nous n'arrivons pas à voir comment tel événement, humainement déconcertant, peut concourir à la gloire de Dieu. Même du mal, Dieu tire le bien. La souffrance, la maladie, telle situation ne sont pas des obstacles, au contraire, si l'on correspond à la volonté de Dieu.

    La divine Providence n'est ni terrible, ni despotique, mais paternelle et maternelle à la fois. Il n'y a rien à craindre de Dieu ; cela doit nous conduire au saint abandon. Il faut agir, mais il faut agir selon ce que Dieu réclame de nous. Et il faut prier. La prière fait partie du plan de Dieu. »

    Dom Placide de Roton (1908-1952), Abbé de la Pierre-qui-Vire, Paroles d'un père (Année 1951, 10 juillet), Éditions Sainte-Madeleine, 2001.

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