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  • Méditation - « Ce que je fais... vous le saurez plus tard. »

    « Seigneur, vous me laveriez les pieds ! - Seigneur, ne me connaissez-vous pas ! Vous m'invitez à manger votre chair sacrée et à boire votre très précieux Sang ! Vous voulez donc me pardonner encore une fois ! Avez-vous oublié combien souvent j'ai été pardonné, et combien de fois je suis retombé dans le péché ! Qu'est-ce donc que l'homme pour que vous vous souveniez de lui ! Jésus répond : Ce que je fais, tu ne le sais pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite. - Que cette parole, tombée des lèvres du Sauveur, soit la nourriture de notre âme, car Il nous la redirait souvent si nous voulions l'entendre. Quand nous brûlons de voir s'accomplir quelqu'un de nos désirs, et que nous sommes déçus, et tentés de murmurer, Il nous reprend avec une infinie douceur, en disant : Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le sauras dans la suite. A la lumière de la mort, et au dernier jugement, tu comprendras de quelle façon j'ai agi avec toi, et tu reconnaîtras, comme le dit mon Apôtre, que la tribulation fut encore momentanée et légère (II Cor., IV, 17)

    Certains, dans les temps de persécution, sont scandalisés, et pris de peur, quand il semble que le Seigneur oublie ses fidèles et ses martyrs. Ce que je fais, leur répond-Il, vous ne le savez pas maintenant, mais vous le saurez dans la suite. Jamais Notre-Seigneur n'oublie ses serviteurs, quand ils souffrent, car Il souffre lui-même dans chacun de ses martyrs. Chaque coup qui tombe sur eux, le touche à la prunelle de l’œil (Zach, II). De plus, Il nous a dit que sans les jours de la persécution, nulle chair ne serait sauvée (Matth., XXIV, 22). Donc, quand Il tarde à secourir ses amis fidèles, nous pouvons ne pas savoir ce qu'Il fait, mais très certainement nous verrons, dans la suite, qu'en ceci, comme dans toutes ses œuvres, Il fut infiniment juste et miséricordieux.

    Beaucoup demandent avec Jérémie : Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère ? Si nous ne savons pas maintenant, nous saurons plus tard que, même à l'égard des plus grands pécheurs, Dieu est patient. Il les châtie peu à peu en leur donnant le temps et l'occasion d'être changés dans leur malice, et c'est par de telles raisons, ô Seigneur, que vous avez appris à votre peuple qu'il faut être juste et humain (Sap., XII). Le Saint-Esprit, ajoute cette admirable vérité : Maître de la puissance, ô Dieu, c'est avec tranquillité que vous jugez. On dit que, sur le champ de bataille, la peur rend l'homme cruel : il tue par crainte d'être tué ! Dieu, parce qu'Il a toute puissance et qu'Il ne craint rien, est calme et tranquille. Il dépend de vous, lorsque vous voulez, de pouvoir, dit la Sagesse. Pour nous, créatures faibles et de peu de durée, Dieu semble parfois agir trop lentement. »

    Pierre Gallwey s.j., Les Heures de Garde de la Sainte Passion, Tome premier (Seconde Partie Chap.I, VII : Le lavement des pieds), Trad. A. Rosette s.j., Paris, P. Lethielleux, 1904.

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  • Méditation : Dieu, mystère de l'infini

    « Le ciel tout entier tient dans la paume de Dieu, la terre tout entière dans le creux de sa main. Même si la parole de Dieu permet de se faire une idée de son mystère, elle gagne plus en signification quand l'esprit en saisit la profondeur que lorsque seule l'oreille la perçoit. Le ciel renfermé dans la main de Dieu est aussi son trône, et la terre, qui tient dans le creux de sa paume, l'escabeau de ses pieds (Is 66, 1-2). Il faudrait se garder de se représenter Dieu sur un trône ou sur un escabeau comme une personne assise, selon une image tout humaine. Car ce qui lui sert de trône et d'escabeau est son infinitude toute-puissante, qui renferme tout dans la paume et le creux de sa main. Les images empruntées aux choses créées veulent exprimer que Dieu existe en elles et hors d'elles, qu'il les transcende et les pénètre, c'est-à-dire qu'il déborde et habite toute chose : la paume et le creux de sa main expriment la puissance de sa nature qui se dévoile. Le trône et l'escabeau montrent qu'il a prise sur les choses extérieures parce qu'il est à l'intérieur d'elles : il se trouve donc au-dedans d'elles et en même temps il les enveloppe et les enferme au-dedans de lui-même. Il se tient à l'intérieur et à l'extérieur de tout. Son infinitude ne peut être absente de nulle part, et rien ne peut se dérober à celui qui est l'infini. »

    St Hilaire de Poitiers (v.315-367), Itinéraire à Dieu, P.L. 10, 25-35, Traité de la Trinité, 1, 6, Trad. A. Hamman, in "Les chemins vers Dieu", Lettres chrétiennes n°11, Le Centurion / Grasset, Paris, 1967.

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    Photographie du télescope spatial Hubble - Source et crédit photo : HubbleSite

  • Méditation - Prière avec le Bx Jean-Martin Moyë (fête ce jour)

    « Pénétrés d’amour et de reconnaissance, touchés de douleur et de componction nous adorons, nous baisons avec respect, et nous invoquons avec confiance vos plaies sacrées, ô divin Sauveur. Nous vous conjurons par ces plaies adorables de guérir toutes les blessures de notre âme. Gravez, Seigneur, gravez profondément dans nos cœurs ces divines plaies avec le souvenir continuel de votre douloureuse passion.

    Nous adorons la plaie de votre main droite, désirant et demandant que votre main droite nous bénisse, nous et nos intentions, nos paroles et nos actions, qu’elle nous aide à faire le bien et à empêcher le mal. Je remets, Seigneur, avec confiance mon corps et mon âme, ma vie et ma mort, mon sort éternel et temporel, mes desseins et mes entreprises entre vos mains. Je mets dans votre main droite mes parents, mes amis, mes bienfaiteurs, et tous vos élus, afin que ni le démon ni le monde ni la chair ne puissent les ravir de votre main. Seigneur, ayez pitié de nous, nous vous en conjurons par la plaie de votre main droite. Notre Père...

    Nous adorons la plaie de votre main gauche, et nous vous prions de bénir notre silence, notre repos, et nos affections. Nous recommandons à la même plaie de votre main gauche les pécheurs et nos ennemis, que nous aimons parce que Jésus-Christ a aimé les siens. Nous vous recommandons les méchants, les impies, les libertins de nos jours. Nous vous conjurons d’étendre votre main toute-puissante contre tous les ennemis de l’Église, pour réprimer leur méchanceté et tous leurs mauvais desseins. Tournez, Seigneur, par votre sagesse et votre grâce triomphante leur haine en charité, leur malice en bonté, leurs malédictions en bénédictions, leur guerre en paix, leur terreur en sécurité, leurs obstacles en moyens. Arrachez-les d’entre les mains du démon, faites qu’ils retournent à vous par une sincère conversion. Seigneur, ayez pitié de nous, etc.

    Nous adorons la plaie de votre pied droit. Nous vous prions par la vertu de cette plaie de diriger nos pas et nos démarches dans la voie du salut, et nous vous conjurons par la douleur que vous avez soufferte dans cette plaie d’avoir pitié des âmes souffrantes, des pauvres et des malades, des agonisants, des captifs et des prisonniers, des voyageurs et des âmes du Purgatoire. Seigneur, ayez pitié de nous, nous vous en conjurons.

    Nous adorons la plaie de votre sacré côté, et nous vous prions de répandre sur nous par l’ouverture de cette plaie les entrailles de votre miséricorde. Nous vous supplions de guérir nos cœurs par la plaie de votre Sacré-Cœur, et de laver les souillures de nos âmes dans le sang et l’eau qui sont sortis de votre sacré côté, et comme c’est par la vertu de cette eau et de ce sang que l’Église a été formée ainsi qu’Ève de la côte d’Adam, nous vous conjurons par les amertumes que vous avez ressenties dans votre Sacré-Cœur et par votre côté percé d’une lance d’avoir pitié de votre Église, que vous vous êtes acquise au prix de votre Sang. Purifiez-la, sanctifiez-la, unissez-la, gouvernez-la, conservez-la pure et sainte et sans tache, exaltez-la et faites-la triompher de toutes les erreurs et des ennemis qui l’attaquent, et faites régner dans votre Église l’union, la charité, la concorde, l’humilité, la chasteté, et toutes les vertus chrétiennes. Seigneur ayez pitié de nous, nous vous en conjurons par la plaie de votre sacré côté.

    Enfin, mon Dieu, nous recourons à vos cinq plaies comme à un refuge et un asile assuré dans tous nos maux et nos tentations et comme à une source intarissable de bénédictions. Montrez-nous vos plaies comme vous les avez fait voir à vos disciples après votre Résurrection. Faites qu’elles soient toujours ouvertes pour nous, qu’il en découle continuellement sur nous et sur tous les peuples de l’univers un fleuve de paix et de justice, un torrent de lumière, de grâce, et de vertu. Nous adorons enfin toutes les autres plaies dont votre Cœur adorable et vos membres sacrés ont été meurtris dans votre sanglante flagellation et dans tout le cours de votre Passion ; et nous vous supplions de nous en appliquer tous les mérites. »

    Prière pour honorer les plaies du Sauveur, composée en Chine et répandue dans les chrétientés de la région qu’évangélisait Jean-Martin Moyë. Il la traduisit lui-même en français et l’utilisa à son retour en Lorraine. Elle témoigne de sa profonde piété envers le Seigneur souffrant. Il a existé au XIXe siècle des images saintes qui reproduisaient cette prière.

    Bx Jean-Martin Moyë, fondateur des Sœurs de la Providence, prêtre des M.E.P., missionnaire en Chine.
    Liste des œuvres de Jean-Martin Moyë [établie par le Père Georges Tavard, rappelé à Dieu le 13 août 2007]

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    Église de Logonna-Daoulas, Ange aux cinq plaies (Source et crédit photo)

  • Méditation : la tempérance - "jeûner aussi bien de la langue que du ventre..."

    « Heureux celui qui en ces jours saints se garde bien, et comme il convient ; car s'il lui est arrivé comme homme de pécher par faiblesse ou par négligence, Dieu a précisément donné ces saints jours pour qu'en s'occupant soigneusement de son âme avec vigilance et en faisant pénitence pendant cette période, il soit purifié des péchés de toute l'année. Alors son âme est soulagée de son fardeau, il s'approche avec pureté du saint jour de la Résurrection, et, devenu un homme nouveau par la pénitence de ces saints jeûnes, il participe aux saints Mystères sans encourir de condamnation, il demeure dans la joie et l'allégresse spirituelle, célébrant avec Dieu toute la cinquantaine de la sainte Pâque, qui est "la résurrection de l'âme" (Évagre le Pontique).

    Quiconque veut être purifié des péchés de toute l'année au moyen de ces jours doit d'abord se garder de l’indiscrétion dans la nourriture, car, selon les Pères, l’indiscrétion dans la nourriture engendre tout mal en l’homme. Il doit aussi prendre soin de ne pas rompre le jeûne sans une grande nécessité, ni de rechercher les mets agréables, ni de s'alourdir d'un excès d’aliments ou de boissons. [...]

    Voilà pour la tempérance du ventre. Mais nous ne devons pas seulement surveiller notre régime alimentaire, il faut éviter pareillement tout autre péché et jeûner aussi bien de la langue que du ventre, en nous abstenant de la médisance, du mensonge, du bavardage, des injures, de la colère, en un mot de toute faute qui se commet par la langue. Il nous faut également pratiquer le jeûne des yeux, en ne regardant pas de choses vaines, en évitant la parrhesia (*) de la vue, en ne dévisageant personne impudemment. Il faut interdire de même aux mains et aux pieds toute action mauvaise. Pratiquant ainsi un jeûne agréable (à Dieu), comme dit saint Basile, en nous abstenant de tout le mal qui se commet par chacun de nos sens, nous approcherons du saint jour de la Résurrection, renouvelés, purifiés et dignes de participer aux saints Mystères, comme nous l'avons dit déjà. Nous sortirons d'abord à la rencontre de Notre Seigneur et nous l'accueillerons avec des palmes et des rameaux d'olivier, tandis qu'assis sur un ânon, il fera son entrée dans la cité sainte (cf. Mc 11,1-8 et Jn 12,13). »

    (*) : familiarité, liberté sans réserve, sans retenue.

    St Dorothée de Gaza (VIe siècle), Instructions, in "Œuvres spirituelles", Éditions du Cerf (SC 92), 1963.

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    Les vertus cardinales : la tempérance, tombeau de François II, cathédrale de Nantes
    (Crédit photo)

  • Méditation : se préparer à la Rencontre

    « Sans un véritable amour pour le Christ, nous ne saurions être Ses véritables disciples ; et nous ne saurions L'aimer si notre cœur n'est ému de gratitude envers Lui ; et nous ne saurions sentir dûment cette gratitude, si nous ne ressentons vivement ce qu'Il a souffert pour nous. En vérité, il nous semble impossible que quiconque puisse atteindre à l'amour du Christ s'il n'éprouve aucune détresse, aucune angoisse de cœur à la pensée des amères douleurs qu'Il a souffertes, et ne ressent aucun remords d'y avoir contribué par ses péchés.
    [...]
    Un jour, mes frères, nous nous lèverons. Chacun de nous se lèvera de sa tombe et verra Jésus-Christ. Nous verrons Celui qui fut suspendu à la Croix, nous verrons Ses blessures, nous verrons les plaies de Ses mains, de Ses pieds et de Son côté. Avons-nous le désir d'être de ceux qui gémiront et se lamenteront, ou de ceux qui se réjouiront ? Si nous ne voulons pas nous lamenter alors à Sa vue, nous devons nous lamenter à présent, en pensant à Lui.

    Préparons-nous à rencontrer notre Dieu. Venons à Sa Présence aussi souvent qu'il se peut. Essayons de nous figurer que nous voyons Sa Croix, que nous Le voyons sur cette Croix. Alors, approchons-nous de Lui...
    Représentez-vous que vous voyez Jésus-Christ sur la Croix, et dites-Lui comme le bon larron : "Seigneur, souvenez-Vous de moi quand Vous entrerez dans Votre royaume." C'est-à-dire : "Souvenez-Vous de moi, Seigneur, avec miséricorde ; ne Vous souvenez pas de mes péchés, mais de Votre propre Croix ; souvenez-Vous de Vos propres souffrances, souvenez-Vous que Vous avez souffert pour moi, pécheur ; souvenez-Vous au dernier jour que j'ai, durant ma vie, ressenti Vos souffrances, que j'ai souffert sur ma croix à Vos côtés. Souvenez-Vous alors de moi et faites-moi à présent souvenir de Vous." »

    Bx John-Henry Newman (1801-1890), Extraits du Sermon sur Isaïe 53,7, in "12 sermons sur le Christ", Trad. Pierre Leyris, Paris, Seuil, 1954.

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  • Méditation : 1er vendredi du mois, consacré au Sacré-Cœur de Jésus

    « En union avec le Cœur Immaculé de Marie, je salue et adore la sainte Plaie de Votre Main droite, ô Jésus et je place, dans cette Plaie, tous les prêtres de Votre sainte Église. Donnez-leur, chaque fois qu’ils célèbrent le saint Sacrifice, le Feu de l’Amour divin, pour qu’ils puissent le communiquer aux âmes qui leur sont confiées. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Amen.

    Je salue et adore la sainte Plaie de Votre Main gauche et je Vous confie, dans cette Plaie, tous ceux qui sont dans l’erreur et les incroyants, ces pauvres âmes qui ne Vous connaissent pas. Pour l’amour de ces âmes, envoyez ô Jésus, beaucoup de bons ouvriers dans Votre Vigne, afin que tous trouvent le chemin de Votre très saint Cœur. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Amen.

    Je salue et adore les saintes Plaies de Vos Pieds sacrés, et je Vous confie, dans ces Plaies, les pécheurs endurcis, qui Vous préfèrent le monde ; ceux surtout qui aujourd’hui vont achever leur vie. Ne permettez pas, ô Jésus, que Votre Précieux Sang soit perdu pour eux. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Amen.

    Je salue et j’adore les saintes Plaies de Votre Tête Sacrée, et je Vous confie, dans ces Plaies, les ennemis de la sainte Église, tous ceux qui, aujourd’hui encore, Vous frappent jusqu’au Sang et Vous persécutent dans Votre Corps mystique. Je Vous en prie, ô Jésus, convertissez-les, appelez-les comme Vous avez appelé Saul pour en faire Saint Paul, afin que, bientôt, il y ait un seul troupeau et un seul Pasteur. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Amen.

    Je salue et j’adore la sainte Plaie de Votre très saint Cœur, et je Vous confie, dans cette Plaie, ô Jésus, mon âme et tous ceux qui sont affligés, tous ceux qui sont persécutés et abandonnés. Donnez-leur à tous, ô très saint Cœur de Jésus, Votre lumière et Votre grâce. Remplissez-les tous de Votre Amour et de Votre vraie paix. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Amen.

    Père céleste, je Vous offre, par le Cœur Immaculé de Marie, Votre Fils bien-aimé et moi avec Lui, en Lui et par Lui, entièrement selon Ses intentions, et au nom de toutes les créatures. Amen. »

    Maria Graf-Suter (1906-1964), in Révélations de l'Amour Divin, Editions Miriam, 1975.

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  • Méditation : le jeûne

    « Nous ne devons pas seulement surveiller notre régime alimentaire, il faut éviter pareillement tout autre péché et jeûner aussi bien de la langue que du ventre, en nous abstenant de la médisance, du mensonge, du bavardage, des injures, de la colère, en un mot de toute faute qui se commet par la langue. Il nous faut également pratiquer le jeûne des yeux, en ne regardant pas de choses vaines, en évitant la parrhesia de la vue, en ne dévisageant personne impudemment. Il faut interdire aux mains et aux pieds toute action mauvaise. Pratiquant ainsi le jeûne agréable (à Dieu), comme dit Saint Basile, en nous abstenant de tout le mal qui se commet par chacun de nos sens, nous approcherons du saint jour de la Résurrection, renouvelés, purifiés et dignes de participer aux saints Mystères. »

    Dorothée de Gaza, Instructions XV (Des saints jeûnes, 164), in "Oeuvres spirituelles", Sources chrétiennes n°92, Editions du Cerf, 1963.

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    Crédit photo : © 2013 François-Noël Masson

  • 20 septembre : Toute l'année avec les Pères de l'Eglise

    "Elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds..." (Lc 7, 36-50)

    « Aujourd'hui la miséricorde et la vérité se sont rencontrées, et l'abondance des miséricordes du Seigneur s'est épanchée sur une femme pécheresse. Car le fils de la Vierge est touché par les mains d'une créature coupable et souillée, une femme qui avait perdu toute honte porte les mains sur Dieu et sur le Fils de Dieu. Impure, elle touche les pieds de celui qui est pur et qui purifie ; coupable, elle tombe aux pieds de son Créateur. Celle qui avait prévariqué revient à de meilleurs sentiments et rentre dans son coeur ; elle condamne, par l'abondance de ces larmes, la multitude de ses crimes. La bonté de celui qu'elle touche ainsi laisse accomplir cet acte, l'oeil bienfaisant de sa majesté, par un heureux dédain, ne méprise point l'empressement de l'office qu'on lui rend. Marie couvre de baisers fréquents les pieds de Jésus-Christ, elle les arrose de ses larmes insaisissables, elle les essuie de ses cheveux, et les oint de parfums embaumés. L'ami de la singularité le voit et est envieux, et l'orgueil du Pharisien accuse Jésus d'ignorance et Madeleine de présomption. Mais la clairvoyance divine délibère et suspend son jugement ; tant qu'elle reçoit cet hommage, elle retient le reproche qu’elle a préparé, jusqu'à ce que le sacrifice de Marie s'achève en holocauste. Les anges se réjouissent à la vue d'une pécheresse qui fait pénitence, et leur assemblée céleste est parfumée de cette odeur, et toute la douceur de la miséricorde entoure celui qui sauve et celle qui va être sauvée. Où le péché a abondé, la grâce a surabondé (Rm. V, 20), et la piété, en devenant prépondérante, arrête le cours de nombreux péchés. Que l'étendue de votre piété est grande, Seigneur, dans la confession de cette pécheresse, que vous réprimandez justement l'orgueil et l'illusion du Pharisien. Vous rappelez les attentions de celle qui vous honore, et vous blâmez indirectement l'injustice de celui qui s'indigne dans l'ensemble de ce passage dirigé contre la jalousie de Simon. Et parce que là où est l'esprit du Seigneur, là se trouve la liberté (II Cor. III, 17), beaucoup de péchés sont remis à celle qui a beaucoup aimé, et beaucoup sont le partage de ceux qui se montrent bien négligents. Ce pharisien ne s'était pas rassasié aux mamelles de l'Épouse, il n'avait point pris des sentiments de compassion, il lisait la loi qui ignore la miséricorde, il ne connaissait que la justice. Loi divine, gravée sur des pierres dures, prête à frapper, ne sachant point pardonner. Loi qui ne laisse jamais de place au pardon, qui refuse l'indulgence et ignore le changement. Vin âpre et acide sorti de grappes fort amères, destiné aux hommes cruels, versé à Israël et offert au Sauveur. Vice qui agace les dents de ceux qui le boivent, et qui ne vient point de cette espèce de vigne, dont le Sauveur boit le jus nouveau dans le royaume de son Père...

    Que l'affection de l'âme pénitente oigne l'un et l'autre pied, mais que, tantôt embrassant la miséricorde, tantôt baisant la justice, elle offre l'holocauste d'un coeur contrit. Voyez Marie s'attachant fortement au pied du jugement, lorsque, femme noble et pécheresse, elle ne regarde pas ceux qui sont assis à table, mais, le corps prosterné, se roule aux pieds de la majesté divine, remplie de douleur, impatiente de crainte, et blessée des traits de la componction. Mais elle embrasse avec plus d'affection le pied de la miséricorde, espérant qu'on l'exercera à son endroit ; elle se colle fortement aux pieds du Rédempteur, jusqu'à ce qu'elle entende : "Vos péchés vous sont remis".

    C'est là un parfum bien précieux, il embaume non-seulement la maison de la terre, mais encore le palais des cieux. Ce sont des espèces bien viles qui le composent, on en peut trouver une grande quantité dans nos jardins. Nos péchés plantés dans nos consciences, en nombre incalculable, en sont les ingrédients. Placés dans le mortier de la pénitence, broyés par la macération, arrosés de l'huile de la discrétion, mis au feu de la douleur, cuits dans le vase de la discipline, ils forment un parfum précieux et agréable aux pieds du Sauveur. Nous le confectionnons d'une manière plus abrégée, en abandonnant entièrement toutes choses à celui qui le goûte. Et quoique la matière paraisse indigne, ce parfum est bon néanmoins, il remplit la maison, pénètre les cieux, réjouit les anges, et procure allégresse et joie à la cité bienheureuse. C'est là le sacrifice de justice : "Parce qu'un esprit brisé de douleur est un sacrifice à Dieu" (Ps. L, 19). »

    Nicolas de Clairvaux († v. 1176 ou 1178), Sermon pour la fête de la Bienheureuse Marie-Madeleine (1,4,5), in Oeuvres complètes de Saint Bernard, Traduction nouvelle par M. l'Abbé Charpentier, Paris, Louis de Vivès Editeur, 1866.

    (Nicolas de Clairvaux, qui fut l'un des secrétaires de saint Bernard, s'est attribué de nombreux sermons qui ne sont que des copies d'autres auteurs, notamment d'Hugues de Saint-Victor ('Adnotationes in Psalmos'), et surtout de saint Bernard. C'est sans doute le cas du sermon présenté ci-dessus, inclus dans les oeuvres complètes du Père de l'Eglise.)

    Source : Abbaye Saint Benoît.

  • 5 avril : Méditation (2)

    « Laver les pieds, c'est s'abaisser devant celui auquel on rend ce service, c'est s'abaisser pour lui rendre ce service, c'est abdiquer - au moins en apparence - ses prétendues supériorités, en un mot c'est se donner en actes.
    Laver les pieds c'est purifier quelqu'un des poussières de la route, c'est à la fois ne pas les voir et les excuser, c'est aussi les ôter. Il faut être indulgent à ceux qui marchent sur cette route. Par la part inférieure, même si l'esprit est vraiment en contact avec Dieu, ils restent de pauvres êtres d'ici-bas, avec des besoins physiques, avec des faiblesses, avec des tendances déchues. Jésus est venu pour guérir et relever ces misères. Il n'a pas craint de quitter les hauteurs de son ciel, de voiler la grandeur de sa divinité, de se faire petit et abaissé pour laver les pieds des hommes tombés. Il suffit qu'il rencontre en eux la sincérité et le bon vouloir ; il ne demande rien de plus à personne.
    Et c'est cette indulgence, cet abaissement que les apôtres doivent reproduire : l'indulgence dans l'esprit qui ne condamne pas, l'abaissement dans les actes qui se met aux pieds - et non pas seulement au niveau - du prochain pour le purifier des poussières inévitables du chemin.
    Le bonheur est à ce prix : il récompense la largeur des vues et l'amour qui s'anéantit. »

    Dom Augustin Guillerand, Ecrits Spirituels (Tome I), Roma, Benedettine di Priscilla, 1966.

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