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  • Prière à Marie-Reine

    « Du fond de cette terre de larmes, où l'humanité souffrante se traîne péniblement, dans les remous d'une mer sans cesse agitée par le vent des passions, nous levons les yeux vers vous, ô Marie, Mère très aimée, pour puiser du réconfort dans la contemplation de votre gloire et pour vous saluer Reine et Maîtresse des cieux et de la terre, Notre Reine et Notre Dame.
    Votre royauté, nous voulons l'exalter avec une légitime fierté de fils et la reconnaître comme due à la suprême excellence de tout votre être, ô très douce et vraie Mère de Celui qui est Roi par droit propre, par héritage, par conquête.
    Régnez, ô Notre Reine et Notre Dame, nous montrant le chemin de la sainteté, nous dirigeant et nous assistant, afin que nous ne nous en éloignions jamais.
    [...]
    Accueillez la prière de ceux qui savent que votre royaume est un royaume de miséricorde, où toute supplication est entendue, toute douleur réconfortée, toute infortune soulagée, toute infirmité guérie et où, comme sur un signe de vos très douces mains, la vie renaît souriante de la mort elle-même.
    Accordez-nous que ceux qui maintenant, dans toutes les parties du monde, vous acclament et vous reconnaissent Reine et Maîtresse puissent jouir un jour au Ciel de la plénitude de votre royaume, dans la vision de votre divin Fils, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles.
    Amen. »

    Pie XII, extrait de la Prière à Marie-Reine, 1er nov. 1954 (AAS. 46, 662 ; DC. 51, 1423), in "Les Enseignements Pontificaux", Notre-Dame I, Desclée, 1957.

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    Raul Berzosa, Le Couronnement de la Vierge
    Plafond de l'Oratoire de la Confrérie de Notre-Dame des Douleurs, Málaga (Espagne)

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  • Méditation - « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur » (Ps 129)

    « C'est un grand secret et une grâce précieuse que de chercher le contact avec Dieu à travers la détresse et la déréliction. Dieu apparaît alors comme le refuge, le salut, le père, la mère qui nous enveloppe de sa tendresse, qui nous comprend et nous sauve. Nous pouvons tout dire à Dieu, surtout nos tentations les plus inavouées et nos plaintes, car nous savons qu'il nous écoute toujours. J'ose dire que « c'est très calé », non pas comme une acrobatie, mais le contraire d'une acrobatie : une chute vertigineuse dans le vide. Comme nous sommes loin des belles définitions de la prière qu'on nous a apprises : « une élévation de l'âme vers Dieu » ! Disons plutôt que c'est une descente dans les profondeurs de nos propres enfers, là où Jésus s'est plongé le premier ; et le seul fil qui nous relie à Dieu, en nous empêchant de tomber dans le désespoir, est le cri de la supplication. Celui qui descend à cette profondeur de détresse, soutenu par le dynamisme de la supplication, peut espérer rebondir dans le Cœur du Père, mais le rebondissement est d'autant plus puissant que la descente a été plus vertigineuse. »

    Jean Lafrance (1931-1991), En prière avec Marie, Mère de Jésus (ch. VIII, 5), Abbaye Ste-Scholastique, Dourgne, 1985.

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  • Méditation : « demandez à grands cris la miséricorde ! »

    « Prenez donc courage, même lorsque vous vous sentez opprimée par la multitude et l'horreur de vos fautes. Allez donc, plus que jamais, aux pieds de Jésus-Christ qui lutte, qui agonise pour nous dans le Jardin ; humiliez-vous, pleurez, suppliez avec Lui, comme Lui, et demandez à grands cris la miséricorde, le pardon de vos fautes et demandez qu'Il vous aide toujours à marcher devant Lui. Faites cela et ne doutez pas ; ce Dieu miséricordieux et clément vous tendra comme toujours sa main secourable pour vous relever de votre misère, de votre désolation spirituelle. »

    St Pio de Pietrelcina (1887-1968), Lettre (7.9.1915, II, 487), in P. Melchior de Pobladura, "A l'école spirituelle de Padre Pio" (chap.3,1&7), Éditions « Voce di Padre Pio », San Giovanni Rotondo (FG), 1981.

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  • Méditation : La Vierge Marie « Mater Misericordiae »

    « Le grand tourment de la Sainte Vierge est de voir un de ses enfants se perdre. Comme les mamans de la terre aiment toujours leurs enfants, même quand ils ont commis les plus grands crimes, et sont toujours prêtes à les excuser, ainsi Marie veut sauver tous ses fils, même les plus misérables. Elle intercède jusqu'au bout auprès de son divin Fils, dans son amour quasi infini pour ses pauvres enfants, ayant l'air de dire : Ce pardon que votre justice ne permet pas de donner, accordez-le à la supplication d'une Mère, de votre Mère ! Pour sauvegarder votre honneur, mettez tout sur le compte de ma trop grande miséricorde !

    Nous devons être convaincus de cet amour de Marie pour nous, de sa sollicitude à notre égard jusqu'à la dernière seconde de notre vie, du soin qu'Elle prend pour nous tirer du péché en se montrant, parfois jusqu'à la témérité, Mater Misericordiae. »

    (Cf. méditation proposée le 11 juillet dernier)

    Dom Godefroid Bélorgey (1880-1964), Sous le regard de Dieu - Initiation à la vie intérieure (ch. III, Art. II, III. Regard de la Sainte Vierge), Éditions du Cerf, Paris, 1946.

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    Basilique de la Miséricorde, à Macerata (MC, Italie)
    Retable du XVIe, Mater Misericordiae
    (A gauche St Giuliano et St André ; à droite St Roch et St Sébastien)

    (Source et crédit photo)

  • Méditation : De la liturgie

    « La liturgie est la joie des hommes ; les hommes sont faits pour Dieu, pour aller à Dieu ; ils ont besoin de rédemption, ils ont besoin de sainteté, pour retrouver ou maintenir le contact avec le Dieu Saint. Or c'est la liturgie qui leur procure tout cela. "En elle, l'Esprit Saint a eu l'art de concentrer, d'éterniser, de diffuser par tout le Corps du Christ, la plénitude inaltérable de l’œuvre rédemptrice, toutes les richesses surnaturelles du passé de l’Église, du présent, de l'éternité."
    La liturgie est la joie des hommes, parce qu'elle est pour eux le moyen privilégié de l'approche divine, "une voie majeure, quasi sacramentelle" ; la source de leur progrès spirituel : jour après jour, dimanche après dimanche, "la frappe du balancier liturgique imprime dans l'âme baptisée une plus grande ressemblance avec le Seigneur."
    [...]
    La liturgie est la joie des hommes, parce qu'elle est la plus haute école d'oraison : d'une manière persuasive, presque sans contrainte, elle nous apprend la contemplation chrétienne, qui est prière et amour. C'est dans le cadre de la liturgie que nous recevons les sacrements, canaux de la grâce, que nous participons au Sacrifice du Calvaire, que nous communions au Corps du Christ. Quand, prêtre, je dis la messe, "j'ai en mains ce qu'il faut pour dire à Dieu un merci digne de Lui, puisque je Lui offre Jésus-Christ. Quand, membre du Christ par le baptême, je communie, je possède Jésus-Christ. Quand on a Jésus-Christ, on a tout. La supplication, l'adoration, l'action de grâce, c'est Lui, et quand je l'offre au bon Dieu, je suis quitte avec le bon Dieu, parce que Jésus-Christ c'est tout, c'est l'Offrande Infinie !" Par l'eucharistie, nous touchons Dieu et Dieu nous touche, c'est déjà pour nous le Ciel anticipé. Où trouverions-nous un plus grand sujet de joie ? »

    "Quatre bienfaits de la liturgie" par un moine bénédictin [Dom Gérard], Éditions Sainte-Madeleine, Le Barroux, 1995.

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  • Méditation : l'arme du Saint Rosaire

    « D'un bout du monde à l'autre, une race d'infidèles se dresse contre nous... Le mot d'ordre de ces hommes qui se comptent par milliers, c'est la guerre à Dieu et à ses saints. Dieu, ils voudraient le bannir de ce monde ; le Christ, ils le blasphèment ; l’Église, ils la persécutent ; la religion, ils cherchent à l'étouffer dans le sang et dans la boue. Voilà leurs projets hautement avoués. A ces desseins pervers, nous opposerons, nous aussi, une ligue, mais une ligue toute pacifique, toute spirituelle, une sainte croisade de prières et de bonnes œuvres. Or dans ce divin arsenal de la prière chrétienne, le S. Rosaire apparaît comme une arme puissante entre toutes : arma et tela nostra. (Tertullien, De oratione, XXVIII.)
    Puisse donc le mois d'octobre devenir parmi nous un mois de prières et de supplications ! ... Et ce n'est pas pendant le mois d'octobre seulement, mais encore dans tout le reste de l'année, qu'une si excellente pratique est appelée à produire ses fruits. Rien n'est touchant comme le spectacle que présente une famille où la récitation du chapelet en commun vient couronner pieusement les travaux et les fatigues de la journée. Plus cette prière est facile et à la portée de chacun, plus elle devrait venir se placer sur les lèvres des chrétiens de tout âge et de toute condition. Par là nous attirerons sur nous la protection de Marie ; et la protection de Marie est pour ses fidèles serviteurs un gage de bonheur et de salut. »

    Mgr Freppel, L'excellence du S. Rosaire, in "Œuvres oratoires et pastorales de Mgr Freppel, évêque d'Angers", Librairie Roger et Chernoviz, Paris.

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    « Ô ! Cœur très saint de la mère de mon Dieu, asile des pauvres, refuge des affligés, solide espoir des pécheurs, pénétré des plus vifs sentiments de respect, d'amour et de reconnaissance pour tous les biens que j'ai reçus de Dieu par votre intercession, je viens me dévouer pour toujours à votre service, je vous offre mon cœur et avec lui tout ce que je suis et tout ce qui m'appartient ; et je veux désormais remplir envers vous tous les devoirs d'un serviteur fidèle. Agréez l'offrande que je vous fais de moi-même, et obtenez-moi de mon Sauveur J.-C. votre cher Fils, une foi vive, une espérance ferme, un amour de mon Dieu tendre, généreux et constant ; obtenez-moi une pureté de corps, d'esprit et de cœur qui ne soit jamais ternie, une humilité sincère qui ne soit jamais altérée, une patience dans les adversités qui ne puisse jamais être ébranlée, une soumission à la volonté de mon Dieu qui ne soit jamais partagée, une persévérance dans la vertu qui ne soit jamais affaiblie, enfin cette grâce finale, cette sainte mort, qui seule peut me procurer le bonheur de vous aimer avec mon Dieu durant toute l'éternité.
    Vous serez, ô Cœur tout aimable, vous serez désormais après le Cœur de votre très cher Fils l'objet de ma vénération, de mon amour et de ma plus tendre dévotion. Vous serez la voie par où j'irai à mon Sauveur, et ce sera par vous que je recevrai ses grâces et ses miséricordes ; vous serez mon refuge dans mes afflictions, ma consolation dans mes peines, mon secours dans tous mes besoins ; j'irai apprendre de vous la pureté, l'humilité, la douceur, et puiser dans vous l'amour du Sacré Cœur de Jésus votre Fils. »

    In "La dévotion du Saint Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu", Nouvelle édition, considérablement augmentée, Avignon, Offray Aîné Imprimeur-Libraire, s.d. (fin XVIIe).

  • Méditation : "approche-toi de Dieu avec un cœur d'enfant"

    « Ô toi, le plus petit des hommes, veux-tu trouver la vie ? Garde en toi la foi et l'humilité. En ces vertus tu trouveras la compassion, le secours, les paroles que Dieu déposera dans ton cœur.
    Tu trouveras aussi Celui qui te garde et demeure, secrètement et concrètement, auprès de toi.

    Veux-tu découvrir les fruits de cette vie ? Marche sur la voie de la simplicité. Devant Dieu, n'aie pas la prétention de connaître quoi que ce soit. La foi suit la simplicité, mais la présomption suit la subtilité de la connaissance et les détours de la pensée ; elle éloigne de Dieu.

    Quand tu te présentes à Dieu dans la prière, sois dans ta pensée comme la fourmi, comme ce qui rampe sur la terre, comme un ver, comme un enfant qui balbutie. Ne dis rien devant lui que tu prétendrais savoir. Mais approche-toi de Dieu avec un cœur d'enfant. Va à sa rencontre comme l'objet de sa sollicitude, de cette sollicitude avec laquelle les pères veillent sur leurs tout petits enfants. Ne dit-on pas que le Seigneur a une attention toute spéciale pour les petits enfants ?

    Prie donc sans nonchalance, supplie de tout ton cœur, demande ardemment, jusqu'à ce que tu reçoives. Ne t'accorde aucun répit. Tu seras exaucé si préalablement tu te fais violence avec toute ta foi pour confier à Dieu ton souci et pour substituer à ta prévoyance la providence divine. Quand il verra ta bonne volonté, quand il verra qu'en toute pureté de cœur tu t'es confié à lui plus qu'à toi-même et que tu t'es fait violence pour espérer en lui plus qu'en toi-même, il te communiquera une puissance que tu ne connaissais pas. C'est, à n'en pas douter, la puissance de Celui qui est avec toi jusqu'à faire sentir sa présence en chacun de tes sens. »

    Isaac de Ninive, dix-neuvième discours ascétique, in Touraille p. 128-129.

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  • Méditation : le mystère de la Communion

    « Le plus parfait et le plus intime de nos entretiens avec Dieu, savoir le mystère de la Communion, où nous faisons mention non point de telle et telle grâce, mais en général de tous les biens que nous tenons de Dieu, soit que nous les détenions en fait, soit qu'ils nous restent réservés pour l'avenir, il était juste de lui donner le nom d'Eucharistie. Il convenait que son nom fût tiré non point des supplications auxquelles nous condamnent notre misère, mais de l'infinie libéralité de Dieu.

    Sans doute, dans ce rite sacré, nous faisons à la fois acte de supplication et d'action de grâces à Dieu ; mais l'action de grâces est œuvre de Dieu, et la supplication est œuvre de l'infirmité humaine. L'action de grâces porte sur un plus grand nombre d'objets ; la supplication, sur un plus petit nombre. La première, en effet, porte absolument sur tous les biens ; la seconde, sur quelques-uns seulement. Aussi convenait-il d'appeler ce sacrement Eucharistie, en empruntant son nom aux éléments les meilleurs et les plus nombreux. C'est ainsi que l'homme, quoique participant quelque chose de l'être privé de raison, est pourtant appelé animal raisonnable, désigné de la sorte par la partir la meilleure et la plus noble de sa nature.

    Une autre raison, au surplus, c'est que Celui qui le premier célébra ce rite sacré, Notre Seigneur Jésus-Christ, l'accomplit et l'institua non pas en suppliant, mais seulement en rendant grâces au Père. Voilà pourquoi l’Église, qui a reçu de Lui ce sacrement tout fait, le désigne ainsi sous le nom d'Eucharistie. »

    St Nicolas Cabasilas (Nikovlao Kabavsila, 1322-1391), théologien orthodoxe, fêté ce jour.
    Explication de la Divine Liturgie (ch. LII), Trad. de S. Salaville, A.A., SC n°4, Éditions du Cerf, 1943.

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  • Mois du Sacré-Coeur - Septième Jour

    Septième Jour
     
    Prions, afin que nous profitions bien des instructions qui nous sont faites.

    Jésus et le lépreux.

    Entendez ce cri parti du cœur, ce cri plein de confiance et plein d’amour : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir ! » et en même temps, ajoute l’Évangile, le lépreux se jetait à genoux et suppliait les mains jointes… Jésus s’arrête, il tend la main, il touche les plaies du malade. « Je le veux, dit-il, sois guéri ! » - Oh ! pourquoi donc ne suis-je pas guérie de mon orgueil, de ma sensualité, de ma nonchalance, moi, que vous touchez si souvent dans la sainte Communion ? Est-ce que la confiance me manquerait !... Mon Jésus, je crois, j’espère… Oh ! guérissez-moi !...

    Je ferai aujourd’hui mes prières à l’église, comme si réellement je voyais Jésus.
  • Prière à Ste Jeanne de Valois, Reine de France, fêtée ce jour

    « Nous honorons, ô sainte Princesse, les vertus héroïques dont votre vie a été remplie, et nous glorifions le Seigneur qui vous a admise dans sa gloire. Mais que vos exemples nous sont utiles et encourageants, au milieu des épreuves de cette vie ! Qui plus que vous, a connu les disgrâces du monde ; mais aussi qui les a vues venir avec plus de douceur, et les a supportées avec plus de tranquillité ? Les grâces extérieures vous avaient été refusées, et votre cœur ne les regretta jamais ; car vous saviez que l’Époux des âmes ne recherche pas dans ses élues les agréments du corps, qui trop souvent seraient un danger pour elles.

    Le sceptre que vos saintes mains portèrent un instant leur échappa bientôt, et nul regret ne s'éleva en vous, et votre âme véritablement chrétienne ne vit dans cette disposition de la Providence qu'un motif de reconnaissance pour la délivrance qui lui était accordée La royauté de la terre n'était pas assez pour vous ; le Seigneur vous destinait à celle du ciel. Priez pour nous, servante du Christ dans ses pauvres, et faites-nous l'aumône de votre intercession.

    Ouvrez nos yeux sur les périls du monde, afin que nous traversions ses prospérités sans ivresse, et ses revers sans murmure. Souvenez-vous de la France qui vous a produite, et qui a droit à votre patronage. Un jour, la tombe qui recelait votre sainte dépouille fut violée par les impies, et des soupirs s'échappèrent de votre poitrine, au sentiment des malheurs de la patrie. C'était alors le prélude des maux qui depuis se sont appesantis sur la nation française ; mais du moins la cause de la foi trouva, dans ces temps, de généreux défenseurs, et l'hérésie fut contrainte de reculer. Maintenant, le mal est à son comble ; toutes les erreurs dont le germe était renferme dans la prétendue Réforme se sont développées, et menacent d'étouffer ce qui reste de bon grain. Aidez-nous, conservez la précieuse semence de vérité et de vertus qui semble prête à périr. Recommandez-nous à Marie, l'objet de votre tendre dévotion sur la terre, et obtenez-nous des jours meilleurs. »

    Prière in Dom Guéranger, L'année liturgique, Le Propre des Saints, IV Février (Sainte Jeanne de Valois, Reine de France).

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    Tableau d'Etienne Parrocel (XVIIIe)
  • Méditation - Prière : "Ô Seigneur Jésus, aie pitié de moi...!"

    « Ô Seigneur, mon Dieu ! je ne suis qu'un misérable pécheur, indigne que la terre ne me porte ! Hélas ! je suis parti loin de toi, bien suprême, et je demeure en une région lointaine, dans la région de la dissemblance. Je suis malheureux et aveugle ; je ne suis rien, je ne puis rien sans toi. Oh oui ! Jésus bon et doux, aie pitié de moi ! Lave-moi de ton sang précieux, purifie-moi de tout péché, guéris-moi complètement, pour que je puisse te plaire.

    Ô quand mourrai-je pleinement à moi-même ? Quand serai-je libre de toute créature ? Oh, si je pouvais être vraiment doux et humble de cœur, vraiment pauvre et nu en esprit ! Accorde-moi, Seigneur, que par un parfait renoncement à moi-même, par une parfaite mortification de tous mes vices, je parvienne à t'aimer parfaitement. Tu as ordonné que je t'aime : donne ce que tu ordonnes, et ordonne ce que tu veux ! Donne-moi de t'aimer de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces, ainsi que de tout mon esprit. Daigne restaurer et réformer les facultés détruites et corrompues de mon âme, par celles de ton âme très sainte. Libère mon esprit de toute dispersion ; dépouille-le des images et des beautés des choses passagères. Accorde-moi de me recueillir librement en toi ; accorde-moi de pouvoir toujours m'écouler en toi par la stabilité des pensées, la clarté de la connaissance et la ferveur de l'amour. »

    Louis de Blois (Blosius, Abbé de Liessies, 1506-1566, fêté ce jour), Institution spirituelle (ch. IV 2-3), Trad. Max Huot de Longchamp, Éditions du Carmel, Paroisse et Famille, 2004.

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    Abbaye Cistercienne de Fontenay (Côtes d'Or)

  • Méditation - Prière de Ste Gertrude

    « Ô amour unissant, Dieu de mon cœur, la louange et la joie de mon esprit ! ô mon Roi et mon Dieu (1) ! mon bien-aimé choisi entre mille (2) ! Époux chéri de mon âme, Seigneur Roi des armées, vous que mon cœur aime, cherche et désire uniquement ! De grâce, ô amour, soyez en ce monde ma dot, vous qui êtes riche des bénédictions et de la douceur divines. Jusqu'à ce qu'elle ne fasse qu'un avec vous pour jamais, que mon âme n'ait par son union intime avec vous qu'un même esprit, qu'un même souffle, qu'une même volonté, qu'une même affection. Vous êtes l'amour enflammé ; répandez sur moi, dans le cours de mon pèlerinage, une bénédiction vivante et efficace, tendre en même temps que brûlante, afin que mon âme, mon énergie et tout mon être s'allument, comme une étincelle, au feu de votre charité et ne s'éteignent jamais.

    Et vous, vivant amour, soyez pour moi la bénédiction qui consomme et qui achève. Faites que mon âme marche au-devant de vous comme une digne épouse. Réglez ma vie entière dans votre amour. Disposez ma mort en vous, qui êtes ma vie bienheureuse, dans la parfaite vigueur de la foi, de l'espérance et de la charité ; préparez-la par la digne réception de tous les sacrements de l’Église. Anéantissez à votre service toutes mes forces, consumez par votre amour jusqu'au dernier suc de mon corps ; alors mon âme, débarrassée de ce fardeau, vous suivra, joyeuse, tranquille et libre, ô vous qui daignez m'aimer si tendrement, jusque dans les profondeurs intimes, délicieuses et lumineuses de la Sainte Trinité. C'est là que tous mes péchés me seront remis par votre bonté ; là que votre inestimable charité couvrira toutes mes offenses ; là que ma vie perdue verra relever toutes ses ruines par sa très parfaite intimité avec vous, mon Jésus, trésor d'amour ! là que mon âme, languissante et malade aujourd'hui par l'ennui de cette vie, se rajeunira en vous, ô vivant amour ! qu'elle se renouvellera comme l'aigle (3), et ressentira les transports d'une joie et d'un bonheur immenses à la vue de votre visage d'où coule le miel ; car elle aura trouvé et déjà elle saisira les joies infinies de la vie éternelle, vous ayant en sa possession pour toujours, ô Dieu qui êtes l'amour ! Amen ! »

    (1) : Ps. V, 3.
    (2) : Cant. V, 10.
    (3) : Ps. CII, 5.

    Ste Gertrude, in Les Exercices de Sainte Gertrude (Sixième exercice, prière finale), Trad. Dom Albert Schmitt, Moine de Solesmes, Librairie Plon, Paris, 1942.

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  • Méditation - Prière : Parce Domine...

    Parce, Domine
    Parce populo tuo, ne in aeternum irascaris nobis.

    « Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple ; mais daignez, ô mon Dieu, me pardonner à moi-même mes propres iniquités. Parce, domine, parce populo tuo.

    Pardonnez-moi, Seigneur, les péchés de mon enfance, les péchés de ma jeunesse, mes péchés de l'âge mûr, et ceux de toute ma vie. Parce, Domine...

    Pardonnez-moi, Seigneur, les péchés que je connais, et ceux que je ne connais point ; mes fautes passées, mes fautes présentes, et celles dans lesquelles je pourrais encore tomber. Parce, Domine...

    Pardonnez-moi, Seigneur, mes manquements de tous les jours, les défauts d'intention, les détours, les recherches secrètes, et tout ce qui porte le cachet de la faiblesse du cœur, ou quelque nuance du péché. Parce, Domine...

    Pardonnez-moi, Seigneur, tout ce qui vous déplaît en moi, tout ce qui s'y trouve entaché d'amour-propre, de vaine gloire, et de toutes les misères qui dégradent la pauvre humanité. Parce, Domine...

    Pardonnez-moi, Seigneur, les fautes d'autrui auxquelles j'ai pu participer ; pardonnez à mes parents, à mes amis, et à toutes les personnes de ma connaissance pour lesquelles j'ai pu être une occasion de péché. Parce, Domine...

    Pardonnez, Seigneur, à tous ceux qui habitent cette demeure, ce quartier, cette ville, les campagnes dont elle est environnée, pardonnez à tous les pécheurs qui vous ont oublié, et qui gémissent loin de vous. Parce, Domine...

    Pardonnez, Seigneur, pardonnez à notre malheureuse patrie, qui, en tant d'occasions, vous a si grièvement offensé. Parce, Domine, parce populo tuo, ne in aeternam irascaris nobis.

    Pardonnez, Seigneur, pardonnez à tous les hommes, à toutes les nations, à tous les peuples, pardonnez à tous ceux qui dans l'univers se sont opposés aux desseins de votre sainte volonté. Parce, Domine...

    Regardez sur la terre, Seigneur, regardez : tant de désordres, tant de crimes, et tant de misères publiques ou cachées, remueront les entrailles de votre infinie miséricorde ! Parce, Domine...

    Regardez, Seigneur, regardez toutes ces âmes créées à votre image, rachetées au prix du sang d'un Dieu, et qui courent d'elles-mêmes, en aveugles, se perdre dans ce déluge d'iniquités. Parce, Domine...

    Regardez à vos pieds, Seigneur, regardez toutes nos âmes, qui crient vers vous, vous implorent et ne cessent de répéter : Parce, Domine, parce populo tuo, ne in aeternum irascaris nobis.

    Non, vous ne serez pas toujours irrité contre nous, car vous ne voulez point la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive.

    Qui suis-je ? ô mon Dieu ! pour oser implorer votre miséricorde, et vous demander pardon pour mes frères ? Mon âme se répandra donc en pleurs, devant vous, comme une mer ; et là, le front humilié, je me frapperai la poitrine, en attendant que vous daigniez jeter sur moi, et sur nous tous, des regards de bonté. Au nom de Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

    Toute âme qui a péché, ne peut rentrer en grâce que par la pénitence.
    Faire pénitence, c'est quitter le péché, c'est réparer le péché, c'est se prémunir contre le péché.

    Mon Jésus, miséricorde !
    Doux Cœur de Marie, soyez mon salut ! »

    Vu et approuvé par A. Margerin, vic. gén., Recteur de l'Université de Lille, 31 décembre 1915.

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  • Méditation : prier longuement...

    « Lorsque l'apôtre Paul dit : "Faites connaître vos demandes auprès de Dieu" (Ph 4,6), cela ne veut pas dire qu'on les fait connaître à Dieu, car il les connaissait avant même qu'elles existent, mais que c'est par la patience et la persévérance devant Dieu, et non le bavardage devant les hommes, que nous connaîtrons si nos prières sont bonnes... Il n'est donc pas défendu et inutile de prier longtemps, lorsque c'est possible, c'est-à-dire lorsque cela n'empêche pas d'autres occupations bonnes et nécessaires ; d'ailleurs, en accomplissant celles-ci, on doit toujours prier par le désir, comme je l'ai dit. Car si l'on prie longtemps, ce n'est pas, comme certains le pensent, une prière de rabâchage (Mt 6,7). Parler abondamment est une chose, aimer longuement en est une autre. Car il est écrit que le Seigneur lui-même "passa la nuit en prière" et qu'il "priait avec plus d'insistance" (Lc 22,44). N'a-t-il pas voulu nous donner l'exemple en priant pour nous dans le temps, lui qui avec son Père exauce nos prières dans l'éternité ? On dit que les moines d’Égypte font des prières fréquentes, mais très courtes, lancées comme des flèches, pour éviter que, en se prolongeant trop, l'attention vigilante nécessaire à ceux qui prient ne se détende et se dissipe... La prière ne doit pas comporter beaucoup de paroles, mais beaucoup de supplications ; ainsi elle peut se prolonger dans une attention fervente... »

    Saint Augustin (345-430), Lettre à Proba (9-10), trad. rev. Bréviaire.

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  • Méditation - Prière : supplication du pécheur

    « Comment oserai-je te prier de me pardonner, moi qui ai si souvent promis de me convertir et qui n'ai jamais exécuté ma promesse ? Moi qui ai si souvent protesté dans l'église que je ne pécherais plus, et qui suis aussitôt retombé dans mes crimes ?
    Donne-moi encore une année de temps. Aie pitié de moi, parce que je suis faible et infirme.
    Je me suis livré malheureusement aux mauvais penchants de mon corps et de mon âme, et je n'ai suivi que mes passions et mes affections dépravées. Je vois que le temps de la moisson est venu, et que le moissonneur paraît avec la faux à la main. Je vois que la mesure de mes jours est remplie, et que le juge va paraître.
    Tourne, Seigneur, tes yeux favorables sur moi. Sauve-moi par un effet de ta miséricorde. Sauve-moi par cette pitié qui a sauvé tous ceux qui ont eu le bonheur de l'être.
    Moïse a péché, Aaron a péché, David a péché, saint Pierre le chef des apôtres a péché.
    Fais-moi donc entendre ces paroles consolantes : "Ta foi t'a sauvé, va en paix."
    Car de tous ceux qui sont sauvés, aucun n'a entendu ces paroles : "ce sont tes œuvres qui t'ont sauvé."
    C'est toi qui sauves ceux qui ont mis en toi toute leur confiance. »

    Saint Anastase (le Sinaïte, 7ème siècle), Vie des Pères des déserts d'Orient d'après le R.P. Michel-Ange Marin (T.V), Louis Vivès, 1869.

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  • Méditation - Prière : "votre amour, ô mon Jésus, votre amour... !"

    « Seigneur, mon Dieu, au nom de vous-même et de votre gloire, je vous en conjure, brûlez en mon coeur des flammes de votre amour. Que je ne vive que pour vous aimer ! Que je ne vive que pour pleurer le malheur que j'ai eu de vous offenser et de vous aimer si tard ! Ô mon Dieu, ayez pitié de moi, et donnez-moi votre amour. Les richesses ne sont rien, les plaisirs ne sont rien, les honneurs, les louanges, ne sont rien ; votre amour, ô mon Jésus, votre amour, voilà ce que mon coeur cherche, voilà ce qu'il désire, voilà ce qu'il demande ! Votre amour et des croix, votre amour et des travaux, votre amour et des humiliations, votre amour et l'accomplissement de votre sainte volonté, voilà ce qui pourra le rendre ici-bas content et satisfait. Ayez donc pitié de moi, Seigneur, et donnez-moi ce qui me manque. Vous connaissez mes besoins ; je m'abandonne à vous pour toujours. Ainsi soit-il. »

    Abbé D. Pinart, Les flammes de l'Amour de Jésus (XII, VIII), Paris, Jacqus Lecoffre, 1853 (9ème éd.).

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    Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, tableau de Vermeer (1632-1675)
    National Gallery of Scotland, Edimbourg

  • Méditation - Prière : pardon et réparation

    « Ô Jésus, mon Sauveur et mon Rédempteur, Fils du Dieu vivant, prosternés à vos pieds, nous implorons votre pardon et nous vous offrons réparation pour tous les blasphèmes proférés contre votre saint Nom, pour tous les outrages qui vous sont infligés dans le très saint sacrement de l'autel, pour toutes les irrévérences commises envers votre très sainte et immaculée Mère, pour toutes les calomnies et injures dont souffre votre Epouse, la sainte Eglise catholique. - Ô Jésus, qui avez dit : "Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, je le ferai", nous vous prions instamment pour nos frères dont le salut est en danger, afin que vous les préserviez des pièges qui les conduiraient à apostasier la foi véritable. Sauvez ceux qui sont déjà sur les bords de l'abîme ; donnez à tous la lumière pour connaître la vérité, la force et le courage pour lutter contre le mal, la persévérance dans la foi et dans une active charité. Ô très bon Jésus, c'est en votre nom que nous le demandons à Dieu, votre Père, avec qui, dans l'unité du Saint-Esprit, vous régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

    Prière indulgenciée par Léon XIII, 15 février (27 octobre) 1902, 13 mai 1903. - Acta S. Sedis, XXXV, 702.

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  • Méditation : la Communion des Saints

    « Nous ne sommes pas des individus isolés. Nous appartenons à un Corps Mystique, où tous ne font qu'un, parce que dirigés par une seule Tête, vivifiés par une Âme unique, et professant une même Foi. De même qu'il est possible de greffer un morceau de peau d'un endroit du corps à un autre et de transfuser du sang d'un individu à un autre, de même, dans l'organisme spirituel de l'Eglise, il est possible de greffer des prières et de transfuser des sacrifices. Dans sa plénitude, cette vérité chrétienne s'appelle la Communion des Saints. Nous sommes tous solidaires de la culpabilité de l'individu et de sa pénitence. (Les guerres modernes le prouvent suffisamment...) C'est pourquoi nous demandons à nos amis de "prier pour nous"... Nous avons spirituellement besoin les uns des autres. "L'oeil ne peut pas dire à la main : "Je n'ai pas besoin de toi", ni la tête dire aux pieds : "Je n'ai pas besoin de vous." Au contraire, les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont les plus nécessaires" (Co XII, 21).

    Il est peu de réconfort plus puissant que de se savoir englobé dans une grande association de prières et de sacrifices. La Communion des Saints est la plus grande découverte du converti qui parvient à la plénitude de la foi lorsqu'il est adulte. Il découvre que depuis des années, des douzaines, peut-être des centaines d'âmes ont prié spécialement pour lui, ont assiégé le ciel de leurs supplications, pour qu'il accomplisse ce petit acte d'humilité qui a fait craqué son armure d'impiété et ouvert son âme à la grâce et à la vérité de Dieu. Chaque âme porte une étiquette avec son prix, et puisque beaucoup d'individus ne peuvent pas, ou ne veulent pas payer le prix marqué, d'autres doivent débourser à leur place. On ne peut expliquer la conversion de certains êtres autrement que par l'intercession auprès de Dieu, dans ce monde ou dans l'autre, de parents ou d'amis qui leur ont ainsi acheté la vie éternelle... »

    Mgr Fulton J. Sheen, La paix de l'âme (X), Trad. J. Biadi, Corrêa, Paris, 1955.

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    Gustave Doré - Dante et Béatrice contemplent la rose céleste du 10e ciel, l’Empyrée

  • Méditation - Prière : "Le Jeudi à Matines"

    "Nox atra rerum contegit"

    « De toutes les couleurs que distinguait la vue,
         l'obscure nuit n'a fait qu'une couleur :
    Juste juge des coeurs, notre ardeur assidue
         Demande ici tes yeux et ta faveur.

    Qu'ainsi, prompt à guérir nos mortelles blessures,
         Ton feu divin, dans nos coeurs répandu,
    Consume pour jamais leurs passions impures,
         Pour n'y laisser que l'amour qui t'est dû.

    Effrayés des péchés dont le poids les accable,
         Tes serviteurs voudraient se relever :
    Ils implorent, Seigneur, ta bonté secourable,
         Et dans ton sang cherchent à se laver !

    Seconde leurs efforts, dissipe l'ombre noire
         Qui, dès longtemps, les tient enveloppés ;
    Et que l'heureux séjour d'une immortelle gloire
         Soit l'objet seul de leurs coeurs détrompés.

    Exauce, Père saint, notre ardente prière,
         Verbe son fils, Esprit leur noeud divin,
    Dieu qui, tout éclatant de ta propre lumière,
         Règnes au ciel sans principe et sans fin. »

    Jean Racine (1639-1699), Les Cantiques spirituels (1689), Chez J. Naert, Paris, 1942. (Hymnes traduites du Bréviaire Romain)

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  • Méditation : Dieu n'exauce pas mes prières ... ?

    Il est bon que nos prières ne soient pas aussitôt exaucées

    « Dieu nous a promis de nous exaucer, mais il n'a jamais promis de le faire immédiatement, témoin le saint homme Tobie dont les prières furent si agréables au Seigneur, et qui néanmoins n'obtint ce qu'il désirait qu'au bout de quatre années de soupirs et de larmes. Il ne nous appartient pas de savoir quand il plaira au Seigneur de nous accorder ce que nous lui demandons. Contentons-nous d'adorer ses décrets divins, et de nous conformer aux dispositions de sa Providence qui règle toutes choses suivant l'ordre immuable de l'éternelle Sagesse, et non selon nos vues et nos désirs. Ce dont nous pouvons être certains, c'est que nous serons exaucés au temps propice, ainsi que nous le dit l'apôtre, et de la manière la plus utile à notre salut.
    Bien que les desseins de Dieu soient si fort au-dessus de notre pauvre raison humaine, nous pouvons cependant comprendre quelques-uns des motifs pour lesquels le Seigneur nous fait parfois attendre l'accomplissement de ses promesses. Enumérons les plus ordinaires.

    C'est d'abord pour nous maintenir dans les sentiments d'humilité et de componction qui conviennent à de pauvres misérables tels que nous. La plus grande gloire de Dieu, aussi bien que l'intérêt de notre âme, veut que nous soyons toujours devant le Seigneur à l'état de suppliants.
    Pour l'honneur de la Majesté divine, afin que nous comprenions mieux tout le prix de ses dons. Ce qu'on acquiert avec trop de facilité se dissipe d'autant plus aisément, et nous n'apprécierons jamais assez les faveurs célestes...
    Pour éprouver notre foi, notre espérance et notre amour envers lui et nous exercer à l'humilité, à la patience et à la soumission à sa volonté souveraine.
    ...
    Pour offrir à la Justice divine quelque compensation à nos offenses et à l'ingratitude dont nous nous sommes rendus coupables envers elle. Que de fois n'avons-nous pas été sourds à la voix de notre Dieu ! Que de fois n'avons-nous pas résisté à ses inspirations ! ...
    Pour mieux disposer notre âme à recevoir les faveurs divines, et la remplir d'une sainte ardeur. Le Seigneur l'aide ainsi à se purifier et à acquérir de nouveaux mérites...

    Il est donc certain que la prière, lorsqu'elle sort de notre coeur pour monter vers Dieu, attire toujours sur nous, tôt ou tard, les bénédictions divines...
    O sainte Oraison, âme de mon âme, et vie de ma vie, non jamais je ne t'abandonnerai ; jamais je ne cesserai de m'adresser à mon Dieu, quand bien même je me trouverais au milieu des ténèbres, des aridités, des troubles, des désolations et des douleurs les plus amères ; toujours j'aurai recours à vous, Seigneur, à vous qui êtes lumière et vérité. »

    Annales de la bonne sainte Anne, in Abbé R. Béringer, "Recueil documentaire - L'espérance, la providence, la prière", Arras, 1928.

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    (Crédit photo)