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  • Nativité de la Sainte Vierge

    « Lorsque le moment fut venu pour la nature humaine de rencontrer la nature divine et de lui être unie si intimement que les deux ne formeraient qu'une seule personne, chacune d'entre elles devait nécessairement être déjà manifestée dans son intégrité. Dieu, pour sa part, s'était révélé de la manière qui convenait à Dieu ; et la Vierge est seule à mettre la nature humaine en lumière... Il semble bien que si Dieu s'est mêlé à la nature humaine non pas dès son origine mais à la fin des temps (Ga 4,4), c'est parce que, avant ce moment, cette nature n'était pas encore pleinement née, tandis que maintenant, en Marie, elle apparaît pour la première fois dans son intégrité... C'est tout cela que nous sommes venus célébrer avec éclat aujourd'hui. Le jour de la naissance de la Vierge est aussi celui de la naissance du monde entier, car ce jour a vu naître le premier être pleinement humain. Maintenant, la terre a vraiment donné son fruit (Ps 66,7), cette terre qui de tout temps n'avait produit, avec des ronces et des épines, que la corruption du péché (Gn 3,18). Maintenant le ciel sait qu'il n'a pas été bâti en vain, puisque l'humanité, pour laquelle il fut construit, voit le jour... C'est pourquoi la création tout entière fait monter vers la Vierge une louange sans fin, toute langue chante sa gloire d'une voix unanime, tous les hommes et tous les chœurs des anges ne cessent de créer des hymnes à la Mère de Dieu. »

    Nicolas Cabasilas (v.1320-1363), Homélie pour la Nativité de la Mère de Dieu (16-18), Patrologia Orientalis PO 93 T. 19, Homélies mariales byzantines, M. Jugie (ed.), Brepols, 1926.

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    Bartolomé Esteban Murillo, La Nativité de la Vierge
    Musée du Louvre, Paris.

    (Crédit photo)

  • Méditation - Éveiller pour le Ciel

    « Éveiller des enfants pour le Ciel, c'est la maternité authentique - une maternité spirituelle qui est indépendante de la maternité physique - la maternité la plus belle, la plus sublime et la plus riche de joies, même si c'est au prix de soucis, de sacrifices et de peines non moindres que la maternité physique. Faire jaillir l'étincelle divine dans un cœur d'enfant, voir croître et s'épanouir en lui la vie divine ou encore contribuer à allumer une nouvelle fois la vie de la grâce dans l'âme éteinte, dégénérée ou enténébrée d'un adulte auquel Dieu est devenu étranger, et pouvoir assister ensuite au merveilleux processus de transformation qui s'opère dans cette âme et y coopérer en tant qu'instrument, c'est témoigner et éduquer pour le Ciel, et cela procure une joie qui n'est pas de ce monde. Une telle maternité spirituelle peut combler la vie d'un être humain. »

    Edith Stein (Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix, 1891-1942), La Femme, Ed. du Carmel, Paris, 2008.

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  • Méditation : Notre âme, berceau de la Parole divine

    « Chaque bonne action que fait une personne baptisée, c'est-à-dire un membre du Christ, Dieu la pense, Dieu la veut, Dieu la dit dans cette éternité radieuse et sereine où il énonce son Christ, ce qui est l'engendrer. De sorte que cette action, pour vile, petite et insignifiante qu'elle soit par elle-même, est néanmoins, en principe, une vraie parole de Dieu, se réalisant, s'humanisant, s'incarnant ici-bas. Elle descend ainsi en nous sous forme de lumière, d'inspiration, de grâce, comme des hauteurs du Verbe chaque acte particulier que la divinité voulait de l'homme-Dieu descendait dans son âme pour y être humainement et librement accueillie et se produire au monde. Elle y descend comme le Verbe lui-même, quand il voulut commencer de vivre dans la chair, descendit vers Marie, lui demandant sa foi et son concours afin de se former humainement en elle et de naître d'elle ensuite parmi les hommes. Il n'y a pas sans doute ici d'égalité, mais il y a analogie et véritable ressemblance.

    Si l'âme s'ouvre à cette semence, si elle la conserve et la cultive, elle donne le fruit divin ; ce qui est, nous l'avons vu, l'incarnation et la naissance humaine d'une parole divine. Dieu est le Père de ce Verbe incarné ; l'âme fidèle en est la mère, et c'est en vue de cette maternité que Dieu « l'a épousée dans la foi » (1). Notre âme est un vrai Nazareth où le mystère sacré de la venue de Dieu sur la terre se reproduit à chaque instant, où, du moins, il veut, peut et doit se reproduire. Elle est encore semblable à l'âme de la sainte Vierge en face du Verbe de Dieu se proposant à elle et attendant cette réponse, qui pour tous est indispensable : « Voici la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon votre parole » (2). Enfin elle est comme la très sainte âme de Jésus au regard de ces vouloirs divins qui formaient comme les étoiles de son firmament intérieur, et réglaient invariablement ses pas et ses conduites. On ne peut rien imaginer de plus solennel et de plus saint. »

    1. Ose. II, 20. - 2. Luc. I, 38

    Mgr Charles Gay (1814-1891), Élévations sur la vie et la doctrine de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Tome II (XXIVe élévation), Oudin Frères, Poitiers - Paris, 1879.

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  • Méditation : Nativité de la Sainte Vierge

    « En ce jour-là apparut sur la terre la plus grande merveille qu'eût jamais éclairée le soleil, une créature tout à la fois chérie du Père, mère future du Verbe, et destinée à devenir l'épouse bien-aimée du Saint-Esprit ; une créature petite enfant, et déjà dépassant en grandeur et en dignité non seulement toutes les créatures qui ont jamais existé ou existeront à jamais, mais encore toutes les créatures possibles, puisque ces créatures ne pourraient jamais être que les serviteurs ou les servantes de Dieu, tandis que Marie, ô différence incommensurable ! en est la fille, en sera la mère et l'épouse ; une créature enrichie de tous les dons de sainteté, de toutes les vertus surnaturelles que peut comporter la condition de créature ; une créature le chef-d’œuvre de la puissance du Père, de la sagesse du Fils, de l'amour du Saint-Esprit, puisque le Père, le Fils et le Saint-Esprit devaient faire pour une personne liée avec eux par des relations si intimes tout ce qui leur était possible de faire ; une créature par conséquent qu'ils regardaient avec amour, qu'ils admiraient avec délices, où ils se complaisaient ainsi que l'ouvrier se complaît dans son chef-d’œuvre. O Marie ! dans votre petit berceau, j'aime à vous contempler comme le paradis de Dieu en terre, comme toute belle et sans ombre de tache. Vous n'êtes encore qu'une enfant, et déjà vous faites l'objet des complaisances de la très sainte Trinité : oh ! quel bonheur est le vôtre ! Plaire à Dieu est le plus grand des bonheurs ; et ce bonheur, ô ma mère ! vous l'avez eu au plus haut degré possible dès le jour de votre naissance ! Ce bonheur, je puis l'avoir moi-même dans une certaine mesure par la sainteté de ma vie, par la pureté de mes intentions en toutes choses ; car, ô mon Dieu, pour vous plaire, il suffit de vouloir. O consolante pensée ! »

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année (Tome III, Nativité de la Sainte Vierge, I), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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    Naissance de la Vierge, Albrecht Altdorfer (1488-1538), Pinakothek de Munich

  • Méditation : Nativité de Saint Jean-Baptiste

    « L’Eglise ne célèbre le jour natal d’aucun prophète, d’aucun patriarche, d’aucun apôtre : elle ne célèbre que deux nativités, celle de Jean et celle du Christ. L’époque même ou chacun d’eux est né figure un grand mystère. Jean était un grand homme, mais après tout un homme. C’était un si grand homme que Dieu seul était au-dessus de lui. « Celui qui vient après moi est plus grand que moi (1) ». C’est Jean lui-même qui a dit : « Celui qui vient après moi est plus grand que moi ». S’il est plus grand que toi, comment lui avons-nous entendu dire, à lui qui est plus grand que toi : « Parmi les enfants des femmes, il n’en est aucun qui soit plus grand que Jean-Baptiste (2) ? » Si nul d’entre les hommes n’est plus grand que toi, qu’est-ce que Celui que tu dis plus grand ? Tu veux savoir ce qu’il est ? « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ».

    Jean est né, le Christ est né aussi ; Jean a été annoncé par un Ange, le Christ aussi a été annoncé par un Ange. Grand miracle de côté et d’autre ! C’est une femme stérile qui avec le concours d’un vieux mari donne le jour au serviteur, au précurseur ; c’est une Vierge qui sans le concours d’aucun homme devient mère du Seigneur, du maître. Jean est un grand homme ; mais le Christ est plus qu’un homme, car il est l’Homme-Dieu. Jean est un grand homme ; mais pour exalter Dieu cet homme devait s’abaisser. Apprends de lui-même combien l’homme devait s’abaisser. « Je ne mérite pas de dénouer la courroie de sa chaussure », dit-il (3). S’il estimait le mériter, combien il s’humilierait ! Il dit qu’il ne le mérite même pas. C’est se prosterner complètement, c’est s’abaisser sous la pierre. Jean était un flambeau (4) ; il craignait de s’éteindre au souffle de l’orgueil.

    Oui, il fallait que tout homme et par conséquent Jean lui-même, s’humiliât devant le Christ ; il fallait aussi que le Christ, que l’Homme-Dieu fût exalté : c’est ce que rappellent le jour natal et le genre de mort de Jésus et de Jean. C’est aujourd’hui qu’est né saint Jean : à partir d’aujourd’hui les jours diminuent. C’est le huit des calendes de Janvier qu’est né le Christ : à partir de ce jour les jours grandissent. Pour mourir, Jean fut décapité, le Christ fut élevé en croix. »

    1. Matt. III, 11. — 2. Ib. XI, 11. - 3. Jean, I, 27. — 4. Ib. V, 35.

    Extraits du Sermon CCLXXXVII attribué à St Augustin (*) pour la Nativité de Saint Jean-Baptiste (1-4).
    (*) : On lit dans le Bréviaire Romain, le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste, trois leçons qui sont attribuées à saint Augustin, et qu'on ne trouvera dans aucun des sermons suivants. Déjà l'édition de Louvain avait rejeté à l'Appendice le discours dont ces leçons sont a traites; les Bénédictine ont fait de même, et tout porte à croire que ce discours est plutôt de Fauste que de saint Augustin. On peut le lire d'ailleurs dans l'édition des Bénédictins (Tom. V, Append, sans. CXCVI. Migne, ibid.), et dans l'édition de Louvain (Append. serm. LXXVI).
    (Bibliothèque de l'Abbaye St Benoît en Valais, Suisse)

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    Domenico Ghirlandaio (1449–1494), fresque de la Naissance de Saint Jean Baptiste
    Choeur de l'église Santa Maria Novella, Florence (Italie)

  • Mercredi 24 juin 2015

    Naissance de Saint Jean-Baptiste

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    Calendrier liturgique et sanctoral

  • Message du Saint-Père au Procureur Général de la Congrégation de l'Oratoire de Saint Philippe Néri pour le cinquième centenaire de la naissance du Saint

    Hier, le Saint-Père a écrit au Procureur Général de l'Oratoire à l'occasion du cinquième centenaire de la naissance de saint Philippe Neri, fondateur de la Congrégation, surnommé l'Apôtre de Rome. Saluant le travail des prêtres de l'Oratoire, entre prière, étude de l’Écriture, préparation aux sacrements et œuvres de charité en faveur des pauvres, il souligne combien l'apostolat de Philippe Neri est d'actualité. Avec lui "le salut des âmes redevint une priorité pour l’Église. On comprit de nouveau que les pasteurs doivent accompagner le peuple, le guider, soutenir sa foi. Philippe Neri, qui fut un exemple pour beaucoup de gens..., se dédia avec passion au ministère de la confession. Il accompagnait avec grande attention la croissance spirituelle et les épreuves de ses disciples, les éduquant à l'espérance chrétienne". Il aimait les contrastes, tels la prière solitaire et la prédication publique. "Il proposait une mortification intérieure pleine de joie et de sérénité. Prédicateur passionné, il réduisait son discours à quelques phrases lorsque l'émotion l'enveloppait... sa paternité spirituelle se manifestait dans tous ses actes, dans sa confiance dans les personnes, dans son refus des formules menaçantes au profit d'un ton joyeux, convaincu que la grâce n'écrase pas la nature mais la purifie, la renforce et la perfectionne. Saint Philippe reste un modèle lumineux de la mission continuelle de l’Église dans le monde...pour les évêques et les prêtres comme pour les consacrés et les laïcs. Dès son arrivée à Rome il développa un apostolat fait de rapports personnels et amicaux favorisant la rencontre" avec l’Évangile. "Il aimait la spontanéité, rejetait l'artifice, inventait des modes amusants pour enseigner les vertus chrétiennes de pair à un discipline dans l'approche du Christ concrète... Pour lui la voie de la sainteté se fondait sur la grâce d'une rencontre personnelle avec le Seigneur. Quelle que fut leur condition les gens l'accueillaient avec les yeux surpris de l'enfant". L'état missionnaire permanent de l’Église, affirme-t-il ensuite, "requiert des fils spirituels de saint Philippe Neri qu'ils ne se contentent pas d'une vie médiocre et choisissent d’œuvrer dans le sillage du fondateur. Vous êtes appelés à être des hommes de prière et de témoignage pour amener les gens au Seigneur. Aujourd'hui comme du temps de Philippe Neri, surtout parmi les jeunes, on note un grand besoin de personnes priantes et capables d'enseigner à prier".

    Source : Vatican Information Service (Publié VIS Archive 01 - 26.5.15).

    Texte intégral traduit en français sur Zenit.org.

    Texte intégral original en italien sur le site internet du Vatican.

  • Message au Président du Conseil pontifical pour la Culture à l'occasion de la célébration solennelle du 750e anniversaire de la naissance du poète Dante Alighieri

    Ce matin, ont débuté par une commémoration au Sénat italien les manifestations du 750e anniversaire de la naissance de Dante Alighieri, l'auteur de la Divine Comédie. Le Pape a participé à cet événement avec un message confié au Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil pontifical pour la Culture. Etaient présents à la cérémonie présidée par le Président du Sénat le Président de la République, le Ministre des affaires culturelles et l'acteur Roberto Benigni qui a lu le Chant XXXIII du Paradis.

    "Je désire m'unir au chœur de ceux qui considèrent Dante Alighieri comme un artiste de très haute valeur universelle, qui a encore beaucoup à dire et à donner, à travers ses œuvres immortelles, à ceux qui sont désireux de parcourir la voie de la vraie connaissance, de l'authentique découverte de soi, du monde, du sens profond et transcendant de l'existence". Le Saint-Père souligne ensuite que nombre de ses prédécesseurs ont célébré les anniversaires de Dante avec des documents de grande importance, dans lesquels la figure de Dante se présentait dans toute son actualité et sa grandeur non seulement artistique, mais aussi théologique et culturelle. Il a cité parmi eux Benoît XV qui lui consacra pour le sixième centenaire de sa mort l'encyclique En Praeclara Summorum (1921) dans laquelle il souligne l'union intime de Dante avec la Chaire de Pierre. Pour sa part, Paul VI a consacré à Dante, à la clôture du Concile Vatican II, la lettre apostolique Altissimi Cantus où il affirmait : "Dante est nôtre ! Nôtre, c'est-à-dire de la foi catholique." Saint Jean-Paul II et Benoît XVI ont aussi souvent fait référence aux œuvres du grand poète et l'ont mentionné à de nombreuses occasions. Le Pape François affirme que dans sa première encyclique Lumen Fidei, il s'est lui-même servi de "l'immense patrimoine d'images, de symboles et de valeurs que constitue l'œuvre de Dante".

    A la veille du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, le Saint-Père souhaite qu'au long de cette année Dante et son œuvre accompagnent aussi notre parcours personnel et communautaire : "En effet la Divine Comédie peut être lue comme un grand itinéraire, voire comme un pèlerinage, personnel et intérieur, communautaire, ou ecclésial, social et historique. Elle représente le paradigme de tout voyage authentique où l'humanité est appelée à laisser ce que Dante définit comme "cet humble nid dont l'homme est si fier", pour atteindre une nouvelle condition, marquée par l'harmonie, la paix et le bonheur. Voilà quel est l'horizon de tout authentique humanisme. Dante est donc un prophète d'espérance, annonciateur d'un possible rachat, de la libération, du changement profond de tout homme et toute femme, de toute l'humanité. Il nous invite encore une fois à retrouver le sens perdu et brouillé de notre parcours humain et à espérer revoir l'horizon lumineux où brille en plénitude la dignité de la personne humaine. En honorant Dante, comme nous a invité à le faire Paul VI, nous pourrons nous enrichir de son expérience pour traverser les nombreuses forêts obscures encore disséminées sur notre terre et accomplir heureusement notre pèlerinage dans l'histoire, pour atteindre au but rêvé et désiré par tout homme, l'amour qui meut le jour et les étoiles, Dieu".

    Source : Vatican Information Service (Publié VIS Archive 01 - 4.5.15).

    Texte intégral en italien sur le site internet du Vatican.

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    Le texte intégral de La Divine Comédie (traduction de Lamennais) est en ligne à l'Abbaye Saint-Benoît de Port-Valais (Suisse) et sur Wikisource.

  • Lettre du Pape François au Préposé général de l'Ordre des Carmes Déchaux pour le 500e anniversaire de la naissance de Sainte Thérèse de Jésus

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    Le Pape François a écrit une lettre au Préposé Général des Carmes Déchaux, le Père Saverio Cannistrà, à l'occasion du cinquième centenaire de la naissance de Sainte Thérèse d'Avila. Le 26 mars au petit matin, le Père Cannistrà avait participé à la Messe matinale présidée par le Pape François dans la chapelle de la résidence Sainte-Marthe, pour marquer symboliquement le début de trois jours de prière pour la paix.

    Dans cette lettre qui s'adresse plus largement à « toute la famille thérésienne », le Pape s'unit « à l'action de grâce de toute la famille carmélitaine, religieuses, religieux et séculiers, pour le charisme de cette femme exceptionnelle. » Faisant remarquer que cette anniversaire coïncide avec l'Année de la Vie consacrée, il présente Thérèse d'Avila comme « une guide sûre et un modèle séduisant de don total à Dieu. » Il appelle à redécouvrir « l'étincelle inspiratrice » qui a donné l'impulsion décisive pour la fondation des premières communautés carmélites inspirées par la mystique espagnole, réformatrice d'un Ordre dont les origines remontent au XIIIe siècle en Palestine, lorsque des frères avaient fondé sur le Mont Carmel une communauté d'ermites.

    « Le témoignage de sa consécration, née directement de la rencontre avec la Christ, son expérience de prière, comme dialogue continu avec Dieu, et sa vie communautaire enracinée dans la maternité de l'Église, continuent à nous faire tellement de bien ! » s'enthousiasme le Pape François.

    C'est comme une « maîtresse de prière » que François définit Thérèse d'Avila, qui ne considère par la prière comme « réservée uniquement à un espace ou à un moment de la journée, elle surgissait spontanément dans les occasions les plus diverses. » « Elle était convaincue de la valeur de la prière continue, bien que pas toujours parfaite, précise le Saint-Père. La Sainte nous demande d'être persévérants, fidèles, aussi au milieu de l'aridité, des difficultés personnelles ou des nécessités pressantes qui nous appellent. Pour rénover aujourd'hui la vie consacrée, Thérèse nous a laissé un grand trésor, plein de propositions concrètes, de voies et de méthodes pour prier, qui loin de nous enfermer en nous-mêmes ou de nous conduire seulement à un équilibre intérieur, nous font repartir toujours de Jésus et constituent une école authentique pour grandir dans l'amour vers Dieu et vers le prochain. »

    Le Pape insiste sur son admiration personnelle pour Thérèse d'Avila, d'une modernité toujours surprenante avec cinq siècles de distance. « Face aux graves problèmes de son temps, elle ne s'est pas limitée à être une spectatrice de la réalité qui l'entourait. Dans sa condition de femme et avec ses difficultés de santé, elle avait décidé, disait-elle, "de faire ce peu qui dépendait de moi, c'est-à-dire de suivre les conseils évangéliques avec toute la perfection possible et de faire en sorte que ces quelques sœurs qui sont ici, fassent de même", en faisant en sorte de ne pas se perdre "dans des choses de peu d'importance" alors que "le monde est en flammes" » écrit le Pape en citant l'une des œuvres majeures de Thérèse, Le Chemin de perfection.

    Autre caractéristique appréciée par le Pape François : « Sainte Thérèse savait que ni la prière ni la mission ne peuvent se soutenir sans une authentique vie communautaire, Pour cela, le fondement qu'elle a posé dans ses monastères était la fraternité. "Ici nous devons toutes nous aimer, nous vouloir du bien, et nous aider réciproquement" écrivait Thérèse, qui appelait l'humilité afin de surmonter les conflits et les jalousies. »

    « Les communautés thérésiennes sont donc appelées à devenir des maisons de communion, capables de témoigner de l'amour fraternel et de la maternité de l’Église, en présentant au Seigneur les difficultés du monde, lacéré par les divisions et les guerres », conclut le Pape, remerciant toute la famille carmélitaine, qui doit faire transparaître « la joie et la beauté de vivre l'Évangile ».

    Source : Radio Vatican.

    Texte intégral original en espagnol sur le site internet du Vatican.

  • Noël, fête religieuse ?

    Noël représente avant tout une fête religieuse pour 15 % des Français (6 % des 18-24 ans)
    juste un peu plus qu'une corvée...
     
    Un sondage CSA réalisé pour le quotidien gratuit Direct Matin, paru le 2 décembre dernier, montre que pour les Français, Noël est avant tout un moment vécu en famille :
    Famille : 81 %
    Cadeaux 68 %
    Bon repas : 53 %
    Dépenses : 30 %
    Religion : 15 %
    Corvée : 12%

    « Mon souhait est accompagné d’une exhortation à vivre Noël dans son esprit authentique qui est religieux. La joie extérieure de ces journées ne doit pas être un but en lui-même mais une manifestation d’une rencontre intérieure de nous-mêmes avec le Christ, le Verbe Incarné. Cherchons par conséquent à passer et à vivre l’anniversaire de la naissance de notre Rédempteur avec Dieu, nous-mêmes et les autres. »
    Jean Paul II, extrait de l'Angelus du 23 décembre 1984.

  • Méditation : pourquoi l'Avent ?

    « C'est de la part de l’Église une profonde sagesse de ne pas nous introduire tout à coup devant la crèche de Bethléem, mais de nous la montrer en quelque sorte du doigt un mois d'avance, pour nous dire : Préparez-vous à vous présenter devant le divin Enfant (1). Réfléchissez sérieusement à ce grand mystère, qui, après avoir été caché neuf mois dans le sein de Marie, va s'offrir à la religion du monde le jour de Noël. Préparez-lui dans votre cœur, par la méditation, une foi plus vive de ses grandeurs, un religion profonde pour sa majesté abaissée, un amour reconnaissant pour sa charité de si haut descendue si bas, une humilité vraie pour honorer ses anéantissements, une douceur de caractère et de paroles en rapport avec son incomparable bénignité, un esprit de pénitence et de recueillement qui ne fasse pas contraste avec l'austérité de la crèche et les saines occupations du divin Enfant. Si vous ne préparez ainsi vos cœurs par une sérieuse méditation du mystère du Verbe incarné, vous perdrez les grâces attachées à la grande solennité. Prévenons un tel malheur en commençant dès aujourd'hui à nous occuper de ce mystère et en entrant dans une nouvelle vie. »

    (1) : Praeparare in occursum Dei tui (Amos IV, 12) - Parate viam Domini (Is XI, 3).

    Abbé André-Jean-Marie Hamon (1795-1874), curé de Saint Sulpice, Méditations à l'usage du clergé et des fidèles pour tous les jours de l'année (Tome I, Premier Dimanche de l'Avent), Paris, Victor Lecoffre, 1886.

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    Bréviaire Mozarabe, Ier Dimanche de l'Avent, Capitule :

    « Ne dédaignez pas nos prières, Seigneur ! regardez et exaucez dans votre clémence. La voix de notre ennemi nous jette dans le trouble ; consolez-nous par l'Avènement sacré de votre Fils unique ; que la foi nous donne des ailes, et semblables à la colombe, nous nous élèverons en haut. Seigneur, éloignez-nous d'un siècle pervers, et gardez-nous des filets de l'ennemi ; par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen. »

  • Cinquième centenaire de la naissance de Thérèse d'Avila - Ouverture de l'année jubilaire

    Le Saint-Père a fait parvenir une lettre à l'évêque d'Avila (Espagne) pour le cinquième centenaire de la naissance de sainte Thérèse d'Avila. Rappelant notamment les souffrances et les épreuves de sa vie, il a rappelé  cette citation : « l'Évangile n'est pas un sac de plomb que l'on traîne péniblement mais une source de joie qui remplit de Dieu le cœur et le pousse à servir les hommes ». Pour sainte Thérèse, la prière était « un dialogue d'amitié, nécessitant parfois d'aller au devant de qui ne nous aime pas ». Thérèse d'Avila recommandait trois choses seulement : « S'aimer les uns les autres, se dépouiller de tout, une véritable humilité... Le réalisme thérésien exige des actions plutôt que des émotions..., le réalisme de l'amour humble face à l'ascétisme forcé ». Le Pape François a alors rappelé des conseils de la sainte, comme celui-ci : « il est déjà temps de marcher », et en effet « quand le monde brûle, on ne peut pas perdre du temps dans des activités sans importance » a ajouté le Saint-Père. Des conseils « toujours d’actualité », qui valent aussi bien pour les individus, dans leur propre cheminement vers Dieu et les hommes, que pour les communautés de vie consacrée. Le Pape a rappelé un des conseils toujours actuels de Thérèse : « dans une culture du provisoire, que l'on vive la fidélité du "pour toujours" ; dans un monde sans espérance, que l'on montre la fécondité d'un cœur amoureux ; dans une société avec tant d'idoles, que nous soyons les témoins du fait que Dieu seul suffit. » Il a enfin rappelé que sainte Thérèse d'Avila sortait à l'extérieur pour « parcourir les routes de son temps, avec l'Évangile à la main et l'Esprit dans le cœur ».

    Source : Vatican Information Service (Publié VIS Archive 01 - 15.10.14) - Radio Vatican.

    Texte intégral de cette lettre à Mgr Burillo en français sur Zenit.org

    Texte intégral original en espagnol sur le site internet du Vatican.

    93 carmélites de Croatie, Colombie, Roumanie, Hollande, États-Unis, Philippines, Australie, France, Suisse, Espagne, Singapour, Royaume-Uni, Indonésie, Canada, et dix autres pays, ont été réunies en ligne par Scott Haines, jeune producteur connu pour ses expériences de "chœur virtuel", avec Eric Whitacre.

    Elles chantent ensemble le fameux poème de Thérèse d'Avila : "Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraye. Tout passe. Dieu ne change pas. La patience obtient tout. Celui qui a Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit."

    Ce chœur "virtuel" a été rendu possible grâce à l'Ordre des carmélites déchaussées de l'Ouest des États-Unis et par la Fondation Famille Bremer.

    "Célébrer le Ve Centenaire de Sainte Thérèse c’est, tout d’abord, s’engager à découvrir que sous les cendres de ce monde brûlent les braises d’un autre monde possible, un monde plus juste, un monde beaucoup plus humain. En la commémorant, nous nous rendons compte de tout ce que nous pouvons faire pour changer les choses, si nous décidons de changer nous-mêmes et de mener une vie plus simple et plus engagée, plus conforme à l’Évangile de Jésus, à l’Évangile de l’amour."

    Le blog francophone du centenaire.

  • A l'approche du 5e centenaire de la naissance de Ste Thérèse d'Avila

    93 carmélites de Croatie, Colombie, Roumanie, Hollande, États-Unis, Philippines, Australie, France, Suisse, Espagne, Singapour, Royaume-Uni, Indonésie, Canada, et dix autres pays, ont été réunies en ligne par Scott Haines, jeune producteur connu pour ses expériences de "chœur virtuel", avec Eric Whitacre.

    Elles chantent ensemble le fameux poème de Thérèse d'Avila : "Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraye. Tout passe. Dieu ne change pas. La patience obtient tout. Celui qui a Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit."

    Ce chœur "virtuel" a été rendu possible grâce à l'Ordre des carmélites déchaussées de l'Ouest des États-Unis et par la Fondation Famille Bremer.

    Il anticipe en quelque sorte l'ouverture de l'année Thérésienne : le 5e centenaire de sa naissance de la grande réformatrice du Carmel tombe précisément le 28 mars prochain.

    Une célébration dont le site officiel explique le sens : "Célébrer le Ve Centenaire de Sainte Thérèse c’est, tout d’abord, s’engager à découvrir que sous les cendres de ce monde brûlent les braises d’un autre monde possible, un monde plus juste, un monde beaucoup plus humain. En la commémorant, nous nous rendons compte de tout ce que nous pouvons faire pour changer les choses, si nous décidons de changer nous-mêmes et de mener une vie plus simple et plus engagée, plus conforme à l’Évangile de Jésus, à l’Évangile de l’amour."

  • Méditation : Nativité de la Bse Vierge Marie

    « Oui, Marie est la plus belle créature qui soit jamais sortie des mains du Créateur. Dieu lui-même la choisit, pour être le canal par lequel il devait faire couler ses grâces les plus précieuses et les plus abondantes sur tous ceux qui auraient confiance en elle. Dieu nous la représente comme un beau miroir où il se reflète comme un modèle accompli de toutes les vertus. Aussi voyons-nous que l'Église la considère comme sa Mère, sa patronne et sa puissante protectrice contre ses ennemis ; qu'elle s'empresse de célébrer avec la plus grande pompe le jour heureux où ce bel astre commença à briller sur la terre. [...]

    C'est donc avec raison que l'Église dit à la sainte Vierge, dans un tressaillement d'allégresse : « Votre naissance, ô Vierge sainte Marie, remplit le monde entier d'une douce consolation et d'une sainte allégresse, parce que c'est de vous qu'il nous est né ce Soleil de justice, notre Jésus, notre Dieu, qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés par le péché de nos premiers parents, et nous a comblés de toutes sortes de bénédictions. » Oui, c'est vous, Vierge sans pareille, Vierge incomparable, qui avez détruit l'empire du péché et rétabli le règne de la grâce. « Levez-vous, dit l'Esprit-Saint, sortez du sein de votre mère, vous qui êtes ma plus chère, aussi bien que ma plus belle amante, venez, tendre colombe, dont la pureté et la modestie sont sans égales, montrez-vous sur la terre, paraissez au monde comme celle qui doit embellir le ciel et rendre la terre heureuse. Venez et paraissez avec tout l'éclat dont Dieu vous a ornée, car vous êtes le plus bel ouvrage de votre Créateur. » En effet, quoique la sainte Vierge fût dans les voies ordinaires, l'Esprit-Saint voulut que son âme fût la plus belle et la plus riche en grâces ; il voulut aussi que son corps fût le plus beau corps qui ait jamais paru sur la terre. L'Écriture la compare à l'aurore dans sa naissance, à la lune dans son plein, au soleil dans son midi (1). Elle nous dit encore qu'elle a une couronne de douze étoiles (2), et est établie dispensatrice de tous les trésors du ciel. Depuis la chute d'Adam, le monde était couvert de ténèbres affreuses ; alors Marie paraît, et, comme un beau soleil dans un jour serein, dissipe les ténèbres, ranime l'espérance et donne la fécondité à la terre. Dieu, M.F., ne devait-il pas dire à Marie, comme à Moïse (3) : « Va délivrer mon peuple, qui gémit sous la tyrannie de Pharaon ; va lui annoncer que sa délivrance est proche, et que j'ai entendu sa prière, ses gémissements et ses larmes. Oui, Marie, semble-t-il dire, j'ai entendu les gémissements, j'ai vu les larmes des patriarches, des prophètes et de tant d'âmes qui soupirent après l'heureux moment de leur délivrance. » En effet, M.F., Marie, encore bien mieux que Moïse, annonce que bientôt nos malheurs vont cesser et que le ciel va se réconcilier avec la terre. Ô quels trésors apporte au ciel et à la terre la naissance de Marie ! Le démon frémit de rage et de désespoir, parce que, dans Marie, il voit celle qui doit l'écraser et le confondre. Au contraire, les anges et les bienheureux font retentir la voûte des cieux de chants d'allégresse en voyant naître une Reine qui doit donner à leur beauté un nouvel éclat. »

    (1) Ct VI, 9 ; (2) Ap XII, 1 ; (3) Ex III.

    St Curé d'Ars, Fête de la Nativité de la Ste Vierge (extraits), in "Sermons du saint curé d'Ars", Tome IV, Nouvelle édition, Gabriel Beauchesne, Paris, 1925.

    A lire également, de St Bernard, le Sermon pour la Nativité de la Vierge Marie, « De Aquaeductu » (De l'Aqueduc), en extrait (traduction d’Albert Béguin, Éditions du Seuil, Paris, 1953) ou en texte intégral (traduction de l'Abbé Charpentier, Louis Vivès, Paris, 1866).

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    Naissance de la Vierge Marie, Giotto di Bondone (1267-1337), Chapelle Scrovegni à Padoue
    (Source et crédit photo)

  • L'Emmanuel fête le 100e anniversaire de la naissance de son fondateur

    Pierre Goursat, qui a fondé la communauté de l'Emmanuel en 1972, était né le 15 août 1914. Un siècle plus tard, une journée est spécialement organisée à sa mémoire à Paray-le-Monial.

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    (biographie - dates clés)

    Programme de la journée :

    09h : louange
    10h : enseignement : “De quelle sainteté parle-t-on concernant Pierre ?” par le Père Bernard Peyrous
    11h : Messe de l’Assomption

    Après-midi spéciale Pierre Goursat avec :

    14h : le film Pierre et l’Emmanuel (à retrouver ici)
    15h : au choix : Pèlerinage sur la tombe de Pierre avec Bernard Peyrous
    Adoration animée avec des textes de Pierre sous la grande tente.
    16h30 : Louange finale, action de grâce
    17h : fin

    Événement à suivre en direct et en vidéo sur le site www.sessions-paray.org

    Source et toutes les infos sur le site internet de la Communauté de l'Emmanuel.

  • Méditation : chaque matin du chrétien

    « C'est dès le matin qu'il faut prendre un parti décidé et affirmer par un premier acte l'acceptation du devoir.
    Le matin est un départ, le matin est une naissance. Quand je me réveille, je sors, comme par une création nouvelle, du néant relatif du sommeil. J'étais, mais je ne le savais pas, et c'était comme si je n'étais pas. Maintenant, je renais et je rentre en moi-même comme dans une demeure qu'on avait quittée.
    Je suis ; j'inaugure l'existence diurne ; je prends essor comme l'astre sur sa couche d'horizon. Où vais-je ? Quelle trajectoire correcte ou vacillante vais-je suivre ?
    Quand je vois par ma fenêtre la lueur du matin, que les liturgistes ont chantée mieux que tous les poètes ; quand le coq dressé et tout vibrant lance son hymne, dont saint Ambroise a formé le sien ; quand les bruits du travail renaissent, fleurs du silence qui pullulent peu à peu sur ses calmes eaux, et que, poussée par la lumière vers une autre nuit, la vie infatigable s'élance, mon âme aussi s'élance et transpose au surnaturel, en priant, le mystérieux départ du réveil.
    L'aurore, ne serait-ce point la lumière de la foi ? « VOUS ÉTIEZ AUTREFOIS TÉNÈBRES, dit saint Paul, VOUS ÊTES MAINTENANT LUMIÈRE DANS LE CHRIST » (Eph V, 8). Le coq, conscience sonore sonore de saint Pierre lors du reniement, ne réveille-t-il pas toujours les âmes pécheresses ou indifférentes ? Les bruits qui passent dans la trame de mon oraison disent la continuité de l'effort pour le bien. La reprise de vie dont tout rend témoignage à mes sens marque une étape vers les réalités éternelles. Le matin, c'est l'Eden. Je suis Adam sur son tertre, comme dans la fresque de Michel-Ange. Dieu apparaît, car j'ai dit : « AU NOM DU PÈRE, ET DU FILS, ET DU SAINT-ESPRIT ». La Trinité ineffable est mon horizon : elle s'enveloppe dans les brumes intérieures comme dans la draperie de la Sixtine. « ME VOICI, SEIGNEUR », semble dire le colosse enfant de Buonarotti soulevant sa poitrine large et la fine pesanteur de sa tête ; - me voici, dit le chrétien au réveil : que voulez-vous de moi, Seigneur, aujourd'hui ? »

    Abbé Sertillanges O.P. (1863-1948), La prière, Librairie de l'Art Catholique, Paris, 1917.

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    La Création d'Adam par Michel-Ange (Buonarroti, 1475-1564), plafond de la chapelle Sixtine, au Vatican.
    (Source et crédit photo)

  • Méditation : Nativité de saint Jean-Baptiste

    « Toute la vie du « plus grand parmi tous les enfants des femmes » est le miracle des miracles. En plus de la vie entière de Jean, prophète dès avant sa naissance et le plus grand des prophètes, c'est aussi tout ce qui arrive avant sa naissance et après sa mort qui surpasse tous les miracles. En effet, les prédictions des prophètes inspirés par Dieu à son sujet le décrivent non comme un homme mais comme un ange, comme un flambeau étincelant, comme l'étoile du matin diffusant la lumière divine – car il précède le Soleil de justice – et comme la voix du Verbe de Dieu lui-même. Or qu'y a-t-il de plus proche du Verbe de Dieu...que la voix de Dieu ?

    Lorsque le moment de sa conception approche, ce n'est pas un homme mais un ange qui descend du ciel pour mettre fin à la stérilité de Zacharie et d'Élisabeth... Il prédit que la naissance de cet enfant sera la cause d'une grande joie, car elle annoncera le salut de tous les hommes : « Il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boissons fermentées, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès avant sa naissance. Il fera revenir de nombreux fils d'Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera avec l'esprit et la puissance d'Élie ». Jean, en effet, sera vierge comme Élie, surtout parce qu'il sera le précurseur de Dieu « car, est-il dit, il marchera devant le Seigneur »...

    Il vivait pour Dieu seul, attentif à Dieu seul, trouvant sa joie en Dieu. Il vivait donc en un endroit isolé, comme il est dit : « Il alla vivre au désert jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël »... De même donc qu'en ce temps-là, le Seigneur, poussé par son immense amour pour nous, est descendu du ciel pour nous qui étions tous pécheurs, de même en ce même temps Jean est sorti du désert pour nous, afin d'aider à la réalisation de ce dessein d'amour. Car, pour servir le Dieu de bonté dans son abaissement extraordinaire envers les hommes qui étaient alors plongés dans l'abîme du mal, il fallait un homme d'une vertu inégalable comme Jean. »

    (Références bibliques : Mt 11,11 ; Lc 1,44 ; Mt 11,9 ; Ml 3,1 Hébr ; Nb 24,17 ; Za 3,8 LXX ; Ml 3,20 ; Is 40,3 ; 1R 18,18 ; 21,20 ; Mc 6,18)

    St Grégoire Palamas (1296-1359), Homélie 40 ; PG 151, 496 (Trad. Delhougne, Les Pères commentent, Brepols, 1991, p. 490 rev.)

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    Fra Angelico : Zacharie nomme "Jean" (1334-1335)
    Fresque du Couvent San Marco, Florence. Italie

  • Huitième centenaire de la naissance de Saint Louis (1214-1270)

    (Commémoration nationale)

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    Communiqué du secrétariat particulier de Monseigneur le duc d'Anjou le 23 avril 2014

    Monseigneur le duc d'Anjou (*) et Madame la duchesse d'Anjou, invités par le clergé et les autorités municipales, assisteront à Aigues-Mortes, le 25 avril, jour anniversaire de la naissance et du baptême du Roi Saint Louis, à une Messe pontificale célébrée par Monseigneur Wattebled, évêque de Nîmes, Uzès et Alès en l'église Notre Dame des Sablons à 19 heures.

    (*) : dont ce sera l'anniversaire ce même jour.
  • Méditation : le Verbe fait chair

    « Maintenant que le Verbe s'est fait homme et qu'il a fait siennes nos misères, celles-ci sont détruites par lui. Les hommes ne sont pas morts sous leurs péchés ; mais ressuscités selon la force du Verbe, ils demeurent à jamais incorruptibles et immortels.
    Quand son humanité naît de Marie, mère de Dieu, on dit que c'est lui qui naît. En réalité, cependant, c'est notre naissance qu'il prend en lui, et nous, nous ne sommes plus simplement de la terre qui doit retourner à la terre ; mais nous sommes réunis au Verbe du ciel qui veut nous mener au ciel.
    De même, n'est-ce pas sans raison qu'il a pris en lui les autres faiblesses du corps ; c'est pour que nous ne soyons plus seulement des hommes, mais pour que, appartenant désormais au Verbe, nous participions à la vie éternelle.
    C'en est donc fait de la mort que nous vaut notre première naissance en Adam : cette naissance et toutes les autres misères de la chair, ont été transportées dans le Verbe, nous, relevés de la terre, nous voyons la malédiction du péché enlevée par celui qui, en nous et pour nous, est devenu malédiction.
    Et c'est juste. De même que, faits de terre, nous mourons en Adam ; de même, régénérés par l'eau et l'esprit, nous sommes tous vivifiés dans le Christ. Dorénavant, la chair n'est plus chose terrestre, elle est faite Verbe, à cause du Verbe de Dieu, qui pour nous, est devenu chair.
    Les hommes voient leurs faiblesses transférées et détruites en celui qui n'y est pas sujet ; ils deviennent donc forts et libres pour toujours.
    De même, en effet, que le Verbe, ayant pris un corps, est devenu homme, ainsi nous, les hommes, pris par la chair du Verbe, nous sommes divinisés par lui et faits héritiers de la vie éternelle. »

    Saint Athanase, 3e Discours contre les Ariens, 33-34, dans E. Mersch, "Le corps mystique du Christ" Tome I, Desclée de Brouwer, 1936.

    (Voir à demain, lundi 13 janvier, un texte de St Grégoire de Nazianze sur le Baptême du Seigneur)

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  • Méditation : la Naissance de Notre Seigneur (2)

    « C'est aujourd'hui que revient et que brille parmi nous la solennité anniversaire de la naissance de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ; aujourd'hui que la Vérité s'est élevée de terre et que le jour issu du jour a paru pour être notre jour : réjouissons-nous donc et tressaillons d'allégresse. Eh ! que ne devons-nous point aux abaissements de cette incomparable Majesté ? La foi des chrétiens le connaît et le cœur des impies n'y comprend rien. C'est que Dieu a caché ces merveilles aux sages et aux prudents et les a dévoilées aux petits (Mt XI, 25). Que les humbles donc s'attachent à ces abaissements d'un Dieu, et appuyée sur ce puissant secours, leur faiblesse pourra s'élever jusqu'à sa hauteur.

    Pour ces sages et ces prudents qui ne cherchent en Dieu que grandeurs sans croire à ses abaissements, en ne voulant pas de ceux-ci ils n'atteindront pas à celles-là : esprits vains et légers, qui n'ont pour eux que l'enflure et l'orgueil, ils sont comme suspendus entre le ciel et la terre, toujours agités par le souffle des vents. Sans doute ils sont sages et prudents, mais pour ce monde et non pour Celui qui a fait le monde. Ah ! s'ils avaient cette vraie sagesse, cette sagesse de Dieu qui n'est autre que Dieu même, ils comprendraient que Dieu a pu prendre un corps sans devenir corps ; ils comprendraient qu'il est devenu ce qu'il n'était pas, sans cesser d'être ce qu'il était ; qu'il est venu à nous comme homme, sans s'éloigner de son Père ; qu'en demeurant ce qu'il était, il s'est montré ce que nous sommes ; et qu'en incarnant sa puissance dans le corps d'un enfant, il ne l'a pas moins appliquée au gouvernement du monde. Lui qui a créé l'univers en demeurant dans le sein de son Père, a donné à une Vierge d'enfanter, pour venir à nous. N'y a-t-il pas un reflet de sa toute-puissance dans cette Vierge qui devient mère et qui reste Vierge après l'avoir mis au monde comme avant de le concevoir ; qu'un homme trouve enceinte, sans qu'aucun homme y ait contribué ; qui porte un homme dans son sein, sans le concours d'aucun homme, et qui sans rien perdre de son intégrité emprunte à sa fécondité un nouveau bonheur et une gloire nouvelle ? Plutôt que d'ajouter foi à d'aussi étonnantes merveilles, ces orgueilleux aiment mieux croire qu'elles sont de notre part de simples fictions. Aussi, ne pouvant se résoudre à voir l'humanité dans un Dieu fait homme, ils dédaignent le Christ ; et parce qu'ils sentent la divinité au-dessus de leurs mépris, ils ne croient pas en lui. Mais, plus ils dédaignent les abaissements d'un Dieu fait homme, plus nous devons les aimer; et plus il leur semble impossible qu'une Vierge ait donné le jour à un homme, plus nous y devons voir l'empreinte de la puissance divine.

    Célébrons donc cette naissance du Seigneur avec tout l'empressement et la solennité qui conviennent. Hommes et femmes, tressaillez de joie, car le Christ s'est fait homme en naissant d'une femme et en honorant ainsi les deux sexes. Que tous les hommes s'attachent au second homme, puisque tous ont été condamnés avec le premier. Une femme nous avait inoculé la mort ; une femme a pour nous enfanté la vie. Pour purifier la chair de péché, elle a donné naissance à une chair semblable seulement à la chair de péché (Rm VIII, 3). Ne condamnez donc pas la chair, détruisez seulement le péché pour faire vivre la nature. Pour rendre en lui une vie nouvelle au pécheur, un homme ne vient-il pas de naître sans péché ?

    Réjouissez-vous, saints jeunes hommes, qui vous êtes attachés, avec un soin particulier, à marcher sur les traces du Christ et qui avez renoncé aux unions charnelles. Ce n'est point par le moyen d'une union charnelle que le Christ s'est présenté à vous ; ainsi voulait-il vous servir de modèle et vous faire la grâce de dédaigner l'union qui vous a fait naître. En effet n'êtes-vous pas redevables de votre naissance à cette union charnelle en dehors de laquelle le Christ vient vous convier à une union toute spirituelle ? et tout en vous appelant à des noces ne vous a-t-il pas accordé de mépriser d'autres noces ? Ainsi vous ne voulez point pour vous de ce qu'il vous a donné l'existence ; c'est que vous aimez, plus que beaucoup d'autres, Celui qui n'est pas né comme vous.

    Réjouissez-vous, vierges saintes : une Vierge a enfanté pour vous l’Époux auquel vous pourrez vous attacher sans contracter aucune souillure ; et en ne concevant ni en enfantant vous ne pourrez perdre le trésor que vous chérissez. Réjouissez-vous, justes : voici la naissance de Celui qui fait les justes. Réjouissez-vous, infirmes et malades : voici la naissance du Sauveur. Réjouissez-vous, captifs : voici la naissance du Rédempteur. Réjouissez-vous, serviteurs : voici la naissance de votre Seigneur. Réjouissez-vous, hommes libres : voici naître Celui qui donne la liberté, Réjouissez-vous, chrétiens : voici la naissance du Christ.

    En naissant de sa Mère il fait de ce jour un jour mémorable pour tous les siècles, comme il a créé tous les siècles en naissant de son Père. [...] « Qui expliquera sa génération (Is LIII, 8) » [...] ? Il était donc juste que les prophètes annonçassent sa naissance future, que les cieux et les anges publiassent sa naissance accomplie. Il reposait dans une étable, et il gouvernait le monde ; enfant sans parole, il était la Parole même ; les cieux ne sauraient le contenir, et une femme le portait sur son sein ; oui, elle dirigeait notre Roi, elle portait Celui qui nous porte, elle allaitait Celui qui nous nourrit de lui-même. Quelle incontestable faiblesse ! quel abaissement prodigieux ! et pourtant la divinité tout entière y est enfermée. L'enfant dépendait de sa mère, et sa puissance la conduisait ; il prenait son sein, et il la nourrissait de la vérité.

    Ah ! qu'il mette en nous le comble à ses dons, puisqu'il n'a pas dédaigné de partager nos commencements ; qu'il nous rende fils de Dieu, puisqu'il a voulu, pour notre amour, devenir fils de l'homme. »

    Saint Augustin, Sermon CLXXXIV pour le jour de Noël (I. 1-3), in "Œuvres complètes" (Sermons détachés, Tome VII : deuxième série, Solennités et Panégyriques), Traduites pour la première fois, sous la direction de M. Raulx, Bar-le-Duc, 1869.
    Source : Abbaye Saint-Benoît.

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