21 septembre 2014

Méditation : modestie et humilité devant Dieu

« Lorsque, dans l'unité, nous nous rassemblons avec les frères (in unum cum fratribus convenimus), et que nous célébrons les sacrifices divins avec le prêtre de Dieu, nous devons rester attentifs à la modestie et au bon ordre. Nous ne devons pas éparpiller nos prières en paroles informes ni jeter vers Dieu avec un bavardage bruyant une requête qui devrait être recommandée par la modestie. Car Dieu écoute non la voix mais le cœur. Et nous n'avons pas à attirer par nos cris l'attention de celui qui voit les pensées. Le Seigneur le prouve quand il dit : Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Et dans un autre passage : Que toutes les Églises le sachent : Moi, je sonde les reins et les cœurs.

Au premier livre des Rois, Anne, qui préfigure l’Église, observe cette règle. Elle n'implorait pas Dieu à grands cris, mais le priait en silence et modestement dans le secret de son cœur. Lorsqu'elle parlait, sa prière était cachée, mais sa foi était manifeste ; elle parlait non des lèvres mais du cœur, car elle savait que Dieu entend ce langage. C’est pourquoi elle a obtenu ce qu’elle demandait, car elle suppliait avec foi. L’Écriture le montre, lorsqu’elle dit : Elle parlait dans son cœur, elle remuait les lèvres mais on n'entendait pas sa voix ; et le Seigneur l'exauça. De même nous lisons dans les Psaumes : Parlez dans vos cœurs, et sur vos lits regrettez vos fautes. Par Jérémie, le Saint-Esprit nous donne le même enseignement : C'est dans notre esprit qu'il faut t’adorer, Seigneur.

Celui qui adore, mes frères bien-aimés, ne doit pas ignorer comment, dans le Temple, à côté du pharisien, priait le publicain. Il ne levait pas les yeux vers le ciel avec effronterie, il ne tendait pas les mains avec insolence. Il se frappait la poitrine, il reconnaissait ses péchés intérieurs et cachés, il implorait le secours de la divine miséricorde. Alors que le pharisien se complaisait en lui-même, il obtint d'être sanctifié de préférence à celui-ci. Car il priait sans mettre l'espérance de son salut dans son innocence, puisque personne n'est innocent. Mais il priait en confessant ses péchés, et sa prière fut exaucée par Celui qui pardonne aux humbles. »

St Cyprien de Carthage (200-258), La prière du Seigneur (L'Oraison dominicale), 4-6.

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11 septembre 2014

Méditation : utiliser le moment présent

« Tendez au maximum de simplicité dans l'usage du moment présent, et quand ce moment est devenu du passé, il faut le remettre à Dieu et s'occuper du moment suivant qui est devenu le présent. Comme dit Notre-Seigneur, ce n'est pas quand on a la main à la charrue qu'il faut regarder derrière soi. Si ce qu'on a fait du sillon était de travers, ce n'est pas de le regarder qui le rendra droit, et pendant qu'on a les yeux détournés, on risque encore de faire de travers ce qui aurait pu être droit si on avait regardé devant soi. Saint Paul dit la même chose : « J'oublie ce qui est derrière moi et je m'étire vers ce qui vient (*) ». Vos lectures mêmes ne doivent pas vous faire mesurer de trop près la distance qu'il y a entre l'idéal et ce que vous en réalisez (qui est pour tout le monde très peu de chose). Il faut admirer l'idéal, non pas certes d'une admiration stérile, en se secouant au contraire comme on peut, mais sans désarroi devant l'abîme entre ce que nous devrions être et ce que nous sommes. Il n'y a qu'à confesser l'abîme, et prier la miséricorde de Dieu de le remplir. »

(*) Ph III, 13.

Abbé V.A. Berto (1900-1968), Lettre du 19 mai 1952, in "Notre Dame de Joie", N.E.L., Paris, 1973 (2ème éd.)

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10 septembre 2014

Audience générale de ce mercredi 10 septembre 2014

Durant l'audience générale tenue place St Pierre, le Pape François est revenu sur la maternité de l’Église et son rôle d'éducation dans la miséricorde : "Comme toute bonne mère, l’Église est éducatrice. Elle tend à l'essentiel...qu'est, selon l’Évangile, la miséricorde". Jésus a recommandé à ses disciples d'être miséricordieux comme l'est le Père. Un chrétien peut-il ne pas être miséricordieux, s'est-il demandé. Non, tout chrétien doit nécessairement être miséricordieux parce que la miséricorde est au coeur même de l’Évangile. Et "c'est pourquoi l’Église se comporte comme Jésus. Sans offrir de théorie sur l'amour et la miséricorde, ni proposer un parcours philosophique ou une sagesse, le christianisme est tout cela par conséquence. Comme le Seigneur, notre mère l’Église enseigne par l'exemple. Son propos sert à éclairer la signification de ses actes. Ainsi nous enseigne-t-elle à nourrir et désaltérer, à vêtir qui en a besoin. Elle le fait grâce à l'exemple de tant de saints...mais aussi de tant de parents qui ont appris à leurs enfants que le surplus est pour qui n'a pas le nécessaire. L'hospitalité a toujours caractérisé la famille chrétienne, là où ne manque ni un couvert ni un lit pour qui en a besoin". Il a ici cité l'exemple, recueilli lorsqu'il était évêque, d'une famille qui avait donné la moitié de son repas à une pauvre venu quémander à sa porte : "C'est important d'apprendre à partager de ce que nous avons". Évoquant ensuite la miséricorde qui s'exprime dans le service des malades et incarne le service rendu au Christ, il a insisté sur l'assistance aux détenus, des personnes qui se trouvent dans une situation qui pourrait, un jour, être la nôtre "car nous sommes tous pécheurs. "Certains objecteront que c'est dangereux. Ce sont de mauvaises personnes" car il est possible que chacun de nous, homme ou femme, se retrouve un jour dans un pareil cas de figure. "Chacun de nous peut faire une erreur au cours de la vie. Le détenu n'est pas pire que toi ou moi !".

En somme, la miséricorde de l’Église notre mère "surmonte tous les obstacles pour toujours tendre à l'humanité des personnes. C'est la miséricorde qui convertit les cœurs et change les vies, qui régénère l'individu en le réinsérant dans la société. L’Église nous encourage aussi à être proches de qui est abandonné et meurt en solitude. C'est ce qu'a fait Mère Teresa dans les rues de Calcutta, et tant de chrétiens d'âge en âge sans craindre de tenir la main à ceux qui quittent ce monde. La miséricorde assure la paix à qui s'en va comme à qui reste, en faisant sentir que Dieu est plus grand que la mort...qui n'est qu'un au-revoir. Enfin, l’Église est également mère lorsqu'elle forme à ses enfants à la charité. Ayant appris de Jésus les œuvres de miséricorde, elle montre qu'elles sont essentielles au salut. Il ne suffit pas d'aimer qui nous aime, car pour améliorer le monde il faut aimer aussi qui n'est pas prêt à rendre. C'est ce que le Père a fait en nous offrant Jésus. Avons nous payé pour notre rédemption ! Non, nous n'avons rien payé car elle fut gratuite. Nous avons bénéficié de la bonté du Père sans rien en échange. Faisons donc aux autres comme le Père a fait pour nous". Et pour ce, "louons le Seigneur de nous avoir donné l’Église pour mère, qui par la miséricorde nous montre le chemin de la vie".

Après la catéchèse, le Pape a notamment salué les pèlerins de langue arabe, provenant du Proche et Moyen-Orient, notamment de Syrie. Rappelant que l’Église est maîtresse de miséricorde, il a recommandé de répondre par l'amour à la haine, par le pardon à la violence, par la prière aux armes : "Puisse le Seigneur récompenser votre fidélité et vous donner du courage dans le combat contre les forces du mal. Qu'il ouvre les yeux à qui est aveuglé par le mal, qu'il les éclaire de sa vérité afin qu'ils reconnaissent leurs erreurs". Le Saint-Père a ensuite salué des marins italiens de l'opération Mare Nostrum, qui assurent le secours des émigrés au large des côtes, les félicitant pour une action admirable auprès "de frères en recherche d'espérance". Avant l'audience générale proprement dite, il avait salué dans la Salle Paul VI des malades, principalement des enfants, auxquels il a recommandé de prier pour lui "afin de pouvoir poursuivre" son œuvre. "De mon côté, je prierai pour vous tous. Tous ensemble, allons prier la Vierge, afin qu'elle nous bénisse" : Après un Ave Maria en commun, le Pape François a encouragé ses jeunes hôtes à aller de l'avant avec courage.

Source : Vatican Information Service.

Résumé :

« Frères et sœurs, aujourd’hui je voudrais souligner comment la mère Église nous enseigne les œuvres de miséricorde. Un bon éducateur vise l’essentiel, et pour l’Évangile l’essentiel c’est la miséricorde. L’Église fait comme Jésus : elle enseigne non par des discours, mais d’abord par des gestes, et ses paroles servent à en éclairer la signification. Elle le fait à travers la vie de tant de saints et de saintes, et aussi de tant d’hommes et de femmes, qui, chaque jour, mettent en pratique les œuvres de miséricorde : donner à manger à celui qui a faim, vêtir celui qui est nu ; assister celui qui est malade, être proche de celui qui est seul. Il ne suffit pas d’aimer celui qui nous aime, ni de faire du bien à celui qui nous en fait. Pour changer le monde, il faut faire du bien à qui ne peut pas nous le rendre, comme l’a fait le Père, en nous donnant Jésus. »

« Je suis heureux de vous saluer, chers amis de langue française, en particulier les pèlerins venus de France, de Suisse, de Belgique et du Sénégal.
Je vous invite à remercier le Seigneur de nous avoir fait la grâce d’avoir l’Église pour mère, elle qui nous enseigne le chemin de la miséricorde et de la vie ! Bon pèlerinage et bon séjour à Rome ! »

Source : Site internet du Vatican.

Texte intégral italien sur le site internet du Vatican.

19 août 2014

Méditation avec St Jean Eudes : imitation de la Bse Vierge Marie

« Je vous exhorte, mon cher fils, d'aimer notre très sainte dame et notre divine maîtresse ; car si vous désirez vous garantir d'une infinité de périls et de tentations dont cette vie est pleine, si vous désirez trouver de la consolation et n'être point accablé de tristesse dans vos adversités, si enfin vous souhaitez d'être uni inséparablement avec notre Sauveur, ayez une vénération et une affection singulières pour sa très pure, très aimable, très douce, très fidèle, très gracieuse et très puissante mère ; car si vous l'aimez véritablement et que vous tâchiez de l'imiter soigneusement, vous expérimenterez qu'elle vous sera aussi une mère pleine de douceur et de tendresse, et qu'elle est si pleine de bonté et de miséricorde, qu'elle ne méprise personne et qu'elle ne délaisse aucun de ceux qui l'invoquent ; n'ayant point de plus grand désir que d'élargir les trésors des grâces que son fils lui a mis entre les mains, à tous les pécheurs.

Quiconque aime cette Vierge immaculée, est chaste ; quiconque l'honore, est dévot ; quiconque l'imite, est saint. Personne ne l'aime sans ressentir les effets de son amour réciproque : pas un de ceux qui lui ont dévotion ne peut périr ; pas un de ceux qui tâchent de l'imiter ne peut manquer d'acquérir le salut éternel. Combien a-t-elle reçu dans le sein de sa miséricorde de misérables pécheurs qui étaient comme dans le désespoir et dans l'abandon à toutes sortes de vices, et qui avaient déjà, s'il faut ainsi dire, un pied dans l'enfer ; et qu'elle n'a pas néanmoins rejetés, lorsqu'ils ont eu recours à sa piété ; mais qu'elle a arrachés de la gueule du dragon infernal, les réconciliant avec son fils, et les remettant dans le chemin du paradis ; car c'est une grâce, un privilège et un pouvoir que son fils lui a donné, qu'elle puisse amener à la pénitence, ceux qui l'aiment, à la grâce ceux qui lui sont dévots, et à la gloire du ciel ceux qui s'efforcent de l'imiter. »

St Jean Eudes, Le Cœur Admirable de la très sacrée Mère de Dieu ou La dévotion au très saint Cœur de la bienheureuse Vierge Marie (Livre IV, ch. IV), Troisième édition, Tome second, A Paris, chez L. D. Delossy, Libraire-Editeur, 1834.

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15 août 2014

IIIe Congrès apostolique mondial de la Miséricorde

Le IIIe Congrès apostolique mondial de la Miséricorde (WACOM III) se tient en Colombie, à Bogota, du 15 au 19 août.

Le thème en est : « Miséricorde, Parole et mission, pour un nouveau printemps dans l’Église ».

Les deux premiers congrès mondiaux ont eu lieu à Rome, au Latran, en avril 2008, et à Cracovie, en octobre 2011.

Vous pouvez vous abonner à la newsletter, pour recevoir toutes les informations au fur et à mesure sur le site officiel du Congrès.

13 août 2014

Méditation : Marie consolatrice

« L'Esprit Saint veut nous conduire à la liberté spirituelle des enfants de Dieu. Car "là où est l'Esprit, là est la liberté" (2 Co 3,17). Il nous faut donc sortir de nos mensonges, car seule la Vérité peut nous rendre libre. Mais toute vérité n'est pas supportable à tout moment. La délicatesse maternelle de Marie joue un rôle irremplaçable à cet égard. Toute mère pour son enfant a l'expérience du psychologue le plus expérimenté, parce qu'elle l'aime. Que dire de Marie dans la manière dont elle nous aide à reconnaître les blessures qui sont en nous ? Car il ne suffit pas de faire venir à la lumière. Une blessure est enveloppée la plupart du temps dans un bandage d'amertume, de peur, de rancune, voire de colère rentrée, de refus de pardon, qui alimentent une souffrance latente, mais qui devient très vive si on y touche maladroitement. Dans ces circonstances, Marie suggère les situations cachées, secrètes, parfois très anciennes dans le temps, en les oignant de sa douceur et de sa miséricorde. Sa main qui soigne la blessure, l'effleure à peine. Elle est la consolatrice qui nous obtient la Consolation de l'Esprit Saint et rend possible l'accueil de la vérité. Elle nous fait comprendre aussi que cette blessure inavouable peut devenir notre richesse. Le Seigneur la transforme en une blessure d'Amour qui est un trait de notre visage et nous ouvre à la miséricorde envers les autres. Avec Marie, nous découvrons que nos difficultés, nos blessures et nos infirmités sont des chances données par Dieu pour accomplir notre vocation de fils et de filles de Dieu et nous rendre plus humble dans la mission apostolique. »

Père Raymond Halter (1925-1998), Le disciple la prit chez lui (extrait de la Postface), F.X. de Guibert (O.E.I.L.), Paris, 1992.

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La Vierge consolatrice, de Sébastien Cornu (1859)
Église Saint-Roch, Chapelle de la Compassion (Paris)

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02 août 2014

Méditation - Prière : Marie, Reine et Mère de miséricorde

« Ô Reine et Mère de miséricorde, qui dispensez les grâces à tous ceux qui recourent à vous, avec la libéralité d'une Reine, et l'amour de la plus tendre mère ; je me recommande à vous, dénué que je suis de mérites et de vertus, et insolvable envers la justice divine. Ô Marie, vous tenez la clé des célestes miséricordes ; ne vous souvenez pas de mes péchés, et ne me laissez pas dans cet affreux dénuement. Vous êtes si libérale avec tous, accordant toujours plus qu'on ne vous demande, montrez-vous de même à mon égard. Ma souveraine, protégez-moi ; là se bornent mes vœux. Je ne crains pas les démons, car vous êtes plus puissante que l'enfer ; je ne redoute point mes péchés, car un mot que vous adresserez à Dieu suffira pour m'obtenir un pardon général ; je ne tremble pas devant l'indignation du Seigneur, que j'ai offensé, car il s'apaise à une seule de vos prières. En un mot, si vous me protégez, j'espère tout, parce que vous pouvez tout. Ô Mère de miséricorde, je sais que vous trouvez du plaisir et de la gloire à soulager les plus misérables, et que, dès qu'ils ne s'obstinent pas dans le mal, vous pouvez les secourir. Je suis pécheur, mais, loin de m'obstiner, je veux changer de vie ; ainsi vous pouvez venir à mon aide : secourez-moi et sauvez-moi. Je me remets aujourd'hui entièrement dans vos mains. Dites-moi ce que je dois faire pour plaire à Dieu, et je le ferai ; j'espère le faire avec votre secours, ô Marie, ma Mère, ma lumière, ma consolation, mon refuge, mon espérance. Ainsi soit-il, ainsi soit-il, ainsi soit-il. »

St Alphonse-Marie de Liguori, Les gloires de Marie (ch. V, II, Prière), Traduction nouvelle, Tome I, Paris, Gaume Frères, 1852.

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13 juillet 2014

Méditation : le saint sacrifice de la Messe

Suite de la méditation du vendredi 11 juillet

« Chaque jour, le drame du Golgotha se reproduit et se perpétue sur nos autels ; le saint sacrifice de la messe est essentiellement le même que celui de la croix ; seul « le mode d'oblation diffère » : sola offerendi ratione diversa. Le même Christ qui, sur la croix, s'est offert d'une façon sanglante, est offert, par le ministère du prêtre, d'une manière non sanglante. Dieu y reçoit la même gloire, et nous y obtenons les mêmes grâces. Toutes les souffrances de Jésus sont à ce moment représentées au Père éternel : Mortem Domini annuntiabitis ; le Christ fait entendre le même appel à la miséricorde. Alors Dieu pardonne et se montre clément envers les hommes aux misères sans nombre, parce qu'ils sont les membres de son Fils.

Oui, Dieu est vraiment admirable dans ses œuvres. Combien le psalmiste avait raison de s'écrier : Quam magnificata sunt opera tua, Domine ! Omnia in sapientia fecisti. « Ô Seigneur, vous avez marqué toutes vos œuvres du sceau de la magnificence et de la sagesse ! » Dans sa Sagesse et sa bonté adorables, Dieu a su combiner si parfaitement les choses qu'il tire sa gloire de notre propre misère. Non seulement, elle lui est une occasion d'exercer sa miséricorde, mais le Christ Jésus ayant pris sur lui nos fautes et nos faiblesses et les ayant expiées en sa personne, chaque fois que Dieu nous fait miséricorde, il glorifie son Fils et fait valoir les mérites de son sang précieux.

Des satisfactions du Christ, s'élève continuellement vers « le Père des miséricordes » un encens d'adoration et de gloire infinie. »

Bx Columba Marmion (1858-1923), Mélanges Marmion, in "Face à la souffrance - Venez au Christ vous tous qui peinez", Éditions de Maredsous, 30e mille, 1953.

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11 juillet 2014

Méditation : le Calvaire, centre lumineux des miséricordes divines

« Toutes les miséricordes de Dieu à notre égard sont des réponses à des cris de son Fils. Quand les membres du Christ implorent la miséricorde de Dieu, c'est son Fils Jésus qui la demande par leur bouche ; c'est son cri seul qui donne de la valeur à tous les nôtres. Pensons bien que si toute la race humaine faisait monter vers Dieu des accents de détresse, se livrait pendant des siècles aux plus effroyables macérations, tout cela, sans Jésus, n'atteindrait pas Dieu. Le Christ savait que, sans lui, nos péchés ne pourraient avoir de rémission, il s'est fait notre rançon, et c'est par lui que doivent passer toutes les miséricordes de Dieu, pour arriver jusqu'à nous.

Si donc nous voulons en éprouver les bienfaisants effets, restons étroitement unis à Notre-Seigneur ; nous sommes l'objet de l'amour miséricordieux de Dieu dans la mesure où il nous voit en son Fils. Ceux qui se placent volontairement et délibérément en dehors de Jésus-Christ s'écartent du rayon de la miséricorde divine.

Le Calvaire est le centre lumineux des miséricordes vers lequel se portent les regards de Dieu. Avant l'Incarnation, c'est en vue du divin sacrifice qui devait s'y accomplir que les miséricordes de Dieu descendaient sur le monde ; depuis la mort du Christ, c'est encore au Calvaire que se reportent sans cesse les regards de notre Père céleste. S'il nous pardonne, s'il nous donne ses grâces, c'est uniquement en vertu de ce sacrifice qui, tout en nous obtenant le salut, procure à Dieu une gloire infinie. »

(Suite de cette méditation ce dimanche 13 juillet)

Bx Columba Marmion (1858-1923), Mélanges Marmion, in "Face à la souffrance - Venez au Christ vous tous qui peinez", Éditions de Maredsous, 30e mille, 1953.

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Eugène Delacroix (1798-1863) : Le Christ sur la Croix (1835)
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05 juillet 2014

Méditation : miséricorde de la Bienheureuse Vierge Marie

« Il n'est rien qui, tout à la fois, me charme et m'effraie davantage que de parler des gloires de la Vierge Mère. Car, pour passer sous silence l'impossibilité où l'on se trouve d'exprimer le privilège de ses mérites et sa prérogative unique, tous, comme il convient, ont pour Marie une dévotion si ardente, un tel culte, une telle estime, qu'en dépit des efforts de tous, il n'est rien qu'on dise de son indicible gloire qui, par le fait même qu'on a pu le dire, satisfasse pleinement les auditeurs et réponde à leur attente...

Qu'on ne parle plus de votre miséricorde, ô bienheureuse Vierge, s'il est un seul homme qui se rappelle vous avoir invoqué en vain dans ses besoins. Nous, vos petits serviteurs, nous vous félicitons de vos autres vertus, mais nous nous félicitons nous-mêmes de votre miséricorde. Nous louons votre virginité, nous admirons votre humilité, mais, pour les malheureux que nous sommes, votre miséricorde a plus douce saveur, plus précieuse valeur, elle revient plus souvent à notre mémoire, plus fréquemment dans nos invocations. C'est elle qui obtint la régénération du monde, le salut de tous. II est, en effet, évident que la sollicitude de Marie s'étendait au genre humain tout entier, lorsque l'ange lui dit : « Ne craignez pas, Marie, vous avez trouvé grâce (Luc, 1, 30), la grâce que vous attendiez. » Qui donc, ô Vierge bénie, pourra mesurer la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur de votre miséricorde ? Car, par sa longueur, votre miséricorde atteint jusqu'au dernier jour tous ceux qui l'invoquent ; par sa largeur, elle recouvre toute la surface du globe et remplit la terre ; par sa hauteur, elle contribue à la restauration de la cité céleste ; par sa profondeur, elle obtient la rédemption de ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort (Luc, I, 79). Par vous, en effet, le ciel est peuplé, l'enfer vidé, la céleste Jérusalem relevée de ses ruines, la vie rendue aux malheureux qui l'avaient perdus.

C'est ainsi que votre toute-puissante et très miséricordieuse charité se montre aussi magnifique dans sa compassion que dans son pouvoir secourable. »

St Bernard, Sermon pour l'Assomption, in R.P. Pierre Aubron s.j., "L’œuvre mariale de saint Bernard", Les Cahiers de la Vierge n°13-14 mars 1936, Éditions du Cerf, Juvisy, 1936.

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Notre-Dame des Victoires, Refuge des pécheurs
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29 juin 2014

Angélus de ce dimanche 29 juin 2014

C’est sous un beau et chaud soleil d’été que le Pape a récité la prière de l’Angélus, juste après avoir célébré la Messe en la basilique Saint Pierre. En cette solennité des Saints Pierre et Paul, patrons de l’Église de Rome, le Pape est revenu sur la figure de ces deux « colonnes de l’Église ».

Deux hommes « très différents sur le plan humain », a rappelé le Pape, mais qui ont tous deux répondu à l’appel du Christ, lui offrant toute leur vie. Pierre, celui qui a renié le Christ, et Paul, celui qui a persécuté les chrétiens. En eux, la grâce de Dieu « a accompli de grandes choses, elle les a transformés ». Pierre et Paul ont tous deux « accueilli l’amour de Dieu et se sont laissés transformer par sa miséricorde », devenant ainsi ses témoins, ses « amis ». C’est pour cela que l’Église célèbre leur mémoire, car ils « nous indiquent aujourd’hui encore le chemin vers le salut ».

Les Actes des Apôtres, relève encore le Pape, nous racontent plusieurs épisodes symboliques de la vie de ces deux saints. Et le Saint-Père de citer deux exemples précis : la guérison de l’infirme de la Belle-Porte par l’intercession de Pierre et Jean (Actes 3), et la conversion de Paul sur la route de Damas, racontée à trois reprises (dans les Actes des apôtres et les épîtres de Paul). Quelle conclusion peut-on en tirer ? « la rencontre avec la parole du Christ peut transformer notre vie. Il n’est pas possible d’écouter cette parole et de rester prisonniers de nos habitudes. Elle nous pousse à vaincre l’égoïsme que nous avons dans le cœur, pour suivre le Seigneur qui a donné sa vie pour ses amis », a encore déclaré le Pape.

Cette fête des Saints Pierre et Paul, a ajouté François, nous réjouit, car elle nous montre l’œuvre de la Miséricorde de Dieu dans le cœur de deux hommes, « deux pécheurs ».

Le Pape prie pour l'Irak et lance un appel à ses dirigeants

A l’issue de la prière de l’Angélus, il a fait part de son inquiétude pour la situation en Irak, appelant les autorités politiques de ce pays, en proie à une violente insurrection islamiste, à « préserver l’unité nationale », et à « éviter la guerre ». Réunis en synode à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, ces derniers jours, les évêques de l’Église chaldéenne avaient souhaité la formation rapide d'un gouvernement d'unité nationale.

« Les nouvelles qui nous parviennent d’Irak sont malheureusement très douloureuses. Je m’unis aux évêques de ce pays dans leur appel aux gouvernants, pour que, par le dialogue, l’unité nationale puisse être préservée, et qu’on puisse éviter la guerre.
Je suis proche des milliers de familles, surtout chrétiennes, qui ont dû abandonner leurs maisons, et qui sont en grave danger. La violence engendre la violence. Le dialogue est l’unique chemin vers la paix. »

En conclusion, le Pape a confié le peuple irakien éprouvé à la Vierge Marie, et a invité la foule à prier un Ave Maria.

Après avoir salué les nombreuses personnes présentes venues du monde entier, le Pape a demandé aux fidèles de prier pour lui : « S’il vous plait, n’oubliez pas de prier pour moi ! »

Source : Radio Vatican.

28 juin 2014

Méditation - Prière : Amende honorable à Marie Immaculée

« Ô Cœur Immaculé de Marie, chef-d’œuvre de Dieu, délices de la Très Sainte Trinité, vous bénir et vous glorifier devrait être notre bonheur. Vous nous avez tant aimés ! Après Dieu, c'est à vous que nous devons tout. Vous nous avez donné Jésus ; et "pour nous, pour notre salut", vous avez souscrit à son immolation ; vous avez partagé ses souffrances ; "votre douleur a été grande comme la mer" !
Pourtant, au lieu de vous aimer, hélas ! il y a des malheureux inspirés par l'enfer, qui osent lancer contre vous, contre vos privilèges les plus glorieux, d'exécrables blasphèmes !
Et chaque jour, par leurs péchés, des millions de chrétiens renouvellent la Passion de Jésus et la vôtre ! Et moi-même, que de fois, par mes fautes, je me suis uni aux bourreaux du Calvaire !
Ô Mère de miséricorde, Refuge des pécheurs, pardon !
Pardon pour moi. Que désormais je sois pour vous, comme saint Jean, un fils plein de tendresse.
Pardon pour vos blasphémateurs et pour tous les pécheurs de l'univers.
Pour eux, Jésus a versé tout son sang. Pour eux, il vous a confié toutes les grâces, fruit de sa mort. Ô Mère si puissante et si bonne, ayez pitié de vos enfants, "fils prodigues".
Eclairez-les, touchez-les, convertissez-les, et qu'un jour ils aillent au Ciel célébrer à jamais vos bontés maternelles !

Ô bon Jésus, je vous en conjure, par l'amour que vous portez à votre Mère, donnez-moi de l'aimer véritablement, comme vous l'aimez vous-même et comme vous désirez qu'elle soit aimée ! (*) Amen ! »

(*) : P. Lintelo, Le saint Cœur de Marie (ch. VII)

"Allons au Cœur de Marie - Manuel de la Garde d'Honneur du Cœur de Marie", Besançon, 1938.

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« Comme je sens bien votre Cœur maternel veillant sur moi... Nous ne devenons frères de Jésus et enfants de Marie que parce que son Cœur maternel l'a désiré, voulu, demandé... Si nous voulons plaire à Jésus, donnons-Lui l'amour que Lui porte la Sainte Vierge. Cachons-nous dans son âme, substituons son Cœur au nôtre, n'aimons plus que par Marie comme le petit enfant ne respire que par sa mère, ne vit que par le battement du Cœur de sa mère... Nous ne sommes sur la terre que pour faire revivre notre Mère ; nous ne sommes que son prolongement. Notre cœur est pour Elle comme un "cœur de rechange" par lequel Elle aime à nouveau Jésus... Ô ma Mère, aimez-moi autant que votre Cœur maternel est capable d'aimer, autant que vous avez voulu aimer Jésus... Contentez votre Cœur en me comblant de grâces et de maternelles caresses. »

P. Jos. Schrijvers C. SS. R., Ma Mère, Imprimerie St-Alphonse, Esschen, Belgique, 2e éd., 1925 (pp. 16, 41, 111, 117, 136).